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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 13 mars 2026 55 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sportSolidarités & familleInstitutions & électionsJustice

Engagement : les artistes ont-ils encore du pouvoir ? | Le banquet

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Boem SansalFait
    « La littérature est subversive dans tous les cas de figure. Donc qu'on parle de politique ou de sexualité ou de n'importe quoi. »
  • 10:00Jean-Marie RoireFait
    « Un écrivain c'est un peu un associal même quand il est à l'académie. »
  • 12:00Sarah ForestierFait
    « Moi, je préfère faire les choses qui vont pas être forcément dans la forme, mais qui dans le fond vont vraiment essayer de changer les choses. »
  • 14:00Boem SansalFait
    « La prison c'était l'aboutissement de quelque chose qui a duré 20 années hein. Enfin tout depuis 2003 où j'ai été vraiment accusé par le président de l'époque, monsieur Boutlia, que j'étais un ennemi, l'ennemi de l'Algérie. »
  • 16:00Jean-Marie RoireFait
    « Quand on défend les malheureux, quand on défend les gens qui sont victimes d'une injustice, on ne se trompe jamais. »
  • 22:00Sarah ForestierFait
    « Il faut pas croire que c'est les féministes qui vont tout régler. Il faut pas croire que c'est les gens qui doivent se débrouiller en fonction de leur secteur d'activité. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à tous, bonjour Christophe. Je suis ravie de vous retrouver pour un nouveau banquet. Boem sans sal, Sarah Forestier, Jean-Marie Roire et Antoine d'Agatha sont déjà à tablé.

Est-ce que ces quatre artistes ont en commun ? Christophe, c'est l'engagement. Mais les artistes ont-ils encore du pouvoir ?

C'est la question qu'on va se poser et qu'on va leur poser dans un instant. Oui, Anna, je me révole. Donc, nous sommes selon la belle phrase de Camu et c'est le menu.

Mais nous faisons pas attendre nos invités à table. Bonjour Bohem sans sal, on est ravi de vous accueillir. Vous êtes cet écrivain franco-algérien devenu un symbole depuis votre embastillement par les autorités algériennes et votre libération après 1 an en prison. vos cod détenus, vous appelez la légende, vous nous racontez ça.

Vous avez été libéré le le 12 novembre et depuis vous avez été élu à l'Académie française où vous avez rejoint donc les immortels dont votre voisin Jean-Marie Roire, bonjour. académicien donc écrivain, vous avez été une des grandes figures du du Figaro et vous n'avez jamais eu peur de vous engager et d'essuyer les critique comme quand vous avez pris Fê et cause pour Maradad en contestant dès le début de l'affaire sa culpabilité dans le meurtre de Guillène Marchall. Bonjour Sarah Forestier, bonjour.

Vous êtes actrice, réalisatrice, vous faites partie de celles qui ont brisé le silence sur les violences sexistes et sexuelles. L'Assemblée nationale vous a auditionné dans le cadre de la commission d'enquête sur les violences dans le cinéma et vous venez de publier une bande dessinée engagée elle aussi maudite du cul aux éditions de l'iconoclast et ça vous fait rire. C'est toujours un petit plaisir d'entendre les les journalistes dirent ce titre.

Vous avez vu, j'ai fait ce que j'ai pu pour le dire hein. Parfait. Antoine D'Agatha, bonsoir.

Vous êtes photographe. et votre travail explore les marges, le monde invisible de la nuit euh notamment. Mais vous ne documentez pas, vous allez nous expliquer ça parce que votre démarche, votre éthique est celle d'une immersion totale.

Merci à tous les cas d'avoir accepté de banqueter, n'est-ce pas, avec nous et bienvenue au poinçon. Alors, avant de vous entendre, j'aimerais vous montrer une archive vieille de plus de 50 ans, sol génitine interrogée par Bernard Pivot. tous les tous les souffrants, toutes les victimes qui n'ont pas eu l'occasion la possibilité de parler de même de raconter leur épreuve et ce n'est pas seulement l'archipel du goulag dont je parle mais de 150 ans peut-être d'histoire qui nous est commune tous les documents, toutes les archives brûlées, détruites, tout ce qui a disparu sans trace m'oblige à parler jusqu'à ma tombe.

On est le 11 avril 1975. Euh Solitin a été Boem Sansal incarcéré 8 ans durant par le régime soviétique. Vous, vous avez été emprisonné par un régime qui vous a accusé, je cite, d'avoir commis un acte terroriste visant la sécurité de l'État, l'unité nationale, la stabilité et le fonctionnement normal des institutions.

Fin de citation. Et l'acte terroriste en question, ce sont des propos que vous avez tenu sur les frontières algériennes. Est-ce que c'est le rôle d'un écrivain ?

Le rôle d'un écrivain, je pense c'est d'être un peu gaston la gaffe. C'est de dire ce que les gens ne disent pas ou le sous-entendre ou il faut pouvoir dire. Et moi, je suis naturellement un garçon laave.

Je ne prépare pas mes mes réponses. Moi, j'ai dans une interview, on m'a posé la question. Je je ne sais d'ailleurs même pas si on m'a posé la question.

Spontanément, j'ai dit que les frontières la frontière entre de entre l'Algérie et le Maroc ne passe pas normalement là où elle est. Elle est historiquement, elle se situe ailleurs plutôt que du côté du Maroc. Et ça ça a déclenché un un pâte à casse incroyable en Algérie.

C'est pas seulement atteinte à la à la sûreté de l'État. C'est c'est un crime contre l'humanité, c'est c'est un crime contre le peuple, c'est un crime contre la religion. On m'a accusé de tout.

Mais je crois que le régime algérien est arrivé était dans une phase où il avait besoin d'un coupable, un seul. En ce moment, il remplit les prisons de de de gens qu'on ramasse dans la rue. Il avait besoin de quelqu'un qui soit une figure, on va dire qui qui synthétise toutes les frayeurs du régime.

On l'a le coupable numéro 1, on l'a. Il est là et j'étais ce ce coupable. Mais un écrivain, un artiste en fait n' fait pas simplement de la littérature.

Non, la responsabilité d'un écrivain va va au-delà. La littérature est subversive dans tous les cas de figure. Donc qu'on parle de politique ou de sexualité ou de n'importe quoi.

Un écrivain qui répète ce que les gens disent, c'est pas l'écrivain. Il faut qu'il aille voilà l'intérêt c'est de provoquer la la des réactions de de interroger les gens qui de les stabiliser déstabiliser dans leur conviction. une société qui vit sur des convictions quasi religieuses et ben c'est une c'est un peuple qui vit en terci qui se ferme à tout qui il faut donc quelqu'un que de temps en temps des gens viennent donner un coup de pied là-dedans et viennent avec des nouvelles différentes qui vont déstabiliser bien sûr quand je je gaffe et je dis des choses j'attends des débats et on me met en prison à chaque fois ou on m'engueule ou pas en prison à chaque fois heureusement même si j'étais l'im Enfin, si je raconte toute mon histoire, c'est une succession de petit emprisonnement.

J'ai été l'ogé de mon travail, j'ai été dépossédé de tout. Ça c'est l'aboutissement. La prison c'était l'aboutissement de quelque chose qui a duré 20 années hein.

Enfin tout depuis 2003 où j'ai été vraiment accusé par le président de l'époque, monsieur Boutlia, que j'étais un ennemi, l'ennemi de l'Algérie. Voilà à moi tout seul. Mais ça vous a jamais fait terre.

