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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 28 juillet 2025ContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & international

Droits de douane: l'interview en intégralité de Patrick Martin, président du MEDEF

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que, comme François Bayrou, c'est un jour sombre pour vous, aujourd'hui ?

  • 1:00RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous choque dans ce contenu au-delà de l'humiliation ?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    On a l'impression que c'est un peu comme ça, que le deal s'est conclu. C'est-à-dire que si on n'avait pas 15, on aurait eu 30.

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Pourquoi l'Europe est incapable de faire valoir sa puissance et ses droits face aux États-Unis ?

  • 5:00RelanceRéponse partielle

    Comment vous expliquez qu'avant même cette négociation, des chefs d'entreprise aient pris les devants en allant aux États-Unis ?

  • 6:30RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous dites que c'est moins vrai pour des sacs Vuitton ou des médicaments ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Patrick MartinFait
    « Il n'y a pas d'accord signé. Les États membres vont devoir valider, maintenant. »
  • 1:30Patrick MartinFait
    « Ursula von der Leyen n'est pas habilité à s'exprimer pour compte commun des pays membres de l'Union européenne sur des achats de gaz, sur des achats d'armement, sur des investissements. »
  • 2:00Patrick MartinChiffre
    « La Commission européenne s'était armée, bien sûr, avec l'assentiment des pays membres pour prendre des mesures sur 97 milliards d'euros d'importation américaine. »
  • 3:00Patrick MartinFait
    « Il n'y a pas de réciprocité, vous l'avez signalé vous-même, alors que... »
  • 4:30Patrick MartinFait
    « Certains pays plutôt dans l'Est de l'Europe sont sous le parapluie militaire américain. »
  • 5:30Patrick MartinFait
    « L'aéronautique est un enjeu pour l'Allemagne, pour la France, pour l'Espagne. »
  • 7:00Patrick MartinFait
    « Théoriquement, on va gagner en visibilité et en stabilité, parce que c'est vrai que cette épée de Damoclès de droit pouvant monter jusqu'à 200% était extrêmement stressante. »
  • 9:00Patrick MartinPromesse
    « Il faut que l'Europe actionne, menace en tout cas d'actionner des mesures anti-coercition, comme son droit le lui permet dorénavant. »
  • 16:00Franck BoisysPromesse
    « On pourrait imaginer une mesure de rétorsion disant « la fête est finie, désormais vous payerez plus d'impôts sur les bénéfices en France ». »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Il est 20h30, bienvenue. Si vous nous rejoignez sur BFM TV, c'est l'une des principales informations de la journée. L'Union Européenne et les États-Unis ont mis fin à la guerre commerciale qui dure depuis des mois.

Un accord signé en Écosse par la présidente de la commission Ursula von der Leyen, la commission européenne, et Donald Trump. Les produits européens, dans leur immense majorité, seront taxés à 15% lorsqu'ils arriveront aux États-Unis. Mais pour l'instant, l'Europe n'impose pas de réciprocité à ses droits de douane.

Alors, une grande question. Quelles conséquences, évidemment, pour les entreprises européennes et françaises ? Pour en parler, j'accueille Patrick Martin.

Bonjour. Bonjour. Président du MEDEF, première organisation patronale de France.

Franck Boisys, bonsoir, journaliste économie à Libération. Et puis, toujours Thierry Arnault, qui nous accompagne, éditorialiste international BFM TV. Patrick Martin, est-ce que, comme François Bayrou, c'est un jour sombre pour vous, aujourd'hui ?

Oui, c'est un jour sombre, mais je voudrais apporter une précision. Il n'y a pas d'accord signé. Les États membres vont devoir valider, maintenant.

Je ne sais pas si c'est sombre, mais il y a encore beaucoup de zones d'ombre. Ursula von der Leyen n'est pas habilité à s'exprimer pour compte commun des pays membres de l'Union européenne sur des achats de gaz, sur des achats d'armement, sur des investissements. Donc, tout ça mérite d'être clarifié.

Non, mais il y a un premier point que je voudrais souligner. Ça relève presque de l'humiliation que la présidente de la Commission européenne se rende à la convocation du président Trump en Écosse sur un domaine privé appartenant à Donald Trump pour un entretien qui, d'évidence, a été assez bref entre deux parties de golf. Je trouve que, pour la fierté européenne, c'est une offense.

