Lutte contre le narcotrafic : “le compte n’y est pas” selon Lecornu - L’édito de Yaël Goosz
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Un changement de pilotage aussi ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Il nous dit qu'on n'a pas tout essayé contre le narcotrafic.
- 3:00OuverteRéponse partielle
Quels sont nos angles morts ?
- 4:30OuverteRéponse partielle
Et sur les filières ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Ce qui m'importe, c'est qu'on retrouve les narcotrafiquants, expulser les Algériens en situation irrégulière...
- 8:30FerméeRéponse partielle
On attend votre conclusion.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30S.LecornuFait
« Il faut s'attaquer davantage aux consommateurs. Il n'y aurait pas de narcotrafic s'il n'y avait pas de consommation. »
- 3:30Y.GooszChiffre
« La consommation de drogues explose, notamment la cocaïne, plus 107 % en 8 ans. »
- 7:30Y.GooszChiffre
« L'enveloppe de l'aide publique au développement baisse, mais celle consacrée à la lutte antidrogue à l'étranger fait fois deux. Elle double. »
- 13:00N.BessoneFait
« Ce n'est pas la répression policière et la répression judiciaire qui sont importantes pour lutter contre l'offre et qui permettront de régler le problème du narcotrafic. »
- 13:30N.BessoneFait
« C'est un problème de santé publique. C'est la déconstruction de la consommation récréative. »
- 15:30N.BessoneFait
« Il faut déconstruire l'eldorado de l'argent facile. En tant que professionnel, ça se termine par la misère, la violence. »
- 18:00N.BessoneFait
« On pouvait qualifier ça de narcoterrorisme. Quand vous voulez prendre le contrôle d'un point de deal, vous allez rafaler à l'aveugle. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Merci d'avoir accepté notre invitation. Tout de suite, l'Edito de Y.Goosz.
Le ministre de l'Intérieur était venu l'annoncer il y a 2 semaines: un comité interministériel pour mener la guerre contre le narcotrafic. La réunion s'est tenue en fin de matinée autour du Premier ministre. S.Lecornu a tapé du poing sur la table. - Y.Goosz: Des ministres sermonnés.
S.Lecornu veut montrer qu'il est focus, concentré sur l'essentiel. Il a dit ceci. - M.Bouhafsi: Un changement de pilotage aussi? - Y.Goosz: C'est ce qu'on comprend quand on lit ceci. - M.Bouhafsi: Il nous dit qu'on n'a pas tout essayé contre le narcotrafic. - Y.Goosz: A l'approche de la présidentielle, si vous ne parlez pas répression, vous passez pour un laxiste.
Certains candidats veulent des militaires dans les cités, d'autres, un nouvel état d'urgence. Les deuils se suivent et se ressemblent, d'où l'approche globale prônée par le gouvernement. - S.Lecornu: Pardon de mettre les pieds dans le plat.
Il faut s'attaquer davantage aux consommateurs. Il n'y aurait pas de narcotrafic s'il n'y avait pas de consommation. - M.Bouhafsi: Quels sont nos angles morts? - Y.Goosz: La question du mal-être au travail.
La consommation de drogues explose, notamment la cocaïne, plus 107 % en 8 ans. C'est pour tenir la performance, les cadences dans le BTP, la restauration, l'hôtellerie...
Plus de formations en médecine du travail pour mieux détecter sans stigmatiser, en gardant le secret médical. E.Geffray est sommé d'accélérer en s'appuyant sur la mission de lutte contre les conduites addictives, apprendre aux ados à dire non grâce à des clips de prévention. - Y.Goosz: Le narcotrafic prospère là où la politique de la ville est en souffrance.
Une économie parallèle qui prend la place avec de l'argent sale. C'est l'enjeu d'un programme expérimenté à Nantes dans un quartier. Le suivi individualisé d'une vingtaine de jeunes était dans la réinsertion pour déconstruire ce mythe de l'argent facile. - M.Bouhafsi: Et sur les filières? - Y.Goosz: Dans un rapport de sénateurs, il y a encore pas mal de grain à moudre, notamment sur le numérique.
C'est là que tout se passe. Comment pénétrer les messageries cryptées? Sécurité ou liberté?
Est-ce qu'on laisse les enquêteurs infiltrer nos messageries? Montée en gamme dans la chasse aux têtes de réseaux qui sont à l'étranger. Ca veut dire un service de renseignement, dit-il, plus de coopération et plus de diplomatie, y compris avec l'Algérie. - J.-N.Barrot: Ce qui m'importe, c'est qu'on retrouve les narcotrafiquants, expulser les Algériens en situation irrégulière, que nos entreprises, notamment de l'agroalimentaire, puissent avoir des débouchés en Algérie et qu'on libère C.Gleizes. - Y.Goosz: L'enveloppe de l'aide publique au développement baisse, mais celle consacrée à la lutte antidrogue à l'étranger fait fois deux.
