SNCF, aéroports : Le jackpot des grèves ? - Reportage 24.04.2024 #cdanslair
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« qui a endetté Casino de manière déraisonnable »
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« personne ne lui a demandé des comptes jusqu'à ce que le groupe échoue »
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Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air, c'est le plus grand plan social depuis le début de l'année. Le géant de la grande distribution, Casino, annonce la suppression de 1200 à 3200 emplois. Un choc pour cette enseigne née à Saint-Etienne en 1898. Avec Casino, c'est la suite d'une série noire de plans sociaux, de faillites d'entreprises, Habitat, Camailleux, Sanmarina, Célio, Sanofi et encore aujourd'hui, on vient de l'apprendre, Duralex, placé en redressement judiciaire, 230 salariés sont concernés, c'est dans le Loiret. Dans ce contexte, ce n'est pas une surprise, les chiffres du chômage ont cessé de baisser et repartent à la hausse.
Le retour du social avec des menaces de grève également avant les JO qui obligent le gouvernement à éteindre les incendies en urgence. Les contrôleurs aériens qui menaçaient de faire grève ont obtenu cet après-midi un accord qui n'empêchera pas toutefois de grandes perturbations demain dans les aéroports. Alors à la SNCF, la direction a cédé aussi à la pression et aux menaces de grève avec un accord, paraît-il, on va en parler, très généreux qui selon l'opposition permet même aux salariés de l'entreprise de s'extraire de la réforme des retraites. SNCF Aéroport, le jackpot des grèves, c'est une question, c'est le titre de cette émission.
Avec nous pour en parler ce soir, Dominique Seux, vous êtes directeur déléguée à la rédaction des Echos, vous êtes éditorialiste à France Inter. C'est-à-dire, citons votre édito de ce matin, Simplification, le double cerveau du gouvernement. On en reparlera aussi à la fin de l'émission. Gilles Dansard est avec nous ce soir, vous êtes journaliste spécialiste des transports et des questions de mobilité. Vous êtes rédacteur en chef du site Mobilêtre. Nathalie Saint-Cricq est avec nous. Vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. Je rappelle votre livre, L'ombre d'un traître aux éditions de l'Observatoire.
Enfin, Marcia Liu, vous êtes rédacteur en chef du service Économie et Social à RTL. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Bienvenue dans ce C'est dans l'air en direct. On va commencer par Casino, par Duralex, mais d'abord Casino parce que c'est un plan social d'ampleur. Je le disais, entre 1200 et 3200 emplois supprimés. Qu'est-ce qui s'est passé avec ce géant de la grande distribution ?
C'est l'histoire d'une descente aux enfers annoncée. C'est-à-dire que c'est un groupe qui, il y a quelques années, avait 200 000 salariés dans le monde, donc absolument considérable, et qui, aujourd'hui, a 28 000 salariés. De 200 000 à 28 000. C'est un groupe qui a grandi notamment par l'endettement. Alors, pour que nos téléspectateurs voient bien, c'est la marque Casino, mais Monoprix, minoritairement, mais important quand même, Franprix, bien sûr, les petits casinos de centre-ville, et puis des grands supermarchés qu'on a vus un peu partout en France. Naturalia. Naturalia, bien sûr, et d'autres marques. Donc, c'est des milliers, des milliers de magasins.
Ce groupe a souffert de la hausse des taux et d'une politique, j'allais dire, de boule de neige, d'endettement. Et quand les taux ont augmenté, eh bien, le groupe s'est retrouvé étranglé. Il a été repris par un chef d'entreprise tchèque, Daniel Kretinsky, qui maintenant occupe une place importante dans le paysage des affaires français. Et les grands supermarchés ont été vendus soit au champ, soit à intermarché. Et les petits supermarchés restent. Mais la situation financière et l'endettement colossal fait qu'il a fallu, il faut, aujourd'hui, cette annonce de plusieurs milliers, plusieurs centaines de...
Enfin, plusieurs milliers de licenciements de départ, de départ volontaire, d'un plan social.
– Martial You, c'est une mauvaise gestion, citons par exemple le porte-parole de l'intersyndical de la CGT qui dit à propos de l'ancien patron de Casino qui s'appelle Jean-Charles Nahouri, pour nous, c'est le Bernard Madoff à la française. Ça n'est que ça, entre guillemets, ou est-ce que c'est un contexte économique inquiétant, un ralentissement économique dont on va aussi parler ce soir ?
– Il y a évidemment un mauvais timing, c'est-à-dire que ça tombe, les difficultés de Casino qui sont un sur-endettement abyssal au fil des années, c'est ajouté en fait à ça, le fait qu'il y avait l'inflation, la crise de la déconsommation d'une partie des Français, et donc évidemment, vous avez deux phénomènes qui s'ajoutent, c'est le sur-accident. Là, il n'y avait plus aucun moyen de sauver Casino qui était déjà très endetté, et en fait, la seule solution qui a été trouvée, c'est de dire, on va essayer de baisser les prix pour essayer de revenir dans le jeu des Leclerc, des Carrefour ou des Systému.
Sauf que lorsque vous baissez les prix, alors que votre structure de coût est très importante, vous attaquez vos marges et vous continuez à creuser votre dette. – Mais il y a eu un moment donné où c'était à la mode d'être endetté, il y avait plein de grands groupes français très endettés. – Sauf que les taux d'intérêt sont remontés, et lorsque vous avez des taux d'intérêt qui remontent, et que vous avez des dettes à rembourser, c'est un peu comme l'État d'ailleurs en ce moment, vous vous retrouvez avec un poids du remboursement qui est plus important, c'est comme si vous aviez votre maison avec des taux d'intérêt qui évoluent, et non pas des taux stables comme on les connaît en France.
Dans ces cas-là, vous vous retrouvez très en difficulté. – Dans une configuration comme celle-ci, avec une enseigne très identifiée des Français, qui emploie de nombreux salariés, est-ce que le gouvernement a son mot à dire ? Est-ce qu'il y a eu des alertes lancées en direction de cette entreprise ? Parce que des alertes financières sur Casino, en préparant son émission, cette émission, j'en ai quand même trouvé quelques-unes. – Effectivement. – Comment est-ce qu'on a réagi à Bessy ? – Enfin, tout le monde.
Je ne sais pas, mais c'était attendu, puisque effectivement, vous parlez d'un cercle vicieux, c'est-à-dire qu'on est endetté, plus on est endetté, moins on investit, moins on investit, moins on se développe, moins on se développe, plus on essaie de remonter les prix, mais on ne peut pas. Et il y a quand même un facteur personnel dans la gestion de Jean-Charles Nahori, qui fait qu'il n'était pas connu pour écouter beaucoup de sonnettes qui étaient tirées, que la banque, les banques le suivaient plus ou moins, parce que de toute façon, le lâcher, ça aurait été catastrophique pour les banques.
Mais quand même, il y a eu, il a déjà été question, il y a eu des rachats qui se sont posés en 2018, en 2019, donc ce n'est pas non plus quelque chose qui tombe sur la figure et qui était absolument imprévu. Et du côté du gouvernement, on est sensible, enfin, on est sensible, on est notamment sensible, indépendamment du fait que quand on a des nouveaux chômeurs, c'est quelque chose qui ne va pas dans le sens de la politique du gouvernement, bien sûr, c'est comme vous l'avez dit tout à l'heure, c'est des marques familières. Bien sûr. C'est-à-dire, quand on a du Ralex, on a tous eu ça à la cantine. Le petit verre avec la jolie. Le petit verre, pas très joli, mais enfin, bon, quand même.
Et quand on a Casino, c'était presque devenu un nom commun. Je vais à mon Casino. Oui. Ça fait quelque chose. Vous dites familier, pardon, je vous coupe, juste pour donner ces chiffres-là, Nathalie Saint-Cricq, pour vraiment mettre des chiffres derrière ce que vous expliquez, 6 000 petits magasins de proximité, 861 monoprix, Naturalia, il y en a 1191 des Franprix. Non, c'est des Franprix, 1191, 37 Leader Prize, puisque c'est aussi sous cette marque Ombrelle de Casino. Il y en a au coin de la rue, partout. Il y en a.
Et Pierre, parce que je ne suis pas une spécialiste de la grande distribution, ou même de la moyenne distribution, mais manifestement, il y a certains groupes qui ont pris le virage en se disant, il faut moins d'hyper, mais il faut avoir des surfaces plus petites et plus proches, plus urbaines, pour ne pas qu'on ait à la périphérie. Donc, il y a tout un travail de marketing, d'investissement. Alors, je n'ai pas, moi, à mon niveau petit à juger un chef d'entreprise, mais il y a eu quand même pas mal d'alertes. Et cet endettement en spirale, ça tient, comme vous le disiez, il y a le mode d'être endetté, sauf quand les taux d'intérêt montent et que l'inflation monte.
