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Conférence de presseLa France insoumise (sur YouTube)· 19 octobre 2023 89 minAutoproduitFond programmatiqueNumériqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleTravail & emploi

Les données, nouvel or noir du capitalisme ? | conférence AMFIS 2023

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 67 %Attaque 23 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi parler de 'nouvel or noir' pour les données ?

  • 14:00OuverteRéponse directe

    Quelle solution pour sortir du modèle marchand des données ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Les algorithmes sont-ils une rupture dans le capitalisme ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi techno-féodalisme est un terme pertinent ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    L'information est-elle une marchandise ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Les données ont-elles un impact écologique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:30Sophie RosaireChiffre
    « on estime au niveau des consommateurs européens que l'industrie de la donnée c'est 315 milliards d'euros »
  • 40:00Antonio CasilliChiffre
    « les mêmes clics qui en France est payé 70 centimes en Russie est payé 4 centimes en Indonésie est payé 0,001 centime »
  • 13:00Fait
    « il faut décider où ça s'arrête sinon nos existants sont vides de sens »
  • 21:00Fait
    « c'est une révolution Internet du même ordre que celle qui a été l'imprimerie »
  • 31:00Fait
    « pour produire de la data il vous faut des matières premières lesquelles hélas pas souci par l'eau »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

tant pis pour les retardataires je m'appelle Sophie Rosaire je travaille au Parlement européen pour la délégation France insoumise et en tant qu'a collaboratrice de groupe j'ai notamment dans mon très gros portefeuille les questions numériques non par choix personnel mais parce que c'est une question qui qui monte qui est pressante dans la société et dont la Commission européenne s'est saisie depuis quelques années avec tout un paquet de régulation sur lesquelles on pourra éventuellement revenir si c'est nécessaire là on va aujourd'hui vraiment se concentrer sur la matière première si vous voulez des de l'industrie du numérique à savoir les données dans le jargon parfois disent aussi certains disent aussi la data on va essayer de rester francophone et francophiles peut-être que dans ma petite introduction générale il y aura quelques reddits par rapport à la conférence précédente que j'animais sur l'hégémonie des gafam vous l'aurez compris les deux thèmes sont intrinsèquement lié donc vous m'excuserez pour ceux qui auront peut-être entendu deux fois la même chose aujourd'hui la différence étant que aujourd'hui dans cette salle nous sommes filmés n'oubliez pas de sourire je vais commencer par présenter nos deux invités faire un petit topo général et essayer de garder entre eux mais je crois qu'ils l'ont déjà démontré depuis 5 minutes à cette table leur envie d'échanger ensemble un peu au maximum en ping-pong et de garder un temps d'échange je serai maîtresse du temps de garder bien scrupuleusement au moins 30 minutes d'échange avec vous question-Réponses puisque nous avons aujourd'hui deux invités de marque Cédric Durand à ma gauche économiste professeur de l'Université de Genève titulaire de la chaire d'économie de l'Institut de la Bolé ici la dernière casquette que nous venons de lui ajouter pour notre plus grand plaisir vous pouvez retrouver toutes ces vidéos en ligne sur le site de l'Institut La Boétie où il a beaucoup parlé évidemment du sujet qui nous occupe aujourd'hui le capitalisme numérique ces recherches plus globalement portent sur la mondialisation la financearisation les mutations du capitalisme contemporain ces travaux plus récents portent sur la transformation du capitalisme en une sorte de techno féodalisme ou quelques très grandes sociétés se servent de leur monopole sur les datas sur les données pour contrôler l'activité sociale et prélever de la rente et donc évidemment petit point pub j'espère que son livre je sais pas si tu as tout le monde vérifié et au stand au stand librairie de la France insoumise là mais il a écrit un livre en 2020 techno fait de féodalisme critique de l'économie numérique j'irai vérifier tout de suite après et taper sur les doigts des militants s'il le faut il a fait il a été très prolifique sur cette sur ses amphis puisque je crois que c'est ta quatrième conférence ou en total en tout cas tu en fais 4 sur le capitalisme et non sur Oui sur Mars deux fois sur Mars deux fois sur Mars une fois sur les données et une autre fois sur la croissance tout à l'heure voilà mais