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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 15 décembre 2022 26 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiRetraitesSolidarités & familleSanté

Préavis de grève déposés par la SNCF, report de la présentation de la réforme des retraites... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Philippe Martinez

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous pouvez rassurer les Français qui s'apprêtent à monter dans un train pour les vacances de Noël ?

  • 1:23RelanceRéponse directe

    Ça veut dire que vous êtes prêts à assumer l'impopularité d'un conflit pendant les vacances ?

  • 1:56RelanceÉludée

    Sur les salaires, la négociation était fixée. Il y avait déjà une date.

  • 3:14OuverteRéponse partielle

    Les salaires ont augmenté en moyenne de 4,5% cette année, 6% pour les nouveaux embauchés. Est-ce que vous reconnaissez que les patrons ont fait une partie du job ?

  • 4:23RelanceRéponse directe

    Pour le coup, la situation est difficilement comparable avec les aides qui ont été décidées en France. Vous le reconnaissez, non ?

  • 4:46OuverteRéponse partielle

    Des centaines de foyers sont toujours privés de gaz et de chauffage alors que les températures sont en chute libre. Vous trouvez ça normal ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:56Invité politiqueFait
    « On n'a toujours pas rattrapé l'inflation de cette année. »
  • 2:34Invité politiqueFait
    « L'inflation est importante. »
  • 3:27Invité politiqueChiffre
    « Et l'inflation est de combien ? 6,2. »
  • 3:33Invité politiqueChiffre
    « 4,5, 6,2, ça fait 1,7. »
  • 3:43Invité politiqueChiffre
    « les produits de première nécessité, vous allez acheter votre baillette régulièrement, c'est plus de 10%, l'énergie, vous le savez aussi, c'est autour de 15% »
  • 4:04Invité politiqueFait
    « il y a un problème de pouvoir d'achat, et notamment de salaire. »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « Regardez ce qui se passe en Grande-Bretagne, c'est historique. »
  • 5:17Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas de chauffage. »
  • 5:25Invité politiqueFait
    « un branchement qui devait être fait il y a trois mois n'a pas été fait. »
  • 6:09Invité politiqueFait
    « tenter de saboter, c'est un peu exagéré. »
  • 6:18Invité politiqueFait
    « Ce qui me choque, c'est qu'il y a des mouvements de grève, comme vous l'avez souligné. »
  • 6:32Invité politiqueFait
    « Et que ces salariés sont traités comme des terroristes. »
  • 10:48Invité politiqueChiffre
    « Trois ans qu'on fait des propositions sur la retraite. »

Temps de parole

  • Invité politique66 %
  • Présentateur13 %
  • Invité9 %
  • Invité 28 %
  • Invité 32 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Philippe Martinèze. Bonjour. Plusieurs préavis de grève sont donc déposés à partir d'aujourd'hui à la SNCF sur la question des conditions de travail, sur la question des salaires également. Est-ce que vous pouvez rassurer les Français qui s'apprêtent à monter dans un train pour les vacances de Noël ?

0:14
Invité politique

Je les rassurais quand la direction de la SNCF comme d'autres directions d'entreprises seront d'accord pour négocier véritablement des augmentations de salaires, les problèmes d'emploi, etc. Il y a de la négociation, il y a de la discussion. Après, il ne faut pas tout renvoyer sur ceux qui négocient, en tout cas du côté des salariés. Vous savez que les négociations ont donné une augmentation de 2% globalement pour la SNCF. Il y a le problème parti. 6% en ajoutant les primes et les mesures individuelles ? 2% d'augmentation générale de salaire, plus 600 euros de primes. Il y a le problème spécifique des contrôleurs, mais 2% et 600 euros, c'est pour l'année prochaine.

On n'a toujours pas rattrapé l'inflation de cette année. Il n'y aura pas de trêve de Noël, en tout cas, côté CGT ? Premièrement, il n'y a pas que la CGT. Je vous montrerai toujours du doigt la CGT. Je trouve que c'est vous qui... Il y a Sudrail ce matin. Oui, mais pour une bonne information, il faut expliquer qu'il y a aussi Sudrail. Donc il y a un problème, il faut le régler. Il y a un problème salarial, comme dans de nombreuses entreprises. Et je pense qu'on va en évoquer d'autres, parce qu'il y a beaucoup de conflits sur les salaires en ce moment.

1:23
Invité

Ça veut dire que vous êtes prêts à assumer l'impopularité d'un conflit pendant les vacances ?

