Clémence Guetté face à Olivier Boy dans RTL Matin | intégrale
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:10OuverteRéponse directe
Bonjour Clémence Guettet.
- 0:32OuverteRéponse directe
Ça veut dire quoi ? Que vous demandez une intervention française ?
- 1:09RelanceRéponse partielle
Sous quelle fin, alors ? Vous avez entendu que Jean-Noël Barraud, dans le journal de 7h30, dire qu'on envoie des blindés à disposition de l'armée libanaise pour se défendre, ou en tout cas pour marquer le terrain. Est-ce que c'est une bonne...
- 1:18RelanceÉludée
Vous dites Iran agressé, ce n'est pas une bonne chose qu'on aille aider potentiellement les Iraniens à se libérer du joug du régime des Mollahs, qui leur impose une dictature sanglante depuis 1979 ?
- 2:13OuverteRéponse directe
Est-ce qu'en envoyant Charles de Gaulle en Méditerranée, on dépasse la ligne, selon vous, ou on reste dans les clous d'une stratégie défensive et de présence française sur la zone ?
- 3:30RelanceRéponse directe
Et qu'est-ce que vous y direz dans ce débat sur le fond ? S'il y a un débat, vous défendrez quelle position ? Sur le Charles de Gaulle en Méditerranée ? Répondons précisément.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« La France doit venir au secours du Liban. Voilà ce qu'a écrit hier Jean-Luc Mélenchon sur X. »
- 0:43Invité politiqueFait
« le président Aoun d'ailleurs a demandé, l'aide de la France, et que le président de la République, Macron, y a répondu, en l'occurrence favorablement. »
- 0:51Invité politiqueFait
« Le Liban est agressé, il y a eu déjà plusieurs dizaines de morts, et donc la France doit réaffirmer le fait qu'elle est présente dans la région »
- 1:23Invité politiqueFait
« Ce que nous voulons, dans la région, c'est ne pas devenir co-belligérant. »
- 1:33Invité politiqueFait
« il y a l'Iran, qui lui aussi a été agressé par les États-Unis, qui ont violé à nouveau le droit international. »
- 2:07Invité politiqueFait
« La France doit porter à nouveau une voie de la paix, réaffirmer le fait que le droit international prévaut. »
- 3:54Invité politiqueFait
« Nous voulons pouvoir avoir un débat parlementaire, parce qu'une intervention militaire de la France doit être questionnée par la représentation nationale. »
- 4:02Invité politiqueFait
« Il y a des bases militaires françaises qui ont été touchées. »
- 4:08Invité politiqueFait
« Le Charles de Gaulle a été positionné en Méditerranée, vous l'avez dit. Pour faire quoi ? Est-ce que c'est purement défensif ? »
- 4:41Invité politiquePromesse
« Nous demandons à ce que les prix soient bloqués. »
- 4:55Invité politiqueFait
« on a vu les conséquences, par exemple, économiques de ce qui s'est passé en Ukraine, de ce qui continue de se passer en Ukraine, avec une crise inflationniste »
- 5:08Invité politiqueFait
« Bien sûr qu'il y a des abus des distributeurs qui profitent des crises pour se faire des marges, etc. »
- 6:43Invité politiqueFait
« On est dans une période où il y a une dérive vers l'extrême droite qui est certaine. »
- 7:00Invité politiqueFait
« il y a un appel à un cordon sanitaire contre la France insoumise par Mme Berger, ministre de l'Égalité, qui traite le parti de la France insoumise de parti anti-France »
Temps de parole
- Clémence Guetté71 %
- Présentateur29 %
≈ 6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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RTL Matin, Olivier Bois. Oui, à 7h43, l'invité d'RTL Matin est Clémence Guettet, députée de la France Insoumise et vice-présidente de l'Assemblée Nationale. Bonjour Clémence Guettet.
Bonjour.
La guerre au Moyen-Orient, vous l'entendez, continue à prendre de l'ampleur sur ses deux fronts. Les frappes en Iran, c'est là-bas que ça a commencé, et au Liban. Panique hier soir, notamment à Beyrouth, avec ses centaines de milliers de personnes qui ont dû évacuer et partir en urgence face au risque de bombardement. La France doit venir au secours du Liban. Voilà ce qu'a écrit hier Jean-Luc Mélenchon sur X. Ça veut dire quoi ? Que vous demandez une intervention française ?
