INDÉPENDANCE DES MÉDIAS : ET SI ON DÉGAGEAIT BOLLORÉ ET LES MILLIARDAIRES ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
la presse française non seulement se concentre mais s'extreme droitise ça va faire un mois maintenant que la grève dure au JDD le Journal du Dimanche depuis la nomination de Geoffroy Lejeune ex valeurs actuelles à la tête de l'hebdomadaire mercredi 19 juin au matin un rassemblement s'est tenues à l'initiative des grévistes du Journal du dimanche c'était à ce moment là leur 27e journée de grève des leaders politiques et syndicaux comme Olivier Faure Mathilde panot ou encore Sophie Binet était là pour les soutenir la première affaire c'est la concentration des médias depuis deux ans le groupe Lagardère et racheté par Vivendi la société mère de Vincent Bolloré la seconde affaire c'est l'influence éditoriale d'un actionnaire aux idées non seulement douteuses mais dangereuse parce que Vincent Bolloré ne se distingue pas uniquement de ses copains actionnaires par ces idées politiques d'extrême droite mais aussi par son interventionnisme agressif dans les rédactions qu'il entend contrôler en disant il a métamorphosé cnews exitélé et l'ensemble du groupe Canal+ puis Europe 1 et par image au point de laisser par exemple une case horaire à une émission animée par des intégristes catholiques que la fraternité ça sert de Tal 5 et 10 ne renierait pas bonjour à tous bienvenue dans enquête d'esprit c'est une réalité plus sournoise que tous les virus plus dangereuses que toutes les épidémies plus contagieuses aussi que toutes les infections mais elle est rarement évoquée et encore moins prise au sérieux cette réalité ce sont les forces du mal sous toutes leurs manifestations elles dépendent leur pouvoir dans toutes les sphères de la société l'actualité le montre amplement pour nous conduire au désespoir alors que le 13 juillet se lanceront les états généraux de l'information la députée Sophie tailler polluant a décidé de bouger ses premiers pions politiques en ayant déposé mercredi matin une proposition de loi visant à garantir l'indépendance de la presse outre le fait de conditionner les aides à la presse ou encore l'octroi de canot TNT et de fréquence radio la députée écologiste prévoit aussi la mise en place d'un droit d'agrément des journalistes sur la nomination de leur directeur ou directrice de rédaction histoire peut-être de remettre un peu de démocratie au sein des rédactions c'est de ce sujet d'importance capitale dont on va discuter dans cette entretien d'actu bonjour Sophie Taillet pollian donc vous êtes député génération et nupes et vous êtes vous avez donc décidé de prendre la question de l'indépendance de la presse à bras le corps en déposant cette proposition de loi bonjour oui bah c'était un nécessité après ce qui se passait au JDD et ce qui s'est passé avant à Europe 1 et ce qui s'est passé avant iTélé on commence à être instruit de la façon dont Monsieur Bolloré prend d'assaut des rédactions pour les transformer à sa guise et au gré de son de son projet politique donc là il faut il faut agir et il y a urgence donc effectivement j'ai déposé cette proposition de loi qui est une proposition d'urgence qui à mon sens doit être voté très rapidement mais qui par contre évidemment ne n'est pas exhaustive de tout ce qu'il faut faire pour assurer l'indépendance de la presse dans notre pays c'est bien plus large que ça alors à la différence de la proposition de loi qui avait été déposée début 2022 le groupe de la majorité porte ce texte avec vous un peu tout le monde en fait sauf les républicains et le rassemblement national il y a donc une chance que ça passe vous avez apporté quelques gages de consensus par rapport à la PPL de 2022 que pour qu'elle soit si largement excitée notamment par les députés Renaissance qu'on aurait cru et qui sont à la base je crois que les choses elles ont peut-être bouger chez eux moi je j'ai pas je suis pas référé à ce qui s'était passé avant mais juste à ce qui se passait à ce moment-là avec la grève du JDD qui est une lutte quand même assez remarquable et sur le fait que pendant la question au gouvernement et également le soir du meeting de soutien à la rédaction du JDD