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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 28 août 2025 36 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalInstitutions & électionsSécuritéÉconomie & entreprises

Déclarations du Président Emmanuel Macron et de Maia Sandu, Friedrich Merz et Donald Tusk.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Maia SanduFait
    « Ces dernières années, et aujourd'hui plus que jamais, nous avons le sentiment d'appartenir à une même famille. »
  • 0:45Maia SanduFait
    « La République de Moldavie figure désormais sur la scène mondiale. »
  • 2:00Maia SanduChiffre
    « L'aide européenne apportée à la Moldavie est réinvestie dans nos collectivités locales. »
  • 10:30Friedrich MerzPromesse
    « L'Allemagne continuera à détacher des experts afin de faire avancer les réformes en Moldavie. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Vous avez la parole. Chers amis, cher Emmanuel, cher Donald, cher Friedrich, bienvenue à Chișinău. Merci beaucoup pour votre présence parmi nous aujourd'hui, alors que la République de Moldavie célèbre ses 34 ans d'indépendance.

En tant que dirigeants de trois pays très respectés par les Moldaves, votre présence ici pour célébrer la fête nationale de la République de Moldavie témoigne clairement de votre respect pour notre pays et pour notre peuple. Ces dernières années, et aujourd'hui plus que jamais, nous avons le sentiment d'appartenir à une même famille. Et, dans une famille, on partage ses joies et on surmonte ensemble les difficultés.

Nous vous remercions sincèrement pour votre solidarité. Chers amis, l'Europe naît alors comme un projet de paix. Il y a près de 75 ans, après la guerre la plus meurtrière de l'histoire, les dirigeants visionnaires de la France et de l'Allemagne ont eu le courage de bâtir ensemble une Europe unie, où anciens rivaux devinrent partenaires.

Quelque temps plus tard, la Pologne, après des décennies de dictature, prouvait que la liberté et la démocratie pouvaient renaître et consolider l'Europe. Aujourd'hui, la Moldavie emprunte le chemin de cette histoire. Comme vos pays, nous savons le sens de la lutte pour la liberté, du désir de paix et d'un avenir pour nos enfants.

Nous avons toujours admiré la France, l'Allemagne et la Pologne pour votre culture et votre tradition démocratique, votre courage et votre persévérance, qui vous ont permis de connaître la prospérité. Notre pays, la Moldavie, a un passé différent. Si les Moldaves ont transmis de génération en génération leurs traditions, leur identité et leur langue, s'ils se sont battus pour la liberté pendant de longues années, s'ils sont restés forts même lorsqu'ils ont été déportés ou arrêtés, peu de gens ont néanmoins eu connaissance de nos souffrances.

Mais, ces dernières années, notre voix a su se faire entendre. Aujourd'hui, non seulement les gens connaissent la Moldavie, mais notre pays est considéré et respecté. La République de Moldavie figure désormais sur la scène mondiale.

Le chemin a été et reste semé d'embûches. Mais aujourd'hui, nous avançons avec des alliés et des amis qui sont toujours à nos côtés. Aujourd'hui, nous célébrons un pays libre, respecté pour son peuple travailleur et honnête, pour ses fruits sucrés, ses vins de grande qualité, ses villes accueillantes et notre solidarité.

Les Moldaves ont toujours placé la gentillesse au premier plan. Et malgré nos vulnérabilités, nous avons ouvert nos maisons et nos cœurs à nos voisins, les Ukrainiens, qui fuyaient les bombes. L'histoire ne nous a pas épargnés.

Nous avons été maintes fois au cœur de conflits, mais nous sommes restés forts pour ne pas disparaître. Et malgré toutes les difficultés, nous sommes du bon côté de l'histoire. Ces quatre dernières années, nous avons accompli beaucoup de belles choses.

Nous avons renforcé nos institutions étatiques. Nous avons assis la sécurité énergétique afin que personne ne puisse faire pression sur nous. L'aide européenne apportée à la Moldavie est réinvestie dans nos collectivités locales, et nos progrès vers le développement se font de plus en plus sentir.

