Aurore Bergé : « La démocratie n’est pas mise en danger par une décision de justice »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Comment peut-on riposter face aux droits de douane de Donald Trump ?
- 2:01OuverteRéponse partielle
Êtes-vous troublé par le jugement contre Marine Le Pen ?
- 5:01OuverteRéponse directe
À quoi doit servir la loi cadre sur les violences faites aux femmes ?
- 9:01OuverteRéponse directe
Qu'allez-vous annoncer à Aumont après le féminicide ?
- 12:01OuverteRéponse partielle
Avez-vous le chiffre des actes antisémites depuis le début de l'année ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:01Aurore BergéFait
« Moi en fait, j'ai pas avoir d'avis sur un jugement. J'ai ni à m'en réjouir parce que ça n'est pas moi qui juge mais je n'ai pas à le contester d'une quelconque manière. »
- 3:00Aurore BergéFait
« Marine Le Pen reste présumé innocente jusqu'à ce que le procès définitif ait lieu. »
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Bonjour Hurberger, merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes ministre délégué, chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les discrimination. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale.
Bonjour Julien l'écer. Bonjour. Il est long ce titre.
Oui, c'est ça. Aujourd'hui, madame d'être avec nous Julien de la Voie du Nord. On va évidemment parler de vos dossiers, des dossiers de votre ministère, mais d'abord l'actualité et c'est Donald Trump qui cette nuit a déclaré une guerre commerciale en annonçant des droits de douane qui ciblent notamment l'Union européenne. 20 % Emmanuel Macron va réunir cet après-midi les filières concernées.
Comment peut-on rioster ? Déjà, c'est le président de la République qui doit d'abord réunir les filières pour mesurer les conséquences concrètes que ça aurait sur sur chacune d'entre elles. Réagir aussi en européen.
Quand le président de la République martelle cette phrase depuis 2017, souvent on a été un peu seul à le penser et un peu seul à le vouloir. Mais je crois que c'est une nécessité absolue. C'est-à-dire que vous avez besoin d'avoir un marché intérieur qui fonctionne, 450 millions de consommateurs.
Ça veut dire qu'à la fin, on a cette puissance en nous et il faut aussi sortir de cette forme de naïveté européenne, de crédulité européenne et assumer cette Europe beaucoup plus puissante. Et je crois que c'est en ce sens que le président de la République travaille. Et ça veut dire entrer dans un bras de fer ou il faut continuer à chercher à négocier ?
Je pense qu'il faut continuer à chercher les les voies de la négociation pour pas entrer dans une situation qui mettrait nos entreprises encore plus encore plus en difficulté. Donc je pense que la bonne voie, c'est d'abord de réunir celles et ceux qui sont concernés, c'est-à-dire nos entreprises, nos filières pour mesurer les impacts que ça aurait sur leur capacité d'exportation, sur leurs emplois et avec elle décider des réponses qui seront qui seront appropriées. Julien, on va parler d'une actualité évidemment brûlante, celle qui autour du procès de de Marine Le Pen.
Une question simple, madame la ministre, êtes-vous troublé par le jugement à l'encontre de la leader du Rassemblement national ? Moi en fait, j'ai pas avoir d'avis sur un jugement. J'ai ni à m'en réjouir parce que ça n'est pas moi qui juge mais je n'ai pas à le contester d'une quelconque manière.
François Bairou, il s'est dit troublé, Gabriel Attan s'est dit pas troublé. Vous êtes troublé ou pas ? J'ai pas entendu de phrases du Premier ministre. entendu des propos d'entourage de son entourage pour avoir parfois il a eu des interrogations alors si on parle pas de de trouble ça a été rapporté par son entourage il a manière m'a réaffirmé de manière très claire d'abord le soutien au magistrats puisqu'on est aujourd'hui dans un pays où des magistrats doivent être placés sous protection policière parce qu'ils subissent des menaces et ça devrait tous nous révolter quel que soit l'avis qu'on peut avoir sur l'institution judiciaire qu'on peut avoir sur des jugements qui sont rendus que des magistrats aient besoin d'être placés sous protection policière ça n'est pas la première magistrat strate à qui ça arrive pour bien des procès parfois moins médiatisés, c'est aussi le cas parce que ça devient dangereux de faire appliquer la loi et de juger et ça c'est absolument intolérable.
