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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 24 octobre 2020 8 minActualité / polémiqueSécuritéNumérique

L’ARTISTE DONT LA POLICE ET DARMANIN VEULENT LA TÊTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Paolo CirioFait
    « Exposer l'intégrité et la vie des policiers et de leurs familles est une abjection et une incitation au lynchage et au meurtre en cette période de menace terroriste. »
  • 2:30Paolo CirioFait
    « J’ai juste ajouté des photos, que j’ai traitées avec des logiciels de reconnaissance faciale. Mais je ne savais pas qui étaient ces personnes. »
  • 3:30Paolo CirioFait
    « J’ai trouvé pourquoi la reconnaissance faciale était toujours légale en Europe. C’est parce que la police veut l’avoir. »
  • 4:30Paolo CirioFait
    « La France est bien connue pour ses violences policières, et que ses policiers se couvrent de plus en plus le visage. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Le but, c’est de bannir la reconnaissance faciale, éviter le reconnaissance faciale pour qui que ce soit. Et d’une certaine façon, aussi protéger la police elle-même. Parce que, honnêtement, je pense que la reconnaissance faciale ne devrait même pas être utilisée contre la police.

Et ça ne peut pas être utilisé sans garde fous pour faire de la surveillance de masse. Parce que c’est ce qui arrive en ce moment même en France, les caméras sont toujours allumées. Le projet “Capture” parle de reconnaissance faciale, et le titre en dit déjà quelque chose.

Il nous rappelle que capturer une photo, c’est aussi capturer quelqu’un. Quand j’ai commencé ce projet, je cherchais, je me creusais la tête, et j’ai réalisé qu’en France la reconnaissance faciale était déjà utilisée. En fait, il y avait déjà un plan pour l’utiliser au plan national sur chaque citoyen français.

Ca m’a beaucoup surpris. Exposer l'intégrité et la vie des policiers et de leurs familles est une abjection et une incitation au lynchage et au meurtre en cette période de menace terroriste. Paolo Cirio : Insupportable mise au pilori de femmes et d’hommes qui risquent leur vie pour nous protéger.

Je demande la déprogrammation de « l’exposition » et le retrait des photos de son site, sous peine de saisir les juridictions compétentes. Je ne pense pas qu’ils aient compris ce que je voulais faire. J’ai toujours dit que je protégeais la vie privée de tous.

J’ai répété que je n’allais pas publier ces noms, que le projet parlait justement de vie privée et d’une certaine façon je montrais à quel point était dangereuse la reconnaissance faciale, y compris pour la police. D’une certaine façon je protégeais aussi la police. Je leur disais : “Regardez c’est trop dangereux, même pour vous.

Il faut que nous parlions et que nous travaillions ensemble.” Mais ils ne voulaient pas écouter et ne voulaient pas en parler. Parce qu’ils ont très peur.

Ils ont très peur que la reconnaissance faciale puisse être interdite pour de vrai et qu’ils ne puissent plus l’utiliser. Et ils sont aussi effrayés parce qu’ils ne comprennent pas. Parce qu’ils ne le comprennent pas, comme ils ne comprennent pas mon projet.

Ils sont très inquiets que quelqu’un comme moi puisse le faire. Et je pense que c’est ça qui devrait vraiment les inquiéter. Parce que moi je suis un artiste, j’ai un nom et un prénom.

Et je ne fais que simuler. Mon travail est une simulation de quelque chose. Mais demain ce ne sera plus une simulation.

Quelqu’un le fera pour de vrai. Oui, c’est de la censure et de la censure à propos de quelque chose de très important pour la France. Parce que je pense que la France à besoin de discuter des violences policières et de la reconnaissance faciale.

Je pense que les artistes devraient avoir le droit d’en discuter. Le Fresnoy est une institution publique, une université qui est dépendante des financements publics, du gouvernement. Je ne peux pas accuser le Fresnoy.

Mais je peux accuser le chef, le ministre, qui n’aurait pas dû interférer là-dedans. C’est très inquiétant qu’un politicien puisse décider ce qui est exposé dans un musée en France. J’ai juste ajouté des photos, que j’ai traitées avec des logiciels de reconnaissance faciale.

Mais je ne savais pas qui étaient ces personnes. Je ne pouvais pas vraiment les identifier parce que je n’avais pas de base de données. J’ai proposé de créer cette base de données.

Mais la créer bien sûr ce n’était pas attaquer la vie privée des policiers eux-mêmes. Et même si je l’avais eue, je ne l'aurais pas publiée, ça aurait été aller trop loin. Ca aurait été une atteinte à la vie privée.

Mais je dois dire aussi que si un policier tuait quelqu’un ou mutilait un manifestant et que ce policier était couvert, avait le visage cagoulé, je ne pense pas qu’on ait besoin de la reconnaissance faciale mais si la police ne fait rien, qu’il n’y a pas d’enquête, alors oui des citoyens pourraient vouloir utiliser la reconnaissance faciale. J’ai trouvé pourquoi la reconnaissance faciale était toujours légale en Europe. C’est parce que la police veut l’avoir.

Il y a des lobbies au sein de l’Union Européenne, les agences, le parlement, des commissions, pour maintenir la possibilité d’utiliser la reconnaissance faciale. C’est la police qui rend la reconnaissance faciale possible. Et même si bien sûr la France est bien connue pour ses violences policières, et que ses policiers se couvrent de plus en plus le visage.

Ces dernières années, on a vu la police se couvrir avec des casques, on ne peut même pas voir leur visage. Ce qui est très inhabituel dans un pays démocratique. Même aux Etats-Unis, la police ne peut pas couvrir son visage.

Ca peut arriver en Russie mais surement pas en Europe. Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond, qu’ils puissent utiliser la reconnaissance faciale contre les citoyens, qu’ils poussent pour maintenir la reconnaissance faciale, sans aucune régulation, et en même temps ils se couvrent le visage. C’est ça qui a été à l'origine de ce projet.