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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 28 juin 2012 9 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

François Baroin

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Qu'espérez-vous du Conseil européen qui s'ouvre aujourd'hui à Bruxelles ?

  • 0:45RelanceRéponse directe

    Que faudrait-il faire avec l'Allemagne ? Faudrait faire semblant d'être d'accord, même si ce n'est pas vrai ?

  • 2:33OuverteRéponse directe

    On parle de l'UMP ? François Baroin ? Comme vous voulez, je suis à votre disposition.

  • 3:46OuverteRéponse directe

    Que se passe-t-il à l'UMP, François Baroin ? Est-ce que c'est le bal des ambitions qui s'est ouvert ou la révélation de divergences de fonds sur le discours, le positionnement qui doit être celui de votre parti ?

  • 5:09OuverteRéponse directe

    Ma question, c'est qu'est-ce qui se passe en ce moment dans les échanges d'amabilité entre vous ?

  • 5:35FerméeRéponse directe

    Il n'y a pas de vraie divergence de fond entre dirigeants de l'UMP sur ce que doit être le positionnement de l'UMP ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34PrésentateurFait
    « Nous nous avions proposé la TVA sociale, le gouvernement a changé, un nouveau pouvoir est en place, il annule cette proposition. »
  • 0:56Invité politiqueFait
    « On entend la plupart des leaders de l'UMP déplorer depuis plusieurs semaines les mauvaises relations entre Paris et Berlin. »
  • 2:23Invité politiqueFait
    « Continuer comme ça, comme le fait M. Hollande, à vouloir titiller les jarrets de Mme Merkel, c'est certain que l'on va vers une aggravation de la crise, et non pas une résolution de la crise. »
  • 2:41Invité politiqueFait
    « François Hollande a réussi à établir un consensus autour d'un pacte pour la croissance et l'emploi. Ce n'est pas un succès ? »
  • 3:26PrésentateurFait
    « Ce n'est pas vrai, c'est du recyclage. C'est du recyclage sur des reliquats de fonds structurels européens qui existent. »
  • 4:48PrésentateurFait
    « Nous ne devons pas nous éloigner de cette ligne. Nous devons ressourcer ce pacte fondateur. »
  • 6:23Invité politiqueFait
    « Le vrai problème, c'est le coût du travail dans notre pays. »
  • 6:59Invité politiqueFait
    « ce que Jean-Pierre Raffarin a appelé un inventaire »
  • 7:51Invité politiqueFait
    « l'UMP a perdu toutes les élections depuis 5 ans, régionales, cantonales, européennes, municipales, sénatoriales. »

Temps de parole

  • Présentateur83 %
  • François Baroin17 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour François Baroin, qu'espérez-vous du Conseil européen qui s'ouvre aujourd'hui à Bruxelles ? Déjà une meilleure entente franco-allemande, la définition d'un triptyque sur le maintien de la consolidation budgétaire, c'est-à-dire la réduction des déficits quand on a une crise de la dette, qui est la grande leçon de la crise de 2009, qui est on ne dépense plus à crédit de l'argent qu'on n'a pas, ça doit être confirmé. La poursuite de la solidarité européenne est indispensable pour préserver l'intégrité de l'euro. Et puis sur la croissance, que chaque pays à la mesure de son économie dise la solution qu'il propose.

Nous nous avions proposé la TVA sociale, le gouvernement a changé, un nouveau pouvoir est en place, il annule cette proposition. J'attends aussi de lire quelles seront les propositions en matière d'économie française à travers ce pacte européen.

0:45
François Baroin

Mais je m'arrête sur votre premier souhait, une meilleure entente franco-allemande. On entend la plupart des leaders de l'UMP déplorer depuis plusieurs semaines les mauvaises relations entre Paris et Berlin. Que faudrait-il faire avec l'Allemagne ? Faudrait faire semblant d'être d'accord, même si ce n'est pas vrai ?

1:01
Présentateur

Il faudrait déjà pas recevoir, me semble-t-il, ce qui pour un chef d'État est quand même très curieux, et je trouve que c'est passé à la trappe, les leaders de l'opposition qui contestent votre homologue, puisque François Hollande a reçu les socialistes allemands à l'Elysée, probablement du jamais vu. Je pense qu'il faut que François Hollande parle au français, là aussi on l'a peu dit. A qui s'est-il adressé François Hollande alors qu'on était en campagne législative ? Il a parlé aux Grecs, à la télévision grecque, il est allé en Italie, il a parlé aux Italiens. Quand est-ce qu'il a parlé aux Français de la réalité, de la situation ?

