Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 25 janvier 2021 7 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesOutre-merEurope & international

Sommet pour l'adaptation aux changements climatiques | Emmanuel Macron

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15E. MacronChiffre
    « Plus de 2 milliards de personnes sont affectées dans leur quotidien par le stress hydrique. »
  • 0:18E. MacronChiffre
    « 40% des habitants de la planète pourraient en souffrir dans les 10 années qui viennent. »
  • 0:25E. MacronPromesse
    « La France rehaussera le niveau de finance climat à plus de 6 milliards d'euros par an. »
  • 0:27E. MacronChiffre
    « Elle consacrera 1/3 de celle-ci à l'adaptation. »
  • 0:35E. MacronFait
    « La France s'y emploie sur son territoire depuis 2006 à travers un plan national d'adaptation au changement climatique. »
  • 0:45E. MacronFait
    « L'initiative Kiwa pour l'adaptation et pour la protection de la biodiversité dans le Pacifique lancée par la France lors du 1er One Planet Summit le 12 décembre 2017. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-E. Macron : M. le secrétaire général des Nation unies, M. le Premier ministre des Pays-Bas, mesdames et messieurs les chefs d'Etat et de gouvernement, mesdames, messieurs, cher Mark.

Merci, d'abord, d'organiser une telle réunion, même si les conditions sanitaires, malheureusement, une fois encore, nous conduisent à le faire par le truchement de cette vidéo, mais le sujet est d'importance, et je tenais à être parmi vous. L'adaptation et la résilience sont, en effet, des mots qui ont résonné avec force et gravité ces derniers mois. Et la crise de la Covid-19 que nous sommes en train de vivre et qui secoue encore la planète tout entière a montré plus que jamais à quel point il est crucial de protéger les populations face au choc et leur permettre de s'en relever.

Le changement climatique est l'un de ces chocs qui nous concerne tous, dont les impacts se manifestent et s'intensifient partout, mais, nous le savons aussi, son impact varie considérablement selon notre situation sur notre planète. Il frappe très durement les populations les plus vulnérables, pensons aux habitants des petits Etats insulaires du Pacifique, par exemple, ou de ces territoires de montagne, qui assistent à la transformation de leur environnement et voient leur quotidien bouleversé. Pensons à ces villageoises et villageois du Sahel, dont les puits s'assèchent une année, ou dont les champs sont inondés l'année suivante.

Pensons à cette révolution que nous avons vue durant ces dernières années dans toute la région du lac Tchad, qui a bouleversé des écosystèmes, qui a créé de la pauvreté, des famines, et qui a engendré des migrations profondes et des zones de guerre. A l'heure où je vous parle, plus de 2 milliards de personnes sont affectées dans leur quotidien par le stress hydrique. 40% des habitants de la planète pourraient en souffrir dans les 10 années qui viennent.

Le concept de déplacés climatiques n'est plus théorique. Des femmes et des hommes en situation précaire du fait du sous-développement sont, en effet, aujourd'hui contraints à l'exil, et ce maintenant dans presque toutes les régions du globe. C'est pourquoi il nous faut, dans l'esprit de l'Accord de Paris, faire preuve d'ambition et de solidarité.

Il en va de notre responsabilité à tous et de notre responsabilité à chacun. Il est aujourd'hui bien compris qu'il est essentiel de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique. Nous nous y sommes engagés, la bataille n'est pas finie, loin de là, mais nous en connaissons les objectifs, la juste mesure, les engagements, les financements, et nous avançons, mais il est tout aussi important d'accélérer la mise en oeuvre d'actions d'adaptation sur le terrain. afin de réduire la vulnérabilité de nos sociétés.

La France s'y emploie sur son territoire depuis 2006 à travers un plan national d'adaptation au changement climatique, qui est renouvelé tous les 6 ans. Fondé sur une large concertation d'acteurs, son objectif est d'accélérer et d'étendre à tous les secteurs l'adaptation au changement climatique en cohérence avec des objectifs de long terme de l'Accord de Paris. Les collectivités locales y jouent un rôle de 1er plan en mettant en oeuvre des plans à l'échelle des territoires, les solutions fondées sur la nature adaptées à chaque contexte local y sont prioritaires, et des mesures spécifiques sont également venues compléter ce dispositif pour nos territoires d'Outre-mer, et ont été partagées avec ceux qui en ont besoin.