Après, bien sûr, il faut parler du contenu de ce qui a été, semble-t-il, contractualisé. Qu'est-ce qui vous choque, justement, dans ce contenu, au-delà de l'humiliation ? Eh bien, il n'y a pas de réciprocité, vous l'avez signalé vous-même, alors que...

Donc, pour être très clair...

La Commission européenne s'était armée, bien sûr, avec l'assentiment des pays membres pour prendre des mesures sur 97 milliards d'euros d'importation américaine. Le droit européen permet des mesures anti-coercition, par exemple, réserver un certain nombre de marchés à des fournisseurs européens. Et rien de tout ça, à ce stade, n'est activé.

Donc, moi, je partage la réaction d'un certain nombre de décideurs politiques français, mais également d'entrepreneurs français et européens, pour dire que si les choses sont bien ce qui nous a été annoncé, ça n'est pas admissible. Mais est-ce qu'en fond, on a les moyens d'avoir mieux ? Parce qu'on a l'impression que c'est un peu comme ça, que le deal s'est conclu, si j'ose dire.

C'est-à-dire que si on n'avait pas 15, on aurait eu 30. Et finalement, on a cédé pour obtenir le moins mauvais deal possible, parce qu'on n'avait pas les moyens d'obtenir davantage. Et le rapport de force était défavorable à l'Europe, de fait. – Alors, ça aurait pu être pire pour l'anecdote.

Moi, j'étais à Cognac le 13 mars. Nous nous assayions pour une réunion avec les producteurs de Cognac. Par définition, nos téléphones ont sonné.

Le président Trump venait d'annoncer 200% de droits de douane sur le Cognac. Alors évidemment, il y a une forme de soulagement pour celles et ceux qui étaient les plus exposés à ces mesures douanières. Mais je ne suis pas d'accord avec vous.

Je ne suis pas d'accord avec vous. Le vrai problème, c'est que l'Europe, qui est quand même le premier marché mondial, qui est la deuxième puissance économique mondiale, ne réussit pas à se mettre d'accord avec elle-même pour faire valoir sa puissance et ses droits. – Pourquoi l'Europe est incapable de faire valoir sa puissance et ses droits face aux États-Unis ? – Parce qu'il y a des interférences qu'on peut comprendre.

Par exemple, certains pays plutôt dans l'Est de l'Europe sont sous le parapluie militaire américain. Et donc, on sait que le président Trump ne recule devant aucun argument et a pu les menacer de retirer ce parapluie militaire, ce qui, dans les circonstances actuelles, serait extrêmement grave. Ensuite, il y a d'une filière à l'autre des intérêts qui ne sont pas forcément les mêmes.

Il se trouve que ces filières sont plus ou moins représentées d'un pays à l'autre. Par exemple, les spiritueux, pour l'Allemagne, ce n'est pas un enjeu considérable. – Les voitures, mais la voiture, c'est notre histoire. – Il faut peut-être en parler. – Les voitures, à contrario.

L'aéronautique est un enjeu pour l'Allemagne, pour la France, pour l'Espagne, pour partie, pour l'Iran. – Pas de rontoine, ce n'est pas de rontoine. – Voilà.

Et donc, il a fallu, à sa décharge, il a fallu que Ursula von der Leyen navigue, en quelque sorte, entre des intérêts par filière, des intérêts par pays. Mais tout ça n'a pas permis d'afficher une position suffisamment robuste, alors qu'objectivement, intrinsèquement, l'Europe a les moyens de tenir une position robuste. – Oui, mais Patrick Martin, on entend votre cour, votre déception.

Si on reste sur le plan strictement français, comment vous expliquez qu'avant même que cette négociation n'ait eu lieu, un certain nombre d'adhérents du MEDEF, de chefs de grands groupes cotés en bourse, aient pris les devants en allant soit dans le bureau Oval pour annoncer des investissements assez importants aux États-Unis, je pense à LVMH ou à Sanofi, ou avant même que les négociations n'aient eu lieu également, aient demandé à ce qu'un accord soit trouvé pour éviter une incertitude commerciale ? – Non, alors ça a été suffisamment souligné. Théoriquement, on va gagner en visibilité et en stabilité, parce que c'est vrai que cette épée de Damoclès de droit pouvant monter jusqu'à 200% était extrêmement stressante pour bon nombre d'entreprises, bon nombre de secteurs d'activité.

