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Podcast / conversationFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 28 mars 2024 23 minComplaisantActualité / polémiqueNumériqueSantéÉducation & recherche

Smartphones : "On est entre l'utilisation excessive et l'addiction", constate le professeur Grégoire Borst

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:26OuverteRéponse directe

    Comment dompter nos écrans ?

  • 2:45OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous considérez qu'on est tous accros ?

  • 4:22OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que cela dit de notre rapport aux écrans ?

  • 8:05OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça ne crée pas une addiction, ce biril ?

  • 10:10OuverteRéponse directe

    Passer 1h30 tous les jours devant un écran quand on a 5 ans, est-ce sain ou est-ce fou ?

  • 13:16OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est réaliste de ne pas exposer les enfants de moins de 3 ans à un écran ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:16InvitéChiffre
    « Les Français passent en moyenne 4,6 heures par jour devant un écran tout super confondu. »
  • 10:13PrésentateurChiffre
    « Des deux ans, un enfant passe en moyenne 56 minutes devant un écran par jour, selon Santé publique France. »
  • 10:19PrésentateurChiffre
    « La durée passe à 1h20 en moyenne par jour à 3 ans et demi, 1h34 à 5 ans et demi. »
  • 10:56InvitéChiffre
    « Quasiment la moitié des enfants ont leur premier smartphone à 10 ans. »
  • 11:02InvitéFait
    « Le premier contact avec Internet, c'est avant 6 ans, avec les parents. Avant 7 ans, sans les parents. »
  • 12:30InvitéFait
    « On est encore plus strict dans nos règles publicitaires sur YouTube Kids que par exemple, l'est la télévision. »
  • 16:06InvitéChiffre
    « La moyenne, c'est 6 à 7 heures par jour les jours où ils n'ont pas d'école. »
  • 20:05InvitéFait
    « Il n'y a pas de lien entre l'exposition aux écrans et les troubles neurodéveloppementaux. »

Temps de parole

  • Invité29 %
  • Invité 220 %
  • Invité 319 %
  • Présentateur13 %
  • Invité 413 %
  • Invité 56 %

4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

Et le grand entretien en forme de table ronde ce matin dans le cadre de cette journée Smartphone Tous Accro. Comment dompter nos écrans ? Journée que vous propose Inter, temps passé devant ces écrans, problème de concentration, addiction, effet sur nos relations sociales, beaucoup de questions à poser à nos invités. En plus des vôtres, chers auditeurs, que nous attendons avec Léa au 01-45-24-7000 et sur l'application France Inter, parce que ça marche quand même encore aujourd'hui en dépit de cette journée Écran. Nos invités, Léa ?

0:43
Invité

Grégoire Borst, professeur de psychologie et de neurosciences de l'enfant et de l'adolescent. Vous êtes directeur du laboratoire Lapsi-D au CNRS et vous êtes l'un des experts de la commission Écran réunie par Emmanuel Macron. Bonjour à vous, merci d'être là. Justine Rist, bonjour. Bonjour, vous êtes directrice générale de YouTube France. Beaucoup de questions à vous poser. Et puis également autour de la table, Romain Salzman. Vous êtes directeur des opérations de l'application Beeryl. C'est la nouvelle application qui cartonne chez les jeunes. Vous recevez une notification et vous devez prendre deux photos à poster à vos abonnés tous les jours.

C'est une application française et qui cartonne dans le monde. Je crois que c'est 25 millions d'utilisateurs dans le monde entier, notamment au Japon, en Chine, aux Etats-Unis. 180 pays, on me dit dans l'oreillette, oui, 180 pays également.

1:23
Présentateur

Voilà, on a fait la pub, on y va. Alors, on y va. Et pour mieux vous connaître, même question à tous. Combien d'heures passez-vous tous les jours sur vos écrans ? 3, 4, 5, davantage ? Soyez francs, s'il vous plaît, Justine Rist.

1:36
Invité

Alors, travail compris ?

1:38
Présentateur

Ah bah oui, oui, oui, c'est tout compris.