Par exemple, l'initiative Kiwa pour l'adaptation et pour la protection de la biodiversité dans le Pacifique lancée par la France lors du 1er One Planet Summit le 12 décembre 2017 associe dans un même programme une mise en oeuvre de solutions pour la résilience des territoires d'Outre-mer et des petits Etats insulaires en développement. Nous sommes heureux d'y travailler aujourd'hui avec l'Union européenne, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada. C'est un projet pour l'environnement, mais aussi un projet contre les inégalités qui agit sur les vulnérabilités sociales et les discriminations de genre.

Au niveau international, la France poursuit ses engagements en matière de solidarité climatique. L'Agence française de développement a déjà multiplié par 4 son soutien financier à l'adaptation depuis 2016. Et, comme je m'y suis engagé le 12 décembre dernier, lors du sommet de l'ambition climatique, la France rehaussera le niveau de finance climat à plus de 6 milliards d'euros par an.

Elle consacrera 1/3 de celle-ci à l'adaptation. La France joue, par ailleurs, tout son rôle pour aider à la mobilisation au niveau mondial des financements publics et privés sur le sujet de l'adaptation. Lors du sommet finance en commun, nous avons lancé une coalition de 450 banques publiques de développement, qui se sont engagées pour la 1re fois à intégrer l'adaptation et la résilience dans leurs stratégies et opérations.

Elles se sont également engagées à renforcer l'action pour financer l'élaboration et la mise en oeuvre de plans nationaux d'adaptation. Cette coalition rendra compte de ses progrès lors du prochain sommet finance en commun. C'est essentiel, car elles ont un rôle d'exemplarité pour inciter le secteur privé à faire de même, car tous les investissements doivent être testés à l'épreuve du changement climatique.

Au nord comme au sud, il nous faut repenser les infrastructures, les routes, les ports à l'aune de l'élévation du niveau de la mer, des événements climatiques violents, de la hausse des températures moyennes et des transformations d'écosystèmes que cela engendre. C'est aussi le cas de nos villes, pour lesquelles nous devons allier adaptation des infrastructures et utilisation des services rendus par la nature pour, par exemple, atténuer les inondations pluviales ou côtières ou la pollution des eaux. Le One Planet Summit consacré à la biodiversité, que nous avons organisé le 11 janvier dernier en partenariat avec les Nations unies et la Banque mondiale, s'inscrit aussi dans cette logique et a permis de lancer plusieurs initiatives fortes qui contribuent à l'adaptation.

Par exemple, l'accélérateur de la Grande muraille verte au Sahel, qui doit renforcer la résilience de la région face aux aléas climatiques et pérenniser les paysages verts et productifs, en restaurant les sols, en régénérant la végétation naturelle, en utilisant l'agroécologie et le pastoralisme, en conservant l'eau ou encore l'Alliance pour la préservation des forêts tropicales et humides, dont l'objectif 1er est de préserver le poumon de notre planète. L'adaptation met au centre les liens entre le climat, la nature et l'homme. Nous le savons, les actions en silo ne permettent pas de lutter efficacement contre le changement climatique, l'érosion de la biodiversité et la désertification.

C'est la raison pour laquelle nous avons proposé que soit organisé un sommet des 3 COP portant sur le climat, la biodiversité et la désertification en partenariat avec les Nations unies et réunissant les Etats qui s'engagent. Lors de chacune des 3 COP, conjuguons le mot "résilience" avec relance économique et combat environnemental et climatique. Tout cela est la meilleure manière de prévoir les prochains chocs, de lutter contre les grandes transformations qui sont déjà à l'oeuvre et aussi d'avoir une action utile et coordonnée contre les grandes inégalités de nos sociétés et à travers le monde.

Je vous remercie.