Vous vous êtes pas dit finalement je vais retourner à mes à mes écritures et je vais rester dans la dans la protection de du papier. Une fois que vous avez gaffé, vous ne pouvez plus revenir en arrière. Ça y est, cela, j'ai fait, on ne revient pas en arrière.

Donc, j'étais l'ennemi, le gars qui dérange, je parle, je dérange, je ne parle pas, je dérange. Oui, mais dans le mot gaaf, il y a il y a il y a il y a il y a le fait que ce serait ce serait une erreur, que ce serait que ce pourrait être une bêtise. Or, en fait, vous gaffez pas vraiment.

Vous savez très bien ce que vous dites. Je suis quand même un peu intelligent. Je j'essaie d'abuyer ma ça s'appelle pas gaffé.

Si si gaffé parce que regardez si j'avais dit ce que ce que j'ai dit dans cette émission à propos de la frontière algérienne, si je l'avais dit ici, ce serait peut-être passé inaperçu. Mais je l'ai dit dans un journal d'extrême droite. Voilà.

Et et ça c'était une gaffe. Ah bah c'est une gaffe terrible parce que c'est tout ce qu'on a retenu. Si j'avais dit ça dans le monde ou le Libé ça était formidable.

C'était quelleintelligence ce bois abstens. J'ai dit ça dans un Vous n'auriez pas dû lire dans un journal d'extrême droite. Est-ce que c'était c'était une erreur ça de votre point de vue aujourd'hui ?

Sur le moment oui. Sur le moment je sais pas, j'aurais pas dû le dire, c'est vrai. Mais c'est venu comme ça spontanément puis je m'en suis rendu compte mais puis je me suis dit il y a pas de raison.

C'est la réalité. La frontière entre l'Algérie et le Maroc, c'est pas celle-là. est au cours de l'histoire, elle a elle a beaucoup changé et elle a été déplacée par la France coloniale qui est arrivé qui a tracé les frontière comme elle a voulu dans toute l'Afrique, c'est pas un problème typiquement algérien, la France a tracé toutes les les frontières de alors c'est souvent c'est de ligne droite comme ça.

Voilà, ça c'est le le Mali, ça c'est le truc de Niger et puis ensuite on a hérité de cette difficulté après. pas la véritable frontière, c'est une frontière militaire, on va dire. Vous êtes un faux gaffeur Boem sans sal, nous le savons tous, n'est-ce pas Jean-Marie Roire ?

Il vient d'être élu à l'Académie française. Est-ce que c'était pour vous l'académicien ? Vous avez regardé ça comme une façon de s'engager de l'académie ?

C'est dans la logique de l'Académie française qui l'a reconnu comme écrivain. C'est pour ça que vous savez qu'il y a eu une polémique. Est-ce qu'il devait être élu à l'académie quand il était en prison ?

C'est vrai que ça ça a beaucoup un peu déchiré l'académie parce que d'un point de vue humain, on avait envie de de venir son secours mais en même temps, ça aurait été le considérer comme une victime, l'élire comme victime et non pas comme écrivain. Donc moi je me suis rallié à cette à cette considération de dire c'est quand même l'écrivain qu'il faut honorer d'abord plus que la victime même si on peut être à la fois écrivain et victime. Oui, enfin c'est quand même un écrivain engagé que vous avez élu à l'académie.

Mais oui, mais alors c'est pas si vous voulez je peux moi il me semble que tous les écrivains au sens où je l'entends sont engagés tous les écrivains écrire c'est vraiment une fraternité et partager une fraternité de gens qui ont voulu s'opposer à la société parce que il faut pas se se dissimuler les choses. Un écrivain c'est un peu un associal même quand il est à l'académie. Je peux vous donner des exemples ?

Pourtant, c'est les plus urbains quand même he à l'académie. Ça dépend, vous savez, regardez comme UNESCO. Non, fondamentalement, je crois que les gens écrivent parce qu'ils ne supportent pas finalement les dictacles de la société.

Alors, ça peut être une société très répressive. C'est le cas caricatural de la de l'Algérie. Mais je vous souviens qu'en France, nous avons eu des attentats contre la liberté euh à toutes les époques.

On a voulu condamner Flaubert, quand on a condamné Baudler, il y a beaucoup d'écrivains qui ont été condamnés. Donc le toute société finalement voit d'un mauvais œil euh quelqu'un qui a un langage libre et qui n'est pas dans les valeurs qui peuvent changer parce que regardez l'opposition de la société à l'homosexualité à énormément de de questions à l'adultère qui a complètement changé et grâce aux écrivains parce que ce sont les écrivains qui d'une certaine façon ont fait évaluer la société. Alors vous êtes allé vous vous êtes allé loin quand même parce que vous avez défendu Omar Rad avec presque avec autant de verves que son que son avocat Jacques Vergè et pourquoi vous êtes autant impliqué dans cette affaire Jean-Marie Roire B c'est comme être humain vous savez un écrivain c'est aussi un être humain qui partage et je crois que là où les écrivains se sont le moins trompés parce que on peut s'engager et se tromper il y a eu pas mal d'exemples on a quelques exemples he quand même ou et je crois que quand on défend les malheureux.

Quand on défend les gens qui sont victimes d'une injustice, on ne se trompe jamais. Et je dois dire, moi j'étais le peu de fois où ce que vous appelez engagé, mais je trouve que c'est c'est pas vraiment un engagement au sens sartrien, c'est une respiration. On respire et on se dit que à partir du moment où on est quelqu'un d'un peu public et bien qu'on a le moyen d'écrire, d'être publié et de de pouvoir défendre des gens, et bien pourquoi ne pas l'utiliser ce moyen ?

Donc je l'ai utilisé mais je peux très bien comprendre qu'il y a des écrivains qui n'aient pas envie de s'engager du tout. Regardez, il y a des gens de merveilleux écrivains comme Prou comme Malarmé et ça n'a pas empêché de penser un certain nombre de choses mais ils n'ont pas voulu disons compromettre leur œuvre avec ce que Balarmé appelait le journalisme. C'est ça le débat public fait tandis que vous vous n'avez pas eu peur de cette compromission pour reprendre ce mot.

Non pas du tout pas du tout. Au contraire vous aimez ça ? Non non mais parce que je voulais être efficace en l'occurrence.

Je voulais mais j'étais un peu naïf essayer qu'on puisse innocenter ce qui me paraissait évident Omar Radard j'y suis parvenu d'une certaine façon parce que maintenant plus personne ne croit à la culpabilité de Maradan. Il y a que quelques juges de la Cour de cassation qui en sont persuadés mais ils changeront ils changeront. Vous vous avez mis le bazar en tout cas dans la dans la perception sur ce sujet Christophe et en payant le prix hein.

Je crois qu'il y a eu aussi votre journal finalement a pris quelques sanctions. Oui mais mon journal qui était le Figaro m'a beaucoup soutenu dans les articles que j'ai écrit en faveur de Maradadead et puis après finalement ils ont voilà et j'ai été obligé de quitter le journal. C'est je ne suis pas parti à cause de mes articles sur château brillant c'est certain mais j'ai été condamné par les 17e chambres pour diffamation.

Voilà. Mais ça fait partie du jeu. Moi je je ne regrette rien.

Je crois que c'est normal que la société ait une vision différente de l'écrivain. L'écrivain essaie de de dépasser finalement les préjugés de la société. Sarah Forestier.