Ensuite Marine Le Pen reste présumé innocente jusqu'à ce que le procès définitif ait lieu. Il aura lieu en appel. La Cour d'appel de Paris a d'ailleurs dit qu'elle permettrait que dans les meilleurs délais, la cour d'appel se réunisse de manière à statuer.
C'est assez inhabituel que ce soit dit et je crois que c'était nécessaire pour qu'il n'y ait pas euh de soupçons qui puissent peser sur l'intentionnalité qui serait celle de l'institution judiciaire. L'institution judiciaire, elle a pas à avoir des intentions politiques. Elle juge pas en opportunité politique, elle juge en droit.
Je pense que on est dans un moment qui est inédit. Je pense que ça le terme il est approprié. C'est inédit comme situation juridique et politique puisque ça emporte des conséquences politique qui serait majeur.
Donc le fait que un un jugement définitif puisse être rendu par la cour d'appel avant et suffisamment avant l'élection présidentielle pour que l'élection présidentielle ne soit en rien entchée par ça parce qu'on voit bien cette musique maintenant nouvelle qui serait de dire mais quelle légitimité demain pour celui ou celle qui serait élu. La légitimité de la prochaine élection présidentielle, elle est pleine et entière. Ce d'autant plus qu'encore une fois que ça aura lieu suffisamment la légitimité du du jugement, les interrogations qui sont soulevées par le premier ministre, est-ce qu'elle est-ce qu'elle fragilise pas l'institution judiciaire ?
Quand il dit par exemple que il a des interrogations autour de cette peine d'inéligibilité avec exécution provisoire. Est-ce que c'est au premier ministre, alors qu'on est dans un temps compliqué, vous l'avez rappelé, de d'interroger la justice sur ce point. Il interroge pas la justice, il interroge la loi.
Non mais aujourd'hui la magistrate, elle fait quoi ? Elle met en application une loi qui a été adoptée à l'encontre de laquelle d'ailleurs Marine Le Pen ne s'est pas opposée. Ne s'est pas opposé.
Elle était déjà députée, elle ne s'est pas opposée à ce que cette loi euh soit soit adoptée. Donc le sujet, il est là. Il y a deux choses.
Il y a un jugement et sur le jugement quelque part, nous n'avons pas nous à porter nous-mêmes justement un jugement. Et quelconque il a porté un jugement le premier ministre, on peut on peut le tourner dans tous les sens. Il a porté un jugement sur la sur la condamnation avec la peine de l'illégibilité.
Il a apporté un soutien clair et net au magistrats et à l'autorité de la chose jugée parce que nous sommes dans un état de droit que notre état de droit n'ant rien fragilisé parce qu'un jugement aurait été rendu un jugement qui respecte strict sensus le droit et la loi. Et après il y a une question qui se posera en opportunité politique. Certains ont déjà dit qu'il déposerait des propositions de loi.
Il faut modifier modifier la loi sur la question de l'exécution provisoire. Moi, je suis au gouvernement, je suis pas député aujourd'hui. Donc c'est les parlementaires qui trancheront.
On verra si le texte sera vraiment inscrit à l'Assemblée nationale. Je comprends qu'il y aurait des initiatives aussi au Sénat peut-être en ce sens et on verra s'il y aura une majorité euh pour que cette inigibilité proviseur qui porte un peu mal son nom, cette exécution proviseur qui est en fait un peu immédiate puisse puisse être revu. Après moi, vous savez sur les questions d'inilégibité, j'avais moi-même porté un texte sur ce sujet-là parce que moi, je crois beaucoup à ce à ce principe d'exemplarité.