1:27
Invité politique

Nous, ce qu'on veut, c'est régler la question des salaires. Vous voyez ?

1:32
Invité

Mais là, ce sont des grèves préventives avant les négociations annuelles.

1:35
Invité politique

Non, non, non, ce n'est pas préventif. C'est des grèves qui font en sorte que les directions d'entreprise, pas que la SNCF, les directions d'entreprise sont enfin obligées de s'asseoir à la table de négociation et qu'on commence les discussions. Pourquoi on est obligé de faire grève à chaque fois pour pouvoir ouvrir des négociations ? Ça pourrait se passer beaucoup mieux que ça.

1:56
Présentateur

Sur les salaires, la négociation était fixée. Il y avait déjà une date. Les grèves ont commencé avant.

2:03
Invité politique

Non, c'est quand il y a eu un préavis, parce qu'à la SNCF, comme dans les entreprises de transport, il y a des préavis, que la direction a décidé d'avancer les négociations. Vous voyez, ce n'est pas tout à fait la même chose. Si, si, si, puisque ce sont les négociations de 2023. Elles étaient prévues au 8 décembre, la date n'a pas changé. Elles ont été avancées à mi-novembre. À mi-novembre. Et je vous le répète, pourquoi est-on obligé de déposer des préavis de grève pour commencer à discuter ? Il y a un problème de pouvoir d'achat dans ce pays. Tout le monde le sait. L'inflation est importante.

Pourquoi, à chaque fois, on est obligé de menacer, oui, de faire grève pour enfin pouvoir discuter ?

2:41
Invité

Et là, vous dites quoi aux Français qui, eux, ont besoin de souffler pendant les vacances et qui se disent...

2:45
Invité politique

Les cheminées aussi, ils ont besoin de souffler, ils travaillent comme les autres. Les salariés de l'ensemble des entreprises, parce que je vous le répète, il n'y a pas que la... Oui, oui, il y en a d'autres, on va en parler. Oui, oui, oui, mais c'est important de le dire, parce qu'on a l'impression à chaque fois que c'est toujours les mêmes qui font grève. Il y a un problème de pouvoir d'achat dans ce pays et il y a des grèves partout. Et partout, malheureusement, on est obligé de faire grève, les salariés sont obligés de faire grève pour commencer à discuter. C'est ça, c'est ça qu'il faut retenir. Donc voilà, il y a des discussions, on verra, on verra ce qui se passe la semaine prochaine.

3:14
Présentateur

Si on regarde ce qui se passe dans l'ensemble de l'économie en France aujourd'hui, Philippe Martinez, les salaires ont augmenté en moyenne de 4,5% cette année, 6% pour les nouveaux embauchés. Est-ce que vous reconnaissez que les patrons ont fait une partie du job ?

3:27
Invité politique

Et l'inflation est de combien ? 6,2. D'accord, donc entre 4 et 6,2. 4,5, 6,2, ça fait 1,7. Il y a déjà une différence, et puis vous le savez très bien, l'indice INSEE, c'est une moyenne, mais les produits de première nécessité, vous allez acheter votre baillette régulièrement, c'est plus de 10%, l'énergie, vous le savez aussi, c'est autour de 15%, c'est ça la réalité ? L'énergie, non, mais il y a eu le bouclier pour l'instant, 15% c'est l'année prochaine. Même avec le bouclier, ça sera 15%. L'année prochaine, oui, vous avez raison. Donc, il y a un problème de pouvoir d'achat, et notamment de salaire.

Et évidemment, le gouvernement nous annonce des primes, etc., il y a des primes, mais les primes, c'est one shot, comme on dit. Il faut des augmentations générales, et tous les conflits, il y en a beaucoup, c'est autour d'augmentations générales de salaire. Et vous avez noté qu'il n'y a pas qu'en France, parce qu'on a tendance à dire que c'est toujours en France qu'il y a des grèves. Regardez ce qui se passe en Grande-Bretagne, c'est historique.

4:23
Présentateur

Pour le coup, la situation est difficilement comparable avec les aides qui ont été décidées en France. Vous le reconnaissez, non ?

4:28
Invité politique

Le problème de pouvoir d'achat est partout. Et moi, je parlais juste des grèves. En fait, on a tendance à dire qu'il n'y a qu'en France qu'il y a des grèves. En Grande-Bretagne, c'est historique, les conflits qui se passent actuellement.

