"ENCORE DES MENSONGES..." : PORCHER DÉZINGUE LE NOUVEAU MINISTRE DU BUDGET
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Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Notre ministre du budget, il ment. Il y a des gens comme ça, comme notre ministre, qui arrivent comme ça, avec le sourire, qui disent « Oui, je ne suis pas responsable de ça, ça fait 20 ans que ça dure ». Encore il y a eu ces baisses d'impôts qui ont été faites. On nous a promis une relance de l'activité. Ça n'a pas eu lieu. Des cadeaux qui ont été donnés, des chèques en blanc qui ont été donnés aux entreprises et aux gens les plus riches. Aujourd'hui, qui est-ce qui va les payer ? Les Français.
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Salut Lisa.
Alors avec toi aujourd'hui au programme, les nouveaux ministres commencent à présenter leur politique économique. Alors même s'il n'y a rien de neuf sous le soleil, on va avoir besoin de décrypter tout ça. C'est parti. Qui dit nouveau gouvernement dit nouveau ministre. Et le nouveau ministre du Budget et des Comptes Publics, Laurent Saint-Martin, s'alarme du chantier laissé par Bruno Le Maire et ses compères. Mais il va quand même reprendre sa recette. Mercredi dernier, Laurent Saint-Martin était auditionné avec le ministre de l'Économie, Antoine Armand, par la Commission des Finances. Le président de la Commission, Éric Coquerel, député LFI.
Et Charles de Courson, rapporteur général du budget, député Liot, était en colère après avoir dû aller jusque Matignon réclamer les documents du projet du budget 2025. Il sera d'ailleurs présenté le 9 octobre à l'Assemblée nationale. Le budget, c'est ce qui fixe toutes les orientations économiques pour le pays ensuite. Alors même si ça paraît barbant comme ça, ça va définir concrètement le quotidien des Français pour 2025. Lors de cette audition, mercredi dernier, Laurent Saint-Martin, ministre du Budget, a sonné l'alerte.
Oui, la situation de nos finances publiques est grave. Et je n'irai pas par quatre chemins. La première vérité, c'est qu'en 2024, le déficit public risque de dépasser les 6% du produit intérieur brut, selon les dernières estimations dont nous disposons. Il y a plusieurs raisons à cela, deux principales, et je n'y reviendrai pas en détail, puisque la dernière audition du 9 septembre, avec Bruno Le Maire et Thomas Cazenave ici présents, vous ont déjà présenté les principales raisons. D'abord, les recettes fiscales, qui sont moins importantes que ce qui était attendu. Et là aussi, je tiens tout de suite à vous dire que j'ai pleinement conscience qu'il y a là un véritable enjeu de pilotage.
Et je m'engage à être extrêmement vigilant et aussi extrêmement transparent avec vous sur ce pilotage des recettes. Cet écart s'explique d'abord par la composition de la croissance, davantage tirée par les exportations que par la consommation. Et donc, chacun ici comprendra bien les écarts de TVA et de recettes de TVA que cela engendre. C'est aussi un écart qui s'explique par l'attentisme que nous pouvons observer de la part des acteurs économiques depuis maintenant quelques mois. Et qui dit moins d'activités, dit moins de recettes.
Alors après ça, les titres de presse ont également sonné l'alerte, les bandeaux sur les plateaux télé n'étaient pas moins rinsurants. 6% de déficit, le prix de la dette s'envole, par exemple, pouvait-on lire. Alors déficit, dette, est-ce que tu peux nous faire un tri dans tout ça, Thomas ?
Oui, tout à fait. Alors le déficit, c'est la différence entre les recettes publiques et les dépenses publiques, c'est-à-dire ce que l'on récupère en termes de recettes via l'impôt notamment, et ce que l'on dépense avec le service public. Et donc là, nous avons un petit déficit qui n'est pas très grave, alors qui est plus élevé que ce qui était prévu. Et c'est ça qui est un peu grave, c'est-à-dire qu'on voit qu'il y a eu une ingénierie comptable et que cette ingénierie comptable était plutôt fausse. Et puis surtout, le problème que l'on a depuis quelques mois à cause de la dissolution, c'est que nous n'avons plus de gouvernement. Et donc il n'y a pas de politique économique.
