Programme d'Emmanuel Macron - JT de France 2
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'actualité immédiate d'abord, François Fillon est plus affaibli que jamais, c'est une bonne nouvelle pour vous ? - Je ne suis pas là pour me réjouir de ce ce qui se passe chez les uns ou les autres, je suis là pour présenter un projet, le défendre, convaincre et demain présider. - C'est un de vos adversaires directs...
C'est un de mes adversaires directs mais ce qui se passe est mauvais pour la vie politique française en général et l'Etat de droit en France. Pour ce qui est du fond de cette affaire et donc de ce qui relève de la justice, cela concerne François Fillon et ses juges, pour ce qui est de notre vie démocratique, les Français jugeront, simplement le vote n'est pas une absolution. - Si Alain Juppé était candidat à la place de François Fillon est-ce que ça changerait la donne pour vous, vous aviez reconnu des convergences avec lui ? - Vous savez, je n'ai jamais été dans le commentaire politique, je suis dans l'action politique.
Donc je ne vais pas me perdre dans le commentaire de la politique-fiction. Toute cette campagne depuis des semaines, en raison de ce que, François Fillon et Marine le Pen ont à vivre en termes de démêlés judiciaires, est rythmée par les perquisitions, les affaires, etc Nous avons dans quelques semaines un choix historique à faire parce que notre pays est face à des défis qu'il n'a jamais connus à ce point : la menace terroriste, les sujets de sécurité, la transformation numérique, la transition écologique et environnementale... le jour d'après on ne parlera plus de ces affaires mais les Françaises et les Français auront le nouveau président qui aura à présider donc moi je souhaite qu'on parle du fond et de la vie quotidienne de nos concitoyens. - Sur votre conception des choses, si vous étiez mis en examen, est-ce que vous renonceriez à être candidat ?
Oui, de la même façon que dans le principe, un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu'il est mis en examen. Vous savez, devenir président de la République c'est être le garant des institutions dans notre constitution. ça veut dire être celui au delà de l'action qu'il a à mener, de ce qu'il a à dire qui garantit la dignité de notre vie publique et le bon fonctionnement de nos institutions.
Pensez-vous que c'est possible lorsqu'on a soi-même des démêlées qui préexistaient, je ne crois pas. - Alors sur ces questions de moralité, vous êtes vous-même interpellé, écoutez ce que vous demande, au moins implicitement, Aurélie Filippetti, l'une des porte-parole de Benoît Hamon. Voilà, il dit soit les gros donateurs dévoilent leur nom, soit on n'accepte pas leur don. - Parce que vous êtes grand donateur de Benoît Hamon, comme tous les téléspectateurs qui aujourd'hui nous écoutent, et de la plupart des autres candidats, de même tous les autres candidats, c'est le système politique français.
Ce que nous avons fait avec En Marche, personne n'y croyait au début, rappelez-vous nous avons pour la première fois créé un mouvement qui est financé par les dons des particuliers un vrai mouvement politique citoyens de refondation qui est financé depuis le premier jour non pas par les intérêts du grand capital comme cela vient d'être dit, ce sont les éléments de langage de nombre de candidats de l'extrême gauche à l'extrême droite. Je vais vous dire la réalité des choses : tous les donateurs qui ont fait ce mouvement, il y en a 20000, je ne dépends pas de l'un ou l'autre, ils ont tous donné entre un et 7500 euros. La médiane est de 50 euros Madame Filipetti parle à l'instant des donateurs de plus de 5000 euros, 2% des donateurs ont donné plus de 5000 euros, la liste de ces donateurs, qui ne sont que des personnes physiques, est transmise à la commission compétente qui aura à les examiner, simplement il y a, je suis au regret de le rappeler à une ancienne ministre et à beaucoup d'anciens dirigeants ou d'aspirants à la fonction présidentielle, il y a des lois dans notre pays et ces lois protègent la confidentialité.
