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InterviewC à vous (sur YouTube)· 23 septembre 2024 12 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesImmigration & asileSécurité

Gouvernement : A. Pannier-Runacher a-t-elle hésité ? - C à Vous - 23/09/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 20 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Ca ressemble plus à une cohabitation qu'à une coexistence ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Vous étiez face à un dilemme ?

  • 2:30OuverteRéponse partielle

    Qui vous a convaincue d'accepter de participer à ce gouvernement ? Vous hésitiez il y a une semaine encore.

  • 3:30FerméeÉludée

    C'est une personne en particulier ?

  • 4:30RelanceRéponse directe

    Mais si B.Retailleau propose une nouvelle loi sur l'immigration, vous jouerez à fond la solidarité gouvernementale ? Vous serez frondeuse au sein de ce gouvernement ?

  • 6:30OuverteRéponse directe

    Il y aura une cohérence politique plutôt qu'une solidarité gouvernementale ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:30A.Pannier-RunacherChiffre
    « Il y a 1/4 de Républicains et 3/4 de centristes. C'est un gouvernement qui n'est pas à droite. »
  • 4:00A.Pannier-RunacherFait
    « Le portefeuille qui m'a été proposé est un vrai marqueur de gauche. C'est la question de l'écologie, de la lutte contre l'effondrement de la biodiversité, le dérèglement climatique... »
  • 5:30A.Pannier-RunacherFait
    « Si vous changez le nom sur un CV, le prénom, vous n'avez pas le même taux de réponse dans les entreprises. C'est un fait. »
  • 8:30A.Pannier-RunacherFait
    « Les gouvernements précédents ont baissé un certain nombre d'impôts, en l'occurrence particulièrement sur les classes moyennes. »
  • 11:00M.BarnierChiffre
    « Je ne vais pas alourdir encore l'impôt sur l'ensemble des Français, qui payent déjà le plus d'impôts de tous les partenaires européens. »
  • 11:30M.BarnierPromesse
    « Mais je ne vais pas exclure, dans l'effort national qu'il faudra faire pour redresser la situation, que les plus fortunés participent. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

et la plupart des textes passent avec l'appui du PS et du Parti populaire. Mais c'est une culture politique différente de celle que nous avons coutume d'avoir en France. C'est là où est le défi. - A.-E.Lemoine: Ca ressemble plus à une cohabitation qu'à une coexistence? - A.Pannier-Runacher: La cohabitation est plutôt avec le président de la République.

Là, il est garant des institutions. Il y a une partie de son bord politique qui est représentée au gouvernement et une partie qui n'est pas représentée. On entend beaucoup de critiques de la gauche.

Je me suis posée des questions. - A.-E.Lemoine: Vous étiez face à un dilemme? - A.Pannier-Runacher: Tout à fait.

C'est normal. Depuis 2 mois et demi, depuis le 7 juillet, j'ai répété de manière constante que ce gouvernement devait réunir le maximum de sensibilités possible, de la droite républicaine à la gauche responsable. J'aurais aimé qu'il y ait des représentants du PS, des élus locaux qui soient marqués à gauche.

Il y a D.Migaud, Dont vous n'avez pas dit que c'est le numéro 2 du gouvernement devant B.Retailleau.

Ce n'est pas un hasard. On voit la volonté d'équilibrer sur le champ du régalien la gauche et la droite. J'aurais aimé qu'il y en ait plus.

Ceux qui s'indignent aujourd'hui sont les mêmes que ceux qui ont refusé d'entrer au gouvernement. Quant à la légende du "tend à droite"...

Il y a 1/4 de Républicains et 3/4 de centristes. C'est un gouvernement qui n'est pas à droite. La dernière fois que J.Chirac à gouverné, il avait un gouvernement de droite où tout le monde était à droite.

Là, vous avez 6 ou 7 partis qui sont représentés. Moi qui ai voté PS pendant des années avant de rejoindre E.Macron, je regrette que cette famille se soit exclue du jeu politique, d'abord en empêchant B.Cazeneuve d'être Premier ministre, ensuite en refusant toutes les propositions qui leur ont été faites. - A.-E.Lemoine: Qui vous a convaincue d'accepter de participer à ce gouvernement?