peut-être que tu pourras nous faire un petit moment pub sur la sur la conférence de tout à l'heure en fin de en fin de conférence maintenant ensuite on a ils ont pas de Dress Code Noir j'avais pas donné de dress code c'est un hasard total on a Antonio casili professeur de sociologie à l'Institut polytechnique de Paris chercheur au Centre Internet et société du scnrs ces recherches portent surtout sur les usages numériques le travail les droits fondamentaux il a mené plusieurs terrains d'enquête internationaux en Asie en Afrique en Amérique latine il est co-fondateur également du groupe de recherche diplab digitaux platformable et du réseau indi.l international s'est raté pour ma volonté de francophones dont le prochain coloc aura lieu bientôt à Berlin du 9 au 11 octobre de cette année il a publié aussi un livre qui s'appelle en attendant les robots aux éditions du Seuil l'auteur de plusieurs publiés scientifiques en français et en anglais et en italien vous entendrez d'ailleurs un délicieux accent très léger son dernier livre en attendant les robots a été traduit en silence il a été notamment ce qui a fourni la base d'une série docu sur France Télévisions invisible et travailleurs du CLIC et je pense que c'est un sujet qui va beaucoup nous intéresser très en lien avec les sujets de précarisation avant qu'on que je vous donne la parole peut-être dresser un petit tableau aussi court que possible sur ce qu'on appelle la data donc les qui sont à la fois des données personnelles et non personnelles dans les données non personnelles vous avez toutes les données industrielles qui vont servir à augmenter l'innovation l'efficience des industries et les données personnelles qui elles sont concrètement vos clics tous les jours sur Facebook pour simplifier qui vont être le principal la principale nourriture la principale matière première de ces cafés et de ses acteurs de le monde numérique qui vont ensuite revendre par exemple à d'autres à d'autres acteurs tierces notamment dans un exemple récent qui a fait polémique dans le cas de Cambridge Analytica ou beaucoup de vos données ce que vous aimez ce que vous n'avez pas ce qui vous met en colère a été revendu à une boîte spécialisée en référendum et sondage en ligne dans le cadre de préparation de campagne électorale voilà un exemple concret mais évidemment il y a aussi quelle est la couleur d'Europe que vous préférez ou des choses beaucoup plus prosaïques quand on parle du secteur numérique il faut aussi avoir en tête que c'est un secteur qui est monopolisé par uniquement quelques acteurs on parle de gafam gafam pourquoi parce que c'est simplement l'acronyme des premières lettres de chacune de ces entreprises mondialement présente donc on a Google Apple Facebook avec meta Amazon Microsoft on est tous on a tous on utilise tous au moins si ce n'est tous certains de leurs outils le trait commun entre ces gafams c'est qu'elles sont pour la plupart extrêmement jeune elles ont moins de 20 ans comme entreprise un autre moins commun c'est qu'elles ont une capitalisation à plus de 1000 milliards de dollars moi les chiffres ça me dit jamais grand chose j'ai toujours besoin de comparaison mais pour vous donner une échelle de grandeur ça veut dire que ça correspond à regrouper la valeur des 10 premières entreprises du CAC 40 ou le PIB d'un pays comme les Pays-Bas qui est une 17e puissance mondiale donc vous avez aujourd'hui des acteurs des gafam qui ont une puissance de frappe équivalente à celle d'un état elles ont un terrain de jeu par définition mondiale quand on parle du numérique ce qui leur permet aussi de faire beaucoup d'optimisation voir aller se cacher dans des paradis fiscaux et donc éviter une imposition et une redistribution elles ont aussi marqué par une gratuité apparente apparente pourquoi parce que dans le monde capitaliste rien n'est gratuit donc si c'est gratuit c'est que le produit c'est vous et en l'occurrence c'est donc vos données vos LIKES vos préférences les données elles servent à faire de la pub elles sont revendues pour faire de la pub mais pas seulement vos données aussi elles sont utilisées votre ce travail en ligne que vous fournissez gratuitement une certaine façon elles vont aussi venir alimenter des algorithmes des intelligences artificielles on pourra peut-être revenir sur pourquoi elles sont pas très intelligentes c'est intelligentes intelligence artificielle mais pour l'instant on va en rester là quand par exemple vous avez ce qu'on appelle des CAPTCHA donc quand l'ordinateur vous demande quand vous êtes sur un site est-ce que de prouver que vous n'êtes pas un robot et qu'elle vous dit reconnaissez là-dedans les passages piétons moi ça en fait plus que l'intérêt de prouver que vous êtes bien un être humain