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InterviewEurope 1 — L'interview politique du week-end (sur Podcast)· 23 mai 2026 12 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSécuritéInstitutions & élections

Scandale du périscolaire à Paris : «On a créé un système qui dysfonctionne», estime Jean-Pierre Lecoq

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 40 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:26OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous aviez vu à l'époque et qu'est-ce que vous aviez dit à Mme Hidalgo qui était à ce moment-là aux manettes ?

  • 5:30RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous avez, en réécoutant Madame Delgaux, eu l'impression d'avoir été méprisée, prise de haut, alors que vous dénonciez des faits extrêmement graves ?

  • 7:21RelanceÉludée

    Pourquoi, quand vous alertez en 2015 Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, ne saisissent pas l'article 40 pour mener une action en justice ?

  • 10:06OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'il faut faire aujourd'hui pour éviter de se retrouver avec des cas comme on a aujourd'hui ?

  • 11:27RelanceÉludée

    Pourquoi Emmanuel Grégoire ou Anne Hidalgo ne l'ont pas saisi au moment où vous alertez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57Invité politiqueChiffre
    « 16 personnes interpellées, 3 présentées hier à un juge d'instruction et 2 personnes écrouées, placées en détention provisoire pour des gestes à caractère sexuel présumés sur une vingtaine d'enfants. »
  • 1:10Invité politiqueChiffre
    « 44, une quarantaine d'enfants ont déjà été entendus par la brigade de protection des mineurs. »
  • 2:30InvitéFait
    « on avait les directeurs d'école qui étaient responsables du périscolaire. »
  • 3:39InvitéFait
    « on a quand même créé un système qui est un système qui dysfonctionne de façon majeure. »
  • 4:58InvitéFait
    « il y a un risque d'insécurité. »
  • 9:08InvitéChiffre
    « 95% des villes sont revenues sur ce système, alors la ville de Paris dit oui. »
  • 10:16Invité politiquePromesse
    « il faut renverser la table mais je ne suis pas aux manettes. »

Temps de parole

  • Invité61 %
  • Jean-pierre Lecoq31 %
  • Locuteur non identifié3 %
  • Locuteur non identifié 23 %
  • Présentateur2 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur non identifié

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0:29
Présentateur

Un week-end, 6h-9h, Alexis Delaflécher. Presque 8h12, Europe 1, matin, week-end. Il est l'heure d'accueillir le second invité de cette matinale, Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement et conseiller régional d'Île-de-France.

0:41
Jean-pierre Lecoq

Bonjour Jean-Pierre Lecoq. Bonjour. Bienvenue sur Europe 1. Merci beaucoup. C'est peut-être l'un des plus grands scandales de ces dernières années, celui du périscolaire parisien avec une justice qui semble, certains diraient, enfin à accélérer sur le sujet. 16 personnes interpellées, 3 présentées hier à un juge d'instruction et 2 personnes écrouées, placées en détention provisoire pour des gestes à caractère sexuel présumés sur une vingtaine d'enfants. Je précise aux auditeurs d'Europe 1 que 44, une quarantaine d'enfants ont déjà été entendus par la brigade de protection des mineurs. Des enfants parfois très jeunes, on parle d'enfants qui ont 3 ans, 3-4 ans.

Et Jean-Pierre Lecoq, vous aviez alerté la majorité socialiste dès 2015, il y a 11 ans déjà. Qu'est-ce que vous aviez vu à l'époque et qu'est-ce que vous aviez dit à Mme Hidalgo qui était à ce moment-là aux manettes ?

