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Discours / meetingBFM TV (sur YouTube)· 2 septembre 2024 18 minAutoproduitPortrait personnelSécuritéJustice

Le discours en intégralité de Gérald Darmanin durant l'hommage national à Éric Comyn, tué à Mougins

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:54PrésentateurFait
    « Français, ce n'est pas un refus d'obtempérer, c'est un crime. »
  • 8:07PrésentateurFait
    « Les rodeaux urbains, les chauffards de la route, qui ne s'arrêtent pas quand on leur dit de s'arrêter, tuent plus de personnes, plus de forts de l'ordre, que les règlements de comptes ou les braquages. »
  • 8:20PrésentateurFait
    « Il a tué un représentant de l'État et, à ce titre, il assassine tout ce qu'il représente. »
  • 10:30PrésentateurFait
    « Comme nous le disons depuis tant d'années au ministère de l'Intérieur, l'autorité passe par les forces de l'ordre, qui seules peuvent permettre la liberté, car elles protagent chaque jour, chaque nuit, le plus faible, le plus petit, le plus seul. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Monsieur le ministre, maire de Nice, monsieur le préfet, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le président du conseil départemental, mesdames et messieurs les élus, en général, mesdames et messieurs les autorités judiciaires, civiles et militaires, officiers, sous-officiers, gendarmes adjoints volontaires d'actifs et de réserves, personnels civils de la gendarmerie, chères familles, mesdames, messieurs, la France entière a été saisie par le choc et de ce choc est né en nous une immense colère, une colère qui s'est exprimée et qui peut faire naître en nous de la violence, un désir de vengeance, une rage que rien ne peut arrêter.

Une colère que l'on critique quand on est assis confortablement protégés, mais qui sont-ils pour juger ? Puis après, loin des caméras, loin de ceux qui parfois exploitent les polémiques, une longue et terrible tristesse qui ne partira jamais, chères familles. Entendons-nous, le gendarme comme militaire sait qu'il peut mourir. Il accepte, lui et sa famille, la possibilité du sacrifice ultime. Sans le vouloir, il est prêt. Ils sont tous prêts, les gendarmes, les policiers de France, à mourir pour une cause juste et pour sauver les autres. Prêts à risquer sa vie pour sauver l'enfant martyrisé par le forcené qui s'est transformé en tyran.

Prêts à risquer sa vie pour secourir la femme qui souffre sous les coups de cet homme devenu tortionnaire. Prêts à mourir pour remplacer l'otage innocent devant le couteau du terroriste islamiste. La mort n'est pas l'ennemi des forces de l'ordre. Elle est parfois l'ultime preuve de l'engagement du service de l'État et de la France. Chacun ici le sait dans cette cour, depuis le premier jour à l'école de gendarmerie. Chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait, quand il passe, comme le chante le chant des partisans.

Mais si la mort fait partie de la vie du gendarme, si elle fait partie de la vie du policier, si elle fait partie de l'uniforme, les conditions de celle-ci ne sont pas toutes acceptables. Et non, la mort d'Éric Comine n'est pas acceptable. Elle nous révolte et elle nous entraîne avec lui dans l'abîme. Comme tous les gendarmes, le sous-officier Éric Comine faisait son travail. Sa vocation quotidienne au service des Français, comme un curé de campagne, discrètement ferait la sienne loin de tout. Comme un médecin prendrait, dans l'habitude des jours qui se suivent, son tour aux urgences de l'hôpital du coin.

Ce jour-là, geste mille fois répété, il s'engage avec ses camarades dans un contrôle motorisé avec la police municipale de Mougins. Un poste de contrôle est mis en place sur la route 6285. Un contrôle comme on en fait plein. Un contrôle comme on en fait tous les jours. Ces contrôles, on les compte par milliers. Par milliers dans la vie des militaires du peloton motorisé demandent lieu. On y arrête toutes sortes de véhicules.

Ceux qui n'ont pas les bons papiers, ceux qui ont les pneus lisses, ceux dont on s'aperçoit qu'ils sont trop fatigués pour prendre la route, ceux qui utilisent l'alcool et de plus en plus la drogue pour paradis artificiel et qui se mettent en danger, mais surtout qui mettent en danger les autres. Dans sa vie de gendarme, Éric Comine a sauvé des milliers de vies. D'abord comme gendarme mobile, au milieu de la violence, la violence des foules, mais aussi celle des trafiquants. Puis comme gendarme de brigade, en proximité, au milieu du peuple français que les gendarmes servent tant.