Et c'est ça qui inquiète un petit peu, un petit peu, parce que là, on voit que tout le monde s'enlève, mais un petit peu les marchés financiers. Et c'est pour ça qu'ils ont relevé légèrement les taux et qu'aujourd'hui, on emprunte à des taux supérieurs, mais très légèrement sur l'épaisseur du trait que l'Espagne ou que la Grèce. C'était pour dire, bon, écoutez, on ne sait pas quelle est la feuille de route. Il n'y a pas de gouvernement. Le gouvernement tâtonne, hausse d'impôts, baisse de dépenses publiques, on ne sait pas ce qui va être fait. Et donc, effectivement, cette incertitude peut nourrir une hausse des taux. Mais rien n'est extrêmement grave.
Notre déficit est élevé, mais il reste en dessous de celui des États-Unis, à quasiment même niveau que le Royaume-Uni et le Japon. Notre dette aussi est élevée, mais elle est inférieure à certains pays de la zone euro, et inférieure à celle des États-Unis. Alors, ça ne veut pas dire que la situation est parfaite. Ça veut dire qu'il faut trouver une politique économique qui vise à relancer l'activité pour que ces dettes et ces déficits libellés en pourcentage de PIB diminuent parce que le PIB augmentera plus vite. Et là, c'est cette absence de plan économique qui fait qu'on ne sait pas où ça va, où la France va.
Oui, parce que pour rappeler les chiffres, en 2023, le déficit était à 5,5 % donc en pourcentage du PIB. Et là, il y a des prévisions à plus de 6 % pour 2025. Alors, c'est bien loin de ce qu'avait annoncé Bruno Le Maire et de ses objectifs, sachant que ça vient d'une forte baisse des recettes. Ça ne vient pas forcément de l'explosion des dépenses comme on l'a entendu partout. Et pour la dette, à la fin du premier trimestre 2024, la dette publique au sens de Maastricht s'établit à 3 159,7 milliards d'euros, soit une augmentation de 58 milliards après plus 0,6,4 au trimestre précédent. Et c'est donc 110 % du PIB à peu près après 109 au quatrième trimestre 2023.
110,7 et 109,9 pour être plus précise. La dette de la France est désormais jugée plus risquée que celle de l'Espagne. C'est ce que titraient les échos, sachant que l'Espagne en ce moment est en train d'appliquer une politique plutôt hétérodoxe ou de gauche, comme certains veulent l'appeler. Thomas, tu as un peu répondu, mais est-ce que la situation est très alarmante ou alors il faut juste voir ce qui va venir ?
Non. Alors déjà, ce qui a été alarmant, c'est que le gouvernement s'est complètement trompé sur sa feuille de route et tu l'as très bien dit, c'est-à-dire qu'il voulait baisser les déficits à 5,1 et on se rend compte que c'est à plus de 6 %. Et notamment, c'est à plus de 6 % aussi à cause du fait de la dissolution et que nous n'avons pas eu de gouvernement pendant un certain nombre de temps. À cause des mauvais calculs de Bruno Le Maire, mais à cause aussi de cette dissolution. Mais maintenant, tu l'as très bien dit aussi, en réalité, notre dernière année, sur la dernière année, notre dette en pourcentage de PIB a diminué. Elle avait augmenté pendant le Covid et là, elle a diminué.
Et même les dépenses publiques en pourcentage de PIB ont diminué entre 2022 et 2023. Le vrai problème, c'est que les recettes publiques, ce qui doit rentrer, a aussi très fortement diminué. Et la diminution de ces recettes publiques n'a jamais été aussi forte depuis la Seconde Guerre mondiale. Donc là, on a toute la politique, comme tu l'as dit, de Macron depuis 2017, de baisse d'impôts. 70 milliards de baisse d'impôts, la moitié du déficit, essentiellement ciblée sur les entreprises, 40 milliards, et sur les ménages, mais une grosse partie ne concerne les ménages les plus riches. Et ça, c'est important de le dire, parce que vous rajoutez 10% d'impôts aujourd'hui.
10% d'impôts, ce n'est pas la même chose pour quelqu'un qui est au SMIC que pour quelqu'un qui a des dizaines de millions d'euros. L'impact sur sa vie de tous les jours ne sera pas du tout la même. Et là, dans les baisses d'impôts que Macron a fait, il y en a énormément qui ont été ciblées sur des gens extrêmement riches, notamment avec la flat tax et la réforme de l'ISF, mais aussi qui ont profité aux grandes entreprises. Et ça, il faut le dire également. Maintenant, cette histoire de taux. Cette histoire de taux, alors, tout le monde s'affole.