4:41
Invité

Sauf qu'il y en a beaucoup, des grèves en France, vous l'avez dit tout à l'heure, et à des moments propices. Depuis la mi-novembre, les services de GRDF, par exemple, le gestionnaire du réseau de gaz en France, sont perturbés par une grève, là aussi lancée par la CGT.

4:54
Invité politique

Je confirme.

4:55
Invité

Des centaines de foyers sont toujours privés de gaz et de chauffage alors que les températures sont en chute libre. Vous trouvez ça normal ?

5:01
Invité politique

Écoutez, vous parlez de quelque chose qui est sur Paris. Sur Parisien, oui. Oui, oui. À Paris, il y a un problème dans une partie, je crois que c'est du 17e arrondissement. Il n'y a pas de chauffage. Mais le problème, c'est que comme il y a un manque d'effectifs chez GRDF, un branchement qui devait être fait il y a trois mois n'a pas été fait. Et aujourd'hui, on met la responsabilité de ce problème aux grévistes, alors qu'ils auraient dû se régler il y a trois mois sans grève.

5:33
Invité

Il y a eu le même problème à Neuilly-sur-Seine il y a quelques jours ?

5:35
Invité politique

C'est autre chose. Là, il y a des...

5:37
Invité

Il y avait la grève encore.

5:38
Invité politique

Là, c'est des grèves. Il y a des coupures, etc. Et puis, vous notez aussi que les grévistes de RTE ne coupent pas l'électricité aux familles qui sont en difficulté financière. Ce qu'on appelait à une période les robins des bois. Je pense que ça aussi, c'est à souligner.

5:53
Présentateur

Alors, on parle justement de ce qui se passe à RTE, Philippe Pinteninez. Vous venez d'écrire à la Première Ministre Elisabeth Borne pour dénoncer l'arrestation de quatre salariés de RTE qui ont été entendus au mois d'octobre par la DGSI, les services secrets, pour avoir tenté de saboter le réseau électrique.

6:07
Invité politique

Qu'est-ce qui vous choque ? Alors, premièrement, tenter de saboter, c'est un peu exagéré. Ça, c'est ce que disent les pouvoirs publics et la direction de RTE. Ce qui me choque. C'est ce qui a motivé leur garde à vue d'après la DGSI. Ils ont tenté de pénétrer dans le système informatique pour le faire tomber. Ce qui me choque, c'est qu'il y a des mouvements de grève, comme vous l'avez souligné. Il y a des formes d'action qui ne remettent pas en cause du tout la sécurité de la France ni la sécurité du réseau. Et que ces salariés sont traités comme des terroristes. Parce que quand on est convoqué par la DGSI, c'est qu'on est considéré comme des terroristes.

Et que des grévistes, des salariés soient considérés comme des terroristes, c'est absolument scandaleux. D'où l'intervention que j'ai faite auprès de la Première Ministre, déjà il y a quelques mois, et que j'ai officialisé par un courrier.

6:53
Présentateur

Vous vous démentez le fait qu'ils aient tenté de pirater le système informatique ?

6:57
Invité politique

Oui, oui, oui. Oui. Ils ont uniquement fait grève. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas travaillé, mais ils n'ont rien fait d'autre. Ils ont fait... Non, non. Ils ont fait grève avec des formes d'action. Il y a des coupures, etc. Il y a des interventions sur le réseau informatique, mais en aucun cas, en aucun cas, ça ne mettait en péril la sécurité de la France. Mais du coup, ils ont fait quoi sur le réseau informatique ? Je ne suis pas un spécialiste.

7:19
Présentateur

Moi non plus, c'est pour ça que je vous pose la question, parce que c'est la raison de leur garde à vue.

7:22
Invité politique

Comme on n'est ni l'un ni l'autre des spécialistes, on ne va pas commenter les choses. En tout cas, vous êtes sûr et certain qu'ils n'ont pas tenté de pirater le système ? Il n'a pas mis en péril la sécurité de la France. Parce que quand on est accusé d'actes terroristes, vous mesurez ce que ça veut dire. Vous le mesurez.

7:37
Invité

Ils seront jugés pour entrave, sabotage et accès fraudulé au système informatique. Vous en attendez quoi de la Première Ministre, puisque vous lui avez écrit ?

7:45
Invité politique

Qu'elle intervienne et qu'on puisse contester. Le gouvernement le fait régulièrement. Il y a eu des réquisitions chez Total, etc. Mais que cette procédure exceptionnelle, elle soit arrêtée.

