"Deux mois, ça ne suffit pas" : faut-il prolonger la saison touristique après l'incendie en Gironde ? Le président de la Nouvelle-Aquitaine lance la réflexion sur RTL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteRéponse directe
C'est un soulagement pour vous ?
- 1:16OuverteRéponse partielle
Tous ont été relogés, il y a une solution pour tous ces habitants qui n'ont plus rien ?
- 2:10OuverteÉludée
Est-ce que vous comprenez leur démarche ? Ils ont monté un collectif, plus de 700 personnes.
- 3:54OuverteÉludée
Le Premier ministre a dit que leur douleur était instrumentalisée par des complotistes sur les réseaux sociaux.
- 5:09OuverteRéponse directe
C'est la priorité pour vous ? Il y a des réunions importantes aujourd'hui avec les acteurs économiques.
- 6:19RelanceRéponse partielle
Mais c'est un cahier de doléances que vous ouvrez ce matin ou c'est des aides financières concrètes précises à annoncer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:36Invité politiqueChiffre
« il n'y a plus, depuis 2023, on a investi sur les pistes plus de 8 millions d'euros sur l'accessibilité de la forêt pour les pompiers. »
- 6:03Invité politiqueFait
« La difficulté pour la région et pour les collectivités territoriales, c'est qu'elles ont été particulièrement ponctionnées par l'État ces dernières années. »
- 6:07Invité politiqueChiffre
« Nous-mêmes, on a perdu 10% de notre budget pour participer au déficit ou à la lutte contre le déficit national. »
- 8:20Invité politiqueChiffre
« l'État nous a prélevé 300 millions d'euros. Comme à toutes les régions. »
- 10:02PrésentateurChiffre
« à plus de 80% la forêt. »
Temps de parole
- Alain Rousset81 %
- Présentateur19 %
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Vincent Derosier, RTL Matin. Le président de la région Nouvelle-Aquitaine est avec nous. Bonjour Alain Rousset. Bonjour. Alors, les pompiers n'en ont pas fini avec les reprises de feu, mais les habitants évacués, il y en a eu 224 000 au total, vont pouvoir rentrer chez eux, les derniers. C'est un soulagement pour vous ?
C'est un soulagement, je crois, pour les habitants d'abord, parce que cela a entraîné une vraie souffrance morale, une inquiétude. Alors, à l'heure où je parle, à la minute où je parle, il pleut. Donc, vous vous doutez que c'est de l'or qui tombe sur la forêt, sur les pelouses grillées, pour finir d'éteindre le feu. Et je sais que le village de Klaoué va pouvoir être réoccupé. Vous entendez l'orage ?
On l'entend bien derrière vous.
Vous entendez l'orage, je pense, va pouvoir être réoccupé sur la presqu'île du Cap-Ferret cet après-midi. Donc, c'est une bonne nouvelle.
Alors, il y a les relogés, il y a ceux qui ont perdu leur maison, plus de 200. Tous ont été relogés, il y a une solution pour tous ces habitants qui n'ont plus rien ?
Alors, pour l'instant, tout le monde a été relogé, mais dans des conditions précaires. La région elle-même a ouvert ses lycées d'une manière qui a été plus confortable que le grand palais des congrès, bien entendu, où tout le monde était les uns sur les autres. Il y a eu beaucoup de mobilisation, une fraternité, une bienveillance, une solidarité assez extraordinaire. Mais aujourd'hui, sur les 200 maisons, alors sur des dizaines de milliers, bien entendu, il faudra trouver notamment au Porsche, à côté de la Cano, il faudra trouver des solutions de le relogement beaucoup plus confortables dans le temps, pendant les 10 ou 15 mois où il faudra reconstruire.
Alors, vous parlez des habitants du Porsche, 183 habitations détruites. Est-ce que vous comprenez leur démarche ? Ils ont monté un collectif, plus de 700 personnes. Ils entendent déposer une plainte. Ils se sont sentis abandonnés par les pompiers. Abandon, disent-ils, au profit du Cap Ferret.
Alors, je ne sais pas si on peut le poser comme ça. Dans le monde d'hier, la préfète de région et le responsable du JLIS, des sapeurs-pompiers, ont répondu à cette question. Nous, au niveau des pouvoirs publics aujourd'hui, au niveau de la région, avec le maire du Porsche et celui de la Cano, ce qui nous intéresse, c'est de trouver des solutions d'habitation, d'habitabilité correctes. Après, s'il y a des recours, nous verrons ce que la justice dira.
Il faudra, de toute manière, que nous ayons un retour d'expérience sur ce giga-feu ou ce feu extrême, que nous n'avons peut-être pas eu en 2022 sur les feux qui ont eu lieu et qui étaient puissants aussi à cette époque, en matière d'attaque au feu, en matière de préparation de la forêt, en matière de pistes. Je regardais mes notes tout à l'heure, pourtant, la région avec les fonds européens qui interviennent, et il faut souligner l'importance de l'Europe dans ce domaine-là, il n'y a plus, depuis 2023, on a investi sur les pistes plus de 8 millions d'euros sur l'accessibilité de la forêt pour les pompiers.
Il y a une forêt à reconstruire, il y a un après, on va en parler, évidemment, Alain Rousset, mais pour terminer sur les habitants du Porche, le Premier ministre, lui, a dit que leur douleur était instrumentalisée par des complotistes sur les réseaux sociaux.
Ah, alors, je ne suis pas sur les réseaux sociaux, donc là, vous vous adressez, vous posez une question à quelqu'un qui est totalement hermétique et incompétent sur les réseaux sociaux, que je déteste absolument.