Je veux dire, on a l'impression qu'un certain nombre d'éditorialistes détestent la France et qu'ils n'attendent que ça, qu'on ait un scénario à la grecque. Et qu'ils sont très contents de dire que là, si on pouvait faire des purges nécessaires dans les services publics, baisser les pensions de retraite comme l'a fait la Grèce, baisser les salaires des fonctionnaires, supprimer des postes de fonctionnaires, ils seraient tellement heureux, ça ferait tellement de bien à la France. On a l'impression vraiment derrière leur discours qu'il y a une forme de détestation de la France.
Et d'ailleurs, je vais vous dire une chose, moi qui suis ces affaires depuis un certain nombre d'années, quand j'étais jeune, il fallait qu'on soit des Américains, puis un moment, il fallait qu'on soit des Suédois, puis maintenant, il faut qu'on soit des Allemands. C'est-à-dire qu'on n'a jamais assumé notre modèle, la spécificité de notre modèle social français, qui est un beau modèle, et on n'a fait que lui faire des coups de rabot, ce qui l'a affaibli. Et ce qui fait qu'aujourd'hui, alors là, tout le monde veut le liquider parce qu'on dit, regardez, il ne fonctionne pas, mais on a affaibli la bête pendant les années, pour maintenant justement faire en sorte de faire ces réformes-là.
Sur les taux, ce qu'on ne vous dit pas, c'est quoi ? C'est qu'en réalité, oui, la France augmente, oui, la France s'endette à un taux qui est supérieur à la Grèce et à l'Espagne depuis quelques jours. Sur l'épaisseur du trait, je l'ai dit, vraiment, on n'est vraiment à rien du tout. Mais elle emprunte aussi à un taux qui est plus faible qu'il y a un an. Ah ben, donc le coût de l'emprunt est plus faible aujourd'hui qu'il y a un an pour la France. Ça, personne ne vous l'a dit. Et puis la deuxième chose, c'est que les investisseurs veulent encore de notre dette. C'est-à-dire que ça devient un problème, la dette, quand les investisseurs ne veulent plus acheter votre dette.
Or là, les investisseurs, ils veulent acheter notre dette. Il y a deux fois plus d'investisseurs qui veulent acheter notre dette que nous émettons des titres d'obligation. Ça veut dire que notre dette reste très attractive. Et donc un scénario vers la faillite dans ces conditions-là est difficilement possible. Donc la vraie chose qu'il faudrait dire aux Français, c'est oui, il y a un signal des marchés là. Effectivement, ce signal est dû plus à une instabilité politique.
Mais de dire que ce sera la faillite et qu'il faut faire ce que finalement beaucoup de gens rêvent depuis longtemps, c'est-à-dire casser encore plus le modèle social français et les éléments de redistribution à la française, ça, c'est mentir. On n'en est pas à ce point-là. Il faut juste que là, il y ait un gouvernement qui mette sur la table une feuille de route claire que nous n'avons pas encore.
Oui, justement, tu parles de feuille de route claire parce qu'on se rappelle de ce fameux trou dans la caisse de 21 milliards d'euros il y a quelques mois qui a fait controverse entre erreur de prévision et ou conséquence aussi des baisses d'impôts qui n'étaient pas forcément avancées. On disait oui, si on baisse les impôts, ça va relancer l'activité, etc. On a plein de fois parlé ici. Et tous les 3-4 mois, on vous annonce un peu des nouveaux trous dans la caisse qu'il faut combler, qui sortent un peu de nulle part. Mais lors de cette audition à la Commission des Finances, les ministres ont annoncé des pistes de solutions et donc ils parlent de redressement des finances publiques.
Je veux aujourd'hui vous dire quelle est ma vision que nous devons emprunter si nous voulons retrouver une trajectoire soutenable et responsable. Je veux vous dire quels seront mes engagements en tant que ministre du Budget et des Comptes publics sous l'autorité directe du Premier ministre. Et l'ordre des leviers que je vais vous citer est important. Premier levier, la réduction de la dépense publique. Ma conviction, c'est que puisque notre situation actuelle est due à une hausse de la dépense publique, alors ce sont les dépenses publiques qu'il faut d'abord baisser aujourd'hui, tout en veillant à leur efficience. Et j'insiste sur ce terme.
Il ne s'agit pas de baisser la dépense publique bêtement, uniquement par le rabot. Il s'agit de rester en capacité à réfléchir ensemble à comment transformer la dépense publique, comment transformer l'action publique pour avoir une dépense plus efficiente. Ceci, ce sera une boussole permanente. D'ailleurs, l'État a déjà commencé à maîtriser fortement ses dépenses. En 2023, sur le périmètre des dépenses de l'État, nous avons sous-exécuté de 7 milliards d'euros par rapport à la loi de finances initiale. Comme quoi, là aussi, c'est possible.