Vous hésitiez il y a une semaine encore. - A.Pannier-Runacher: J'avais rendu mon ordinateur, rendu les clés de mon appartement...

Ce qui m'a fait changer d'avis... - A.-E.Lemoine: C'est une personne en particulier? - A.Pannier-Runacher: Non.

J'ai eu des échanges avec le président et G.Attal. Il n'était pas question pour moi de rentrer si on n'avait pas un accord avec le groupe.

Il était important qu'Ensemble pour la République dise: "On tope." Il n'y avait pas de questions à se poser. La 2e chose...

Je suis plutôt sensible à l'action. Le portefeuille qui m'a été proposé est un vrai marqueur de gauche. C'est la question de l'écologie, de la lutte contre l'effondrement de la biodiversité, le dérèglement climatique...

C'est des sujets que j'ai portés avec passion en tant que ministre ces dernières années. Soit vous faites le choix de la responsabilité, ce qui suppose de mettre les mains dans le moteur, au risque de les salir, soit vous choisissez d'être en dehors du jeu, et dans ce cas-là, vous n'avez pas cette tension entre des diversités de cultures politiques, mais vous n'agissez pas pour les Français. - A.-E.Lemoine: Mais si B.Retailleau propose une nouvelle loi sur l'immigration, vous jouerez à fond la solidarité gouvernementale?

Vous serez frondeuse au sein de ce gouvernement? - A.Pannier-Runacher: Le sujet n'est pas là.

Cette loi sera portée au Parlement. Mon groupe politique donnera sa position sur la loi. On pourra dire qu'on est à l'aise sur tel article ou pas.

Je suis solidaire de mon groupe politique. Je suis solidaire d'Ensemble pour la République. Nous sommes différentes familles politiques.

M.Barnier en est conscient. Il a non seulement un ministre des Relations avec le Parlement, mais aussi une ministre des Relations entre les ministres.

Il va essayer de coordonner les visions et d'aller trouver des points d'équilibre. - P.Cohen: Il y aura une cohérence politique plutôt qu'une solidarité gouvernementale? - A.Pannier-Runacher: Je pense, oui.

Le gouvernement propose et le Parlement dispose. Le barycentre va probablement se déplacer plus fortement au Parlement. Le travail sur les lois sera plus important.

Cette expérience, je l'ai eue sur des lois. C'est peut-être aussi pour ça que le président et le Premier ministre ont pensé à moi. Sur la loi énergies renouvelables...

B.Retailleau était mon principal opposant sur cette loi au Sénat. - P.Cohen: Le groupe LR a fini par la voter. - A.Pannier-Runacher: Il y avait 2 lignes rouges.

On a bataillé. J'ai porté des amendements. J'ai fait parler l'Association des maires ruraux de France.

J'ai essayé d'embarquer un certain nombre de groupes. A la fin, tous les groupes politiques ont voté cette loi, y compris LR. Vous pouvez partir de positions où vous n'êtes pas d'accord...

Ca demande du temps, de la discussion, de la souplesse, aussi, mais vous pouvez y arriver. - A.-E.Lemoine: De quel côté êtes-vous?

Celui de G.Darmanin, qui dénonce la persistance d'un racisme systémique en France, ou celui de B.Retailleau, qui accuse son prédécesseur d'avoir été laxiste et d'avoir laissé dériver le pays? - A.Pannier-Runacher: Déjà, je ne considère pas que G.Darmanin soit quelqu'un qui n'aime pas l'ordre.

C'est un propos surprenant. Je crois que B.Retailleau reconnaissait le travail de G.Darmanin, notamment sur les JO et la façon dont il en a assuré la sécurité.

Il faut éviter de se payer de mots, et de mots durs. J'ai des collègues qui disent: "Evitons les punchlines et préférons les actes." Ca me convient très bien.

La question du racisme, il ne faut pas l'ignorer. On sait tous que si vous changez le nom sur un CV, le prénom, vous n'avez pas le même taux de réponse dans les entreprises. C'est un fait.

