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Podcast / conversationINA Actu· 4 octobre 2025 9 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & élections

Emmanuel Macron reconnaît la Palestine à l’ONU… mais tout a commencé il y a près de 60 ans

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:18InvitéFait
    « Il est vrai que les deux belligérants observent pour le moment, d'une manière plus ou moins précaire et irrégulière, le cessez-le-feu prescrit par les Nations Unies. »
  • 1:43InvitéFait
    « Un règlement doit avoir pour base l'évacuation des territoires qui ont été pris par la force, la fin de toute belligérance et la reconnaissance de chacun des États en cause par tous les autres. »
  • 2:14InvitéFait
    « Le fond du problème, c'est de considérer qu'il ne peut y avoir de paix durable au Proche-Orient que si la question palestinienne fait l'objet d'un juste règlement. »
  • 2:30InvitéFait
    « À partir du moment où la communauté internationale reconnaît l'existence d'un peuple palestinien, quelle est l'aspiration naturelle d'un peuple ? C'est de disposer d'une patrie. »
  • 2:48InvitéFait
    « Pourquoi ai-je souhaité que les habitants arabes de Cisjordanie et de Gaza disposent d'une patrie ? Parce qu'on ne peut demander à quiconque de renoncer à son identité ni répondre à sa place à la question posée. »
  • 3:38InvitéFait
    « Le Conseil national palestinien, au nom de Dieu et du peuple palestinien, proclame l'établissement de l'État de Palestine sur notre terre, avec pour capitale Jérusalem la Sainte. »
  • 4:15InvitéFait
    « À Washington, par exemple, on est d'une extrême prudence. C'est bien, mais insuffisant, dit-on ce soir au département d'État. »
  • 4:37InvitéFait
    « La reconnaissance par la France d'un État palestinien ne soulève aucune difficulté de principe. Cependant, des questions de faits continuent d'être posées qui devront être examinées. »
  • 5:14InvitéFait
    « Israël et les Palestiniens vont s'efforcer de vivre dans la coexistence pacifique pour aboutir à un accord de paix juste, total et durable. »
  • 5:39InvitéFait
    « La Cisjordanie et la bande de Gaza vont former une entité territoriale unique. Son intégrité sera préservée durant la période intérimaire. »
  • 6:10InvitéFait
    « Un État palestinien reconnu offrira à Israël un véritable partenaire et lui seul sera capable de prendre et de tenir les engagements nécessaires à la nécessaire sécurité d'Israël. »
  • 6:43InvitéChiffre
    « L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture a admis la Palestine comme son 195e membre. La majorité est écrasante : 107 voix contre seulement 14, dont celle des États-Unis. »
  • 7:13InvitéChiffre
    « 138 voix pour, 9 contre, 41 abstentions. La nuit dernière, la Palestine est devenue un État observateur, non membre des Nations Unies. »
  • 8:06InvitéFait
    « Trois pays européens, l'Irlande, la Norvège et l'Espagne, ont décidé de reconnaître aujourd'hui l'existence d'un État palestinien et ils espèrent être suivis par d'autres. »

Temps de parole

  • Présentateur53 %
  • Invité19 %
  • Invité 26 %
  • Invité 34 %
  • Invité 44 %
  • Invité 54 %
  • Invité 64 %
  • Invité 73 %
  • Invité 83 %

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0:00
Présentateur

Le 22 septembre 2025, le président de la République, Emmanuel Macron, a, au nom de la France, reconnu officiellement l'État de Palestine lors de l'Assemblée Générale des Nations Unies à New York. La reconnaissance de la Palestine par la France, un long processus qui aura duré près de 60 ans. Une reconnaissance chargée d'histoire donc, mais qui intervient aussi dans un contexte précis, celui de la guerre à Gaza menée par Israël en réponse aux attaques du 7 octobre 2023 commis par le Hamas. Acte symbolique ou chemin vers la paix, cette semaine, dans le temps de l'actu, zoom sur la reconnaissance par la France de l'État de Palestine.