Les ministres ont aussi ajouté que la politique de l'offre a montré son efficacité avec un taux de chômage le plus bas depuis 40 ans. Je cite, ou encore la réindustrialisation. On a beaucoup parlé. Alors, il faut savoir que le nombre de fermetures d'usines dépasse celui des ouvertures en 2024. C'est quand même important de le rappeler. Et là, après, je te laisse la parole. On a entendu aussi le ministre dire qu'on n'a jamais eu autant de dépenses publiques, que c'est à cause de ça que la situation va mal. Alors, on a quand même les chiffres devant nous de l'INSEE. En 2018, on avait 56,4% du PIB. Après, c'est monté avec le Covid, etc.
Et en 2022, on est à 58,4% des dépenses, pourcentage du PIB. Et en 2023, 57%. Donc, on voit quand même qu'il y a eu une hausse avec le Covid. Et après, ça a quand même pas mal rebaissé. On arrive à peu près au niveau de 2018. Et les recettes, on en a parlé tout à l'heure. Thomas, là, qu'est-ce que tu penses des pistes avancées par les ministres et de leurs arguments ?
Alors là, notre ministre du budget, Iman, et tu l'as très bien démontré, et je l'ai dit avant, la dépense publique en pourcentage du PIB, elle diminue. Entre 2022 et 2023, elle diminue. Tu as cité les chiffres de l'INSEE. Elle diminue en pourcentage du PIB. Elle diminue également en volume. Donc, les efforts sont là. Ce qu'il oublie de dire, c'est effectivement qu'il y a une baisse des recettes fiscales qui sont dues à la politique qu'il a menée. Et vous voyez, moi, c'est ça qui me pose un gros problème. C'est que quand il y a eu ces baisses d'impôts qui ont été faites, vraiment de 70 milliards, dont 40 milliards, disons-le, sur les entreprises, on nous a promis une relance de l'activité.
On nous a promis une relance du PIB. Et donc, tout ça devait faire diminuer le déficit en pourcentage du PIB et la dette en pourcentage du PIB. Ça n'a pas eu lieu. Ça n'a pas eu lieu et on ne veut pas revenir là-dessus. Donc, des cadeaux qui ont été donnés, mais sans condition, des chèques en blanc qui ont été donnés aux entreprises et aux gens les plus riches, eh bien, aujourd'hui, qui est-ce qui va les payer ? C'est les Français, via la dépense publique. Parce que la dépense publique, c'est quoi ? C'est la moitié, quasiment, qui sont, grosso modo, des services publics. Donc, vous voyez, c'est très bien.
Macron, il a donné un petit peu de pouvoir d'achat en supprimant la taxe d'habitation, mais derrière, il voulait reprendre dans des économies sur les services publics. Et c'est toutes les prestations sociales. Ces services publics et ces prestations sociales, elles diminuent les inégalités extrêmement fortement. L'organisation de la société, sans ces mécanismes de distribution, profiteraient bien plus aux plus riches que c'est le cas aujourd'hui. Et on veut casser ça. C'est ça qu'on veut casser. Donc, qu'est-ce qui va se passer ? Eh bien, les personnes qui ont des prestations, c'est-à-dire les malades, les vieux, les chômeurs, les gens en grande précarité, vont être plus pauvres.
Et qu'est-ce qui se passe sur le service public ? Eh bien, les services publics, qui, à chaque fois qu'il y a une crise, on se rend compte qu'il y a eu un sous-investissement depuis des années, l'hôpital avec le Covid, l'armée avec la guerre en Ukraine, où on dépend principalement des États-Unis pour nous protéger, on se rend compte qu'il y a eu un problème d'investissement. Et chaque fois, il y a des gens comme ça, comme notre ministre, qui arrivent comme ça, avec le sourire, qui disent « Oui, je ne suis pas responsable de ça, ça fait 20 ans que ça dure. Mais on va faire un grenelle de machin, mais on va faire un super investissement, etc. » Donc, c'est la chose la plus stupide.
C'est la chose la plus stupide. Je veux dire, même aujourd'hui, le gouverneur de la Banque de France, le gouverneur de la Banque de France, qui n'est quand même pas quelqu'un qui n'arrête pas de nous dire qu'il faut baisser la dépense publique, qui n'est pas quelqu'un foncièrement à gauche, nous dit qu'il faudrait se faire supporter l'effort, en partie, sur une hausse des impôts. C'est-à-dire qu'il nous dit deux tiers de baisse sur la dépense publique, un tiers sur les impôts. Même lui, il dit ça, et même le gouvernement de Macron ne dit pas ça.
