Jean-Philippe Tanguy : "La droite classique est la droite la plus lâche du monde" !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Le gouvernement annonce des aides aux transporteurs et pêcheurs via des reports de charges. Quelle est votre réaction ?
- 3:11FerméeRéponse directe
La seule solution pour vous, c'est de baisser les taxes ?
- 5:11OuverteRéponse directe
Les résultats des élections municipales montrent que le RN a gagné dans de nombreuses villes moyennes mais échoué à Marseille et Toulon. Est-ce que cette France-là ne vous échappe pas ?
- 6:30RelanceRéponse directe
Est-ce que la droite classique n'est pas en train de reprendre du poil de la bête ?
- 8:05OuverteRéponse directe
Quand on regarde, au fond, le seul très grand-mère que vous ayez eu, il n'est pas RN.
- 10:03OuverteRéponse partielle
À Nice, est-ce que vous revendiquez la victoire à RN comme une victoire à RN ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« Écoutez, tout ça est complètement surréaliste, on est en dehors de la réalité, ce ne sont pas des aides, c'est des reports, il faudra payer. »
- 1:18Invité politiqueFait
« Alors pourquoi ? Parce qu'il faut savoir que depuis les années 2000, notre capacité de raffinage s'est complètement effondrée. »
- 1:46Invité politiquePromesse
« Le Rassemblement National avait été les seuls, objectivement et sincèrement, à demander la réouverture ou le déploiement de capacités de raffinage, soit en France ou au moins en Europe, pour qu'on soit souverain. »
- 1:52Invité politiqueChiffre
« On a tout de même six raffineries en France. La conséquence, c'est qu'on produit environ 50 millions de tonnes d'équivalent pétrole en produits raffinés en France, on en importe 25. »
- 2:42Invité politiqueFait
« C'est que le gouvernement avait incité les Françaises et les Français à acheter des voitures gazole. Il y avait un avantage fiscal, jusqu'à Ségolène-Royal à peu près, Emmanuel Macron, 2015-2017. »
- 3:46Invité politiqueChiffre
« Vous savez que le Rassemblement National avait vraiment dénoncé avec Jordan Mardella et Marine Le Pen l'augmentation de 2 à 4 milliards des certificats d'énergie. »
- 4:04Invité politiqueChiffre
« Ça représente aujourd'hui 15 centimes, entre 15 et 17 centimes sur un litre. »
- 4:24Invité politiqueFait
« On peut qualifier ça d'entreprise mafieuse aujourd'hui. Vous avez des milliards, plusieurs milliards d'euros. »
- 7:02Invité politiqueFait
« C'est la droite la plus lâche du monde. »
- 11:36Invité politiqueChiffre
« Notamment, moi, je ne pensais pas que ce serait M. Wauquiez qui serait l'agent de facilitation du vote du budget à l'Assemblée nationale, avec l'année dernière plus de 20 milliards de hausse d'impôt, cette année 10 milliards. »
- 19:17Invité politiqueChiffre
« 90 milliards, là, c'est entre 10 et 20 milliards qui sera payé par les Français sur ce seul prêt. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy69 %
- Présentateur31 %
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Bonjour Jean-Philippe Tanguy, merci de répondre à mes questions ce matin, vous êtes député RN de la Somme, vous êtes membre de la commission des finances, vous êtes ce qu'on appelle le monsieur économie du RN, on va revenir bien sûr sur les municipales et sur ce nouvel équilibre au fond dans les mairies de France, mais je voudrais d'abord vous interroger sur les prix du carburant, il n'y aura pas d'aide directe, mais ce sont les premières aides tout de même annoncées par le gouvernement.
Hier, Sébastien Lecornu annonce un soutien à la trésorerie des entreprises de transport et de pêche, avec notamment un report, des charges et de la fiscalité, et puis une demande vis-à-vis des raffineurs pour augmenter la production et ainsi espérer baisser les prix. Quelle est votre réaction ?
Écoutez, tout ça est complètement surréaliste, on est en dehors de la réalité, ce ne sont pas des aides, c'est des reports, il faudra payer. Or aujourd'hui, les transporteurs, les pêcheurs, les agriculteurs, le BTP ont des problèmes de marge, puisque le carburant coûte beaucoup plus cher. Tout simplement, la matière brute en particulier, les produits raffinés ensuite.