Ça veut dire qu'on est face aujourd'hui à une guerre d'agression dans la région contre le Liban, qui est un allié historique de la France, que le président Aoun d'ailleurs a demandé, l'aide de la France, et que le président de la République, Macron, y a répondu, en l'occurrence favorablement. Le Liban est agressé, il y a eu déjà plusieurs dizaines de morts, et donc la France doit réaffirmer le fait qu'elle est présente dans la région, que le Liban est un allié, que le droit international doit être respecté, et que non, Israël ne peut pas envahir un pays, bombarder un pays, frapper...
Sous quelle fin, alors ? Vous avez entendu que Jean-Noël Barraud, dans le journal de 7h30, dire qu'on envoie des blindés à disposition de l'armée libanaise pour se défendre, ou en tout cas pour marquer le terrain. Est-ce que c'est une bonne...
Il y a aussi l'envoi d'aide humanitaire, vous le savez, parce que là, il va y avoir une crise humanitaire. Ce que nous voulons, dans la région, c'est ne pas devenir co-belligérant. Et la France ne doit pas être partie du conflit, parce qu'on voit qu'il y a une escalade militaire, on voit qu'il y a une guerre régionale. Vous l'avez dit, il y a l'Iran, qui lui aussi a été agressé par les États-Unis, qui ont violé à nouveau le droit international. Ça avait déjà été le cas au Venezuela. Et on voit qu'il y a un retour des impérialismes extrêmement agressifs.
Et on voit aussi que, dans le même temps, le droit international, c'est-à-dire toutes les règles qui sont censées régir la vie des différents États, le système onusien, est complètement désinvesti par les États-Unis, est complètement bafoué par Israël. C'était déjà le cas avec le génocide à Gaza. Et la France doit porter à nouveau une voie de la paix, réaffirmer le fait que le droit international prévaut.
Vous dites Iran agressé, ce n'est pas une bonne chose qu'on aille aider potentiellement les Iraniens à se libérer du joug du régime des Mollahs, qui leur impose une dictature sanglante depuis 1979 ?
Vous savez, il y a des précédents dans ce terme de règlement prétendu d'un problème démocratique. Il y a des précédents, y compris dans la zone. Ça n'a jamais donné rien de bon quand les États-Unis ont essayé d'être les gendarmes, comme ça, de la vie politique d'un pays. On peut à la fois dénoncer le régime iranien, et on peut à la fois dire que non, les États-Unis ne peuvent pas kidnapper un président en exercice, comme c'était le cas de M. Maduro, ne peuvent pas envahir un pays pour établir un nouveau régime politique. Il faut être vraiment extrêmement précautionneux dans la période. Le droit international existe. Je ne suis pas d'accord, comme M.
Attal, par exemple, dit, le droit international, l'ONU, tout ça, c'est maintenant un vague comptoir humanitaire. Nous devons, au contraire, et la France a un rôle à jouer là-dessus, redire que ces règles sont là pour être respectées. Et le problème, c'est qu'on a laissé tellement Israël, notamment, bafouer ce droit international, que c'est comme s'il n'avait plus de valeur.
Vous dites, Clémence Guettet, qu'il ne faut pas que la France soit considérée comme ayant une paraclite dans cette guerre, comme étant co-belligérant, comme vous l'avez dit. Est-ce qu'en envoyant Charles de Gaulle en Méditerranée, on dépasse la ligne, selon vous, ou on reste dans les clous d'une stratégie défensive et de présence française sur la zone ?
Eh bien, c'est une question qu'on doit poser. Justement, avec mon groupe parlementaire de la France insoumise, on a demandé à ce qu'il puisse y avoir un débat à l'Assemblée nationale sur le rôle de la France dans cette période extrêmement compliquée.
Et qu'est-ce que vous y direz dans ce débat sur le fond ? S'il y a un débat, vous défendrez quelle position ? Sur le Charles de Gaulle en Méditerranée ? Répondons précisément.
