Bayrou : pari réussi ? - C dans l’air - 14.01.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il était réussi?
- 2:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça veut dire?
- 4:00OuverteRéponse directe
Est-ce une ouverture qui pourrait coûter aux finances publiques?
- 6:00OuverteRéponse directe
Comment on peut imaginer mettre autour de la table les partenaires sociaux et tomber sur un accord?
- 8:00OuverteRéponse directe
Les entreprises sont-elles rassurées?
- 10:00OuverteRéponse directe
Question. C'était sa réforme totem. Est-ce que ça a été négocié avec l'Elysée, ce conclave et cette mise en chantier?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00F.BayrouChiffre
« 84 % des Français jugent que le gouvernement ne passera pas l'année. »
- 5:00F.BayrouChiffre
« Sur les plus de 1000 milliards de dette supplémentaire accumulée par notre pays ces 10 dernières années, les retraites représentent 50 % de ce total. »
- 7:00F.BayrouPromesse
« Il faudra trouver des méthodes d'organisation de l'Etat qui ne requièrent pas d'augmentation de nos dépenses publiques. »
- 9:00F.BayrouFait
« Il existe chez nous un réflexe des gens ancien et nuisible. Il s'agit, dans les débats, de cibler les entreprises. »
- 11:00G.MackeFait
« Les personnes qui devaient déjà partir à 62 ans et quelques mois au fur et à mesure que la réforme avance dans l'année qui vient, s'il y a une pause, ça ne se passera pas. »
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Je rappelle votre livre, "Génies du mal", chez Plon. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue dans "C dans l'air". Il a formulé cet après-midi sa nouvelle promesse française. F.Bayrou, dans un discours de politique générale, a tenté de réunir les conditions d'une non-censure.
Sur les retraites, pas de capitulation, mais une remise en chantier de la réforme "sans tabou", dit-il. "Un conclave de 3 mois avec les partenaires sociaux sans remettre en cause l'équilibre financier de la réforme". Le chef du gouvernement a ironisé sur l'atout que représente cette instabilité politique.
Se confronter sans s'affronter, avec des priorités: le désendettement, l'école, l'immigration...
Le maire de Pau a insisté sur sa volonté d'entendre les Français qui se sentent exclus du pouvoir et des cercles parisiens. Nous allons revenir sur les grandes lignes du discours de politique générale de F.Bayrou.
Avec nous pour en parler, J.Jaffré, politologue et chercheur associé au Cevipof. S.Quéméner, vous êtes rédactrice en chef à "La Tribune Dimanche".
G.Macke, vous êtes directrice déléguée de la rédaction de "Challenges". O.Beaumont, vous êtes grand reporter au service politique du "Parisien-Aujourd'hui en France".
Bonsoir à tous. On commence avec le tout début du discours de politique générale. Il a manié l'ironie. - F.Bayrou: Contrairement à ce que beaucoup pensent, la situation de ce gouvernement présente un avantage considérable.
Sur ces bancs, même parmi ceux qui sont violemment hostiles à ce que nous pensons ou à ce qu'ils croient que nous pensons, pas un ne trouve notre position enviable. 84 % des Français jugent que le gouvernement ne passera pas l'année. Il m'arrive même de me demander où les 16 % restants trouvent la source de leur optimisme. - C.Roux: Une habileté de F.Bayrou pour faire retomber la pression. - J.Jaffré: Effectivement.
Tant qu'à faire, autant tout de suite dire "on ne nous prête aucun avenir, mais il faut chasser cette idée". - C.Roux: Sur la forme, on va beaucoup parler des éventuelles annonces, la réforme des retraites, la dette...
Sur la forme, c'est toujours un exercice très analysé, le discours de politique générale. On a dit que c'était le discours de sa vie. Est-ce qu'il était réussi? - J.Jaffré: Non.
Ce n'était pas du tout le discours de sa vie. Je dirais même que ce n'était pas fait pour être le discours de sa vie. L'objectif de Bayrou est très politique, dans cette affaire: éviter la censure.
Pour cela, il a fait un positionnement politique très calculé pendant le débat. Nous avons retrouvé le maire de Pau ici ou là, l'ancien enseignant qui nous a rappelé que c'était l'honneur de sa vie d'avoir été professeur...
Il n'a pas rappelé qu'il a été agrégé de lettres classiques. Il nous a récité une fable de La Fontaine. C'était quand même un grand moment, il faut bien le dire. - C.Roux: Le Haut-Commissariat au plan aussi... - J.Jaffré: Il y avait un peu d'ironie au sein de l'assemblée sur l'ampleur de ses travaux.
Il est resté tel qu'il est en lui-même, mais ce n'était pas le discours de sa vie. - S.Quéméner: C'était un discours assez honnête.
Il y a un peu d'ironie au début, mais ensuite, il n'y a pas de sous-entendus. C'est clair, assez simple. Vous rappeliez ses qualités d'agrégé.
L'idée est de se faire comprendre de tout le monde, de citer l'adversaire, J.-L.Mélenchon, par exemple...
Ce qui m'a frappée, c'est la phrase de fin qui résume assez bien l'ensemble du discours: "Nous n'allons pas vivre le grand soir." Il est conscient qu'il est très contraint, sans doute comme aucun Premier ministre sous la Ve République. "Alors, nous pourrons passer du découragement à un espoir ténu mais raisonnable." C'est son programme.
C'est ce qui est posé sur la table par ce discours. Il n'y a pas eu de grandes envolées lyriques. Il y avait un passage écrit sur Charles Péguy qu'il a enlevé.
C'est toujours dur de tenir un discours de politique générale en une heure. Là, c'était une grosse heure et demie. C'était assez roboratif par moments, mais c'était en même temps assez simple et compréhensible.
Il y a un contenu politique très dense au début et après, ça s'étiole. C'est le discours de quelqu'un qui ne peut pas faire grand-chose. - C.Roux: Il s'est un peu perdu dans ses notes à un moment.
Il s'en est amusé en disant qu'il était novice. Il y avait une forme, non pas de légèreté, mais de distance, par les moments où il hésitait, par l'agitation dans l'Assemblée. - O.Beaumont: Il était même très souriant, alors que l'enjeu est grave.
Personne autour de cette table n'est capable de savoir combien de temps ce gouvernement va durer. Il y a ces séquences où il se perd dans ses notes. On le voit chercher.
On est même mal à l'aise...
Moi, je l'étais pour lui. On ne sait pas, à ce moment-là, combien de temps ça va durer. On se demande s'il va avoir le soutien d'un huissier qui va l'aider.
