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interviewLCP (sur YouTube)· 4 mars 2023 13 min

Maud Bregeon, députée Renaissance des Hauts-de-Seine | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

-Avant, mon invitée était plutôt du genre à porter une tenue de radioprotection avec un compteur Geiger à la main. Depuis qu'elle s'est lancée en politique, on l'envoie en première ligne quand il faut éteindre un incendie. Générique ...

Bonjour, Maud Bregeon. -Bonjour. -Je le disais, avant la politique, vous occupiez un poste un peu particulier chez EDF.

Vous êtes intervenue, notamment, en situation de crise à Saint-Martin, après le passage d'Irma, pour rétablir le courant. C'était pas l'essentiel de votre travail, chez EDF. -Non.

L'essentiel de la mission, mon premier poste, c'est comment vous faites, en cas d'accident grave, une tempête, un ouragan, un tremblement de terre, pour réalimenter la centrale en eau, en air et en électricité ? Et donc, faire en sorte qu'il n'y ait pas de fonte du coeur, tout simplement. -Du coeur d'une centrale nucléaire.

Vous parlez de catastrophe nucléaire. -C'était une unité d'intervention créée après Fukushima. Après Fukushima, on a réalisé que les moyens disponibles sur la centrale en cas d'accident, il ne fallait pas nécessairement compter dessus et pouvoir en amener de l'extérieur. -Vous deviez monter une cellule de crise tout près ? -Comment vous montez un poste de commandement, faites venir des équipes externes.

Comment vous acheminez du matériel ? Comment est-ce que vous réalimentez en carburant ? Comment est-ce que vous maintenez à bonne pression le réacteur ?

Comment vous remettez de l'eau dedans, pour le refroidir ? -Il faut aimer le risque pour ce métier ? -Il faut aimer le risque, la découverte.

Moi, c'était une découverte. Le nucléaire, je ne le connaissais pas. Il faut aimer le contact humain.

C'est un vrai travail d'équipe, la gestion de crise, avec les techniciens, avec les préfectures, les pouvoirs publics. Moi, j'ai beaucoup appris, parce qu'il y a à la fois des compétences techniques, sur comment fonctionne une centrale, comment fonctionnent les matériels dont vous avez besoin, et puis, comment vous intervenez en gestion de crise. Vous êtes pas dans du management, vous êtes dans du commandement.

D'ailleurs, on travaillait avec les armées, qui nous ont aidés. Ils ont l'habitude d'interventions en situation déstructurée. -Vous avez fait des études d'ingénieur, mais c'est pas ce que vous vouliez faire.

Vous étiez plutôt attirée par les sciences politiques. Pourquoi y renoncer ? -Je suis issue d'une famille où on a toujours beaucoup parlé politique.

Mes parents n'en faisaient pas, mais s'y intéressaient. C'était très présent à table. J'ai eu, effectivement, envie de faire des sciences politiques.

Quand on est au lycée, on pense à Sciences Po. Je suis d'une famille où, aussi, on m'a toujours dit que l'important, c'était la sécurité de l'emploi. Je viens d'une famille modeste.

Mon papa a connu des périodes de chômage dans sa vie. -C'est pour être sûr d'avoir un job qu'il vous a dit de faire des études d'ingénieur ? -Issu du monde ouvrier, il m'a dit : "Ingénieur, c'est la sécurité de l'emploi." Au fond, pour moi, qui étais bonne en maths, c'était à la fois la maîtrise du risque et la garantie d'un avenir stable. -Ca ne vous a pas empêchée de garder un oeil sur la politique longtemps, avec une orientation à droite, mais votre premier engagement, c'est en 2017, comme militante pour Emmanuel Macron dans sa campagne présidentielle.

Vous êtes devenue référente En Marche dans les Hauts-de-Seine, tête de liste aux municipales à Levallois. Vous n'avez pas cherché à chasser le naturel, cette attirance vers la politique ? Elle n'est pas revenue au galop dans votre vie ? -Je ne dirais pas que j'ai cherché à la chasser, parce que...

Durant ma prépa à Paris, je regardais, - c'est pas une blague - LCP, je me rappelle très bien, sur mon petit poste de télé, cathodique, à l'époque, et effectivement, c'est revenu. C'est revenu, parce que...

C'était une période où j'étais installée professionnellement. J'avais du temps. Et parce que...

Emmanuel Macron. -Vous avez été comme happée par la politique, comme si ça venait répondre à un besoin qui était pas tout à fait comblé, peut-être par votre job d'avant ? -C'est un besoin d'engagement.