Les investissements, les annonces au fait État n'ont rien à voir avec ce sujet. – 600 milliards de dollars d'investissement. – Je fais référence au cas individuel que vous avez évoqué.

J'espère bien que les grandes entreprises françaises, et d'ailleurs de plus petites, continueront à investir aux États-Unis. Que voulez-vous ? – Mais quand elles vont investir aux États-Unis, M.

Martin, c'est bien pour éviter d'avoir à exporter leurs produits et à s'acquitter de droits de douane. – Mais pourquoi dites-vous ça ? Comment voulez-vous produire du champagne ou du cognac aux États-Unis ? – Non, mais pour ce qui est des médicaments, par exemple ? – Comment voulez-vous exploiter des terminaux portuaires américains depuis la France ou depuis l'Europe ?

C'est dans l'ordre des choses, et c'est tant mieux que les entreprises françaises investissent aux États-Unis. – Est-ce que vous dites est moins vrai pour des sacs Vuitton ou des comprimés destinés à soulager le mal à la tête ? – Mais attendez, ces entreprises sont de longue date implantées aux États-Unis. – Oui, mais elles ont annoncé un renforcement.

Donc ce sont autant de centres de recherche ou d'unités de production, M. Martin, qui ne seront pas localisés sur le territoire France ? – Qu'est-ce qui vous fait dire que c'est au détriment d'investissements en France et en Europe ? – Ce qui est sûr, c'est que dans cet accord, c'est que les arbres ne montent pas jusqu'au ciel et qu'à partir du moment où un grand groupe décide de prioriser s'investissement sur un territoire, il ne le fera pas sur un autre.

Ça semble ressortir une certaine logique. – Je vous repose la question, qu'est-ce qui vous permet d'affirmer qu'ils priorisent leurs investissements aux États-Unis ? Les États-Unis, c'est un énorme marché, plutôt dynamique, plutôt riche.

Il est dans l'ordre des choses, qu'un groupe multinational soit multinational dans ses implantations. – Mais d'une manière générale, Donald Trump s'est quand même vanté de recevoir bientôt 600 milliards de dollars d'investissements supplémentaires aux États-Unis. Et c'est évidemment des investissements qui n'auront pas lieu sur le sol européen. – Ne me mettez pas en position d'accusé, pour commencer. – Je vous ai souligné. – J'ai souligné tout à l'heure que Mme von der Leyen n'était pas habilité à s'engager sur des investissements d'acteurs privés. – Non, non, je parle de Donald Trump, ce sont ses annonces à lui. – Premier point.

Ensuite, quand vous regardez la tendance des investissements européens aux États-Unis, c'est de cet ordre-là. Est-ce que ça se traduirait par une accélération ? – Rien ne le dit. – Donc c'est un effet d'annonce, on investirait quoi qu'il arrive, 600 milliards en trois ans.

C'est ça que vous nous dites ce soir. – Pas quoi qu'il arrive, mais enfin, je ne vous apprends rien en vous disant que Donald Trump fait du Donald Trump. Il veut s'attribuer le bénéfice d'un énorme deal ultra favorable aux États-Unis.

Moi je pense qu'il faut prendre un petit peu de recul. Ça n'enlève rien au fait que je déplore, que le Medef déplore que l'Union européenne n'ait pas su se mettre d'accord pour avoir une position beaucoup plus ferme, beaucoup plus exigeante dans cette négociation. – Quelle conclusion vous en tirez ? – Et quand vous regardez les réactions des patronats européens, y compris du patronat allemand, ce sont des réactions critiques à l'égard de l'Union européenne.

La conclusion que j'en retire… – Il faut dénoncer l'accord ou il faut l'accepter en disant qu'il est… – Il faut continuer à négocier. Par exemple, il semblerait qu'il n'y ait pas de droit de douane sur les spiritueux, à tout le moins il faudrait que ça s'applique au vin également. Et ce n'est pas neutre pour la France, mais pour d'autres pays. – Mais je crois que cet épisode très fâcheux doit être le dernier coup de ce monde.