Et puis, par une petite pirouette, par le sourire, il dit: "Je suis comme vous, je suis novice en politique." Il arrive à changer l'atmosphère. Il est arrivé avec une démarche d'humilité.
Il n'avait pas le choix. Contrairement aux précédentes déclarations de politique générale, je trouve qu'il s'en sort plutôt bien sur la forme. On n'a pas eu des esclandres dans l'Hémicycle, des huées, des applaudissements d'un camp avec des sifflets de l'autre.
Je trouve qu'il a plutôt réussi à tenir l'Hémicycle dans cette séquence. - C.Roux: Encore un mot sur la forme.
Il a beaucoup rendu hommage à son gouvernement, à E.Borne, G.Darmanin, aux cadors de son gouvernement et à E.Macron. - O.Beaumont: Oui.
Il l'a cité plusieurs fois. On sait aussi qu'il est dans une logique...
Il est dans l'expression médiatique. C'est une façon de les citer nommément dans sa discours de politique générale. C'est une façon de leur montrer qu'il leur fait confiance.
Il faudra aussi que ce soit du donnant-donnant. - C.Roux: Sur E.Macron, il a repris le film sur le 1er mandat d'E.Macron, là où il a pesé sur l'élection. - O.Beaumont: Il reprend un peu l'histoire à son compte, je trouve.
Il a montré beaucoup de failles du bilan du macronisme. - G.Macke: En tout cas, je pense qu'il a délibérément voulu faire un exercice de dédramatisation.
Son discours est très attendu. On sait que ça négocie en coulisses et on ne connaît toujours pas le résultat de ces négociations. C'est une période sur le fil.
Entre-temps, il n'y a que des nouvelles anxiogènes qui arrivent jour après jour sur le niveau de la dette, sur les nouvelles économiques qui sont mauvaises...
J'ai senti qu'il voulait faire un discours...
Il voulait prendre du temps, se poser et même risquer un peu d'humour, et avoir une vitesse tranquille, quitte à prendre son heure et demie. - C.Roux: Sur la dette, pas de gravité, pas de dédramatisation, mais le sens des responsabilités.
On peut peut-être rester avec vous sur cet aspect, G.Macke. Il commence son discours avec le surendettement de la France, considérant qu'il s'agit d'une épée de Damoclès.
Il responsabilise l'ensemble de la classe politique. - G.Macke: Il a l'avantage de la sincérité.
Il a vraiment fait des campagnes présidentielles sur ce sujet. Ca a été un thème d'importance pour lui. Ce n'est pas un thème très populaire, la dette.
Jusqu'à récemment, ça n'intéressait pas beaucoup les Français et jamais au premier chef. Il a utilisé ce sujet notamment sur les retraites pour faire de la pédagogie de la dette au moment de discuter de la réforme des retraites. Le sous-texte est clair, et il est destiné aux socialistes: "Cette réforme, attention, on part avec une situation d'endettement." Il a dit une phrase très forte: "L'Etat n'a pas le premier euro pour payer la retraite des fonctionnaires.
Toute la retraite des millions de fonctionnaires aujourd'hui à la retraite est payée par la dette, par l'endettement. L'Etat utilise comme frais de fonctionnement la dette pour payer les retraites des fonctionnaires." J'ai trouvé que le chiffre était assez fort. - C.Roux: C'était une introduction à la mesure, l'annonce qui était attendue sur la réforme des retraites.
Il a dit qu'elle était vitale pour notre pays. Il a posé des conditions financières à cette discussion sans tabou. On y revient dans un instant.
Fidèle à ses convictions, le Premier ministre a débuté son discours avec une charge à la question des finances publiques, de la dette, alors que le pays est sans budget. F.Bayrou évoque une épée de Damoclès et des responsabilités partagées sur tous les bancs de l'Assemblée qu'il avait en face de lui.
Retraites, entreprises, débureaucratisation, écoutez les quelques grandes lignes du discours de F.Bayrou. - F.Bayrou: Depuis la guerre, la France, dans son histoire, n'a jamais été aussi endettée qu'aujourd'hui.
J'affirme qu'aucune politique de ressaisissement et de refondation ne pourra être conduite si elle ne tient pas compte de cette situation de surendettement et si elle ne se fixe pas comme objectif de la contenir et de la réduire. Tous les partis de gouvernement, sans exception, ont une responsabilité dans la situation créée ces dernières décennies. J'affirme que tous les partis d'opposition demandant à cette tribune sans cesse des dépenses supplémentaires ont dansé le tango fatal qui nous a conduits au bord de ce précipice. ...
Sur les plus de 1000 milliards de dette supplémentaire accumulée par notre pays ces 10 dernières années, les retraites représentent 50 % de ce total. La dette est injuste et insupportable si elle met à la charge de nos enfants nos dépenses courantes de notre vie d'aujourd'hui. Nous pouvons, j'en ai la conviction, rechercher une voie de réformes nouvelles sans aucun totem et sans aucun tabou, pas même à l'âge de la retraite, à condition qu'elles répondent à l'exigence fixée.
La seule exigence fixée est que nous ne pouvons pas laisser dégrader l'équilibre financier que nous cherchons et sur lequel presque tout le monde s'accorde. ...
Une délégation permanente sera donc créée. Je la réunirai dès vendredi. Je proposerai aux représentants de chaque organisation de travailler autour de la même table, de s'installer dans le même bureau, ensemble, pendant 3 mois.
Si au cours de ce conclave, c'est ce qu'on dit quand on ferme les portes, cette délégation trouve un accord d'équilibre et de meilleure justice, nous l'adopterons. Le Parlement en sera saisi. Je souhaite que cet accord soit trouvé.
Mais si les partenaires ne s'accordent pas, c'est la réforme actuelle qui continuera à s'appliquer. Huées. ...
Il faudra trouver des méthodes d'organisation de l'Etat qui ne requièrent pas d'augmentation de nos dépenses publiques. Il faut repenser tous nos budgets. Est-il nécessaire que plus de 1000 agences, organes ou opérateurs exercent l'action publique?
Ces 1000 agences, organes, sans contrôle démocratique réel, constituent un labyrinthe dont un pays rigoureux et sérieux peut difficilement se satisfaire. ...
Il existe chez nous un réflexe des gens ancien et nuisible. Il s'agit, dans les débats, de cibler les entreprises. Ma conviction est que ces entreprises, nous devons leur faciliter la tâche dans toutes les conditions fixées par la démocratie sociale.