1:35
Invité

Alors, à Mme Hidalgo et à Emmanuel Grégoire, qui était d'ailleurs jeune maire adjoint chargé des relations humaines, il venait d'être élu, avant il était au cabinet de Bertrand Delanoé, donc il faut reconnaître que c'est lui qui a instauré Bertrand Delanoé en 2013, cette fameuse réforme des rythmes scolaires. Et d'ailleurs, j'ai retrouvé, après une intervention que j'ai faite dans une chaîne de télévision que vous connaissez bien hier, j'ai reçu un mail d'un directeur d'école, d'un ancien directeur d'école publique de Paris qui m'a envoyé la lettre que plus de 400 directeurs et directrices d'école avaient adressée au maire de Paris de l'époque et au recteur de l'académie, M.

Veil, qui avait instauré cette réforme, qui était une réforme qui changeait complètement le panorama de l'école publique. C'est-à-dire qu'avant 2013, on avait les directeurs d'école qui étaient responsables du périscolaire. C'est eux qui recrutaient les animateurs, c'est eux qui les géraient et c'est eux qui, si vous voulez, surveillaient les études, etc. L'école était au centre de tout et bien sûr, ils étaient terriblement impliqués. Après, ça ne peut pas dire que si on avait gratté à l'époque, on n'aurait pas trouvé des situations. Vous savez que malheureusement, depuis la nuit des temps, on a toujours, là où il y a des enfants, malheureusement, on peut avoir des comportements complexes.

Quel que soit le secteur, d'ailleurs. Quel que soit le secteur, à tous les âges. Là, ce qui est dramatique, ce sont des maternelles qui sont aux trois quarts concernés. Vous avez cité des chiffres qui sont terribles, mais le plus terrible, c'est qu'actuellement, les soupçons de pédophilie, de maltraitance, de différentes natures, ils ne vont pas d'ailleurs mélanger. Il y a des choses, d'ailleurs, vous avez vu qu'il y avait 15 animateurs qui avaient été appréhendés et il y en a trois qui ont été mis en examen. Et d'ailleurs, je voulais dire que pour les milliers d'animateurs parisiens, ils ne sont pas en cause. C'est quand même une minorité. Il faut quand même le rappeler. Vous avez raison.

Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Mais, si vous voulez, on a quand même créé un système qui est un système qui dysfonctionne de façon majeure. Et pour revenir à votre question, en 2015, effectivement, à l'occasion justement d'un animateur qui avait été lui-même arrêté pour des soupçons de pédophilie et traduit devant la justice, j'avais une nouvelle fois alerté la nouvelle mère Anne Hidalgo, qui succédait à Bertrand Deladeuil, et le nouvel adjoint Grégoire, pour leur dire « Attention, c'est un système qui peut dysfonctionner.

» Et j'avais d'ailleurs, je continue à dire aujourd'hui qu'il peut dysfonctionner sur deux plans majeurs, ces soupçons de pédophilie et d'actes, bien sûr, incestueux, enfin, d'actes répréhensibles, pardon, et puis, sur le plan de la sécurité, sur le plan de la sécurité. Quand vous laissez rentrer des gens dans des écoles, parce que, là encore, une petite précision, on parle beaucoup des animateurs de la ville de Paris. Il y a deux animateurs de la ville de Paris, il y a les contractuels, et il y a ceux qui sont des agents publics. Donc, sur les contractuels, il peut y avoir une certaine rotation.

Mais ce qui est pire, ce sont les animateurs qui proviennent des associations qui interviennent dans le cadre des fameuses activités périscolaires, les fameux TAP, où là, c'est le turnover permanent. Et j'avais alerté dès le départ, en disant, il y a un risque d'insécurité. Vous imaginez ce qui pourrait se passer si quelqu'un de radicalisé rentrait dans une école ?

5:06
Jean-pierre Lecoq

Alors, vous alertez Jean-Pierre Lecoq, Annie Delgaux. On a le son, d'ailleurs, on va vous faire écouter Annie Delgaux, qui, à l'époque, répondait ça.

5:14
Locuteur non identifié

Et vous voudriez quoi ? Qu'on vous dise quoi ? Qu'on dise qu'il n'y a plus de recrutement du tout ? Qu'il n'y a plus du tout de recrutement pour des personnes qui ont des ailes avec des enfants ? C'est quoi le fond de votre question ?