Elle double. - M.Bouhafsi: On attend votre conclusion. - Y.Goosz: Pour que ça marche, il en faudra beaucoup d'autres, des comités interministériels.
En refusant le manichéisme. Il n'y a pas d'un côté les durs qui démantèlent les réseaux et les naïfs de l'autre côté avec leur prévention. On a besoin de tout le monde. - M.Bouhafsi: N.Bessone, votre parole est rare.
Vous êtes le procureur de la République de Marseille. On dit que Marseille est devenue le laboratoire de la lutte contre le narcotrafic. Vous êtes aux avant-postes de cette lutte.
On va revenir sur vos méthodes et vos résultats. Vous diriez, comme le Premier ministre, que face à la menace du narcotrafic, le compte n'y est pas? - N.Bessone: Je pense, comme le dit le Premier ministre, qu'on a besoin d'une approche globale.
Ce n'est pas la répression policière et la répression judiciaire qui sont importantes pour lutter contre l'offre et qui permettront de régler le problème du narcotrafic. C'est un problème de santé publique. C'est la déconstruction de la consommation récréative.
Pour que ce marché soit si important, c'est qu'on a énormément de toxicomanes dans ce pays. - A.Bégot: Il faut s'attaquer aux consommateurs? - N.Bessone: C'est interdit.
Il y a le consommateur festif qui doit être sanctionné, dissuadé de consommer, puis le toxicomane, qu'il convient de soigner. Il faut avoir une politique de santé publique. Ce n'est pas qu'une approche policière et judiciaire.
C'est une problématique de société. Vous avez parlé d'économie parallèle. On a parlé pendant des années d'économie souterraine.
C'est une économie parallèle. C'est une contre-société qui existe dans les cités. - M.Bouhafsi: Vous allez à Marseille, vous allez voir ce qui se passe.
Vous voyez quoi? Ce sont des gamins de 10 ou 11 ans qui sont des chouffes? - N.Bessone: Il faut déconstruire l'eldorado de l'argent facile.
En tant que professionnel, ça se termine par la misère, la violence. Ils sont utilisés comme des chairs à canon et ça se termine par la mort. Pour nos jeunes dans les cités, il faut que la perspective ne soit pas soit d'être footballeur professionnel...
C'est niche. Ou narcotrafiquant...
Il faut une approche sociale et sociétale. Nous le mettons en oeuvre à Marseille, notamment avec la mairie, les associations, pour briser l'omerta. Dans les cités, les gens ont envie de vivre librement de leur travail. - M.Bouhafsi: Il y a un sentiment d'abandon. - N.Bessone: Oui. - Y.Goosz: Et la peur de parler. - N.Bessone: C'est la reconquête républicaine, libérer la parole des gens.
Ce qu'on met en oeuvre avec le tissu associatif et la mairie, c'est de reloger les gens qui parleraient. Le risque vital est engagé pour eux. Toute cette approche globalisante me paraît importante.
J'ai cru comprendre qu'il y avait le ministre de l'Education, le ministre de la Santé et le ministre du Travail...
C'est une approche globale qui nous permettra d'être plus efficaces dans cette lutte. - M.Bouhafsi: Vous parlez d'approche globale, de coopération.
Vous avez voulu montrer, en organisant une conférence avec le procureur de Nice quelques jours auparavant, le 11 mai...
Dans le quartier des Moulins à Nice, des tirs ont fait des blessés. Cette fusillade n'était pas faite pour terroriser. Il y avait une volonté de tuer y compris des passants? - N.Bessone: Absolument.
On avait connu ça à Marseille en 2023 et 2024. Ca s'exporte malheureusement à Nice. Nous avons récupéré le dossier.
Ce qui nous paraissait important avec le procureur de Nice, c'était de faire cette conférence de presse commune pour dire que dans l'articulation entre les juridictions de droit commun et les juridictions spécialisées, nous travaillons en complète coordination. Il existe désormais le parquet national anticriminalité organisée. Par cette conférence de presse, nous voulions montrer la mobilisation de la justice dans toutes ses composantes pour lutter contre le phénomène. - M.Bouhafsi: Il y a quelques années, on entendait: "Ils se tuent entre eux." Là, ce sont des passants.
On a franchi un cap? - N.Bessone: On a de plus en plus de victimes collatérales.
On pouvait qualifier ça de narcoterrorisme. Quand vous voulez prendre le contrôle d'un point de deal, vous allez rafaler à l'aveugle. C'est ce qui s'est passé à Nice.
Les 2 personnes décédées sont complètement étrangères au trafic de stupéfiants. C'est encore plus insupportable. A Marseille, nous avons été fortement impactés par l'assassinat de la jeune Socayna, qui révisait ses cours de droit quand elle a reçu une balle perdue.