Alors on ne compte plus mais oui on ne compte plus dans votre bouche les déclarations engagées c'estàd les déclarations féministes. Vous êtes une militante autant qu'une artiste ou alors un artiste c'est aussi un militant. militante, je sais pas.

Non, je dirais que moi si vous voulez ce qui a été euh je dirais qu'on est on est assez quand on est artiste aussi euh pas formé mais il y a un espèce de truc quand même pour nous rendre un peu tiède. Moi, je trouve que dans mon parcours il y a pas de de grandes choses qui nous amènent à vraiment pouvoir être sauvage et être vraiment qui on est par notre pensée parce qu'on parlait des mots et effectivement je pense pas que ça existe un écrivain un vrai écrivain désengagé. C'est impossible parce que les mots ça lave quoi.

C'est une nécessité vraiment. Et dans un parcours d'actrice effectivement on n'est pas trop amené à ça. Alors je vous prends un exemple hein.

Vous savez que la première fois que j'étais au festival de Cann, j'ai porté une robe, j'avais 18 ans, c'était n'importe quoi. Mais alors je suis pas Gaston la gaffe mais presque. C'est-à-dire j'ai Gaston la G et la grosse gaffe.

Non mais j'ai c'est pour ça qu'on vous a mis à côté. on avait pressenti j'ai fait mon premier festival de Cann en fait en portant une robe pour Amnestie Internationale avec des flingues et avec des vraies douilles qui était une campagne pour contrôler le commerce international des armes euh pour pas qu'elle puisse être vendue parce que on peut pas éradiquer les rapports de force, la géopolitique et et l'être humain et ainsi fait mais en tout cas on essaie de resserrer les taux qui a une pression pour qu'on puisse pas vendre des armes. Par exemple dans des pays où c'est avéré qu'on tue des innocents.

Enfin voilà, qu'on si vous voulez un artiste qui arrive à la télévision et qui va dire la guerre c'est mal, franchement ça sert c'est bien mais c'est pas grand-chose. Mais par exemple de commencer toute jeune à 18 ans à se dire en fait il faut réguler le commerce international des armes, là c'était autre chose. Et ben j'ai plutôt eu l'impression qu'après j'ai été plutôt tiédie.

Puis j'ai l'impression maintenant que je redeviens un peu plus moi-même maintenant que j'ai arrêté plus ou moins d'être comédienne. Alors votre BD he au titre provoquant que vous aimez entendre les journalistes prononcer, je le repronce maudite du cul provoquer. Est-ce que c'est aussi une façon de s'engager ?

Je sais pas. Moi je trouve que par exemple ce que j'ai trouvé plus intéressant dans ce que j'ai fait moi, c'était de témoigner à l'Assemblée nationale dans la commission. Non, on va y revenir bien sûr.

Voilà. Et moi, je préfère faire les choses qui vont pas être forcément dans la forme, mais qui dans le fond vont vraiment essayer de changer les choses. Moi, ce qui m'intéressa à l'Assemblée nationale de témoigner, c'était ensuite le travail avec les députés pour essayer de changer la loi.

Voilà. Euh Antoine D'Agatha, chacune de vos photos est un engagement. Euh est-ce qu'un engagement c'est pour vous ?

C'est forcément politique ? Euh c'est la foi politique et physiologique et physique. Euh depuis une trentaine d'années, j'ai fait tout ce que je pouvais pour euh pour ne pas être spectateur ou ou voyeur ou consommateur et pour être acteur de ma propre existence et de et et de confronter ces ces violences du monde de la manière la plus juste et intense possible.

Et donc oui, c'est politique et en même temps ça dépasse la politique. Alors on va voir quelquesunes de vos photos. On va préciser qu'on a dû en faire une sélection hein pour les yeux sensibles à une heure de de grande écoute.

On les on les regarde. Votre travail Antoine Dagatha, est-ce que c'est aussi de rendre visible les invisibles au fil des années ? Oui, je crois que je me suis efforcé de montrer ce qui ne pouvait pas être montré, ce que les gens ne voulaient pas voir.

Et je crois ça partie de cette fonction du photographe de de révéler et et d'aller chercher ce que les choses qui ne sont pas censées être vu. Al, en même temps, tous les photographes ne le font pas avec la même la même force que vous. Oui, en même temps, je pense pas en tant que photographe.

Je pense en tant qu'être social et qu'être qu'être humain. Être humain, c'est ça comme vous dites comme comme votre voisin. Exactement. et et et en fait je suis des règles qui qui me sont propres et qui et j'essaie de vivre à la hauteur de cette responsabilité qu'on a qui reste un privilège en ce qui me concerne d'avoir cette liberté de mouvement de de faire face et de participer à à l'état physique et à l'état réel du monde.

C'est une responsabilité que vous dites. Oui, vraiment je je je vois comme une quelque chose à laquelle j'ai droit mais à laquelle je je dois que que que je dois respecter et assumer. Oui, vous parliez Antoine d'Agatha de des règles.

Voilà, chacun a ses règles, j'ai les miennes. Qu'est-ce que sont ces règles dans un monde où tout le monde a un appareil photo, beaucoup cherchent la belle photo. Vous C'est pas la belle photo que vous cherchez ?

La photographie toujours été un un outil pas un but en soi et donc je me s la photographie pour pour vivre j'ai grandi à l'on de de grands écrivains enfin de bataille Céline de bord et et donc j'ai utilisé la photographie pour pour vivre à la hauteur de ces idées de mes convictions, à la hauteur parfois de la fiction même. ma matière, c'est c'était mon existence. La photographie était un outil et j'ai tenté de vivre ce que j'avais lu et et imaginer.

Vous vous me disiez tout à l'heure, c'est c'est pas un secret, on en a parlé un petit peu avant, que vous aviez parfois un doute quant à la non pas à la force de votre photo, mais à leur pouvoir de modifier les consciences. Je crois qu'il il y a 30 ans quand j'ai commencé, j'ai cru en cette puissance de l'image et cette capacité qu'à l'image à à cristalliser et à communiquer les choses. En 30 ans, les choses ont beaucoup changé.

On vit dans un monde maintenant où l'image enfin est passé de la toute puissance à à une dégénérescence qui fait que elle est elle est en train de nous avaler. Enfin, elle a pris le dessus et en même temps elle ne elle a perdu son sens parce qu' on est envahi, on est on est accablé sous une accumulation sans fin d'image. Et donc je méfie beaucoup enfin comme tout le monde je crois ou j'espère de de l'image et et je tente de parfois de de me battre contre elle.

Alors Christophe, vous vous aimez quand les œuvres ébranlent le pouvoir et vous avez choisi quelques quelques œuvres qui ont en effet fait vaciller le pouvoir. Oui. Oui.

Quelques-unes parce que c'est vrai que on peut critiquer parfois les artistes engagés ou sous-estimer leur engagement, mais il est bon de rappeler que certaines par leur puissance esthétique ou leur force de témoignage ont effectivement ébranlé parfois des pouvoirs bien établis ou fait basculer l'opinion carrément presque mondialement. Alors, j'ai choisi d'abord un tableau évidemment Garnica hein, c'est toujours bon de rappeler Garnica. 1937, vous connaissez l'histoire.

La petite ville basque de Garnica est bombardé par l'aviation allemande et italienne. C'est un peu la répétition générale de ce qui va se passer après. On teste des nouvelles techniques.