C'est juste que j'ai le souvenir que de temps en temps, des grands patrons qui sont un peu borderline sont convoqués à Bercy, on leur fait la leçon, on les met en alerte.
Jean-Charles Nairoui est un ancien collaborateur, là, ça va remonter vraiment pour les téléspectateurs les plus anciens, à Béré-Gouvois, donc c'est il y a très, très longtemps. On a toujours dit que c'est un génie de la finance. Bon, à un moment, les génies sont rattrapés par la réalité. Vous savez, on dit souvent, quand vous devez à votre banque un million, c'est votre banque qui vous tient. Quand vous devez à votre banque un milliard ou deux milliards, vous tenez votre banque. on ne sait pas très bien qui contrôle qui. Et il y a eu un certain nombre d'alertes. Manifestement, les contre-pouvoirs dans ce groupe n'ont pas fonctionné. Conseil d'administration, parties prenantes, banques.
Et donc, en fait, on est arrivé à un cercle vicieux. Alors, attention, tous les magasins ne ferment pas, loin de là. J'ai dit qu'un certain nombre sont repris par... Il y en a 300 qui sont repris par Intermarché et Auchan. C'est les plus grandes surfaces.
Et on parlait de ce groupe endetté. Il y a des petits porteurs qui ont beaucoup perdu dans ce dossier-là puisqu'il y avait 8 milliards d'euros de dettes qui sont partis en fumée. Donc, des petits actionnaires de casinos qui se retrouvent là pour le coup. Première victime. Juste, Gilles Densart, sur ce sujet-là, vous voulez dire un mot ?
Oui. Ce sont des marques auxquelles les Français sont attachés. Mais ça ne veut pas dire qu'ils sont prêts à aller vers ces marques à n'importe quel prix. C'est-à-dire que c'est un secteur hyper concurrentiel. Ils se font la guerre de façon extrêmement forte. Et d'ailleurs, aujourd'hui, avec la puissance des politiques marketing, ils peuvent créer des marques assez rapidement. On voit en France des marques, on peut en citer, je pourrais citer Grandfray, par exemple, qui est en train de pulluler dans beaucoup de villes et qui arrive même à Paris et qui sont en train de supplanter des marques qui étaient bien installées. Donc, c'est très concurrentiel.
Et si, effectivement, on s'arrête d'investir, de moderniser, de rénover une politique de prix, une politique commerciale, une politique d'image, eh bien, on a assez vite des difficultés. C'est vraiment impitoyable comme cesseur. Le groupe peut tout à fait rebondir parce que le nouveau propriétaire, Daniel Tretinsky, est notamment actionnaire majoritaire de la FNEC d'Arti. FNEC d'Arti, c'est un redressement. Alors que c'est l'équipe ancienne, mais il a participé au redressement assez considérable de ce groupe. Il y a un avenir pour le groupe.
Nathalie Saint-Cré, vous vouliez ajouter quelque chose ? Je ne sais pas ce que c'est par rapport à Dominique, parce que je suis un peu moins bien élevé que lui, que Jean-Charles Lavoury a toujours fait partie d'une espèce de, comment dire, de pas d'intelligentsia, mais de groupe de patrons. Ce n'est pas quelqu'un à qui on va faire la leçon qu'on convoque en lui disant mon petit bonhomme, il va falloir faire mieux. Quand on est à Bercy, c'est ça que vous voulez dire ? Oui, on peut se fréquenter, c'est quelqu'un de très secret, je ne vois pas rentrer dans certains détails, mais c'est quelqu'un qui fait ce qu'il veut. On en connaît d'autres, des grands patrons qui font ce qu'ils veulent, non ?
Oui, mais alors, quand ils réussissent, on ne l'écrit pas. D'accord, ok. Et en fait, ce qui peut sauver en réalité une marque comme Casino aujourd'hui, c'est ce que disait un peu Dominique à l'instant, c'est-à-dire qu'on redimensionne ce groupe. C'est-à-dire que les hypermarchés, les supermarchés ont été vendus à des concurrents, Intermarché, au Champs-Carfour, parce que c'est un marché très éclaté, très atomisé, vous avez beaucoup d'acteurs. Donc à un moment donné, il faut faire le ménage, c'est ce qui vient d'être fait avec Casino, il y en aura peut-être avec d'autres groupes.
Et puis vous reconstruisez un groupe autour de la proximité, puisque désormais, dans le giron de Casino, vous avez effectivement Franprix, Monoprix, c'est-à-dire des marques de proximité et de centre-ville. Donc vous retrouvez une forme de cohérence qui peut sauver le groupe. Nous faisons un point sur Casino et nous allons parler d'autres enseignes qui sont allées au tapis avec un contexte et un climat qui s'assombrit, on va le dire comme ça. Et on a appris cet après-midi, je le disais, ce qui s'est passé chez Duralex, avec non pas une cessation d'activité, mais qui a été placée en redressement judiciaire avec 230 salariés qui sont concernés.
Donc c'est une ancienne, on l'a compris, qui fait partie du quotidien des Français, on vient d'en parler. La plus ancienne, d'ailleurs, chaîne de supermarchés en France qui a annoncé la suppression de plusieurs milliers de salariés, on parle de 1 200 ou 3 200, le plus grand plan social depuis le début de l'année alors que l'horizon sur le terrain de l'emploi s'assombrit depuis plusieurs mois avec des faillites en série dans le prêt-à-porter, dans l'habitat sur lequel nous allons revenir. Aubry Perrault, Diane Cacciarella et Nicolas Baudry-Dasson.
Grosse inquiétude sur les salariés de Casino entre 1 293 et 3 267 postes pourraient être supprimés au sein du groupe. Annonce ce matin de la nouvelle direction du groupe de grande distribution aux représentants du personnel.
L'information circulait depuis des mois.
La voilà qui devient officielle. Ce matin, la direction de Casino qui possède les enseignes Monoprix ou Franprix confirme une vague de licenciements à venir. Derrière les postes, il y a des salariés, il y a des gens, il y a des personnes et que, en tout cas, là maintenant, à l'heure qu'on est et au moment où je vous parle, chaque salarié ici au siège social de Saint-Etienne et à Paris aussi se demande s'il sera concerné. Ces dernières semaines, les salariés
criaient leur colère face à une gestion défaillante selon eux
avec plus de 6 milliards d'euros de dettes. Le groupe défend aujourd'hui un projet de transformation. Cession de certains magasins à ses concurrents intermarchés et Auchan et rénovation des autres. Nous allons investir significativement dans les points de vente d'ici 2028 afin de les moderniser et les réhumaniser.
Un pari pour relancer
l'Empire Casino. D'ici là, la plus ancienne chaîne de supermarchés en France rejoint la longue liste des plans sociaux du moment. Le géant pharmaceutique Sanofi prévoit la suppression de 300 postes en France. La Société Générale aussi avec des milliers d'emplois en moins dans les mois à venir. Casse sociale également dans le secteur de l'immobilier, de l'habillement ou encore de l'ameublement avec l'enseigne Habitat placée en liquidation judiciaire en décembre dernier.
Il y a encore tout ce qui est à l'intérieur, c'est-à-dire tout ce qu'on a laissé en partant.
Marie-Paul Coudert y a passé 35 ans, une carrière qu'elle pensait terminer là où elle l'a commencé.
Moi, j'avais 22 ans quand j'ai commencé chez Habitat, donc toute ma carrière chez Habitat, je me voyais terminer sans problème et demander la médaille du travail depuis tant d'années dans la même enseigne.
Cette niçoise compte bien retrouver un travail, mais à son âge, elle redoute à un parcours du combattant.
Quand on a 58 ans, on a déjà notre manière de penser. On n'est pas malléable, on n'est pas manipulable. On l'est quand on a 20 ans et puis les salaires ne sont pas les mêmes. On ne va pas demander le minimum du minimum.
L'emploi des seniors, un caillou dans la chaussure du gouvernement alors que le chômage repart à la hausse cette année, dépassant les 7%. Le plein emploi en France, c'est 7%. Dans les autres pays développés, c'est 5%. Donc il faut s'interroger, se demander pourquoi est-ce que l'écart est de deux points entre le plein emploi en France et le plein emploi dans les autres pays développés. Et pour inverser les courbes, Gabriel Attal mise sur une réforme
une de plus de l'assurance chômage pour endurcir encore les conditions.
Évidemment que on peut se retrouver avec un coup dur, des difficultés dans la vie, un genou à terre et que c'est non seulement normal mais c'est une chance qu'en France, il y ait un modèle de solidarité qui permette de vous accompagner dans ces difficultés. Mais ce modèle de solidarité doit toujours avoir pour moi un sens, c'est être tourné vers l'activité. Parce que ce qui permet véritablement de sortir de la précarité, c'est le travail. Le Premier ministre entend réduire la durée et le montant des allocations. Et tant pis si le dialogue avec les syndicats est au point mort. Là, ça serait la cinquième réforme de l'assurance chômage si elle passait.