qui a eu lieu dans un dans un théâtre parisien animé par RSF par Christophe de Loire bien il y avait sur le plateau pour défendre le JDD des députés de la majorité député renaissance des députés modem donc je me suis dit finalement s'ils sont là et ben il faut il faut il faut aller plus loin avec eux sur ce point précis donc c'est ce que j'ai fait j'ai rédigé une proposition de loi qui directement en fait de l'association un bout des médias il y a une tribune dans Le Monde en juin 10 ans interpellant les parlementaires en disant bah il faut faire ça il faut donner un droit d'agrément au journaliste quand on nomme un nouveau directeur ou directrice de la rédaction donc j'ai transformé ça juridiquement en proposition de loi et je suis allé voir les députés les uns après les autres qui avaient soutenu clairement le JDD et en fait ça a fonctionné très facilement alors effectivement l'influence grandissante de Vincent Bolloré je suppose pose une urgence en la matière c'est la première raison de la mobilisation d'ailleurs des salariés du journalisme du JDD on disait tout à l'heure aussi et d'ailleurs la journaliste Sarah Paillou nous confie son inquiétude et ses raisons de pourquoi je ferai le jeune doit partir du JDD on l'écoute pour nous c'est une ligne rouge parce que tout son parcours et toutes ces idées sont à l'opposé de ce que représente le JDD de ce qu'est le JDD le Journal du Dimanche depuis 7 présent il incarne il porte des valeurs républicaines depuis 75 ans c'est pas un journal un journal d'opinion c'est un journal qui a veillé et qui veille toujours à avoir une pluralité d'opinion une pluralité d'idées une pluralité de sujets dans ses pages et je ferai le jeune nous a prouvé par son parcours par ses idées qu'il est à l'opposé de tout ce que nous on défend de tout ce que nous on porte c'est un journaliste qui a son journal valeur actuelle a été condamné pour un jeu raciste sous sa direction c'est Geoffroy Lejeune il a aussi il assume d'être un soutien de Marion maréchal d'Eric Zemmour et il assume de mener une stratégie de conquête idéologique alors tout d'abord comment est-ce que vous réagissez aux propos de Sarah Paillou on le rappelle journaliste JDD et ce qu'il y a urgence donc du fait de l'influence grandissante de Vincent Bolloré a voté votre proposition de loi ne serait-ce donc pour que pour lutter contre la propagation des idées d'extrême droite dans les médias alors en fait là ma proposition de loi elle ne vise à donner davantage de droits aux journalistes pour garantir le travail d'indépendance de déontologue garantir leur déontologie et c'est vrai que ça permet de garantir quand même le fait que certains d'idées complotistes ou illégales ne puisse pas être comme ça défendu débattus comme n'importe quel autre après je pense que dans la société aujourd'hui il faut une mobilisation générale pour que on puisse reposer les choses appelé un chat un chat et c'est dans tout le débat public aujourd'hui qu'on observe une progression de plus en plus importante des idées d'extrême droite il y a qu'à voir comment se propage se diffuse quasiment un autre insu le vocabulaire de la théorie raciste du Grand remplacement les termes sont repris y compris jusque chez les républicains et donc en fait c'est bien plus que dans la presse qu'on doit se préoccuper de ça et mener quasiment une contre-offensive le terme de des civilisations oui est aussi un terme extrêmement connoté et qui et qui pose des visions qui qui est clairement basée sur une civilisation contre une autre et donc oui qui pose qui pose des problèmes donc on voit bien que là dans le champ sémantique utilisé dans le débat public ça ça dérive de plus en plus et quand on a des journalistes qui sont à la fois un indépendants et deux qui sont dans une démarche donnée de tes journalistique c'est-à-dire de recouper de vérifier de d'aller se confronter à la réalité qui est promu dans les au niveau scientifique etc on a quand même des garanties que que qu'on n'utilise pas n'importe quel terme à n'importe quelle escient et que donc on puisse avoir des bases de débat plus plus saines justement puisqu'il puisqu'on parle de d'appeler un chat un chat le gouvernement même