Je veux dire par là que l'Europe aurait été quand même plus confortable dans cette négociation si elle avait depuis des années, et en tout cas depuis les derniers mois, en appui sur le rapport Draghi, en appui sur le rapport l'État, approfondi son marché intérieur. On parle de 15% de droit de douane avec les États-Unis. Le FMI a chiffré que les mesures protectionnistes qui existent à l'intérieur de l'Union Européenne, des mesures souvent non tarifaires, ça représente 44% de droit de douane sur les biens, 110% sur les services.

Donc commençons par nous occuper de nous-mêmes, par aller beaucoup plus loin dans l'intégration européenne, et le jour venu on pourra tenir tête que ce soit aux Chinois ou aux Américains. – Une question pour Thierry Arnault. Il y a un grand absent de la journée, c'est Emmanuel Macron.

On a entendu quasiment toute la classe politique française s'exprimer de manière négative. D'ailleurs c'est assez rare, mais d'une seule voix, que ce soit à l'extrême gauche, à l'extrême droite ou dans le gouvernement. Pourtant Emmanuel Macron c'est lui qui est chargé de négocier avec les partenaires européens.

Ursula von der Leyen l'avait déjà trompé en quelque sorte avec l'accord sur le Mercosur. Qu'est-ce qui lui reste comme marge de manœuvre aujourd'hui au niveau du Conseil européen ? – Oui, il a beaucoup été dans l'incantation, vous avez raison.

Je me souviens du président de la République expliquant qu'on était dans un monde désormais, il y avait des herbivores et des carnivores et il fallait être du bon côté. On a l'impression que c'est plutôt les Européens qui sont les herbivores aujourd'hui, malheureusement. Il y a encore beaucoup de choses.

En fait le paradoxe c'est que cet accord, il y a beaucoup d'effets d'annonce dedans, mais il y a plein de choses qui ne sont encore pas fixées, qui ne sont encore pas claires du tout. D'abord il y a effectivement un certain nombre de catégories de produits pour lesquelles il va falloir définir ou confirmer des pourcentages de droits de douane. Et ensuite il y a un aspect un peu baroque qu'on ne comprend pas très bien, c'est-à-dire que comment la présidente de la Commission européenne peut s'engager sur 200 milliards d'investissements par an ?

Ce n'est pas elle qui investit. – Acheter aussi 750 milliards d'énergie américaine, ça fait partie des engagements. – Qui investit aux États-Unis et qui achète le gaz et le pétrole, ça n'est pas la Commission européenne et d'ailleurs ça n'est pas même l'État français ou le président de la République, ce sont les entreprises.

Donc elle prend des engagements, et c'est ça qui est un peu curieux encore une fois, et baroque dans la configuration et dans les annonces de cet accord, c'est-à-dire qu'elle prend des engagements qui ne relèvent pas de sa responsabilité, c'est le moins qu'on peut en dire. Donc la conclusion de tout ça, pour répondre simplement à votre question, c'est que l'accord, on le connaît dans ses grandes lignes désormais, mais il y a encore beaucoup de choses à négocier et à clarifier. – Je me permets d'ajouter qu'on a des contrats d'approvisionnement de gaz avec le Qatar, avec les Émirats arabes, avec l'Algérie, avec la Norvège, va-t-on dénoncer ces contrats au motif qu'il faudrait s'approvisionner plus aux États-Unis ?

Non, ça n'enlève rien à ce que je disais tout à l'heure, 750 milliards de dollars d'approvisionnement en gaz naturel liquéfié, c'est exactement, sur trois ans, c'est exactement le rythme de nos approvisionnements actuels auprès des États-Unis. – Donc là encore, effet d'annonce finalement de Donald Trump. Vous parliez des zones d'ombre aussi.

Qu'est-ce que vous espérez encore entrevoir ? Qu'est-ce qu'on peut encore sauver finalement ? – Par exemple, il y a une zone d'ombre sur l'acier et l'aluminium, puisqu'il a été dit qu'il y aura un quota en deçà duquel ce serait bien 15% de droits de douane qui s'appliqueraient, et au-delà duquel ce serait 50%.

Il va falloir négocier ce quota. Donc il y a bon nombre de sujets qui restent à préciser. Je pense que l'Union européenne peut encore renégocier pour imposer, pour imposer une extension des secteurs d'activité pour lesquels il n'y aurait pas de droits de douane. – Justement à cet égard, est-ce que vous seriez partisan pour revenir au début de ce que vous nous disiez autour de cette table ?