8:00
Invité

C'est la justice, c'est le procureur de la République qui saisit la DGSI d'après ce qu'il y a.

8:04
Invité politique

Oui, c'est la version officielle. C'est-à-dire, vous vous entendez qu'il y a eu des ordres ?

8:08
Présentateur

Je ne sais pas comment ça se passe. En France, il y a un principe depuis quelques siècles qui est l'indépendance de la justice.

8:13
Invité

La séparation des pouvoirs.

8:14
Invité politique

Et vous pensez que le procureur a pris des ordres, là, en l'occurrence ? Je n'en sais rien. Bon, en tout cas, ce n'est pas banal que des salariés soient qualifiés de terroristes dans le cadre d'un mouvement social.

8:26
Présentateur

8h41, le fil info. Maureen Suignard, on poursuit dans un instant avec le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

8:32
Invité

L'ensemble de mes joueurs et l'ensemble du groupe est récompensé. La fierté de Didier Deschamps, le sélectionneur des Bleus, qui ont battu le Maroc hier. Et file donc en finale de la Coupe du Monde de football, la deuxième d'affilée. Dimanche, ils joueront face à l'Argentine. À partir de 16h, un troisième titre est en jeu des deux côtés. Emmanuel Macron sera sur place au Qatar, aussi pour des raisons politiques, précise le chef de l'État sur France Info. Il a rencontré l'émir du Qatar et retrouvera d'autres chefs d'État et de gouvernement sur des situations de crise, indique le président, qui estime que le Qatar organise très bien cette Coupe du Monde de football.

Pendant ce temps, Elisabeth Borne reçoit en ce moment le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale pour discuter de la réforme des retraites à venir. Ce sera ensuite la représentante de la France Insoumise, puis celle du Rassemblement National. La présentation de la réforme des retraites est repoussée de quelques jours. Ce sera finalement le cas le 10 janvier prochain. La prime est versée de manière automatique aux bénéficiaires des minima sociaux. La prime de Noël pour 2 300 000 Français, versée donc à partir d'aujourd'hui 152 euros pour une personne seule.

9:49
Présentateur

Le 830 France Info, Salia Braquia, Marc Fauvel.

9:53
Invité

Philippe Martinez, rendez-vous le 10 janvier finalement pour la présentation de la réforme des retraites. D'ici là, Elisabeth Borne se dit être à disposition pour échanger, discuter avec tous ceux qui le souhaitent. Vous le prenez comme un geste pour les partenaires sociaux ?

10:05
Invité politique

C'est une rengaine qu'on entend depuis des mois, j'ai l'impression. Nous, on l'a vu, je crois que c'était jeudi dernier. D'ailleurs, on n'avait pas fini les concertations. Et il y a un rendez-vous avec la première ministre. On lui a dit, mais comment ça se fait qu'on se voit ? Est-ce que c'est conclusif ? Puisqu'on avait une réunion le lendemain. Elle nous annonce qu'elle va faire un point aujourd'hui, ce soir. Et puis, je ne sais pas, le président de la République dit, non, non, ce n'est plus le 15 décembre, ce sera le 10 janvier. Enfin, c'est ubuesque cette situation. Sur un sujet aussi grave, c'est ubuesque.

Et la première ministre a dit, d'ailleurs sur les médias, j'attends que les syndicats fassent des propositions. Mais ça fait trois ans qu'on fait des propositions sur la retraite. Trois ans. Moi, je n'oublie pas l'épisode de Levoix, vous vous rappelez ? Oui, c'était une autre réforme. Mais ça parlait des retraites aussi. Et on avait des propositions. Rappelez-vous, nous, notre proposition, c'est comment on finance, comment on améliore les pensions, notamment celles des femmes. La question de l'emploi des seniors était déjà posée. Donc, on a renouvelé les propositions.

Le problème, c'est que le président de la République et la première ministre, leur seul souci, c'est de nous faire travailler plus longtemps. Ils s'en foutent du reste. C'est, il faut travailler plus longtemps.

11:21
Invité

Ils ont servi à quoi, ces deux mois de concertation ?

11:23
Invité politique

Demander aux ministres et à ceux qui les conduisent.

11:27
Présentateur

Est-ce que vous savez précisément ce que le gouvernement a en tête comme réforme ? Pas du tout. Est-ce que c'est 64 ans ? Est-ce que c'est 65 ? Nous, ce qu'on sait, c'est que pour l'instant, c'est 65 ans. Pour l'instant, c'est 65. Il n'y a pas l'option 64 ans et on allonge la durée de cotisation.