Il y a un lien entre le travail qui était le mien chez EDF et le mien en politique : la notion de service public. C'est la notion de service à l'autre. EDF, le service public de l'électricité, c'est les hommes en bleu venus vous réalimenter le soir de la tempête de 99, qui montent aux poteaux et font que vous avez de l'électricité. -Le besoin d'avoir du sens dans votre action quotidienne. -Peut-être que le petit dénominateur commun entre les deux, c'est que ce sont des missions dans lesquelles on donne pour les autres et où l'intérêt général a sa place. -Autre date dans votre engagement politique : octobre 2020.

C'est une nouvelle étape. La République En Marche décide de nommer deux femmes, venues de la société civile, pour occuper des fonctions de porte-parole. Vous tentez votre chance parmi de nombreuses candidates.

Et le résultat, ça donne ça. *-Maud Bregeon. J'ai 29 ans.

Ingénieur de l'énergie, spécialisée en gestion de crise. Musique dynamique Parce que c'était un processus qui a été transparent, avec des règles, claires et connues de tous, parce que ça montre qu'on est un mouvement qui s'ouvre à la société civile. On est un mouvement qui prône la parité et qui l'applique. -Vous l'évoquez brièvement, dans cette vidéo, mais vous avez franchi les étapes d'un casting, digne de la "Star Ac'", sauf que là, c'était pour être porte-parole. -De la "Star Ac'", peut-être pas ! -Il y a plusieurs jurys, qui ont sélectionné et écrémé, petit à petit. -Oui, non, mais... il y a eu une vidéo, qu'on a dû envoyer pour se présenter, montrer comment on parlait devant une caméra et ensuite, plusieurs étapes de sélection. -Comme une vraie... ? -Comme sur un plateau, avec des journalistes qui posent des questions, format "Grand jury" et donc, il y a eu plusieurs étapes successives, et c'est comme ça que j'ai été recrutée.

Ce qui est extrêmement important, dans cette étape, c'est que La République En Marche, qui n'a pas tout réussi, démontre quelque chose d'important : elle a eu cette volonté, jusqu'au bout, de faire monter des jeunes de la société civile, qui n'avaient pas fait de politique. Je me rappelle une amie, Aurélie Taquillain, élue à Courbevoie, de chez LR, m'avait dit : "Nous, chez LR, "on prenait notre ticket et on attendait 25 ans." -C'est vrai que là, vous avez été propulsée dans des fonctions de porte-parole... -Le macronisme a réussi à mettre sur le devant de la scène des gens qui, dans la logique de l'ancien monde, n'auraient pas dû y être. -Longtemps, vous avez été porte-parole du parti de la majorité présidentielle, en restant salariée d'EDF.

Vous avez mené une double vie. Le soir, vous deviez aller sur les plateaux télé, pour défendre l'action de la majorité. Vous avez survécu à ça ? -Au prix d'une bonne partie de ma vie personnelle, déjà. -Vous n'aviez plus de temps pour vous. -Porte-parole, c'est une mission bénévole.

Il faut bien continuer à payer le loyer et les factures. Ce qui est difficile, au fond, c'est la gymnastique mentale que ça demande. La journée, vous vous occupez des centrales, de la production d'électricité.

Entre midi et deux, vous allez parler du Covid sur BFM TV, et puis, vous revenez à votre travail, et le soir, vous reparlez d'immigration et de sécurité. La clé, c'est le travail. La clé, c'est le travail.

Quand j'ai été nommée, on m'a donné plusieurs conseils. Darmanin m'a dit : "Prends un ou deux dossiers et tu les travailles à fond." Et le deuxième conseil qu'on m'a donné, c'est : "Continue de parler comme les gens. "Sois qui tu es, communique simplement." Je pense que l'authenticité, c'est important.

Venir de la société civile, peut-être que ça le permet, en partie. Pas uniquement. Les gens qui ont fait que de la politique le sont aussi parfois. -Ma question, vous y avez presque répondu : on vous a donné des conseils avant de vous envoyer sur les plateaux des chaînes info, face à des adversaires aguerris, des journalistes qui cherchent la petite bête ? -Oui, il y avait une équipe derrière qui nous a entraînées à la communication aux médias, pour commencer quelques heures.

On apprend beaucoup sur le tas. Comment on est sur un plateau ? La façon dont on s'exprime, ça tient beaucoup de qui on est.

