Raphaël Daubet : « Les départements ruraux subissent directement la désertification médicale »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Allez, on revient sur toutes ces actualités avec vous Raphaël Dobet. Bonjour. Je le rappelle, vous êtes donc sénateur RDSE du Lot.
RDSE, c'est ce groupe centristat composé à majorité euh de radicaux. Nous avons sélectionné trois titres de presse régionale que nous allons regarder ensemble. Tout d'abord, il y a West-Fance, un hommage poignant.
La cérémonie d'hier était vibrante et spectaculaire, écrit le titre ce matin avec par exemple le chanteur de Eagles of Death Metal, le groupe qui se produisait au Bataclan qui chantait hier avec un cœur composé de rescapé et de victimes. À laune de la Provence, il y a ce titre abattu en plein jour, le journal qui revient sur et bien la mort du frère d'Amine Kisassi. Je l'ai évoqué dans le journal, ce militant écologiste et donc son frère qui a été tué par balle hier en plein jour.
Et enfin beaucoup plus léger dans cette actualité très lourde ce matin, je vous le concède, c'est la Charante Libre qui revient sur et bien le festival de la BD d'Ang d'Angoulem. Il faut sauver le festival de la BD, l'avenir de ce festival qui est en suspend à 2 mois de son ouverture. Parmi ces trois, laquelle choisissez-vous ?
Raphaël Dobet ? Je pense que d'abord bonjour, merci de votre accueil. Je pense que si je fais preuve de de sérieux et de gravité, évidemment, je choisirai l'hommage Poignant qui a eu hier qui est à mon avis le grand le grand moment de l'actualité de ces derniers jours.
D'accord. Et mais bon, les autres unes sont intéressantes aussi. J'ai un festival de BD, vous savez, à Martel chez moi dans ma petite commune et et vous êtes auteur aussi par mais bon, revenons sur ces cérémonies.
Qu'est-ce que vous en retenez ? On voyait dans le reportage de Fabiener l'émotion qui était très forte hier à Paris. Qu'est-ce que vous avez ressenti vous personnellement ?
Moi, je me rappelle comme si c'était hier de ce jour-là, j'étais en campagne électorale pour les régionales, les élections régional et nous avions tenu une réunion publique ce jour-là dans un restaurant d'une petite ville et et à l'issue, nous étions à table, heureux et et joyeux après cette réunion publique. S'était bien passé. et je me rappelle de cette annonce qui est tombée sur nos sur nos téléphones portables.
J'étais à côté de Martin Malville, ancien président de la région, ancien ministre et je me souviens de la sidération qui a été la nre, l'effroid. Euh on a compris tout de suite évidemment que la campagne électorale était terminée, qu'elle serait plus la même et surtout on a ressenti un sentiment de vulnérabilité. Voilà, très très profond.
Euh on s'est senti vulnérable, on s'est senti touché en en plein cœur de ce que nous sommes et et je dois dire que ce sentiment ne m'a jamais vraiment lâché par la suite. J'ai souvent repensé à ces attentats. À chaque fois que j'étais dans une foule, à chaque fois que j'étais dans une manifestation, euh j'étais poursuivi encore hanté par ce souvenir. 10 ans après ces attentats, qu'est-ce que vous diriez qui a changé en France et chez nous ?
Je crois que on a évidemment découvert, je le disais, la la liberté qui était la nôtre, cette liberté et cette insouciance à partir de 2015 s'est vraiment transformé en un sentiment de vulnérabilité. Et donc euh disons après, c'est toujours, vous diriez on s'est pas remis de cette fragilité. Non, on a toujours ce sentiment que la sécurité euh euh la sécurité publique, l'ordre public euh doit être euh préservé en permanence.
On a une inquiétude vis-à-vis de ça. Or, je pense que euh justement liberté et sécurité doivent s'enraciner dans la République et on doit pouvoir euh renouer avec une forme d'insouciance qu'on avait avant qu'on a qu'on a un peu perdu. Alors, à propos de ce que nous disent les les victimes euh de leur difficile reconstruction, je propose d'écouter Arthur Des nouveaux rescapé du Bataclan et le président de l'association Life for Paris.