s'il a pu votre proposition de loi a bien du mal à appeler un chat un chat puisque on se rappelle les semaines passées de la polémique pas mondiale qui justement avait essayé de lever la voix qualifiant les médias de Bolloré très explicitement de médias d'extrême droite et donc on avait vu ce une levée de bouclier de la part des républicains ça on n'est pas trop surpris mais y compris dans son propre camp même au sein du gouvernement Stanislas Grigny avait d'ailleurs défendu au repas sur le plateau de repeint ce qui est assez amusant comment vous avez réagi vous à cette actualité pourquoi ce selon vous ce refus du gouvernement justement d'appeler un chat un chat alors attention il y a plusieurs choses dans ce que vous dites le gouvernement ne soutient pas ma proposition de loi il y a des députés Renaissance qui l'ont signé mais j'espère que le gouvernement justement pourra sortir de cette forme de d'ambiguïté malsaine dans laquelle il est pas ne pas défendre à relativiser etc etc et donc poser clairement les bases d'une d'une grande loi qui permettrait de lutter contre la concentration des médias parce que derrière les Bolloré on pourrait dire beau il rachète tel truc tel autre etc bon finalement il fait ça au gré des possibilités non il y a une véritable stratégie derrière il achète un média qui paraît le dimanche il y en a que deux une grande radio généraliste une grande télévision généraliste une chaîne d'information qui est sur la TNT entre guillemets d'informations elle ne l'est plus et il achète aussi des magazines de presse différentes un magazine People enfin je veux dire là il se positionne en fait sur tous les types de médias moi j'appelle ça une stratégie une stratégie au service d'un projet politique donc c'est ça qu'il faut arrêter donc oui il faut arrêter ça en donnant plus de place aux journalistes et aussi en réduisant la loi de 86 qui qui fixe les règles contre la concentration qui sont complètement obsolètes donc la proposition de loi c'est un petit un petit début de droit nouveau aux journalistes mais il y a plein d'autres choses à faire par exemple quand on parlait tout à l'heure de comment faire pour éviter que cette propagation des idées des mots de l'extrême droite etc quand ta journaliste travaille c'est un professionnel il utilise attention aux mots qu'il utilise qui ont un sens etc chaque mot est pesé or assez news par exemple qu'est-ce qui s'est passé et bien on a vidé la rédaction il y a plus de journalistes ou quasiment plus à la place il y a des éditorialistes faire des gens qui écrivent leurs opinions mais la différence est très nette donc il faut aussi qu'on cadre et pur se dire pour se dire un média d'information générale et bien il faut avoir des journalistes c'est quand même la base mais je crois qu'on va être obligé de l'écrire dans la loi d'accord alors justement parce qu'on parlait du gouvernement et de si oui ou non il pourrait soutenir la proposition de loi il y a un domaine sur lequel il pourrait s'aligner avec les républicains c'est la notion de la liberté d'entreprendre et selon l'avocat Stéphane alamovic qui est exprimé dans les colonnes de la croix je le cite donner davantage de droits aux salariés ne les protégera pas du bon vouloir de patron actionnaires une des solutions serait de recourir à un actionnariat plus divers et moins intéressé alors d'abord la question se pose est-ce que ça existe un actionnariat moins intéressé nous on a posé la question à Julia kg hier matin elle était présente au rassemblement des grévistes du JDD aux Invalides écoutez c'est extrêmement problématique en fait ce dont il se rend pas compte que c'est pas un débat de droite versus gauche on aurait exactement le même problème demain si vous aviez un milliardaire d'extrême gauche qui en a pas beaucoup mais si vous aviez un milliardaire d'extrême gauche qui allait imposer un directeur de la rédaction à l'humanité ou à Libération et qui finalement s'asseyait sur l'indépendance et le travail des journalistes la manière de ce que fait Vincent Bolloré aujourd'hui ça devrait également finalement chaud alors est-ce que vous êtes d'accord avec Julia kg un actionnaire au sein d'une réaction sera toujours