Nous avons accès au plus grand marché du monde, le marché européen, où nos producteurs trouvent stabilité, règles claires et opportunités réelles, et non des embargos et des pressions. Nous avons noué des amitiés solides qui nous rendent plus forts. Aujourd'hui, nos amis sont à nos côtés pour affirmer clairement que la Moldavie a de la valeur et que l'adhésion à l'Union européenne n'est plus un rêve lointain, mais un projet sur lequel nous travaillons.

Nous tenons ce projet entre nos mains et nous n'avons pas le droit de le laisser filer. Nous n'avons pas le droit de laisser revenir ces temps difficiles, qui creuseraient entre nous et l'Europe un nouveau fossé que nous ne pourrions combler. Chers amis français, allemands, polonais, votre présence ici témoigne à la fois de votre soutien à la Moldavie, mais aussi de la poursuite du projet européen, dont nous faisons partie.

Je tiens à affirmer très clairement qu'il n'y a pas d'alternative à l'Europe. Sans l'Union européenne, la Moldavie restera bloquée dans le passé. Nous le ressentons à chaque bombe lancée sur notre pays voisin.

Cette guerre menée par la Russie contre l'Ukraine nous prouve chaque jour que l'Europe est synonyme de liberté et de paix. La Russie de Poutine, quant à elle, représente la guerre et la mort. Les Moldaves ont déjà choisi la bonne voie : la voie européenne, la voie de la paix.

Mais nous savons qu'il ne faut pas prendre l'indépendance pour acquise. Elle repose sur les élections, sur les choix que nous faisons. Aujourd'hui plus que jamais, notre indépendance, notre souveraineté et notre paix sont menacées.

Nous subissons des ingérences dans nos élections, des financements illégaux provenant de l'étranger, des campagnes de désinformation, des cyberattaques, des manifestations rémunérées, l'utilisation de l'Église et des plateformes en ligne pour diffuser des messages anti-européens, le sabotage du vote de la diaspora, la propagation de la haine entre les communautés. Toutes ces pressions sont considérables, voire écrasantes, et c'est à nous de décider si elles nous diviseront ou nous empêcheront d'avancer. Nous sommes conscients de notre responsabilité.

L'année dernière, nous avons mené une lutte acharnée pour la démocratie et les Moldaves ont impressionné le monde entier par leur franchise et ont fait valoir leur vote face à des forces extérieures très puissantes et bien plus importantes. Nous ne pourrons bâtir l'avenir qui nous ressemble que si nous sommes protégés, et ce sont les Moldaves seuls qui doivent décider pour la Moldavie. Le courage des Moldaves, notre dignité et notre honnête travail viendront consolider l'Europe, la rendant plus sécuritaire, plus unie et plus prospère.

En ce jour de fête nationale, nous célébrons l'histoire de notre pays. Nous admirons depuis des années l'histoire de la construction européenne. Aujourd'hui, la Moldavie fait partie de cette aventure.

Nous ne sommes pas isolés, ce qui nous rend plus forts. Nous trouvons ainsi davantage de force pour continuer à protéger la paix, la liberté et le développement dans notre pays, et ce, aux côtés de notre famille européenne. Vive la Moldavie !

Merci beaucoup, Madame la Présidente. Je cède maintenant la parole au Président Macron. Chère Maia, M. le Premier ministre, cher Donald, M. le Chancelier fédéral, cher Friedrich, Mesdames et Messieurs, vous venez de le dire, la Moldavie compte, et c'est pour cela que nous sommes là, en ce jour si important.

C'est un plaisir et un honneur, à votre invitation, Mme la Présidente d'être à vos côtés pour cette célébration du jour de l'indépendence de la Moldavie, ici à Chișinău, aux côtés de mes deux amis, et représentant, en effet, vos amis européens. Avec le Chancelier et le Premier ministre, il nous apparaissait essentiel de venir célébrer ce jour symbolique, marquant l'entrée de la Moldavie dans l'ère de la souveraineté et de la liberté retrouvée. C'est ensemble que nous souhaitons adresser au peuple moldave un message de respect, d'amitié, de solidarité et de confiance dans l'avenir.