Les précédentes n'ont même pas été évaluées et il n'y a jamais aucun lien qui a été fait entre le fait de réduire les droits des chômeurs et de faire baisser le chômage. Un enfant de 5 ans le comprendrait. Et pourtant, c'est la solution prônée par l'exécutif qui annonce que les nouvelles règles entreront en vigueur dès le 1er juillet.
Vous étiez déjà en pleine discussion sur le reportage qu'on vient de voir. Cette question de Christophe qui est vendeur, il dit « J'ai 53 ans, je travaille dans un casino qui va fermer, je vais être au chômage seule avec mes deux enfants, comment vais-je payer mon loyer ? » C'est ça, la réalité. Est-ce qu'on est là, on a des chiffres, 1200, 3500, d'ailleurs, c'est un écart qui est extrêmement large. qui est celle-ci ? L'écart s'explique parce qu'aujourd'hui, il y a dans le parc un certain nombre de magasins qui doivent être vendus et on n'est pas certain d'avoir des repreneurs en face.
La variable, elle est sur est-ce qu'on vend ou est-ce qu'on ne vend pas et donc est-ce qu'on reprend ou pas les salariés qui sont dans ces magasins-là. Et c'est vrai qu'il y a un drame social qui est en train de se jouer à l'échelle. Moi, ça me fait penser aussi à PSA quand ils avaient fermé Holness. C'est-à-dire qu'à chaque fois, vous savez, quand vous avez des groupes comme ça, vous avez des plans sociaux qui sont des charrettes avec beaucoup de guillemets de plusieurs milliers de gens et on a toujours du mal à le quantifier ça.
Mais on a un drame humain et en général, lorsque vous avez un plan social à un endroit dans un groupe, il faut se dire qu'il y a fois deux, fois trois en emploi indirect parce que ces groupes-là sont extrêmement implantés localement et font travailler tout un type. Là, c'est sans tétienne pour Casino. Là, évidemment, c'est Geoffroy Guichard. Geoffroy Guichard est le créateur de Casino et évidemment que Saint-Étienne, c'est aussi le stade de Geoffroy Guichard. Et ce sont des marques qui sont à la fois implantées au niveau territorial et en plus implantées régionalement. Ce sont des monuments géographiques. Quand vous parlez de Leclerc, vous parlez de la Bretagne.
Quand vous parlez d'Auchan, vous parlez du nord de la France. Et quand vous parlez de Casino, vous parlez de Saint-Étienne, effectivement. Gilles Donsain, vous voulez dire ?
Il pourrait même y avoir un deuxième effet, c'est-à-dire que là, pour l'instant, on parle pour Saint-Étienne de 500 licenciements environ. Mais ça pourrait être davantage parce que s'il n'y a pas le programme de cession espéré, eh bien, il y aura une deuxième vague. Donc, ça pourrait être encore pire que ce que c'est aujourd'hui pour les salariés de la région.
Cette question de Robin, Casino, Sanofi, on l'a cité rapidement tout à l'heure, on peut rajouter à la question de Robin, Duralex, et ensuite,
qu'est-ce qui est en train de se passer ? Ce sont des situations assez différentes. Il y a le cas Casino, on l'a expliqué, c'est vraiment une affaire très particulière. Duralex, c'est le prix de l'énergie, c'est le prix de l'électricité, la flambée incroyable du prix de l'électricité et du gaz au moment de la guerre en Ukraine et après, parce qu'on consomme, quand on fait de la verrerie, on consomme énormément d'électricité puisque c'est chauffé, évidemment, très très fort. Et donc, cette entreprise a été d'abord sauvée, le gouvernement a donné un coup de main, a mis un peu d'argent, il a espéré que ça marcherait et manifestement, ça ne marche pas.
Attention, il faut voir si cette procédure, ce qui vient d'être annoncé là, on le découvre ensemble, si c'est une étape de procédure et qui déclenche peut-être un sursaut derrière avec une nouvelle piste ou si c'est une fin, je ne dirais pas que c'est une fin pour l'instant. Le cas de Sanofi est totalement différent. c'est une entreprise considérable qui gagne beaucoup d'argent et qui a décidé sur ses équipes de recherche de faire un changement de type de recherche qui passe, j'allais dire, de l'oncologie classique à l'immunologie, donc qui est une autre pour les immunothérapies. Donc ce qui est autre chose... C'est pour ça qu'ils suppriment
330 postes ?
J'imagine, ce que je comprends, c'est que les types de chercheurs ne sont pas exactement les mêmes, sauf que les syndicats disent attendez, c'est bien gentil, mais ça fait quand même plusieurs années qu'on nous annonce des plans successifs de réduction des équipes de recherche. Donc c'est un peu curieux puisque la recherche, c'est ce qui doit porter Sanofi. Sanofi, malheureusement, ils sont dans un mauvais mood, enfin si je peux dire, c'est un mauvais espace. Depuis le Covid, il y a quand même assez peu de choses positives qui sont sorties de Sanofi.
Depuis le Covid et l'absence de vaccins. Et l'absence de vaccins, pardon. Que vous faites référence. Mais on pourrait citer aussi toutes les marques liées à l'habillement, à l'habillement Célio, on en a parlé, Kuka et Pinky, Lalle au vêtement, Kamaïeux, Habitat, il y a quand même une série noire avec ce chiffre, plus de 17 000 défaillances d'entreprises en France au plus haut depuis 9 ans. C'est le début de quelque chose, c'est la fin de quelque chose, à quel moment sommes-nous ? Il y a d'abord la liste de nos dépendances. qu'on est en train de faire.
C'est-à-dire, on est moins bon qu'il y a quelques années sur la recherche et le développement, on est dépendant du gaz, c'est du ralex, on est évidemment dépendant de la flambée des prix et d'une baisse du pouvoir d'achat, c'est casino. ça, c'est la liste de nos faiblesses qu'on est en train d'énumérer d'une part dans notre économie. Ensuite, vous avez aussi un phénomène de rattrapage. C'est-à-dire qu'il ne faut pas oublier que pendant les années Covid, on a vitrifié. Il y a des entreprises qui auraient dû faire faillite et qui ont été soutenues artificiellement par l'État qui prenait le relais des salaires.
Et donc aujourd'hui, quelque part, on est en train de rattraper ce qui ne s'est pas passé pendant deux ans. Pardon ? Ça n'est que ça, entre guillemets ? C'est pas... C'est les deux. C'est ce que je vous dis. À la fois nos dépendances, nos faiblesses, plus derrière un rattrapage qui explique qu'on remonte assez fortement parce que c'est vrai qu'on est à plus 32% de faillite en février par rapport à l'année d'avant. Donc il y a un phénomène à la fois d'accélération liée à ce rattrapage et de fragilité sur une économie qui ralentit depuis quelques temps.
On peut peut-être le dire autrement, il y a une limite au soutien public forcené de l'économie. C'est-à-dire qu'on est dans des sommes rarement vues de subventions publiques aux entreprises et qu'il y a un moment quand la conjoncture se retourne ou quand l'énergie coûte plus cher ou d'autres problèmes conjoncturels, eh bien ça finit par ne plus donner d'effets positifs sur un certain nombre de l'actualité. Qui protègent les entreprises publiques. Voilà. Et donc les entreprises publiques sont plutôt protégées et plus globalement tout un secteur de l'économie est protégé.
L'énergie, par exemple, a été très protégée et d'autres secteurs plus sensibles, par exemple à la consommation et à la déconsommation, eh bien là, elles subissent de plein fouet...
Donc ça veut dire que le choc est très rude pour les salariés du privé.
Le choc est rude pour une partie des activités. Pas tout, pas le privé contre le public, mais pour un certain nombre d'activités, le choc est rude en ce moment. Pas tout le monde en fait.
Pas tout le monde. Ça a l'air d'être inhumain de parler de gens comme ça, comme envoyer la dame disant qu'elle avait toujours travaillé à un endroit, mais il y a quand même une liste de magasins moyens de gamme ou bas de gamme, un petit peu au-dessus du bas de gamme, qui se sont pris dans la figure toute la concurrence depuis le Covid avec le numérique, c'est-à-dire qu'on fait ses courses sur Internet, mais les courses de tout. Ça va de la chose, des chaussures aux sous-vêtements en passant par un certain nombre de choses. On a des sites qui sont extrêmement bien faits. On a des livraisons qui sont extrêmement rapides. On peut les renvoyer, on peut les récupérer, on peut changer.
On a les déclarations des femmes, des hommes qui disent qu'en gros, l'achat dans l'habillement a baissé par rapport au nombre de pièces qu'on achetait avant. Donc, on achète moins. Est-ce de la décroissance ? Est-ce, je ne sais pas. On achète de la seconde main. Ça peut même devenir quelque chose de à la mode ou de brancher, entre guillemets.