forcément une mauvaise chose ça n'existe pas on est d'accord un actionnaire désintéressé un actionnaire il est là pour faire effectivement pour récupérer des dividendes bon on soyons clairs donc il faut qu'il y ait une qui est une ligne de démarcation que ce soit étanche entre les actionnaires et les rédactions après moi je rêve plutôt de médias qui serait uniquement possédés par leur journaliste par leurs lecteurs etc etc mais aujourd'hui avec la révolution numérique les moyens importants nécessaires les investissements requis pour exister dans le dans le dans le monde médiatique c'est pas simple de se dire ça c'est quand même l'idéal type mais aujourd'hui il y a une structure capitalistique elle existe elle existe et donc il faut pour essayer au maximum de de la réguler il faut mettre un mur étanche entre actionnaires et rédaction et c'est et en donnant le plus de droit possible au journaliste pour empêcher une intervention quelle qu'elle soit quelle qu'elle soit dans la ligne éditoriale dans les rédactions etc après si Monsieur Bolloré ou je ne sais quel milliardaire d'extrême gauche parce qu'on les cherche quand même et puis c'est tout à fait logique que ça existe pas beaucoup qu'est-ce qu'il faudrait faire ça garantit justement si on a une étanchéité mais si Monsieur Bolloré veut créer un média mais qui crée un média avec sa ligne éditoriale mais très bien mais là il impose une ligne éditoriale a une un journal qui a déjà une identité donc il fait une forme d'usure il va chercher à faire une forme d'usurpation d'identité tous les matins les les ceux qui écoutent Europe 1 ou qui regardent Italie ils ont continué à regarder un peu par habitude vous savez le matin on se lève on allume sa radio en général toujours sur la même station et petit à petit en changeant la ligne éditoriale on influe sur le débat public donc c'est c'est ça aussi le problème mais donc des règles c'est absolument indispensable doivent être mises pour étanchéifier rédaction et donner des droits aux journalistes les journalistes doivent avoir davantage de droit en tant que journaliste et ils doivent aussi avoir davantage de protection parce que il y a des droits spécifiques liés au statut de journaliste mais il faut les augmenter Europe 1 ça c'est sans doute une angoisse aussi des salariés du JDD de perdre leur emploi parce que je prends le jeûne et d'autant plus qu'aujourd'hui il est difficile de retrouver un emploi en tant que journaliste il y a une précarité de plus en plus importante dans parmi les journalistes de nombre de pigistes qui ont une carte de presse augmente en fait dans la part globale donc il a précarité c'est aussi évidemment une une difficulté pour garder son indépendance le statut protecteur c'est une garantie d'indépendance donc il y a aussi ce sujet là à poser sur la table du statut social un des journalistes de comment on garantit leur indépendance aussi par le fait de leur éviter une trop grande précarité concernant le mur dont vous parliez entre actionnariat et rédaction c'est peut-être Sophie Binet qui parlait le mieux hier matin justement où elle remettait en question le concept de concentration des médias écoutez encore contrairement à ce que dit le gouvernement il ne s'agit pas d'un conflit privé entre un patron et ses salariés un actionnaire et ses salariés il s'agit d'un conflit qui nous concerne toutes et tous et qui a un enjeu démocratique fort puisque le problème posé c'est quoi c'est le fait que aujourd'hui un actionnaire peut débarquer dans une entreprise de presse et décider de changer la ligne éditoriale de ce qui doit être publié ou pas et débarquer comme un cow-boy le directeur de rédaction le rédacteur en chef est imposé de nouvelles personnes malgré la vie des journalistes et donc c'est pour ça que aujourd'hui ce qui est en jeu c'est la nécessité de renforcer la loi parce que la loi actuelle elle est insuffisante et donc l'ensemble des des journalistes l'Inter syndical Demande trois points le premier c'est une des dispositions pour empêcher la concentration des médias dans les mains de quelques milliardaires comme aujourd'hui ce qui pose un grave problème démocratique on a coupé avant les deux propositions