Les 100 jours de Macron - Les questions SMS #cdanslair 14.08.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:01OuverteRéponse directe
A l'instar de Donald Trump, Emmanuel Macron communique-t-il sur les réseaux sociaux ?
- 1:03FerméeRéponse directe
Quel pourcentage de Français resteront satisfaits au bout des 200 jours ?
- 2:16OuverteRéponse directe
Est-il déjà arrivé que la popularité d'un président ait augmenté 100 jours après son élection ?
- 3:28FerméeRéponse directe
Combien de promesses de campagne François Hollande avait-il mis en œuvre au bout de ces 100 jours ?
- 4:22OuverteRéponse directe
Macron n'a-t-il pas au moins le mérite de faire bouger la France ?
- 5:45OuverteRéponse directe
Macron se place-t-il dans le sillage de grandes figures politiques telles que Jaurès ou De Gaulle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30InvitéFait
« On ne va pas se raconter de l'histoire, ça serait mentir que de le dire. »
- 0:50InvitéFait
« si vous faites les réformes, vous êtes nécessairement impopulaire. »
- 1:07PrésentateurChiffre
« On est à 36 aujourd'hui. »
- 2:22InvitéFait
« Nicolas Sarkozy était resté à un niveau de notoriété assez important 100 jours après son élection. »
- 2:39InvitéFait
« Jacques Chirac, qui était très mal parti à l'été 95, et puis qui, par la suite de son mandat, est redevenu à des taux de popularité positifs, à plus de 50%. »
- 3:33InvitéFait
« Mais il en a mis plus en œuvre qu'on ne le dit. »
- 4:05InvitéFait
« le droit de vote des étrangers, qui est le serpent de mer, qui était sur la table. »
- 4:40InvitéFait
« Macron, en fait, il a été élu en grande partie, parce que les Français voulaient que les autres dégagent. »
- 6:16InvitéFait
« c'est à propos de la restauration d'une certaine grandeur en politique étrangère. »
- 6:43InvitéFait
« la figure de rénovateur d'Emmanuel Macron, c'est à Pierre-Mendez France. »
- 7:20InvitéFait
« La France insoumise appelle à une manifestation. »
- 7:22InvitéFait
« La CGT appelle à une manifestation. »
Temps de parole
- Invité36 %
- Invité 222 %
- Invité 320 %
- Présentateur13 %
- Présentateur 29 %
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A l'instar de Donald Trump, Emmanuel Macron communique-t-il sur les réseaux sociaux ? Pas de la même façon ? Alors non, pas du tout. Pas aussi fréquentement ? En l'occurrence, ce n'est pas du tout lui qui tient les manettes de son compte Twitter. Il y a un compte Twitter Emmanuel Macron qui est géré par l'Elysée. Et la parole n'y est pas du tout aussi franche et aussi libre que celle de Donald Trump. Mais par ailleurs, ils n'ont pas les mêmes idées non plus. Faut-il le regretter ? Je ne suis pas sûr. Le président a le temps pour lui. La popularité est-elle si importante ?
Oui. On ne va pas se raconter de l'histoire, ça serait mentir que de le dire. Il a le temps pour lui, j'en suis pas certain. Vous savez, 5 ans, ça va très vite. Jean-Jérôme disait avec raison tout à l'heure, au bout de 2 ans, peut-être même moins, vous savez déjà ce que ça va donner. Et la popularité, qui va vous dire que c'est bien d'être impopulaire ? Alors si, il y a la théorie qui consiste à dire, si vous faites les réformes, vous êtes nécessairement impopulaire. Oui, mais pour conduire les réformes, il faut quand même... C'est l'huile dans les rouages de la popularité. Voilà, c'est compliqué, c'est compliqué.
Quel pourcentage de Français resteront satisfaits au bout des 200 jours ? Mouiez-vous un peu, Jean Garrigue. On est à 36 aujourd'hui.
Écoutez, la logique voudrait qu'on redescende, je le disais tout à l'heure, au noyau dur de ceux qui ont adhéré à la logique d'Emmanuel Macron, qui est quand même un projet de transformation radicale de la société française. Certains vous diront que c'est une transformation qui, en fait, est une sorte de coup de rabot, justement, libéral, de purge libérale, un petit peu dans le sens que voulait lui donner François Fillon. Mais en tout cas, dans l'esprit des macroniens, il y a quand même beaucoup de chantiers de transformation. Et a priori, je parlais des 36 millions de sujets de mécontentement, là.
