Jean Lassalle : "La plupart des candidats ont fait l'École Normale, moi j'ai fait l'école normalement"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:26OuverteRéponse partielle
Quel est le message que vous voulez faire passer ce soir aux Français ?
- 1:23OuverteRéponse directe
Et comment comptez-vous, vous, les rassurer ?
- 1:52OuverteRéponse directe
Comment vous expliquez ça, le fait que les médias...
- 2:37OuverteRéponse directe
Vous avez conscience de ce côté lunaire pour un candidat à la présidence de la République ?
- 3:28FerméeRéponse directe
Est-ce que ça vous embête ?
- 4:24OuverteRéponse directe
Parlons de la Syrie, par exemple, qui était un sujet clivant.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Je veux les rassembler. C'est le premier élément. »
- 4:44Invité politiqueFait
« Il ne fait pas de doute sur l'attaque chimique. »
- 5:37Invité politiqueFait
« J'ai voté l'intervention française au mois de septembre 2013. »
- 8:47Invité politiqueFait
« Je vais rouvrir le débat sur l'Europe. »
- 9:36Invité politiqueFait
« Je vais proposer à mes collègues chefs d'État de nous mettre en position mode Europe des Nations. »
- 9:44Invité politiquePromesse
« Je ne vais pas organiser de Frexit. »
Temps de parole
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- Présentateur 212 %
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France Inter. Le 5-7. Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Jean Lassalle, candidat sans étiquette à l'élection présidentielle. Bonjour Jean Lassalle. Bonjour. Alors ce sera ce soir sur France 2 et aussi en direct sur France Inter. Vous aurez un quart d'heure comme vos dix autres concurrents, les dix autres candidats. Quinze minutes pour convaincre et répondre aux questions de Léa Salamé et David Pujadas. Quel est le message que vous voulez faire passer ce soir aux Français ?
Je vais voir le moment venu. Vous savez, moi, je ne suis pas quelqu'un qui suis capable de décréter à l'avance, très exactement, le message. Je sais que je dois expliquer à nos compatriotes que je veux les rassembler. C'est le premier élément. Nous sommes beaucoup trop dispersés. Nous sommes, vous voyez, nous avons plein de petites fêlures à tous les niveaux, qui sont d'ailleurs certaines assez graves. Et ce pays a peur. Il n'a plus confiance à rien ni à personne. Il a peur de quoi, ce pays ? Ce pays a peur de la situation dans laquelle il se trouve. Il a peur de l'avenir. Il a peur pour ses enfants. Alors ça, c'est un point que l'on retrouve à tous les niveaux.
Et surtout, le fait de ne pas avoir confiance à rien ni à personne ne rassure pas.
Et comment comptez-vous, vous, les rassurer ?
Je compte les rassurer d'abord, en les rencontrant, ce que je fais, à dose relativement importante. Je fais beaucoup, beaucoup de terrain. Et ce qui m'a réjoui, vraiment, pourtant j'ai eu la dent dure sur le sujet, c'est d'être très suivi par la presse. Et vous ne pouvez pas savoir le plaisir que ça fait aux personnes que je vais voir.
Comment vous expliquez ça, le fait que les médias... D'abord, il y a aussi les quotas imposés par le CSA. Vous êtes obligé de passer par les médias. Mais vous sentez un engouement. Comment vous l'expliquez, cet engouement, pour vous ?
Je le ressens parce que, disons que je me sens très bien à cette campagne. Il me semble que je la comprends. Il me semble que je vois bien mon rôle. Et il me semble que je suis en phase. Et beaucoup plus, en tout cas, que ce que disent les immenses sondages devant lesquels je m'agenouille tous les matins pour louer leur grandeur.
Cela dit, dans cette campagne, Jean Lassalle, vous êtes apparu parfois comme un candidat non pas fantasque, mais lunaire, bienveillant, mais hors normes. Vous avez conscience de ce côté lunaire pour un candidat à la présidence de la République ?