suivantes de Sophie binôme parce qu'elle reprenait des éléments de la proposition de loi dont on a déjà évoqué on a déjà évoqué mais pour la question de la concentration des médias cette surconcentration même parce que par moment on peut même parler de surconcentration est-ce que finalement ça n'implique pas de tenir complètement éloigné les riches actionnaires des organes de presse c'est ce qui ne faudrait pas justement les peut-être les empêcher de pouvoir investir dans un organes de presse est-ce que la liberté d'entreprendre mais finalement pas incompatible avec le la presse la liberté d'entreprendre bon elle est constitutionnelle aujourd'hui et elle on se heurte à elle fout très souvent que ce soit sur la lutte contre la fraude fiscale qu'on se soit sur la question de la liberté de la presse etc etc bon après le problème c'est qu'on a c'est que le système étatique n'est pas forcément meilleur il faudrait pas non plus une presse faut pas l'ORTF quoi vous voyez ce que je veux dire donc il faut qu'on trouve un équilibre aujourd'hui et c'est urgent on peut pas attendre une société idéale que nous pourrions construire donc c'est urgent donc là il y a une chose à faire qui est une grosse travail mais il faut vraiment il faut vraiment là maintenant s'y atteler ça c'est la révision profonde de la loi de 86 la loi de 86 elle fixe elle fixe des mécaniques pour limiter la concentration pour dire finalement à partir d'un certain niveau de de d'implication dans la sphère médiatique bon ben c'est trop ça fait trop entre les entre les mains d'un seul ou de quelques-uns et cette loi elle est d'un moment ou internet n'existait pas donc et en plus elle fixe donc elle fixe des règles qui c'est la règle du 2 sur 3 c'est on n'a pas le droit d'avoir plus de de deux types de médias en fait mais là pour la presse écrite par exemple elle elle se base uniquement sur les quotidiens vous voyez par exemple Journal du Dimanche c'est un hebdomadaire donc ça rentre pas donc elle ne prend pas en compte internet et puis aujourd'hui un média comme le vôtre il diffuse sur Internet aussi par les partages vous vous postez et puis après c'est partagé mais tous les médias c'est comme ça que vous alliez sur cnews il y a peu de gens en fait qui regardent ces news par contre c'est une audience bien supérieure à cause voilà du fait que c'est partagé sur les réseaux sociaux donc il faut prendre en compte dans la part d'audience pour délimiter des seuils de concentration il faut prendre en compte dans la part d'audience toutes celles et ceux qui peuvent regarder à travers les différents médias aujourd'hui la loi elle est construite par support il y a la télé d'un côté la radio de l'autre etc et ça prend pas en compte les réseaux sociaux internet donc maintenant il faut arrêter cette vision par support une un journal le journal Le Monde et beaucoup moins lu sur son papier que sur son site internet donc c'est pas la question du nombre de tirages c'est la question de comment est-ce qu'il est lu sur internet et partager encore une fois sur les réseaux sociaux la question de refondre totalement la loi de 86 parce que si un problème de concentration c'est aussi que cette loi elle est obsolète et certains enjous au service de leur stratégie de promotion et de prise de pouvoir de l'extrême droite et c'est ça on est complètement à la bourre là on aurait dû refendre cette loi depuis fort longtemps c'est vrai que c'est une tâche gigantesque mais pour le coup là il faut il faut il faut pas reculer il faut vraiment y aller évident que la loi de 86 si elle tendait à empêcher la concentration des médias on en est loin là ah bah oui parce que parce que le monde a évolué le monde avait plus qu'au lieu donc il y a des il y a des réflexions après c'est pas simple techniquement de trouver les bonnes façons de faire mais pour dire c'est pas c'est pas l'audimat ça c'est vraiment le passé quoi c'est la part d'audience générale incluant les réseaux sociaux et les partages et les et les les visionnages sur sur les différents canaux par lesquels se partagent les et se diffuse les les émissions de télé les les les articles de etc etc alors justement on vous parliez beaucoup de démocratie