Donc, je ne vois pas comment un certain nombre de secteurs qui sont déjà en grande tension, notamment la pêche, mais aussi le transport, qui a une grande concurrence au sein de l'Europe, on le sait, il y a déjà peu maintenant de transporteurs français, notamment le transport de marchandises a été très attaqué par l'Europe de l'Est, c'est très compliqué pour nos transporteurs de résister. Et puis alors, sur le raffinage, j'avoue que je suis tombé de ma chaise. Alors pourquoi ? Parce qu'il faut savoir que depuis les années 2000, notre capacité de raffinage s'est complètement effondrée.
Les gouvernements ont volontairement transféré les raffineries, soit vers la Russie, enfin ont laissé la Russie prendre l'ascendance, un certain nombre de raffinages, notamment le gazole, mais donc aussi ensuite les pays du Golfe. Et on avait eu un débat cet automne avec M. Bérou, vous savez, sur la politique énergétique. Le Rassemblement National avait été les seuls, objectivement et sincèrement, à demander la réouverture ou le déploiement de capacités de raffinage, soit en France ou au moins en Europe, pour qu'on soit souverain. On en a six. On a tout de même six raffineries en France.
La conséquence, c'est qu'on produit environ 50 millions de tonnes d'équivalent pétrole en produits raffinés en France, on en importe 25. Donc c'est quand même une grande dépendance, excusez-moi, et en plus c'est un peu déséquilibré. Parce qu'en fait, quand vous raffinez un produit pétrolier, vous n'en faites pas ce que vous voulez. À partir d'une tonne de pétrole, vous pouvez faire tant de gazole, tant d'essence, tant de mazout. Et donc comme on surconsomme du gazole dans notre parc automobile, même le raffinerie ne suffise pas à produire le gazole, même à due proportion du nombre de raffineries qu'on a, donc on doit sur-importer du gazole.
C'est pour ça qu'aujourd'hui, le gazole est plus cher dans les stations-service que l'essence. Parce que vous savez, pendant longtemps, le gazole était moins cher. C'est un argument de vente, d'ailleurs, le gouvernement français, c'est ça qui...
C'est un argument de vente pour un certain nombre même d'automobiles, et notamment dans le parc professionnel.
Absolument. Mais il y avait pire que ça. C'est que le gouvernement avait incité les Françaises et les Français à acheter des voitures gazole. Il y avait un avantage fiscal, jusqu'à Ségolène-Royal à peu près, Emmanuel Macron, 2015-2017. Or, une fois qu'on a dit aux Français de s'équiper, une voiture, ça ne dure pas 5 ans pour une classe moyenne, ça dure, classe populaire, je n'en parle même pas, ça dure 10, 20 ans. Donc en fait, les gens sont prisonniers avec le gazole que le gouvernement a conseillé d'acheter. Et non seulement ils sont surtaxés, mais en plus, on doit importer ces gazoles qui nous coûtent très cher. Donc la seule solution, c'est baisser les taxes.
La seule solution pour vous, c'est de baisser les taxes ?
Il n'y a aucune solution.
Je recevais ce matin sur RMC le représentant des raffineries de pétrole. Il disait qu'on peut augmenter peut-être de quelques pourcentages notre production. Il y a une des raffineries qui sera peut-être prête, ça grave en chon, à augmenter de 10%. Mais du côté total, par exemple, le principal raffineur sur le sol français, ils ont dit qu'il n'y aura pas d'augmentation de production parce qu'ils sont déjà au maximum de la production.
Donc il faut baisser les taxes. Il faut absolument baisser les taxes. Et l'autre solution qui existe, qui coûte rien, c'est ce qu'on appelle les certificats d'économie d'énergie. Vous savez que le Rassemblement National avait vraiment dénoncé avec Jordan Mardella et Marine Le Pen l'augmentation de 2 à 4 milliards des certificats d'énergie. Qu'est-ce que c'est ? C'est une quasi-taxe que versent les pétroliers et les énergéticiens sur les produits carbonés qui doit alimenter une caisse qui se disant fait des travaux d'économie d'énergie. Ça représente aujourd'hui 15 centimes, entre 15 et 17 centimes sur un litre. Donc celle-là, on peut au moins la reporter ?