Nous voulons pouvoir avoir un débat parlementaire, parce qu'une intervention militaire de la France doit être questionnée par la représentation nationale. En l'occurrence, il y a plusieurs choses. Il y a des bases militaires françaises qui ont été touchées. Il y a des bases militaires françaises qui sont utilisées par des avions américains. Ça questionne. M. Barraud a dit que c'était purement défensif. En réalité, on ne sait pas vraiment ce que ces avions viennent faire sur nos bases. Le Charles de Gaulle a été positionné en Méditerranée, vous l'avez dit. Pour faire quoi ? Est-ce que c'est purement défensif ? Est-ce que c'est offensif aussi à un moment donné ?
Nous devons poser toutes ces questions. Dans le respect du droit international, au service de la paix, pour un cessez-le-feu et en venant en aide à nos alliés. Je pense à Chypre, par exemple, qui est un allié de la France, qui est dans l'Union européenne et qui est situé dans cette zone. Et tout ça doit pouvoir être questionné. J'ajoute une chose. Dans ce débat parlementaire, nous voulons aussi questionner les conséquences économiques de cette guerre. Sur l'essence, par exemple ? Évidemment, sur l'essence...
Qu'est-ce que vous demandez sur l'essence ? A ce que les prix soient bloqués ?
Nous demandons à ce que les prix soient bloqués. Plus largement, je demande à ce qu'il y ait un bouclier de protection qui soit mis en place pour protéger les Français. Parce qu'on a vu les conséquences, par exemple, économiques de ce qui s'est passé en Ukraine, de ce qui continue de se passer en Ukraine, avec une crise inflationniste, qui a des conséquences sur le carburant. C'est déjà le cas aujourd'hui, avec parfois des stations qui affichent plus d'1,80€, parfois plus de 2€. Ça reste rare, mais on peut penser que c'est une tendance. Mais aussi sur les prix de l'alimentation...
Il y a des abus ? D'un mot, il y a des abus, selon vous, déjà ?
Bien sûr qu'il y a des abus des distributeurs qui profitent des crises pour se faire des marges, etc. Laissez-moi terminer là-dessus. Un bouclier pour protéger les Français, parce qu'on ne nous a pas écoutés sur l'Ukraine. J'aimerais qu'on nous écoute maintenant, à ce stade, et qu'on puisse mettre en place un blocage des prix du carburant, protéger les Français, qui n'est pas à subir les conséquences de cette crise-là. Et je parle des Français, et des industries, et des entreprises.
Clément, cette guerre, elle est venue éclipser un événement politique majeur, quand même une importance décisive, à la fois pour les municipales, dont on rappelle que le premier tour a lieu le 15 mars, dans moins d'une semaine, dans une semaine, un peu plus, pardon. Et puis même pour la présidentielle, mardi soir, pour la première fois, le PS, en bureau national, a dit que Jean-Luc Mélenchon avait eu des propos antisémites, intolérables, après l'épisode des noms de familles Epstein et Glucksmann. C'est la première fois que le PS prononce le mot antisémite à coller à celui de Jean-Luc Mélenchon. Et le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, a même dit cette phrase.
Il est devenu l'homme politique le plus détesté de ce pays. Il dit voilà ce que dit le PS de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui.
Et quelle est votre question donc ?
Si c'est un tournant majeur dans les équilibres politiques de ce pays et dans l'avenir de la gauche.
Disons que c'est une clarification d'une sorte de dérive qu'on voit quand même depuis un certain temps, parce que certains dirigeants socialistes n'avaient déjà pas mâché leur mot à notre égard. Ce que je constate dans le moment, d'abord, c'est que vous l'avez dit...
Mais vous êtes choquée par cette accusation, vous ne vous prenez qu'un sourire, j'ai l'impression. On accuse Jean-Luc Mélenchon d'être antisémite de la part d'un ancien partenaire. Et ça vous fait sourire ?
Non, non, ça ne me fait pas sourire. Je dirais que c'est une clarification de ce que eux entendent établir. On est dans une période où il y a une dérive vers l'extrême droite qui est certaine. L'extrême droite, d'ailleurs, fait sa campagne des élections municipales absolument bien tranquille, pas touchée par personne. La diabolisation de la France insoumise occupe tous les médias, y compris jusqu'à des dirigeants sociodémocrates. Ce que je constate, moi, aujourd'hui, c'est qu'il y a un appel à un cordon sanitaire contre la France insoumise par Mme Berger, ministre de l'Égalité, qui traite le parti de la France insoumise de parti anti-France, qui est une...