Et, là où vous l'avez dit, renaissent des velléités de venir fausser le jeu de votre démocratie, là où, nous le voyons à vos portes, les frontières sont contestées, la souveraineté des peuples bafouée, là où, par les réseaux occultes, certains voudraient que la démocratie ne puisse plus fonctionner ici. Nous venons, si je puis dire, à visage découvert, vous dire la confiance que nous avons dans l'avenir, et la confiance, comme vous venez de le dire, que la Moldavie compte, que son avenir est avec l'Europe et l'Union européenne, qu'elle y a sa place, qu'elle fait déjà partie de sa construction et que le chemin que vous avez engagé de réformes, de modernisation, de courage doit se poursuivre. La Moldavie a parcouru un long chemin depuis le 27 août 1991 et, au cours de ces 34 années, votre pays a traversé des épreuves et accompli des progrès considérables.

Il y a trois ans, la Moldavie a franchi une étape nouvelle de son histoire en déposant sa candidature en vue d'intégrer l'Union européenne. L'année passée, les Moldaves ont fait le choix d'inscrire cette orientation dans la Constitution de la République de Moldavie. C'est un geste fort, preuve de votre détermination à décider par vous-même du futur de la Moldavie.

Aux côtés de ses partenaires européens, la France soutient pleinement ce choix. Il est souverain, il est clair. Nous savons qu'il s'agit, pour les pays candidats, d'un processus exigeant, d'une forte mobilisation, et je sais toutes les réformes que vous avez conduites, votre implication, les chantiers nombreux de la réforme de la justice à tant de modernisations sectorielles.

Mais, nous constatons tous avec une grande satisfaction que la Moldavie a réalisé, au cours des derniers mois encore, avec la Commission européenne, un important travail de préparation à l'adhésion. C'est ce constat qui a conduit la Commission, puis l'ensemble des États membres à valider le versement des premiers paiements du plan de croissance et de réforme pour la Moldavie, avec une enveloppe de 1,9 milliard d'euros allouée sur les deux prochaines années. Ces réformes, je sais tout ce qu'elles représentent d'efforts de transformation, parfois les impatiences, voire les incompréhensions qu'elles suscitent.

Pour autant, je vois que les citoyens de Moldavie ont bien compris que l'adhésion à l'Union européenne représentait une chance historique pour l'avenir de leur pays. Une chance pour la prospérité et pour la sécurité. Elle conduira à la modernisation des infrastructures et de l'économie, offrira de nouvelles opportunités à la jeunesse et à tous les acteurs économiques qui accèderont à un grand marché de 450 millions de consommateurs.

Soyez ici assurés que la France continuera, pour cette raison, d'apporter un soutien déterminé à la Moldavie au cours de prochaines étapes de son parcours vers l'adhésion. En parallèle, il nous reviendra, nous aussi, en France, en Allemagne, en Pologne, partout en Union européenne, de valoriser tous ces efforts, le chemin accompli depuis ces dernières années et faire mieux connaitre la Moldavie au sein de l'Union européenne. Au plan bilatéral, la France continuera de soutenir la Moldavie en fournissant l'expertise technique dont elle a besoin, en finançant les projets prioritaires pour améliorer la vie des citoyens, notamment grâce à l'action déterminante de l'Agence française de développement qui a déjà engagé plus de 250 millions d'euros et, dans les domaines de l'énergie, des ressources naturelles, des infrastructures, continuer le travail essentiel qui est conduit.

La France poursuivra, renforcera son engagement de longue date en faveur de l'éducation et de la culture. Je souhaite en particulier évoquer le lancement en Moldavie et en Roumanie de la plateforme numérique de la chaîne européenne Arte, diffusion aussi de RFI. Je veux également remercier la Moldavie pour la reconnaissance officielle du baccalauréat français, évoquer le lancement, dès la rentrée 2025, d'un double diplôme francophone en droit, entre la Sorbonne et l'Université d'État de Moldavie.