Elles doivent être prémunies contre des augmentations exponentielles d'impôts et de charges. L'entreprise produit les richesses et l'emploi pour tout le pays grâce à ses dirigeants, ses chercheurs, ses cadres et ses salariés. Mais si elle se voit surchargée de prélèvements et de normes, alors elle cesse de produire.
Le trésor est dans l'activité, la créativité et la souplesse. - C.Roux: Nous allons revenir sur plusieurs points évoqués dans ces extraits.
D'abord, une question. Avant que vous répondiez, je veux citer quelques réactions. J.-L.Mélenchon qualifie les concessions accordées aux socialistes de "grotesques".
Il estime que le centre de gravité s'est à nouveau réorganisé autour de LFI. Les Ecologistes disent: "Dans 2 jours, nous voterons la censure." F.Roussel, pour le PCF: "Nous sommes très loin du compte sur les retraites." Et les socialistes, dans tout ça?
C'est eux qu'on attend. - S.Quéméner: Oui.
O.Faure doit s'exprimer ce soir. B.Vallaud souffle le chaud et le froid.
Il s'exprime en ce moment à l'Assemblée nationale. Pour l'instant, les socialistes sont dans une position assez attentiste. On dit dans le camp socialiste qu'ils attendent des éclaircissements de F.Bayrou.
En tout cas, ils ont réussi...
Ils n'ont pas obtenu le mot de "suspension". On avait compris depuis ce matin que ça ne se dirait pas, mais ils ont obtenu, et ce n'est pas rien, la remise en chantier de la réforme des retraites. - C.Roux: Qu'est-ce que ça veut dire?
M.Barnier avait dit, et ça ne suffisait pas à l'époque, qu'il était prêt à rediscuter de la réforme des retraites. Remise en chantier, conclave...
Qu'est-ce que ça veut dire? - S.Quéméner: Les partenaires sociaux vont s'emparer de la réforme des retraites, chercher de nouvelles pistes de financement.
S'ils en trouvent des meilleures que la réforme Borne...
Il a dit qu'elle pouvait être considérée comme injuste, tout de même. La bataille contre la réforme des retraites joue aussi sur l'impossibilité de la part du gouvernement en place de reconnaître qu'elle pouvait être ressentie par beaucoup comme injuste, notamment sur la question des femmes ou de la pénibilité. La nouveauté, c'est que ça va être confié aux partenaires sociaux.
Ils vont se replonger dans la réforme des retraites dans un temps contraint. S'ils ne parviennent pas à trouver une solution, ensuite, la réforme des retraites se mettra vraiment en oeuvre. Elle devait se mettre en application en septembre.
Les socialistes ont obtenu le mot "mise en chantier", le mot "injuste" et que ça soit fait dans un temps contraint. Est-ce que ça va suffire? Au moment où on parle, ce n'est pas très clair. - C.Roux: J.Jaffré, pas le mot "suspension", pas de capitulation, mais une main tendue qui pourrait suffire à rallier les socialistes? - J.Jaffré: En tout cas, un chemin très étroit.
F.Bayrou disait qu'il y avait un chemin. On voit que c'est un chemin extrêmement difficile à tenir.
C'est un problème très compliqué dans cette affaire. Les socialistes veulent affirmer qu'ils sont de gauche, qu'ils sont dans l'opposition par rapport au macronisme et à ceux qui continuent de gouverner derrière E.Macron.
En même temps, ils ne souhaitent pas renverser le gouvernement. Ce serait un processus d'accélération de crise politique qui pourrait conduire jusqu'à une élection présidentielle anticipée si les différents gouvernements qui se présentent sont censurés assez rapidement. Bayrou a donc travaillé le fait que les socialistes trouvent suffisamment de grain à moudre.
On parle de retraites, c'est très bien, mais sur l'immigration, il a dit "le strict minimum du minimum du minimum". Retailleau et Darmanin sont priés que les OQTF soient un peu plus efficaces que ce 7 % qu'on a. Pour le reste, pas de loi immigration annoncée.
Le grand projet Darmanin sur la justice...
Il a rendu un hommage vigoureux à Darmanin au début. Tellement vigoureux qu'ensuite, il n'a plus parlé des projets de Darmanin. Nous sommes vraiment dans la politique.
Il a aussi eu une phrase-clé envers les socialistes. C'est un vrai travail politique. C'est une déclaration très générale et très politique.
Il a dit: "C'est bien qu'il n'y ait plus de bipolarisation." C'est le mot-clé de son discours de politique générale. On ne revient pas à l'affrontement gauche-droite.
Le centriste n'y est pas favorable. Il nous annonce la proportionnelle, qui fait...
Il dit que très clairement: "Il faut l'égalité entre les territoires." Pas question que certains départements élisent au scrutin majoritaire et d'autres à la proportionnelle. Passage très important également.
S'il y a la proportionnelle, ce sera partout. S'il y a de la proportionnelle, ça permet, dit-il, de sortir "d'alliances insincères". Il dit aux socialistes de récupérer leur liberté.
Le retour du cumul des mandats, pour les maires, ce serait énorme. Il a dit: "Le fait que les responsabilités locales et nationales puissent se marier". C'est le cumul des mandats. - C.Roux: La proportionnelle...
Les LR s'opposent évidemment à la proportionnelle, "qui mettrait du désordre dans la politique française". - J.Jaffré: Qui est très ordonnée, bien sûr. - C.Roux: Un mot sur la question des retraites.
Est-ce une ouverture qui pourrait coûter aux finances publiques? Le fait de dire qu'on met sur pause et qu'on discute pendant 3 mois? - G.Macke: Oui, ça coûte.
Les personnes qui devaient déjà partir à 62 ans et quelques mois au fur et à mesure que la réforme avance dans l'année qui vient, s'il y a une pause, ça ne se passera pas. Ces personnes vont partir à la retraite plus tôt que si la réforme continuait de s'appliquer. Donc il y a des estimations autour de 2 à 3 milliards d'euros de coût, cette année.
De toute façon, ce discours de politique générale a quand même, à mon sens, entériné le fait qu'on ne va pas du tout revenir à 5,4 % de déficit. - C.Roux: Il a pourtant maintenu ses prévisions. - G.Macke: Pas ces prévisions de croissance.
Il est passé de 1,1 à 0,9. Il y a des choses qui n'étaient pas dans le discours de politique générale, mais il dit...