On écoute un extrait de son discours hier. J'aurais aimé vous dire que l'espérance nous avait porté mais c'est faux. Elle ne trace aucun chemin.
Les Grecs nous l'avaient d'ailleurs bien dit. Elle faisait partie des mots de la boîte de Pandore. Au fond, nous victimes, nous n'avons rien d'autre à vous proposer qu'une exigence, celle de vivre en société selon les valeurs et les lois qui ont fait de la France et de sa démocratie un modèle.
Nous n'avons pas de remède contre la claustrophobie de ce présent que le passé n'éclaire plus et dont le futur semble insais. Mais nous avons appris une chose, on ne défend bien que ce qu'on aime. Défendre la vie dans ce qu'elle a de plus beau, c'est refuser de céder à la peur.
En matière de de valeur, ce que nous dit Arthur des nouveaux, c'est c'est très important aussi une fois que cette boîte de pandore de l'horreur a été ouverte, il faut maintenant vivre avec ce malheur. Il faut vivre avec ce malheur mais tout à fait. Et je pense qu'il faut en effet continuer à défendre ce qu'est notre modèle démocratique, ce que sont nos valeurs humaniste et il faut il faut pas céder justement à la peur à l'envie d'une forme de repli de repli sur soi euh ou d'excès de ziles sécuritaires qui nous conduirait en fait à perdre en en qualité de vie.
Est-ce que vous diriez vous êtes inquiet du niveau de la menace terroriste le ministre de l'intérieur cette semaine au Sénat qui parlait au séances de question d'actualité au gouvernement d'une menace endogène des personnes radicalisées de plus en plus jeunes donc endogène c'est-àdire qui viennent voilà qui qui ont grandi en France. On n' pas encore vaincu hein ce terrorisme islamiste. Vous le dites.
On est d'accord là-dessus ? Bien sûr et on n'est pas prêt de le vaincre. À mon avis, ça va durer encore longtemps.
Il faut que ce terrorisme fasse l'objet d'une vigilance particulière. Mais je crois que le ministre de l'intérieur s'est justement exprimé sur le sujet cette semaine et l'importance de la coopération internationale. Je veux le redire parce que le ministre de l'intérieur l'a dit aussi dans l'hémicycle, mercredi au moment des QAG, question gouvernement, la coopération avec des pays comme l'Algérie par exemple qui reprend, c'est aussi une manière de lutter contre le risque terroriste.
Allez, on en vient à un deuxième grand thème dans cette émission. Nous allons évoquer l'état d'esprit des maires en France à quelques jours de l'ouverture de leur congrès qui se tient à Paris la semaine prochaine. On va en parler avec Muriel Fabre.
Elle est secrétaire générale de de la MF, l'association des maires de France. Elle est également maire de l'Appertime dans le Barin. Bonjour à vous madame Fabre.
Le CVIPOF, le centre de recherche de sciences pour Paris qui publie ce matin une nouvelle enquête commandée par l'association des maires de France et intitulée malgré un goût d'inachevé, les maires repartent au combat. Dans l'étude, on apprend que 6 maires sur 10 envisagent de se représenter. C'est plus qu'en 2019, à la même période avant les élections municipales.
Comment est-ce que vous analysez ces chiffres et le moral des maires qui donc a priori repart à la hausse cette année ? Mais en fait, c'est vrai que on a été agréablement hein surpris de de voir que nombre de mères souhaitent se renouveler, mais c'est toujours à la hauteur des des chiffres et d'une analyse un petit peu un petit peu plus précise parce que on sait que un un point important notamment sur le fait de se renouveler ou en tout cas de poursuivre ses mandats, c'est l'âge. Et il est vrai que en fonction effectivement du du taux de de nos retraités entre guillemets ayant atteint 65 ans et plus, il peut aussi avoir cet effet entre guillemets de renouvellement supérieur pour pour ce mandat 2026.