Cette filière d'excellence contribuera à former les prochaines générations de juristes de haut niveau, qui exerceront dans nos pays et partout en Europe. Nous poursuivrons en août notre action en faveur de la conservation du patrimoine moldave, dans le cadre d'un projet conjoint de restauration de deux bâtiments à l'architecture emblématique de la capitale, les villas Herța et Kligman. Ce projet auquel je vous sais, chère Maia, particulièrement attachée sera également une contribution très concrète à la valorisation de votre héritage culturel et son ancrage profond dans l'histoire longue de l'Europe.

Enfin, alors qu'à quelques centaines de kilomètres de votre capitale, la guerre d'agression déclenchée par la Russie contre l'Ukraine continue de sévir, il est également ici essentiel de rappeler que l'intégration européenne est, pour la Moldavie, un choix clair, en faveur de la paix et du droit. La propagande du Kremlin nous explique que les Européens souhaitent prolonger la guerre et que l'Union européenne opprime les peuples. Ce sont des mensonges.

Contrairement à la Russie, l'Union européenne ne menace personne et elle respecte la souveraineté de chacun. C'est une union où chacun décide de rentrer librement, souverainement et où la souveraineté de tous est respectée. C'est une union de prospérité et de paix.

L'Union européenne n'est en aucun cas l'Union soviétique. Instruites par les tragédies du siècle passé, nos nations ont choisi la voix de la paix, de la réconciliation et l'Union européenne que la Moldavie aspire aujourd'hui à rejoindre est une communauté de valeur, ayant en partage une foi dans l'idéal démocratique dans la dignité de l'homme, et choisissant d'exercer en commun un certain nombre de compétences dans le respect des identités de chacun, ni plus, ni moins. Voilà le message de soutien, de solidarité et de confiance que nous sommes venus porter aujourd'hui : confiance dans notre avenir commun en Europe.

C'est pourquoi être à vos côtés, Madame la Présidente, en ce jour si particulier, est tout à la fois un hommage rendu à votre pays et à votre peuple, un hommage rendu à votre courage et votre détermination, et un hommage rendu à la confiance commune que nous partageons pour l'avenir de la Moldavie dans l'Union européenne. Je vous remercie. Madame la Présidente, chère Maia, Monsieur le Président, cher Emmanuel, cher Chancelier Friedrich, je suis très honoré et personnellement très heureux d'être parmi vous aujourd'hui à Chișinău, aux côtés du Président français et du Chancelier allemand, pour célébrer la fête nationale de la République de Moldavie.

Je vous remercie à nouveau, Madame la Présidente, pour votre invitation. Personne en Europe n'aurait pu refuser une telle invitation. Madame, en tant que présidente de la Moldavie, depuis longtemps, vous incarnez un modèle d'autorité politique et morale pour tous les Européens qui défendent la liberté, le courage et la dignité humaine.

Vous êtes un exemple pour nous tous, merci beaucoup, Maia. Je tiens aussi à remercier tous les citoyens de Moldavie et à vous adresser mes meilleurs vœux à l'occasion de votre fête nationale. J'étais parmi vous il y a un an, et beaucoup de choses se sont passées depuis.

Tout d'abord, les Moldaves ont décidé, par référendum, de s'engager sur la voie européenne. Je suis convaincu, et je l'ai toujours été, que c'est une excellente nouvelle pour la Moldavie et pour l'Union européenne dans son ensemble. Je le répète, car je pense que certaines choses méritent d'être répétées, même si elles semblent évidentes.

Mais nous vivons à une époque où la post-vérité est omniprésente, où les mensonges et les fausses informations sont légion. C'est pourquoi il est nécessaire de le dire haut et fort : une adhésion de la Moldavie et d'autres pays candidats à l'Union européenne, qu'ils aient déjà déposé leur candidature ou soient en cours de négociation, est dans l'intérêt de ces pays et dans l'intérêt de la Moldavie, j'en suis absolument convaincu. Mais il en va également de l'intérêt de l'ensemble du continent européen.