La reconnaissance de la Palestine par la France, ça fait longtemps qu'on en parle. Retour en 1967, une année charnière au Proche-Orient. En mai 1967, éclate la guerre des Six Jours, un conflit éclair entre Israël et plusieurs pays arabes, l'Égypte, la Jordanie, la Syrie et l'Irak. Israël en ressort victorieux et occupe certains territoires en dehors de ses frontières officielles, notamment Gaza et la Cisjordanie. En novembre 1967, l'ONU exige le retrait israélien des territoires occupés. Le général de Gaulle donne alors une conférence de presse.

1:18
Invité

Il est vrai que les deux belligérants observent pour le moment, d'une manière plus ou moins précaire et irrégulière, le cessez-le-feu prescrit par les Nations Unies. Mais il est bien évident que le conflit n'est que suspendu et qui ne peut pas avoir de solution sauf par la voie internationale. Un règlement doit avoir pour base l'évacuation des territoires qui ont été pris par la force, la fin de toute belligérance et la reconnaissance de chacun des États en cause par tous les autres.

2:01
Présentateur

De Gaulle va être le premier président français à évoquer cette reconnaissance. Et vous allez l'entendre, tous après lui vont s'inscrire dans ses pas, comme Valéry Giscard d'Estaing en 1974.

2:14
Invité

Le fond du problème, c'est de considérer qu'il ne peut y avoir de paix durable au Proche-Orient que si la question palestinienne fait l'objet d'un juste règlement. À partir du moment où la communauté internationale reconnaît l'existence d'un peuple palestinien, quelle est l'aspiration naturelle d'un peuple ? C'est de disposer d'une patrie.

2:35
Présentateur

Quelques années plus tard, c'est au tour de François Mitterrand de s'exprimer sur le sujet. Et il ne va pas le faire n'importe où. Mars 82, le président est en visite officielle en Israël. Une première. Écoutez.

2:48
Invité

Pourquoi ai-je souhaité que les habitants arabes de Cisjordanie et de Gaza disposent d'une patrie ? Parce qu'on ne peut demander à quiconque de renoncer à son identité ni répondre à sa place à la question posée. Il appartient, je le redis, aux Palestiniens comme aux autres, de quelle origine qu'ils soient, de décider eux-mêmes de leur sort.

3:14
Présentateur

Pour autant, malgré les positions favorables des présidents français, l'État de Palestine n'existe pas encore, ni pour la France, ni pour aucun autre État dans le monde. Mais tout change le 15 novembre 1988, à Alger, lorsque Yasser Arafat, le chef de l'OLP, l'Organisation de Libération de la Palestine, déclare l'indépendance de l'État de Palestine.

3:38
Invité

Le Conseil national palestinien, au nom de Dieu et du peuple palestinien, proclame l'établissement de l'État de Palestine sur notre terre, avec pour capitale Jérusalem la Sainte. Tonnerre d'applaudissements, l'émotion est à son comble. Pour la première fois, les contours de l'État que réclament les Palestiniens paraissent un peu moins flous, même si la déclaration du Conseil se garde bien de les préciser.

4:05
Présentateur

Dans la foulée, 21 pays, en majorité arabe, reconnaissent l'État palestinien. Mais parmi les grandes puissances occidentales, le sujet reste complexe.

4:15
Invité

À Washington, par exemple, on est d'une extrême prudence. C'est bien, mais insuffisant, dit-on ce soir au département d'État. Les résolutions de l'OLP adoptées à Alger nous paraissent pour le moment ambiguës. Et puis Paris, où Roland Dumas a précisé cet après-midi la position de la France au cours de la séance consacrée aux questions d'actualité. à l'Assemblée nationale. La reconnaissance par la France d'un État palestinien ne soulève aucune difficulté de principe. Cependant, des questions de faits continuent d'être posées qui devront être examinées.

4:53
Présentateur

Parmi les arguments évoqués par la diplomatie française, l'État palestinien ne dispose pas encore de frontières clairement définies. En ces termes, il ne peut pas s'être reconnu. Quoi qu'il en soit, les choses avancent. Nous sommes maintenant en 1993, l'année des accords historiques d'Oslo pour mettre en place un processus de paix.