Et désormais au peloton, il a su arrêter à temps la spirale infernale du conducteur ivre, qui a terminé sa nuit au poste plutôt que de s'encastrer dans le véhicule d'une famille. Il a su arrêter le chauffard qui roulait à très grande vitesse, des vitesses folles, folles comme la mort, et qui n'a pas croisé les enfants qui partaient en vacances. Parce qu'il a donné mille conseils aux automobilistes qui, malgré le procès verbal, peuvent lui rendre grâce d'avoir changé leurs pneus, leurs phares, avoir mis leur ceinture de sécurité. Des personnes qui, sans lui, auraient peuplé sans doute les cimetières et auraient fait tant d'orphelins.

Ainsi, comme au piano, le gendarme de France répète sans cesse les mêmes gestes, pour protéger, pour servir, pour rendre le monde meilleur. À chaque contrôle routier banal, répétitif, lassant peut-être, ce sont des vies qu'on sauve. Sans doute, Éric Comine a-t-il sauvé plus de vies que le médecin aux urgences ? A-t-il sauvé plus d'âmes que le curé de campagne dans sa paroisse ? Nul ne le sait et nul ne le saura vraiment, même pas lui. Mais nous le savons, comme tous les gendarmes, il a été l'ange gardien d'autant de Français. Il l'a fait discrètement, en héros, en héros du quotidien, en anonyme plein de vertus, en français accompli.

Il l'a fait comme le colibri qui tend d'éteindre le feu de forêt le fait. Il a fait sa part. Et si en France, tout le monde faisait sa part, le feu serait éteint depuis longtemps. Alors, quand à 20h35, quand l'automobiliste accélère au volant d'une berline noire, au lieu de l'obtempéré, quand le conducteur devient criminel, quand la vie du héros s'arrête sur le bord de la route, en uniforme et debout au service de la France, notre cœur s'emballe. La réalité se rappelle à tous, noir et cru, sur le danger que vivent les forces de l'ordre.

Pour tenter d'être à la hauteur, Madame, de l'immense tristesse qui vous touche, qui touche une famille, deux enfants, deux parents, une sœur et des camarades, il faut, je le sais, mettre d'abord des mots sur les choses, pour ne pas rajouter à votre tristesse. Français, ce n'est pas un refus d'obtempérer, c'est un crime. Ce n'est pas un fait divers, c'est un fait de société. Les rodeaux urbains, les chauffards de la route, qui ne s'arrêtent pas quand on leur dit de s'arrêter, tuent plus de personnes, plus de forts de l'ordre, que les règlements de comptes ou les braquages. Ce conducteur n'a pas d'excuses.

Il a tué un représentant de l'État et, à ce titre, il assassine tout ce qu'il représente. La loi, l'autorité, la patrie. Il a tué un représentant de l'État et il nous a tous un peu assassinés. La société doit répondre à ces crimes pour qu'ils s'arrêtent enfin. Pour que l'on puisse se dire, si quelqu'un ne s'arrête pas devant un représentant de la loi, alors la loi arrête le délinquant avant qu'il ne devienne criminel. La mort de votre mari nous scandalise et nous révolte. Et elle est un message nouveau, répété, strident et dérangeant, qui doit être entendu et qui doit se traduire partout, dans toutes les sphères de décision. Les forces de l'ordre doivent être respectées.

Et aucun parti, aucune personnalité, aucun tribun ne peut les prendre en otage comme bouc émissaire. Personne comme eux risque leur vie, chaque jour, chaque nuit. Et chacun doit les aimer, les défendre et les respecter. Le refus de s'arrêter à l'injonction d'un gendarme, d'un policier, n'est pas un simple refus d'obtempérer, comme le disent gentiment les juristes, mais un refus de l'autorité de l'État, un refus de la France, de la volonté générale et de la loi. Un refus qui veut que le gendarme, le policier, l'homme en uniforme, a d'abord raison, a priori, et qui doit être d'abord soutenu contre celui qui l'arrête.

Que celui qui porte le bleu bleu rouge ou son uniforme a davantage de droits que celui qui roule vite, sous alcool ou sous drogue, sans permis. Qui terrorise un quartier, qui met en danger ceux qui croisent, qui fait n'importe quoi, avec une arme par destination. Comme cette petite fille si innocente, tuée par un chauffard en moto, et qui nous plonge avec ses parents dans un abîme de tristesse. Comme nous le disons depuis tant d'années au ministère de l'Intérieur, l'autorité passe par les forces de l'ordre, qui seules peuvent permettre la liberté, car elles protagent chaque jour, chaque nuit, le plus faible, le plus petit, le plus seul.

Celui qui n'a ni richesse, ni relation pour se mettre à l'abri de la délinquance, et qui attend tout de l'État, des policiers et des gendarmes, la protection de la patrie. Évidemment, juste l'ordre n'a pas de sens. Mais une société sans ordre, sans force de l'ordre, est vouée à la guerre de tous contre tous, à l'écrasement des plus fragiles et des plus pauvres. Français, devant ce cercueil et devant cette mort, nous nous inclinons. D'abord devant votre peine, madame, vous qui perdez l'amour de votre vie. Et chacun est bouleversé quand il essaye un instant de se mettre à votre place. Vous avez épousé un gendarme, vous avez épousé une vie de patriote faite de valeurs et de services.

