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AutreLe Média (sur YouTube)· 27 août 2019 16 minActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

G7 : ÉTAT DE SIÈGE AU PAYS BASQUE

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Fait
    « On dit stop, stop au capitalisme, stop à la destruction de la planète. »
  • 6:00Fait
    « Les 7 plus riches du monde qui sont en train de se partager le monde. »
  • 7:00Fait
    « Ils se partagent les richesses. Je me sens ici bien, parce qu’on est dans un espace de conflictualité. »
  • 9:00Fait
    « La décision d'Emmanuel Macron de se retirer du traité Mercosur, ne suffit pas à convaincre les manifestants de ses convictions écologistes. »
  • 10:00Fait
    « Le vrai problème c’est qu’il n’a pas envie de se coltiner les agriculteurs à la rentrée. »
  • 13:00Promesse
    « Dès que le gouvernement s’engagera dans une politique qui respecte les engagements pris lors de la COP21 et même au delà parce que ces engagements étaient insuffisants. »
  • 14:00Fait
    « Si vous ne faites pas l’exemple, monsieur Macron, avec vos compagnons du G7, c’est un crime, un crime de non assistance à société en danger. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Inventer un autre monde avant qu’il ne soit trop tard pour la planète. À 30 kilomètres de la réunion des chefs d’États et de gouvernement de Biarritz, plusieurs milliers d’opposants aux politiques néolibérales s’y sont essayés, trois jours durant. Malgré l’omniprésence policière et gendarmesque.

Une rencontre qui s’est tenue à cheval sur la frontière franco-espagnole. Comme ici à Irun, la commune ibérique qui fait face à Hendaye. Bienvenue au village des alternatives.

Stands, ateliers, débats… Et des participants en quête de réponses. Je suis venu pour Attac Allemagne pour réunir tous les mouvements sociaux en Europe, parce qu’il faut être capable d’agir ensemble, échanger des idées et des alternatives. C’était un super anti-G7 avec beaucoup de discussions et de nouvelles idées.

On dit stop, stop au capitalisme, stop à la destruction de la planète. Il y a d’autres moyens à mettre en place et on est ici pour les partager. Les gens ont repris une conscience politique.

Il y a un ferment politique. Le but fondamental, à mon avis que tout le monde a en tête, arrêter ce système capitaliste. Je repense aux gilets jaunes, c’est une révolte.

L’ensemble des révoltes peut faire une révolution parce qu’elle amène des idées. Ce sont ces idées qui vont être prises par le peuple pour aboutir à autre chose, qui vont faire une révolution. Ça fait partie de tout ça, tout ce qui se passe au contre-G7.

Je suis venue pour retrouver des gens qui pensent comme moi, c’est à dire des gens qui veulent faire un autre monde, un autre monde qui est possible. Plus humain, plus écolo et puis qui va s’occuper du climat. Mais je suis surtout venue contre ces dirigeants qui se réunissent à Biarritz, les 7 plus riches du monde qui sont en train de se partager le monde.

Qui sont en train, qui ont pris comme slogan qu’ils allaient réduire les inégalités. Ils nous prennent vraiment pour des imbéciles parce que ça fait des années qu’ils font ça, c’est du pipeau. Ils se partagent les richesses.

Je me sens ici bien, parce qu’on est dans un espace de conflictualité, dans un espace de contestation de ces normes qui sont aujourd’hui mises en place par les puissants de ce monde. Donc c’est décisif qu’on ait aujourd’hui des lieux, qui soient des lieux d’action. D’ailleurs je trouve qu’on en entend énormément parler de ce contre-G7.

On a l’impression qu’il y a deux mondes qui se font face. Ceux et celles qui n’acceptent plus ce qui domine aujourd’hui. C’est-à-dire la loi du profit.

C’est-à-dire un monde qui se fiche éperdument de l’écosystème, qui n’a plus de sens. Parce que c’est aussi le sens de la production qui est aujourd’hui posée. C’est aussi un enjeu de démocratie parce que les choses se tiennent.

