Invité politique - Moyen-Orient: «Tous les Français qui le souhaitent seront rapatriés», assure Amélia Lakrafi, députée des Français de l’étranger
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 55 %Défensif 45 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27OuverteRéponse directe
Où en est-on aujourd'hui de ces rapatriements ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Comment se passent ces opérations de rapatriement sur le terrain ?
- 4:13FerméeRéponse directe
Les personnes vulnérables prioritaires sont-elles déjà inscrites et prêtes à rentrer ?
- 4:35RelanceRéponse directe
Pouvez-vous garantir qu'aucun Français ne sera oublié ?
- 5:43OuverteRéponse directe
Que conseillez-vous aux Français coincés au Moyen-Orient ? Leur conseillez-vous de rentrer ?
- 7:26RelanceRéponse partielle
Craignez-vous que le conflit retarde la libération des deux otages français en Iran ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20host (journaliste RFI)Chiffre
« On parle de 400 000 Français au Moyen-Orient, »
- 0:30Amélia LakrafiChiffre
« Alors 30 000 ou 40 000 de passage aux Émirats uniquement. »
- 0:50Amélia LakrafiChiffre
« qu'elle coordonne ses rapatriements avec nos 19 centres de crise dans la région, »
- 2:22Amélia LakrafiPromesse
« mais leur dire qu'ils seront rapatriés au fur et à mesure »
- 6:01Amélia LakrafiChiffre
« Donc 30 000 Français sont enregistrés au registre, »
- 6:13Amélia LakrafiChiffre
« C'est vrai que je passe mon temps depuis 9 ans »
- 7:02Amélia LakrafiChiffre
« Ils ont tous, 99% ont été interceptés. »
- 8:10Amélia LakrafiFait
« Leur sécurité est très importante pour la France »
Temps de parole
- Amélia Lakrafi71 %
- Présentateur29 %
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Bonjour Amélia Lacraffy. Bonjour. Bienvenue sur RFI, en pleine flambée de violence au Moyen-Orient, qui est votre circonscription en tant que députée des Français de l'étranger. Vos nuits ont été courtes dernièrement, mobilisées dans les opérations de rapatriement de ces milliers de Français coincés en pleine zone de conflit. On parle de 400 000 Français au Moyen-Orient, environ 30 000 à 40 000 touristes de passage. Où en est-on aujourd'hui de ces rapatriements ?
Alors 30 000 ou 40 000 de passage aux Émirats uniquement. Il y a beaucoup plus dans le reste de la région. Vous avez des chiffres ? Oui, on a des chiffres, mais je ne suis pas sûre que ce soit ça l'essentiel. L'essentiel, je pense, est de dire à nos compatriotes que c'est la cellule de crise du Quai d'Orsay qui coordonne les rapatriements et qui s'est mise en place dès le samedi matin, qu'elle coordonne ses rapatriements avec nos 19 centres de crise dans la région, que nos compatriotes doivent absolument être soit enregistrés sur le registre consulaire dans le pays de résidence ou sur le fil d'Ariane dès lors qu'ils sont de passage.
Dès lors qu'ils sont enregistrés, nous savons qu'ils sont là. Ensuite, nous évacuons les gens au fur et à mesure et en fonction de la vulnérabilité de ces gens. Alors comment on jauge et on gère la vulnérabilité ? C'est le centre de crise qui le fait, bien évidemment, mais je peux vous dire que les femmes enceintes, les gens malades, les personnes âgées, les familles avec enfants, ces personnes-là sont d'ores et déjà des personnes vulnérables. Donc ces personnes-là peuvent se faire connaître en contactant le centre de crise où est le consulat. Moi, je les invite à ne pas appeler plusieurs fois, à ne pas se signaler plusieurs fois. On peut recevoir 15 fois le message de la même famille.
J'entends l'inquiétude. J'ai eu cette nuit une famille avec un homme blessé au bras parce qu'il est tombé, rien à voir avec la guerre. Il fait partie de ces cas vulnérables. Il fait partie. Une autre famille avec des enfants atteints de troubles ostétiques sévères qui font des crises de panique, elles font évidemment partie de ces cas.