Il faudrait la enlever parce que ce ne sont même pas les finances de l'État. Et en fait, ça ne financera pas un certain nombre de mécanismes, soit disant d'économie d'énergie, qui ont été très critiqués par la Cour des Comptes. Il y a un rapport de la Cour des Comptes à la demande d'ailleurs du Rassemblement National à la Commission Finance. On peut qualifier ça d'entreprise mafieuse aujourd'hui. Vous avez des milliards, plusieurs milliards d'euros. Qui est une entreprise mafieuse de l'État ? Non, l'espèce de mécanisme qu'ils ont créé. Si vous voulez, c'est une taxe privée. Je ne sais pas si vous vous souvenez, sous l'ancien régime, il y avait ce qu'on appelait les fermes générales.
En fait, c'était des acteurs privés qui levaient des taxes. Et c'était évidemment haï par les Français, ils avaient bien raison. On a recréé une espèce de ferme générale. Donc vous avez des milliards d'euros qui sont levés par des machins privés et qui après se reversent ça entre eux avec beaucoup de détournement d'argent. Et moi j'invite vraiment une fois de plus, je suis un peu lanceur d'alerte là-dessus, il faut s'intéresser à ce scandale parce que ce sont des milliards d'euros qui sont quasiment détournés chaque année, en tout cas qui ne sont pas du tout pour les économies d'énergie, en tout cas 15 centimes par litre.
Il faut foutre ça à la poubelle immédiatement, on récupérera cette marge. Alors il faudra contrôler que ce soit bien répercuté. Parce que comme les gens ne savent pas que ça existe, je n'ai pas envie que les pétroliers se le mettent dans la poche.
Jean-Philippe Tanguy, les résultats des élections dimanche soir, vous avez, vous le RN, gagné de nombreuses villes moyennes, vous avez échoué aux portes de Marseille, de Toulon, qui devait être la vitrine du RN. Et ce matin, ça m'a particulièrement intéressée, j'ai reçu sur RMC le nouveau maire de Clermont-Ferrand. A Clermont-Ferrand, le RN a fait 3%. C'est une ville qui est passée à droite, après avoir été à gauche depuis 1919, et ils sont passés à droite, mais la droite classique, la droite LR, ils n'ont absolument pas eu besoin de vous. Est-ce que cette France-là n'est pas en train complètement de vous échapper ?
Non, enfin pas du tout. En l'occurrence Clermont-Ferrand, il y a eu effectivement au deuxième tour un grand transfert de voix de notre candidat.
Qui vous a siphonné, littéralement.
Non, mais au premier tour, il y avait un bon score du RN. Mais nos électeurs, vous savez, ils sont rationnels. Nos électeurs, à la plupart du temps, ils sont rationnels. S'ils voient qu'il y a une possibilité, comment dire, d'améliorer leur situation, ou d'éviter le pire avec la gauche, il peut y avoir des transferts. D'ailleurs, c'est pour ça que nos scores de deuxième tour, parfois, sont plus difficiles dans les endroits.
Ce sens-là, c'est-à-dire qu'au fond, on voit bien, quand c'est un candidat de la droite classique, LR en l'occurrence, en effet, il est, dans ces moments-là, l'électeur RN, visiblement, se dit, au fond, je vais aller vers le candidat de droite. Ce n'est pas le cas de l'autre côté. Vous avez eu, et c'est notamment le cas à Toulon, un véritable barrage, mais depuis la droite classique.
Vous savez, pour faire quand même, comme a fait Laure Lavalette, presque 48% des voix, il y a eu des transferts de votes de droite. Mais pas suffisamment. Regardez, à Marseille, Mme Vassal passe de 15% à 5%. Donc, on a exactement 10 points de transfert.
Est-ce que la droite classique n'est pas en train de reprendre du poil de la bête ?
Non, pas du tout. Ça, ça ne ment pas du tout. De toute façon, c'est les électeurs qui sont libres. C'est les Françaises et les Français qui sont libres. Les électeurs n'appartiennent à personne. On ne va pas se comporter comme ceux qu'on combat. Mais je ne crois pas du tout, Mme Demelard. Je pense que le problème de la droite, c'est qu'elle n'a pas le courage, parce qu'on dit la droite la plus bête du monde. C'est la droite la plus lâche du monde. Elle n'a pas le courage de fusionner, surtout avec un certain nombre de candidats à l'Assemblée nationale, pour respecter les électeurs, parce qu'ils veulent être défendus, ils veulent être représentés.