On a demandé à Picasso une grande œuvre pour le pavillon espagnol, l'exposition universelle de Paris. Il avait prévu au départ de représenter tout à fait autre chose. Le peintre et son modèle.

Finalement, il change de sujet suite au bombardement de Garnica. Et qu'est-ce qu'il fait ? Il choisit une économie de moyens, non pas le réalisme mais des formes très très symboliques.

Pas de couleur mais du noir et du blanc. Et il crée finalement ce qu'on pourrait appeler un cri visuel contre la barbarie fasciste, une sorte de joondte de la guerre. Guernica, c'est ce qu'elle est devenue aujourd'hui.

À tel point que en 2003, une tapisserie représentant Gernika à l'ONU sera masquée au moment où Coline Powell doit prononcer un discours pour justifier la guerre en Irak. On masque Gernika signe que l'œuvre restait politiquement dérangeante dans le bon sens du terme. J'ai choisi ensuite un film, le dictateur de Chaplin.

Alors, c'est un film qui sort en 1940 au moment où les États-Unis sont encore neutres, hein, pourrait-on dire. Une partie de l'opinion ignore ou du moins minimise la menace nazie, en tout cas aux États-Unis. Le film de Chapeline va utiliser l'humour, hein.

C'est aussi l'une des armes des écrivains ou des ou des artistes en général pour désamorcer ce qui faisait la la fierté de ses pouvoirs, c'est-à-dire la mystique du chef. Il ridiculise Adolf Hitler à travers le personnage d'Andénoïde Inkel et il réalise finalement un acte de résistance sans précédent qui culminera dans l'appel final, discours final humaniste qui appelle les peuples à s'unir contre la tyrannie. Une photo aussi pour euh euh en guise de de clin d'œil à Antoine D'Agatha, c'est la la fillette au Napalme de Nick Hout en 1972.

Donc euh c'est la jeune Kim Fou qui fuit nu et brûlée après un bombardement au Napalme. L'une des images les plus influentes du 20e siècle. Elle incarne de manière insoutenable le coût humain du conflit au Vietnam et elle va mobiliser l'opinion publique et finalement forcer le pouvoir politique à faire face à la à la réalité à la crudité de ces interventions militaires.

Une chanson Oui. Assim Bonanga quand même en tout cas notre génération si je puis dire même si vous êtes beaucoup plus jeune que moi. Écrite en hommage donc Johnny Clegou Savoua écrite en hommage à Nelson Mandela alors qu'il était encore emprisonné.

Son nom était interdit de citation et on a euh on a cette chanson qui apparaît. Elle mêle l'anglais et le zouou. Elle est interprétée par un groupe multiethnique.

Elle brise totalement les barrières de l'apartide et elle devient un hymne mondial de solidarité qui a maintenu la pression internationale sur le régime de Prétoria. C'était les grandes années du top 50. Alors en préparant cette émission, on a retrouvé une pépite Pasolini qui définit l'artiste par son engagement et par les attaques qu'il suscitent.

One. Mao penso che nessun artista in società è libero, perché un artista è comunque per se stesso una contestazione vivente. Però io ho fatto esperienza di questo, ma un'esperienza particolare perché si sa, l'ha detto Lucas per esempio, che la borghesia in un certo senso è disposta ad accettare queste contestazioni viventi che sono gli scrittori, i poeti, gli artisti, in quanto dice Lucas li considera degli individui problematici.

Un artiste par luiême est une contestation vivante. On est en le 15 novembre 1966. Volem sans sal, vous n'avez pas que des défenseurs, vous avez été attaqué aussi par pour vos prises de position, mais est-ce que comme Pasolini, vous considérez qu'un artiste est une contestation vivante ?

Euh, écoutez, c'est vraiment c'est une question très compliquée. L'engagement, c'est un processus. Donc au départ, on ça démarre sur un mot, une phrase, sur une musique, une photographie.

Euh c'est comme ça dans l'absolu, ça représente pas grand-chose. C'est ça reste très local. Et puis petit à petit, ils se viennent s'incruster dans cette ce petit truc, c'est qu' un ter de quelque chose d'autre.

Chacun vient déposer sa révolte, sa colère, son ses mots. Moi quand je suis rentré à la prison, c'était la plus grande prison de d'Afrique, 6000 prisonniers. Quand j'arrive dans cette prison après avoir passé tout le processus de la de la justice, j'ai entendu on m'a on m'a appelé la légende.

On l'a construit autour de mon nom, autour de ce qui s'est passé. Une légende c'est quoi ? Mais je sais pas jusqu'à présent, je sais pas.

C'est peut-être le fait que en France un peu partout des gens se sont mobilisés pour pour ma défense et que peut-être ça a inspiré dans dans l'esprit des des prisonniers. Cet homme dénonce le régime, il est soutenu par le monde entier, le régime va tomber. Donc c'est notre sauveur.

Le le petit gaffeur devient devient pratiquement le Christ et le sauveur. Vous vous rendez compte ? la légende, le sauveur et puis et on arrive en France c'est mais c'est pareil la récupération, il s'est passé quelque chose d'entre l'Algérie et la France qui a sur tous les plans militaires, philosophiques, religieux et cetera c'est énorme.

Tout le monde essaie de soit de prendre morceaux soit d'ajouter un morceau à la fantasma. Mais mais justement c'est que ça ça vous devenez un symbole et est-ce que ça vous donne pas une responsabilité et notamment la responsabilité de veiller à ne pas être récupéré ou instrumentalisé ? Mais c'est que la récupération est très insidieuse.

Vous vous rendez pas compte. Euh est-ce que je le fait d'être là, est-ce que c'est une récupération ? LCP est en train de vous récupérer sal Christophe et moi nous vous récupérons.

Mais on peut évidemment se poser la question. chaque tout geste tout mot devient suspect par la suite. Euh ceux qui me détestent et ben évidemment ils s'emparent de moindre du moindre détail pour en faire un axe d'accusation et puis les autres je peux faire absolument tout ce que je veux et me le pardonneront au titre de la victime et la rédemption de trucs.

Donc vous allez devenir parano. On devient parano. mais c'est vrai et je crois que l'état idéal pour l'être humain comme pour les sociétés et les États, c'est la paranoï parce que euh trouver son identité c'est quelque chose d'absolument impossible.

C'est quoi la France ? On ne le sait, c'est une fantasmogourie qui s'est construite au cours des siècles. Donc chacun voit ça de son côté et puis et puis on transforme au fur et à mesure en fonction des intérêts, en fonction des circonstances et et voilà et des mais c'est normal c'est voilà.

Donc on va tous être par donc on devient un engagé professionnel en quelque sorte. C'est ce que vous êtes devenu mais je veux pas mais presque. Mais vous ne pouvez rien contre ça.

Comment faire Jean-Marie Roard ? Comment on fait pour pas devenir un engagé professionnel ? Non, je pense que ce qui est important c'est la vérité du combat qui est qui est mené.

Mais je ferai la différence peut-être entre les provocateurs et puis des gens comme Solénine comme Bolem Sensal qui ont été vraiment dans des reprises avec des régimes effrayants. Donc c'est très un peu différent. C'est à leur corps défondance.

C'est pas c'est ils ont pas été à la recherche de la provocation. c'est ils sont devenus des symboles parce que ils sont tombés sur des régimes extrêmement donc il faut faire une nuance entre cette provocation. Voilà.