Euh je l'avais porté sur la question déjà des violences euh des violences faites aux femmes et aux enfants. Considérant euh que quelqu'un qui avait été condamné pour des faits de violence intrafamiliale ne méritait pas de pouvoir se présenter au suffrage des électeurs. Et donc on a toujours cette confrontation entre il faut en dernier ressort que quoi qu'il arrive les Français choisissent peu importe en fait la personne qui se présente à eux et puis ceux qui disent et moi j'en fais plutôt partie.
Bah en fait, c'est un principe d'exemplarité qui fait que en fonction de ce qui a été commis, ça justifie que la personne de toute façon soit par principe écarté ne puisse pas se présenter. Moi en tout cas, j'avais porté ce principe là sur la question des la question la question c'est plutôt l'exécution provisoire qui fait que l'appel n'a aucun impact sur une immédiate. Question de droit, c'est une autre question de droit.
En effet, on comprend que vous soutenez vous soutenez l'exécution provisoire, enfin l'effet immédiat de la peine d'éligibilité. Non, mais c'est autre chose. En tout cas, moi je je pense que euh par rapport au débat sur l'inéligibilité, vous voyez bien qu'il y a ces principes qui se percutent de ceux qui disent quoi qu'il arrive, il faut que n'importe qui presque puisse se présenter et c'est les électeurs qui choisissent et c'est les Français qui décident.
Moi, je pense que en fonction d'un certain nombre de cas qui sont graves, encore une fois, je le disais sur des violences, sur des faits de corruption, fait de fraude, sur du détournement d'argent public, puisque c'est ce dont on parle, plusieurs millions d'euros d'argent public qui auraient été détournés, ça justifie, je pense, pleinement qu'on ne puisse pas être, je reviens juste sur cette question de la peine d'éligibilité et des mots de de François Baou. Est-ce que vous avez quand même pas l'impression que Marine Le Pen a détourné l'attention du du jugement vers cette peine d'inligibilité en la mettant en cause ? Et en fait, on en oublie la condamnation pour détournement de de fonds public et au qu'au final le Premier ministre en abondant sur cette question d'inéligibilité et bien tombe dans le piège.
Non mais en je pense pas qu'il est abondé. Moi, j'ai entendu enfin je suis avec lui quasiment au quotidien des propos clairs sur un jugement, l'autorité de la chose jugée, le soutien au magistrat. Après, il y a une question politique de dire est-ce que on considère que cette loi mérite d'être modifiée ou pas.
Ça veut pas dire qu'on considère que le jugement et qu'on porte un avis sur le jugement. On parle de ça, plus tellement du de la condamnation. Mais la condamnation en effet, c'est 4,4 millions d'euros qui aurait été détourné.
Je le laisse au conditionnel parce que présomption d'innocence et je veux pas qu'on rentre justement dans ce débat là. Euh et il y aura un appel. Et moi ce que j'attends c'est que quelle que soit la décision en appel, parce que justement nous sommes dans un état de droit, tout le monde se soumett à cette décision.
On peut pas matin, midi et soir plaider pour des décisions de justice exemplaire. Moi, j'entends beaucoup d'hommes et de femmes politiques qui appellent à ça des décisions de justice exemplaire. Je sais pas bien ce que ça veut dire en fait des décisions de justice exemplaire.
Là en l'espèce, le la loi a été suivie. Donc on pourrait dire ça. Donc vous voyez, chacun est pétri de contradiction.
Moi je pense pas être pétri de contradiction. Je pense qu'il faut à un moment respecter euh l'état de droit qui est le nôtre, donc respecter l'indépendance de la justice, donc protéger nos magistrat de la manière avec laquelle on pourrait porter une influence en fait sur eux et sur les décisions qu'ils pourraient prendre et encore une fois rappeler les faits. Les faits ce serait 4,4 million d'euros d'argent public des Français qui auraient été détournés.