1:39
Invité

Tout compris, je dirais, 8, je pense, 8, 9.

1:44
Présentateur

8, 9, oui. Grégoire Borst ?

1:47
Invité

Moi, je pense que j'explose littéralement. Je vais être entre 12 et 14 heures par jour, parce que j'y suis tout le temps sur mon... On fait tous aux 14 heures par jour. Dans votre labo ? Je suis en permanence devant un écran. Je donne des cours sur un écran, je fais des conférences sur des écrans, j'écris mes articles sur un écran. Donc, c'est aussi... On voit bien aussi la multiplicité des usages. Je pars en permanence sur Biril.

2:06
Présentateur

Alors, Biril, il passe combien de temps ?

2:11
Invité

Entre 8 heures et 10 heures par jour sur un écran ? Bon, sachez que les Français passent en moyenne 4,6 heures par jour devant un écran tout super confondu. Donc, vous explosez la moyenne des Français. Mais quand même, le temps de moyenne, c'est 29% du temps hors sommeil. Si on enlève le temps de sommeil, c'est-à-dire le temps où on est réveillé, on passe quasiment un tiers en moyenne de notre journée devant un écran, parfois plus. Est-ce que vous considérez qu'on est tous accros ? Alors, je peux commencer... Oui, allez-y. Évidemment, je peux parler d'un point de vue de YouTube. En fait, ce qu'on voit, nous, c'est... YouTube, c'est la première destination vidéo en France.

Et on est mesuré par Médiamétrie depuis 4 ans. Et on voit que les Français passent 37 minutes par jour sur YouTube. Et en fait, dans la manière de se comporter sur la plateforme, on voit qu'on est vraiment dans une logique de l'intention. C'est-à-dire que quand on va sur YouTube, il y a une logique de requête. On va chercher quelque chose. Et puis ensuite, on a ce chemin de navigation. D'ailleurs, YouTube est le deuxième moteur de recherche dans le monde. Donc, je dirais que... Mais 37 minutes par jour sur YouTube, vous trouvez... Alors, évidemment, vous dirigez YouTube France. Donc, vous n'allez pas dire qu'on veut baisser le temps d'écran devant YouTube.

J'imagine que vous espérez que cette moyenne monte à une heure par jour, peut-être deux heures. Est-ce qu'il y a une idée de sobriété chez YouTube ? Ou non, c'est le plus, le mieux ? Alors, déjà, bien sûr, il y a une idée de... Enfin, il y a surtout une idée de qualité de temps passé. D'utilité du temps passé. Quand on voit, par exemple, le périmètre, le territoire de création que propose YouTube, on est beaucoup, et d'ailleurs en France en particulier, sur des sujets de vulgarisation du savoir, sur des sujets de connaissance. La Maison France Inter vient de passer le million d'abonnés sur YouTube.

Vous avez Hugo Descript, je crois, tout à l'heure, qui est un des vrais ambassadeurs de ce qu'on peut trouver sur la plateforme. Donc, c'est surtout un sujet de temps utilement passé, qualitativement passé, et puis, bien sûr, après, un temps très balisé quand on va parler des audiences plus jeunes.

4:20
Présentateur

Oui, les enfants, on va y venir. Grégoire Borst, vous faites partie de la commission Écran réunie par l'Elysée en début d'année qui doit rendre ses conclusions prochainement. Léa le disait. Cette commission est coprésidée par l'addictologue Amine Benyamina et la neurologue Servane Mouton. elle rassemble une dizaine d'experts, qu'on ait donné la coprésidence d'une telle commission à un addictologue. Qu'est-ce que cela dit de notre rapport aux écrans ? Est-ce que les écrans sont une nouvelle forme d'addiction contemporaine ? Au même titre, je ne sais pas, que la drogue ou l'alcool ?