Moi, je pense qu'on pourrait revenir, en particulier sur un certain nombre de baisses d'impôts, et aller voir dans la dépense publique, notamment chez les aides aux entreprises, et vous les trouvez vos 20 milliards par an. Parce que c'est ça qu'il nous faut, 20 milliards par an. Vous les trouvez très facilement.
Tu viens de le dire, en parallèle de vouloir réduire les dépenses, pour résorber un déficit, on pourrait augmenter les recettes. On n'arrête pas de le dire. Surtout qu'on l'a dit, les chiffres du déficit viennent surtout de la baisse des recettes. Et donc, c'est dans cette commission des finances, les pistes proposées par d'autres députés, les députés Lillotte ou encore de gauche, lors de l'audition. Et le ministre a répondu qu'il n'y aura pas d'impôts injustifiés, mais a dit qu'il ne s'interdirait pas de, je cite, réfléchir à des prélèvements ciblés.
Est-ce que c'est un signal positif pour toi, Thomas, ou c'est juste un effet d'annonce ou des tirs-attrapages qu'on va avoir à droite, à gauche ? On n'a rien de concret.
En fait, la pire erreur, ce serait de faire supporter un impôt par tout le monde. Comme je l'ai dit, vous augmentez de 5% les impôts, ce n'est pas neutre. Parce que 5% en plus pour quelqu'un qui est très riche, ça ne change pas sa qualité de vie. 5% en plus pour quelqu'un qui est pauvre, là, il peut basculer dans l'extrême pauvreté, où il peut faire des arbitrages qui peuvent être douloureux. Nos dirigeants l'ont compris avec le mouvement des Gilets jaunes, parce qu'avant, ils ne comprenaient pas ça. Avant, ils disaient « Oh, quelques centimes sur l'essence, ça va passer. » Puis les gens étaient très fâchés, ils ont mis un Gilet jaune et ils ont très vite compris que ça ne passait pas.
Après, il ne s'agit pas d'augmenter les impôts pour les augmenter, il s'agit de revenir sur un certain nombre de baisses d'impôts qui n'ont pas eu des efficacités escomptées. Par exemple, si vous remettez l'impôt sur les sociétés au niveau de l'Allemagne, vous récupérez plus de 10 milliards. Vous voyez ? Je veux dire, vous regardez les impôts de production, ils ont baissé de 19 milliards. Vous revenez sur eux, de moitié à ça, vous récupérez des milliards. Vous revenez en partie sur l'IS, vous récupérez encore des milliards. Vous revenez sur l'ISF, ce qui ne va pas appauvrir les 1% les plus riches qui étiennent 25% du patrimoine, vous récupérez 4 milliards.
Donc vous voyez, en faisant des petits ajustements parfois, vous récupérez déjà la majorité de ce dont on a besoin pour combler le déficit. Et si après, vous allez chercher dans certaines aides aux entreprises qui sont données comme ça maintenant à titre quasiment gratuit tous les ans et dont on n'a jamais mesuré l'efficacité, par exemple le crédit d'impôt recherche, il a été motivé par 3, le montant en 10 ans. Pourquoi ? Est-ce que nous avons une recherche plus efficace que d'autres pays européens ? Ce n'est pas sûr. Donc c'est bien d'aller mesurer aussi des aides, l'efficacité qu'elles ont eues, et de recentrer un peu ces aides.
Parce que si c'est de l'argent qui est donné gratuitement en soutien, comme ça, sans résultat effectif, et là on parle de milliards, parce qu'on vous dit souvent qu'il faut aller voir les mecs qui trichent à droite et à gauche, on va récupérer peut-être quelques centaines, dizaines de millions, parce que la plupart des études montrent que ça reste assez minoritaire. Mais là on parle de milliards. Et avec ça, vous arrivez facilement à retrouver vos 20 milliards, sans impact majeur sur l'économie, parce que vous revenez sur des baisses, enfin, qu'est-ce qui devrait contribuer aujourd'hui ? En réalité, c'est ceux qui ont été le plus gâtés par les baisses de fiscalité, par les mesures de Macron.