Il y a quelque part une nouvelle cohérence qui se dessine. C’est pour ça que je trouve qu’il y a deux mondes, donc je suis très heureuse d’être là. Si les journalistes étaient bienvenus dans le centre de congrès qui abritait les échanges, ce n’était pas le cas dans l’ancien centre de vacances de Nestlé où une partie des participants avaient planté leur tente.

Au grand désespoir des organisateurs du rassemblement. Laurent, en charge de l’accueil de la presse se fera traiter de "collabo" pour nous avoir autorisés à prendre quelques vues générales. On a entendu des histoires pas possibles sur ce qui s’est passé lors des précédents G-quelque chose, notamment le dernier G20 où...

Il y a des techniques de reconnaissance sur des problèmes de posture, de marques d’habillement, de chaussures etc. Où des gens se font arrêter plusieurs mois après les manifestations sur ce type de dispositif “big data” qui croise les données d’images. Donc les militants deviennent complètement hystériques avec les images.

On a grande grande peine à faire venir la presse sur nos camps principalement à cause de ça. Un campement qui a été le théâtre d’incidents avec la police dans la soirée de vendredi après une tentative de manifestation non déclarée. Un témoin raconte.

J’ai laissé la voiture, je suis venu à pied, et là je suis tombé sur 16 ou 17 cars de policiers qui étaient stationnés le long. Et à l’entrée il y avait un fort contingent de policiers, casqués, avec des chiens, avec des… Ils ont balancé des grenades lacrymogènes, il y avait des pierres qui arrivaient jusque sur la chaussée. Ça bardait quoi.

Ambiance plus détendue, le lendemain, sur le parcours de la grande manifestation rassemblant tous les participants du contre sommet. Moi je viens de Toulouse. D’accord, et vous êtes là pour quoi alors ?

Pour le climat et puis aussi pour les gilets jaunes, et surtout pour l’Amazonie parce que je trouve que c’est pas normal qu’on laisse cramer les poumons du monde. La décision d'Emmanuel Macron de se retirer du traité Mercosur, ne suffit pas à convaincre les manifestants de ses convictions écologistes. Je pense que le Mercosur c’est encore de la pub et de la com.

En fait si il prend cette décision, le prétexte c’est l’incendie de la forêt amazonienne. Le vrai problème c’est qu’il n’a pas envie de se coltiner les agriculteurs à la rentrée. Déjà il se les coltine sur le CETA, et maintenant le Mercosur parce que ça fout en l’air complètement l’élevage bovin en France.

Mais il va le signer le Mercosur. L’urgence climatique est là, on ne peut plus se voiler la face, il faut agir. Je ne me verrais pas ailleurs que ici aujourd’hui.

C’est le rassemblement des puissants qui nous méprisent et qui mettent la planète à sac. Donc moi je suis venu de Pau avec des camarades en tant qu’occitan révolutionnaire pour dire “merde” à ce G7. 7 km en bordure du front de mer Les Joaldunak, les hommes cloches traditionnels des carnavals basques sont de la partie.

Nous avons réussi un contre-G7 ouvert, revendicatif et ancré dans le territoire, riche de la diversité de nos mouvements. Ce contre-G7, cette manifestation où nous sommes plus de 15 000 aujourd’hui, c’est réussi. Mais ce défilé exilé si loin du G7 a laissé derrière lui un sentiment de frustration.

Une consigne court. "Tous à Bayonne, au cœur du dispositif policier." Et plus précisément dans le cœur historique, le petit Bayonne, fief des indépendantistes basques.

Les gendarmes entreprennent de barrer les ponts. La foule grossit. La manifestation clandestine s’ébranle.

Un parcours improvisé. Il s’agit surtout de prendre de vitesse les forces de l’ordre. Certains veulent bloquer les accès autoroutiers.

Mais le cortège prend finalement la direction du centre-ville. Les gendarmes regardent sans intervenir. Pont Saint-Esprit, un barrage de CRS interdit le passage.

Quelques pierres s’abattent sur les grilles. Le lanceur d’eau entre en action tandis que les grenades lacrymogènes commencent à pleuvoir. La manifestation cherche une échappatoire.