C'est normal de vouloir avoir des représentants quand on vote. C'est d'ailleurs très bizarre cette attitude de refus de la représentation des électeurs. Nous, on a proposé, par exemple, à Nîmes ou ailleurs, non pas que la droite se retire, ou à Marseille d'ailleurs, mais qu'elle fusionne avec nous, parce qu'on considère que les électeurs de droite classiques doivent être représentés comme tout le monde. Et donc, ce qui est dommage, c'est cette volonté, vous savez, de retirer les listes. Je pense qu'en plus, ça affaiblit la démocratie. Ce n'est pas normal de dire aux gens, vous n'existez pas. Tous les électeurs doivent être représentés.
Et je n'ai pas compris, enfin si j'ai compris, parce que j'en viens, l'attitude de la droite, l'ancienne UMP, c'est vraiment des lâches. C'est des gens qui ne veulent pas en fait arriver à leurs objectifs, qui préfèrent que la gauche gouverne encore un peu, pour récupérer le magot, magot qu'ils n'ont pas, parce que les électeurs les délaissent. Tout ça est un peu pitoyable.
Jean-Philippe Tanguy, vous dites que c'est pitoyable, mais quand on regarde, au fond, le seul très grand-mère que vous ayez eu, il n'est pas RN.
Il y a Louis Alliot quand même.
C'est Éric Ciotti.
Alors, il y a Louis Alliot, permettez-moi, je n'aime pas trop cette expression.
Mais je veux dire, honnêtement, là, tout le monde parle de Nice. Mais Nice, ce n'est pas le RN.
C'est quand même les électeurs. Je pense qu'il y a beaucoup d'électeurs RN, et Éric Ciotti le sait très bien, il y a beaucoup d'élus.
Il le sait tellement bien qu'il n'avait pas mis l'étiquette RN, et il ne l'a quasiment pas revendiqué pendant toute sa campagne.
Vous savez que c'est les municipales. Il y a Louis Alliot non plus. Tout le monde sait qu'il est vice-président du RN. Il a voulu se présenter comme président du RN. Tout le monde sait qu'il est au RN.
Ni Marine Le Pen, ni Jordan Bardella n'ont été à Nice pendant la campagne.
Moi, j'ai fait les appes maritimes pendant deux jours, et on n'a parlé que d'Éric Ciotti. Non, je pense que ça, c'est un mauvais procès, sincèrement, qu'on nous fait. Par ailleurs, le nombre de mairies RN passe de 13 à presque 70. Tout à fait. Donc c'est une implantation très importante. Le nombre de départements couverts passe d'une cinquantaine à 84 de mémoire. Donc c'est vraiment une implantation nouvelle. En plus, je ne crois pas que ce soit ce que vous pensez, il n'y a pas de petites et de grandes mairies. Il y a des Françaises et des Français qui sont dans des mairies. Tout à fait. Il y a aussi une sociologie.
Il y a un nombre d'habitants et il y a des catégories, mais il n'y a pas de petites ou de grandes mairies.
On est d'accord là-dessus, mais vous savez ce qui est aussi inquiétant, au-delà du rassemblement national ? C'est ce fossé, vraiment, entre les métropoles et le reste de la France. Moi qui m'inquiète, parce que le but de la politique, ce n'est pas de gagner pour gagner, c'est de gouverner, c'est de porter des projets et c'est que les gens vivent ensemble. Or aujourd'hui, franchement, qu'est-ce que les picards qui votent très majoritairement pour le RN, par exemple, ou le bassin minier, a à dire aujourd'hui à un Parisien qui vote à presque 70% pour la gauche ? Ça devient compliqué. Il faut vraiment retrouver un chemin commun.
Là, ça devient visible, c'était déjà le cas avant, mais là, ça devient vraiment visible à l'œil nu. Il faut qu'on retrouve collectivement toutes les forces politiques, toutes les forces démocratiques, des chemins pour se parler. Je vais vous interroger sur les... Parfois même, ils se combattent l'un et l'autre. Parfois, j'ai l'impression que la Picardie vote contre Paris et que Paris vote contre la Picardie. Et ça, c'est très inquiétant.
À Nice, je vous repose la question, pardon, mais est-ce que vous revendiquez la victoire à Nice comme une victoire à RN ?
Comme une coalition RN-UDR.