C'est eux, c'est pas l'ensemble de la population qui n'a pas connu de baisses, qui a certes eu le quoi qu'il en coûte, mais qui n'a pas connu de baisses d'impôts majeures à faire des efforts pour le manque de résultats qu'ont engendré ces baisses d'impôts. C'est pas du tout là, on va à l'encontre même de la déclaration des droits de l'homme sur la question de l'impôt. Donc on devrait normalement cibler les efforts sur ces gens-là. Mais moi j'ai bien peur que l'effort soit payé en majorité par la population, puisque tout semble converger vers une coupe de la dépense publique. Et moi je vais vous dire ce qui va se passer. Il va y avoir des coupes sévères sur la dépense publique.
Je pense que nos dirigeants politiques vont quand même trembler parce qu'ils savent que la situation est explosive en France. Ils le savent très bien. Et que de l'autre côté, pour faire passer la pilule, ils vont faire semblant de faire un impôt provisoire, théorique. Et qu'est-ce qui va se passer ? Les gens qui devraient payer cet impôt de manière un peu théorique et qui ont les moyens de pratiquer de l'évitement fiscal vont l'éviter. Et il n'y aura rien de concret. Et tout l'effort reposera sur la dépense publique. Et certains vous diront, surtout des plateaux télé ou sur des tribunes, que c'est génial.
Et en parallèle de ça, les politiques et ou sur les plateaux, on pourra aussi essayer d'emmener les Français sur des polémiques racistes. Et donc on sait que c'est aussi une manière de noyer le poisson. Mais je vais revenir sur ce que tu disais, les cadeaux aux entreprises, parce qu'il y a un député Union des droites qui faisait partie de cette commission des finances qui a rejeté cette expression. On va regarder.
Tout d'abord, il serait-on d'arrêter de dire qu'une baisse de la fiscalité des entreprises est un cadeau fait aux entreprises qui sont, je le rappelle, les seuls agents économiques qui produisent de la richesse en France ? Monsieur le ministre de l'Économie, je me réjouis de rencontrer l'homme qui a affirmé, je cite, « Je mesure la chance d'hériter d'un tel bilan économique en arrivant à Bercy. » 1 000 milliards de dettes supplémentaires, un déficit public de 172 milliards, une compétitivité des salariés du privé qui s'effondre de 32 %, un déficit commercial qui passe de 59 milliards en 2017 à 82 milliards en 2023, un coût de la dette qui a dépassé celui du Portugal et de l'Espagne.
Et vous vous estimez chanceux. Personne au sein de cette commission ne partage votre enthousiasme. Alors, monsieur le ministre, plutôt que de décerner des brevets de républicanisme, auriez-vous le courage de vous attaquer à ces 172 milliards de déficit, ces 3 100 milliards de dettes pour revenir à un budget équilibré comme le font l'Allemagne, le Pays-Bas et d'autres pays en Europe ? Deuxième question. « Sous quel délai comptez-vous présenter un budget enfin équilibré ? » Troisième question. « Comment comptez-vous lutter contre l'effondrement de notre productivité et de notre balance commerciale ? » Enfin, quatrième question.
« Comment comptez-vous enfin honorer la promesse du président de la République, à savoir supprimer l'hypertrophie normative et la fiscalité confiscatoire pour enfin libérer les entreprises des contraintes qui les empêchent de se développer ? »
Alors, il y a plein de choses qu'on vient déjà de discuter, mais c'est vrai que dès qu'on parle d'impôts aux entreprises, d'impôts sur les plus riches, il y a tout ce discours qui revient sur « c'est les seuls qui créent de la richesse », la fameuse théorie du ruissellement. Qu'est-ce que tu répondrais à ce député-là qui défend les entreprises et qui dit que ce n'est pas des cadeaux ?
Alors, déjà, la première chose, c'est qu'en réalité, tout le monde crée de la richesse. Je veux dire, un enseignant crée de la richesse parce qu'il forme des étudiants qui vont plus tard être éduqués et créer de la richesse. Un docteur, il soigne des gens en bonne santé qui va leur permettre de vivre plus longtemps, ce qui va créer plus de richesse. Donc, c'est un discours binaire assez idiot, soit dit en passant.
Ce qu'oublie de dire ce monsieur sur les baisses d'impôts, je veux dire, il faut faire la distinction vraiment entre les PME et là, on pourrait éventuellement réfléchir à ce qui n'a pas trop été fait en France, à une forme de « small business act » à l'américaine, c'est-à-dire quelque chose sur les petites entreprises. Mais en général, tous les mécanismes de baisse d'impôts, de CICE, ont profité majoritairement aux grosses. Il y a un exemple très simple. Vous savez, depuis les années 90, vous avez des aides aux entreprises qui ont été mises en place et qui n'ont fait qu'augmenter, et qui ont augmenté très fortement avec Hollande et Macron.