Et Marine Le Pen qui peut rester député hein malgré cette condamnation mais elle pourra pas se présenter en cas de dissolution. Est-ce que selon vous ça éloigne la menace de censure ? ou là alors vous savez ça fait beaucoup de politique fiction mais c'est vrai qu'en un an il y a beaucoup de choses qui se sont qui se sont passées.
La censure il faut quand même la justifier. Aujourd'hui on a l'impression que c'est le la seule arme politique qui existe en fait c'est la censure. Comme si le désaccord sur un texte ne pouvait pas être tout simplement un vote contraire à un texte. ce serait la censure de manière systématique et automatique.
Il y a heureusement d'autres choses qui existent dans une vie parlementaire et dans une vie politique. Euh et accessoirement la censure normalement, en tout cas dans les textes, c'est démontrer qu'on a un projet politique alternatif. C'est démontré qu'on pourrait donc gouverner à la place du gouvernement actuel.
Je vois pas de majorité alternative. Il y en a pas plus aujourd'hui. Il y en avait pas au moment de la censure de de Michel Barnier.
Je sais bien mais c'est c'est bien le sujet. C'est-à-dire qu'à un moment, ça veut dire que des personnes qui sont à peu près opposées sur tout salent donc dans l'unique objectif de faire tomber un gouvernement. Mais pour dire quoi aux Français ?
Pour proposer quoi aux Français ? J'ai l'impression que les Français attendent que nous on soit au travail, que nous on obtienne des résultats, que ça crée un peu de stabilité dans un monde qui est suffisamment instable. La première question que vous m'avez posé sur des droits de douine record qui seraient imposés à nos entreprises.
Donc dans un moment d'instabilité, d'inquiétude économique, d'inquiétude aussi sur certaines idées de ce qu'est notre pays, de son identité, je pense que nous on a besoin de démontrer qu'on fait, qu'on agit, qu'on est pas juste là pour durer, qu'on est là pour faire et pour agir et aux oppositions justement de de s'opposer évidemment et de travailler peut-être aussi avec nous sur un certain nombre de textes. Moi, je crois qu'on est capable de ça. En terme de stabilité, simplement je reviens sur sur le Rassemblement national qui organise une manifestation de de soutien à Marine Le Pen dimanche à Paris intitulé "Sauvons la démocratie".
Qu'est-ce que ça vous inspire ? Manifestation est un droit et un droit qui est présent la démocratie. Est-ce que est-ce que la démocratie doit être sauvée à Mais la démocratie, elle est pas en danger par une décision de justice.
La démocratie serait en danger si encore une fois chaque décision de justice était remise en cause. Si les magistrats devaient être systématiquement protégés parce qu'ils ont peur de rendre une décision de justice. Vous savez, enfin de la même manière que quand on fait pression sur des élus locaux, quand on fait pression sur des parlementaires, quand on fait pression sur des magistrats, ça c'est un poison pour la démocratie.
Combien d'élus sont venus ici chez vous dire qu'ils subissaient des violences, des insultes, des intimidations, des pressions ? Et aujourd'hui, ce sont des magistrats. Et ça c'est grave pour la démocratie quelses que soient les opinions politiques euh des élus qui sont en cause, quels que soient les jugements qui sont rendus par les magistrats.
Parce que ces pressions et ces intimidations, elles ont un but et un seul : faire en sorte que nous ayons peur et que nous ne soyons plus libres de de nos propos et de nos actions. Donc, il ne faut en aucun cas faire pression sur la jus fait le rassemblement national. qui considè que la décision de jusce n'a pas été rendue comme elle aurait dû être rendu mais c'est pas à nous d'en juger encore une fois n'est pas à nous d'en juger les France ont le droit d'avoir une opinion mais quand on est député quand on est aussi je dis pour moi en tant que membre du gouvernement en fait notre rôle est de nous tenir à l'écart de la justice ça s'appelle l'indépendance de la justice si on remet en ce principe oui je pense que ça c'est une entaille ce meeting du Rassemblement national il va télescop Copé celui du socle commun de Renaissance.