Il n'y a pas d'avenir, pour résumer, aller à l'essentiel, pour l'Europe, sans une entente parfaite entre la France et l'Allemagne. L'Allemagne, c'est la première économie européenne, c'est le premier contributeur au fonds européen, c'est en quelque sorte le premier créancier européen, il n'y a pas d'avenir sans entente avec elle. On a essayé... Et s'il y a des désaccords ? Il faut les mettre sous le tapis ? Il faut, comme je le disais, faire semblant ? S'il y a des désaccords, la pire des méthodes, c'est de prendre l'opinion publique internationale à témoin pour acter les désaccords entre la France et l'Allemagne.

Parce que ça, les Chinois se frottent les mains, et en même temps ça les inquiète, les Etats-Unis ne comprennent pas le fonctionnement, les Brésiliens s'interrogent, et ça affaiblit l'Europe, ça la tire vers le bas, on l'a vu au dernier G20. Donc de toute façon, il n'y a pas d'avenir sans une entente réelle, sincère, sans un pacte franco-allemand. C'est la seule solution et c'est la seule réponse. Continuer comme ça, comme le fait M. Hollande, à vouloir titiller les jarrets de Mme Merkel, c'est certain que l'on va vers une aggravation de la crise, et non pas une résolution de la crise.

2:33
François Baroin

Il n'y a pas eu de succès dans cette stratégie ? François Hollande a réussi à établir un consensus autour d'un pacte pour la croissance et l'emploi. Ce n'est pas un succès ?

2:43
Présentateur

Mais ce pacte pour la croissance et l'emploi, c'est quand même l'une des grandes habiletés de François Hollande. Il faut lui rendre en tout cas les droits d'auteur de sa malice suprême, d'avoir été l'inventeur du terme de la croissance, comme si tous les chefs d'État avant lui étaient contre la croissance. C'est absurde. Il y avait un pacte. Le pacte de décembre, l'accord qui fait la consolidation budgétaire, actait le fait que chaque économie n'étant pas au même niveau, chaque pays devait apporter sa contribution. Qu'a fait la Chine ? La Chine a avancé sur le chemin d'une meilleure convertibilité de sa monnaie. Qu'ont fait les États-Unis ?

Eux, ils n'ont pas de problème puisqu'ils ont leur banque fédérale qui achète toutes les dettes. Donc leur seul problème, c'est de trouver un accord pour savoir quel est le montant du plafond de leur dette. Dans l'accord initial, il n'y avait pas l'enveloppe pour les grands projets qu'il y a aujourd'hui. Qu'a fait la France ? Ce n'est pas vrai, c'est du recyclage. C'est du recyclage sur des reliquats de fonds structurels européens qui existent. En partie du recyclage. Non. Et ensuite, il va y avoir une recapitalisation de la manque européenne d'investissement qui était déjà prévue. Donc il n'y a strictement rien de neuf sous le soleil.

Il y a simplement un habillage, un cosmétique certainement plus habile puisqu'au final, François Hollande a gagné.

3:46
François Baroin

On parle de l'UMP ? François Baroin ? Comme vous voulez, je suis à votre disposition. Je suis très heureux d'être là. Nous aussi. Que se passe-t-il à l'UMP, François Baroin ? Est-ce que c'est le bal des ambitions qui s'est ouvert ou la révélation de divergences de fonds sur le discours, le positionnement qui doit être celui de votre parti ?

4:04
Présentateur

Bon, l'UMP... D'où vient l'UMP d'abord ? Je crois que ce n'est pas inutile de rappeler. L'UMP a été conçu avant 2001 dans l'hypothèse d'une défaite des municipales. A l'époque, c'était Jospin qui était au pouvoir, Chirac qui était président. C'était une idée d'Alain Juppé, de Jérôme Monod. Chirac était plutôt réservé. Sarkozy aussi. Moi-même, Aliot-Marie, Debré. On était plutôt réservé. Ça a été une victoire. On a remis le dossier dans le tiroir. Et en 2002, que se passe-t-il ? Jean-Marie Le Pen est au second tour de l'élection présidentielle. Quelle est la réponse politique voulue par Chirac et Juppé à l'époque ?

Et finalement, tous les leaders de la droite de l'époque, ça a été de rassembler les forces de droite et du centre pour à la fois apporter une réponse politique à notre électorat et en même temps signifier par là même le refus des extrêmes. Nous ne devons pas nous éloigner de cette ligne. Nous devons ressourcer ce pacte fondateur. Nous devons retravailler probablement sur le projet européen. On vient un peu de l'évoquer. Et nous devrons ensuite être une opposition responsable, si possible intelligente, en tout cas structurée à l'égard du gouvernement héros. Donc, la situation...

5:06
François Baroin

Ce n'est pas ma question, mais c'était intéressant quand même, mais ce n'était pas ma question.