5:30
Jean-pierre Lecoq

Est-ce que vous avez, en réécoutant Madame Delgaux, eu l'impression d'avoir été méprisée, prise de haut, alors que vous dénonciez des faits extrêmement graves ?

5:39
Invité

Alors, je ne dénonçais pas, je ne suis ni procureur ni commissaire, je m'étais en garde. Il y avait des faits, je l'avais dit en 2013, déjà, j'avais été considéré à partir du moment, malheureusement, avec ces gens-là, on a le sentiment que quand on est opposant, notre voix ne compte pas. Mais là, il y avait des faits. Et j'ai mis en garde, j'ai mis en garde parce que, en tant que père de famille, grand-père maintenant et mère, si je puis dire, mère d'arrondissement, pardonnez-moi de la blague, on est bien sûr très concernés par ça. Et ce que je reproche, ce que je leur reproche, c'est de ne pas avoir pris la mesure du phénomène.

Alors néanmoins, ce qui est encore pire, c'est qu'en 2015, après mon intervention, il y a quand même sans doute des fonctionnaires de la ville de Paris qui se disent, attention, on demande une inspection à l'inspection générale de la ville de Paris, qui a lieu en septembre, octobre 2015, qui préconise énormément de mesures dont la plupart n'ont jamais été mises en oeuvre. Donc, si vous voulez, il y a une... c'est vrai que dans ce pays, il y a peu de culture de l'évaluation, mais à Paris, on dépasse les bornes. C'est-à-dire, par idéologie et par non-volonté de prendre en compte, on a laissé prospérer un système qui est devenu systémique.

6:55
Jean-pierre Lecoq

Nos confrères du Parisien ont publié hier un article expliquant qu'un animateur, aujourd'hui mis en examen pour des agressions sexuelles dans une école du 11e arrondissement, avait déjà fait l'objet d'une plainte à caractère sexuel en 2024 dans une autre école du 10e. Mais en vous écoutant attentivement, Jean-Pierre Lecoq, je rappelle que vous êtes maire du 6e arrondissement, on parle beaucoup, par exemple, de l'article 40. Pourquoi ? Quand vous alertez en 2015 Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, en charge du personnel à l'époque, ne saisissent pas cet article 40 pour mener une action en justice ? Pourquoi ils ne le font pas ?

7:35
Invité

Et à défaut pour se protéger. Et à défaut pour se protéger. Parce qu'il faut bien reconnaître que tous les noms que vous avez cités auront des comptes à rendre devant la justice et la justice pénale, ça va d'ailleurs durer des années et ça risque d'être insulé.

7:50
Jean-pierre Lecoq

C'est pas pour l'instant avéré. Ça va polluer le mandat d'Emmanuel Grégoire pendant des années. On sait que le périscolaire est un secteur sous tension. Mais est-ce que justement ils n'ont peut-être pas voulu voir en se disant mais de toute façon le secteur est déjà tellement tendu que tant pis on ferme un peu les yeux sur tout cela. On peut se poser la question. Alors vous avez

8:11
Invité

totalement raison et je vais rajouter encore quelque chose. En 2022, il y a un dispositif qui s'appelle Cap Maternel qui avait été créé pour les maternelles. on avait expérimenté un nouveau système d'accueil dans les maternelles. Il y a eu une maternelle dans le 15e arrondissement qui avait été choisie, dans le 6e, plusieurs dans Paris, dans tous les arrondissements de Paris. Et là, écoutez-moi bien, tous les professionnels, tous les parents, tous ceux qui connaissent les enfants et qui disaient depuis des années que d'ailleurs ce système d'étape était particulièrement inapproprié pour les écoles maternelles parisiennes.

normalement, le cap maternel devait permettre aux responsables parisiens de sortir de ce fameux système. Et là, on ne l'a pas fait, on ne l'a pas fait, sans doute pour des raisons idéologiques parce que c'était Delanoé qui avait créé ce système, la majorité était restée la même.