Ils ont dit avant qu'on allait passer de 60 milliards d'effort de redressement des comptes à 50 milliards. Il n'y avait que 10 milliards d'écart. Pourtant, on a renoncé au déremboursement des médicaments, à la fin de la taxe sur l'électricité, notamment...
Pendant plusieurs mois, les surimpôts qu'on veut faire sur les entreprises ne passeront pas. La différence est bien au-delà de 10 milliards. En plus, cette prévision de 60 milliards était faite avec 1,1 % de croissance.
Maintenant, on refait les prévisions avec 0,9 % de croissance. Ca veut dire moins de recettes fiscales dans les caisses. 50 milliards, pas du tout. - C.Roux: Avec des pistes d'économies évoquées? - G.Macke: J'ai tendu l'oreille. - C.Roux: Débureaucratisation. - G.Macke: Celle-là, on l'a depuis Pompidou, quand même.
On a fait des commissions, etc. La pédagogie de la dette, c'était un peu une forme d'avertissement à destination des socialistes en prenant les Français à témoin. "50 % de l'augmentation de la dette est due aux retraites.
Des retraites ne sont pas payées aujourd'hui par les finances publiques mais par la dette." En dehors de ça, je n'ai pas vu beaucoup d'efforts d'économies, d'impôts. Je remarque qu'on a plus du tout parlé De l'imposition des riches dans ce discours de politique générale.
Il y avait eu beaucoup de pistes diverses l'imposition des riches. Là, il n'y a pas eu un mot sur ce sujet. - C.Roux: Il a annoncé qu'il voulait revenir à 3 % de déficit d'ici 2029.
Il l'a annoncé à l'ensemble de ses ministres en leur disant qu'il fallait repenser tout ce budget. C'est peut-être de ce côté qu'il imagine faire des économies. - O.Beaumont: Je pense que F.Bayrou a fait beaucoup de politique.
Il gère son calendrier, qui est assez contraint. Là, on va achever la première séquence, celle de la DPG. Va s'ouvrir ensuite celle du budget.
On a compris que ce gouvernement ne sera pas censuré jeudi à l'examen de la motion de censure des insoumis. Le RN a fait savoir qu'ils ne censuraient pas le gouvernement sur un discours de politique générale. A partir de ça, il n'y a pas de majorité pour renverser le gouvernement cette semaine.
La prochaine censure possible pourrait arriver au budget. Si F.Bayrou veut se donner encore des moyens d'action, des leviers de négociation avec les socialistes et leur donner des points...
On parle des taxations sur les patrimoines des plus riches. Il y a aussi la question de l'éducation, les suppressions de postes chez les enseignants. Il y a beaucoup de revendications faites par les socialistes.
Là-dessus, Matignon pourrait faire des concessions dans les prochaines semaines. Il n'allait pas tout déballer. Un discours de politique générale, c'est souvent assez général.
C'est rare qu'on ait des annonces assez précises. Dernier élément concernant ce fameux conclave, cette délégation permanente. Là aussi, il y a un peu de stratégie.
F.Bayrou a décidé de donner la main aux partenaires sociaux pour conduire la discussion. C'est ce que n'avait pas fait E.Macron en son temps.
C'est pourquoi cette réforme avait été vécue comme un urticant majeur par les Français et la classe politique...
Pardon, par les partenaires sociaux. Ils ne se sentaient pas associés à la discussion. Là, F.Bayrou a décidé de leur donner la main sur cette séquence.
Quand on confie des négociations, ou des conclaves, entre des représentants de forces politiques, on sait très bien qu'ils sont sur leur téléphone avant même d'être sortis, contrairement aux syndicats. - C.Roux: Ils ont quand même un pistolet sur la tempe.
Si, au bout de 3 mois, ils ne sont pas d'accord... - O.Beaumont: C'est court, mais c'est long aussi.
Ca peut permettre de dire des choses et d'arriver peut-être à un accord ou un plan qui soit soumis à la représentation parlementaire. Ensuite, elle décidera si ce que propose ce conclave... - C.Roux: Comment on peut imaginer mettre autour de la table les partenaires sociaux et tomber sur un accord? - G.Macke: Le patronat a beaucoup évolué.
Ces derniers temps, il a un peu fait des signes en disant: "On est prêts à reréfléchir à des sujets." Lui est parti en disant que même l'âge légal était sur la table, je n'en suis pas si sûre. Il y a beaucoup de points d'amélioration possibles et sur lesquels il peut y avoir des accords entre syndicats et patronat.
Après, je ne suis pas du tout sûre qu'on aille jusqu'à la grande réforme que voulaient le NFP et le RN. - C.Roux: Vous vous souvenez de ce que disait O.Faure?
Il disait qu'il fallait des concessions remarquables. Au bout de ces négociations, il faut des avancées remarquables aussi? Ca peut être quoi si ce n'est pas l'âge? - G.Macke: Le problème, et ça, F.Bayrou l'a bien répété à plusieurs reprises, c'est que ça doit se faire dans le cadre financier constant.
L'objet de cette réforme, ce pour quoi on a introduit cet âge qui n'était pas prévu au départ dans la réforme, c'était bien parce qu'on a voulu faire des économies. C'était une des principales mesures d'économie d'E.Macron.
Si on reste dans le cadre financier de la réforme, ça va être la quadrature du cercle de réussir à faire ces "avancées remarquables". - S.Quéméner: Symboliquement, c'est la main tendue à ce qui reste de gauche réformiste qui ne s'est pas alliée aux macronistes.
Quelque part, c'est une victoire posthume de F.Hollande. F.Hollande avait réussi une réforme des retraites... - J.Jaffré: Il est toujours vivant! - C.Roux: Il était dans l'Assemblée, d'ailleurs. - S.Quéméner: Il n'est plus président de la République. - G.Macke: Il ne le sera plus. - S.Quéméner: Le fait qu'on négocie avec les syndicats, qu'on laisse le temps à ces négociations, c'est la social-démocratie.
C'est comme ça que ça s'appelle. C'est une main tendue à la gauche comme ça. - J.Jaffré: Quand F.Bayrou fait des compliments, il faut s'inquiéter pour ceux qui les reçoivent.
E.Macron a été choyé. Dire qu'il faut revenir sur une réforme injuste, la réforme des retraites, c'est une terrible critique du bilan macroniste, en particulier du 2e quinquennat.
Pour E.Borne, qui a également été saluée et qui devait lire le discours de politique générale au Sénat, expliquant qu'il fallait reprendre tout ça, ça a dû...