Il s'agit d'un effort commun, et personne ne fait ici de faveur à qui que ce soit. Une Moldavie sûre, prospère et stable au sein de l'Union européenne est dans l'intérêt vital de l'Union européenne dans son ensemble. La paix, la prospérité et la sécurité de l'Union européenne et de ses États membres sont liées à la paix, à la prospérité et à la sécurité de la Moldavie.

L'Europe sera plus forte avec la Moldavie. Votre résilience, votre attachement aux valeurs et votre voix enrichiront considérablement l'Union européenne. En bref, il n'y aura pas d'Europe sûre, ni de Pologne, de France ou d'Allemagne sûres sans une Moldavie indépendante et sûre.

La Pologne s'est engagée beaucoup plus tôt sur la voie de l'intégration et de l'indépendance. Nous avons vécu 30 ans de transformation, de transition politique, et ce, dans le cadre de l'adhésion à l'UE. Ce chemin vers l'Europe n'a pas été facile.

Nous sommes prêts à partager nos expériences. De fait, toute personne qui se rend en Pologne peut constater et apprécier les résultats. Vous étiez à Varsovie en juillet, Madame la Présidente, et vous avez fait de nombreux compliments sur notre pays.

Naturellement, je me réjouis des compliments sur la Pologne et Varsovie, sur tous les changements. C'est encourageant et je suis prêt à faire de nombreux efforts. Aujourd'hui, à mon arrivée à l'aéroport et après de nombreuses visites ici, j'ai pu constater de mes propres yeux vos progrès.

Je sais et comprends à quel point votre situation est difficile et qui sont vos ennemis. Vos avancées sont remarquables, vraiment remarquables. Merci beaucoup d'avoir reconnu nos avancées, et chapeau bas à vous aussi, car vous avez accompli des miracles dont vous devez être fiers.

La Moldavie est précisément le modèle de pays que nous souhaitons voir dans l'Union européenne : grandement ambitieux, valeureux et empreint de traditions, extrêmement travailleur et prêt à défendre ce qui est juste, même si les défis à relever sont très graves. Chacun en Europe connaît votre patrimoine et vos traditions : la musique et la danse qui rythment votre quotidien sont vraiment uniques, et nous avons besoin de ces valeurs extraordinaires en Europe. J'ai atterri ici, à l'aéroport qui porte le nom du compositeur européen Eugen Doga, qui figure déjà au panthéon de la culture européenne.

Nous sommes liés par un autre compositeur, le Polonais Mieczysław Weinberg, qui a utilisé des thèmes moldaves dans ses œuvres. Sa musique a d'ailleurs été jouée ici, à Chișinău, lors des six derniers mois, pendant la présidence polonaise de l'Union européenne. C'est là une preuve supplémentaire des nombreux liens d'amitié qui unissent nos pays et nos sociétés.

La tradition de coexistence pacifique des cultures et des langues est une autre valeur que nous devons tous partager. Les cœurs et les esprits ouverts sont de grands trésors ici en Europe et dans le monde entier. Et ils passent parfois inaperçus dans ce contexte de mondialisation.

En réalité, nous avons beaucoup à apprendre de vous, de votre attachement à ces valeurs authentiques. La Moldavie d'aujourd'hui n'est pas seulement un pays intermédiaire enclavé entre deux mondes. Non, la Moldavie d'aujourd'hui est un pays qui a choisi sa voie et qui va de l'avant.

Je sais que certains d'entre vous diront que c'est impossible. Vous avez été confrontés à de nombreux défis, mais vous n'avez jamais abandonné. Vous avez su lutter contre le froid lorsque des personnes mal intentionnées ont arrêté l'approvisionnement en gaz, vous avez su faire face à la flambée des prix, vous avez surmonté cette crise et vous avez su vous en sortir, et vous résistez également à la propagande hostile.