Ces aides aux entreprises sont corrélées aux dividendes qu'ont reçu les actionnaires. Et ces aides aux entreprises qui étaient normalement destinées à créer de l'investissement, puisque c'est ce qu'on nous disait, vous regardez la courbe, la courbe, elle est à tonnes de l'investissement. La courbe, elle est plate. Alors que vous avez les dividendes qui augmentent et qui sont corrélés à la hausse des aides aux entreprises. Donc, si ce monsieur ne voit pas ça, qu'est-ce que je peux faire pour lui ? Non, mais c'est ça la réalité.
Donc, si vous voulez avoir aujourd'hui un mécanisme où il y a l'État, je ne suis pas contre, moi, le fait que l'État intervienne dans l'économie et qu'il finance les entreprises, mais qu'il regarde un peu où va son argent. Et si vous êtes dans un mécanisme où l'État soutient des grosses entreprises pour enrichir des actionnaires et que vous trouvez ça normal, moi, je ne trouve pas ça normal. Que l'État aide des entreprises qui investissent, moi, je trouve ça normal dans des domaines stratégiques, transition écologique ou autre, médicaments, etc. Je trouve ça parfaitement normal.
Mais que l'État gave des actionnaires et que tout le monde fasse comme si un élu de la République fasse comme s'il ne voit rien, qu'est-ce que je voulais que je vous dise ? Après, on a des politiques qu'on mérite. S'il s'est fait élire par des gens, bon, ben... Non, mais c'est vrai. C'est un moment... Voilà, mais... Donc, lui, je ne sais pas de quelle circonscription il vienne, mais visiblement, ce qu'il propose est très clair. C'est-à-dire, encore une fois, moins de services publics. Alors, j'espère pour lui qu'il vient d'une région où il y a des médecins à tous les coins de rue et où il y a des places en crèche pour tout le monde et des conducteurs de bus pour tout le monde.
Si ce n'est pas le cas, il faut prévenir sa population que la situation va être beaucoup plus compliquée dans les prochaines années.
Et c'est ça aussi. C'est ce genre de pratiques qui tuent le contentement à l'impôt et qu'on se demande que les foyers de classe moyenne se disent, ben, où vont mes impôts ? Ça ne sert à rien. Je veux arrêter de payer des impôts. Mais tu as anticipé ma question en parlant d'écologie, parce que les députés écologistes et Pâques, bien sûr, se sont inquiétés à propos de la stratégie de financement de la transition écologique parce qu'il y a bien une dette dont on ne parle pas du tout sur les plateaux télé, là, c'est la dette écologique. Thomas, il faut la financer ?
Alors, tout le monde le dit aujourd'hui, que nous sommes face à un mur d'investissement. M. Draghi le dit, M. Aglion l'a dit sur les nouvelles technologies, M. Pizani Ferry l'a dit également sur l'écologie. Et ces investissements vont nécessiter, dans un premier temps, un endettement. C'est tout. Parce que sinon, nous allons être trop dépendants des États-Unis et de la Chine. Moi, je veux dire, sans faire de prospective, mais je suis assez pessimiste sur l'avenir parce que nous avons déjà un décrochage très fort avec les États-Unis en termes de pouvoir d'achat, mais aussi en termes d'innovation. Nous l'avons vu avec les Internet et la téléphonie mobile.
Alors, même que Nokia, un opérateur européen, était un moment numéro un mondial. Et nous allons avoir un retard flagrant sur des nouvelles technologies, notamment liées aux énergies renouvelables, avec la Chine. Donc, nous allons dépendre de ces pays qui produisent dans des conditions, notamment la Chine, dans des conditions sociales et environnementales plus mauvaises que nous en Europe et même les États-Unis, même si la différence est beaucoup moins élevée qu'avec la Chine. Donc, oui, il va falloir un moment investir.
Et là, nous entrons dans une stratégie européenne d'austérité qui impacte l'activité économique, mais qui impacte aussi les investissements futurs, qu'ils soient des investissements dans notre vie de tous les jours, c'est-à-dire l'éducation, la santé, qui sont très importants, la culture, les loisirs, le périscolaire, qui sont très importants pour tous les gens qui travaillent, qui ne sont pas complètement déconnectés comme les politiques que nous avons vues aujourd'hui. Et bien ça, c'est pour moi des coupes qui vont se voir dans la vie de tous les jours.