J'attends d'ailleurs les extraits de ce passage de madame Borne et la façon dont les sénateurs ont pu réagir. Madame Borne avait fait l'erreur gigantesque en passant à 64 ans en concession aux LR et pas aux syndicats. Les 3 mois de négociations, c'est impossible, mais la suite va élargir le débat.
Comment se fait-il que les seniors ne travaillent pas? Pour les Français, c'est incompréhensible. La souffrance au travail...
Il y a des gens qui n'en peuvent plus du travail. Discutons de ça. Ca va tourner assez vite à la mise en accusation du patronat, qui va devoir faire des concessions pour tenir sur la ligne des 64 ans.
Ca nous promet 3 mois très intéressants. - C.Roux: On revient sur ce qui a été dit et notamment sur la fable de La Fontaine.
F.Bayrou propose à la France une forme de réconciliation des politiques entre eux, des Français avec les élus mais aussi avec les entreprises. Le Premier ministre veut s'appuyer sur le terrain et répondre aux attentes des exclus du pouvoir avec la promesse de reprendre les cahiers de doléances.
Il a évoqué longuement le mouvement des "gilets jaunes". ... - F.Bayrou: Réconcilier les Français entre eux, réconcilier les Français avec leur Etat et leurs élus, et réconcilier les Français avec les entreprises.
La politique de gouvernement, c'est la vérité partagée. Le gouvernement considérera les Français comme des partenaires des décisions à prendre, non comme les sujets d'une monarchie qui n'auraient d'autre choix que d'obéir ou de se révolter. ...
Je propose que nous avancions sur la réforme du mode de scrutin législatif. Chacun exprimera sa position, mais il y a une option à prendre sur ce principe et une discussion à avoir sur ses modalités. Cette adoption du principe proportionnel pour la représentation du peuple dans nos assemblées s'accompagnera probablement, comme l'a dit le président du Sénat, nous obligera à reposer en même temps la question de l'exercice simultané d'une responsabilité locale et nationale. ...
Il faut agir plus en profondeur et dans le temps. Selon quelle méthode? Je n'en connais qu'une: rendre du pouvoir au terrain.
Grâce à France Expérimentation, les acteurs de terrain devront redéfinir eux-mêmes en partenariat avec l'Etat les simplifications, suppressions et allégements d'obligations utiles. C'est vrai pour les entreprises, c'est vrai pour les collectivités locales et c'est vrai pour l'agriculture. ...
Je voudrais m'arrêter un instant à un mouvement que nous avons tous connu et que nous avons négligé: le mouvement des "gilets jaunes". Sur les ronds-points, il y a 6 ans, ils ont dénoncé l'état qu'ils ressentaient de notre société. Cet état, c'était la division du pays entre ceux qui comptent et ceux qui ne comptent pas.
Je suis assuré que la promesse française suppose que nous puissions abattre le mur qui existe entre les uns et les autres. C'est la raison pour laquelle nous devons reprendre l'étude des cahiers de doléances qui ont été présentés par les "gilets jaunes" de manière que s'expriment dans notre société...
Brouhaha. J'imaginais que vous pourriez adhérer à cette idée. De manière que s'expriment dans notre société les attentes, souvent les plus inexprimées, qui sont celles des milieux sociaux exclus du pouvoir.
Applaudissements. - C.Roux: "Les milieux sociaux exclus du pouvoir", cette référence au mouvement des "gilets jaunes".
Question, liée aux "gilets jaunes". - S.Quéméner: C'est toujours la première préoccupation des Français.
Ca rejoint ce que disait Olivier. F.Bayrou fait ce premier discours pour réussir à faire les suivants.
Il cherche à ne pas être censuré rapidement. Il ne va pas être censuré par le RN jeudi, mais il sait que son gouvernement est sous très haute surveillance des oppositions. Il essaie de prendre un petit peu d'air.
Il sait que la question clivante, c'est comment on réduit le déficit sans toucher au pouvoir d'achat. Il sait que c'est un sujet miné. Il les fait les uns après les autres.
La réforme des retraites, pour essayer de passer cette première semaine, ensuite viendra la question du pouvoir d'achat et la question suivante, la question du budget...
C'est à ce moment-là que ce sujet sera traité. Ce qui s'était passé avec M.Barnier...
M.Barnier avait dit: "Toutes les options sont ouvertes." Mais il en avait posé assez clairement pendant son discours de politique générale.
Il avait mis des chiffrages. On avait beaucoup disserté sur les fameux 50 milliards d'euros et l'équilibre entre les impôts. F.Bayrou a regardé M.Barnier tomber pendant 3 mois.
Il en a tiré des leçons. - C.Roux: Un petit exercice.
On a parlé du PS avec cette main tendue sur la réforme des retraites. Qu'a-t-il dit aux républicains? - O.Beaumont: Il a envoyé quelques signaux.
Le premier va concerner le cumul des mandats. C'est une revendication très forte du parti de L.Wauquiez, de pouvoir revenir à un mandat de député et de maire.
L.Wauquiez et G.Larcher dénoncaient ce millier d'organes, d'agences de l'Etat qui coûtent très cher aujourd'hui.
En avançant d'ailleurs des chiffres un peu surestimés. F.Bayrou leur a répondu directement dans cette DPG.
Il a repris mot pour mot les propos que tenait L.Wauquiez dans "Le Parisien". Il donne des gages à la droite, mais aussi au RN.
Ce DPG, c'était avant tout pour déminer. Concernant le RN, il y a le sujet des retraites, puisque eux aussi sont pour, a minima la suspension, voire revenir aux 62 ans. Il y a la proportionnelle.
C'est un vrai sujet sur lequel, historiquement, cette formation politique s'est toujours battue. Il a envoyé des petits signaux à tout le monde pour essayer de s'accorder leurs faveurs. - C.Roux: Avec un message envoyé aux collectivités locales. - S.Quéméner: C'était L'un des points de discussion dure sous le gouvernement de M.Barnier.
On est passés de 5 milliards à 2,2 milliards. Il a besoin des élus. Il a besoin de sentir dans le pays...
C'est ça, sa différence, se présenter comme le centriste des champs face à E.Macron. Il peut arriver plus fort devant un parlement...
Il sait qu'il va devoir composer. Il a été un Premier ministre assez humble devant le Parlement. - C.Roux: Il y va, sur ce sujet.
Il dit: "Tout doit revenir au terrain, rendre le pouvoir au terrain. Les collectivités locales doivent avoir une place centrale. Mon gouvernement confortera le statut de protection des élus, l'expérimentation." Il y a une volonté de prendre le contre-pied de ce qu'avait fait E.Macron. - O.Beaumont: Avec beaucoup de serpents de mer, quand même.