Donc, il y a des modifications de comportement d'achat qui font que quand vous êtes sur le site de certaines enseignes, vous avez l'impression d'être il y a 50 ans et que quand vous vous mettez avec des sites, notamment des sites étrangers aussi, qu'il peut y avoir sur Internet, c'est plus facile, c'est moins cher et pour ceux qui adorent la fast fashion, c'est-à-dire que on achète des choses qui sont différentes tous les deux jours, on le fait. Et pas cher. Et pas cher. Et donc, il y a des entreprises aussi qui n'ont pas forcément... Alors, je ne suis pas là systématiquement à dire qu'il faut avoir pris des tournants ou être un roi du marketing, mais il y a un moment donné où quand...
Ils sont sanctionnés, c'est ça. C'est plus cher que ce qui n'est pas cher et moins cher que ce qui est très chic, l'arbitrage peut se faire pour des choses peu chères et de temps en temps une pièce qui plaît. Mais est-ce que ce qu'on est en train de commenter, vous disiez plus de 35% en février de défaillance d'entreprise ? C'est énorme. Oui, bien sûr. Est-ce qu'au sommet de l'État, il y a quand même une inquiétude ? On rappelle que le travail, la baisse du chômage est quand même un des priorités du gouvernement. Il y a une inquiétude puisque l'idée d'Emmanuel Macron, c'était dans la suite de la politique de l'offre de François Hollande.
Alors, la politique de l'offre, ce n'est pas un terme très... C'est simplement on aide les entreprises et puis on les aide et puis comme ça, les entreprises vont bien. On leur enlève des impôts de production, ci et ça, elles embauchent, elles salarient des gens, il y a moins de chômeurs, ça reprend, les chômeurs ont de l'argent, ils achètent. Bon, je fais vraiment l'économie pour les prétains, c'est à peu près mon niveau. À partir du moment où c'était... Lui, il n'avait pas lié son sort comme François Hollande à la courbe du chômage, mais c'était ça l'idée.
Et quand il a commencé à dire on a des bons résultats, on a vu automatiquement que les préoccupations des Français, l'emploi, nous qui avons été élevés avec sans arrêt l'idée qu'on naîtrait, qu'on vivrait, qu'on mourrait avec un taux de chômage explosif, que ça allait s'arranger. Là, non, pas vraiment, donc bien sûr. Mais vous disiez tout à l'heure, est-ce que c'est la fin d'un cycle ou le début d'un nouveau ? Leur analyse, c'est que c'est les deux et que comme disait Gilles, on n'est pas dans une économie administrée.
Donc il y a un moment donné, sans être darwiniste, on peut aider une entreprise, on peut l'aider et il y a des choses qui sont faites, mais il y a un moment donné où si les mêmes erreurs produisent les mêmes effets, c'est-à-dire que certaines gammes n'essaient pas de se renouveler. Regardez certaines entreprises qui marchaient très bien comme Zara qui s'est implantée avec des renouvellements permanents. Voilà. Mais ces modèles-là, ça change tout le temps. Donc il y a une inquiétude, mais l'idée aussi qu'il faut s'adapter très rapidement actuellement aux changements économiques pour ne pas être à la traîne.
Mais avec des chiffres du chômage qui repartent à la hausse et le gouvernement qui veut... Oui, qui en plus repartent à la hausse et là, on en a des incarnations. C'est plus frappant. Quand on nous dit plus catégorie A, mais quand on voit Inélie, Saint-Marina ou je ne sais pas quoi... Le changement se voit
dans le paysage français. C'est ça. Dans les commerçants. On voit qu'il y a des zones commerciales qui deviennent complètement abandonnées et la croissance des zones logistiques, on le voit le long des routes, des autoroutes, c'est phénoménal. Donc il y a un transfert effectivement d'une économie de proximité, de centre-ville, de zone commerciale vers de l'e-commerce et ça crée d'effroîtement. C'est peut-être... Effectivement, comme le dit Gilles, il faut insister sur l'idée de transfert. Au total, les emplois ont continu... L'économie française continue à créer des emplois jusqu'à la fin de l'année dernière. Les chiffres ont été bons.
Donc je pense qu'il ne faut pas donner l'idée d'un paysage qui serait uniformément noir. Il y a des secteurs en difficulté, on les évoque, mais il y a des secteurs qui embauchent. Il y a des secteurs qui embauchent, par exemple, on n'a jamais autant recruté de cadres qu'en 2023 et 2024 à l'air d'être sur la même lancée. Dans l'intelligence artificielle et le numérique, les besoins sont immenses. Dans les usines de batterie qui se créent dans le nord de la France, c'est immense. Et vous avez, dans les énergies renouvelables, l'éolien, le solaire... D'accord. Vous avez...
Mais le chômage repart à la hausse.
Le chômage, alors il est repassé de... Il est remonté légèrement à la hausse, on va voir ce qu'il en est, mais il reste très en dessous de ce qu'il était
il y a 5 ou 10 ans. Vous êtes en train d'expliquer que ça n'est pas si grave et que peut-être on est au bout d'un cycle de rattrapage, d'adaptation. C'est parfois difficile à entendre.
C'est grave pour les personnes, le téléspectateur tout à l'heure, pour chaque personne concernée, il n'y a aucun doute, surtout quand on est dans une économie en mutation où des emplois se détruisent et d'autres se créent. Il ne faut pas donner l'impression qu'on raisonne simplement en macroéconomie, c'est-à-dire... C'est l'économie hydraulique, c'est-à-dire je remplis une baignoire, ça sort par là et au total tout va bien. Pas du tout. Mais il y a des vraies transformations, par exemple, dans l'automobile.
Dans l'automobile, on parle de plans sociaux chez Forcia, chez Valeo, des réductions d'effectifs, parce que quand on passe du véhicule thermique au véhicule électrique, c'est toute une économie qui change. Mais il y a aussi des emplois qui se créent.
Est-ce que dans ce contexte-là, de défaillance d'entreprise, ce climat-là où des grandes enseignes identifiées par les Français vont avoir, à mon avis, une actualité sociale assez forte avec des gens qui vont se faire entendre et qui vont souffrir de ces suppressions de postes, est-ce que dans ce contexte-là, la réforme de l'assurance chômage peut être un peu ajustée, modifiée, ou est-ce que c'est gravé dans le marbre, le retour au travail, la baisse des indemnités, puisque ce qui a été évoqué, même si c'est peut-être plus d'actualité, et le raccourcissement de la durée d'indemnités. Là, la difficulté, c'est un problème de timing, effectivement.
C'est-à-dire que lorsque vous avez d'un côté des comptes publics qui sont dans un rouge écarlate et qu'il faut trouver de l'argent et que la solution qui vous est apparue, la première, la plus évidente, c'est d'aller jouer sur les allocations chômage et que parce que le chômage était plutôt un non-problème depuis 2-3 ans, vous annoncez ça au moment où le chômage remonte. La Banque de France nous annonce un 7,88% de chômage à la fin de l'année. Donc on est bien sur une tendance qui repart. Évidemment, vous vous retrouvez en termes de communication, c'est un peu complexe.
C'est certainement pas, c'était sans doute pas le moment de durcir les conditions d'accès aux allocations chômage au moment où le chômage remonte. Bon, pas de chance. Après, c'est vrai aussi qu'il y a une économie qui bouge très très vite. Vous savez qu'elle est l'enseigne préférée des Français aujourd'hui. C'est Action. Et Action, c'est typiquement une marque qui n'existait pas en France il y a 10 ou 15 ans et qui est sur l'ultra low cost. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les Français consomment le petit prix.
Donc évidemment, sur une économie qu'on avait un peu prémiumisée, c'est-à-dire qu'on avait dit que la France va s'en sortir parce qu'elle a une main-d'œuvre assez chère en proposant des produits haut de gamme, eh bien, ça n'est plus l'attente. Lorsque vous avez... On parlait de Casino au tout début. Casino a misé énormément sur le bio en se disant là, c'est un marché qui depuis 10-15 ans progresse et il y a de la valeur ajoutée, il y a de l'argent à se faire sur ce marché-là. Eh bien, on est aujourd'hui avec la crise de consommation sur un marché qui régresse. Donc là encore, pas de chance dans le timing. Vous voyez ? Donc c'est vraiment ça.
La difficulté de l'économie en ce moment, c'est qu'on est à une charnière. Vous avez d'un côté des phénomènes économiques, des révolutions industrielles comme l'intelligence artificielle qui va créer évidemment des emplois. Mais vous avez le vieux monde qui est en train de perdre les siens et ce sont des centaines d'emplois qui sont menacés en réalité. Et dans ce contexte-là, certains seraient tentés d'y voir un deux poids, deux mesures. Vous allez me dire ce que vous en pensez. Est-ce que la SNCF tente de contourner la réforme des retraites qui a envoyé des milliers de personnes dans la rue ? Le sujet a de quoi hérisser les Français.