9:03
Jean-pierre Lecoq

C'était même Vincent Payon dont vous parlez qui était ministre de l'Éducation nationale. Absolument,

9:07
Invité

en 2013. Et je vous signale que 95% des villes sont revenues sur ce système, alors la ville de Paris dit oui, c'est ça.

9:17
Jean-pierre Lecoq

C'est là Jean-Pierre Lecob, je me permets de vous couper parce que c'est là que vous dénoncez un problème systémique.

9:23
Invité

Absolument.

9:24
Jean-pierre Lecoq

Et c'est un système justement qui finalement ne laissait quasiment aucune chance aux enfants victimes.

9:33
Invité

Oui, ou alors sauf à ce que les parents les retirent à 15h30 de l'école, mais quand on travaille à Paris en général, les deux parents travaillent et on a un respect pour l'institution. Moi, je suis un pur produit de l'école publique et je suis atterré par la situation dans laquelle elles se trouvent. Mais il y a un problème structurel

9:50
Jean-pierre Lecoq

dans le périscolaire parisien parce que comment on les recrute, c'est des recrutements parfois très rapides, des animateurs sans BAFA avec des taux d'encadrement non respectés, des signalements qui auraient parfois conduit à des mutations plutôt qu'à des suspensions. Qu'est-ce qu'il faut faire aujourd'hui ? Les parents qui nous écoutent ce matin sur Europe 1 et qui vont mettre leurs enfants à la crèche. Qu'est-ce qu'il faut faire pour qu'on évite de se retrouver avec des cas comme on a aujourd'hui ? Alors moi, je pense qu'il faut renverser la table mais je ne suis pas aux manettes.

10:19
Invité

Les Parisiens ont fait le choix de reconduire une majorité sur laquelle avec Rachida Dati, avec d'autres élus, nous avions dénoncé cette situation. Ils ont décidé de reconduire cette majorité. c'est à elle de prendre ses responsabilités. Mais si j'étais à la place de l'actuel maire de Paris, moi je renverserais la table, je reviendrais rapidement sans doute à la semaine de 4 jours et une séparation nette si vous voulez entre les activités éducatives, l'école, si vous voulez, ce qui est le principal et le périscolaire.

Si vous revenez à un périscolaire qui est le mercredi matin et après-midi et peut-être d'ailleurs dans certains cas, il y a même le périscolaire le samedi matin, ce qui est une bonne chose pour certains quartiers qui ont des enfants en difficulté. Eh bien, vous séparez les choses et vous laissez le choix aux familles. Actuellement, les familles n'ont pas le choix parce que vous avez le périscolaire qui prend le relais entre 15h et 16h30 et là, c'est une vraie difficulté. Il faut reconnaître que maintenant, les familles sont, bien sûr, ont été très touchées et on a même des comportements qui sont... Jean-Pierre Lecoq, on doit conclure

11:23
Jean-pierre Lecoq

malheureusement, mais vous n'avez pas répondu sur l'article 50. Pourquoi, à l'époque, l'article 40, pardon ? Pourquoi Emmanuel Grégoire ou Anne Hidalgo ne l'ont pas saisi au moment où vous alertez ? Eh bien, vous leur demanderez. On leur demandera, vous avez raison. Merci d'avoir été l'invité ce matin d'Europe 1 matin week-end. Vous êtes maire du 6e arrondissement, Jean-Pierre Lecoq. Vous aviez dénoncé donc tous ces actes, comment on pourrait les qualifier, répugnants, dès 2015. Oui, ce sont des taxes qui nous sidèrent tous. Et on verra si le maire socialiste Emmanuel Grégoire qui a été donc élu devra potentiellement répondre de sa non-intervention dans cette affaire.

Merci à vous d'avoir été avec nous en studio sur Europe 1. Merci à vous.

12:09
Présentateur

Europe 1 les 8h23.