Le statut de l'élu, la débureaucratisation, le surplus de normes...
Ce sont des choses qu'on entend systématiquement dans le discours public. - C.Roux: Les entreprises sont-elles rassurées?
Il a dit qu'il ne fallait pas augmenter les impôts. - G.Macke: Elles ont eu le droit à la fable de La Fontaine sur les poules aux oeufs d'or.
Il ne faut pas les étouffer sous les prélèvements et les normes. Quand on entend le budget du gouvernement Barnier dont l'ossature générale va être prise par ce budget pour des raisons pratiques et de temps. Le principal effort est fait par les entreprises.
C'est là qu'il y a le plus d'argent. "En 10 ans, on a péniblement réussi à descendre l'impôt sur les sociétés à la moyenne européenne"...
Bien sûr, temporellement, mais il a existé des temporalités qui ont duré un peu...
Il a circulé pas mal de mauvaises nouvelles sur les entreprises depuis 10 jours dans les concertations de Bercy, sur les successions des entreprises, le crédit d'impôt recherche qui est une énorme niche fiscale en faveur de la recherche et développement...
En dehors de cette parabole, je ne pense pas que les entreprises aient entendu...
Bien sûr, toujours la "débureaucratisation", mais je ne pense pas qu'elles aient entendu quelque chose de rassurant. - C.Roux: Faisons un tour des réactions. - B.Vallaud: Vous avez annoncé que tout était négociable, même l'âge de 64 ans.
Nous faisons confiance au dialogue social. Personne ne se déshonore d'un retour devant les partenaires sociaux. - G.Attal: Je le dis à mes collègues socialistes, si vous vous engagez à ne pas voter la censure, je crois que les Français pourront reprendre espoir.
Espoir d'une vie politique française responsable, qui se hisse à la hauteur des événements, qui n'est plus l'otage de l'extrême droite qui cherche à imposer ses diktats à notre démocratie. - L.Wauquiez: La réforme des retraites, nous l'avons toujours dit, peut être améliorée.
Cela ne doit en aucun cas se traduire par des dépenses supplémentaires qui seraient payées soit par les retraités soit par ceux qui travaillent. Si l'on veut baisser la dépense, il y a des marges d'économies partout. Non pas sur les services publics, dont nous avons besoin, mais sur la bureaucratie administrative. - J.-P.Tanguy: Clemenceau avait pour usage de dire que quand il voulait enterrer un problème, il fallait créer une commission.
Je crains que vous n'ayez enterré votre gouvernement à force de le submerger de commissions, de comités qui ne régleront rien sinon multiplier la bureaucratie que vous avez condamnée. - C.Roux: Quelque chose qui avait été demandé par M.Le Pen, une des annonces du discours de F.Bayrou sur la banque de la démocratie. - S.Quéméner: Dont parle depuis 2017 F.Bayrou.
Peut-être même un peu avant. L'idée, c'est de réussir à financer les partis politiques qui ne peuvent pas être financés. C'est en réponse aux difficultés de M.Le Pen qui avait dû faire un emprunt auprès des Russes.
C'était une façon de dire qu'il fallait trouver des solutions en France pour qu'il n'y ait pas d'ingérence étrangère dans la démocratie française. Au RN, c'est aussi pour ça qu'au moment où on cherchait un nom de Premier ministre, certains glissaient le nom de F.Bayrou.
C'était celui qui parlait de proportionnel, mais aussi qui était conscient des difficultés d'un parti...
Qui n'a plus aujourd'hui, il n'a plus de problème de financement, mais d'un parti comme pouvait être le RN à une période. - J.Jaffré: On peut se demander si le RN n'a pas raté une grande opération en censurant M.Barnier.
Il était l'interlocuteur privilégié de M.Barnier. On lui a cédé énormément de choses.
A la fin, il a fini par dire qu'il en fallait encore, encore, et encore. M.Barnier a dit que ça suffisait et la censure a été votée.
La banque de la démocratie, je veux bien, mais on ne peut pas dire que ce soit un discours marqué vers le RN. On ne peut pas dire que tout ce qu'il s'est passé depuis la nomination de Bayrou soit tourné vers le RN. Nous avons un changement de cap.
Nous allons vers le centre-gauche et vers le fait que le PS ne veut pas la censure. - C.Roux: Ils ont tout obtenu.
Il y avait toutes les lignes rouges posées par M.Le Pen, que ce soit sur la désindexation, le remboursement des médicaments... - J.Jaffré: La loi spéciale pour le budget fait qu'il y a eu l'indexation des retraites automatiquement au 1er janvier et la question a cessé de se poser.
Les taxes sur l'électricité, c'est la même chose. La censure votée par le RN a fait évoluer un certain nombre de choses. Dans l'extrait que vous avez passé, B.Vallaud...
Il y a à la fois une course de lenteur et une course de vitesse. - C.Roux: C'est une fable ou c'est une fable de La Fontaine? - J.Jaffré: Vallaud dit: "C'est formidable si on a une loi avant l'été pour les retraites." Mais ça veut dire: "On va vous laisser jusqu'à l'été, si vous nous promettez une loi." Course de vitesse en même temps, parce que Bayrou a dit à propos du conclave, la réunion des syndicats et du patronat, "je vais la faire vendredi." Le PS ne peut pas dire: "Nous interrompons la discussion avec les syndicats alors qu'on peut obtenir beaucoup de choses." Bayrou fonce sur la question de réunir les syndicats et le patronat et "on verra si on fait une loi juste avant l'été pour les retraites".
Bayrou n'a pas fait le discours de sa vie, mais de la politique pendant 1 heure 30. - C.Roux: Que manque-t-il?
Quand on fait le tour de tous les sujets qu'on a évoqués depuis le début de l'émission, il a évoqué l'outre-mer, l'agriculture...
Est-ce qu'il a coché toutes les cases? - S.Quéméner: Il y a un sujet dont il parle peu, les questions régaliennes.
Il est dans sa difficulté. M.Tondelier, on a compris que Les Ecologistes allaient voter la censure.
Quand les responsables de la gauche discutaient, c'était pour dire: "On a les retraites, mais aussi le tandem Retailleau-Darmanin et c'est une raison de censure." Le fait de parler d'eux et de les reconnaître comme existants, mais en même temps de ne pas revenir sur le fond des mesures sur l'immigration...
Il parle de ressusciter un comité interministériel de contrôle de l'immigration...