Face à la menace d'une grève pendant les ponts du mois de mai, les quatre syndicats représentatifs de l'entreprise ont signé avec la direction un accord sur les fins de carrière. Accord plutôt généreux qui offre une cessation d'activité anticipée pour permettre un départ à la retraite plusieurs mois avant la fin de la limite d'âge légale. Les explications Léa Demir-Dion et Christophe Roquet.
La réforme des retraites ne s'appliquera pas à eux. Lundi, la SNCF et quatre syndicats de l'entreprise se sont entendus sur un dispositif de cessation anticipée d'activité. L'accord permet d'aménager les fins de carrière. Alors c'est un dispositif qui existait déjà sauf qu'avec l'allongement des carrières on étend ce dispositif c'est-à-dire on augmente la durée de période non travaillée et on va un peu mieux la rémunérer. Concrètement les fins de carrière seront scindées en deux périodes. La première le salarié travaille et est payé à 100%. La seconde il ne travaille plus mais reste payé à 75%.
En cas de métier pénible pour les conducteurs par exemple ils auront 75% de leur salaire pendant 15 mois ce sera 18 mois pour les contrôleurs. Au total 140 000 cheminots seront concernés. Et si cet accord mettait un terme à plusieurs années de bras de fer car entre les syndicats et la direction de la SNCF c'est une longue histoire de rapports de force. Décembre 2022 le mouvement de grève des contrôleurs échappe aux syndicats et perturbe le trafic à Noël. Ne pas pouvoir voyager dans une période qui est celle de Noël sincèrement c'est inacceptable. Le gouvernement monte alors au créneau. A Noël on ne fait pas la grève on fait la trêve.
Irresponsable pour rester poli mais ma pensée est un peu plus virulente que celle-là. A l'époque ce contrôleur nous racontait visage caché la bénibilité de son métier.
Le chef de bord il a à peu près entre 7 et 9 jours de déplacement hors de chez lui donc ça représente à peu près dans sa carrière professionnelle à 8 ans où il dort en dehors de chez lui. Alors il travaille entre 2 et 3 week-ends par mois et le chef de bord a 21 tâches de responsabilité au niveau de son train donc il n'est pas que uniquement contrôleur.
Aujourd'hui avec ce dispositif fasse la fin du bras de fer le président de la SNCF salue un accord historique selon ses propres mots. Le dialogue entre la direction et les organisations syndicales donne des résultats. Cet accord prouve la capacité de la SNCF à nourrir un dialogue social équilibré. Un accord approuvé par les usagers. C'est un bon accord qui permet à M. Farandou de prouver que la négociation sociale est possible à la SNCF mais surtout c'est un bon accord pour les usagers parce que moins de grèves c'est moins d'ennui.
Depuis que le dispositif a été rendu public à l'extrême droite on valide.
C'est le contournement de la réforme des retraites mais au bénéfice des salariés mais la SNCF le dit très clairement il s'agit d'un investissement pour la SNCF parce que ça fait autant de gens qui n'iront pas se mettre en arrêt maladie autant de gens qui n'iront pas cesser de travailler quand arrivera la fin plutôt de leur carrière professionnelle donc la SNCF le dit très bien pour nous c'est plutôt un investissement car elle gagnera
de l'argent avec ça.
Les républicains eux fut le mieux.
Il faut que les français le sachent c'est une capitulation le chantage a payé
c'est un chantage
le chantage à la grève a payé voilà le chantage a payé mais la gréviculture a gagné.
Les syndicats se déforment de toute forme de chantage. C'est très démagogique on a des gens qui écrivent des lois lois qui pour certains métiers et pas que le métier de cheminot ça concerne les entreprises des BTP ça concerne
plein de secteurs d'activité oui la loi elle consacre un allongement des carrières elle dit vous allez travailler jusqu'à 64 ans il faut juste intégrer que pour certains métiers c'est pas possible.
Selon le dernier baromètre Posternac IFOP qui suit la réputation et l'image que les français ont des grandes entreprises tricolores la SNCF figure à la 30ème
et dernière place. Vous parliez de la marque préférée des français on a compris que c'est pas la SNCF on va revenir sur tout ce qui a été dit dans ce reportage je voudrais vous poser d'abord cette question de Gérard en haut de Vienne l'état peut-il accepter qu'une entreprise publique défasse une loi de la république Dominique Seux ?
Alors ça n'est pas formellement le cas mais c'est vrai que le symbole et d'ailleurs les syndicats qui ont signé notamment la CGT et Sudrail Sudrail signe rarement des accords franchement très très peu et ils le disent d'ailleurs c'est extraordinaire il le dit
l'accord permet de compenser en partie les effets néfastes de la réforme
et ils ont même d'autres ont dit de contourner de ne pas appliquer une loi que nous n'apprécions pas donc là il y a un petit problème alors après on peut rentrer à l'infini dans la technique des choses est-ce que c'est un vrai contournement juridiquement non c'est-à-dire il y a un accord qui existait qui permettait de partir plus tôt cet accord est amplifié c'est vrai que le symbole pour l'ensemble des salariés du privé qui est de dire les contrôleurs qui étaient en grève qui menaçaient à nouveau de faire grève pour les JO qu'on le dise vous pouvez partir pendant les 18 derniers mois de votre carrière vous êtes chez vous payé à 75% par l'entreprise quand on demande donc c'est moins 18 mois et pour les salariés du privé c'est plus 24 mois et donc c'est vrai qu'il y a quelque chose qui semble un peu de poids de mesure
le chantage à payer voilà ce que dit Bruno Retailleau menace de grève sur les JO en ce moment ça peut fonctionner pour signer des accords
les réactions qu'on a entendues sont assez disproportionnées parce que trois éléments pour mesurer un peu le débat premièrement c'est le gouvernement lui-même après la réforme des retraites qui a demandé à la SNCF de travailler à la fin des carrières histoire de dire amortisser un peu l'effet sur les cheminots de cette loi donc c'est une consigne qui a été donnée donc lui-même peut difficilement dire aujourd'hui je suis surpris c'est un détricotage de ma loi
c'est pas ce que dit le gouvernement
il avait conscience le gouvernement que ça pouvait être assez brutal pour un certain nombre de métiers pénibles deuxième chose les chiffres qui circulent Bruno Retailleau dit ça coûte 300 millions c'est totalement faux c'est quelque chose qui est sans doute entre 20, 25 peut-être 30 millions au maximum une journée grève à la SNCF c'est 20 millions pour donner la mesure donc ça n'est pas non plus un scandale en matière de finances et d'ailleurs l'entreprise depuis les accords depuis les lois Larcher et encore plus depuis la réforme de la SNCF de 2018 les rôles sont bien définis il y a la loi puis après chaque entreprise prend ses décisions ce sont des sociétés anonymes et donc là le président Farandou a pris ses responsabilités et troisième chose alors ça peut paraître un peu technique mais c'est essentiel y compris pour le voyageur si la SNCF peut mieux prévoir la sortie de ses effectifs au lieu de subir des départs en retraite parce que les cheminots ne partent pas à l'âge légal la plupart du temps ils continuent 2, 3, 4 ans comme tous les salariés pour avoir le nombre de trimestres suffisant avec cet accord la SNCF peut mieux prévoir les départs et mieux prévoir le remplacement des métiers un peu sensibles et aujourd'hui c'est un des gros soucis qu'elle connaît c'est-à-dire qu'elle subit des départs assez nombreux pas très bien maîtrisés de ses salariés donc du point de vue de la SNCF ça n'est pas détricoter une loi c'est faire en sorte d'avoir de la paix sociale c'est vrai mais aussi d'améliorer un peu sa gestion prévisionnelle
c'est peut-être ça qui dans ce contexte qu'on vient de commenter depuis le début de l'émission avec des salariés qu'on a entendu qui se retrouvent sur le carreau comme on dit c'est sans doute ça qui heurte c'est l'idée de dire bon on va menacer de grève sur les ponts les vacances ou les JO et d'un coup trouver une oreille attentive sur des sujets où on a demandé collectivement aux français de faire un effort
c'est sans doute perçu comme ça par un certain nombre mais je ne crois pas que ce soit l'ambition ou l'esprit de cet accord
pourquoi ils disent ça les syndicats alors pourquoi ils le disent eux-mêmes
parce que Sudrail est un grand spécialiste de la lecture politique des accords mais c'est sans doute à l'intérieur de l'entreprise quelque chose de plus factuellement c'est quand même 18 mois de moins d'un côté deux ans de plus de l'autre si on résume les choses sur du salaire fixe sachant que les catégories concernées ont une grande partie d'éléments variables de ce qu'on appelle les EVS de soldes que donc c'est 75% du fixe alors que la moitié du salaire est en variable enfin un peu moins de la moitié du salaire est en variable donc il faut tout ramener je veux dire c'est moins scandaleux que ce qu'on veut bien dire c'est plus solide du point de vue de la question c'est à dire qu'il y a
quand même une prime à l'emmerdement maximale c'est à dire que vous êtes dans le privé vous êtes salarié de chez Casino vous pouvez manifester dans les rues de Saint-Étienne ça ne va pas changer grand chose vous êtes aiguilleur du ciel ou cheminot là d'un seul coup on a un moyen de pression qui est beaucoup plus important donc on voit bien que c'est le rapport de force et c'est un peu ce qui est triste c'est que dans ce pays la négociation sociale elle se fait sur le rapport de force avant d'être autour de la table bon donc ça c'est quand même un peu choquant après je suis assez d'accord avec Gide si on regarde la ligne d'horizon au loin effectivement les cheminots globalement partent un tout petit peu plus tard qu'avant il y a là ce qui se passe ce qu'on est en train de commenter c'est un peu moi ça me fait penser à la fameuse clause du grand-père je ne sais pas si vous vous rappelez qu'on évoquait en disant voilà la clause du grand-père c'était quoi ?