Un peu plus loin, les journalistes qui précèdent la tête de cortège sont pris à partie par un cordon de police. Alors qu’ils ne sont nullement menacés, les fonctionnaires tirent au LBD sans retenue. Le commissaire qui dirige le dispositif n’est pas le dernier à perdre son sang-froid.

Retour dans le centre du petit Bayonne. Et nouvelle tentative en direction des ponts. De part et d’autre de la Nive, les manifestants s’encouragent.

Pont Pannecau, les affrontements se font plus sévères. Tout à coup, les gendarmes jaillissent de leur enclos pour procéder à une interpellation. Tandis qu’une grenade GLI F4 explose dans notre dos, au milieu de la foule.

La manifestation se disperse aussi brusquement qu’elle s’était formée. Dimanche matin, même endroit. Les décrocheurs de portraits officiels du président de la République organisent une manifestation ni vraiment interdite, ni vraiment autorisée.

Ils arrivent par dizaines, de mystérieux tableaux emballés sous le bras. Certains ont de vrais portraits, subtilisés en mairie. D’autres, des toiles ou des photographies sans rapport avec le chef de l’État.

Il s’agit de semer la confusion parmi les forces de police qui seraient tentées de les interpeller. Bonjour, c’est un Picasso ou c’est un Macron alors ? Vous ne le saurez pas.

Pour l’instant vous ne saurez pas parce que c’est pas encore public. Et vous madame, c’est un vrai ou c’est un faux ? Ah, ça on verra… Un à un les portraits officiels réapparaissent à la lumière.

Dès que le gouvernement s’engagera dans une politique qui respecte les engagements pris lors de la COP21 et même au delà parce que ces engagements étaient insuffisants. Dès que des décisions à la hauteur des enjeux seront prises, les portraits seront rendus. Nous nous y sommes engagés.

Pourquoi vous le portez la tête à l’envers ? C’est pour montrer le manque de sens des discours de Macron par rapport à sa politique. Une conférence de presse débute.

Je vais avoir besoin d’un peu de silence ! Malgré la répression. Malgré l’interdiction de manifester, nous avons tenu bon pour organiser cette conférence de presse dans la zone la plus sécurisée de l’État français.

Des portraits officiels du président Macron, réquisitionnés dans tout l’Hexagone et recherchés par les forces de police et de gendarmerie de toute la France, ont convergé aujourd’hui vers le centre ancien de Bayonne. Alors que le G7 entame aujourd’hui sa deuxième journée à Biarritz, nous voulons dresser le vrai bilan de la politique climat du gouvernement Macron et dénoncer le fossé immense entre ses discours internationaux sur le climat, et ses décisions concrètes en France. Je voudrais dire, monsieur Macron, que nous sommes dans une guerre pour changer la nature de notre façon de faire marcher nos transports, nos voitures, nos maisons, absolument tout.

Si vous ne faites pas l’exemple, monsieur Macron, avec vos compagnons du G7, c’est un crime, un crime de non assistance à société en danger. C’est un crime potentiel, et même les non violents doivent parfois utiliser la violence de la parole et dire que vous, et vos camarades du G7, sont des assassins, des génocidaires en puissance. Cette militante, Cécile Marchand de l’ONG “les amis de la terre”, doit passer en jugement le 11 septembre à Paris pour avoir escamoté les portraits d’Emmanuel Macron dans plusieurs mairies parisiennes.

Comme sa camarade Pauline Boyer. À l’issue de la conférence de presse, tous les tableaux sont remballés. Toujours pour éviter que les forces de l’ordre ne puissent s’en emparer.

Nous pouvons maintenant le révéler. Les vrais portraits n’ont jamais quitté le petit Bayonne. Quelque part dans une de ces maisons amies, les militants des ONG ont déposé les photos d’Emmanuel Macron.

Pour les récupérer plus tard, au nez et à la barbe de la police. Que restera-t-il de ce contre-sommet ? Certainement le sentiment d’une démesure policière.

D’un état de siège qui n’a pas dit son nom. Le pouvoir, faute de légitimité, n’a plus que la brutalité pour projet. C’est sa force.

Pour le moment.