Est-ce que pour ces dernières négociations qui vont finaliser les choses, à ce moment-là, l'Europe sort en quelque sorte l'arme lourde, c'est-à-dire la menace de 93 milliards de prélèvements, la menace d'une sortie des entreprises américaines, des appels d'offres européens ? Est-ce que vous en appelez officiellement et publiquement à ce qu'on utilise ce genre de mesures pour faire pression dans la négociation ? – Bien sûr.

Alors ça semble-t-il déjà été fait, mais d'évidence de manière assez peu efficace. Alors après, il faut qu'on soit très prudent, parce que disons les choses, on a vis-à-vis de certains fournisseurs américains, notamment dans le digital, mais ça peut être vrai à l'égard de certains fournisseurs chinois, dorénavant une situation de dépendance. Donc il ne faut pas fanfaronner non plus en disant, messieurs les majeurs du digital, on va vous interdire d'exercer en Europe, on ne sait pas faire sans eux.

Donc c'est de la dentelle fine. Mais oui, il faut que l'Europe actionne, menace en tout cas d'actionner des mesures anti-coercition, comme son droit le lui permet dorénavant. – Patrick Martin, pour être un peu plus concret, on a compris que cet accord n'était pas encore appliqué, que ça allait prendre sûrement des semaines et des mois.

Concrètement, aujourd'hui, si les choses restent en l'état, quelles sont les filières qui vont être les plus menacées, les plus en difficulté par ces droits de douane ? – L'automobile. – Je viens de parler de la sidérurgie et de l'aluminium.

La pharmacie, on ne sait pas exactement ce qui va se passer. Enfin voilà, il y a toutes sortes de secteurs, enfin la majorité des secteurs. – Avec quelles conséquences ? – Les conséquences, il y a des études très savantes, deux études en particulier qui ont été publiées par un grand quotidien du soir, qui démontrent, on le savait, que les principales victimes, ce seront les consommateurs américains.

Ensuite, par ordre d'apparition sur scène, ce seront les importateurs américains et enfin les producteurs européens. Donc il ne faut pas désespérer qu'à un moment donné, comme ça s'est vérifié au printemps, le marché américain lui-même réagisse et signifie au président Trump, à son administration, qu'il faut savoir ne pas aller trop loin. – Franck Boazis, comment l'Union européenne doit réagir ?

Est-ce qu'on a encore des marges de manœuvre ? Par exemple, je pensais aux taxes sur les GAFA ? – Il y a effectivement des marges de manœuvre, parce que prenant par exemple l'exemple des GAFA, alors Patrick Martin nous dit qu'on est extrêmement dépendant des services qu'il propose et de la technologie.

N'oublions pas que dans le même temps, l'Europe est le premier marché pour ces entreprises. Et donc ces entreprises du digital peuvent difficilement faire aujourd'hui sans les consommateurs européens. Est-ce qu'on imagine un Google ou un Apple ne pas vendre ses services ou ses produits sur le marché européen ?

Donc la relation, le rapport de force peut exister, notamment avec l'arme fiscale. On va prendre un exemple assez concret. Aujourd'hui, la plupart des GAFA payent leurs impôts en Europe, dans un pays qui s'appelle l'Irlande, auprès duquel l'impôt sur les bénéfices est à 12,5% contre 25% dans ce pays.

On pourrait imaginer une mesure de rétorsion disant « la fête est finie, désormais vous payerez plus d'impôts sur les bénéfices en France, et ça ferait peut-être réfléchir les GAFA qui eux-mêmes sont assez affluents à la Maison-Blanche et pourraient transmettre le message. » Donc tout ce qu'on attend finalement aujourd'hui, on va peut-être se rejoindre avec Patrick Martelatio aujourd'hui, c'est une réelle volonté politique d'en découdre et de dire le côté poignée de main et puis je tapote sur la main en disant « c'est bien d'être devenu la première partie de golf » pour imaginer un autre décorum, un autre mode de relation dans lequel le marché européen dise « on va peser de tout notre poids ». Merci beaucoup à tous les trois.

Merci Patrick Martin de nous avoir accordé cette réaction sur les droits de douane et on comprend donc qu'on risque d'en reparler sur ce plateau parce que les choses ne sont pas faites même si la déception, on l'a compris, est assez importante pour vous ce soir. Merci d'avoir été sur BFM TV. Merci.