Les rassurer pour leur dire, une fois qu'on leur a promis que leur cas a été signalé, ce n'est pas nécessaire d'écrire et de rappeler, même si j'entends l'inquiétude et vraiment c'est frustrant de ne pas pouvoir faire plus, mais leur dire qu'ils seront rapatriés au fur et à mesure en fonction des places disponibles, en fonction évidemment des couloirs aériens ouverts fermés.
Comment ça se passe sur le terrain ? Comment se passent ces opérations de rapatriement ?
Les personnes sont rappelées, souvent par un numéro inconnu. Donc il faut donner un numéro de téléphone valide.
Priorité s'inscrire sur le fil d'Ariana. Exactement. Pour les gens de passage.
Et si on est malade ou dans les cas que je vous ai cités, se signaler, se signaler par mail ou téléphone, mais une fois qu'on s'est signalé, ce n'est pas nécessaire de le refaire. Même si l'angoisse peut être difficile à gérer, je comprends évidemment, mais inutile. Inutile de rappeler plusieurs fois parce qu'on ralentit le travail de nos diplomates. Et dire que les gens sont rappelés par potentiellement un numéro inconnu, ça arrive. Donc il faut répondre quand un numéro inconnu vous appelle. Et ensuite on vous donne un point de rendez-vous et certaines personnes peuvent être transportées par minibus. Certaines personnes doivent se rendre elles-mêmes si elles peuvent aux aéroports.
Et on leur donne toutes les informations.
Alors c'est les aéroports des pays voisins dans l'espace aérien.
Alors l'espace aérien aux Émirats est ouvert. Donc à Oman, il est ouvert. Dans plusieurs pays, il est ouvert ou partiellement ouvert. Donc on utilise évidemment les aéroports de ces pays. Avec les compagnies aussi. Ce n'est pas qu'Air France ou des avions militaires français. On travaille aussi avec les compagnies locales. Émirats, Tétiades aussi.
Oui, la ministre de la Défense a dit ce matin d'ailleurs que la France n'allait pas mobiliser des moyens militaires pour rapatrier les Français parce qu'il y avait... Les vols commerciaux. Aujourd'hui, des vols commerciaux, des avions civils.
Absolument. Et les compagnies fonctionnent aussi, sachant qu'elles ont évidemment annulé des milliers de vols. Donc les nouveaux vols sont évidemment les places sont rares et les places sont chères. Mais ceux qui ont déjà des billets qui ont été annulés vont être recontactés par leur compagnie aérienne qui va les remettre dans les vols qu'ils vont opérer au fur et à mesure.
On ne va pas rentrer dans les chiffres, mais est-ce que parmi les plus vulnérables qui sont prioritaires, comme vous nous l'avez expliqué, ces gens-là sont déjà inscrits et prêts à rentrer ? S'ils se sont signalés, ils sont inscrits, oui, et ils sont appelés au fur et à mesure des disponibilités. Et quand toutes les personnes vulnérables seront de retour, la place se trouvera aux autres. Vous pouvez nous garantir que, alors que le conflit s'intensifie, personne, aucun Français ne sera oublié. Absolument.
La priorité, c'est la sécurité des compatriotes. C'est une priorité absolue pour la France. Je pense qu'elle a prouvé. Elle a prouvé à de très nombreuses reprises. En Côte d'Ivoire, au Liban, elle le prouve tout le temps. Si ça s'intensifie encore plus, l'armée est déployée et l'armée... Je dis souvent que ce sont... L'armée française, je dis souvent que c'est l'armée, les logisticiens les plus... les meilleurs logisticiens du monde. Et c'est vrai. Enfin, c'est même pas du chauvinisme. Donc votre conseil, c'est la patience pour les gens qui sont... La patience, mais c'est vrai que c'est dur. J'entends que c'est dur à entendre.
Qui s'inquiète, oui.