11:40
Invité politique

De toute façon, 65 ou 64 plus l'allongement de la durée de cotisation, c'est du pareil au même. On va travailler plus longtemps. Comme la plupart de nos voisins en Europe. Oui, oui, ce n'est pas parce que les autres font des bêtises qu'il faut faire les mêmes.

11:53
Invité

Ça veut dire qu'ils ont tous tort et nous, on a raison ?

11:55
Invité politique

Ça veut dire que, oui, il y a un consensus des gouvernements en Europe pour faire travailler les gens plus longtemps, mais ça ne vous aura pas échappé. Puis il y a un presque consensus des syndicats en Europe pour dire qu'il faut travailler moins longtemps, tant sur la durée de la carrière que, de façon hebdomadaire, c'est ce qui se discute au niveau des syndicats européens.

12:11
Présentateur

Il va se passer quoi en janvier, une fois que la réforme sera présentée du côté de la CGT ?

12:15
Invité politique

Si le gouvernement et le président de la République, comme je le pense, maintiennent le fait que nous allons travailler plus longtemps, il y aura des mouvements sociaux et personne ne pourra dire qu'on ne nous a pas prévenus. Et ce qui est quand même à souligner, c'est que l'ensemble des organisations syndicales, et vous avez vu les différents communiqués qui sont sortis, l'ensemble des organisations syndicales sont contre cette réforme. Donc quand le président de la République, au lendemain de sa réélection, dit « J'ai changé, je vais écouter », il a l'occasion de montrer que quand tous les syndicats en France sont contre quelque chose, il y a besoin de les écouter.

12:52
Invité

Pour qu'on comprenne bien ce qui va se passer, là, on va avoir la présentation de la réforme le 10 janvier. Avant le 10 janvier, il pourrait y avoir des mobilisations ?

13:01
Invité politique

Écoutez, pour l'instant, on discute l'ensemble des organisations syndicales. On vous a dit, et je l'ai répété à plusieurs reprises, que si ça continue, cette obstination du gouvernement et du président de la République, il y aura des mouvements de grève dès le mois de janvier. Peut-être avant la réforme, avant la présentation, donc ? Dès le mois de janvier.

13:19
Présentateur

Est-ce que vous souhaitez que ce soit également avec des représentants des partis politiques de gauche ? Est-ce que vous dites « plus on est nombreux, plus on pèse », ou est-ce que vous dites « chacun pour soi », ? »

13:26
Invité politique

Plus on est nombreux au niveau syndical, plus on pèse. Et donc, il y a l'unanimité des syndicats, donc je pense que ça doit donner confiance aux salariés. On nous reproche souvent d'être divisé, le monde syndical.

13:39
Invité

La CFDT vous a dit oui, Laurent Berger vous a dit oui, je serai à tes côtés.

13:42
Invité politique

Il ne l'a pas dit à moi, je crois qu'il l'a dit sur cette antenne, il l'a dit publiquement, il l'a tweeté, il l'a écrit. Il y a une opposition ferme et résolue à cette réforme, et ça se traduira, si le gouvernement et le président de la République ne changent pas, par des mouvements sociaux importants. Et d'ailleurs, puisqu'on en parlait tout à l'heure, il y a déjà des préavis qui sont déposés pour le mois de janvier dans les professions où c'est obligatoire. Donc dans quel secteur ? Ceux qui sont obligatoires, c'est tout ce qui est transport public, transport, etc.

14:12
Présentateur

Les Insoumis, par exemple, ont prévu de manifester contre les retraites le 21 janvier.

14:17
Invité politique

Vous y serez ? Avec eux ? J'ai eu l'occasion de m'exprimer sur le fait que les questions sociales, nous semble-t-il, sont du ressort prioritaire des organisations syndicales et du monde du travail. Et donc nous avons, nous travaillons sur un calendrier en fonction de ce qui va se passer au niveau gouvernemental, et nous aurons notre autonomie de décision. Et donc le 21 janvier, nous ne serons pas dans la rue. Je crois que c'est les jeunes Insoumis.

14:45
Présentateur

Donc vous ne serez pas avec les Insoumis dans la rue, mais si les Insoumis ou si la gauche viennent manifester avec vous, ils sont les bienvenus. Mais derrière une banderole des syndicats, pas derrière les partis.