Donc il faut vraiment qu'on soit dans la précision dans ce cadre-là. Mais euh mais c'est vrai que ça ça dénote aussi euh cet esprit euh d'ailleurs qui est noté en terme introductif de cette enquête, très combatif en fait des des maires de manière de manière générale. Alors, on ne fait pas fille des difficultés, on sait très bien quels seront les enjeux à partir de de 2026 et que l'on vit déjà euh actuellement, mais euh c'est vrai que il y a toujours cette volonté de faire, d'agir au quotidien et je trouve que ça dénote vraiment en fait l'esprit d'abnégation que qu'on toujours nos nos collègues ma quotidien.
Ouais. Voilà. Et au moment où vous vous exprimez, on voit effectivement ces chiffres très différents en fonction de l'âge effectivement des maires sur les l'idée ou pas de repartir.
Évoquons un instant les maires qui décident bien de se représenter. Les deux premières raisons invoquées dans l'étude, c'est la logique de projet, c'est-à-dire de mener à bien un projet ou lancer un projet pour la commune et l'autre, c'est la logique de l'intérêt général. On se dit deux bonnes raisons en fait de repartir.
Mais effectivement, je pense que ça ça montre euh toute la passion finalement qu'on qu'on les qu'on les met au au quotidien pourrer pour pour leurs concitoyens. ils ventr au quotidien pour le quotidien d'ailleurs et et faire aujourd'hui un projet mettre en place en fait des politiques publiques qui répondent euh de manière très précise, de manière très pertinente sur leur commune et sur leur territoire, c'est vraiment ce qui nous rassemble de de manière de manière générale et c'est tout c'est tout à notre honneur et c'est tout à l'honneur des des élus locaux qui ont fait preuve finalement tout au long de cette mandature de de gestion efficace malgré en fait la succession des de crise. Ils ont toujours été là en première ligne à vouloir faire, à vouloir agir, à pouvoir répondre même d'ailleurs en l'absence de de réponse de de l'État.
Et on a vraiment démontré que les communes étaient un pôle de stabilité et c'est cela que que démontre aussi finalement cette enquête que les maires sont vraiment là pour l'intérêt général pour servir tout simplement. Et alors Muriel Fabre, du côté des maires qui ne veulent pas repartir, les raisons invoquées, c'est l'idée de reprendre la main sur leur vie personnelle et familiale. L'autre raison, c'est d'avoir accompli leur mission.
Mais je pense qu'il faut il faut pas faire non plus des des difficultés qui sont celles de la conciliation de la vie familiale ou de la vie professionnelle avec avec une vie d'engagement de mère. On le sait en général c'est pas du temps partiel, c'est c'est du 24h sur 24. Ça prend énormément de temps et parfois au au détriment où on sacrifie une autre partie de de sa vie.
Donc donc c'est vrai que ça fait partie des des propositions du travail qu'avait fait d'ailleurs l'association des maires de France pour améliorer les les conditions d'exercice du mandat. C'est aussi ce qu'on en attend dans le cadre de de la PPL actuellement en cours en cours de lecture et aujourd'hui il y a il y a il y a besoin aussi de de comprendre que euh c'est un sacerdoce qu'on le fait évidemment avec envie et avec pugnacité mais qu'il y a encore des il y a encore des freins. Par contre le sentiment d'avoir euh fait son devoir c'est extrêmement important.
Ça démontre ce qu'on en a dit tout à l'heure, c'est qu'effectivement les les élus sont là pour faire pour agir et pas pour servir leur intérêt personnel, ce que l'on peut parfois avoir comme regard sur le politique mais que l'on a pas évidemment sur le maire qui reste l'élu de confiance. Ouis, effectivement, la proposition loi sur le statut l'élu qui continue son parcours parlementaire ces jours-ci. Quit de la question des violences.
Selon le rapport depuis 2020, les violences symboliques, numériques et physiques, je cite, se sont d'abord envolées puis légèrement stabilisés, mais les chiffres restent effrayants. On est d'accord ? Est-ce que vous pouvez les les détailler, les commenter pour nous, s'il vous plaît ?