Et puis après, il y a des investissements industriels qui sont extrêmement importants dans les renouvelables, les panneaux solaires, la rénovation des bâtiments et les innovations à venir. Donc oui, il va falloir un moment investir. Et pour investir, il faut s'endetter. Tout le monde fait ça. Et d'ailleurs, tous les gens qui n'arrêtent pas de vous dire oui, l'État, l'État, ce n'est pas géré, etc., rappelons-le toujours que la dette privée, donc des agents privés, entreprises et ménages, est plus élevée que la dette de l'État. Et pourquoi ? Parce que les entreprises et les ménages dans leur vie s'endettent. Ils s'endettent pour acheter un appartement, une entreprise s'endette pour investir.
Des grandes entreprises sont très longtemps en déficit. Par exemple, c'est le cas d'Uber, très longtemps en déficit, mais soutenues par des banques parce qu'on a l'impression que c'est une innovation et on ne permet pas à l'État d'avoir le même type de comportement. Donc les gens feraient mieux de regarder ce qui se passe dans le privé et de regarder la dette de l'État et de comprendre que ce n'est pas une dette si grave et qu'il faut absolument changer la politique macroéconomique en France, mais aussi dans la zone euro.
Je le disais, Charles de Courson, rapporteur général du budget, Éric Coquerel, président de la commission des finances, ont multiplié les questions parce qu'en fait, ils n'ont eu que très peu d'informations de la part du gouvernement et ils ont avec leurs députés d'ailleurs rejeté les comptes de l'année 2023. C'est une sorte de vote sanction contre la politique de Bruno Le Maire et d'Emmanuel Macron. Est-ce que c'est un problème, ça, parce qu'on en a très peu parlé, le manque de transparence du gouvernement sur les comptes ? Est-ce que toi, tu l'as déjà constaté, ce manque de passation entre l'Assemblée nationale, la commission des finances et le gouvernement ?
Non, alors, il y a le... C'est pas tant le manque... Oui, il peut y avoir parfois un manque de... Là, il peut y avoir un manque de transparence, mais là, visiblement, on voit qu'ils se sont trompés clairement sur leurs prévisions. Après, vous savez, dans l'Europe, l'ingénierie comptable, entre guillemets, existe depuis toujours. Vous avez un cap de réduction des déficits puisque c'est ce que veulent les traités plutôt que de remettre en cause chaque fois ce 3%, on ne sait pas d'où il vient, est-ce qu'il est encore valable face aux investissements que nous devons faire ? Il y a plein de choses sur lesquelles l'Europe et la France devraient discuter avec ses interlocuteurs européens.
Mais la réalité, c'est qu'il y a toujours une forme d'ingénierie comptable pour arriver à ces objectifs-là. On explique qu'on va avoir tant de croissance et donc tant de ressources, qu'on va faire tel effort là-dessus, etc. Donc, pour moi, j'ai toujours pris avec des pincettes les prévisions qui étaient faites par les gouvernements. Et même aujourd'hui, les gens savent que la fiche de route qui va être mise par le gouvernement, même si elle prévoit quelque chose d'extrêmement sévère, ce sera toujours un peu moins sévère, même si ça fera beaucoup de mal aux Français, un peu moins sévère que ce qui est prévu au départ. Mais là, on a un vrai dérapage parce que ça devait être réduit.
On aurait pu ne pas atteindre les objectifs de réduction, mais ça augmente. Et ça augmente notamment, et là, c'est un désaveu très fort pour la politique du gouvernement. Si ça devait baisser, que ça devait stagner, ce serait déjà un désaveu, mais là, ça augmente. Et ça augmente avec une volonté de ne pas livrer les vrais chiffres. Donc, on a l'impression de les découvrir au compte-gouttes. Donc là, oui, effectivement, dans ce cas présent, il y a eu, mais la dissolution n'a pas aidé également, un problème de transparence.
Et merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant pour chez. J'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique, de direct par jour, du terrain, du reportage, mais aussi de l'enquête. Le Média, c'est 25 travailleurs Vous le savez, notre candidature solide et soutenue pour une chaîne télé des médias indés sur la TNT n'a pas été retenue par l'Arcom. Le groupe Bolloré lui conserve 6 fréquences sur 15, dont CNews. Nous exigeons une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT. Signez et partagez notre grande pétition sur tnt.lemedia.tv.fr.
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Laurent Saint-martin