dans la rédaction de droit des droits des journalistes au sein des rédactions donc effectivement pour entrer un peu plus dans la technicité de cette aspect de votre proposition de loi c'est une réponse que vous tentez d'apporter au problème de démocratie dans les rédactions c'est de permettre à ces dernières de pouvoir s'exprimer par un vote sur la nomination d'un directeur de d'un directeur de la rédaction c'est donc le principe du droit d'agrément il y a dans votre PPL d'abord il s'inscrit dans une vision globale je pense que globalement les salariés devraient avoir davantage de pouvoir dans leur entreprise bon après les entreprises de presse c'est pas des entreprises comme les autres parce que fabrique de l'information c'est pas c'est pas pareil que la fabrique d'impôts de yaourt l'information c'est un bien public c'est un bien particulier qui est absolument fondamental pour la démocratie donc on doit donner des droits particuliers donc ces droits particuliers ça peut être de dire bah on pour des journalistes et c'est ce qui est proposé dans la dans la que j'ai écrite c'est de dire les journalistes ils peuvent refuser un directeur de la rédaction ils ont finalement un droit de veto droit d'agrément au droit de veto bon c'est l'actionnaire il propose le responsable à la poussée son c'est ça sa prérogative mais par contre les journalistes ils peuvent dire attendez mais là nous on n'est pas d'accord pourquoi parce que cette personne ne va pas respecter la déontologie on le sait de par son curriculum Vita ce qu'il a fait avant ou il n'a pas les compétences par exemple si c'est quelqu'un qui a jamais travaillé qui n'est pas journaliste ou enfin vous voyez ce que je veux dire il y a tout un tas de choses qui peuvent permettre de à une équipe de rédaction c'est aussi les journalistes en tant que collectif une rédaction c'est un collectif et parce que par exemple au sein du JDD il y a une pluralité de vision c'est pas du tout monolithique et donc il faudrait qu'ils se mettent d'accord dire bah on est d'accord telle personne tel profil ça correspond au respect de la déontologie de notre travail vérification des sources etc etc donc ces données ce droit aux journalistes aux rédactions et puis ma aussi le propriétaire du média ne veut pas mettre ça en place et bien on ne le considère plus comme un comme un média on le considère comme une agence de com il n'a pas le numéro de commission paritaire cPPA P qui permet d'accéder aux aides à la presse et qui permet aussi d'avoir accès à une chaîne TNT etc après on me dit oui mais les milliardaires peuvent se passer de ça la TVA qui passe à deux points j'ai inséparer dans un modèle économique on peut peut-être s'en passer mais enfin je suis pas sûr que ce soit si simple en réalité et l'autre idée c'est de conditionner les aides à la presse ou l'octroi de canaux TNT alors si vous pouvez peut-être préciser pour ceux qui savent pas forcément comment ça fonctionne bah justement comment ça va fonctionner selon votre proposition de loi donc en fait il y a deux choses il y a pour la presse mais aussi des médias sur Internet etc on demande les demandes un numéro de commission paritaire et ça permet d'avoir accès aux aides à la presse donc notamment la TVA à taux très bas 2, donc ça c'est d'un côté la presse bon et puis il y a les chaînes de télé et les radios pour bénéficier dans notre pays d'une chaîne de télé c'est gratuit il y a d'autres pays c'est payant mais après ils font ce qu'ils veulent nous c'est gratuit mais par contre c'est l'arcom l'ex CSSA qui délivre les canaux sous réserve de la signature d'un cahier des charges d'un convention qui dit vous devez faire si vous devez faire ça et que cnews à mon sens n'a pas respecté d'ailleurs il y a eu beaucoup beaucoup la liste est longue de mise en demeure de toutes formes de la part de l'arcom pour dire vous faites pas si vous faites pas ça donc si jamais un candidat à une chaîne dit moi je veux je candidate mais qui met pas de droit d'agrément mais il peut pas candidater tout simplement donc il peut pas avoir de chaîne il peut pas avoir de canal hertia peut pas voilà tout simplement c'est assez simple la puissance puisqu'elle peut