Et mais il me semble qu'en effet tous les artistes, tous les écrivains d'une certaine façon s'opposent de toute façon. Il y a un malentendu parce qu'il s'opposent à la société et cette société a besoin d'eux pour se régénérer. Mais Jean-Marie Roire, la provocation c'est une question de point de vue pour tout régime tyrannique.

L'engagement d'un écrivain ou d'un artiste est vu une est vu et et passe pour une provocation. De toute façon, c'est une question de point de vue la provocation. Non, parce que il y a quand même des régimes.

Regardez l'exemple de Sol Génicine, franchement c'est on peut pas dire que la la liberté, vouloir prener les valeurs de liberté, c'est pas une provocation. C'est un ça c'est paraît ça paraît légitime. C'est là où justement ce que la société n'admet pas, c'est qu'on ne suive pas finalement les modèles qu'elle donne et les lois qu'elle qu'elle impose.

Alors que l'écrivain est du côté de la loi naturelle. Voilà, elle est côté de la loi naturelle et vous remarquerez que tout tout tout au long des siècles au fond ils ont été le faire de lance d'un d'un certain progrès dans les mœurs. Alors, j'ai cité je crois tout à l'heure euh l'homosexualité mais également l'adultère et qui était très réprimé et même le suicide.

Donc la les religions d'une certaine façon, je veux pas attaquer les religions en soi parce que il y a très beaucoup de choses positives dans les religions, mais très souvent les les les religions et bien se sont euh finalement modelées avec la société dans une forme de répression. Jean-Marie Rois dans le monde d'avant comme on dit hein, il y avait une vraie culture de de l'engagement des intellectuels et des artistes. Aujourd'hui, ils sont quand même plus rares à s'engager.

Pourquoi ? Ah non, je veux dire, vous savez, il faut s'entendre sur le terme d'engagement si c'est le sens sartrien, c'est-à-dire c'est engagement politique. Si on suit Sartre, et bien il faudrait qui lui-même ne s'était pas beaucoup engagé.

Il faut bien reconnaître, il s'est engagé après, c'est devenu un résistant de de 45. Cet engagement politique, voà pour moi est très discutable. Moi, je considère qu'un écrivain est engagé par nature puisque il est il défend des valeurs de liberté, de tolérance face à une société qui est souvent tolérante.

Mais disons c'est pas l'engagement politique. Moi je ne pr pas parce que je crois que les engagements politiques, il y a qu'à avoir les exemples, on peut se tromper les regrette après. C'est ça que vous allez dire que les conséquences de ces engagements politiques dépassent complètement les apparences.

Alors, j'aimerais vous montrer une archive plus récente. C'est un écrivain italien. Il vit sous la menace de la mafia comme un animal traqué.

C'est Roberto Saviano. Il est au micro de France interre. C'était il y a 8 ans.

Comment on fait quand on est sous protection policière depuis 12 ans ? Comment on fait pour ne pas devenir parano ? Je je suis complètement paranoïque.

En réalité, on vit brisé. Eh euh petit morceau pour la mam parce que pour ma ma famille pour ma mère sont habitués à ma condition un peu comme si j'étais mort mais par chance je ne suis pas mort et donc vu ce de ce point de vue c'est déjà un privilège la chose la plus difficile pour moi est de me rendre compte qu'ils ne m'ont pas tué mais ils m'ont pas laissé vivant pas Mais moi quand j'entends ça, je suis je suis bouleversée de la tête au pied. C'estàdire que il y a on pense à Salman Rougi, on pense à Ris, on pense à la rédaction de Charlie Hbdo.

Alors il parle de Paranoï en fait il il dit que c'est plus une vie sur Marie Roire. Je crois qu'il faut le mettre dans la catégorie des des héros, c'est-à-dire des gens moulins, un certain nombre de personnalités qui dépassent la qualité d'écrivains pour devenir des héros de Jean d'arc. Enfin bon, on peut multiplier des gens tout à fait exceptionnels qui ont décidé de se battre pour un idéal et de mourir pour cet idéal.

Pour les écrivains, c'est assez rare, sauf l'exemple de de Sol Genin et celui de Bem Sensal récemment. Mais si vous voulez, c'est différent. Là, ce sont des gens qui ont mené des combats et comme des comme des héros.

Mais parce que aussi ce qui est intéressant de dire la chose centrale c'est que ça va contre des intérêts. Donc là c'est par rapport à la corruption qui est le mal de toute façon que ce soit la corruption politique que ce soit la corruption religieuse he parce que les islamistes c'est quoi par la corruption religieuse ? La corruption d'une manière générale, c'est ce contre ce contre quoi on se bat, mais on va contre des intérêts.

Il faut voir aussi que les féministes, c'est exactement la même chose. C'est-à-dire que ça va contre certains intérêts de gens qui sont confortablement placés dans un système où on a l'habitude d'écraser les mêmes personnes, d'étouffer les affaires et de silencier les victimes. Pour ça que moi j'ai beaucoup d'admiration pour les féministes parce qu'en réalité bien sûr que socialement derrière c'est énormément de bâtons dans les roues.

Voilà. Donc c'est c'est je retrouve une souffrance commune. Alors c'est pas des assassinats mais c'est d'être on va contre certains intérêts.

C'est il faut en avoir totalement conscience. Mais pendant votre audition à l'Assemblée nationale vous avez raconté que vous aviez été giflé par un acteur sur un sur un tournage. La production et le monde du cinéma ne vous ont pas soutenu et c'est vous qui avez été montré du doigt.

C'est une double peine ça. Sarah forestier. Bah alors en fait ce qui était intéressant pour moi, c'était de montrer mais ce mécanisme là, il existe pas que dans le cinéma.

C'est-à-dire que en général les gens qui se permettent d'agresser une femme dans le cadre du travail, ils savent que ils vont avoir soit c'est ils ont ils sont supérieurs mais ils ont un les agresseurs sont lâches. Donc ils vont utiliser une situation, ils sont une situation dominante. Et ce qui se passe très souvent c'est que qu'est-ce qui se passe pour avoir justice ou sur le moment pour être protégé ?

Vous allez voir votre supérieur, mais si c'est votre supérieur qui vous a agressé, comment vous faites ? Et donc moi, c'était important pour moi d'expliquer et ça je tiens vraiment, c'est pour ça que j'étais contente d'être sur LCP, c'est que les fausses enquêtes internes, c'est un sujet majeur. Et moi je j'ai parlé à l'Assemblée nationale parce que je vais mettre les institutions face à leur responsabilité.

Il faut pas croire que c'est les féministes qui vont tout régler. Il faut pas croire que c'est les gens qui doivent se débrouiller en fonction de leur secteur d'activité. Moi, je voudrais parler de l'inspection du travail, d'accord ?

Parce que c'est un travail le cinéma. Pourquoi un acteur comme Gérard de Pardieu n'était pas sorti des tournages ? parce que le faire partir d'un tournage, ça coûtait trop d'argent.

D'accord ? Il a s'il agresse quelqu'un sur un tournage, vous imaginez, il faut retourner toutes les scènes qu'il a tourné et cetera et cetera. Les assurances, il y avait pas encore toutes les tout ce qu'il fallait et cetera.

Donc qu'est-ce qu'on faisait ? Naturellement, on fait terre la victime. On lui dit "C'est pas si grave ce qui t'est arrivé.

Tiens bon, on est avec toi mais en fait pas du tout." Et on étouffe les affaires. Quand la fille parle un peu trop fort et dit "Non, je vais pas laisser passer." Ils sont obligés de faire une enquête interne.