Mais je pense qu'effectivement, on a on a dès l'origine he dès 2020, l'association des maires de France avait mesuré en fait cette cette montée des des violences qui heureusement c'est s'est stabil stabilisé mais qui reste inacceptable et inconcevable. Alors, il y a évidemment les les violences les violences physiques. C'est celle euh je dirais dont on parle parle le plus.
Mais euh aujourd'hui, cette mondée des incivilités, c'est-à-dire tout ce que l'on peut avoir par rapport à à la diffamation, ce que l'on peut aussi avoir sur euh sur les réseaux sociaux parce que c'est vrai qu'on on s'est beaucoup euh armé de d'éléments de communication, mais forcé de constater que ces réseaux sociaux sont aussi sources de de tension où finalement on a une mystérisation des propos où l'on peut où on se sent parfois libre de dire tout sur tout et de manière très très désagréable très injurieuse. Et aujourd'hui, on voit effectivement que la majorité des maires finalement ou en tout cas des élus locaux a eu à un moment donné en fait une situation de violence essentiellement verbale et qu'il nous appartient aujourd'hui de de de dénoncer. Mais il y a aussi cette difficulté aujourd'hui parce que nous sommes les lieux de confiance parce que nous sommes aussi en proximité.
Euh nous sommes finalement la représentation euh globale de l'autorité euh qu'elle soit locale mais qu'elle soit aussi nationale. Et on sent aussi que les tensions parfois qui sont euh liées en fait à des euh difficultés euh de de de débat au niveau national à des incompréhensions de politique publique menées euh d'un point de vue national se répercute aussi sur le sentiment que l'on peut avoir de cette représentation, cette représentativité entre entre guillemets. Donc je pense qu'il faut à la fois dénoncer systématiquement en fait toutes tous ces actes de violence.
Il y a vraiment eu un travail de de fond là-dessus. Armer aussi, pardonnez-moi l'expression, mais armer aussi nos nos élus dans ce cadre là et c'est tout le travail que l'on fait avec les formations, notamment avec le GGN et le et le RAID et surtout analyser de manière plus profonde les les causes pour pouvoir y répondre de manière très claire et très précise. Merci Muriel Fab.
Restez avec nous un instant s'il vous plaît. Raphaël Dob, qu'est-ce que vous voulez dire aujourd'hui à ces représentants des maires à la MF à la veille de l'ouverture de de leur congrès ? Quelles sont les remontées de terrain que vous avez dans le lot de vous sur l'état d'esprit ?
Alors, c'est à peu près les mêmes. Moi, je veux les remercier d'abord hein, nos représentants de la MF, ils sont très présents et ils défendent bien le les maires et cette fonction d'élus qui est si magnifique. Moi, les remontées de terrain, d'abord je je suis heureux de voir que l'engagement local a toujours cette vigueur et et c'est très profond parce que vous savez, j'ai été maire pendant des années, je sais ce que c'est.
C'est passionnant d'être maire, c'est très difficile. C'est vrai, c'est euh un engagement total mais en même temps, c'est passionnant et donc je suis pas très surpris et je le ressens aussi dans mon département. Après euh il faut il faut être attentif quand même au maire et je le dis parce que ils sont sortis tout de même et saurés euh de ce mandat qui a été complexe entre la crise sanitaire et le reste.
Ils ont le sentiment d'achat aussi Ouais. Ils ont le sentiment à la fois de pas avoir ça qu'on entend par sentiment je crois le sentiment de pas avoir eu tout à fait les moyens financiers et humains dont ils auraient eu besoin pour mener à bien leur action publique et les projets qu'ils avaient pour les communes. C'est ça.
C'est ça les projets. C'est de l'action publique et euh et en même temps, attention, on leur met sur les épaules beaucoup de responsabilités. H ils sont un peu les derniers pieds de la République.
Chacun s'accorde à dire que finalement le maire bénéficie d'une forme de légitimité et de crédibilité dans la société que les autres élus ont perdu, y compris les parlementaires dont je suis. Euh il faut faire attention à eux parce que c'est vrai et ils sont un point de repère pour nos concitoyens mais ils doivent être aussi protégés. Et je pense que l'instabilité pardon vous en prêt.