Vous êtes veuve comme naît la gendarmerie nationale, comme naît le ministère de l'Intérieur et comme le sont aujourd'hui tous les Français. Nous serons toujours à vos côtés, car votre choix de grâce sera éternellement le vôtre. Vos enfants seront éternellement les nôtres. Et vous êtes assurés que le combat pour la reconnaissance des valeurs de droiture et de justice, qui sans doute animait votre mari, sera toujours les nôtres, toujours les miennes. Je sais qu'aucun discours, aucune cérémonie, aucune décoration ne remplacera votre homme. Mais dans toutes vos larmes, vous pouvez vous dire que votre époux a été toute sa vie fidèle à son serment et qu'il a évité le malheur à tant de gens.

Nous nous inclinons devant votre chagrin, chers enfants, d'un père désormais absent après tant d'absence du fait du service de l'État. Personne ne le remplacera jamais et quel que soit l'âge de son père, on est toujours orphelins. Votre dégoût, votre tristesse est immense. Je le sais. Mais à vie, vos propres enfants et après eux, vos petits-enfants auront le plus grand honneur qui est donné à une fille ou à un fils de France. De pouvoir dire « Mon père était un héros ». Pas besoin de lire Kipling pour savoir comment on devient un homme au contact d'un tel papa.

À vous, ces parents, dont les valeurs familiales et personnelles ont élevé un fils dans le service, celui de la patrie et celui des autres, qui l'ont conduit à choisir l'engagement plutôt que le profit, la France, plutôt que rien. « Perdre un enfant » n'a pas de mots dans le dictionnaire. Ce manque est terrible mais vous savez qu'il a eu la vie qu'il voulait avoir. Vous, le père gendarme, debout, en uniforme, le drapeau français sur le cœur.

À tous ces camarades, vous comprenez encore mieux pourquoi il faut être sans cesse sur le terrain à enquêter, à intervenir, à interpeller contre les désordres du monde qui ne peuvent faire rien d'autre que du malheur et des orphelins qui ne peuvent être résolus que par vous, vous qui, comme nous, comme les Français, sont assoiffés de justice et de paix, la France compte sur vous. Tous les gendarmes de France, tous les policiers de France se reconnaissent dans Éric Comine. Ils sont frères d'armes. Cela aurait pu arriver à chacune, à chacun d'entre eux. Cela peut arriver à chaque minute sur toutes les routes de France. Ils se recueillent aujourd'hui mais demandent justice demain.

Pas simplement justice contre le criminel, mais justice pour la société, pour une société qui a besoin que cela s'arrête, qui a besoin des policiers et des gendarmes, pour une société qui demande la protection. À ma place, modestement, je suis venu dire les condoléances les plus attristés de la nation. Et une nouvelle fois, renouveler le serment de toujours défendre et de toujours soutenir quels que soient les moments et les trop nombreux jours de deuil et de tristesse de la gendarmerie nationale. La société doit se reprendre. On ne peut pas applaudir les forces de l'ordre lors des Jeux Olympiques et relativiser quand l'un d'entre eux se fait assassiner sur le bord de la route.

Il y a bien des femmes et il y a bien des hommes comme l'immense majorité de notre peuple qui comprennent votre action et votre engagement. Comme chef, depuis plus de quatre ans désormais, à la tête du ministère de l'Intérieur, soyez sûrs que je souffre et que je défendrai toujours à chaque instant votre action. Il faut toujours défendre la mémoire d'Éric Comine parce que j'essaie de toutes les forces de l'ordre, passé, présent ou futur, et les celles des enfants du peuple qui choisissent d'être policiers, gendarmes, sa part-pompiers ou militaires, fonctionnaires de la République et qui demandent qu'une chose à la politique, protéger ceux qui nous protègent.

16:39
Locuteur

Adjudant Éric Comine,

16:44
Présentateur

vous êtes promu à titre exceptionnel au grade d'adjudant-chef. Vous êtes cité à l'ordre de la Gendarmerie nationale portant attribution de la médaille de la Gendarmerie et décoré de la médaille de la Sécurité Intérieure. Éric, nous allons vous décorer de la médaille militaire et être fait chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur. Adjudant-chef Éric Comine, la patrie vous est éternellement reconnaissante. Nous prendrons soin de votre famille et nous saurons être à la hauteur. Adjudant-chef Éric Comine, partez en paix après avoir tant servi. vive la Gendarmerie nationale, vive la République et vive la France. à la hauteur de la France.

17:38
Locuteur

Merci. Merci.