Laurent Wauquiez, ce matin, chez nos confrères d'RTL, a dit « Quand j'écoute Edouard Philippe, je me dis que je peux travailler avec lui, avec Sarah Knafow aussi. Dès maintenant, les LR doivent voir comment se rassembler, les idées et ensuite avec qui ? » Jusqu'à Sarah Knafow. Donc, ça veut dire que ça s'arrête juste au courant de chez vous.
Mais tant mieux, nous, on n'a aucun projet présidentiel à porter avec M. Philippe, enfin l'homme des gilets jaunes. Et avec Sarah Knafow ? Je reviendrai, il n'y a pas de problème. On parlait des... Mais c'est M. Philippe qui est susceptible de gagner, ce n'est pas Sarah Knafow. On parlait du prix du carburant, la plus grande révolte fiscale, parce qu'ils avaient taxé l'énergie, le fioul, le gaz, les moyens de vivre. Les gilets jaunes. Vous savez, c'est les gilets jaunes, c'est Edouard Philippe, les 80 km heure, mais la gestion en général, la multiplication des déficits. M. Philippe, c'est lui qui a préparé la ruine de l'État, puisque les déficits qu'il a préparés ont explosé ensuite.
L'injustice fiscale, avec la suppression de l'ISF, pour justement justifier la hausse des taxes sur le carburant. Donc, M. Philippe, on n'a rien à faire avec cet individu.
Et avec Laurent Wauquiez ?
Mais Laurent Wauquiez, malheureusement, il n'est plus de droite. Il est totalement macronisé. Franchement, s'il y en a deux qu'on voyait tout le temps ensemble,
qui étaient inséparables, c'était Éric Ciotti et Laurent Wauquiez. Je ne suis pas sûre qu'ils aient profondément changé l'un l'autre. Ils ont juste changé de stratégie. Mais fondamentalement, vous êtes proche d'Éric Ciotti. Il a longtemps été l'ami de Laurent Wauquiez.
Oui, mais je pense que Laurent Wauquiez a beaucoup déçu. Notamment, moi, je ne pensais pas que ce serait M. Wauquiez qui serait l'agent de facilitation du vote du budget à l'Assemblée nationale, avec l'année dernière plus de 20 milliards de hausse d'impôt, cette année 10 milliards, un déficit qui part complètement dans le décor. Et sur tous les sujets, M. Wauquiez a refusé toutes les fusions avec le RN. Mais j'allère que moi, les électeurs s'insèrent de Sarah Knafou, peut-être Sarah Knafou elle-même, parce que là, ce que fait Wauquiez, c'est vraiment cousu de fil blanc, c'est énorme, c'est une corde, c'est même plus un fil.
C'est très bien qu'il n'y aura pas de primaire entre Edouard Philippe et Sarah Knafou, ça n'a aucun sens, ça n'existe pas. Donc en fait, il veut s'attribuer la popularité de Sarah Knafou pour la primaire qu'il va faire avec Edouard Philippe. Donc il y aura peut-être une primaire entre les centristes, peut-être jusqu'à Griméry-Latale, et M. Wauquiez.
En fait, c'est un baiser de judas à Sarah Knafou.
Mais bien sûr, mais c'est exactement du grand Wauquiez. Je veux dire, sur la place de Paris, vous savez, moi je ne suis pas un faux cul, sur la place de Paris, Laurent Wauquiez est vu comme le Machiavel aux petits pieds de tout Paris. Voilà, donc c'est vraiment ridicule. Moi, vraiment, j'alerte les électeurs de Sarah Knafou. Il essaie de vous séduire, il essaie de faire croire que vous pouvez être dans la primaire, alors qu'il sait très bien que ni Edouard Philippe, ni Xavier Bertrand, ni Gérard Laché, bref, tous les chefs à plume de LR n'accepteront jamais d'avoir une primaire avec Sarah Knafou.
C'est normal, puisque Sarah Knafou, sur un certain nombre d'opposition, elle est même plus dure que le RN dans la vision des LR, je veux dire, évidemment. Bon, donc tout ça n'est pas sérieux. Et moi, j'ai un peu un coup de gueule à le faire là-dessus, parce que j'écoutais M. Wauquiez en venant avant chez vous, c'est vraiment ce cynisme à deux balles, je ne le supporte pas. C'est-à-dire ? C'est-à-dire, il ment volontairement, il sait très bien que Sarah Knafou ne sera pas dans la primaire avec Bertrand et compagnie, et juste, il est en train de mentir à leurs électeurs pour se prendre le petit magot électoral, les 5%, 4-5% de Mme Knafou.