5:14
Invité

Israël et les Palestiniens vont s'efforcer de vivre dans la coexistence pacifique pour aboutir à un accord de paix juste, total et durable. Pour ce faire, plusieurs étapes sont d'ores et déjà programmées. Des élections avant tout. Un conseil, une sorte de gouvernement sera élu par les Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem qui aura pour mission de gérer l'autonomie pendant 5 ans. La juridiction est déjà précise. La Cisjordanie et la bande de Gaza vont former une entité territoriale unique. Son intégrité sera préservée durant la période intérimaire.

5:47
Présentateur

Une autorité palestinienne est donc officiellement créée pour gérer la bande de Gaza et la Cisjordanie. Pour la première fois, autorités israéliennes et palestiniennes se reconnaissent mutuellement. Un pas de géant, mais le climat d'apaisement ne dure pas. Les tensions vont vite rejaillir. La position de la France, elle, ne change pas. Jacques Chirac la réaffirme en 1996.

6:10
Invité

Un État palestinien reconnu offrira à Israël un véritable partenaire. Et lui seul sera capable de prendre et de tenir les engagements nécessaires à la nécessaire sécurité d'Israël.

6:28
Présentateur

Pour autant, côté français comme européen, c'est toujours le statu quo. Et pour les palestiniens, il va falloir attendre de longues années avant d'obtenir une nouvelle reconnaissance symbolique, celle de l'UNESCO en octobre 2011.

6:43
Invité

L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture a admis la Palestine comme son 195e membre. La majorité est écrasante. 107 voix contre seulement 14, dont celle des États-Unis. La France, elle, a finalement voté oui.

7:06
Présentateur

France, oui. En 2012, cette fois, c'est l'ONU qui accorde une autre reconnaissance symbolique.

7:13
Invité

138 voix pour, 9 contre, 41 abstentions. La nuit dernière, la Palestine est devenue un État observateur, non membre des Nations Unies. Explosion de joie en Cisjordanie, où des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Ramallah, Hébron ou Bethléem.

7:31
Présentateur

Aujourd'hui, grâce à Dieu, nous célébrons la victoire de la Palestine qui est maintenant sur la carte du monde, un État comme les autres. Un État comme les autres, pas encore tout à fait. En tout cas, toujours pas aux yeux des puissances occidentales. Si la Suède reconnaît officiellement l'État de Palestine dès 2014, il faut attendre encore 10 ans pour voir de nouveaux changements dans la politique diplomatique de certaines puissances européennes. Mai 2024, dans le contexte de guerre sanglante à Gaza, suite aux attentats du 7 octobre 2023 commis par le Hamas, trois pays européens franchissent le pas.

8:06
Invité

Trois pays européens, l'Irlande, la Norvège et l'Espagne, ont décidé de reconnaître aujourd'hui l'existence d'un État palestinien et ils espèrent être suivis par d'autres. Alors que les opérations à Gaza et le blocus de l'enclave se poursuivent, les Palestiniens applaudissent l'initiative. Les Israéliens, eux, dénoncent un encouragement au Hamas après les massacres du 7 octobre.

8:27
Présentateur

Juillet 2025, face au drame humanitaire à Gaza et à l'impasse diplomatique pour résoudre le conflit, le président Emmanuel Macron décide que la France reconnaîtra officiellement la Palestine comme État. Une reconnaissance annoncée solennellement à l'Assemblée Générale des Nations Unies le 22 septembre 2025. Et maintenant, qu'est-ce que cette reconnaissance officielle peut changer pour les Palestiniens, pour la situation à Gaza, au Proche-Orient, et dans la suite du conflit entre Israël et le Hamas ? On en parle cette semaine dans le temps de l'actu avec comme invité Thibaut Fleurigraphe, professeur de droit international public à l'université Panthéon-Assas.

Le temps de l'actu, un podcast de l'INA et de l'université Panthéon-Assas à retrouver sur toutes les plateformes d'écoute. Et moi, je vous dis à la semaine prochaine pour un prochain Zoom sur l'actualité.