vraiment vraiment le faire et dire si vous ne mettez pas dans votre fonctionnement ce droit d'agrément ce pouvoir de nos journalistes vous ne pouvez pas avoir de chaîne donc ça veut dire qu'on conditionne le la capacité de la puissance publique à agir donc soit les aides d'État financières soit l'octroi d'un canal TNT ou hertzien a la mise en place de ce droit d'agrément c'est simple on se demande même si ça pourrait pas être fait par décret par le gouvernement mais bon moi j'appelle la ministre effectivement à nous répondre à cette question est-ce que cette proposition de loi on a vraiment besoin de passer par la loi ou est-ce qu'on aurait pas parce qu'il y a je pense un débat juridique pas directement le faire par des crêpes ça irait encore plus vite mais il y a pas quand même la peur d'un effet pervers parce que selon l'orientation politique parce que on peut toujours quand même prendre un peu de recul sur l'indépendance politique peuvent avoir certaines institutions est-ce que par exemple il pourrait pas y avoir danger justement pour des médias indépendants ou des médias qui pourraient à l'inverse à juger trop à gauche justement de se voir refuser le numéro de commission paritaire ou justement où l'octroi d'un canal TNT pervers de ce type je crois pas je crois pas parce que aujourd'hui les médias qui sont des médias mais avec des journalistes qui vérifient etc et qui sont quand même une ligne éditoriale marquée à gauche la rédaction elle est construite comme ça et donc elle donnerait un droit d'agrément à quelqu'un qui correspond à cette ligne éditoriale bon donc là il y aurait pas de souci après si on veut si c'est pas qui décide de de d'acheter le Figaro et d'imposer un directeur de la rédaction venant du média la rédaction pourrait dire non mais c'est normal les gens qui achètent le Figaro ils savent qu'ils achètent ils sont pas stupides donc là il y aurait un une sorte d'urpation voilà le Figaro c'est LE FIGARO puis Libé s'est libérée etc etc donc et c'est bien c'est bien qu'il y a une pluralité tant qu'on respecte la loi et qu'on ne promeut pas des idées qui n'en sont pas et qui c'est-à-dire qui tombent sous le coup de de du racisme etc etc de l'incitation à la haine raciale etc donc c'est pas empêché les médias et les journaux d'avoir une une ligne éditoriale ça c'est c'est là c'est la démocratie mais c'est le respect de l'identité des journaux et de la ligne éditoriale préexistante et de la de la de la du travail des journalistes après sur les chaînes télé par exemple les chaînes elles sont régies par d'autres règles par qui sont surveillées par l'art comme quand on vous confie un canal qui vous n'avez pas besoin d'acheter le journal en fait vous zappez et ça arrive ça vous arrive directement donc là il y a des obligations particulières des obligations de pluralisme dans la même antenne et ça c'est extrêmement important mais et on a on doit se poser une question de comment on compte ce pluralisme c'est pas une question facile pour l'instant on ne le compte que sur la base des invités politiques des élus mais quand vous invitez et c'est bien le problème de cnews et autres quand vous invitez un expert qui en fait un positionnement très radical qui n'intervient pas en tant que scientifique mais en fait son avis c'est pas mal en soi je trouve ça bien en soi pas de problème mais c'est pas compté aujourd'hui quand vous avez aussi une gestion des quotas de temps de parole politique qui met au même niveau une diffusion à 5h du matin ou à 18h on a aussi un problème donc c'est toutes ces règles qu'il faut revoir pour que quand on donne un chaîne de télé ah quand on donne oui on la donne parce qu'il y a pas de retour financier un état il octroie et on échange d'un du respect d'un cahier des charges mais demande pas comme contrairement à la téléphonie ou pour avoir accès les opérateurs payent là les opérateurs ne payent pas les éditeurs on les appelle les éditeurs ils ne payent pas mais donc ils doivent respecter le pluralisme il faut qu'on se penche davantage sur qu'est-ce que c'est le pluralisme et quand on se positionne pour avoir un canal de chaîne d'informations par exemple et ben il faut inclure dans le cahier des