Et puis, ensuite, encore une fois, ça tient sur le travail qu'on abat. On ne va pas en plateau sans ferrailler les dossiers. On ne parle pas de sujets sans connaître les chiffres sans avoir mûri notre réflexion.

L'objectif, c'est de pas être des machines à faire des Ctrl C Ctrl V d'éléments de langage. Pour ça, ça nécessite d'avoir une réflexion personnelle sur les choses. C'est toujours ce que j'ai essayé de faire : d'avoir cette approche qui est mienne, qui tient à mon vécu.

Je crois que les gens, ils cherchent la sincérité. Ils sont pas forcément d'accord. L'important, c'est d'être sincère.

Ca se voit. -Quelques semaines après la nomination, vous êtes face à Florian Philippot sur le plateau de CNews. Je vous vois rire.

Vous avez sorti une série de punchlines, comme on dit, ça a fait le tour du Web. Je crois que le petit extrait que vous avez posté en est à 1,8 million de vues sur Twitter. On le regarde. *-M.

Philippot, vous voulez qu'on parle de résultats ? La dernière fois que vous vous êtes présenté, aux européennes, vous avez fait 0,65 %, moins que le Parti Animaliste. -Ne les méprisez pas.

J'ai eu le mérite d'y aller. Vous avez fait quoi ? -Tête de liste à Levallois-Perret. -Vous avez fait quoi ? -J'ai fait 15 % au 1er tour.

Au 2e, on a fait 33. -Dans votre vie, vous avez fait quoi ? -Je suis ingénieur dans le nucléaire.

J'ai un métier. Je ne fais pas que de la politique. -Dans votre vie... -Enarque antisystème !

Extraordinaire ! -Je suis fils d'instituteurs. -Vous les aviez préparées, ces formules ?

Elles sont sorties comme ça ? -La toute première, j'y avais pensé avant, le score aux européennes. Le reste, non.

Ca vient naturellement, du fait de l'échange. Je ne sais pas si je le referais aujourd'hui. -Ah bon ? -Il fallait quand même avoir un certain aplomb... -Oui !

En même temps, vous parlez de rester soi-même. Vous ne le referiez pas ? Vous êtes formatée, maintenant ? -On se formate un peu, avec le temps.

Il faut essayer de lutter contre ça. Non, mais il y a une sacrée dose de provocation. J'essaye, peut-être, aujourd'hui, d'être un peu moins...

Voilà, d'être... un peu moins dans la provocation, mais peut-être que l'époque est comme ça aussi.

On est dans une période politique et sociétale qui est compliquée. Donc, j'essaye davantage aujourd'hui d'adoucir les choses. -D'arrondir les angles. -Et d'essayer, voilà, de rechercher un consensus plutôt que des provocations. -On parlait du risque à propos de votre 1er métier chez EDF.

On le retrouve dans la fonction de porte-parole, quand on est face à des adversaires sans trop savoir où on va aller ? -Ca tient aussi de son caractère. J'ai toujours été bagarreuse, j'ai toujours eu un franc-parler, je me suis toujours...

J'ai toujours été amenée à m'exprimer. Quand j'étais petite, mes parents me demandaient mon avis. J'étais écoutée.

Ca vient aussi de l'éducation. -C'est l'heure de notre quiz spécial porte-parole. Trois petites questions, trois réponses rapides.

On commence. Quel journaliste redoutez-vous le plus ? -Euh... -Ca ne vient pas ? -Ca vient pas naturellement. -Peur de personne ? -J'ai pas peur de personne, mais ça dépend des contextes.

J'ai fait Apolline de Malherbe en début de semaine. -Elle est coriace. -Elle est coriace, oui. -Quel adversaire politique est le plus coriace ? -Je sais pas.

Ca dépend des moments. -Il faut une réponse ! La porte-parole... -Avec la Nupes et le RN, au fond, on a des divergences flagrantes, tellement visibles, que... le téléspectateur, à mon avis, se fait facilement une opinion sur ce qu'on dit. -Pour 2027, vous êtes plutôt Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, ou Edouard Philippe ?

Pas de langue de bois ! -Emmanuel Macron ! -Impossible.

Vous le savez. Langue de bois. -Ca n'a pas de sens, de répondre à ça maintenant.

Ca n'a pas de sens. On est en train de faire passer une réforme des retraites, je...

Je fais de la politique depuis peu. Je sais pas si j'en ferai en 2027. Honnêtement, j'en sais rien. -On suivra ça. -Oui ! -Merci beaucoup, Maud Bregeon, d'être venue. -Merci.

SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA Générique ...

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