Le discours de Gabriel Atal aura lieu à la même heure. Ça va changer votre message. Bah écoutez, nous ça fait longtemps que ce rassemblement est prévu.
Ce rassemblement, vous voyez bien que c'est pas totalement dans la même optique qu'il avait été créé, mais ça va nous permettre de parler justement de nos valeurs, des valeurs qui nous rassemblent, qui nous rassemblent au sein de Renaissance, d'horizon, du modèle, du socle commun. Le premier ministre sera sera présent, Édouard Philippe aussi. Et je pense que c'est ça aussi qui est important de renvoyer ce message d'unité pour dire que justement ces valeurs-là, elles sont des valeurs absolument déterminante pour l'avenir de nos enfants et de notre pays et qu'on laissera personne les entailler.
Ça change la stratégie pour 2027. Je veux pas me placer là-dedans parce que ça veut dire que je considérerais qu'elle est définitivement condamnée. Elle n'est pas définitivement condamnée et quoi qu'il arrive, nous aurons face à nous un adversaire du Rassemblement national et nous avons un rassemblement national qui atteint des niveaux records dans notre pays.
Record. Donc moi, je veux pas que il y ait un seul français qui puisse avoir le doute ou le soupçon que euh on aurait cherché à changer euh la nature des candidats. Moi, je cherche pas à changer quel sera ou ou pas la candidate ou le candidat du Rassemblement national.
Je cherche à les combattre, à les combattre par nos résultats et à les combattre par la campagne que nous allons mener ensuite en 2026. On va parler de vos dossiers, ils sont nombreux. On va commencer par les violences faites aux femmes.
Oui, lundi des discussions se sont engagées entre le gouvernement et les groupes politiques représentés au à l'Assemblée nationale et au Sénat pour parler de la loi cadre euh sur les violences faites aux femmes. Euh cette loi cadre concrètement, expliquez-nous à quoi ça doit servir. Alors déjà, tous les groupes politiques représentés à l'Assemblée euh et au Sénat ont accepté qu'on puisse faire ce travail collectif, ce qui est assez inédit euh de les réunir de cette manière-là, de se dire que tous les mois on va travailler, qu'on va mener des auditions communes.
Euh pourquoi ? Parce qu'on a beaucoup légiféré sur la question des violences faites aux femmes, sur la question des violences sexuelles. On l'a fait par projet de loi, on l'a fait par proposition de loi.
Sauf que du coup ça n'aide pas forcément la clarté juridique aussi, la bonne compréhension par les Français de ce que nous avons fait. Et donc ça nécessite peut-être qu'on se réinterroge. Qu'est-ce qui s passé ces 15 dernières années, pas juste ces 8 dernières années, ces 15 dernières années comme évolution juridique ?
Est-ce que ça mérite de remettre les choses à plat ? Est-ce que ça mérite d'aller plus loin sur un certain nombre de sujets ? Et est-ce qu'il y a une majorité pour le faire ?
Parce que encore une fois, comme la situation politique n'a pas changé depuis la dissolution, on l'idée n'est pas de se faire plaisir en tant que ministre en disant je dépose un projet de loi mais de garantir que ce projet de loi soit utile et puis de garantir qu'il puisse y avoir une majorité pour Vous y croyez que qu'il y ait des mesures consensuelles qui puissent passer oui j'y crois déjà parce que tous les groupes ont joué le jeu dans leur diversité absolue mais tous les groupes ont joué le jeu et étaient présent mon ministère pour qu'on travaille ensemble. Donc ça, je trouve que c'est rassurant d'ailleurs quand on parle de de démocratie. Ensuite, parce que tous les groupes, puisque c'est les présidents de groupe hein, qui ont choisi euh euh les représentants, c'est pas moi évidemment qui les ai choisis, euh ont assumé l'idée qu'ils étaient favorables à une loi cadre.