5:09
Présentateur

Ma question, c'est qu'est-ce qui se passe en ce moment dans les échanges d'amabilité entre vous ? Franchement, c'est de la petite bière par rapport à ce qu'on a vécu. Sauf que moi, ça fait 20 ans que je fais de la politique, j'ai traversé toutes ces étapes. J'ai été dans l'opposition en 1997. J'ai connu 1998 avec un Front National plus élevé. Donc, la situation, elle est moins importante. Et les amabilités, franchement, après si des fêtes, c'est normal qu'il y ait quand même quelques semaines où on essaye de se dire les choses.

5:33
François Baroin

Pour répondre à ma question, il n'y a pas de vraie divergence de fond entre dirigeants de l'UMP

5:36
Présentateur

sur ce que doit être le positionnement de l'UMP ? Non, il n'y aura pas de diverses positions lors de l'UMP. L'UMP est un parti de gouvernement à vocation à diriger le pays. Nous avons vocation à gagner les prochaines élections intermédiaires et nationales. Et nous avons vocation à offrir, d'une part, un éclairage auprès des Français sur ce que fait le gouvernement héros et le président Hollande pendant ces cinq ans. Et nous avons vocation à construire un projet d'alternance sur la question des valeurs. Il faut les ressourcer sur la partie européenne, puisqu'il s'est passé quand même beaucoup de choses. Donc on devrait faire un choix.

Le statu quo est difficilement envisageable, puisque le statu quo continue d'effectuer l'effet domino sur les pays en difficulté. Donc il faudra bien voir de quelle manière on va vers plus d'intégration, et donc aussi plus de démocratisation. Voilà un élément sur lequel nous devons discuter sur le plan économique. Nous sommes nombreux, en tout cas moi, à la lumière de mon expérience sortie de Bercy, je pense que le vrai problème, c'est le coût du travail dans notre pays. Donc comment trouver quelque chose qui permette de baisser le coût du travail sans altérer le modèle social ?

Et sur les valeurs, au final, je ne connais pas un dirigeant, il n'y en a pas un, quelle que soit sa génération, qui souhaite de près ou de loin nouer un accord ou une alliance avec quelconque extrême. Non mais il y a des nuances, on va en reparler.

6:47
François Baroin

Et pour reconstruire la droite, est-ce qu'il faut soulever le capot, regarder précisément ce qui n'a pas marché, à la fois durant le quinquennat Sarkozy et durant la campagne du président sortant, ce que Jean-Pierre Raffarin a appelé un inventaire ?

7:02
Présentateur

Moi je ne suis pas dans le droit d'inventaire, et je suis d'autant plus à l'aise que je ne suis pas un Sarkoziste historique. Et je suis un Chiracien, j'étais porte-parole de Chirac en 1995, quand Nicolas Sarkozy était porte-parole de Baladur, il m'est arrivé dans les trois premières années d'émettre un certain nombre de réserves sur la nomination du président de la télé, sur l'OTAN, sur l'identité nationale. Mais j'ai participé et j'ai été impressionné par la folle énergie hors normes que Nicolas Sarkozy a mis au service de la défense des intérêts du pays et la protection des Français. Et donc quand on a appartenu à un gouvernement, on est solidaires de tout.

Moi je suis fier d'avoir appartenu à son gouvernement, et j'intègre l'ensemble du bilan de Nicolas Sarkozy. Vous renflouez le Titanic, vous remontez dessus et vous repartez droit devant ? Ce n'est pas le Titanic. Le Titanic c'est le PS en 1993 où il en rède 60.

7:51
François Baroin

Je vous rappelle que l'UMP a perdu toutes les élections depuis 5 ans, régionales, cantonales, européennes, municipales, sénatoriales. Alors évidemment le résultat est législatif.

8:00
Présentateur

Vous me permettrez de rappeler qu'il a fallu 100 ans pour revoir le Titanic. Nous on est encore là, vous m'invitez, on est 200, donc il y a des raisons d'espérer. Il y a eu des brèches, il faut effectivement les renflouer. On est à flot, on est dans l'opposition, c'est un fait. On a perdu 6 élections des régionales en effet jusqu'aux législatives. Une crise sans précédent a impacté l'ensemble des gouvernements. Aucun chef d'Etat n'a pour l'instant résisté à cette crise. Nous devons rendre hommage à Nicolas Sarkozy sur la manière dont il a monté le niveau à la présidentielle. C'est lié à son énergie hors normes qui nous a permis de revenir 200.

Il aurait fait un score plus faible, on serait peut-être plus que 60 ou 70.

8:36
François Baroin

François Barouin, invité de France Inter jusqu'à 9h moins 5. On vous retrouve dans quelques minutes sur d'autres sujets d'actualité. Puis on parlera aussi de la situation à l'UMP avec vous. Et les questions des auditeurs de France Inter. 01 45 24 7000.