4:54
Invité

Je pense que ça montre surtout, effectivement, la perception qu'on en a dans nos sociétés et la façon dont on aborde cette problématique-là. On l'aborde, effectivement, sous le prisme de l'addiction. Ensuite, est-ce que c'est une addiction comme la drogue ? Alors, on n'a pas besoin de dissocier l'alcool et les drogues. L'alcool est une drogue, au même titre que le cannabis ou d'autres types de substances psychoactives. Ce qu'on sait, c'est que ça ne fonctionne pas exactement de la même manière.

C'est-à-dire que si je consomme de l'alcool ou des cigarettes ou du cannabis, j'ai des transformations, finalement, de certaines molécules dans mon cerveau qui font que ça va avoir des impacts sur, notamment, les syndromes de manque. Ce n'est pas exactement la même chose sur les écrans. Certains addictologues ont parlé d'addiction comportementale. C'est plutôt, effectivement, des espèces de routines comportementales qu'on va avoir dans lesquelles ça va être difficile de s'en extraire. Et puis, l'addiction, il faut bien comprendre qu'il y a une notion, il y a plein, en fait, de conditions à avoir pour être dans l'addiction.

C'est-à-dire qu'il faut notamment avoir aussi du retrait social, aussi manquer de plaisir à faire d'autres activités que celles-là. Et donc, on voit que sur les écrans, c'est un peu borderline. C'est-à-dire qu'on est peut-être juste entre l'addiction et une utilisation excessive. Et d'ailleurs, quand on regarde les classifications internationales, on a quelque chose sur le jeu vidéo, mais on n'a pas encore, sur les réseaux sociaux, de classification. Mais c'est intéressant la question. Est-ce qu'on trouve du plaisir à faire autre chose quand on regarde les écrans toute la journée ?

Ça, c'est quelque chose, on va en parler avec les enfants et les adolescents, mais c'est vrai qu'on a l'impression que leur bonheur ou leur plaisir du moment où ils regardent l'écran, que ce soit le jeu vidéo ou YouTube, etc., est plus grand que toutes les autres activités qu'on leur propose par ailleurs. Ça reste effectivement de l'ordre, peut-être parfois, des biais qu'on peut avoir. On a beaucoup de stéréotypes négatifs sur les écrans. C'est un peu logique. Qu'est-ce que ça fait ? Il y a une fascination quand même. Non, mais bien sûr, il y a une fascination. C'est quelque chose d'extrêmement intéressant. Mais d'une part, il y a plein d'usages différents sur un écran.

Même vos enfants, ils font plein de choses différentes sur un écran. Ils ne font pas toujours la même chose. C'est aussi une façon de pouvoir rester en contact avec leur groupe social d'appartenance. Et ce n'est pas négligeable. C'est ce que veulent faire les adolescents. Ils veulent rester en contact. Mais pour nous, parents, c'est quand même très complexe. Parce que jusqu'à maintenant, quand il n'y avait pas d'écran, globalement, la période de l'adolescence, elle se caractérise par aller chercher un lien d'attachement qui était intrafamilial à l'extérieur de la cellule familiale. Maintenant, en fait, ils le font alors même qu'ils sont dans la cellule familiale.

Et pour les parents, c'est quand même assez difficile à accepter. Donc, je pense qu'il faut qu'on fasse attention. Ils prennent plein de plaisir, par ailleurs, en dehors des écrans. Il ne faut pas caricaturer non plus les choses. Donc, il y a effectivement aussi une façon de penser que se développer aujourd'hui, ça ne peut pas être que sur les écrans. Et ça, je pense que c'est un message qu'il faut qu'on fasse passer aux enfants, aux adolescents et évidemment aux parents. Oui, ce n'est pas gagné.

Romain Salzman, votre application Beeril envoie une notification qui tombe à n'importe quel moment de la journée et qui implique donc de faire, c'est ça l'application, c'est on reçoit une notification et tout de suite, il faut faire deux photos, c'est ça. Moi, je n'y suis pas, mais il faut faire deux photos. D'écrivain, un selfie et... Donc, en fait, tout le monde reçoit une notification en même temps, au même moment et à une heure imprévue. Et vous avez deux minutes pour prendre une photo de ce que vous êtes en train de faire maintenant. et ça prend une photo avec la caméra avant et arrière.