Donc ça veut dire que tout le monde considère qu'il y a encore des progrès qu'on peut réaliser et qu'on a intérêt à le faire ensemble. Et oui, dans le moment présent, je trouve que c'est plutôt rassurant. Et le Sénat qui examine aujourd'hui votre loi pour renforcer la lutte contre les violences sexuelles et sexistes avec au cœur notamment des débats la question de l'imprescriptibilité.
Euh ça a été euh supprimé à l'Assemblée nationale. Est-ce que vous pensez que ça sera réintroduit au Sénat ? On verra dans quelques heures.
Euh moi, j'y mets beaucoup d'engagement parce que l'engagement, il m'a été transmis par euh des hommes et des femmes que j'ai rencontré et qui enfant ont subi le pire des crimes, c'est-à-dire l'inceste, c'est-à-dire subir un viol en étant un enfant ou un adolescent et qui nous disent et qui nous interpellent disant en fait quand moi j'ai enfin la force, le courage, la possibilité de parler, bah la justice me renvoie une nouvelle violence et me dit ce mot terrible de prescription. il me dit "C'est trop tard, il fallait parler avant." Et donc moi, je pense que le droit mérite d'être changé.
Et c'est pas suivre l'évolution de la société. C'est pas ça la question qui est posée. C'est juste de dire il y a un nouveau principe de droit qui doit pouvoir être posé.
Se dire que pour ce crime absolu qui est le crime d'inceste, le viol commis sur un enfant, et bien ça doit jamais être trop tard pour avoir accès à la justice. Je le mets en matière civile, pas en matière pénale pour que les gens comprennent. Aujourd'hui, il y a une seule exception en droit pénal sur l'imprescriptibilité, c'est les crimes contre l'humanité.
J'y touche pas. Et le civil n'avait pas cette possibilité là. Mais ça veut dire quoi au civil ?
Ça veut dire que tout au long de sa vie, quelqu'un qui a subi ce crime absolu pourra avoir accès à la justice. Et en plus au civil, c'est beaucoup d'écrit et non de l'oralité. Et on sait à quel point un procès peut aussi être une violence supplémentaire.
Et donc je crois que ça protège aussi, ça protège euh la présentation d'innocence, ça protège nos principes essentiels, mais ça garantit encore une fois l'accès à la justice. Ça ne garantit jamais la condamnation, mais ça garantit l'accès à la justice, la capacité que cette parole soit enfin entendue euh et recueillie par la justice. Euh autre sujet vous concernant, vous serez vendredi à à Auomont euh de retour euh 3 mois après le le meurtre d'Isabelle Morigne tué par son euh par son compagnon.
Euh vous devez signer un plan local euh et annoncer un nouveau volet euh national euh dans le cadre des violences conjugales. De quoi s'agit-il ? Qu'est-ce que vous allez annoncer ?
Déjà, j'avais pris l'engagement de revenir à AON. Donc, c'est bien de tenir ces engagements parce que l'année s'était ouverte sur un féminicide. Aujourd'hui, au moment où je vous parle, il y a 20 femmes qui ont été assassinées depuis le début de l'année sous les coûts de leurs conjoints et 28 orphelins, 28 enfants qui ont perdu leur mère, qui parfois ont assisté à la scène ou ont découvert leur maman qui venaient d'être assassiné.
Donc c'est ça aussi l'état de notre société qui suppose un réveil collectif. Encore une fois, moi je continuerai toujours à le dire. Composer le 17, c'est pas de la délation.
Composer le 17, ça permet de sauver des vies, de sauver des femmes, des enfants qui seraient en danger. Appeler le 39 19 24h sur 24, 7 jours sur 7. Ça permet encore une fois de savoir quoi faire quand on est victime, mais aussi quand on est témoin.