l'intérêt premier de faire ça c'est plutôt de nourrir une intelligence artificielle à qui vous allez à elle apprendre à reconnaître dans des contextes extrêmement variés ce que c'est qu'un passage béton ou un feu tricolore ou peu importe pourquoi l'industrie c'est industrie est basée autour de la donnée c'est un élément très important que la donnée parce qu'aujourd'hui c'est ça leur rente c'est ça qui leur fournit le plus d'argent on estime au niveau des consommateurs européens que l'industrie de la donnée c'est 315 milliards d'euros c'est à dire en comparaison de budgets de l'État français donc c'est la poule aux aideurs c'est ça qu'il faut voir c'est la poule aux oeufs d'or d'aujourd'hui et de demain parce que c'est monopole qu'on les gafam ils ne sont pas uniquement dans le secteur du numérique demain ils vont se développer et ils sont déjà en train de le faire dans une multitude de sphères la santé donc là vous voyez bien que l'importance de vous donner personnelles qu'on va ensuite donner au secteur de la santé c'est extrêmement menaçant potentiellement pourquoi parce que on voit via Google que vous avez acheté un paquet de cigarettes et ces données demain vont être en revendus à un acteur tierce une assurance de santé et s'il y a pas de cas de régulation pour empêcher ce type de transfert de données le monde de demain ce sera votre assurance qui va vous surtaxer parce que vous êtes un fumeur de de cigarettes ou que sur votre application santé de l'iPhone on a vu que vous avez pas vu vos 10000 pas par jour sur les 10 dernières années je caricature un peu mais franchement pas tant que ça c'est bien ce que ce à quoi on nous prépare ce monopole s'étend avec des acteurs industriels du numérique qui vont sur des terrains de jeux des états par définition avec par exemple Facebook qui développe sa propre monnaie la Libra avec des acteurs du numérique qui se qui rendent dans le monde industriel aussi avec le développement de l'Internet des Objets donc tout le développement de l'Internet des Objets c'est pour prendre un exemple votre frigo connecté qui va vous biper pour vous dire que vous avez plus de l'aide dans vos frigos et en même temps bah vendre l'information sur le type de bouteille de lait que vous achetez à Nestlé par exemple voilà tout ce qui tourne autour de la donnée je m'arrête là parce que j'ai déjà été très très longue il y a évidemment pas que les gafams qui sont eux américains mais vous avez aussi des acteurs chinois très puissants comme Alibaba baby on les appelle béatx maintenant pour reprendre ce néologisme de la construction de l'acronyme gafam qui tout autant des intérêts carnassiers sur le marché intérieur et c'est 500 millions de consommateurs européens il y a face à ça une Europe qui est très très à la bourre on va dire voir très très naïf si on veut être un peu plus méchant avec une début de régulation du secteur du numérique notamment avec l'acte européen sur les services numériques mais il y a rien pour l'instant à proprement parler sur les données si ce n'est une un concept une idée de gouvernance de données mais il n'y a absolument pas c'est un impensé c'est-à-dire que c'est jugé en tout cas c'est pas un impensé mais c'est jugé comme une marchandise comme une autre et c'est là où je pense que le débat avec nos intervenants peut être absolument passionnant dans l'idée ce que je vous propose mais je sais qu'ils vont déborder qui vont spontanément parler et que je n'aurais pas besoin de revenir six fois sur mon axe de travail mais ce qu'on avait discuté c'était dans un premier temps parler un petit peu des mythes qui circulent autour de l'intelligence artificielle et des données expliquer comment ces intelligences artificielles fonctionnent ça je pensais que ça pouvait être éventuellement un tenu quasi lit ensuite parler de la façon dont le dans le capitalisme se structure autour de ces données la domination des gafam dont on a déjà un peu parlé mais aussi ce grand thème de Cédric sur les rentiers de l'intangible dont tu as parlé institut La Boétie mais tout le monde ici n'a peut-être pas écouté et donc finalement cette privatisation des savoirs à outrance je pense que c'est extrêmement essentiel que tout le monde reparte avec quelques billes là dessus dans un troisième temps tout ce qui est précarisation exploitation du travail travailleurs du clic je pense que Antonio aura également beaucoup de nous allons raconter là-dessus et quatrième et dernière partie avant de vous passer la parole ben finalement les alternatives c'est à dire comment on peut rompre cette hégémonie des gafams comment on peut comment on peut imaginer des algorithmes qui soient pas aussi pernicieux avec qui soit au service finalement d'intérêt collectifs et d'une société