Et l'idée derrière ce mécanisme, c'est d'éviter que vous partagiez seulement les meilleurs moments de votre vie, comme vous pouvez le faire sur d'autres plateformes. Vous ne partagez que quand vous faites des choses cool. Oui, c'est l'anti-Instagram. Exactement, et vous partagez des moments spontanés, authentiques, candides et vulnérables. Eh bien, est-ce que ça ne crée pas une addiction, ce biril ? C'est-à-dire qu'on attend toute la journée notre notification pour pouvoir faire cette double photo et l'envoyer à notre communauté. Est-ce que vous ne créez pas une addiction, puisque c'est le thème de la journée ?

Je vais vous dire, hier, on préparait l'émission avec toute notre équipe de la matière. Sur l'addiction, et ça n'a pas manqué. Notre assistant-chef, Jean, a reçu sa petite notification. Il a donc interrompu la réunion pour faire ses deux petites photos.

8:32
Présentateur

Voilà, et puis la réunion a repris après. Mais bon, vous stimulez quelque chose en envoyant la notification. Déjà, merci à Jean de sa fidélité.

8:42
Invité

Ensuite, on est chez Biril précisément conscient du problème, et c'est exactement ce qui nous a donné envie de créer Biril. On avait le sentiment que les autres plateformes sociales étaient devenues un peu toxiques, et donc on avait envie de créer une alternative. Et il y a beaucoup de mécanismes dans l'application de Biril qui sont mis en place pour apprendre des erreurs du passé et des autres plateformes. Et notamment, le temps passé sur Biril est en général d'une dizaine, une quinzaine de minutes, donc très inférieure au temps que vous passez sur les autres plateformes. Et on vous connecte avec vos amis les plus proches.

Sur Biril, vous partagez du contenu avec vos 30, 40 amis les plus proches, avec vos parents, avec vos amis, avec votre famille. J'ai ma grand-mère sur Biril, et je vois ce qu'elle fait tous les jours. Donc c'est un cercle très restreint. Donc c'est une cigarette, ce n'est pas une cartouche. C'est ça ce que vous nous dites. En termes d'addiction ? Alors si vous prenez un rapport avec la quantité, on pourrait dire ça, mais après le sujet c'est la qualité du temps passé. Oui, ce que vous dites à la fois YouTube et Biril, vous essayez d'expliquer que ça dépend de ce qu'on regarde ou de la qualité avec qui on partage ces photos-là et de la vérité de ces photos-là par rapport à celle d'Instagram.

On n'est pas dans un monde merveilleux. Je pense que c'est vrai de tous les médias. C'est vrai de la radio, c'est vrai de la télévision et c'est vrai des réseaux sociaux. Le sujet, c'est la quantité de temps passé et le sujet, c'est les contenus. Et en l'occurrence, les contenus qui sont sur Biril sont drastiquement différents des contenus que vous avez sur d'autres plateformes. Ce que vous pouvez trouver sur Instagram, c'est des contenus de gens que vous n'avez jamais rencontrés qui partagent des contenus fake de leur meilleure vie. Et ce que vous voyez sur Biril, encore une fois, c'est la vraie vie des amis qui sont proches de vous.

10:09
Présentateur

Il faut donner les chiffres quand même parce qu'ils sont hallucinants. Des deux ans, un enfant passe en moyenne 56 minutes devant un écran par jour, selon Santé publique France. La durée passe à 1h20 en moyenne par jour à 3 ans et demi, 1h34 à 5 ans et demi. Quelle réaction avez-vous tous les trois face à ces chiffres ? Passer 1h30 tous les jours devant un écran quand on a 5 ans, est-ce sain ou est-ce fou ?