charges qu'on doit avoir un minimum de journalistes de gens qui ont une carte de presse on peut pas avoir une rédaction où il y a plus de journalistes parce que sinon on fait plus du journalisme on fait plus de l'information générale on fait de l'opinion et à ce moment là à mon sens on peut très bien ouvrir une chaîne sur Internet etc mais on ne voit pas avoir de canal TNT il bénéficie quand même d'une audience particulière c'est voilà chaque chose doit être à sa place dans la démocratie la liberté d'expression et le débat d'idée c'est c'est essentiel et donc il faut que les différentes options politiques s'expriment n'importe quoi voilà on peut pas dire on fait du journalisme mais en fait on fait de la com c'est pas la même chose on peut faire du journalisme avec une ligne éditoriale marque et à gauche ou à droite mais on continue à faire du journalisme on peut dire citer ses sources les recouper etc et pas balancer des trucs non vérifié c'est ça la base c'est la base qu'on doit chercher à préserver à réguler pour garantir que on ne pas confondre propagande et journaliste et puis surtout que des enquêtes ne soient pas censurées absolument on en revient toujours au même personnage ce personnage là le problème c'est que non seulement évidemment il peut parfois utiliser ces médias début de mercantile ou pour aider des amis à lui mais la difficulté supplémentaire à laquelle on est confronté c'est que on voit bien sa stratégie et c'est une stratégie politique qui a une visée politique de prise de pouvoir par des idées et c'est cela que les lois de anticoncentration sont censées empêcher et aujourd'hui elles sont dépassées il faut donc les modifier et c'est urgent concernant le pour finir concernant le processus législatif bon là il va y avoir les vacances parlementaires donc on peut supposer que les débats entre guillemets reprendront en septembre je pense que la proposition de loi va passer en commission en théorie a de bonne chance aussi il va falloir qu'elle passe le Conseil des ministres et là alors si c'est la proposition de loi elle passe pas le Conseil des ministres non mais il faut trouver un créneau dans le dans le dans l'agenda de parlementaire et une fois que elle est inscrite à l'ordre du jour à ce moment là elle passe en commission voilà donc il y a deux possibilités il y a la possibilité de l'inscrire dans une semaine transpartizane ou c'est pas le gouvernement qui a la main donc là c'est c'est pas c'est pas acté encore donc on va essayer d'y travailler pour obtenir un petit créneau avant avant décembre puis il y a une autre possibilité le gouvernement pourrait reprendre la proposition de loi la transformer en projet de loi et la mettre sur son temps il a beaucoup de temps l'Assemblée nationale et là elle passera conseil de nuit c'est bon voilà c'est autre chose et moi je vais pas lâcher l'affaire donc sur notamment l'article 1 de ma proposition de loi qui sont des aides à la presse il y a peut-être possibilité de le proposer par voie d'amendement au projet de loi de finances comme puisque il s'agit de mettre en place une condition à des aides publiques financières donc pour essayer de continuer à faire vivre ce débat et ses idées et espérer qu'on aboutisse le plus rapidement possible il y a péril en la demeure sur notre démocratie on le sait et évidemment l'information est au cœur de de d'une démocratie qui fonctionne bien donc là il faut nécessiter évidemment d'agir très vite merci beaucoup madame Sophie Tallier polluant je répète vous êtes député génération et Nuxe à l'Assemblée nationale quant à nous cet entretien est terminé merci à vous de l'avoir suivi vous le savez l'intégrité de notre projet éditorial unique dans le PAV dépend toujours de votre soutien et de vos dons si nous voulons survivre à l'été et être prêt pour le grand virage de la saison 7 du média il nous faut mobiliser au moins 100000 euros de dons déjà 70000 euros ont été récoltés merci rendez vous sur le média tv.fr/s grâce à notamment la diffusion de nos programmes en 24/7 sur Youtube quant à moi je vous remercie de votre attention encore une fois et de votre confiance et je vous dis à bientôt pour une prochaine émission
Sophie Taillé-Polian