plus juste comme on l'a vu nous on en a un tout petit peu parlé à la conférence précédente mais je crois que ce sera intéressant aussi là d'avoir l'approche de Cédric par rapport à d'autres acteurs du numérique qui sont plus sur des approches décentralisées j'espère que toi tu seras peut-être une approche un peu plus jacobine on va voir voilà donc j'ai déjà beaucoup parlé je vais passer la parole à Antonio casilli sans plus tarder merci Sophie pour cette introduction donc voilà je commence avec mon délicieux accent italien donc mon rôle c'est un peu de introduire le sujet d'aujourd'hui un prénom comme point de départ la définition même d'intelligence artificielle pour être certain que tout est tout soyons sur le même niveau de compréhension mon approche qui est celui de un ancien économiste devenu sociologue mais qui travaille avec les ingénieurs donc la conclusion la plus totale et que si l'on veut l'intelligence artificielle aujourd'hui décrit pratiquement n'importe quel logiciel qu'on utilise pourvu que ce logiciel que vous-même vous utilisez apprennent au fur et à mesure qu'on s'en servent voilà si je vous dis que sous ce calepin j'ai une au moins une intelligence artificielle c'est pas impossible parce que chacun d'entre nous a des intelligences artificielles dans sa poche ça c'est un smartphone d'une marque célèbre qui a sa propre intelligence artificielle qui s'appelle Syrie pour les moins friqués il y a Cortana mais donc Siri est une intelligence artificielle qui fait un truc spécial c'est à dire qui gère à partir de la voie de son utilisateur des requêtes je peux demander à Siri de m'indiquer la manière la plus simple pour aller à mon hôtel par exemple la donnée d'entrée c'est ma voix donc quand on parle de données en réalité on parle de énormément de sources d'informations ça peut être la voie humaine ça peut être des textes rédigés ça peut être des enregistrements vidéo et de manière assez froide et calculatrice justement des chiffres et des lettres pour nous en tant qu'être humain en tant que langage naturel nous dit strictement rien mais qui ont une signification pour l'intelligence artificielle qu'est-ce qu'elle fait cette intelligence artificielle elle recherche grosso modo à me faire plaisir je n'exagère pas une intelligence artificielle est calée sur son utilisateur elle doit chercher à les économistes d'antan aurait dit maximiser la fonction d'utilité de son utilisateur donc je dois être convaincu que Siri est vraiment utile donc d'abord qu'elle comprenne ce que je dis qu'elle comprenne par exemple en commençant par le truc le plus difficile mon accent c'est pas tout le monde papa tout le monde parle français de cette manière là Siri a dû apprendre à comprendre comment je prononce des choses ou alors par exemple si je me sers de Siri de mon lieu de travail et imaginons je travaille dans un endroit très bruyant par exemple dans un commerce ou n'importe quel endroit Siri doit arriver à détecter et reconnaître ma voix à partir d'un bruit de fond qui parfois peut être terre très important donc Siri doit être capable de départager la voix la donner du bruit ambiant OK et après à partir de ça et bah Siri va retranscrire ce que j'ai demandé donc il y a effectivement quelque part en texte rédigé de ce que j'ai dit à Siri et après il va chercher à faire quelque chose avec ce petit texte cette information OK et donc normalement il va dire bon il y a un texte qui dit cherche le trajet le plus simple entre ici et l'hôtel tel et donc il va calculer grâce à un GPS et à d'autres applications cette distance ça c'est un exemple parmi d'autres d'autres exemples qui sont très à la mode aujourd'hui 2023 - doute c'est chagipiti donc tout le monde a entendu parler et je pense tout le monde sait grosso modo Serbie parfois sans le savoir Tchad jipiti est en bas la même principe sauf que vous saisissez des des données qui sont sous forme de mots rédigé vous tapotez sur un clavier vous posez une question ou vous exprimez vos exprimer une requête vis-à-vis de tchat jibiti tchat va chercher à vous faire plaisir va chercher à dire la même chose la chose qui qui va vous intéresser alors j'insiste sur le côté faire plaisir à l'usager parce qu'il y a un côté flatterie il y a un côté aussi hypocrisie de ces intelligences artificielles les intelligences artificielle c'est pas calibré pour produire de la vérité ou pour produire une information fiable doivent produire une information qui est utile pour la personne qui s'insère c'est un billet important parce que parfois ça peut entraîner des dérives qui vont dans le sens de justement maximiser ce qui est utile pour moi mais qui suis-je je suis un individu dans une société et parfois mes intérêts peuvent être complètement à l'opposé