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InterviewC à vous (sur YouTube)· 16 octobre 2025 11 minComplaisantMixteSolidarités & familleInstitutions & élections

Laurent Berger : une médiatisation pesante ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 20 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Au moment de la crise autour de la réforme des retraites il y a 2 ans, on vous a beaucoup opposé personnellement à E.Macron.

  • 3:00OuverteRéponse directe

    En avril 2023, L.Berger, vous annoncez que vous allez quitter la tête de la CFDT en juin. Tous ceux qui vous ont accompagné veulent vous dire pas mal de choses.

  • 5:00OuverteRéponse partielle

    Quand vous voyez cette séquence qui a fait le buzz, c'est de l'amateurisme?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Le profil du négociateur...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30L.BergerFait
    « J'en ai ras le cul. J'ai passé mon week-end au téléphone avec des connards qui ne veulent rien comprendre. »
  • 2:30L.BergerFait
    « J'ai passé la main à quelqu'un de très bien, qui tient son rôle. »
  • 4:30P.PerrineauChiffre
    « L'essentiel des 35 000 communes françaises sont des petites communes rurales. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

C'est un problème qui est plus gros dans l'électorat de droite et du centre que dans l'électorat de gauche, mais l'électorat de gauche sait très bien que la France ne peut pas payer des réformes sociales uniquement avec la dette. - A.-E.Lemoine: Au moment de la crise autour de la réforme des retraites il y a 2 ans, on vous a beaucoup opposé personnellement à E.Macron.

Il y avait des unes à répétition. Cette personnalisation du combat a fini par vous valoir des réflexions chez certains membres de la CFDT. - L.Berger: J'en ai ras le cul.

J'ai passé mon week-end au téléphone avec des connards qui ne veulent rien comprendre. Je veux bien arrêter la personnalisation. Ca me gonfle.

A ce moment-là de mon mandat, j'ai vraiment pas envie de ça, mais j'ai pas le choix. C'est pas nous qui installons la personnalisation. J'en ai ras le cul!

Ras le cul de me faire alpaguer dans la rue, de voir mon nom affiché partout, de voir des éditorialistes qui sont incapables de faire un édito sans citer mon nom. Je ne me suis pas engagé pour ça. - A.-E.Lemoine: Pourquoi cette médiatisation avait à ce point fini par vous lasser?

Ce n'est pas qu'une histoire de timidité. Vous étiez devenu une cible? - L.Berger: Non.

Quand vous prenez la responsabilité d'une organisation comme la CFDT, vous savez que vous allez en prendre dans la figure. Ca ne m'a jamais atteint. J'ai vu ma tête fichée dans des postures plus ou moins agréables... - P.Cohen: N.Notat a pris très cher. - L.Berger: Et F.Chérèque...

On est habitués. Ca ne m'a jamais ému. Là, il y avait 2 problèmes.

Il y en avait un qui m'était propre. Moi, je voulais me retirer. Je savais que j'allais arrêter en juin et que j'allais passer la main à M.Léon.

C'était une respiration démocratique. C'est normal. Il y avait un 2e truc.

Le président de la République, rappelez-vous, fait un 13h et cite la CFDT. A ce moment-là, j'étais à Bruxelles. J'étais président de la Confédération européenne des syndicats.

J'étais avec U.von der Leyen. Il fallait que je regarde le président avant. du Green Deal européen et pour regarder comment l'accompagner d'un pacte social.

A Bruxelles, j'étais vu comme un négociateur. Là, il me pointe comme quelqu'un qui avait dérivé. Il le refait dans une interview après, une 3e fois, quand il est en déplacement en Asie.

Quel est le sens de me pointer personnellement? Je dis trop de gros mots...

Je vais me faire rouspéter par ma maman. Quel est le sens de pointer l'organisation qui avait fait 2 choses? On avait proposé de calmer le jeu et on avait fait la proposition d'une autre réforme.

Ce qui m'avait agacé, c'est qu'entre les 2 tours de la présidentielle, on avait fait la proposition de revenir sur la réforme par points en disant qu'il faut faire 3 secteurs: le privé, le public et les indépendants. A ce moment-là, entre les 2 tours, une période électorale, on nous fait comprendre que oui, ce serait pas mal. Une fois le vote arrivé, on nous dit que c'est plus parlant de faire 64 ans plutôt que de faire un truc compliqué.

Il y a une forme d'agacement. - P.Lescure: En avril 2023, L.Berger, vous annoncez que vous allez quitter la tête de la CFDT en juin.

Tous ceux qui vous ont accompagné veulent vous dire pas mal de choses. - Avant de partir, je voudrais une photo avec toi. Rires.

Parce que je n'en ai pas. Ma mère ne croit pas que je travaille avec toi! ...

Applaudissements. - P.Lescure: Beaucoup d'émotion de votre part et de la part de toutes celles et ceux qui vous ont accompagné.

Vous avez regretté ce départ anticipé, quelques fois? - L.Berger: Non, jamais, pour plusieurs raisons.

Il était anticipé, parce qu'on part pour une période de 4 ans, mais on savait qu'on allait faire ce passage à ce moment-là avec M.Léon. J'ai passé la main à quelqu'un de très bien, qui tient son rôle.