10:36
Invité

Moi, je veux bien vous répondre déjà parce que je suis d'autant plus concernée que je suis maman de 3 enfants. Ils ont quel âge ? Alors maintenant, ils ont 14, 15 et 19. Donc j'ai fait ce chemin. Maintenant, je suis dans la partie adolescence, jeune, adulte. Mais on les connaît bien ces chiffres. Nous, on travaille beaucoup avec les associations, notamment e-enfance. Ce qu'on peut rajouter, c'est que je crois que c'est plus de la moitié, quasiment la moitié des enfants ont leur premier smartphone à 10 ans. Le premier contact avec Internet, c'est avant 6 ans, avec les parents. Avant 7 ans, sans les parents. Donc on est hyper conscients de notre rôle et de notre responsabilité.

D'où l'importance d'outils adaptés à une expérience, à un âge adapté. Et c'est pour ça qu'on a été pionniers, là je parle de YouTube, à mettre en place des outils. Le premier, ça s'appelle YouTube Kids à tous les parents qui nous écoutent. Avant 13 ans, c'est YouTube Kids. Et je vous regarde, Léa, parce que je sais que vous avez des petits d'avant 13 ans. Donc ça, c'est vraiment important. On est sur une expérience. Comment on installe ? Expliquez pour ceux qui ne savent pas. Alors c'est une application. Exactement. Parce que c'est vrai que YouTube, je vais vous dire, on est très content de vous avoir, mais c'est un fléau pour les enfants à la fois.

Ce que je veux dire, c'est que c'est une telle addiction d'avoir ces... Il y a TikTok, il y a YouTube, ces petites vidéos qui leur arrivent. Alors c'est important de distinguer YouTube des réseaux sociaux. YouTube n'est pas un réseau social. Vous n'avez pas de messagerie privée sur YouTube. Vous n'avez pas... Vous avez plein de fonctionnalités que vous avez sur les réseaux que vous n'avez pas sur YouTube. Vous avez un temps long sur YouTube qui n'est pas... Vous êtes dans une logique de l'intention. Alors YouTube... Je reviens sur YouTube Kids. YouTube Kids. Oui, oui. Kids. Donc une application qu'on télécharge sur les stores, Android ou App Store.

Et là, vous avez une expérience qui est dédiée à l'usage pour les moins de 13 ans. Ça commence par des contenus qui sont adaptés, donc dans le corpus de contenu, à ces âges-là. Donc parce que c'est éducatif, parce que c'est qualitatif, parce que c'est positif. Par des règles d'usage, y compris dans le type de publicité, on est encore plus strict dans nos règles publicitaires sur YouTube Kids que par exemple, l'est la télévision. Et ensuite, le travail avec toutes les associations pour qu'elles puissent connaître ces outils, aider les parents à avoir ces outils.

Je fais une dernière mention de l'outil Family Link, qui est cet outil de contrôle parental, qui là peut être plus adapté pour les ados, enfin pour les parents d'ados, pouvoir minuter le temps passé, contrôler les applications, etc. Ils sont très forts

13:03
Présentateur

pour les contourner aussi. L'autorité de régulation, l'ARCOM, préconise de ne pas exposer les enfants de moins de 3 ans à un écran, et pas plus de 30 minutes par jour entre 3 et 8 ans. Est-ce que c'est réaliste, Grégoire Borst ?

13:18
Invité

Je pense que c'est très très complexe dans le monde dans lequel on vit, de pouvoir mettre ça en place. Pour autant, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas essayer, effectivement, de travailler avec les parents, de travailler en fait sur l'éducation à la parentalité, parce que c'est beaucoup plus dur d'être parent aujourd'hui que ça ne l'était il y a 20-30 ans, parce qu'il y a plein d'indéjacutions qui sont parfois paradoxales. Il faut en même temps associer les enfants à la décision qui les concerne, c'est le droit international qui dit ça. Il faut en même temps, effectivement, réguler le temps d'écran.