Si vous m'avez donné de l'argent, vous n'avez pas envie que votre voisin de bureau le sache, d'ailleurs vous n'avez pas aujourd'hui, je pense que nos concitoyens n'ont pas envie que leurs voisins sachent ce qu'ils votent ou ce qu'elles votent. Eh bien c'est la même chose, la loi protège la confidentialité donc je n'ai pas le droit pour ma part, de les divulguer. J'ai demandé par contre à l'ensemble de celles et ceux, les vingt mille personnes qui ont donné au mouvement de le faire savoir eux-même, de le divulgue, ça je peux le faire, c'est à leurs mains.
Mais la vraie différence c'est que moi ce n'est pas l'argent public qui me finance. Il y a des économies d'impôt, mais ce ne sont pas des dotations, des subventions publiques. Et la vraie différence, quand on donne des leçons, il faut aller jusqu'au bout, c'est que depuis le premier jour où je mène cette campagne, j'ai démissionné plusieurs semaines avant de mes fonctions au gouvernement, j'ai démissionné de la fonction publique et donc je ne suis pas payé par le contribuable pour faire une campagne présidentielle Là où tous les candidats et candidates à cette élection de l'extrême gauche à l'extrême droite sot aujourd'hui payés par le contribuable pour vivre, mais pour faire un autre métier, celui de parlementaire national ou européen. - C'est un moment important pour vous : vous êtes depuis quelques jours le favori au moins dans les sondages, ça vaut ce que ça vaut, mais ça existe, alors c'est pas une garantie mais tout de même, vous êtes extrêmement jeune, 39 ans et beaucoup de ceux qui nous regardent ce soir se posent peut-être la question, est-ce que vous êtes prêt à diriger la France à 39 ans dans quelques semaines si vous gagnez ? - Est ce que vous pensez une seule seconde que si j'avais estimé ne pas être prêt, je me serais lancé dans cette conquête ? - Mais vous imaginez le défi que ça représente ? - Est-ce que vous pensez que je ne sens pas le poids sur mes épaules que je n'ai pas la part de gravité qui va avec l'attente de nos concitoyens ?
Est-ce que vous pensez que, lorsqu'on prépare un projet comme celui que j'ai présenté ce matin, et que je vais continuer à défendre, lorsque chaque jour on réunit dans des salles pour des rassemblements des femmes et des hommes qui ont envie d'autre chose, quand on va au-devant de celles et de ceux qui vivent des situations difficiles on ne mesure pas le poids que cela représente ? - Vous n'avez pas le vertige à l'idée de diriger la 5, ou 6ème puissance mondiale ? - Je n'ai pas le droit d'avoir le vertige, j'ai l'obligation d'être à la hauteur, si je pensais que je n'étais pas capable, je ne me serais pas lancé dans cette campagne présidentielle.
Et aujourd'hui je mesure la responsabilité qui est la mienne. - Vous savez ce qu'on dit de vous, on dit que vous êtes un séducteur, est-ce que vous êtes prêt à déplaire parce que présider, c'est trancher et c'est faire des mécontents ? - Vous savez, ce programme, d'ailleurs les mêmes qui disent que je suis un séducteur, répètent en même temps toutes les décisions difficiles qui sont proposées.
La réforme des retraites, pas celle de petits arrangements que monsieur Woerth a lui-même portée, une vraie réforme des retraites en profondeur qui revient sur les régimes spéciaux, nul ne l'a fait. Je la propose et je n'ai pas peur de me faire des ennemis ce faisant, parce que c'est transparent et juste. Les réformes profondes que je propose dans ce programme ce ne sont pas des réformes de séducteur, ce sont des réformes en profondeur que je veux faire et qui sont un appel à la responsabilité, et vous savez j'ai été deux ans ministre, pas plus, beaucoup moins que la plupart de celles et ceux qui passent leur journée à me critiquer, j'ai affronté les oppositions, j'ai affronté, là-aussi, des défis lorsque il a fallu faire une réforme du notariat, lorsqu'il a fallu réformer les chambres de commerce et d'industrie, beaucoup ont dit : "il faut pas toucher à ces choses-là, ce sont des intérêts acquis", nous l'avons fait, au parlement j'ai eu à vivre cela.