Tout ça, on le voit bien, suscite peu à peu la désaffection d'une partie des fonctionnaires, le gel d'indices de la fonction publique, les APL dont on parlait tout à l'heure, ceux qui sont pour le prestige de l'armée, qui n'ont pas apprécié la querelle avec le général de Villiers. Donc, peu à peu, comme ça, vous avez des franges de la population qui se détachent de lui. Est-ce que ça veut dire que c'est irréversible ? Ça, j'en suis pas sûr, parce qu'à contrario, quand on avait un François Hollande qui était beaucoup plus populaire que lui, on a vu très très vite que sa popularité a déchu.
Regardez la question suivante. Est-il déjà arrivé que la popularité d'un président ait augmenté 100 jours après son élection ?
Alors, il y a eu des popularités qui se sont bien maintenues, comme Nicolas Sarkozy était resté à un niveau de notoriété assez important 100 jours après son élection. Et ce n'est qu'en 2008, avec la crise des subprimes, que véritablement, ça chute à des crues. Mais vous avez des présidents comme Jacques Chirac, qui était très mal parti à l'été 95, et puis qui, par la suite de son mandat, est redevenu à des taux de popularité positifs, à plus de 50%. Grâce à la cohabitation aussi. Alors, en partie grâce à la cohabitation. Mais avant aussi la cohabitation. L'un des exemples dans l'histoire de la Vème République, je crois que c'est François Mitterrand.
Je crois que ça, c'est assez spectaculaire. François Mitterrand, donc, au législatif de 1986, son parti se prend une claque monumentale. Donc, il y a la première cohabitation de l'histoire de la Vème République. Et néanmoins, c'est lui qui est élu. Mais grâce à la cohabitation aussi, puisque celui qui mène les affaires de la France est de façon très libérale, pour le coup, à l'époque, c'est Jacques Chirac. Et c'est Jacques Chirac qui est battu à plate couture, en 88.
Combien de promesses de campagne François Hollande avait-il mis en œuvre au bout de ces 100 jours ?
Mais il en a mis plus en œuvre qu'on ne le dit. Le gros problème de François Hollande, c'était, en quelque sorte, la musique qui accompagnait ces réformes. Moi, je trouve que le meilleur mot que j'ai entendu à propos de François Hollande, c'est celle de son ami Jean-Pierre Mignard, qui a dit « François Hollande a fait une politique de contrebande ». En quelque sorte, le président lui-même n'explicitait pas le cadre politique de ces réformes. Il en a fait. Alors, il en a abandonné, je pense, à cette réforme, qui n'était pas une réforme blématique, mais quand même, par exemple, le droit de vote des étrangers, qui est le serpent de mer, qui était sur la table.
Et puis, pouf, tout de suite abandonné, où, effectivement, le contrôle, où les policiers auraient dû donner... Tout ça, ça a été abandonné très vite, notamment sous la pression de Manuel Valls. Mais il en a fait un certain nombre. Le problème, c'est que ce n'était pas mis en musique. Macron n'a-t-il pas au moins le mérite de faire bouger la France ? – Il a changé le logiciel, c'est ce qu'on disait. C'est que, si vous voulez, la France n'est pas encore complètement... Elle n'est pas macronienne, la France. Il faut comprendre ce qu'il veut faire. Par exemple, qu'est-ce qui s'est passé ? Macron, en fait, il a été élu en grande partie, parce que les Français voulaient que les autres dégagent.
Et ils voulaient, justement, ils voulaient plus voir les vieilles barbes de l'Assemblée nationale. Ils voulaient un président de la République jeune, ils l'ont. Ils voulaient que le logiciel français, le clivage, ce fameux clivage droite-gauche, disparaisse. Alors là, pour le moment, on est dans une espèce de phase de transition. On va voir ce que ça donne. Les vieilles barbes sont parties. Le clivage, il est toujours là, néanmoins. On va voir ce que ça donne. Mais il a changé un peu le logiciel, quand même. Il y a un enjeu fondamental pour lui, qui sont ces 40% d'électeurs qui ont voté soit pour la France insoumise, soit pour le Front national au premier tour d'élection présidentielle.