Ils font des fausses enquêtes internes. C'est ce qui m'est arrivé. Et quand on fait une fausse enquête interne, moi j'ai été licencié, il y a plein de filles qui ont été licenciées.

Je vous prends l'exemple du festival d'Angoulem. Pourquoi le festival de BD d'Angoulem s'est pas tenu cette année ? Parce qu'il y a une une jeune femme qui a accusé un homme de viol et au final, qu'est-ce qui s'est passé ?

Elle a été licenciée. Et moi, je voudrais parler aussi pour toutes les femmes qui travaillent parce qu'en fait, c'est dans le monde du travail en général. Et moi ce qui m'intéresse si vous voulez c'est de comprendre les mécanismes dans dans les institutions, où sont les failles.

Et la réalité c'est qu'on ne peut pas laisser n'importe quelle entreprise faire les enquêtes internes à leur manière parce qu'ils étouffent les choses. Et donc il faut que l'inspection du travail mette son nez dedans. Et moi après être auditionné, avoir été auditionné à l'Assemblée nationale, c'est exactement le travail que j'ai voulu faire derrière et je vraiment hein je pense qu'il faut une campagne nationale d'information.

Parce que vous dans votre travail, mais je pense à des gens qui nous regardent à la télé qui peuvent se faire agresser sur je sais pas une serveuse, une caissière ou quelque chose comme ça. Sachez que vous pouvez saisir l'inspection du travail. C'est pas la foire à la saucisse en fait les les inspections.

C'estàd que il y a un protocole et on doit pouvoir protéger les victimes. Et une dernière chose très importante, un employeur il a le devoir de vous garantir un espace de sécurité dans votre travail. Vous allez pas vous faire agresser sur votre le travail.

Vous euh Sarah Foretti, vous avez arrêté le cinéma pendant plusieurs années. Est-ce que c'était un choix ? Moi, j'en ai ras le cul.

Ouais. Ouais. H tout à fait.

Oui, oui, bien sûr. Bah, ça dégoûte quand vous voyez que en fait euh ce système qui écrase quand vous vous révoltez parce que la réalité c'est que si moi j'avais laissé passer l'agression que j'ai subie parce que c'est pas juste une gifle hein, il a mis des coups, il a mis un coup de point à côté de mon visage dans une vitre, il a tapé dans un tabouri, il a mis un coup de pied. Enfin, c'était ultra violent.

Et si j'avais en fait accepté ses excuses parce qu'il est venu pour s'excuser devant le commissariat pour m'empêcher de porter plainte mais en fait au final ça serait allé en fait ça aurait été très bien avec le milieu du cinéma mais quand vous dites non et d'ailleurs c'est pas que dans ce milieulà à un moment donné c'est ce que je vous dis vous allez contre des intérêts. Et maintenant moi je veux queon arrête la débrouille et je veux que l'État français et l'inspection du travail fassent exactement ce qu'il faut faire. Voilà.

Ah, c'est ce que c'est du petit lait là ce qu'elle vient de c'est quoi ? C'est quoi ? C'est du petit lait.

Avec beaucoup de Mais c'est vrai, c'est que si les institutions faisaient leur travail, on n pas besoin de de d'engagement individuel. C'est vrai. Donc en fait, vous seriez tranquille.

Donc oui, on serait tous tranquilles chez soi. C'est ça. C'est parce que les institutions ne font pas leur travail comme l'affaire à des besoin de vous l'affaire et cetera que enfin il faut des gens pas forcément.

Ça peut être spontané, ça peut être on peut devenir héros en 5 minutes, on l'a pas cherché. C'est les circonstances qui font que l'affaire d'un individu d'un petit groupe et en fait qu'est-ce qu'il réclame ? C'est il demande aux institutions de faire leur travail, c'est tout.

L'engagement, c'est que ça tout à fait. On va pas libérer, monter en commando pour aller libérer Rad. On demande à la justice de de réexaminer l'affaire et de le libérer.

C'est ça le rôle de l'engagement. Ça me fait rebondir hein. Mais par exemple l'histoire de l'affaire de Polanski, c'est fou comme en fait ce qui n'est pas réglé par l'État se déplace ailleurs.

Je veux dire, c'était dingue que ça se règle à la cérémonie des Césars. Évidemment qu'on n'est pas juge et c'est pas à nous de savoir s'il faut l'extrader ou pas. Mais par contre, on peut quand même questionner l'État français.

Il s'est complètement défaussé. On a parlé que des Césars mais l'État français c'est quoi le le concept en fait ? C'est que quand il y a quelqu'un qui est fugitif et qui a été condamné pour pédo criminalité dans un autre pays, c'est Open Bar pour venir en France.

Donc en fait, c'était ça le vrai sujet, c'est si vous voulez tout se déplace. Vous prenez par exemple Gitte Macron qui traite les militants de Salcon. C'est un sujet en soi, mais le sujet fondamental derrière qui ne va pas, c'est comment est-ce que la justice peut prononcer un non lieu alors qu'il y avait autant d'éléments et à partir du moment où des choses avaient fuité dans la presse, c'est incompréhensible pour le grand public. quitte, on aurait préféré que la justice se mouille, quitte à faire un procès à acquitter, mais elle aurait dû le faire en public.

C'est-à-dire que quand vous tenez un procès, la justice doit se justifier de l'acquitement. Et là, c'était scandaleux d'avoir un non lieu de cette manière-là. Et moi, je veux à chaque fois recentrer les choses et de dire en fait quelle est la la quelle est la faille ?

Qu'est-ce que n'a pas fait l'institution ? Alors, par exemple, la justice dans l'histoire de Harry Habitant, ce nomlieu-là, est-ce qu'il est acceptable ? on a le droit de le questionner en tant que citoyen et citoyennes.

On peut aussi circonscrire et dire voilà, il y a des cas pour des crimes aussi graves que le viol, un non lieu peut pas être prononcé aussi rapidement. Et moi, j'aurais préféré qu'on centre ça sur ça que l'insulte de Brigitte Macron parce que on a l'impression que les institutions se défaussent systématiquement. Systématiquement.

Bem sans sale. On a entendu donc Roberto Saviano dire ils ne m'ont pas tué mais ils ne m'ont pas laissé vivre. Est-ce que vous ils vous ont laissé vivre ?

Ils ne vous ont pas tué, vous êtes là. Mais est-ce qu'ils vous ont laissé vivre ? C'est une question que je me pose.

J'ai été condamné à 5 années de prison. Du fait de mon âge, c'est une condamnation à mort. Pour moi, l'affaire n'est pas finie.

Je me retournerai à un moment ou un autre contre l'État algérien. Voilà, c'est l'institution doit faire son travail àquelle, pas l'institution algérienne évidemment, mais heureusement, il y a des institutions internationales et a et donc j'irai à ce niveau-là. C'est une condamnation à mort.

Déguisée, en truc, atteinte à la sûreté de l'État. Ça vaut que 5 années. Mais quand on condamne quelqu'un de demandage malade et tout ça à 5 années, c'est qu'on veut le tuer.

Il va mourir en prison. Et j'ai failli mourir en prison. On m'a littéralement empoisonné.

Ah bon ? Non, évidemment c'est la prison est un poison. Oui, tout à fait.