Je ne sais pas si je dirais lunaire. Je dirais un candidat extrêmement complet. C'est-à-dire complet ? Parce qu'il faut complet, c'est-à-dire surtout les registres. Vous savez, la plupart des candidats sont excellents. Ils ont fait l'école normale, tandis que moi, je n'ai fait que l'école normalement. Donc forcément, je suis moins pointu qu'eux sur un certain nombre de vous de sujets. Mais je suis capable d'évoquer tous les sujets qui concernent les hommes et les femmes de notre temps.
C'est peut-être là que vous faites erreur, Jean Lassalle, parce que vous vous sentez bien dans cette campagne. On parle de vous, vous êtes médiatisé, vous êtes sous la lumière et vous en êtes content. Mais vous êtes présenté comme un troublion et vous n'êtes pas pris au sérieux. C'est-à-dire que nous, ce matin, on ne va pas vous interroger sur l'économie. On ne va pas vous interroger sur la politique internationale. On ne va pas vous interroger sur l'immigration. Parce qu'on sent, et parce que le public sent aussi, que vous n'êtes pas crédible sur ces sujets. Est-ce que ça vous embête ?
Ce qui m'embête, c'est ce que vous me dites. Pour le reste, non. Parce que quand on fait de la politique, rien ne doit vous embêter. Mais que vous me disiez comme ça, cela en face, ça m'embête parce que je suis gêné que ça vienne de France Inter, une intervention comme celle-là. Parce que c'est ma radio. C'est aussi la radio de la France qui paye ses impôts. C'est la radio nationale. Et que vous me disiez cela...
On peut vous interroger sur l'économie. Mais est-ce qu'on va le faire ? Mais non, vous avez dit que non. Pourquoi pas, cela dit. Parlons de la Syrie, par exemple, qui était un sujet clivant. Ce n'est pas un des dossiers les plus économiques que j'ai eu. On parlait d'économie et de politique étrangère. Doutez-vous, par exemple, toujours de l'attaque chimique sur des populations civiles syriennes de Rancheroun, qui a d'ailleurs justifié, en tout cas entraîné, l'intervention militaire américaine en Syrie ?
Il ne fait pas de doute sur l'attaque chimique. Ça, hélas, malheureusement, c'est qui était là. Puis, vous savez, au gaz sarin, c'est très lourd. Non, pas du tout. Par contre, par qui elle a été faite, ça, je n'en sais rien. Et moi, je ne suis pas de ceux qui prétendent que tout savoir, monsieur, je sais tout.
Non, mais il y a tout de même des références. Est-ce que l'ONU est une référence quand elle dit à Londres, à Paris et à Washington, désigne le régime de Bachar Al-Assad comme responsable de ses attaques au gaz ? Qu'est-ce qui vous permet, vous, d'en douter ?
Or, qu'est-ce que l'ONU a dit et ne pas dit depuis 20 ans, 30 ans ? Non, moi, je préfère, franchement, faire une opinion de moi-même. J'étais là-bas, j'ai prouvé le besoin de le faire, j'avais besoin de me rendre compte. J'ai voté l'intervention française au mois de septembre 2013, qui n'est d'ailleurs jamais venue aux côtés des Etats-Unis. À cette époque-là, j'étais vraiment convaincu de la culpabilité de Bachar Al-Assad, puisque c'est là, quand même, que la question. Et depuis, je suis quand même posé beaucoup de questions. Et notamment sur l'attitude de la France, qui est quand même pour le moins très équivoque.
Mais on a le sentiment, Jean Lassalle, qu'il a suffi d'une poignée de main en Syrie à Bachar Al-Assad pour vous retourner, si je puis dire, et être convaincu que Bachar Al-Assad était non-responsable des souffrances sur sa population.
Non, non, je ne sais pas. Si vous pensez qu'on me retourne comme ça, c'est que j'ai des marges de progression à faire d'ici dimanche. Non, je ne me laisse pas retourner. Par contre, je ne suis pas de ces bénis-oui-oui qui écoutent la dolce, vous savez, et qui se laissent prendre par tous les effets de mode. Moi, j'ai besoin de voir. J'ai besoin de comprendre.
Vous avez pris ombrage tout à l'heure du fait qu'on n'allait pas vous interroger sur l'économie. Alors, on va le faire.