C'est un fait inacceptable et qui appelle des politiques de lutte contre les discriminations. Si j'ai bien écouté ce qu'a dit le Premier ministre est ce qu'ont dit les ministres aujourd'hui, ce point est considéré comme incontournable. Nous sommes un gouvernement républicain.

Toute forme de discrimination, que ce soit sur la couleur de peau, sur la religion, sur les préférences sexuelles, sur le genre, est inadmissible. Les lois de la République doivent être appliquées. La 2e chose, c'est la question de la délinquance, de la petite délinquance, aussi.

Quand on est de gauche, on ne peut pas être indifférent au fait que ce n'est pas dans les beaux quartiers qu'on a le plus de problèmes avec la délinquance, particulièrement les incivilités. Quand ça castagne Dans une cité, et que vous êtes une mère qui élève seule ses enfants, vous avez peur. Ca fait aussi partie des raisons pour lesquelles la gauche a perdu les classes populaires dans le vote récent.

Je suis une élue récente, une députée élue récemment dans le Pas-de-Calais. A Arras et dans les 41 communes qui entourent Arras...

J'ai beaucoup entendu ces questions sur le terrain. Les gens me disaient voter à gauche auparavant et avoir ce sentiment d'insécurité. Pour certains d'entre eux, ils reconnaissaient qu'ils n'avaient pas été confrontés à ce problème, mais ils ne voulaient pas que ça arrive dans leur village.

Pour d'autres, il y avait des récits très précis, très troublants. Garantir la sécurité de tous, quelles que soient sa couleur, sa classe sociale et ses origines, est un des éléments fondamentaux du pacte républicain. - E.Tran Nguyen: Il y a un autre sujet sur lequel vous ne serez pas tous d'accord au Parlement.

M.Barnier a promis de ne pas augmenter les impôts pour l'ensemble des Français. - M.Barnier: Je ne vais pas alourdir encore l'impôt sur l'ensemble des Français, qui payent déjà le plus d'impôts de tous les partenaires européens.

Ni sur les gens les plus modestes, ni sur les gens qui travaillent, ni sur les classes moyennes. Mais je ne vais pas exclure, dans l'effort national qu'il faudra faire pour redresser la situation, que les plus fortunés participent. - E.Tran Nguyen: Vous qui êtes solidaire de votre groupe à l'Assemblée, que les personnes les plus fortunées puissent être mises à contribution ainsi que certaines entreprises, est-ce que ce n'est pas revenir sur une promesse de l'ancienne majorité? - A.Pannier-Runacher: Je vous renvoie au pacte sur lequel nous avons travaillé avec l'ensemble des députés du groupe.

Cette proposition figure précisément dans le pacte. Elle dit que nous pensons qu'il faut être très attentif à la compétitivité du pays. Les gouvernements précédents ont baissé un certain nombre d'impôts, en l'occurrence particulièrement sur les classes moyennes.

Je veux le redire car il y a un récit qui dit qu'on n'aurait baissé les impôts que pour les riches. La taxe d'habitation, beaucoup de gens la payaient. Les impôts de production permettent de créer de l'emploi industriel.

J'ai travaillé dans l'industrie. Je vois très bien de quoi on parle. Ce sont les ouvriers spécialisés qui en profitent directement.

Tout ça a du sens économique. Et la redevance TV, tout le monde la payait. Attention à ne pas faire dire aux chiffres ce qui n'existe pas.

Dans ce pacte, nous disions qu'il était possible d'envisager des taxations des surprofits ou des taxations de rente. Nous estimions qu'au moment où nous avons une situation de finances publiques qui impose une nécessité de responsabilité, il faut trouver un équilibre. Ca passe par une baisse des dépenses et ça peut aussi passer par des ajustements de fiscalité ou une redistribution de la fiscalité.

Ce à quoi on est très attentifs, c'est que le poids des prélèvements obligatoires en France est l'un des plus élevés au monde. C'est juste ça qu'on met sur la table. On dit: attention.

On a eu du mal à réduire et à passer en 2e position au niveau européen.