Moi, je trouve ça écœurant, parce que c'est mentir aux électeurs, c'est manipuler les électeurs sciemment. On peut parfois se tromper involontairement, on peut faire des erreurs involontaires. Je pense à la mémoire de Lionel Jospin. Nul n'est parfait, mais c'était un homme intègre. Ce n'est pas un mec qui mentait aux électeurs. On peut se tromper, moi je ne peux pas non plus, tout le monde peut se tromper. Mais là, M. Wauquiez, il ne se trompe pas. C'est ça ce que vous essayez de dire. Mais non, mais c'est à deux balles. C'est des manipulations à deux balles.
C'est dire, on va faire croire aux électeurs de Mme Knafou qu'on va les mettre dans la primaire, on va les ridiculiser, on va les prendre. C'est de la manipulation.
Et vous, vous lui dites quoi à Sarah Knafou ?
Je lui dis de ne pas se laisser avoir par Laurent Wauquiez, et c'est de travailler au grand rassemblement.
Mais est-ce que vous pourriez, au fond, rassembler ? C'est-à-dire, si je comprends bien, au fond, elle basculerait du côté de Laurent Wauquiez, c'est ce qu'il espère, ou en tout cas ce qu'il fait mine d'espérer, si je vous écoute bien. Mais au fond, est-ce que ça veut dire que vous, vous préféreriez qu'elle reste de votre côté ?
Mais le problème de la démarche de Sarah Knafou, et d'Éric Zemmour surtout, c'est qu'ils n'ont existé que pour diviser et affaiblir le rassemblement national. À la première sortie politique d'Éric Zemmour, quand il a lancé sa campagne présidentielle, il avait nommément cité la fin du rassemblement national et la fin de Marine Le Pen. Donc c'est une candidature qui n'est là que pour diviser. C'est ce que nous expliquons depuis la création de Reconquête. Tout le monde est libre de se présenter, tout le monde est libre de faire des propositions, mais au mieux, M.
Zemmour ne sert qu'à diviser, au pire, par un certain nombre d'énormités de provocations qu'il fait, il donne des arguments à la gauche pour rester au pouvoir ou au macronisme. Jean-Philippe Tanguy, Marine Le Pen est en Hongrie,
elle est à l'Assemblée des Patriotes pour l'Europe, à l'invitation du Premier ministre hongrois, Victor Orban. Dans le contexte actuel international, est-ce que vraiment on a envie d'être ami avec les amis de la Russie ?
Je pense que M. Orban est ami avec les Hongrois. M. Orban, c'est un pays qui défend sa souveraineté dans une situation extrêmement difficile. La Hongrie est un pays isolé géographiquement. Par exemple, au niveau du pétrole et du gaz, ils n'ont pas accès à la mer comme nous. C'est sûr, parfois, j'ai l'impression que certains jouent un peu comme les jeux vidéo. Ils pensent qu'il suffit de prendre des décisions sur un bout de table pour changer les choses. La Hongrie, ils sont dépendants d'un certain nombre de choses qui viennent de Russie. C'est plus difficile pour eux que pour le Grand Ouest.
Le courage est à géométrie variable ?
Non, ce n'est pas le courage, c'est la réalité. Je pense que si les dirigeants français...
Donc, en fait, face à la réalité, la question du courage n'a pas d'intérêt. En fait, les intérêts sont plus élevés que la question du courage ?
C'est la réalité. Vous savez très bien que le gaz russe, par exemple, il passe encore en Ukraine. Les Ukrainiens, ils étaient en guerre contre la Russie.
Alors, c'est notamment justement...
Ils avaient un péage, vous savez, sur le gaz. Donc, la réalité, et ce n'est pas ce que vous dites vous, mais ce n'est pas tout blanc, tout noir. Il se trouve qu'historiquement, la Hongrie est dépendante de la Russie et qu'elle ne peut pas sortir de cette dépendance d'un claquement de doigts comme le peut la France, qui a des ports où on peut transformer le gaz liquide.