Je pense que l'instabilité politique les ne les ne les rassure pas et je les sens inquiet aussi. Et et vous regrettez que le texte sur le statut de l'élu prenne autant de temps à voir le jour. On est sur une proposition de loi, donc c'est deux lectures par chambre.
Ça aurait pu aller beaucoup plus avec un projet de loi et là on voit que même à l'Assemblée nationale, il faut encore attendre pour pour voir l'examen. C'est oui mais la les procédures démocratiques législatives sont toujours très longues. C'est vrai trop longues.
C'est un texte il faut le dire aussi quand même qui ne va pas révolutionner le statut des maires et la difficulté dont on parlait tout à l'heure la conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle justement. Et mesures oui, il y a quelques mesures mais mais néanmoins ça restera un sujet hein et la vie d'élu ça restera un sujet. D'accord.
Muriel Fab juste un dernier mot avant de de vous quitter. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur le congrès des maires qui tient la semaine prochaine ? Quelle va être la tonalité ?
Qu'est-ce qu'on peut en attendre ? Je pense que le l'objectif déjà de du Congrès des MES, c'est d'être évidemment là pour rappeler et et alerter sur tout ce qui aujourd'hui trouble notre efficacité au au quotidien. Donc nous, ce qu'on souhaite d'abord et avant tout, c'est retrouver notre capacité d'agir.
Et c'est vrai, ça a été dit hein, face à à cette recentralisation financière. On souhaite retrouver du souffle et une autonomie dans ce dans ce cadre-là, mais on on souhaite aussi que cette bureaucratie excessive qui nous qui nous étouffe au quotidien soit enfin conclue par des actes de de simplification et ce que l'on souhaite tout simplement en fait c'est un peu plus de de liberté et c'est ce que l'on va démontrer tout au long de ce congrès. Merci Muriel Fabre d'avoir été en notre compagnie ce matin et donc public sna qui bouleverse son antenne à partir de lundi pour suivre le congrès des maires de France.
Des émissions spéciales seront à vivre. toute la semaine sur l'antenne de public Sénat. Merci à vous.
Raphaël Dobet, on en vient à votre proposition de loi adoptée la semaine dernière. Vous avez présenté un texte qui crée une nouvelle profession médicale assistant de santé bucodentaire. L'idée c'est de libérer du temps médical aux chirurgiens dentistes.
Quel était le constat de départ ? C'est de dire que il y a de graves problèmes d'accès à un dentiste dans de nombreux départements en France. Oui, en fait c'est difficile d'obtenir un rendez-vous et les délais explosent.
Euh nos concitoyens ont beaucoup de mal à obtenir un rendez-vous même pour un simple contrôle ou un simple détartrage et donc il s'agissait de libérer du temps médical pour les chirurgiens dentistes, c'est-à-dire euh leur permettre de se consacrer à des tâches euh un peu techniques, un peu difficiles et permettre que d'autres professionnels de santé qui seront ces assistants en santé bucodentaire puissent les aider dans une forme de délégation de tâche. Qu'est-ce que votre proposition de loi crée véritablement ? On le dit, un nouveau métier, mais pourquoi est-ce qu'il fallait passer par une proposition de loi ?
Pour pourquoi fallait passer par un texte de loi ? En fait, cette proposition de loi, vous savez, elle invente pas grand-chose. Ça existe déjà, c'est un métier qui existe déjà sous une forme un peu différente à l'étranger, au Canada, en Belgique, en Allemagne, qu'on appelle des hygiistes dans légèrement différent.
Mais cette proposition de loi, elle était attendue par la profession depuis des années. Euh et puis elle avait été elle avait fait l'objet de dans la loiiste d'une déjà d'une première volonté politique mais qui n'avait pas pu about 2023. Oui, pas pu se transformer en en des raisons juridiques et techniques dans lesquelles je vais pas rentrer.