Voilà qui témoigne de votre force morale et intellectuelle. Vous avez choisi la bonne voie, à mon sens, la voie européenne. Et ce n'est pas une voie facile pour vous.

Un dicton moldave dit qu'en faisant preuve de patience, on peut traverser les océans. Mais à mes yeux, cela va au-delà de la patience. On parle ici de dignité, de courage et de prudence.

Il y a 45 ans, le mouvement Solidarité voyait le jour. À l'époque, je me trouvais au chantier naval de Gdansk parmi ceux qui faisaient grève. Ce fut le tout début de la chute de l'empire soviétique.

Nous avons dû apprendre à être patients à l'époque, et attendre dix ans après cette grande grève pour que l'Union soviétique s'effondre. Ce qui semble impossible aujourd'hui deviendra possible pour vous. Nous savons que la guerre en Ukraine est une source de souffrance pour nous tous.

C'est pourquoi nous travaillons ensemble pour parvenir à une paix durable et juste. La stabilité et la paix dans la région sont essentielles pour l'Europe, et la Moldavie, en tant que pays pacifique, a subi les conséquences de ce conflit. Tout comme la Pologne, vous êtes directement exposés au risque et à la menace.

Nous connaissons les enjeux et nous sommes prêts à vous aider. Vous avez également accueilli un certain nombre de réfugiés ukrainiens et vous vous êtes placés du bon côté de l'histoire. Je sais les sacrifices et le courage que cela a exigé, comme toujours.

Malgré les pressions extérieures, vous avez su rester inébranlables, courageux, unis et fidèles à vos valeurs. La paix et la stabilité en Moldavie sont extrêmement importantes pour l'Europe, car l'Europe est un projet de paix. La Pologne, l'Allemagne et la France n'ont pas toujours eu des relations pacifiques.

Nous n'avons pas eu tant de problèmes avec la France, mais, quoi qu'il en soit, cette intégration européenne nous permet de vivre dans la paix. La paix est fondamentale. C'est une question de dignité.

C'est une question de valeurs morales, mais aussi de stabilité. C'est pourquoi vous avez choisi l'Union européenne, en faisant le choix de la paix plutôt que de la guerre. L'indépendance ne se résume pas à une fête nationale.

C'est un effort quotidien. La Moldavie avance, soutenue et entourée par ses amis. Nous soutenons la Moldavie et nous soutenons les ambitions des autorités et de la société moldaves.

C'est pourquoi nous sommes réunis aujourd'hui à Chișinău, pour dialoguer et célébrer ensemble, comme le veut votre tradition moldave, qui est désormais une tradition commune. Monsieur le Chancelier Merz, vous avez la parole. Madame la Présidente, chère Maia Sandu, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Président, chers collègues, amis et voisins français, Emmanuel Macron, et polonais, Donald Tusk, Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, il y a exactement 34 ans, le 27 août 1991, la République de Moldavie a déclaré son indépendance.

C'est pour moi un honneur et un plaisir personnels que nous soyons réunis ici pour célébrer cette journée, dans cette ville, dans ce pays, avec nos amis, avec Donald Tusk et Emmanuel Macron, d'avoir été invité à passer cette journée avec vous. Aujourd'hui, nous célébrons la liberté, la prospérité croissante et la paix dont jouit le peuple moldave depuis maintenant une génération. Nous célébrons aussi le droit à l'autodétermination exercé par le peuple moldave et la Moldavie, qui s'est engagée sur la voie de l'Union européenne.

Et ce n'était pas gagné d'avance. La situation aurait pu prendre un tournant différent. La guerre d'agression brutale menée par la Russie nous le rappelle chaque jour, et la situation peut encore évoluer.

Les citoyens moldaves en sont conscients, à un mois des élections qui pourraient être décisives pour leur avenir et pour l'avenir de leur pays. Emmanuel Macron, Donald Tusk et moi-même sommes venus vous transmettre deux messages, le premier étant : la porte de l'Union européenne vous est ouverte. Vous êtes les bienvenus dans l'Union européenne.