Je comprends, je comprends que c'est dur à entendre parce que quand on n'a plus les moyens et qu'on doit payer notre hôtel, dans certaines villes, c'est pris en charge et c'est une chance et c'est super. Et merci aux Émirats. Parce qu'à Abu Dhabi, c'est le cas. Dans d'autres États, parce que les Émirats, c'est plusieurs États, c'est pas forcément le cas. Je suis en lien très régulier avec les ambassades à Paris. Donc des Émirats, du Qatar, d'Omane, qui sont vraiment très aidantes. Et celui des Émirats, on doit se reparler aujourd'hui pour voir dans quelle mesure les Émirats peuvent aider nos compatriotes dans les autres États, à part Abu Dhabi.
Dans les contacts que vous avez avec nos compatriotes coincés au Moyen-Orient, qu'est-ce que vous leur conseillez au vu de l'aggravation des hostilités ? Vous leur conseillez de rentrer ? Est-ce que certains souhaiteraient rester sur zone ?
Oui. Aussi impressionnant que ça puisse être. Donc 30 000 Français sont enregistrés au registre, donc comme résidents dans le pays. Et quasiment autant habitent dans le pays sans être enregistrés. Parce que l'enregistrement au registre n'est pas obligatoire. C'est vrai que je passe mon temps depuis 9 ans à dire, s'il vous plaît, enregistrez-vous. Pas pour vous surveiller, mais en cas de besoin, on sait que vous êtes là. Et on évalue aussi les besoins du poste par rapport au nombre de gens enregistrés. Donc si vous êtes 30 000, le nombre de personnel au poste, il correspond à 30 000. Mais si vous êtes 60 000, dès lors qu'on fait un visa pour la famille ou un passeport, une carte d'identité,
ça ralentit. Ça ralentit. Voilà, c'est déterminant.
Ça ralentit. Donc c'est vraiment, j'ai envie de dire, du confort du quotidien. Mais dans l'urgence, ça vous sécurise. Mais ce qui est impressionnant, c'est que la très très grande majorité ne veulent pas quitter. Ils nous disent qu'on est totalement en confiance avec les autorités émiriennes. Près de 900 missiles courtes, longues portées et drones ont été lancés. Ils ont tous, 99% ont été interceptés. On se sent en sécurité.
Mais pour les autres, vous leur dire,
c'est peut-être mieux de rentrer en métropole. Pour les autres, si vous pouvez partir, partez. Si vous trouvez un billet dans vos moyens, prenez-le, sans créer de panique générale. Les vulnérables, vous serez contactés. Les autres, vous serez contactés ensuite. Et si vous avez d'autres moyens, par exemple en passant par Romane aussi, si c'est possible pour vous, n'hésitez pas à le faire.
Un mot également, Amélia Lacrafi, sur le sort bien sûr de nos deux otages français. Cécile Collère, Jacques Paris, toujours retenu, assigné à l'ambassade de France à Téhéran. Leurs familles sont aujourd'hui bien sûr extrêmement inquiètes, alors que la capitale iranienne est sous le feu, des tirs américano-israéliens. Est-ce que vous avez cette crainte également que le conflit actuel ne retarde, sinon n'annile leur libération complète dans le cadre de l'échange qui aurait dû être fait avec une Iranienne convaincue en France ?
La crainte est réelle, évidemment. Je comprends et vraiment je partage ma solidarité avec eux. Leurs familles doivent être dévastées et eux-mêmes sont évidemment pris en charge par l'ambassade de France. Leur sécurité est très importante pour la France et je sais que nos diplomates font le travail.
Voilà, mais ces deux Français-là non plus ne seront pas oubliés à Téhéran.
Jamais, jamais, et malheureusement, on ne sait pas comment la situation va évoluer dans le pays. Vous savez si le contact est toujours maintenu
entre la France et Téhéran sur ce dossier particulier, en dehors du conflit qui s'intensifie aujourd'hui. La solution diplomatique est toujours privilégiée,
donc les échanges sont toujours privilégiés. Merci beaucoup d'être venue à RFI,
Amélia Lacrafie. Merci.
Amélia Lakrafi