Je n'ai pas cherché à séduire, j'ai cherché à convaincre, c'est profondément différent parce que je respecte mes interlocuteurs. - Sur cette réforme des retraites, aligner le public sur le privé ça revient à ça, c'est inscrit dans un cadre plus global, mais ça revient à ça, beaucoup auront essayé, beaucoup vont penser, "personne n'y est arrivé", comment allez-vous y arriver ? - Quelle est la situation de nos retraites ?
Plusieurs réformes depuis 20 ans ont été faites, qui ont conduit à allonger la durée de cotisation, parfois réduire les pensions, mais la confiance dans le système de retraites s'est errodée. Aujourd'hui quand on demande en particulier aux plus jeunes s'ils pensent qu'ils auront une retraite, ils n'y croient presque plus. Notre système, il manque de transparence, personne ne le comprend, il n'est pas adapté aux changements de carrière, si vous passez du public au privé, les situations sont multiples et incompréhensibles et il est très injuste. - On dit, il y aura un million de personnes dans la rue... - Mais je crois que c'est profondément faux, d'abord parce que ce projet il est porté, je le présente, je le détaille, je l'assume, et donc si les Françaises et les Français décident de voter pour moi, ils sauront que dans le cadre de ce projet, il y a cette réforme, elle est indispensable.
Et donc, il y aura la légitimité du suffrage. En 95, vous aviez un président, pour lequel j'ai beaucoup de respect, Jacques Chirac, qui avait été élu sur la fracture sociale et qui quelques mois après a proposé un projet qui n'avait rien à voir avec le cadre de son élection, je fais l'inverse, il sera donc adopté. Par contre ce que je propose pour la retraite, je l'ai dit ce matin, c'est une réforme en profondeur qui va prendre du temps et donc je ne touche pas à la retraite de celles et ceux qui sont aujourd'hui retraités, leur retraite sera préservée, il n'y aura pas de perte de pouvoir d'achat, c'est essentiel, je ne touche pas à la situation de celles et ceux qui sont à 5 ans de prendre leur retraite, ils n'auront aucune conséquence de cette réforme.
Je ne propose pas, contrairement à d'autres dans cette campagne, un allongement de leur durée de cotisation, par contre, sur la base des travaux de la commission compétente qui depuis des années travaille, objective la situation de nos retraites, je créerai une instance transpartisane, parce que je veux que toutes les forces politiques soient réunies, avec les organisations syndicales et patronales pour concerter les paramètres de cette réforme. Ensuite une loi sera prise, et progressivement elle entrera en vigueur. Elle entrera en vigueur année après année, les plus jeunes dès le début rentreront dans ce système puis progressivement toutes celles et ceux qui auront à partir à la retraite et en disant l'ensemble des Françaises et Français auront ce nouveau système qui est un système simple : un euro cotisé quelque soit votre situation, votre statut, votre secteur d'activité, donne les mêmes droits, ce n'est pas le cas aujourd'hui. - Vous avez entendu François Langlet, il y a beaucoup de précisions sur les nouvelles dépenses, c'est beaucoup plus fou sur les recettes, est-ce qu'il est vraiment financé, votre programme ? - Ce ne sont pas des recettes, ce sont des économies, qui sont détaillées et donc il est financé. j'espère avoir l'occasion de poursuivre le débat... sans doute dans quelques semaines, mais sur ce sujet je propose un plan de 60 milliards d'économies. - Et vous dites chaque ministre va faire les siennes, sans rien préciser ? - C'est ridicule le système dans lequel un président de la république va expliquer le moindre bouton de guêtre sur lequel il fait des économies, ça n'est pas le lieu, ni le sens de la fonction.