14:53
Invité politique

Ils sont toujours les bienvenus, et je pense qu'il faut, oui, qu'il y ait un soutien massif des partis politiques, des associations, des ONG, derrière le mouvement syndical et les salariés, contre cette réforme. Tout le monde est bien vu dans les manifestations pour s'opposer à cette réforme.

15:09
Invité

Là, on vous écoute ce matin, vous dites, on a déjà prévu d'aller dans la rue. Si Emmanuel Macron ne change pas son cap, sur quoi vous êtes capable de négocier, en fait, pour cette réforme ?

15:19
Invité politique

On a fait, en la CGT, on a fait des propositions très concrètes. Par exemple, il y a un problème de taux d'emploi des seniors. Il est plus important, enfin, il est plus faible que dans les autres pays européens, puisque vous aimez les comparaisons européennes. On a fait une proposition. Regardez ce qui se passe dans les grandes entreprises qui font des plans de licenciement. Alors ça s'appelle des plans de départ volontaire, c'est plus public. Donc on vire tous les plus de 57-58 ans, avec de l'argent public, puisque c'est les aides de l'État. On dit, regardez ces grandes entreprises, maintenez les plus âgés, entre guillemets, jusqu'à l'âge de la retraite.

Regardez les effets que ça fait sur le chômage, parce que ces gens-là, ils vivront au chômage. Regardez ce que ça fait sur les finances, la rentrée de cotisation. Et puis on verra dans deux ou trois ans si ça a un impact sur le besoin de travailler plus longtemps ou moins longtemps. Vous voyez, c'est des propositions concrètes. C'est-à-dire qu'on fait des choses...

16:13
Invité

Mais négocier justement sur l'emploi des seniors, sur la pénibilité, est-ce que ça empêche à côté de faire des compromis sur le report de l'âge légal ?

16:19
Invité politique

Mais c'est un problème, l'emploi des seniors. Non, non, mais bien sûr, ça fait partie des questions.

16:25
Invité

Mais le gouvernement en face peut vous dire, on accède à votre demande là-dessus, est-ce que vous pouvez accéder à notre demande sur le report de l'âge ?

16:30
Invité politique

Nous, on pense que si, par exemple, on fait ça, ça n'oblige pas à travailler plus longtemps. Donc, commençons par ça.

16:36
Présentateur

Mais si, par exemple, pardon Philippe Martinet, si, par exemple, c'est 64 ou 65 ans. Mais qu'en échange, le gouvernement vous dit, on fait quelque chose pour les seniors, pour l'emploi des seniors. On fait quelque chose pour les carrières longues, pour éviter justement que des gens qui ont commencé à 16 ans soient obligés d'aller jusqu'à 65. On fait quelque chose pour la pénibilité. Est-ce qu'il y a un moment où, s'il y a beaucoup de contreparties dans la balance, les 64 ou 65 peuvent être acceptables ?

16:58
Invité politique

Premièrement, si on travaille plus longtemps, on ne réglera pas les seniors, le taux d'emploi des seniors ne baissera pas. Au lieu de partir à 58 ans, 59 ans, enfin d'être viré à 58 ans, on sera viré à 61 ans. Mais il y aura un taux d'emploi des seniors entre le moment où on quitte l'entreprise et la retraite qui restera le même. La pénibilité, on peut dire, vous travaillerez moins longtemps, mais on travaillera plus longtemps qu'aujourd'hui. Les carrières longues, on travaillera. Tout dépend ce qu'on met dans la réforme de la pénibilité. Mais vous le savez très bien. Vous le savez très bien.

On part avant l'âge légal, mais on ne part pas au même âge qu'aujourd'hui, puisque la ligne d'arrivée, si je peux me permettre cette comparaison, elle est repoussée. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc pourquoi on ne fait pas l'inverse ? On traite un certain nombre de problèmes. Par exemple, les pensions des femmes qui sont bien inférieures à celles des hommes. Pourquoi on ne règle pas le problème de l'égalité salariale ? Parce que c'était une priorité nationale. Et vous savez bien que c'est à cause des écarts de salaire durant la carrière que les pensions des femmes sont inférieures à celles des hommes.

Vous voyez, pourquoi on nous oblige à discuter d'une solution sans essayer de régler les problèmes en amont ? C'est ça la difficulté.

18:08
Présentateur

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT et l'invité de France Info. On s'interrompt une minute pour le fil Info à 8h51. Voici Maureen Suillard.