aux antipodes le par rapport par exemple au bien commun ça c'est un point de départ deuxième élément que ces intelligences artificielles ne marchent pas de manière autonome malgré le fait qu'on insiste à les appeler de l'automation ou des solutions automatiques en réalité il y a beaucoup et quand je dis beaucoup vous allez être surpris de savoir combien de travail humain derrière une intelligence artificielle la soi-disant automatique et ça c'est ils ont le point de départ la chose que je vais poser comme un espèce de axiome de tout ce que on va dire par la suite l'intelligence artificielle et l'automation sont en réalité du travail humain en visibilisé et quand je dis travail humain invisibilisé je ne suis pas en train de vous ressortir en vieille argument marxiste en réalité martien parce que c'était mars même qui parlait des machines comme du travail mort non c'est pas du travail mort c'est du travail vivant c'est des êtres humains vivants aujourd'hui sauf que ils sont pas là souvent ils sont pas là dans cette salle parfois ils sont pas là dans cette région et parfois ils sont même pas là dans le même pays parce qu'ils sont dans d'autres pays qui sont en train de faire fonctionner tout ce que vous avez dans votre smartphone sur vos laptop ou même les bornes que vous rencontrez à droite et à gauche je vous donne quelques exemples et après je m'arrête pour passer à d'autres choses et aussi pour commencer à déconstruire ce mythe de l'intelligence artificielle je vous donne quelques exemples qui sont tirés de mon expérience mon activité alors officiellement sur le papier je suis un prof de dans une grande école en réalité j'aime dire que mon métier c'est faire le tour du monde avec mes amis et de me battre contre les méchants et quand je dis ça grosso modo c'est avec mon équipe de recherche je circule dans le pays à l'autre de dans plusieurs continents et je vais passer du temps avec ceux qu'on appelle les travailleurs du clic et je trouve ces travailleurs du clics qui sont en réalité les les ouvriers des intelligences artificielle j'en trouve dans des pays qui sont parfois surprenants parce que c'est pas dans la Silicon Valley ou c'est pas à changer en Chine mais ça des endroits ça commence à Bangalore en Inde ça continue à Caracas au Venezuela Antananarive à Madagascar et à d'autres endroits des endroits qui ne sont pas forcément associés à au développement technologique et à l'innovation numérique c'est des endroits dans lequel certes il y a des petites entreprises qui sont cruciales pour construire des intelligences artificielles et pour les faire fonctionner mais ces entreprises ne sont pas des entreprises de ingénieurs et sublimes du code en réalité c'est des entreprises dans lesquelles des personnes payées très peu et je vais dire ensuite à quel point c'est très peu sont engagés et même pas employé c'est pas des salariés dans la plupart des cas pour travailler chaque jour pour la production de données pour l'entraînement des intelligences artificielles et parfois et ça c'est le dernier chose que je vais dire aussi pour la simulation de l'intelligence artificielle je vous donne deux exemples le premier exemple c'est un exemple tiré de mon terrain d'enquête en Égypte en 2020 en 2020 en Egypte au Caire dans un petit quartier éduqué j'ai rencontré des personnes qui avaient une usine applique et donc qui produisait des datas parfois c'était des Data pour des plateformes commerciales donc servez par exemple pour laisser des messages sur Tripadvisor ou Amazon c'est pas vraiment pour ces plateformes là parce que je sais que on nous regarde et homophile et parfois c'était des personnes qui à longueur de journée regardez des vidéos de caméras de reconnaissance faciale chinoise pour une entreprise chinoise qui est l'une de ces géants chinois qui s'appellent qui est voilà donc une énorme un énorme conglomérat et ces gens là parfois devaient reconnaître des visages d'être humain pour faire l'intelligence artificielle et la surveillance avec reconnaissance faciale alors dans certains cas dans la plupart de ces cas-là il s'agissait de personnes qui entraînaient les intelligences artificielles c'est à dire qui donnaient des qui apprenaient aux intelligences artificielles à reconnaître les visages humains voilà dans d'autres cas il s'agit de personnes qui ceux qui remplace les intelligences artificielles qui se substituent à l'intelligence artificielle un autre cas ça c'est par contre à Tananarive il y en a plusieurs mais par exemple j'ai passé une petite semaine dans un garage dans une c'est pas un garage Jean Silicon Valley dans lequel il y avait des gens qui qui a inventé leur start-up du futur c'est un garage dans lequel il y avait 40 gars le jour la nuit qui a entendu