Vous ne vous prononcez pas sur ce sujet, mais vous attendez un retour d'expérience.
Non, je veux dire, j'étais au Porche, j'étais au Porche, dimanche dernier, il y a une vraie détresse, par définition, et j'ai reçu dans un lycée de Bordeaux qui s'appelle Toulouse-Lautrec, des personnes évacuées de Saint-Médard-Rangeal, il y a une détresse, bien entendu, et il faut la comprendre. Après, que certains derrière utilisent cette misère morale ou cette difficulté morale, sûrement, mais il n'y a pas de complot derrière.
Parlons, Alain Rousset, de la détresse économique également, 23 000 entreprises paralysées, 82 000 salariés concernés, selon le ministère de l'Économie. C'est la priorité pour vous ? Il y a des réunions importantes aujourd'hui avec les acteurs économiques. Vos priorités du jour ?
Alors, les priorités du jour, c'est mien de deux choses, trois choses. Ce matin, la préfète organise une réunion avec la filière forestière, la filière forêt-bois. Cet après-midi, je réunis l'ensemble des filières pour voir un peu quelles sont leurs difficultés, comment on redémarre, comment l'accès des entreprises qui sont réouvertes et facilitées pour mesurer les difficultés de ces entreprises. Hier, on a eu une conversation avec Roland Lescure, le ministre des Finances, pour voir comment on pouvait coordonner nos interventions. La difficulté pour la région et pour les collectivités territoriales, c'est qu'elles ont été particulièrement ponctionnées par l'État ces dernières années.
Nous-mêmes, on a perdu 10% de notre budget pour participer au déficit ou à la lutte contre le déficit national.
Mais c'est un cahier de doléances que vous ouvrez ce matin ou c'est des aides financières concrètes précises à annoncer ?
Non, mais il y a toujours un accompagnement des entreprises. C'est une des missions principales des régions. Et vous savez que la région Nouvelle-Équitaine est en pointe sur la réindustrialisation puisqu'on a plus de 14% d'emplois industriels pour 9% en France. Mais il faut regarder le tourisme. Nous aurons à nous regrouper pour lancer une campagne de communication pour dire, venez, les campings sont réouverts. Ouverts. Et d'ailleurs, hier, dans la journée, on me signalait que le bac de Royan qui fait la liaison entre la Charente et la Gironde était bondé. Donc, il y a des touristes qui reviennent. Et il faut qu'ils reviennent.
Donc, la saison, puisque vous parlez du tourisme, la saison peut être sauvée encore. Le mois d'août peut être sauvée. Parce que pour les campings, certains sont catastrophés, d'autres risquent de ne pas s'en remettre.
Non seulement le mois d'août, mais je crois qu'il faut qu'on réfléchisse aujourd'hui à l'allongement de la durée touristique. Parce que simplement deux mois, ça ne suffit pas à faire vivre une entreprise. Donc, il faut qu'on commence la saison plus tôt et qu'on la termine beaucoup plus tard. Donc, il y a tout un travail de réflexion à voir. Après, bien entendu, il y aura peut-être à mettre en place, avec l'Europe, avec l'État, un fonds de solidarité pour voir à quel niveau on intervient pour aider les entreprises. Et notamment les plus petites.
Je reviens, parce que vous n'avez pas vraiment répondu, Alain Rousset, mais les chiffres de l'UMI, par exemple, en Gironde, ils expliquent qu'il y a un effondrement des chiffres d'affaires jusqu'à 80% dans la métropole.
80% c'est peut-être beaucoup, mais...
Sans les chiffres de l'UMI peut-être...
Oui, mais c'est possible.
Au-delà du chômage partiel, qu'est-ce que la région peut faire avec ou sans l'État ?
Non, mais on ne pourra pas faire quelque chose... Je vous expliquais que, un, l'État nous a prélevé 300 millions d'euros. Comme à toutes les régions. C'est insupportable, stupide et injuste. Mais il va falloir qu'on reprenne pour la fin de cette année notre budget. Je ne peux pas vous répondre. Aujourd'hui, il y a tellement de choses qui sont engagées. Est-ce que je peux arrêter les travaux dans un lycée, alors que les lycées ont servi à accueillir des déplacés ? Est-ce que je peux arrêter les aides aux entreprises qui sont déjà engagées ? Ou est-ce que dans les mois qui viennent, une fois que les assurances auront fait leur job ?
Parce que nous n'oublions pas qu'il y a un risque dans l'action publique que cela désengage le monde des assurances et qu'on en profite derrière. Donc, il faut qu'on fasse cela sereinement. Je n'ai pas d'annonce à faire ce matin, pas plus que le ministre n'en a faite d'ailleurs, mais nous ferons tout ce que nous pourrons pour nos entreprises et singulièrement celles qui ont été les plus touchées dans le domaine du tourisme vraisemblablement pour qu'elles s'en sortent.
D'un mot Alain Rousset, est-ce que demain, à l'avenir, dans les années qui viennent, la forêt sera la même qu'aujourd'hui ou est-ce qu'il faut changer ?
Il faut sûrement changer mais on a commencé à le faire depuis 22 août et les acteurs de la forêt. La forêt doit être mélangée aujourd'hui. Certes, le pain va rester l'essence qui compose
à plus de 80% la forêt.
Oui, mais il faut que l'on ait aussi des barrières de feuillus et le long des routes et à l'intérieur de la forêt parce que la forêt vit une multicrise aujourd'hui. Il y a les incendies spectaculaires mais il y a le nématode qui arrive d'Espagne qui détruit en 15 jours les pains. La seule barrière pour cet agresseur ce sont les feuillus. Merci beaucoup.
Alain Rousset