La Moldavie fait partie de la famille européenne, non seulement sur le plan géographique, mais aussi sur le plan historique. Lors du référendum de l'année dernière, vous avez pris la décision de vous engager sur la voie vers l'Union européenne. Depuis le début des négociations d'adhésion, le gouvernement moldave a poursuivi et mis en œuvre avec détermination les réformes nécessaires.

Nous vous soutenons et continuerons de vous accompagner sur cette voie, au mieux de nos capacités. Cet automne, nous déploierons tous les efforts nécessaires pour entamer les premières négociations. L'Allemagne continuera à détacher des experts afin de faire avancer les réformes en Moldavie.

Nous, Européens et Allemands, apportons un soutien concret en matière d'accès à une énergie abordable, mais aussi en faveur des petites et moyennes entreprises. Notre second message est le suivant : nous vous soutenons et vous aidons à protéger votre liberté et votre souveraineté. Nous sommes parfaitement conscients des souffrances lourdes endurées par la Moldavie du fait de la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine, et nous savons avec quelle angoisse vous suivez les événements sur le front et les frappes aériennes russes.

Je profite de cette occasion pour rappeler très clairement que cette guerre doit cesser. Tout comme vous, nous voulons que les troupes se retirent enfin d'Ukraine, idéalement dès aujourd'hui et sans délai, mais pas à n'importe quel prix. Nous ne voulons pas voir l'Ukraine capituler.

Cela reviendrait à faire gagner du temps à la Russie, et Poutine utiliserait ce temps pour préparer une prochaine guerre. C'est pourquoi nous demandons et avons besoin d'une paix durable. C'est ce à quoi nous travaillons.

Nous mettons tout en œuvre pour y parvenir, en collaboration avec nos partenaires aux États-Unis et en Europe. Nous nous mobilisons pour l'Ukraine, mais aussi pour nous-mêmes. Nous nous mobilisons pour la Moldavie.

Jour après jour, la Russie tente sans relâche de saper la liberté, la prospérité et la paix en Moldavie, de les perturber et de les remettre en question. Pour Moscou, le 27 août n'est pas un jour de fête, et encore moins une célébration de la liberté. Pour le Président Poutine, la dislocation de l'Union soviétique, comme il l'a lui-même souligné, est la plus grande catastrophe du XXe siècle.

Il cherche à revenir en arrière et à faire revenir la Moldavie dans la sphère d'influence russe. Il ne se passe donc pas un jour, à l'approche des élections législatives dans votre pays, sans que la Russie ne lance des attaques hybrides massives. La cible est la démocratie moldave, en ligne comme hors ligne.

La cible est la société démocratique libre. C'est pourquoi l'Allemagne apporte son soutien à la Moldavie. C'est pourquoi l'Europe apporte son soutien et son aide à la Moldavie.

Nous soutenons la Moldavie dans sa lutte contre la désinformation et les cybercampagnes. Nous aidons votre pays et votre peuple en consolidant vos forces de sécurité. Nous travaillons avec nos amis et tâchons d'apporter notre aide dans le cadre de la plateforme de partenariat.

Madame la Présidente, chère Maia, l'Allemagne, la France et la Pologne sont réunies aujourd'hui aux côtés de la Présidente de la République de Moldavie, mais surtout, nous sommes réunis ici en tant qu'Européens, côte à côte, mais surtout aux côtés d'une République de Moldavie libre et européenne. Félicitations. Je m'adresse à présent aux citoyens moldaves, je m'adresse à vous, Madame la Présidente de ce grand pays, pour vous dire que nous sommes enchantés de passer cette journée avec vous.

Merci beaucoup. Merci, Monsieur Merz, et merci à tous les invités qui nous ont fait l'honneur de leur présence à cette conférence de presse. Merci également à la presse pour sa présence.

Nous vous remercions. Chers citoyens, je vous invite à poursuivre cette soirée avec nos invités pour célébrer la fête nationale de la République de Moldavie. Merci beaucoup.