Non, non, non, non, je vais terminer là-dessus. Madame Berger, non, je vais terminer là-dessus. Madame Berger nous qualifie de parti anti-France. C'est une expression maurassienne. Madame Vassal de LR dit « Travail famille Patrice », c'est-à-dire une devise pétainiste à la télévision, et ça ne choque personne. C'est celui qui fait des blagues sur les noms de personnes juives, c'est Jean-Luc Mélenchon. Non, on va revenir... Je vais terminer. Vous me posez une question, je vais essayer d'y répondre.
Quand il y a des dirigeants qui appellent à faire un cordon sanitaire contre la France insoumise, si le Parti socialiste choisit de faire un cordon républicain avec ces gens-là, pour nous, le paysage politique sera extrêmement clair. Ce que je dis, c'est que malgré cette diabolisation-là, nous voyons affluer des centaines et des milliers de militants en réalité. Nous voyons des centaines de personnes à nos meetings qui savent que contre la dérive fasciste dans ce pays, les 15 et 22 mars, il faudra voter pour la France insoumise aux élections municipales.
Jean-Luc Mélenchon, en l'occurrence, il s'est excusé. On peut vous poser une question en 10 minutes.
J'essaie d'y répondre.
Il s'est excusé, Jean-Luc Mélenchon. Il s'excuse rarement. Est-ce que quand même, ça c'est un marqueur, qu'il regrette ce qu'il a fait ? Cette blague, ce mot Glucksmann, Glucksmann, alors qu'on sait pertinemment qu'il sait... Ça n'était pas une blague. Il sait qu'il s'appelle Raphaël Glucksmann.
Ça n'était pas une blague. Il est député européen.
On ne peut pas imaginer qu'il ne sache pas qu'il s'appelle Glucksmann, Raphaël Glucksmann.
Vous avez lu visiblement le communiqué de Jean-Luc Mélenchon. Il s'est excusé parce que dans ce meeting, il a fourché sur plusieurs noms, dont le nom de notre tête de liste, Mickaël Hidrach, qui était là juste à parler avant Jean-Luc Mélenchon à Perpignan, celui de Mme Spielbuth, d'autres noms, dont celui de M. Glucksmann. Il s'en est excusé pour ne pas qu'il y ait de confusion. Et aussi pour dire que s'il y avait des gens qui avaient été blessés par ça, par le fait qu'il est fourché là-dessus, il ne voulait pas qu'il y ait d'ambiguïté. Et donc il voulait arrêter cette politique. Le problème, c'est que ça arrive trois jours après,
Epstein, Epstein. Là, il n'y a pas de confusion. Epstein, Epstein, jeudi soir, une blague sur la prononciation en disant que... En s'interrogeant sur... Mais ce n'est pas une blague là non plus. Et trois jours plus tard, ce mot sur Bushman, ça ne peut pas être un hasard. Vous entendez que personne ne croit au hasard dans cette affaire. Pas par vous, mais puis non personne.
Mais je ne crois pas à des hasards, ce n'était pas des blagues. Sur l'affaire Epstein, M. Jean-Luc Mélenchon en a parlé, pour dénoncer le fait qu'on avait plus parlé de la prononciation de ce nom, y compris que du fond de l'affaire. Je rappelle que le groupe parlementaire de la France Insoumise, nous sommes les seuls à demander une commission d'enquête sur ce vaste réseau de pédocriminalités et d'ingérences politiques qui peut toucher, y compris jusqu'à des personnalités françaises.
Jean-Luc Mélenchon, il est en train de plomber la France Insoumise en ce moment, avec toutes ces polémiques.
Vous avez beaucoup de questions, mais vous ne me laissez pas beaucoup y répondre.
C'est parce que vous répondez longtemps. Ben oui. Est-ce qu'il est en train de plomber la France Insoumise avec toutes ces polémiques à répétition, qui éclipsent à cause de ces polémiques la campagne et tout ce dont vous voudriez parler en ce moment ?
Je pense que ça fait des années que sur les médias, on m'interroge de cette façon-là. Ce que je peux vous dire, c'est que Jean-Luc Mélenchon, dans ces meetings, il rassemble des centaines et des milliers de personnes qui viennent nous voir et qui comptent sur nous pour les 15 et 22 mars pour l'élection municipale.
Merci Clémence Guettet. Merci. Vous restez avec nous en studio. Mais comme chacun,
Clémence Guetté