18:17
Invité

Ils sont encore en finale de la Coupe du Monde de football. Les Bleus se qualifient après leur victoire face au Maroc hier soir. Deux buts à zéro. But d'Hernandez et de Colomouani. Finale à 16h ce dimanche. Face à l'Argentine à vivre bien sûr sur France Info. 25 000 personnes ont fêté cette victoire sur les Champs-Elysées à Paris hier soir. Des rassemblements dans de nombreuses villes françaises. Une fête par contre endeuillée à Montpellier. Un jeune de 14 ans a été fauché par une voiture. Le conducteur est toujours recherché. L'essentiel du service rassuré pour les départs en vacances. C'est ce qu'indique ce matin le ministre délégué chargé des Transports.

Une vingtaine de TGV annulés demain en France suite à un mouvement social des aiguilleurs. D'autres préavis de grève sont maintenus à la SNCF pour la suite des vacances. Avec ce dispositif, le gouvernement compte augmenter de 20% le nombre de réparations d'appareils électroniques et électriques. Le bonus réparation est lancé aujourd'hui. Une aide de 10 à 45 euros pour réparer des objets dans une liste de points de réparation labellisés. Liste disponible sur le site internet ecosystème.éco. France Info.

19:26
Présentateur

Philippe Martinez, l'épidémie de Covid repart.

19:33
Invité

Le gouvernement n'a pas l'intention de réinstaurer le port du masque obligatoire. Est-ce que ça vous inquiète ?

19:40
Invité politique

Ce qui m'inquiète c'est que l'épidémie repart malgré la vaccination, etc. Donc je pense qu'il faut être prudent, prendre des précautions, recommander fortement le port du masque dans les endroits où il y a du monde, les transports par exemple. Pas au-delà de la recommandation. Je ne suis pas un socialiste mais je pense que ça...

20:01
Invité

Dans les entreprises par exemple, vous conseillez à tous les salariés de porter le masque ?

20:05
Invité politique

Ça dépend des entreprises, il y a des bureaux isolés, des choses comme ça. Donc oui, il faut être prudent et puis il faut qu'on fasse un bilan aussi sur la vaccination, où on en est, sur la durée de l'immunité entre guillemets. Je pense que c'est important parce qu'il y a des réserves sur la vaccination, il y a encore des réserves. Qui sont liées à quoi pour vous ? Moi j'ai croisé des soignants d'ailleurs qu'on devrait réintégrer d'urgence, vu le problème qu'il y a dans la santé. Qui sont dues à une expérience, des méfiances. Il faut rassurer, il faut faire preuve de plus de pédagogie que d'imposer, de forcer. Parce qu'il y a des craintes légitimes.

Quand il y a des questions, il faut y répondre.

20:50
Présentateur

Emmanuel Macron était au Qatar hier pour assister à la victoire... Oui, je passe vraiment d'un sujet à l'autre. Pour assister à la victoire des Bleus en défilant du Mondial. Je signale au passage que vous aviez pronostiqué une victoire des Bleus 3-1. Vous avez perdu puisque ça a été 2-0. Il y a deux buts d'écart, vous avez vu, j'étais pas loin. Oui, vous étiez pas très loin. Emmanuel Macron qui a justifié sa présence au Qatar pour cette Coupe du Monde.

21:10
Invité

Écoutez. D'abord, il y a des décisions qui sont prises des années avant quand on attribue une coupe. Ensuite, quand elle est là, le sport doit rassembler. Et il en est des Coupes du Monde de football, comme de rugby, comme des Jeux Olympiques. Il se fait là pour rassembler, parfois pour que des nations qui ne savent pas se parler sur le plan politique se parlent. Et donc, d'ailleurs, j'ai pu voir l'émir du Qatar avant. Dimanche, je reviendrai et il est prévu plusieurs rendez-vous plus politiques avec d'autres chefs d'État et de gouvernement sur des situations de crise. Ensuite, il faut reconnaître que le Qatar l'organise très bien, cette Coupe du Monde.

L'organisation est bonne, la sécurité est bonne. Et donc, je veux dire, ne m'égoutons pas sur notre plaisir. Il a raison, il faut arrêter de bouder.

21:48
Invité politique

Il n'a pas raison parce qu'on voit bien qu'il y a une opération politique derrière tout ça. Au moment où il y a beaucoup de problèmes en France, il faut se rassembler. Dire que le Qatar, tout va bien, j'ai plus que des réserves.

22:01
Invité

Il dit que c'est bien organisé.