Et puis en fait, la problématique, ce n'est pas tant la régulation du temps d'écran, c'est la régulation des contenus. C'est-à-dire qu'en fait, ce qu'on voit bien et qu'il faut qu'on sorte aujourd'hui de ce discours sur uniquement le temps d'écran. Le temps d'écran, ça va jouer globalement sur des problématiques somatiques. Ça veut dire sénentarité, qualité du sommeil. Et c'est deux choses qui sont... Ça, pour le coup, vous expliquez très bien que c'est très prouvé. C'est très prouvé. Plus d'écran, on dort mal, moins bien et moins. Et donc, ça a des impacts sur tout le reste.

Parce que si vous dormez moins bien, ça joue sur la plasticité de votre cerveau, c'est-à-dire votre capacité à apprendre et donc ça va avoir des effets sur vos apprentissages et sur votre santé mentale. Parce que quand on dort peu, ça a aussi des incidences sur la santé mentale. Donc là, il y a un enjeu. C'est qu'effectivement, il faut qu'on arrive à préserver le sommeil des adolescents, notamment, parce qu'il y a des décalages de phase à l'adolescence qui font qu'ils dorment pas du tout assez. Mais ça a aussi des impacts sur l'organisation de notre société. On sait depuis 20 ans qu'il faut commencer deux heures plus tard les cours au collège et au lycée et personne ne met ça en place.

Donc, il y a toute une infrastructure à changer. Et la deuxième chose, c'est le contenu. Alors, je sais bien, on en parlait juste avant l'émission, mais par exemple, sur YouTube Kids, c'est très bien de mettre le contenu jeunesse sur YouTube Kids, mais en fait, il faut le retirer de YouTube. Si vous voulez que globalement, on puisse protéger efficacement les enfants, il faut créer des bulles dans lesquelles le contenu qui les intéresse, il soit et qu'il ne soit pas ailleurs. Parce que sinon, en fait, ils font comme font tous nos enfants, ils prennent notre tablette sur laquelle on a créé un compte YouTube plus de 18 ans et ils ont potentiellement exposé à des contenus non appropriés.

Je crois que vraiment, la question du contenu non approprié, c'est important. Je prends un exemple sur YouTube, mais c'est vrai sur plein d'autres types de contenus, mais je dis simplement qu'il y a peut-être un enjeu du côté plateforme à se poser la question d'une responsabilité de l'accès à des contenus non appropriés et que ce n'est pas simplement toujours aux parents d'avoir la responsabilité de contrôler ça. Oui, un mot, vous voulez dire ? Oui, bien sûr. Grégoire, Justine, on en a parlé, mais bien sûr, cette responsabilité, on l'apprend, ça fait 20 ans qu'on existe quasiment, donc on a parlé du YouTube Kids.

Quand on est mineur sur YouTube classique, on a par défaut tout ce paramétrage qui va calibrer le type de contenu auquel on a accès. Donc ça, c'est très important. Ces balises, comme vous le dites, c'est notre responsabilité. Et encore une fois, on le prend très au sérieux, c'est pour ça que ça fait deux décennies qu'on existe. Romain Salzman, on a dit ce chiffre-là, une heure et demie par jour pour un enfant de 5 ans, ça c'est la moyenne française devant un écran, une heure et demie par jour. Bon, quand on passe au stade des adolescents, la moyenne, c'est 6 à 7 heures par jour, les jours où ils n'ont pas d'école. C'est-à-dire, on regarde évidemment davantage le week-end.

Romain Salzman, le cœur de cible de Beryl, ce sont les adolescents, c'est eux qui regardent 70%, c'est les 14-24 ans. Avec Beryl, on est constamment sous le regard de l'autre, avec une injonction de se montrer, de se montrer tous les jours en faisant cette double photo quotidienne. Est-ce que ça dit quelque chose ? Parce que vous avez parlé des troubles du sommeil, on a vu une autre enquête qui disait, attention, les réseaux sociaux créent des troubles mentaux chez les adolescents et chez les adolescentes, notamment sur leur rapport, sur leur apparence physique. Nous empirons le rapport à son corps d'une adolescente sur trois à cause des réseaux sociaux.