Un chef d'entreprise d'un grand groupe ne va pas préciser lorsqu'il prend une chaîne de magasins, les économies qu'il va faire dans tel ou tel magasin. Il explique sa stratégie, il donne un cap, et il crée des responsabilités. Il y a dix ans, Nicolas Sarkozy avait essayé de faire des économies avec cette révision générale des politiques publiques, il n'y était pas parvenu parce qu'il était seul avec quelques fonctionnaires auprès de lui à porter cette contrainte, et chaque ministre avait pour rôle d'échapper à la contrainte de ne pas faire les économies.
Moi ce que je dis c'est simple : il y aura sur l'Etat, 25 milliards d'économies. Pourquoi ? une réforme en profondeur de la fonction publique, pour moderniser le statut, permettre d'ailleurs d'avoir une rémunération au mérite et de recomposer les choses avec des ministres qui sont chefs de leus administrations, et qui décident des choix budgétaires avec une contrainte que je leur donne.
Sur cinq ans, ils auront des économies à faire qui seront évaluées année après année, et un ministre qui ne sait pas faire des économies, est un ministre qui ne sait pas être ministre, parce qu'être ministre, ça n'est pas simplement commenter sur les plateaux, c'est véritablement conduire son administration, il y aura donc une évaluation annuelle mais il y a évidemment énormément d'économies que je détaille d'ailleurs dans le projet sur la partie Etat, sur l'organisation de la fonction publique, la modernisation de nos services publics, c'est pour ça que je prévois pour accompagner ces économies un plan d'investissement. Quand on développe le numérique, quand on investit dans des systèmes d'information qui sont plus performants, on fait énormément d'économies de fonctionnement, on peut ne pas renouveler tous les fonctionnaires, c'est ce que je dis, je pense qu'il y a au total environ 120 000 postes de fonctionnaires qui peuvent, durant le quinquennat à venir, ne pas être renouvelés, peut-être même davantage si on fait bien. Ensuite, il y a dix milliards d'économies sur le chômage, la transformation profonde que nous portons sur le fonctionnement du marché du travail, qui est une réforme en profondeur, vous l'avez évoquée, de simplification du droit du travail, la simplification du système des prud'hommes, la libération de l'entreprenariat et en même temps la réforme de l'assurance chômage et de la formation professionnelle sont de nature à réduire substantiellement le chômage et donc c'est l'hypothèse que je fais, parce qu'à côté de cela, je fais une réforme en profondeur, d'ailleurs dès les premières semaines, qui permettra un système de droits et devoirs beaucoup plus efficace et j'investi dans la formation de deux millions de Françaises et de Français, un million de jeunes peu qualifiés et un million de chômeurs qui aujourd'hui ne sont pas qualifiés et ne peuvent donc pas retrouver d'emploi.
Et donc cette hypothèse est robuste, par contre en matière de croissance, j'ai des hypothèses très prudentes, beaucoup plus que mes concurrents, et j'invite d'ailleurs chacune et chacun à aller sur notre site voir les hypothèses de croissance et la robustesse de toutes nos analyses. Et puis enfin, il y a 10 milliards d'économies sur les collectivités territoriales, ces dix milliards d'économies, je les fais là-aussi d'une manière inédite, je ne baisserai pas les dotations des collectivités territoriales, comme on l'a fait ces dernières années, je ferai un pacte de confiance avec celles-ci, je leur donnerai les moyens de faire des économies à travers des réformes structurelles, des suppressions de niveaux de collectivités, une simplification de la fonction publique territoriales, la possibilité si elles le souhaitent de sortir des rythmes scolaires, mais un engagement évalué année après année pour faire ces économies. C'est une nouvelle méthode, mais je cherche à présider, pas à gouverner chaque pan de l'action publique.
Emmanuel Macron