De diverses manières, par la nourriture, par le truc, par les sévises, par et cetera. Donc voilà, c'est ça c'est l'institution. vraiment la question essentielle est celle-ci et c'est une et une série d'institution si la première instance ne fait pas son travail il faut remonter et instituir des institutions internationales le moment venu je le ferai oui oui j'ai besoin de moi l'avocat a déjà constitué tout un dossier maître François pour le moment je ne le fais pas parce qu'il ne faut pas gêner les relations entre l'Algérie et la France parce que il y a Christophe Glaise qui est dans la même situation moi.

C'est un otage, c'est pas c'est pas prisonnier, il n'a rien fait. Tout le monde comprend bien que c'est un autre. Donc vous attendez qu'il soit revenu.

On attend qu'il soit libéré et puis on on verra euh parce que pour saisir je pense les institutions internationales, ça serait quand même intéressant que les l'institution nationale soit derrière vous. Euh voilà, je sais pas si c'est le cas pour le moment. C'est une litote qui veut dire que vous savez que ça n'est pas encore le cas.

C'est pas c'est pas encore le cas. Antoine D'Agatha, je me tourne vers vous parce que votre travail suppose he une vie à la marge. Est-ce que c'est est-ce que c'est un mode de vie que vous aimez ou est-ce que c'est aussi le prix à payer pour être cet être humain et cet artiste engagé ?

Non, c'est c'est un prix à payer. C'est c'est un choix délibéré de vivre non pas dans le confort de la société mais mais d'aller chercher. C'est ces territoires où les gens sont victimes, sont exploités et forcés de générer des stratégies autres pour euh pour exister. souvent des stratégies criminelles euh mais qui qui sont la seule manière pour eux de d'imposer leur présence et et dès l'adolescence, ça été un choix de de vivre sur ces territoires là.

Mais est-ce que parfois vous vous sentez en danger ? Est-ce qu'il vous arrive d'avoir peur ? Honnêtement, je continue de de considérer notre position et et mon parcours comme un comme un privilège comme une j'ai accès à des humanités qui bien que blessées, bien que tragiques, vont au-delà de ce que nous, de ce côté-là du monde on peut imaginer ou supposer et et vivre à la hauteur de ces destinées là, vivre à proximité de ces intensités là, c'est quelque chose qui qui est précieux pour moi.

Alors, il y a des artistes qui qui regrettent. On va on va regarder une archive qui date de 1970, un certain Yve Montan. Les gens qui croyaient en tout cas dans cette forme socialisme là, on y croyait, il faut bien le dire, une façon presque quasiment religieuse et ce n'est pas vrai et ce n'est pas aussi simple.

On peut pas faire des aides et puis se taire lorsque l'on sait ce qui peut se passer, ce qui a pu se passer dans l'épis de l'Est. Vous comprenez ? Et là, je reprends encore une phrase, je crois qu'elle est de Brest, qui dit "Bon, celui qui ne sait pas est un imbécile, mais celui qui sait et qui ne dit rien est un criminel, n'est-ce pas ?" Et puis je sais que personnellement et avec Simon, nous avons donné la leçon souvent aux gens.

Vous savez, on se levait de table, nous on disait qu'il y avait des camps de concentration soviétique. On quittait la table, on partait. Christophe, il y a deux formes de regret. celui d'avoir sacrifié sa vie à un engagement et celui d'avoir embrassé la mauvaise cause.

Parfois on se trompe hein. Alors quelques exemples encore. Alain Badiou par exemple et le le régime d'ECM rouge en 1979.

Donc le le philosophe publie dans le monde une tribune intitulée Campuchea vaincra dans laquelle il apporte un soutien politique au régime de Paul Pot. Alors même qu'on sait hein, comme comme le disait Montant là, euh on sait déjà, il y a les premiers témoignages sur l'ampleur des massacres. Face à la réalité euh historique du du génocide cambia, 2 millions de morts, euh cette position est devenue indéfendable.

Et des décennies plus tard, en mars 2012, Alain Badiou a exprimé des regrets publics avec honnêteté. Je lui avais posé la question, ça me brûlait les lèvres. Euh c'était sur le plateau d'avant-première sur France 2.

Il avait eu cette réponse. Je le regrette et je suis heureux de le dire ici publiquement. Je regrette d'avoir écrit ce texte mais il ne suffit pas de regretter.

Regter et se repentir, on peut toujours le faire. Au-delà donc du fait que je regrette d'avoir écrit ce texte, je m'intéresse à la question de savoir pourquoi je l'ai écrit. Je l'ai écrit parce que j'avais été enthousiasmé par la victoire d'ECM rouge en 75.

Je n'ai pas été le seul. Reliser les premières pages du monde à cette époque-là. J'ai ensuite voulu garder en moi cet enthousiasme, y compris contre le réseau des informations peu à peu disponibles.

Quel aveu ! En politique, le découragement est monnaie courante et l'enthousiasme est une denrée précieuse. Intéressant, honnête, intéressant et qui pose plein plein de questions.

L'enthousiasme, la responsabilité. Ça vous est arrivé Antoine Dagatha de de regretter certaines photos ? Euh non, je je crois que au contraire avec le l'âge et l'expérience, j'atteins un certain type de sérénité dans le sens où une conscience de l'effort qui a été fait.

Bien sûr le sentiment jamais d'avoir euh achevé ou abouti à quoi que ce soit. Enfin, on a tous des des fonctions qui sont minimes et des rôles qui sont infimes dans ce processus. Mais voilà, enfin, j'ai toujours tenté intellectuellement et et et physiquement de de faire l'effort euh de de confronter de la manière la plus totale et la plus sincère possible.

Jean-Marie Rois, est-ce qu'il a est-ce qu'il y a des choses que vous avez regretté ? Oui. De ne pas avoir agi certainement plus justement dans le domaine de la compassion, c'est évident mais enfin dès que j'ai pu j'ai m'exprimé.

Mais je crois qu'il faudrait quand même voir que le fond des choses en dehors de la provocation, en dehors d'un certain chose de la répression, c'est quand même le but d'un d'un artiste, d'un écrivain, c'est de créer de la beauté. C'est de ce qui disait "La beauté sauvera le monde." Et ben je crois que il faut voir parce que ce sentiment d'injustice nous l'éprouverons toujours quel que soit la la la l'attitude des États qui peuvent admettre leur culpabilité.

De toute façon, l'injustice, elle fait partie du destin humain. Et quelle est la seule chose qui puisse aider justement à lutter contre cette injustice ? la création artistique parce que elle apporte de la beauté, elle donne un sens au monde, elle donne un sens à chaque individu et voyez même quelqu'un comme Prou, on peut dire que Prou était très dégagé finalement, il s très peu compromis peut-être est intervenu en affaire de Rfus, mais c'est tout.

Euh et dans la faire de la séparation de l'églisée de l'État bizarrement. Mais euh si ce qui est important je crois c'est cette création quand vous lisez prou et bien finalement ça redonne à l'être humain, ça lui permet de se situer et de se comprendre et d'élargir sa vision du monde. Et ça je crois que c'est très important parce qu'il faudrait pas qu'on reste uniquement fixé sur cette idée de provocation et de et et en même temps et de combat.