Quand on est témoin. Et donc revenir à Aumont, c'est remettre autour de la table tous les acteurs, à la fois le maire d'Umonton, procureur de la République, préfet force de l'ordre pour faire un retex en disant est-ce que il y a d'autres éléments qui se sont révélés ? C'est ça.
Oui, je le refais parce qu'il y a peut-être d'autres éléments qui se sont révélés. Il a pas de vraiment de conclusions qui ont été fer depuis janvier. Alors si il y a des choses qui évoluent dans la ville, un énorme travail de prévention qui est fait par le maire parce que moi je veux qu'on s'appuie beaucoup plus sur les maires et les élus locaux de manière à ce que parce que souvent il recueillent la parole.
Mais est-ce qu'il y a une défaillance ? Est-ce que le l'objectif du du Retex c'était en n pas relevé de défaillance ? On n pas relevé de dépôt de plainte ou de mains courantes qui n'auraient pas été suivies des faits.
On n pas relevé d'alerte qui aurait été posé. Mais en fait, c'est pas parce que il y a pas eu un dépôt de plainte que pour autant ça veut dire qu'il y a pas des signes ou des signaux qui devaient pouvoir exister d'une capacité à détecter. Donc notre enjeu, il est quoi ?
Notre enjeu, il est de beaucoup mieux former, de beaucoup mieux nous former nous collectivement. Donc moi, je veux qu'on le fasse pour l'ensemble des élus locaux et des maires parce que ils sont volontaires, ils ont envie de s'engager sauf qu'ils ne savent pas forcément comment détecter, comment prévenir, comment accompagner, comment recueillir la parole. Ça c'est ce que l'État leur doit pour pouvoir les accompagner.
Ensuite, il y a comment on met beaucoup mieux en réseau pour que dès qu'une femme commence à verbaliser les violences, elle soit immédiatement accompagnée pour pas qu'on perde de temps, pour pas qu'on prenne le risque qu'elle revienne en arrière sur la décision qu'elle a prise qui est une décision fondamentale de s'extraire des violences. Mais on sait qu'il y a toujours ce chiffre terrible de cet aller-retour cette fois où une femme partir et revenir, partir et revenir parce que ça n'est pas si simple pour elle intimement mais ça n'est pas si simple matériellement. Ça n'est pas si simple d'être accompagné.
Et donc ça c'est justement cet accord que je vais signer très local et qui doit aussi en inspirer bien d'autres avec d'autres communautés de communes d'agglomération pour garantir que tout ce réseau se mette en place autour en lien avec les élus locaux, en lien avec les instances de l'État pour accompagner, prévenir et garantir encore une fois qu'une femme victime de violence, ça ne se traduise jamais par un féminicide et que ça s'arrête le plus tôt possible. Et j'espère aussi qu'on changera la loi au Sénat aujourd'hui à nouveau sur la question des violences et la lutte contre les violences parce que la violence c'est pas que les coûts. La violence ça commence rarement par les coûts.
Les femmes sont pas stupides. Exactement. Mais parce que les femmes sont pas complètement stupides.
Vous savez si on subissait les coûts première heure les premiers jours d'une relation on partirait en courant. Ça se passe pas comme ça. C'est un contrôle qui se met en place. contrôle de votre téléphone, contrôle de vos sorties, contrôle de vos fréquentations, contrôle de vos tenues, contrôle de vos dépenses.
Euh et tout ça en fait se met en place un système qui vous emprisonne, qui vous empoisonne, qui vous empêche ensuite de sortir et de vous extraire des violences. et en changer euh la définition dans la loi. C'est aussi dire à la société, regardez ces signaux-là, soyez attentifs à ces signaux-là pour vous-même mais aussi pour les autres et surtout mieux le sanctionner euh parce que nous devons avoir des condamnations plus sévères euh dans ces types de situations.
