Macron : la Russie va "continuer à essayer de déstabiliser" les démocraties - Reportage 18.02.2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 25 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
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C'est une petite phrase lâchée le week-end dernier, à Munich, lors d'une conférence sur la sécurité.
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Une séance de questions-réponses au cours de laquelle Emmanuel Macron évoque l'ingérence russe.
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Un aveu d'impuissance et un ton offensif.
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D'autant que le président français a lui-même été la cible de hackers russes lors de sa campagne présidentielle.
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Je suis très lucide sur les incompréhensions qui ont pu exister et s'installer entre nous.
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Emmanuel Macron est interrogé sur la montée du discours anti-français dans la région.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Je pense que la Russie continuera d'être un acteur extrêmement agressif sur ce sujet dans les prochains mois et les prochaines années. »
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« Et d'ailleurs, dans toutes les élections, elle cherchera à avoir des stratégies de la sorte où elle aura des acteurs qui le feront. »
- 0:27Invité politiqueFait
« Parce que la vérité, c'est que nous avons très peu d'anticorps face à ces attaques. »
- 1:20InvitéFait
« Il y a deux sites, Russia Today, comme par hasard, et Spoutnik. »
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« C'est deux sites contrôlés à 100% par l'État russe et qui, depuis des semaines et des mois, calomnie certains candidats, »
- 1:54Invité politiqueFait
« Quand des organes de presse répandent des contre-vérités infamantes, ce ne sont plus des journalistes. »
- 2:02Invité politiqueFait
« Russia Today et Spoutnik ont été des organes d'influence durant cette campagne »
- 2:41Invité politiqueFait
« Une part de ces incompréhensions, je dois dire même l'essentiel, ne nous est pas imputable. »
- 3:04InvitéChiffre
« Nous savons tous ce qui s'est passé avec ce qu'on appelle les gilets jaunes. »
- 3:49Invité politiqueFait
« J'entends beaucoup de gens dans votre pays qui disent tout et n'importe quoi. »
- 3:54Invité politiqueFait
« Demandez-vous par qui ils sont payés. »
- 4:01Invité politiqueFait
« soit ils servent les intérêts des groupements terroristes qu'ils voudraient voir plus puissants dans votre pays, »
Temps de parole
- Présentateur59 %
- Emmanuel Macron27 %
- Invité8 %
- Invité 26 %
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C'est une petite phrase lâchée le week-end dernier, à Munich, lors d'une conférence sur la sécurité. Une séance de questions-réponses au cours de laquelle Emmanuel Macron évoque l'ingérence russe.
Je pense que la Russie continuera d'être un acteur extrêmement agressif sur ce sujet dans les prochains mois et les prochaines années. Et d'ailleurs, dans toutes les élections, elle cherchera à avoir des stratégies de la sorte où elle aura des acteurs qui le feront. Parce que la vérité, c'est que nous avons très peu d'anticorps face à ces attaques. Et ça, je crois que c'est une immense faiblesse des démocraties européennes.
Un aveu d'impuissance et un ton offensif. D'autant que le président français a lui-même été la cible de hackers russes lors de sa campagne présidentielle. En 2017, l'équipe d'En Marche est victime d'attaques informatiques. L'entourage d'Emmanuel Macron accuse le Kremlin. Richard Ferrand signe même une tribune dans le monde intitulée « Ne laissons pas la Russie déstabiliser la présidentielle en France ». Ses proches accusent également les médias russes, comme Russia Today et Spoutnik, de propager des fake news. Qui présentent par exemple celui qui est encore candidat comme un possible agent au service des banques, financé par un lobby gay.
Des insinuations qui exaspèrent son porte-parole de l'époque, Benjamin Griveaux.
Il y a deux sites, Russia Today, comme par hasard, et Spoutnik. C'est deux sites contrôlés à 100% par l'État russe et qui, depuis des semaines et des mois, calomnie certains candidats, en particulier Emmanuel Macron, si on dit les choses, épargnent d'autres candidats, Marine Le Pen et François Fillon.
Arrivé à l'Élysée, Emmanuel Macron privera d'ailleurs ses médias d'accréditation. Un choix qu'il explique deux semaines après avoir été investi. Ce jour-là, il déroule le tapis rouge à Vladimir Poutine, l'occasion d'une mise au point côte à côte.
Quand des organes de presse répandent des contre-vérités infamantes, ce ne sont plus des journalistes. Ce sont des organes d'influence. Russia Today et Spoutnik ont été des organes d'influence durant cette campagne qui ont à plusieurs reprises produit des contre-vérités sur ma personne et ma campagne. Et donc j'ai considéré qu'ils n'avaient pas leur place, je vous le confirme, à mon quartier général.
Le président russe reste stoïque. Dès lors, la relation entre les deux chefs d'État sera teintée de méfiance. Un an plus tard, le couple Macron s'envole pour Saint-Pétersbourg. Nucléaire iranien, Syrie, situation en Ukraine. Les sujets qui fâchent ne manquent pas.
Je suis très lucide sur les incompréhensions qui ont pu exister et s'installer entre nous. Une part de ces incompréhensions, je dois dire même l'essentiel, ne nous est pas imputable.
Mais ces derniers mois, la diplomatie française semblait avoir changé de ton face aux géants de l'Est. L'été dernier, Emmanuel Macron reçoit Vladimir Poutine à Brégançon, la résidence d'été du chef de l'État. Une main tendue qui n'empêche pas le président russe de tacler son homologue français.
Nous savons tous ce qui s'est passé avec ce qu'on appelle les gilets jaunes. Où il nous semble, selon nos décomptes, qu'environ 11 personnes ont été tuées, 2500 blessés et 2000 policiers blessés. Nous ne voudrions pas d'une telle situation dans la capitale russe.
Ce jour-là, il y aura néanmoins quelques sourires. Mais récemment, le sujet de l'ingérence russe s'est une fois de plus invité. Le 13 janvier dernier à Pau, lors du sommet sur le Sahel, Emmanuel Macron est interrogé sur la montée du discours anti-français dans la région. Sans les nommer, il attribue ce phénomène aux Russes.
J'entends beaucoup de gens dans votre pays qui disent tout et n'importe quoi. Demandez-vous par qui ils sont payés. Demandez-vous quels intérêts ils servent. Soit ils servent les intérêts des groupements terroristes qu'ils voudraient voir plus puissants dans votre pays, soit ils servent les intérêts d'autres puissances étrangères qui veulent simplement voir les Européens plus loin parce qu'ils ont leur propre agenda, un agenda de mercenaires.
Des mercenaires, une mention au sulfureux groupe paramilitaire Wagner qui dans l'ombre encouragerait un sentiment anti-français au Sahel. Un groupe avec lequel Moscou dément, encore une fois, tout lien.
Emmanuel Macron