Mais donc il fallait réécrire une loi et donc créer en effet cette nouvelle profession qui exercera sous le contrôle sous la responsabilité d'un chirurgien dentiste mais qui pourra aussi aller en dehors du cabinet faire des actions de prévention dans les ÉPADES dans les maisons de retraite ou dans les écoles. Justement écoutons la ministre à ce sujet parce que le gouvernement a dit soutenir la proposition de loi la semaine dernière en séance. Écoutez donc Charlotte Parmentier Leco qui représentait le gouvernement en séance jeudi dernier.
Vous l'aurez compris, le gouvernement soutient très fortement les dispositions que vous proposez dans cette proposition de loi. En effet, elle répond à un double enjeu fondamental. Le premier enjeu est celui de l'équité territoriale.
Le second enjeu, c'est celui de l'accès à la prévention. Nous savons que la prévention bucodentaire est à la fois moins coûteuse, moins invasive et plus efficace à long terme que la prise en charge de pathologies installées. Voilà, on est au cœur du sujet la question de la prévention qui est très importante.
Il fallait il faut aussi passer par là pour prendre ce voilà ce tournant radical vers la prévention en matière de santé. Bah oui, c'est un des grands combats que nous avons à mener. C'est ce virage préventif qu'on doit faire prendre à notre modèle social. pas facile et en matière dentaire, bucodentaire, il y a évidemment quelque chose à faire parce qu'on sait que la prévention empêche si vous voulez la perte des dents des maladies des des genenscives qu'on appelle des parodontites et donc il y a un vrai sujet, je suis chirurgiste de profession donc je connais un peu le sujet mais il y a une vraie utilité à la prévention et ça coûtera beaucoup moins cher.
Donc c'est aussi ça cette ambition qui est portée par ce texte. Et je reviens au début de cette interview, on disait il y a un euh vraiment un sujet très important avec la question de la santé bucodentaire parce que c'est un révélateur des fractures sociales et territoriales aussi dans notre pays. Et donc vous qui avez été dentiste de profession, vous les avez vu concrètement ces fractures sur le terrain.
Oui, bien sûr. J'ai j'ai vu ces fractures. Moi, j'ai été dans un département qui n'est pas un désert médical mais mais qui comme beaucoup de départements ruraux éloignés des grandes villes subit un phénomène d'érosion de ses effectifs.
Forme de désertification médicale, on peut le dire. Euh et donc oui, j'ai vu des salles d'attente pleines à craquer, j'ai vu des rendez-vous qu'on peut pas honorer parce que le téléphone sonne en permanence. Donc je sais la difficulté pour les professionnels d'assumer cela et pour nos concitoyens surtout euh d'obtenir un rendez-vous.
Donc je suis pas sûr, pardon, mais je suis pas sûr que cette proposition de loi euh soit une baguette magique qui va résoudre définitivement le problème en France. Mais en tout cas, elle est certainement un élément facilitateur qui viendra solutionner une partie du problème. Et quand nos concitoyens ont des problèmes avec ces problèmes de santé de des dents, de la bouche, vous le dites aussi, c'est c'est ensuite toute une vie qui est bouleversée pour pour ces français.
Vous avez tenu un plidoyer comme ça, même un plédoyer pour le sourire en en séance. On vous a entendu. J'ai Merci.
Oui, j'ai essayé d'expliquer l'importance de la bouche et l'importance du sourire. Et en effet, je rappelle, il y a des enjeux physiologiques que tout le monde connaît et et l'état de santé de la bouche reflète toujours l'état de santé général et donc c'est très important. Mais il y a aussi des effets psychologiques et des effets sociologiques et et en effet, il y a une forme de sociologie du sourire.
Le sourire est un instrument dans la vie quotidienne, dans la vie de tous les jours et il faut permettre que chacun puisse en arboré un dont il soit fier. Ouais. Et un dernier mot sur les propositions de loi.
Une proposition de loi, c'est un processus très long. Il y a deux lectures par chambre. Quand est-ce qu'on peut voir la mesure être très concrète pour les les Français ?
C'est ce nouveau métier apparaître dans notre quotidien. Alors pour pour le coup là, ça sera un peu moins long que d'habitude puisque le gouvernement a engagé, vous le savez, une procédure accélérée. Donc il y aura qu'une lecture par chambre.