La CFDT n'irait pas mieux si c'était moi qui étais à sa tête. La 2e raison, c'est que je suis passé dans le monde de l'entreprise. J'essaie de faire en sorte que dans le Crédit Mutuel Alliance fédérale, on construise des politiques environnementales et solidaires. 3e point, c'est que ma vie est plus facile.

Ca me permet de faire autre chose, de diriger la "société du compromis", pour donner des cours sur le travail... - P.Cohen: C'est le mot générique de cette émission. - L.Berger: C'est ce dont on a besoin dans la société. - A.-E.Lemoine: Et c'est le titre de ce film: "Le Dernier Compromis". - E.Tran Nguyen: Une séquence qui fait réagir...

M.Fournier raconte comment il a découvert qu'il était nommé ministre délégué chargé de la Ruralité. - J'ai appris ça dimanche soir.

J'apprends dimanche soir à la télé que je suis nommé ministre. On avait discuté 2 jours avant, mais c'était à la télé. - Vous l'avez découvert à la télé? - Oui.

Ma femme était très intéressée, puisqu'elle regardait un film sur une autre télé! - E.Tran Nguyen: "Bah voilà." Tout le monde connaît maintenant son visage.

Cette séquence, si elle peut prêter à sourire, peut surprendre. Beaucoup ont cru à une blague. Certains se disent choqués et y voient un certain amateurisme.

Au contraire, certains voient dans cette attitude de l'humilité. L'élu ne courait pas après le job. Il rejoint l'intention de S.Lecornu de nommer des personnalités dépourvues d'ego et d'ambitions personnelles.

Il y en a d'autres qui critiquent la méthode et disent que ça témoigne un peu du désordre, voire de la verticalité du pouvoir. Même le principal concerné n'est pas au courant de ce qui a été décidé en haut. Ce n'est pas la première fois que ça arrive.

C'est arrivé à P.Tabarot, ministre des Transports, sous F.Bayrou. - J'ai regardé A.Kohler à la télé annoncer la liste du gouvernement sur le perron de l'Elysée.

Je l'ai appris à la télévision. Il a fallu s'organiser pour être présent ce matin. - E.Tran Nguyen: Les nominations, ça peut et ça doit aller très vite.

Ca peut provoquer des dommages collatéraux inattendus. On l'a vu avec B.Retailleau, qui n'avait pas eu assez d'informations sur les collègues lorsqu'il a dit oui au gouvernement Lecornu I.

Il y a toute une équipe autour qui est concernée par les remaniements. Un ancien conseiller de N.Sarkozy raconte ceci.

Parfois, un remaniement, ça peut avoir une incidence sur une équipe d'une émission de radio. M.-O.Fogiel nous avait raconté ça il y a quelques semaines. - M.-O.Fogiel: E.Macron avait quitté l'Elysée.

Je lui propose de devenir chroniqueur. Il avait accepté. Entre-temps, à la rentrée, il y avait un remaniement ministériel.

On lui donne Bercy. Il m'a dit qu'il ne viendrait pas. - E.Tran Nguyen: Quand vous voyez cette séquence qui a fait le buzz, c'est de l'amateurisme? - P.Perrineau: M.Fournier, le président lui en avait parlé auparavant. - P.Cohen: E.Macron est venu chez lui en 2018. - P.Perrineau: C'est l'homme qui dirige l'Association des maires ruraux de France, qui est une association extraordinaire.

L'essentiel des 35 000 communes françaises sont des petites communes rurales. Il représente un tissu important. La bonne nouvelle, c'est que ce n'est pas une élite politique ou administrative, comme on en a à la pelle.

Enfin un homme qui représente une France profonde, cette France des petites communes rurales, qui se sent trop souvent oubliée. L'homme a de la rondeur, il est sympathique. Il n'a aucune superbe.

Pour un ministre, c'est très agréable. Derrière ça, il y a un petit peu d'amateurisme dans ce système Macron, qui semble parfois un système bien huilé. Il y a de l'amateurisme.

Il y a un défaut d'expérience. - E.Tran Nguyen: Un homme de terrain, humble, ça aurait pu être la qualité d'un Premier ministre.

L.Berger, on vous a aussi proposé ce poste. On vous a téléphoné? - L.Berger: J'ai débattu avec le délégué général de cette Association des maires ruraux.

Ils font un travail extraordinaire. Peut-être qu'il l'a appris comme ça...

Mais ce n'est pas mal non plus d'avoir des élus qui sont des maires, des gens qui mettent les mains dans le cambouis. - P.Cohen: Il est contacté à chaque remaniement... - E.Tran Nguyen: Vous avez été contacté pour Matignon? - A.-E.Lemoine: Le profil du négociateur... - L.Berger: Cette fois-ci, je n'ai pas été contacté. - P.Cohen: Vous étiez en mode avion. - L.Berger: Je ne regrette pas du tout.

J'ai une vie, aujourd'hui, qui me satisfait totalement, dans une société privée. On peut aussi changer des choses, prendre sa part à ce qui semble utile. La politique au sens générique du terme ne se résume pas à l'action politique telle qu'on l'entend par le rôle des élus.

Je crois avoir aujourd'hui une forme d'utilité sur les valeurs qui sont les miennes à travers le boulot que je fais.