Qu'est-ce que vous avez à répondre sur ça, d'une application où il faut se montrer aussi ? Mais j'ai à vous répondre qu'on est tout à fait d'accord avec vous et que c'est précisément pour ça qu'on a créé Beryl. C'est-à-dire que ce qu'on voit sur les autres réseaux sociaux, notamment Instagram, c'est que vous êtes incité à vous mettre en avant, à poster des photos de vous pour récolter des likes. Et c'est précisément ces dynamiques-là qui créent un rapport dysfonctionnel avec la réalité et avec votre corps.

Et ce qu'on essaie de faire avec Beryl, c'est précisément l'inverse, c'est-à-dire d'encourager les gens à se montrer comme ils sont, authentiques, vulnérables, et la vie comme elle est dans ces moments banals et dans ces moments formidables. Et ce qu'on voit, et c'est assez intéressant, c'est que quand les gens commencent à utiliser Beryl, ils ont tendance à prendre leur Beryl, à se trouver pas beau, et à le reprendre plusieurs fois. Et en fait, on montre aux autres utilisateurs combien de fois vous avez repris votre Beryl. Donc si vous voulez la salmer, vous reprenez votre Beryl et vous trouvez « Ah, pas très joli, mais je vais refaire un autre » et vous en faites trois ou quatre.

En fait, Nicolas Demorand pourra voir que vous avez fait quatre Beryl. Et donc c'est un peu nul de ma part. Elle ne veut pas montrer la vérité des choses, elle s'optimise. Exactement. Et ce qui se passe avec le temps, et c'est un vrai sujet, c'est que Léa, en utilisant Beryl, va devenir de plus en plus réelle. Et je veux dire que très concrètement, ce qu'on voit dans nos utilisateurs, c'est qu'ils commencent par prendre trois ou quatre fois leur Beryl au début et à la fin, ils le prennent. Ils assument leur... Voilà. Donc on est très conscient du problème et on essaie précisément de le régler. Allez, on passe au standard d'Inter. Bonjour Julie. Oui, bonjour.

18:06
Présentateur

On vous écoute.

18:08
Invité

Oui, je vous appelle parce que je suis mère de famille et orthophoniste. Et dans mon activité professionnelle, ça fait 20 ans que je suis orthophoniste. Et je dirais qu'il y a une dizaine... Depuis une dizaine d'années, je n'ai plus les mêmes enfants du tout. J'ai des enfants extrêmement... extrêmement touchés, qui ont des troubles de langage, mais pas qu'eux, qui ont des troubles qu'on caractérise aujourd'hui de troubles neurodéveloppementaux. J'ai beaucoup d'enfants qui sont considérés considérés comme handicapés parce qu'ils sont stimulés par les écrans. C'est une réalité. C'est pas... Voilà, j'ai beaucoup... Je suis très documentée sur la question. Je fais beaucoup de prévention.

Et aujourd'hui, ce que je souhaite, ce pourquoi je me lève le matin, c'est pour que les parents reçoivent des messages clairs, pas des choses qu'ils ne comprennent pas. Les parents pensent que, par exemple, les écrans, c'est éducatif.

19:02
Locuteur

C'est faux.

19:03
Invité

Ce qui est éducatif pour leurs enfants,

19:05
Locuteur

c'est eux,

19:06
Invité

les parents. Donc, il y a un phénomène qui est la technoférence, qui est le fait que le parent soit beaucoup sur son propre écran. Il n'y a pas que l'enfant qui consomme son écran, il y a aussi le parent. Il faut que ce soit très clair. Ce qu'il y a de mieux pour un enfant, c'est son parent, c'est l'interaction et c'est du temps disponible pour jouer. Donc, quand on parle de temps d'écran, bien entendu, ça impacte le sommeil, ça impacte la mobilité, mais surtout, ça prive l'enfant d'un temps d'expérimentation extrêmement précieux.

19:36
Présentateur

Bien compris.

19:36
Invité

Il faut que ce soit très très clair pour les parents.

19:39
Présentateur

Bien compris. Merci Julie pour cette intervention. Grégoire Bors, te vous répond.