Je crois que chez Tolstoy qui disait à la fin de sa vie finalement euh et qui avait mené énormément de combat, c'était un homme vraiment engagé au sens où vous l'entendez et bien il disait finalement si je peux écrire quelque chose qui restera, qui fera qui pourra donner un sens à la vie de d'autres générations, et bien j'aurais gagné ma ma vie. Vous savez que Roberto Saviano, donc on a entendu et dont on a dit ici qu'il était un héros, il a il a déclaré publiquement que si c'était à refaire Gomora et tout son combat contre la mafia, il ne referait pas, que le prix à payer faisait qu'il ne recommencerait pas. Quand vous entendez ça, Madame Sansal, ça fait ça fait mal.

Vous savez Oui, mais il a il a raison moi-même de je me pose la question, j'ai été condamné, expulsé dans mon pays. Mon passeport a été désactivé, j'ai été déchu de ma nationalité. Le prix est vraiment trop lourd pour une phrase dite dans une dans un journal de dans un journal.

Mais ça veut dire que si c'était refaire, vous ne referez vous ne referiez pas. Je le ferai. Mais c'est toujours on a le devoir quand on fait les choses de on a le devoir d'être intelligent.

C'estàd il y a toujours plusieurs option et chois la plus intelligente. Là je crois qu'en l'occurrence je c'était pas la la plus intelligente de de mes actions. J'aurais pu le dire autrement et parce que le but pour moi c'est pas de d'avoir raison sur la la frontière.

Le but pour moi, pour tout le monde, c'est de faire chuter ce régime criminel qui fait un mal fou et pas et pas qu'aux Algériens mais à tout le monde. Il devient hyper dangereux pour toute la périphérie. Donc il faut agir contre ça.

Mais ça a surtout été une révélation. Moi c'est un épiphénomène qu'il faut resituer dans un cadre plus global et dans ce cadre là ça pèse pinut. C'était pas voilà.

Est-ce qu'il faut vous avez surtout révélé quelque chose c'est révélé quelque chose c'estàd qu'au final ce que ça a révélé du régime Ah bah oui si tiré une balle dans le pied là franchement oui oui bien sûr est-ce qu'il faut garder une certaine naïveté vous souvenez de l'affaire l'affaire tangor l'affaire tangor en en 1980 donc Pierre Vidal Naqué Marguerite Duras Françoise Sagan se mobilise pour obtenir la grâce de Luc Tangor qui était condamné pour violente comme la victime d'une erreur judiciaire flagrante. le comparant d'ailleurs à un nouveau Drefus. Il est gracié en fait par par France Comité en 1987, mais peu après la libération de Tangor, ben il récidive et il commet de nouveaux viols pour lesquels il sera condamné.

Alors cette affaire évidemment les intellectuels qui s'étaient trompés se sont retrouvés un peu un peu gênés et ils ont admis avoir été manipulés par un récit d'innocence construit sur des bases émotionnelles plutôt que factuelles. Encore une fois, c'était honnête. Mais est-ce que au fond cette cette naïveté que doivent garder les artistes engagés et les photographes, est-ce qu'il faut au fond la revendiquer même si parfois on se trompe ?

La vérité, je pense qu'on y accepte par la l'innocence quoi. Si on est trop compliqué. On va c'est des artifices, on va on est dans un c'est artificieux comme raisonnement.

Donc oui, on on l'écrivain je pense fait de belles heures. C'est quand quand il est complètement innocent, qu'il a les mains faibles et qui fait un cheeddeur qui taillé dans dans le granite. L'innocence.

Ouais, il faut être il faut être innocent pour être efficace. C'est un risque. C'est un risque toujours défendre quelqu'un.

L'affaire Tangor, moi j'ai beaucoup pensé dans l'affaire Maradadead parce que au bout de 30 ans, je suis certain maintenant que comar mais c'est évident que j'ai vu tellement de gens de bonne foi s'engager dans la ferangor. C'est il y a toujours un risque quand on défend quelqu'un qu'on te défend un innocent dans l'engagement je veux dire l'aspect l'engagement politique, c'est l'engagement pour une cause humaine mais je crois qu'il vaut mieux s'être tromper comme dans l'affaire Tangor en défendant un coupable que je refuser de défendre un innocent. Moi je dirais Moi, je dirais qu'au-delà de en fait, il y a quelque chose qui n'est pas de l'ordre de choisir par exemple un camp, c'est-à-dire dans une situation de dire est-ce que une personne est coupable ou pas ?

Quel est l'innocent, quelle est la victime. J'ai l'impression que ce qui est beaucoup plus important, c'est de comprendre les mécanismes profonds dans chaque dans chacun des des des cas qui nous est présenté et de voir en fait et un artiste est pas obligé de se positionner forcément dans une histoire de camp parce que effectivement on peut on peut se tromper aussi et mais ce qui est important c'est de comprendre ce qui est sous-jacent. Et par exemple, par exemple, en géopolitique, il y a beaucoup d'artistes qui vont s'exprimer sans comprendre en fait ce qui soutend réellement euh certaines guerres.

Euh et je pense qu'il y a une nécessité, un minimum de rigueur à avoir quoi pour comprendre les enjeux et et et ensuite se positionner mais tout de suite d'embler. Enfin, je veux dire, chacun aussi parle d'un endroit. Je veux dire, nous on est on on est on est en Occident, on est euh on a un narratif occidental, vous voyez ce que je veux dire ?

Donc c'est aussi quelque chose qui est une forme de rigueur intellectuelle quoi, à voir. Et vous êtes la seule Sarah Forestier euh la table avec moi quand même. Nous sommes deux femmes s forestiers.

Mais vous êtes la seule à ne pas avoir répondu à la question parce qu'on vous l'a pas posé de savoir si est-ce qu'il vous est arrivé de regretter certaines de vos prises de parole ou de vos prises de position ? Non mais après je suis jeune hein encore vous avez pas pour dire que vous êtes vieux c'est pas pour dire ça mais c'est pour dire que simplement bon vous avez le temps de reg le regret voilà voilà non mais j'ai j'ai je pense que voilà dans dans un parcours de vie voilà il y a il y a aussi la multiplication des engagements fait que on peut plus se foirer si on est un peu gaston la gaffe sur les bords gast la gaffe c'est une table de Gaston la gaffe merci Merci à tous. Merci d'avoir été avec nous pour ce banqu et je rappelle vos actualités Sarah Forestier, votre BD du culcrite avec la dessinatrice Jeanne Alcala aux éditions de l'iconoclast.

Alors ça me fait juste rire parce que depuis tout à l'heure on parle de géopolitique et que moi je suis avec une bande dessinée qui parle de sexualité mais c'est vraiment une BD féministe. Non mais pour qu'il y ait un lien parce que sinon les téléspectateurs vont pas comprendre. C'est un engagement totalement. un lien alors c'est une BD très engagée je peux vous le dire à vous confirmer Boademal absolument vraiment choqué même.

Blag tu c pas comme les ad dans le bon sens ouais choc bar Jean-Marie Roire votre dernier roman est paru en septembre la maîtresse italienne n'est-ce pas chez Galimar Antoine d'Agata votre coffret méthode va être édité au printemps chez Studio Vortex Bonemal on peut retrouver votre œuvre votre œuvre en foli est-ce que vous connaissez déjà le titre de votre prochain livre la légende. Et il paraîtra quand ? Je sais pas, vous l'avez écrit ?

Il est presque écrit pas le bureau de la légende. Non, la légende. La légende majuscule.

Au revoir à tous. C'était un plaisir d'être avec vous cher Christophe. À très bientôt pour un nouveau banquet. eh he

Engagement : les artistes ont-ils encore du pouvoir ? | Le banquet — Jean Marie · Pourquijevote