c'était on maintient les conditions des vieux cheminots et puis tous les nouveaux qui débarquent qui signent un nouveau contrat et qui n'ont plus le statut eux ils ont moins d'avantages bon là c'est un peu ça c'est-à-dire qu'on ménage ça donne le sentiment que c'était une réforme des retraites en trompe-l'œil où on a demandé clairement aux Français de faire un effort c'est le côté on demande en ce moment en plus à tous les Français de faire un effort parce que comprenez la France est quand même très endettée et puis vous en avez quelques-uns qui ramassent les quelques miettes qui restent à manger autour du gâteau bon bah évidemment que ça a créé de l'injustice et un sentiment de je trouve pardon vous trouvez mais vous d'abord vous laissez parler non mais politiquement c'est pas on peut toujours dire que c'est plus compliqué qu'on pourrait expliquer d'ailleurs un tas de sujets on nous fait l'autorité on nous fait les retraites et en gros on a l'impression alors après d'après ce que j'ai cru comprendre le gouvernement n'était pas spécialement au courant je parle et pas totalement favorable tout le monde va nous expliquer maintenant qu'ils n'étaient pas au courant après on nous fait valoir du côté de la SNCF qu'en fait tous les gens qui sont close du grand-père vont partir plutôt et comme ça on pourra faire avec des nouveaux qui ne seront pas close du grand-père et que ceux-là qui seront avec un contrat normal mais bon l'habillage globalement c'est dans un pays qui a toujours tendance à avoir lieu du fonctionnaire bashing et de l'entreprise publique bashing qui dire ils foutent rien ils travaillent et ils peuvent bloquer le pays c'est quelque chose qui à quelques semaines des élections européennes n'est pas forcément hyper positifs il faut le voir même si on doit nuancer bien évidemment en fonction des pertes respectives est-ce que ça coûte aux contribuables ?
alors ça coûte formellement encore une fois non c'est l'entreprise qui va payer mais les liens financiers entre l'entreprise et l'état c'est-à-dire nous le contribuable sont tellement importants croisés compliqués à lire dans tous les sens qu'à la fin ça coûte quand même aux contribuables indirectement mais encore une fois c'est le symbole politique qui est le plus fort et avec quelque chose qui est je crois exécrable qui est que cet accord favorise ceux qui sont au statut c'est-à-dire les plus âgés qui sont en train de partir ou qui vont partir dans les 5 ans dans les 10 ans alors que les nouveaux embauchés ceux qui sont embauchés en contrat j'allais dire de droit privé classique depuis 2020 et bien eux ils n'auront évidemment pas ce type de condition donc c'est tout pour moi rien pour les autres je trouve ça un peu étrange comme méthode il y avait un contexte quand même particulier qui sont les Jeux Olympiques c'est-à-dire tous les gouvernements depuis 40 ans ne donnaient qu'une seule consigne au président de la SNCF qu'il ait été Louis Gallois Guillaume Pépi aujourd'hui Jean-Pierre Farandou c'est pas de grève donc a fortiori pour les Jeux Olympiques il fallait apaiser le climat social donc peut-être que le gouvernement a une baguette magique mais en l'occurrence il y a un président d'entreprise qui a pris une décision qui est pour peut-être un symbole politique qui prend difficilement vendable c'est mieux que les grèves
en juillet
je vais calmer les choses c'est un choix politique de chef d'entreprise qui obéit à sa tutelle
est-ce que c'est ce qui s'est passé aussi avec les contrôleurs aériens ?
contrôleurs aériens il y a une consigne pareille n'emmerdez pas les français au mois de mai il a fait moche pendant depuis plusieurs mois les gens ont envie de partir il y a des ponts etc et là vous menacez de faire grève pendant le viaduc de 8, 9, 10, 11 mai calmez le jeu et ils ont calmé le jeu et même s'il y aura des perturbations demain jeudi le jeu va se calmer donc là aussi le gouvernement ne veut pas qu'il y ait des désordres d'ici les Jeux Olympiques c'est maintenant
qu'il faut négocier dans ces entreprises-là c'est ce qu'ils font
mais l'agenda des contrôleurs aériens a été fixé depuis longtemps il est indépendant là c'est vraiment une réforme européenne il y a une vraie réforme européenne qui va changer la donne qui va améliorer les routes la productivité on va peut-être enfin savoir combien de temps travaillent les contrôleurs aériens en tout cas c'est ce que dit la direction générale de l'aviation civile les routes des avions vont être améliorées donc il y aura peut-être des économies de carburant il y a un certain nombre de choses c'est une réforme qui semble beaucoup plus structurelle et il y a effectivement un prix à payer ce qui est extraordinaire et je parle sous contrôle de Nathalie dans l'affaire SNCF comme les contrôleurs aériens c'est qu'on a l'impression que le gouvernement tombe des nuits à chaque fois hier il nous dit je crois qu'Emmanuel Macron au conseil des ministres ce matin ou juste avant le conseil des ministres a dit à Gabriel Attal le premier ministre j'aimerais bien qu'on y voit plus clair sur l'affaire SNCF attendez il y a des articles dans la presse depuis 10 jours donc soit ils n'issent pas la presse soit les équipes ne font pas leur travail soit on nous garantit un peu ce qui n'est pas totalement impossible ce qui peut arriver même aux gens les plus doués mais quand même il y a un problème de fonction
à tel point qu'il y a eu quand même un texte de loi qui a été proposé par le Sénat qui réglementerait parce que vous vous souvenez que Nicolas Sarkozy avait adopté un service minimum qu'il avait même dit que maintenant quand il y avait la grève on ne s'en rendait pas compte ce qui n'est pas totalement vrai mais qu'il y a actuellement au Sénat un texte de loi qui réglementerait certaines choses c'est-à-dire les départs en vacances les week-ends comme ça existe d'ailleurs dans un pays comme l'Italie alors peut-être parce qu'il est plus catholique que nous puisque quand c'est Pâques les jours fériés les jours sains ou je ne sais pas quoi on n'a pas le droit de faire grève et personne ne hurle mais ce projet de là on n'a en gros pas répondu au Sénateur parce qu'on sait très bien que les interdictions où là on préfère céder et c'est quelque chose comme les serpents de mer certains trucs les services minimum il n'y en a aucun tout le monde a essayé il y en a qui ont eu des problèmes surtout des problèmes et ils ont rarement réussi ça n'empêche pas
ça n'empêche pas du tout que tous les contrôleurs individuellement soient absolument charmants les conducteurs aussi je le dis parce que nous prenons tous le train quand même régulièrement
il ne peut pas être contrôlé et d'une certaine manière c'est une bonne guerre allez il y avait cette question de Jean-Luc en haute main rapidement ne faut-il pas craindre l'effet boule de neige après cet accord signé à la SNCF non ça se fait dans le privé ce genre d'accord alors ça c'est très important