Et c'est ça en fait le soutien que le gouvernement apporte à ce texte. Il est très précieux. Il va permettre de raccourcir les délais de la procédure.
Super. Donc j'espère que d'ici quelques mois le texte sera passé à l'Assemblée. Et ce métier du coup dans nos quotidiens pour accélérer fait d'avoir des rendez-vous chez le dentiste.
Exactement. Allez, on en vient à l'actualité dans nos régions grâce à nos partenaires de la presse quotidienne régionale. Direction Limoge pour retrouver Olivier Chaperon, rédacteur en chef du populaire du centre.
Bonjour à vous Olivier. Vous, on va parler avec vous du moissant tabac et d'un message à destination des plus jeunes. Absolument parce que aujourd'hui, on constate que 100 millions de personnes vapotent dans le monde, donc 15 millions d'adolescents.
Alors, c'est énorme, ça fait 15 %, le calcul est vite fait. Et pour comprendre un peu le mécanisme, on a interrogé les auteurs d'une BD, Guillaume Coudret qui est journaliste d'investigation par ailleurs et Émilie Lambre qui est illustratrice. Alors, c'est pas vraiment une surprise, on connaît les pouvoirs de l'industrie du tabac qui est extrêmement active en matière de lobbying auprès des institutions.
Elle est pas moins en matière de marketing. Et à travers cette BD, on découvre un peu tous les rouages de de l'empire des des maniè du tabac et les les spécialistes parle même d'une conspiration de la part des des industriels du tabac. Euh alors, il y a deux héros dans cette BD qui vont mener une enquête pour essayer de comprendre quels sont quelles sont les arcanes de de l'industrie.
L'idée en fait, c'est de faire de de faire comprendre que les les jeunes sont délivérement ciblés par ces industries, bah afin de maintenir des profits hein de des entreprises en question. Et plus on avance dans dans le récit de CBD, plus on constate que en fait la vape et le tabac sont alliés plus que même liés. les industriels ont acheté les droits, euh les brevets, fabriquent eux même les produits qui sont liés à la vape euh et en même temps fabrique aussi des systèmes médicaux à travers notamment euh des inhalateurs qui permettent de soigner les malades.
Alors, une fois qu'on a compris tout ça, euh l'idée de la BD, c'est pas d'être moradiatrice he loin sans faux, bien au contraire, mais de faire comprendre aux jeunes les dangers de l'accoutumance. puisque faut savoir notamment que un fumeur fait h tentatives avant de parvenir à arrêter de fumer. Donc il y a un véritable enjeu de prévention en la matière.
Alors Olivier, vous avez une question spécialement pour notre sénateur ce matin. Absolument. Alors on sait que la production de tabac est en déclin.
Le Lot a été une zone particulièrement importante de production. Il y a encore une une dizaine d'années ont compté 135 producteurs. Aujourd'hui ils sont moins de 25 d'après les chiffres.
Comment on accompagne aussi euh ce tournant pour des producteurs qui euh faisaient une partie de de de leur chiffre d'aduction de tabac ? Alors, un tabac de qualité mais euh qui va tendre à disparaître a priori. Une réponse rapide, s'il vous plaît.
Écoutez, euh ça fait partie de l'érosion du monde agricole hein, qu'on observe. Il y a de moins en moins d'exploitants. C'est vrai que moi quand j'étais j'ai participé à à la récolte des feuilles de tabac quand j'étais étudiant, je faisais des jobs étudiant l'été.
Donc je connais bien le sujet mais en effet euh les agriculteurs se sont tournés dans le lot vers d'autres cultures, vers d'autres productions euh et notamment la noix, le noyer qui devient euh évidemment la production dans ma dans la vallée de la Dordogne la plus importante. Et bien merci merci Olivier. Je montre ce matin la une du populaire du centre.
On voit votre journal la vape piège à tabac pour les jeunes. Merci Olivier d'avoir été en notre compagnie ce matin et merci aussi à vous Raphaël Dobet d'avoir été dans cette émission votre première télévision. Voilà, onoup.
Merci à vous. [musique]
Raphaël Daubet