Alors, il y a une chose qui est la question de la dépendance. Vous parlez notamment de la question de l'oléoduc d'Oujba, qui a été endommagée, qui permet, d'ailleurs, d'après une sorte d'exception à la Hongrie, de prendre du pétrole russe, malgré les vétos du reste de l'Union Européenne. Il y a le Washington Post aussi, et ce n'est pas uniquement une question d'intérêt économique. Le Washington Post révèle que le ministre des Affaires étrangères hongrois communiquait en direct, par téléphone, à son homologue russe, Sergei Lavrov, pendant les réunions européennes de la semaine dernière, qui sont des réunions confidentielles.
Est-ce que ça, vous vous dites, ce n'est pas grave, c'est parce qu'ils ont des intérêts ?
Non, ça, il faut, comment dire, mettre les choses au clair là-dessus, évidemment. Ça n'a rien à voir avec ce que j'ai dit avant.
Non, mais est-ce que les intérêts économiques sont plus hauts que les intérêts moraux ?
Non, mais ça, c'est une opposition qui n'existe pas, parce que quand vous vous occupez de la vie des gens, vous devez vivre. Donc ça, c'est un peu des choses de privilégiés. Ça, c'est des concepts de gens qui ont tout, de riches, parce que nous, on est une nation riche, même si beaucoup de Français ont des difficultés. Excusez-moi, c'est différent, si je peux me permettre, parce qu'il y a des réalités à gérer. Moi, c'est ce que je défends, et je n'ai aucun problème à le défendre, parce que si on était dans cette situation, on ferait moins les malins. Mais ce que vous dites, là, c'est autre chose. Ça peut être de la déloyauté, mais il faut mettre au clair cette affaire.
Une enquête sera sans doute ouverte.
En mettant son veto sur le prêt de 90 milliards d'euros que l'Union européenne devait octroyer à l'Ukraine, Viktor Orban défend les intérêts de son pays. Voilà ce que dit Marine Le Pen, à peu près comme vous. C'est-à-dire quand même la question des intérêts. Quand on a des intérêts avec la Russie, eh bien, finalement, la Russie est au-dessus de l'Union européenne.
Là, ce n'est pas les intérêts avec la Russie, c'est que c'est un prêt qui ne sera pas remboursé, et qu'on commence à être exposé financièrement en Ukraine à un niveau complètement déraisonnable et non finançable. Vous savez, moi, ça m'étonne beaucoup, tous ces gens qui pensent que parce qu'ils font des chèques avec l'argent des Français et des Européens, ils sont courageux, mais ce n'est pas leur argent. Tout ça est très facile.
Il se trouve que ce n'était pas l'argent de la Hongrie, puisque la Hongrie, sur un mécanique, et vous connaissez parfaitement, je le sais, toutes ces questions-là, par un mécanique, n'était pas liée à ce prêt. Elle n'allait pas, elle-même, payer les intérêts de ce prêt, puisqu'elle n'était pas obligée qu'il y ait une unanimité des 28 pays. Sauf que, malgré le fait qu'on ne lui demandait rien à la Hongrie, ils ont décidé de bloquer cette possibilité pour les autres pays européens de contracter ce prêt à l'Ukraine.
C'est-à-dire qu'indirectement, Indirectement, Madame de Malherbe, ils sont concernés, parce que la clé de répartition est telle que ça auberra d'autres financements européens. Il n'y a pas d'argent magique en Europe. Vous savez que les ressources de l'Europe sont, par traité, limitées autour de 1% du PIB de tout le continent. Et que donc, si, comme on disait, ils avaient promis ce qu'on appelle des ressources propres, excusez-moi, c'est un peu technique, pour rembourser le prêt, d'ailleurs, sur le Covid et le nouveau prêt, or, ces ressources propres n'existent pas. Donc, en fait, c'est remboursé par le moyen ordinaire de la contribution des États.
Et donc, ce sera au détriment des fonds structurels, qui est notamment toute la Hongrie.
Et donc, ce n'est pas votre priorité, on l'a bien compris.
Non, mais parce qu'aujourd'hui, on ne peut pas payer. Je suis désolé, en tout cas, il faut des actifs en face qui permettent d'assurer le financement pour les Françaises et les Français. 90 milliards, là, c'est entre 10 et 20 milliards qui sera payé par les Français sur ce seul prêt. Il y en a d'autres. Une fois plus, c'est très facile de se donner un beau rôle en donnant des dizaines de milliards d'euros qui sont l'argent des autres. C'est ça qui fait qu'on est courageux.
Merci, Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme.
Jean-Philippe Tanguy