la cessation progressive d'activité c'est quand même mieux d'avoir un accord de ce type là que d'avoir des licenciements sur des salariés à 54, 55, 56 ans pris en charge par l'Etat là il faudrait il faudrait qu'une enquête de la puissance publique montre combien ça coûte à l'Etat c'est faux licenciement pour se débarrasser des salariés plus âgés donc il faut remettre les choses aussi ça c'est totalement vrai est-ce que ça va faire boule de neige la réponse est oui dans un secteur les dockers c'est le prochain sujet ce sont les dockers qui eux aussi sont en train c'est une histoire de fin d'accord amiante et les dockers souhaiteraient qu'on puisse appliquer les conditions de cessation d'activité à des sites où il n'y a pas d'amiante
pour faciliter la vie des entreprises vous parliez tout à l'heure de serpents de mer et Bruno Le Maire a une idée débarrasser les entreprises de la paperasse c'est l'objectif du ministre de l'économie il estime que la norme coûte 3 points de PIB au pays soit l'équivalent de 84 milliards d'euros alors il s'attèle un chantier dont on parle je pense depuis le début des années 70 la simplification 1800 formulaires SERFA vont disparaître progressivement la feuille de paye sera simplifiée et toute future réglementation devra être testée par les petites et moyennes entreprises les ASE Lucas Campissi et Aurélie Saner une fiche de paye soumise à un sérieux régime c'est le symbole choisi par le gouvernement pour son plan de simplification simplifié l'exécutif en a fait son combat et pour le mener à bien il fallait bien un projet de loi présenté ce matin en conseil des ministres par Bruno Le Maire
la simplification nous la démarrons aujourd'hui avec ce projet de loi la poursuivons et nous allons la poursuivre chaque année et désormais il y aura un rendez-vous annuel de simplification tous les printemps exit paperasse normes inutiles et lourdeurs administratives des politiques appelant leur administration à faciliter ces procédures rien de neuf sous le soleil de France la simplification c'est compliqué parce qu'il faut c'est qu'il y ait de moins de faciles possible le gouvernement a souhaité la généralisation de toutes les procédures donc mettre toutes les procédures en ligne d'ici 2005 ce sont quelques actes significatifs sur la simplification des procédures et des formalités qui interviendront d'ici la fin de l'année
l'administration est elle aussi concernée elle doit se mettre à la portée des hommes elle doit les aider à résoudre les nombreux problèmes de leur vie quotidienne sans multiplier les démarches les contrôles et les papiers
et il y a beaucoup d'argent en jeu 84 milliards d'euros précisément selon un rapport du Sénat alors pour le ministre de l'économie il est urgent d'agir les déclarations d'arrêt maladie aujourd'hui salarié va chez le médecin le médecin envoie ça à la sécurité sociale et ensuite il faut que le chef d'entreprise lui-même renvoie à la sécurité sociale c'est 15 millions de formulaires chaque année on va le supprimer
même chose pour les 26 millions d'attestations d'assurance chômage adressées chaque année à France Travail d'ici 2026
Bruno Le Maire veut même voir disparaître 80% des 1800 formulaires Serfa qui existent aujourd'hui le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises valide la philosophie générale mais alerte sur de fausses bonnes idées si on veut faire plaisir au plus grand nombre donc aux salariés bien évidemment proposer de simplifier un bulletin de paie avec une lecture beaucoup plus synthétique c'est une bonne chose pour le salarié mais ça ne changera en rien la complexité du traitement de la paie pour l'employeur donc pour les entreprises je dirais même ça va même la complexifier parce qu'il faudra reparamétrer les logiciels de paie et ça ne sera pas gratuit et de toute façon il faudra la double édition pourquoi ?
pour avoir ce bulletin simplifié pour le salarié et pour pouvoir avoir en double le détail de ce bulletin simplifié au cas où le salarié très légitimement demanderait où est passé mon argent en tout Bercy prévoit 50 mesures la moitié fera l'objet d'un projet de loi discuté au Sénat à partir du 3 juin prochain
un reportage de Léo Seux je précise qu'il n'est pas de votre famille
je le confirme en tout cas à ma connaissance c'est dit
on va revenir sur les annonces de Bruno Le Maire cette question d'Alexandre qui est banquier et qui nous dit sommes-nous au devant d'une nouvelle crise sociale et économique en France ?
je ne suis pas sûr parce qu'on a quand même c'est pas une mauvaise nouvelle non mais c'est plutôt oui oui mais pourquoi je fais un peu la grise mine c'est parce que j'ai le sentiment qu'on a aussi une une France amorphe qui vient quand même de sortir d'une série de crises successives qui fait que on est sans doute un peu assommé et une France un peu fracturée pour qu'il y ait un mouvement social il faut qu'il y ait une une solidarité entre les gens qui ait des qui ait des thèmes en commun qui vous fassent descendre dans la rue et là j'ai le sentiment qu'on a plutôt des gens qui se replient sur eux-mêmes et qui gèrent la fin du mois avant de gérer la fin du monde ou le combat global
il s'est passé plein de choses depuis la fin du Covid y compris un peu d'euphorie post-Covid on revoit toutes ces façons de vivre le rapport au travail le rapport au loisir etc et que là il y a sans doute quelque chose d'un peu une période un peu entre deux et ça fait naître des interrogations des peurs mais plus un climat économique incertain donc c'est une période un peu entre deux et on ne sait pas trop où ça va aller donc difficile de faire un pronostic
et justement le moral des chefs d'entreprise dans ce moment-là est-ce qu'ils sont enclin à se lancer dans des grands investissements n'ayant confiance en l'avenir ?
les chefs d'entreprise sont un peu déçus que la croissance n'ait pas rebondi comme elle l'avait déjà rebondi en 2021 après le Covid et c'est pour ça qu'il y a aussi des plans sociaux parce que les entreprises ont gardé leurs effectifs en se disant ça va repartir comme en 40 et en fait ça n'est pas reparti comme en 40 plus eux c'est reparti brièvement en 2021 et 22 mais évidemment la crise de l'énergie et de la guerre en Ukraine a changé la donne donc il y a une vraie incertitude mais le fond de l'air si je puis dire le fond de l'air c'est quand même que les entreprises voient les transformations c'était évoqué par Marcel tout à l'heure les transformations énormes liées à l'écologie enfin à l'environnement et liées à ce qui domine l'économie mondiale aujourd'hui qui est le retour des frontières et le retour des subventions c'est-à-dire que l'Europe l'Europe est le continent qui a créé la paix entre les états qui s'est développé depuis la dernière guerre mondiale grâce aux commerces et aux échanges et on voit bien que et la Chine d'un côté et les Etats-Unis de l'autre sont partis dans un autre modèle qui est celui du protectionnisme et du côté des subventions à outrance et l'Europe se dit est-ce que mon modèle est encore le bon elle voit bien que ce n'est plus le bon mais c'est tellement consubstantiel les échanges à sa vie et à la paix qui a été construite sur notre continent qu'il y a une vraie interrogation et donc c'est normal que ça mette une dizaine d'années à construire un autre modèle mais c'est en cours
et la simplification dans tout ça
on en est loin
alors c'est une des recettes de Bruno Le Maire on a vu dans ce très bon reportage que ça ne date pas d'avant-hier ce sujet cette préoccupation-là c'est une attente c'est un gadget est-ce que ça peut être utile ?