Parmi les sujets dont vous vous occupez, il y a aussi la lutte contre l'antisémitisme. Est-ce que vous avez le chiffre du nombre d'actes antisémites depuis le début de l'année ? Non, il a pas encore été comptabilisé.
Malheureusement ce concept parce que ça nous remonte police gendarmerie c'est que on reste malheureusement sur des niveaux qui sont sensiblement les même que ce 2024 qui était les mêmes que ceux de 2023 années record. Né record parce que depuis le 7 octobre 2023, depuis les attentats terroristes perpétrés par le MAS, il y a une explosion de l'antisémitisme. Mais c'est vraiment un risque que le l'antisémitisme se réenracine dans notre pays, se renouvelle, mute.
Et c'est pour ça qu'on y travaille sur deux volets. Le volet de l'éducation, il y a une loi importante qui a été adoptée au Sénat sur justement la lutte contre l'imtis dans l'enseignement supérieur. Elle sera examinée début mai à l'Assemblée nationale.
On a voulu aller vite justement pour garantir sa mise en application parce qu'on a aujourd'hui des étudiants qui sont fragilisés, des étudiants qui nous disent subir des menaces, des intimidations, des remarques insidieuses matin, midi et soir. Et puis on voit bien aussi que cet antisémitisme il a changé. On voit bien qu'aujourd'hui, par exemple, ce que nous disent les étudiants c'est que on leur fait des remarques matin, midi et soir sur la situation à Gaza, sur Israël parce qu'ils sont juifs, alors ils sont responsables de la situation à plus de 4000 km d'ici.
Donc c'est aussi ça sans doute qu'on doit changer endroit pour mieux caractériser ce qu'est devenu cet antisémitisme. Donc ça veut dire qu'il faut changer la loi aujourd'hui. Il faut une loi supplémentaire sur l' Moi, je le crois profondément parce que aujourd'hui les tribunaux nous disent eux-mêmes qu'ils ont des situations qui pour lesquelles ils n'ont aucun doute sur le fait que ça relève de l'antisémitisme mais que malheureusement ils n'arrivent pas à le condamner.
Je rappelle un exemple qui est pour moi le plus insupportable qu'on a eu à subir ces ces deux dernières années. Le viol d'une enfant à Courbevoie. Une petite fille a été violée à l'âge de 12 ans par des enfants qui avaient son âge.
Et quels ont été les mots employés par ses agresseurs ? Justement cela traité de salle sioniste, lui dire qu'elle était responsable de la situation à Gaza, c'est de l'antisémitisme. Elle a été ciblée parce qu'elle est juive.
Elle a été ciblée alors que c'est une enfant de 12 ans. Elle a été ciblée par des enfants qui ont le même âge que le Alors, ils seront jugés évidemment pour crime. Oui.
Parce qu'encore une fois le viol, on a des difficultés aujourd'hui à caractériser sur cette loi. On y travaille, on y travaille avec des professeurs de droit public, on y travaille avec des conseillers d'état, on y travaille avec des avocats, on y travaille avec des magistrats et ils me rendront leur conclusion fin avril de manière à ce qu'on voit comment on fera ensemble évoluer notre droit de cette et vous espérez la présenter quand du coup ? Le plus rapidement possible dans un agenda.
Donc vous savez qu'il est contraint mais ils me rendent leurs travaux fin avril parce que je voulais m'appuyer sur des praticiens du droit. Ceux qui tous les jours sont au contact des victimes sont dans nos tribunaux, magistrats, avocats et puis aussi des spécialistes, professeurs de droit public qui nous aident à y voir clair sur ces questions essentielles. Merci Aurore Verger.
Merci à vous. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Julien la une de la voix du Nord.
Ils font le choix de prendre leur retraite avant l'heure. Je ne suis pas parmi ceux témoins. On lira quand même la voix du Merci beaucoup Julien.
On va revenir sur la guerre commerciale lancée par Donald Trump tout de suite dans le club. Yeah.
Aurore Bergé