22:01
Invité politique

Sur l'organisation de la Coupe du Monde. Oui, c'est sûr, avec beaucoup de policiers et des ouvriers qui n'ont pas leur mot à dire dans quoi que ce soit, c'est un régime totalitaire. Il faut être clair. Après, nous, la CGT, dès l'annonce que la Coupe du Monde allait se passer au Qatar, on a mené des actions. C'était des manifestations et une campagne qui s'appelait Carton Rouge pour la FIFA. On a été soutenir les salariés des chantiers. Et on a fait intervenir l'OIT. C'était il y a dix ans. Personne, personne à l'époque, ne nous a écoutés. Ou en tout cas, pas ceux qui aujourd'hui... Donc, je pense que c'est là le problème. Du coup, vous la boycottez, vous la Coupe du Monde ?

Vous ne regardez pas les matchs ? Non, non, non. Nous, on a fait ce qu'on avait à faire. Et maintenant, c'est trop tard. Moi, j'aime le foot comme des millions de Français. Et je regarde les matchs de foot et je l'assume.

22:53
Présentateur

Il y a aussi ce qui se passe au sujet du Qatar, mais à Bruxelles, cette fois au Parlement européen. Parmi les personnes qui sont suspectées actuellement de corruption, il y a un homme qui s'appelle Luca Vicentini, qui est président de la Confédération Syndicale Internationale, dont votre syndicat, la CGT, est adhérente. Je précise qu'il a été interrogé puis relâché. Est-ce que vous savez ce qu'il lui a reproché ? Est-ce que ça vous embête un tout petit peu ?

23:15
Invité politique

Ça nous embête même beaucoup que des syndicalistes puissent être dans ces affaires-là. Donc oui, il y a un vrai problème. Et il y a une réunion qui va se tenir ce soir, je crois, ou demain soir. Et en tout cas, nous considérons que face à ce problème, même s'il faut éclaircir, il faut qu'il démissionne.

23:37
Invité

Mais c'est quoi ? Pourquoi ? Vous pensez qu'il a touché de l'argent du Qatar ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

23:42
Invité politique

Je n'en sais rien. C'est la justice belge. Mais enfin, il y a des forces, suspicions. Pas autant que la vice-présidente du Parlement européen. Mais il y a des... Les syndicalistes, on doit être irréprochable. Donc il va prendre la porte. Il ne sera plus président de l'organisation. Je ne sais pas, parce qu'on n'est pas tout seul adhérent. Il y a des dizaines d'organisations du monde entier. Mais en tout cas, oui, ce n'est pas possible que ça se passe comme ça dans le syndicat.

24:07
Invité

Vous allez quitter, Philippe Martinez, la tête de la CGT, dans quelques mois, au mois de mars, il me semble. Qu'est-ce que vous ferez après ?

24:15
Invité politique

Je suis payé par Renault, mon entreprise. Donc je vais retourner dans mon entreprise. Évidemment, pas pour faire n'importe quoi. Je ne suis pas le patron. Mais enfin, il me semble que j'ai un peu d'expérience. Et moi, j'ai proposé de m'occuper des relations entre Renault et ses fournisseurs, justement parce que j'ai une petite expérience pour éviter qu'il y ait des fermetures de sites et améliorer. Mais après, mon patron décidera, évidemment, parce que c'est lui qui commande.

24:44
Présentateur

Vous souhaitez la candidature d'une femme, Marie Buisson, pour vous succéder à la tête de la CGT. Vos adversaires en interne qui existent disent qu'elle est inconnue du grand public, qu'elle n'a pas l'expérience, par exemple, de grands conflits sociaux. Vous ne lâcherez pas ?

24:57
Invité politique

Non mais, enfin, ce n'est pas uniquement parce que c'est une femme, parce que ça serait sous-estimé ses capacités. C'est une dirigeante nationale de la CGT qui dirige une fédération de l'éducation où on vient de progresser aux élections professionnelles dans la fonction publique. Et, évidemment, je pense qu'au bout de 127 ans d'existence, la CGT se déclare féministe. Quoi de mieux que d'avoir une femme à la tête ? Mais vous savez, quand moi je suis arrivé à la tête de la CGT, j'avais les mêmes critiques. Personne ne me connaissait. Merci Philippe Martinez. Merci à vous.

25:32
Présentateur

L'association, c'est au mois de mars, c'est ça ?

25:34
Invité politique

Fin mars, la dernière semaine de mars.

25:36
Présentateur

Secrétaire général de la CGT, invité ce matin de France Info. Merci.