19:45
Invité

La réponse, elle est simplement de dire que, évidemment, on est tout à fait sensible au fait de ce qui remonte du terrain et notamment des professionnels de santé, que ça permet d'avoir des signaux faibles, de se dire peut-être qu'il y a une problématique de ce point de vue-là. Par contre, je vais corriger tout de suite ce qu'a dit cette personne. Julie, il n'y a pas de lien entre l'exposition aux écrans et les troubles neurodéveloppementaux. C'est impossible. Un trouble neurodéveloppemental, ça préexiste à toute consommation des écrans. Pour autant, ça peut accroître les symptômes liés à ce trouble.

C'est qu'effectivement, si vous avez déjà des difficultés, mais par exemple, il n'y a pas d'autisme virtuel, ça n'existe pas. Il y a des troubles du spectre autistique et effectivement, la gravité de ces troubles peuvent être plus ou moins modulées par le temps que vous passez devant des écrans. Mais il faut être très clair là-dessus. Il y a deux choses différentes. Il y a des enfants dont le développement langagier peut être effectivement un peu décalé du fait précisément de ce que J.

a très bien expliqué, c'est-à-dire qu'on a besoin d'avoir des interactions avec des êtres humains pour apprendre le langage, on a besoin d'avoir des interactions avec les êtres humains pour construire notre rapport à l'autre. Et effectivement, le fait que les parents utilisent des écrans et que les enfants utilisent des écrans, ça prive cela. Mais n'y a-t-il pas un risque de créer ce que le chercheur Michel Desmurgers appelle un crétin digital ? Alors, j'aime beaucoup Michel Desmurgers, mais d'une part, ça n'est absolument pas un spécialiste du développement de l'enfant. Il travaille sur les états de conscience chez les patients.

Et la deuxième chose, c'est que contrairement à ce qu'il dit, l'intelligence humaine n'a pas diminué entre la génération des adolescents actuels et notre génération des adolescents. Elle a continué à augmenter. Alors, je sais que ça paraît terrible à dire, mais en fait, nos ados sont plus intelligents que nous. Il nous reste deux minutes. Question courte, réponse très courte de notre appli Inter. Alice, faut-il supprimer TikTok ? Je pense que la solution, ce n'est pas de supprimer, c'est de créer des alternatives et de faire que les adolescents préfèrent les alternatives. YouTube, qu'est-ce qu'elle en dit de faut-il supprimer TikTok ?

Il faut prendre ses responsabilités et ses responsabilités, c'est baliser le terrain, protéger les jeunes audiences et parfois moins, c'est mieux. Cyril, sur l'appli d'Inter, quelle est la différence entre les écrans et les vieux qui regardent leur télé ?

C'est globalement à peu près la même chose pour un certain nombre de domaines, mais par exemple, on sait que sur les réseaux sociaux, il y a quand même une vigilance spécifique parce que ça peut avoir sur du long terme et sur des effets cumulatifs, il y a des premières données qui commencent à sortir qui montrent et qui suggèrent qu'au bout de quatre ans d'utilisation, on peut avoir des effets non négligeables sur la diminution des capacités attentionnelles.

22:09
Présentateur

Et enfin, dernière question, Florestan, moi c'est France Inter tous les jours, comment réduire mon temps de radio ? Ben le faites pas !

22:16
Invité

Surtout pas ! Au contraire ! Je peux dire un dernier mot à Julie, on a sorti un guide du numérique pour les familles, donc un guide de la parentalité numérique avec les associations et notamment avec l'UNAF, l'Union Nationale des Associations de Familles et l'Open, l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique. C'est sorti en un million d'exemplaires et on le mettra en ligne, je vous le laisse ici. Mais voilà, pour les parents, c'est en effet un guide très précieux.

22:41
Présentateur

Merci à tous les trois. Merci beaucoup. Grégoire Borst, Justine Rist et Romain Salzman. Merci encore d'avoir été à ce micro ce matin.

Smartphones : "On est entre l'utilisation excessive et l'addiction", constate le professeur Grégoire Borst · Pourquijevote