C'est la France qui souffre, c'est la France qui refuse, c'est la France qui ne se reconnaît pas précisément dans les politiques. Et cette France-là, qui est plutôt une France populaire, mais pas seulement, de classe moyenne, inférieure, etc., d'employés, cette France-là, elle est insatisfaite. Et c'est quand même un défi majeur pour Emmanuel Macron que de la reconquérir.
Mais il y a quand même quelque chose, là, on parle de révolution, de transformation. Tout ça, c'était quand même des éléments de communication d'Emmanuel Macron pendant la campagne. Et c'est là où on voit qu'il est très fort. C'est qu'au final, on finit par utiliser les mêmes mots que lui, alors que pour l'instant, ce qu'il nous propose, ce n'est quand même pas la révolution en France. C'est quand même vraiment plutôt des réformes. Donc, faisons quand même attention aussi. Au final, on se laisse, nous aussi, prendre à sa communication. Macron se place-t-il dans le sillage de grandes figures politiques telles que Jaurès ou De Gaulle ? Si oui, lesquelles ?
Alors, vous avez cité Mitterrand et De Gaulle tout à l'heure.
Oui, alors c'est à propos de la restauration d'une certaine grandeur en politique étrangère. Mais on ne peut pas dire que les marqueurs d'Emmanuel Macron, notamment l'axe franco-allemand, même s'il a été lancé par le général De Gaulle, le général De Gaulle, on ne peut pas dire que ça a été un grand européen non plus. Donc, il faut quand même en prendre et en laisser. En revanche, moi, ce à quoi me faisait penser la popularité d'Emmanuel Macron à l'étranger et la figure de rénovateur d'Emmanuel Macron, c'est à Pierre-Mendez France. Pierre-Mendez France, dans les années 50, est hyper populaire, notamment aux États-Unis. On l'appelle Superman.
Plus populaire encore qu'il ne l'est en France à l'époque. Et il est populaire en France à cette époque, à peu près dans les mêmes catégories socio-professionnelles qu'Emmanuel Macron. Il y a quelque chose de Mendez France. Il dit qu'il n'a gouverné que quelques mois.
Et voilà. La suite, la rentrée des manifestations dans la rue en septembre. Pourrait-elle entraver la réforme du marché du travail ?
Écoutez, il y a un point d'interrogation. La France insoumise appelle à une manifestation. La CGT appelle à une manifestation. Cette réforme du marché du travail, on ne sait pas encore très bien, on ne connaît pas encore très bien son périmètre. Et on sait précisément que, dans ce genre de réforme, le diable se niche dans les détails. Donc, attendons de voir. Ce qui est clair, pour en revenir aux 100 jours, c'est que, précisément, on peut expliciter une partie de la déception des Français, parce qu'il ne s'est pas passé grand-chose, quand même. Et que là, la rentrée est véritablement décisive. On a encore une fois le budget, le travail.
Macron a-t-il suffisamment et assez clairement expliqué aux Français ce qu'il veut faire pendant 5 ans ?
Et il va parler à qui ? Mais il va parler aux Français. Vous savez, la curale avec les journalistes, ça suffit. Ce n'est pas les journalistes qui demandent à voir Macron, c'est seulement les journalistes qui se disent qu'ils peuvent, à un moment, porter la parole d'Emmanuel Macron.
Donc, il va donner quoi ? Une grande interview ? Alors non, a priori, ce ne sera pas une grande interview, ce sera un dialogue direct avec les Français. Moi, je pense plutôt à un Facebook Live ou quelque chose comme ça, mais pour l'instant, on ne sait pas.
Dialogue après avec les syndicats, quand même, aussi. Préparer, cette loi.
Merci beaucoup à tous les quatre. Merci d'avoir participé à cette émission en direct. Merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air. Ce soir, la rediff est à 22h55. Ce sera juste après le film Le Crape Tambour que France 5 vous propose ce soir en hommage à Claude Riche. Très bonne soirée.