je pense que non ça serait facile de dire que c'est un gadget chacun de nous a peu dans sa vie quotidienne courante se rendre compte qu'il y a des connexions de fichiers que quand on paie avec un CESU on va vous chercher vos impôts et comme ça vous n'êtes pas obligés enfin il y a quand même des choses qui se font beaucoup plus simplement des pièces d'identité il y a des choses qu'on n'est pas obligés d'aller se déplacer de demander un numéro bon donc il y a une alors on a l'impression qu'il y a des choses qui sont des aberrations alors on continue à enlever régulièrement l'avantage de ça c'est que ça ne coûte rien parce qu'il faut quand même voir le gouvernement dans la question dans l'idée c'est-à-dire que pour montrer qu'on réforme et pour montrer qu'on fait quelque chose jusqu'au bout il n'y a pas grand chose à faire enfin vous voyez il n'y a pas tant de chantiers qui soient faciles celui-là est censé on va dire aussi ce que dit Bruno Le Maire rapporter de l'argent donc effectivement et surtout manifestement quand on voit que les PME globalement et les chefs d'entreprise d'abord ont été concertés et qu'ensuite on va leur donner raison et qu'on va faciliter la vie des PME qui sont quand même des entreprises qui emploient beaucoup de gens et qui sont un tissu très vivant c'est-à-dire que pour les appels d'offres pour les procédures de marché pour les choses le fait qu'ils soient obligés de se payer des comptables qui sont chers pour le fait qu'on leur allège l'existence c'est quand même quelque chose qui me semble ne pas relever du gadget le côté gadget c'est enfin gadget le côté un peu c'est Bruno Le Maire un peu le printemps de la simplification voilà on a l'impression qu'il y aurait un avant et un après l'idée c'est que on est sur la bonne voie ça a commencé ça coûte rien c'est ça surtout ce qu'il faut retenir non mais c'est sûr ça coûte rien c'est probablement que si on peut plus facilement aider les PME à se concentrer sur l'innovation on en revient à ce qu'on disait tout à l'heure au lieu de passer leur temps à faire des trucs comme ça on parlait de ce qui sera le plus visible pour les gens qui nous regardent ce soir c'est la simplification de la feuille de paye en quoi ça facilite la vie des entreprises et elles feront de toute façon des feuilles de paye alors c'est vrai que si on veut jouer sur les mots on était déjà avec aujourd'hui une fiche de paye censée être plus simple déjà simplifiée bon bah là on en aura une encore plus simplifiée puisqu'on va passer de 55 lignes aujourd'hui à 12, 13, 14 bon dans la démarche de Bruno Le Maire je trouve que ce qui est intéressant c'est de dire non pas je fais un grand choc de la simplification qu'on a déjà entendu depuis 40 ans mais on va se revoir tous les ans il appelle ça un printemps et le test on parle de Caroline mais voilà tous les ans on passe au crible la simplification et on essaie de délaguer un tout petit peu maintenant moi ce qui me fait peur là dedans c'est que j'ai regardé Dalloz qui édite c'est l'éditeur du code du travail du code pénal etc Dalloz a fait les comptes et en 20 ans on a augmenté de 52% les normes donc c'est un peu le lézard administratif vous coupez une norme il en repousse une à côté donc du coup c'est ça le risque c'est qu'on simplifie d'un côté puis qu'en même temps vous ayez d'autres complexifications qui apparaissent et c'est ça qu'il faut arriver à corriger
alors je vais utiliser une autre formule mais qui veut dire la même chose que celle de Martial c'est à dire c'est très bien de vouloir vider la baignoire encore faut-il fermer le robinet la baignoire on enlève des normes on enlève des guichets etc mais si par ailleurs on continue d'arriver avec des nouvelles normes par exemple le zéro artificialisation des sols c'est très bien pour l'écologie mais les entreprises vous disent tout mais où est-ce que j'ouvre mon prochain entrepôt puisqu'on parlait de la logistique tout à l'heure le gouvernement par ailleurs approuve et est en cours d'approbation d'un accord social qui a été signé hier sur le compte épingtant universel le CETU c'est-à-dire la portabilité des congés tout au long de la vie je n'ai pas pris mes congés avec mon ancien employeur donc j'arrive devant le nouveau en lui disant attendez n'oubliez pas j'ai des anciens congés ça va être porté par la caisse des dépôts cette affaire-là et ce que c'est extrêmement simple pour les entreprises j'ai l'ombre de l'esquisse d'un demi-doute et donc c'est vrai qu'on ne peut pas à la fois nous dire on vide la baignoire
et laisser le robinet ouvert mais il faut aussi que les français enfin nous on soit cohérents c'est-à-dire que les normes ce n'est pas forcément des fonctionnaires débiles profonds qui décident pour emprisonner les gens de faire des choses on est demandeur de normes chaque fois qu'il se passe quelque chose que ce soit un fait divers que ce soit un balcon qui tombe que ce soit quelque chose qui brûle que ce soit un enfant qui se blesse on demande à ce qu'il y ait une nouvelle règle il y a des choses formidables bien sûr qu'il faut que les hôtels aient des réglementations d'évacuation de handicap pour accéder à tout le monde mais il y en a certaines qui disent je ne peux pas faire les investissements donc il faut aussi que chacun que nous ne voulions pas être protégés pour tout et que l'administration y répond on se plaigne un chiffre le volume du code du commerce a augmenté de depuis 2002 500 300% 364% 364% et on cite quand même cette phrase qui est culte de Georges Pompidou mais arrêtons d'emmerder les français il y a trop de lois trop de textes trop de règlements dans ce pays on en crève c'était en 1966 allez on revient à vos questions il y a beaucoup de morts sur la route cette question de Gérard j'ai toujours eu un casino sur ma route quand je rentrais du travail et c'est le seul supermarché dans un rayon de 25 km comment vais-je faire
c'est pas sûr qu'il ferme c'est pas alors un c'est pas sûr qu'il ferme deux il peut être peut-être modernisé changé adapté mais au total le nombre quand même de ce moyen de petites et grandes surfaces diminue en France et c'est est-ce que Gérard Philippe pardon enfin Gérard Gérard pardon est-ce que Gérard va devoir fonctionner par internet pas pour les courses du quotidien mais peut-être pour les vêtements ou ce genre de choses
cette question de Philippe du coup en Dordogne donc un grand patron gère mal son entreprise et ce sont les employés qui sont virés c'est bien ça c'est ce qu'on retient de la première partie de notre émission vous nous avez expliqué c'est Jean-Charles Nahouri à un moment donné qui a endetté Casino de manière déraisonnable
et on sort quand même pardon de quelques années où l'état a dit on s'occupe de tout parce qu'il y avait la crise Covid parce qu'il y avait aussi la crise d'énergie et que là il ne peut pas s'occuper de tout donc oui il y a des brutalités capitalistiques pour reprendre des termes consacrés
et puis il y a ce mythe de l'homme providentiel ou indispensable qui existe beaucoup dans l'entreprise on a connu ça avec Carlos Ghosn on connaît ça avec Elon Musk aux Etats-Unis en ce moment c'est à dire l'espèce de dieu vivant en cravate que personne n'ose véritablement contredire et qui reste dans sa logique si vous ajoutez à ça un caractère soyons gentils un peu psychorigides de quelqu'un comme monsieur Nahouri vous avez évidemment beaucoup de mal à faire bouger l'homme de ses convictions donc c'est ça qui parfois vous emmène dans le mur Carlos Tavares sa rémunération scandalise mais il dit écoutez moi j'ai fait remonter l'entreprise je distribue l'argent à mes salariés je réussis c'est ce que vous disiez jusqu'à présent c'est à dire que personne ne lui a demandé des comptes jusqu'à ce que le groupe échoue et soit obligé de licencer
ce qui est particulier c'est qu'il était actionnaire et dirigeant que quand les deux sont dissociés c'est quand même un garde-fou
peut-on affirmer c'est Régis en Côte d'Or qui nous pose cette question peut-on affirmer que le nouvel accord signé par les syndicats de la SNCF est une sorte de pied de nez au gouvernement
en tout cas les syndicats le disent alors on est tenté de les croire
SNCF en plus de cet accord discutable les prix des billettes de TGV flambent normales on n'a pas parlé quand on a parlé de la SNCF c'est ça le bret
ça nourrit le ressentiment des français vis-à-vis de la SNCF il n'y a pas assez de billets de train il n'y a pas assez de places disponibles et c'est trop cher et ce choix-là c'est un choix public c'est-à-dire que le gouvernement demande à la SNCF que finalement il subventionne le réseau par les usagers par les voyageurs plutôt que par le contribuable c'est un choix politique il faudrait l'expliquer il est tout à fait légitime de la part d'un gouvernement mais c'est bien celui-là et donc il n'y a pas assez de rame parce qu'on en a mis trop au cimetière il y a pénurie de rame et les prix montent parce que maintenant les prix sont fixés en fonction de l'offre et de la demande et du coup le gouvernement ne demande pas à la SNCF de tempérer un peu en prenant une partie à sa charge et ça génère 10 milliards de bénéfices d'ici 2030 ce qui va éviter au gouvernement d'en mettre autant donc c'est une bonne nouvelle pour l'État et pour le contribuable mais c'est une mauvaise nouvelle pour les voyageurs il faut juste expliquer les choses
l'État a mis combien rappelez-nous pour financer la dette de la SNCF
l'État alors il y a deux dettes de la SNCF pour reprendre en un mot il y a une dette qui est l'achat de ses propres matériels et puis il y a la dette d'infrastructure celle-là c'est une dette nationale c'est 35 milliards que l'État a repris mais c'est une dette nationale
Jacques en Savoie quand je prends le train je porte un badge passager en grève et je refuse systématiquement de montrer mon billet au contrôleur bon on ne sait pas comment ça se termine
si le contrôleur est également en grève mais assure quand même avec un brassard noir son travail comme au Japon finalement c'est peut-être
pour éviter grève et manifestation lors des JO de Paris le gouvernement cède surtout le quoi qu'il en coûte n'est donc pas fini
c'est pas surtout mais un peu beaucoup ça peut changer la formule en disant c'est le quoi qui nous en coûte
c'est ça allez merci à vous tous en tout cas on a tous envie que les jeux se passent bien et qu'il n'y ait pas de grève pendant les JO
c'est ça
une citation latine pour finir merci nous retrouvons Anne-Elisabeth Lémoine et toute l'équipe de CETA bonsoir au programme ce soir
bonsoir Caroline je ne ferai pas le programme
ce soir en latin mais en français avec la verrie du Ralex placée en redressement judiciaire en difficulté depuis la hausse des prix de l'énergie c'est l'un des sujets qu'on soumet à notre invitée la directrice générale d'ENGIE Catherine McGregor et puis l'ancien chef d'état-major des armées François Lecointre témoigne pour rappeler aux français qu'il ne faut jamais souhaiter la guerre mais qu'il faut savoir là préparer il sera dans un instant sur le plateau de CETA bonsoir allez bonne soirée à tous on se retrouve demain en direct à 17h30