Ce n'était pas sympa.
Non, on va le faire, on va le faire. Sur l'économie, sur la résorption du chômage, comment vous vous y prenez ? Quel est votre plan ? Est-ce que, par exemple, vous poursuivrez, si vous êtes au pouvoir, le CICE, le Crédit, Impôt, Compétitivité, Emploi, mis en place par le gouvernement Hollande ?
Non. Je ne le poursuivrai pas parce que ceux qui s'appliquent, enfin, ceux au moins que je connais, les petites entreprises, les artisans, ne peuvent pas y faire face. Il n'a pas suffisamment d'histoire. Il ne s'est pas constitué de suffisamment longue date. Il n'a pas été pris en compte. Ils ne se le sont pas appropriés. Ils ne le voient pas du tout sous cet angle-là. Moi, je traiterai de ce sujet dans le Conseil national de la résistance qui ne durera pas sans sept ans. Vous avez vu, d'ailleurs, le premier...
Le Conseil national de la résistance ?
...que je vais organiser après mon élection pour traiter de ces sujets sociétaux très importants sur lesquels nous ne pouvons pas apporter de réponse parce qu'une fois de plus, nous sommes trop divisés politiquement.
Le Conseil national de la résistance, c'est quoi ? C'est composé de qui ? C'est fait comment ?
Eh bien, de tous les hommes et femmes de bonne volonté. J'ai parrainé Poutou, par exemple. Philippe Poutou, nous avons parlé de cela. Je crois qu'il faut retrouver, et Dieu sait s'il y en a aujourd'hui, de nouveaux intellectuels, dépenseurs. Et ensuite, pour terminer sur l'aspect, malgré mon incompétence en notoire, ce que je veux, c'est que la France retrouve une marge d'action politique et financière qu'elle n'a plus parce que tout le reste des programmes de mes concurrents est nul. Tout ce qu'ils disent ne pourra pas être fait. Nous n'avons pas un saut devant nous et nous sommes archi-endettés.
Sur l'Europe, Jean Lassalle, vous êtes un européiste convaincu. Cela dit, vous souhaitez retirer du pouvoir aux institutions européennes au moment de voter pour les confier au Parlement de Paris. Ça marcherait comment, ce système ? On ne comprend pas bien.
C'est-à-dire que je vais rouvrir le débat sur l'Europe. Le débat sur l'Europe se détaille il y a une vingtaine d'années. Au moment même, d'ailleurs, où nous avons perdu le fil de notre modèle qui a été certainement, et qui restera dans les livres d'histoire, comme l'un des plus aboutis sur le plan démocratique, quand on pense qu'on a pu voir Elmoud Schumid et la Dame de Fer se côtoyer, quand on pense qu'on a pu voir un beau match comme celui de Valéry Giscard d'Estaing contre François Mitterrand aujourd'hui sur deux causes. D'ailleurs, nous avons de minusculissimes candidats qui sont loin d'avoir la pointure.
Ma question, c'est sur l'Europe, Jean Lassalle.
Oui, mais j'y viens. Je vais rouvrir de l'espace parce que je vais proposer à mes collègues chefs d'État de nous mettre en position mode Europe des Nations. C'est-à-dire que je ne traiterai qu'avec les chefs d'État et de gouvernement dans ce premier temps et durant mon mandat. Je ne vais pas organiser de Frexit. La France est beaucoup trop fracturée et les 15 pays d'Europe que j'ai visités après mon tour de France sont dans la même situation. Par contre, nous ne sommes nulle part. Nous n'avons pas d'État sur lequel nous appuyer ni de gouvernement. C'est pareil pour tous les autres. Et nous n'avons pas non plus une autorité européenne.
Et dire qu'on va la constituer, c'est mentir effrontément parce que les opinions publiques ont perdu confiance. Elles sont dans la crise. Elles n'y croient pas du tout.
Parole de Jean Lassalle, invité ce matin de France Inter. Merci Jean Lassalle. Merci à vous deux. Et bonne journée. Et bonne journée à vous aussi. Merci.