Ca date de 2005. C'est juste un rassemblement, comme un conseil de défense, mais au niveau ministériel. Le ministre de l'Intérieur réunit ses collègues en charge d'une part des problématiques migratoires. - O.Beaumont: Sur la transition écologique, on reste sur notre faim.
C'est censé être la priorité de ce second quinquennat. Là, il a enfoncé des portes ouvertes en disant que ce serait sa priorité, mais dans les faits, il n'a rien dit. Pas vraiment d'annonces sur le sujet de l'eau.
On connaît les urgences climatiques, qui se rappellent à nous quotidiennement. Je n'ai pas le souvenir, dans le logiciel de F.Bayrou, que ces questions soient dans son ADN.
Il a tellement d'autres urgences à gérer que je pense qu'on ne sait pas combien de temps ce gouvernement va durer, mais ces questions-là ne seront pas dans la liste des priorités. - G.Macke: Il est revenu sur ce mouvement des "gilets jaunes".
Ce mouvement Avait cette idée que le travail ne paye pas suffisamment. Ca a été une valeur, une idée sur lesquelles ont travaillé en leur temps N.Sarkozy et E.Macron.
Est-ce que le travail paye assez? Dans les préoccupations de pouvoir d'achat des Français, il y a cette question qui se pose. Si on considère que les préoccupations majoritaires des Français sont le pouvoir d'achat et la sécurité, la délinquance...
On ne peut pas véritablement dire qu'il a adressé les préoccupations majeures des Français. - J.Jaffré: Ca va beaucoup concerter. - G.Macke: Il y avait cette question...
Il a plus parlé aux députés. - C.Roux: Question.
Vous dites qu'il n'a pas suffisamment parlé aux Français. - G.Macke: Il a fait de la politique, comme dit J.Jaffré.
Il n'a pas parlé véritablement au coeur des préoccupations des Français. - C.Roux: Cette mission pose la réforme des retraites, même si ce n'est pas le terme utilisé, était attendue, beaucoup d'électeurs d'E.Macron pensent que c'est un recul douloureux, tout comme l'instabilité politique provoquée par la dissolution. - C'est l'un des départements à avoir massivement voté pour le président.
Dans les Yvelines, en région parisienne, E.Macron a réalisé ses plus hauts scores lors des dernières élections. Ce matin, sur ce marché à Poissy, ces électeurs continuent de défendre l'un des totems de sa politique: la réforme des retraites. - Dès qu'on regarde les autres pays d'Europe, en Allemagne, ils sont passés à 67, au Luxembourg aussi... 64 ans, ce n'est pas le pire. - Il en est convaincu, la réforme est nécessaire.
Pourtant, il a commencé à travailler à 26 ans et ne pourra partir qu'à 68 ans. - Si tout va bien, 11 ans. Je travaille depuis l'âge de 16 ans.
En étant debout, dehors...
Je comprends qu'on puisse vouloir partir plus tôt en retraite. Mais pour la pérennité, pouvoir payer les retraites sur du long terme, je pense qu'il faut passer par là. - Dans ce fief macroniste, il y a aussi beaucoup de déçus.
Certains se réjouissent que le Premier ministre accepte de rediscuter de la réforme. Gérard, 69 ans, a voté pour le camp présidentiel à chaque élection, mais il a été choqué par certaines déclarations d'E.Macron. - "Je traverse la rue, je trouve du travail..." Je ne pense pas qu'il ait trouvé du travail.
Ca m'est arrivé 2 fois, je peux vous dire que c'est dur. Il faut qu'il se mette à la place de ceux qui ne sont pas fortunés. Ceux qui en bavent pour finir leurs mois, ceux qui regardent quand ils font leurs courses...
Il faut améliorer tout ça. - Un président déconnecté et incapable de résoudre le problème de la dette publique, 8 ans après son élection. - Je me demande franchement par moments ce qu'ils font.
Je ne sais pas, on n'a pas de résultats. Quand ils arrivent tous, "on va diminuer le déficit" et le contraire se passe. - A Saint-Germain-en-Laye, la même désillusion pour ces électrices.
Toutes ont voté pour E.Macron. En 2017, par conviction, en 2022, par dépit.
A leurs yeux, le président est en fin de règne. - Son côté monarchique, on le voit de plus en plus. Quand on voit qu'il y a eu cette dissolution sans que personne ne s'y attende.
Aujourd'hui, il est empêtré dans des tas de choses. Il s'y est mis tout seul. - Depuis la dissolution, les amies suivent, résignées, le feuilleton des tractations politiques.
Autour de la table, chacune a son avis. - Je ne comprends pas pourquoi ils n'ont pas donné leur chance à L.Castets. - Je regrette que Barnier n'ait pas réussi à tenir davantage.
C'est un homme de dialogue et tout. Il n'a pas tenu. C'est complètement fou! - Il a déroulé le tapis rouge au RN.
Ce n'est pas acceptable. Bayrou, à mon avis, a compris qu'il ne voulait pas être piégé par le RN. Je pense qu'il est en train de prendre une autre direction. - Certains partis d'opposition appellent à sa destitution.
Est-ce que c'est la solution? - Non. Je ne pense pas.
Ca créerait le chaos. Le mandat doit se terminer dans les moins mauvaises conditions, que les élections se déroulent comme elles doivent se dérouler en 2027 en espérant que les années qui nous restent puissent être constructives. Que ce ne soit pas simplement la gestion des affaires courantes, mais qu'on puisse réaliser des réformes et continuer à gouverner dans le plein sens du terme. - Selon un sondage, la cote de popularité d'E.Macron continue de se dégrader.
Elle atteint seulement 21 %. - C.Roux: Votre réaction à ce reportage? - J.Jaffré: Je suis admiratif.
Les personnes interviewées dans l'émission auraient leur place sur le plateau tellement les analyses sont brillantes. Sur E.Macron, si vous permettez...
Le macronisme, Macron a été choyé dans les propos par Bayrou. Ses réformes et son bilan n'ont pas été honorés par F.Bayrou. 2 choses ressortent.
La pression sur la démission du président diminue. Si les socialistes ne votent pas la censure, c'est un événement politique absolument majeur. Du coup, ça crée une différence au sein du NFP. "La dissolution a conduit à faire que l'alliance dramatique de la gauche réformiste avec la gauche radicale finissent par prendre fin.
J'avais donc raison!" - C.Roux: Vous parlez sous le contrôle de J.-L.Mélenchon qui s'est exprimé après ce discours de politique générale et qui exprime que les socialistes sont en train de mettre à bas le NFP.
Question. C'était sa réforme totem. Est-ce que ça a été négocié avec l'Elysée, ce conclave et cette mise en chantier? - S.Quéméner: Oui et c'est la surprise.
On sait bien que les macronistes se définissent ainsi. Pourtant, le président de la République...
Il est difficile d'envisager un 3e Premier ministre suite à la dissolution. C'est le Premier ministre de la dernière chance. Il faut négocier et lâcher...
Lâcher sans vraiment lâcher. D'où cette formulation faite pour convenir à la fois aux socialistes, aux LR mais aussi à l'Elysée. On disait qu'il fallait une réforme des retraites, qu'elle a été perçue comme injuste, qu'il faut la repenser, mais que si on ne trouve pas une meilleure solution, il faudra y revenir.
L'idée, c'est que personne ne soit suffisamment humilié pour que ça entraîne des conséquences politiques importantes. Le président de la République peut très bien dire: "La situation est bloquée. Le PS voulait ce symbole, cette réforme des retraites totems.
Ma réforme existe toujours. On peut en discuter." C'est bien le but de cette formulation de F.Bayrou. - C.Roux: Il faut qu'il passe par cette étape du discours de politique générale et on remet tout à zéro pour le vote du budget? - O.Beaumont: E.Macron a bien conscience que cette réforme est imparfaite, qu'il y a des trous dans la raquette, notamment sur les carrières longues, sur le statut des femmes.
Il a conscience que s'il y a des points à améliorer, il est prêt à accorder des concessions. C'est tout ce qui lui reste. - C.Roux: C'est ce que disent les macronistes? - O.Beaumont: Oui.
Il y a un principe de réalité. On va arriver dans un temps électoral très rapidement, avec les élections municipales et les élections législatives. Beaucoup de députés entendent bien, dans leur circonscription, que cette réforme, déjà impopulaire lorsqu'elle a été adoptée, le reste aujourd'hui.
S'ils veulent se représenter aux élections législatives, ils devront peut-être montrer des gages à leur électorat qu'eux aussi ont pris leurs distances par rapport à cette réforme. - O.Beaumont: G.Attal le remercie et a ce geste d'applaudissements. - G.Macke: En tout cas, deux tiers des députés et des Français restent opposés à cette réforme.
Elle n'était pas l'un des totems d'E.Macron. Elle a mis beaucoup de monde dans les rues.
Elle lui a quasiment...
C'est le fait qu'E.Borne ait été contrainte au 49-3 qui l'a conduit à la dissolution et elle ne va pas encore goûter une 2e censure d'un gouvernement. - C.Roux: On revient à vos questions.
Question. - J.Jaffré: Les choses se clarifiaient, si je puis dire.
La mauvaise nouvelle pour les socialistes...
Ils ont discuté. Les écologistes et les communistes étaient à Bercy. On se dirige vers le fait que les communistes et Les Ecologistes évoquent la censure et que les socialistes se retrouvent seuls à ne pas la voter.
C'est une prise de risque considérable pour les socialistes. Notre téléspectateur demande Si la gauche et le PS sont prêts à des concessions. La question, c'est si F.Bayrou est prêt à des concessions. - C.Roux: Question. - G.Macke: Pas très cher.
Mais c'est vrai que le temps de ce conclave, si la réforme n'est pas mise en oeuvre pendant ce conclave, ça va coûter au final 2 milliards aux finances en fin d'année. - C.Roux: Question. - O.Beaumont: C'est toute l'habileté de F.Bayrou, d'enjamber la séquence budgétaire sur les conclusions de ce conclave.
Une façon de dire: "Ne censurez pas ce budget. Le meilleur pourrait venir si les partenaires sociaux tombaient d'accord." - S.Quéméner: Non.
Pas cette semaine. M.Le Pen l'a dit clairement: ils ne comptent pas censurer F.Bayrou dès le discours de politique générale.
Ils vont regarder le budget. - C.Roux: Ca nous renvoie à quand? - S.Quéméner: Au début du mois de mars. - C.Roux: Question. - G.Macke: Je ne pense pas que les marchés soient rassurés.
Oui et non, je dirais. A chaque nouveau gouvernement, la rigueur est moindre. Entre M.Barnier et F.Bayrou, que s'est-il passé?
On cherche moins à combler le trou. On est passé de l'idée qu'on allait faire 5 % de déficit à 5,4. En attendant, le trou se creuse.
L'économie est à l'arrêt pendant tout ce temps. Il y a eu récemment un baromètre qui montrait que deux tiers des PME avaient mis sur pause, reculé ou annulé leurs perspectives d'investissement et d'embauche. Les marchés n'ont pas trouvé, en dehors du fait d'avoir révisé la croissance...
Sinon, je ne pense pas qu'il ait fait des annonces d'énormes économies ou de fortes hausses d'impôts...
Il a confirmé que le 5,4 est un affaiblissement par rapport à la promesse de M.Barnier. - C.Roux: Question. - O.Beaumont: On avait noté au début qu'on aurait pu s'attendre à plus de lyrisme de sa part.
Ce n'était pas du tout l'objectif de ce discours, qui était un discours très politique et qui s'adressait principalement aux députés. - C.Roux: Question.
C'est pour plus tard? - S.Quéméner: C'est fait exprès.
C'est la manière dont F.Bayrou voulait arriver...
On l'a très peu entendu dans les derniers jours. Il avance à petits pas, très prudent, en sachant très bien ce qu'il risque et en ayant bien regardé ce qu'il s'est passé pour M.Barnier. - C.Roux: Question. - J.Jaffré: Ca fait 6 décennies, à peu près.
Gaëlle le rappelait. C'est G.Pompidou qui disait: "Il faut arrêter d'emmerder les Français." - C.Roux: Question.
O.Beaumont? - O.Beaumont: On va attendre déjà le mois de mars.
Il y a ce budget. Ce n'est pas gagné. On voit que J.-L.Mélenchon met une pression sur les socialistes concernant la censure.
Ils peuvent peut-être entrer dans le rang. F.Bayrou n'est pas à l'abri d'une censure dans un mois et demi. - C.Roux: Merci à tous.
On retrouve A.-E.Lemoine. - A.-E.Lemoine: L'exploit de C.Dalin qui boucle le Vendée Globe en 64 jours. 10 jours de moins que le précédent record.
Les nouvelles victimes de l'abbé Pierre témoignent à visage découvert dans "Envoyé spécial".
François Bayrou