réel regardez des caméras de surveillance intelligente déployées dans des grandes surfaces françaises ces caméras de surveillance intelligente sur le papier permettent par exemple de détecter si quelqu'un est en train de voler du chocolat par exemple savent s'il s'agit du chocolat ou de quelqu'un qui remet dans sa poche son propre smartphone et un bois s'il détecte un vol en message automatique au caissier ou aux vigiles sauf que ce message automatique était fait par un gars amalgache qui écrivait écoute à tel endroit dans ton supermarché il y a quelqu'un qui est en train de voler du chocolat et ça fait cinq ans que il continue de faire ça il s'agit pas d'entraînement parce que il y a rien entraîné il y a pas d'algorithme dans ce contexte c'est l'algorithme ou plutôt l'intelligence artificielle n'est que une interface qui connecte des caméras qui ne sont pas si intelligentes que ça avec des gens à Madagascar qui eux sont l'intelligence et par contre ils sont pas si artificiels que ça c'est des personnes avec lesquelles on a échangé on a passé du temps avec eux on sait où ils vivent combien il gagne qu'est-ce qu'ils mangent au repas et des tas de choses qui parfois ont très à leurs conditions de travail par exemple il y a plus de 100 personnes dans cette il y avait pas seulement le garage il y avait aussi le grenier de tous les autres toutes les autres pièces de cette maison qui avaient été transformée en usine à clique et il y avait 120 personnes qui travaillaient là chaque jour et une seule toilette et il y avait pas de de poubelle donc chaque jour il fallait que quelqu'un se charge de prendre toutes les poubelles de les brûler à l'extérieur de la maison donc c'était pour vous dire que c'est pas le disons l'imaginaire luisant de la Silicon Valley mais c'est quelque chose de beaucoup plus terre à terre et de beaucoup plus rayé lié à des conditions de travail souvent très claires voilà merci Antonio [Applaudissements] qu'on a compris avec Antonio que l'intelligence artificielle était bête finalement et que derrière cette cette petite ironie c'est la réalité d'une main d'oeuvre totalement exploitée à l'autre bout de du globe et à l'autre bout de la Silicon Valley et de ses start-up qui ont l'air toute propre et innovantes il y a quelque chose de très crasseux en termes de précarisation des travailleurs peut-être voir maintenant peut-être l'autre côté de il y a les exploits les exploiter et les exploiteurs David tu veux un peu te lancer sur les exploits je vais faire ça je vais faire ça et partir effectivement de l'autre côté de l'annonce Silicon Valley c'est-à-dire la Silicon Valley parce que le ma génération on a vraiment grandi avec ce mythe très positif du numérique dans les années 90 c'est vraiment quelque chose qui était écrasant que allait arriver un nouvel âge et avec des versions de droite de gauche mais avec quand même un sentiment d'optimisme autour de de l'idée que ces technologies là les permettent de fluidifier beaucoup les relations sociales de réduire les inégalités certains l'affirmer de réduire par exemple la frontière entre ville et campagne bon etc et en particulier parmi le Maine stream avec l'idée que ça serait l'occasion d'une cure de jouvence du capitalisme il disait attention le capitalisme aujourd'hui est pris par des grandes corporations l'URSS s'effondrer vous voyez bien que les grandes bureaucraties ça marche pas et bien ça va être la même chose pour IBM pour les grandes entreprises elles vont être remplacées par des startups qui c'est vraiment formidable start-up réalisent deux choses une d'abord quelque chose qui est extrêmement fluide et quelque chose qui est extrêmement créatif donc ça permet de l'enthousiasme celles et ceux qui type et puis en plus et à la promesse certains mais la promesse d'une fortune possible donc un espèce d'horizon extrêmement excitant et d'ailleurs Macron s'il a parlé de startup nation alors c'est c'est un livre qui existe pareil qui fait référence au secteur de la tech en Israël et de son lien avec avec l'innovation aux États-Unis mais ce qu'il avait derrière c'était pas ça ce qui voulait activer c'était pas ça c'était l'idée que grâce à ces politiques cette dynamique d'enrichissement possible extraordinaire et de créativité au travail aller pouvoir être réunis donc finalement le meilleur du capitalisme ma capitalisme de petit entrepreneur extrêmement fluide ou bon et ça un peu existé je vais vous donner un exemple ma cousine elle fait des savons avec du lait de cheval et c'est pas vraiment une grande industrielle quoi elle a monté ça sa petite fabrique et puis ça a très bien marché pendant une quinzaine d'années et ça c'était pas possible d'avoir internet pourquoi parce que grâce à internet ben des petits marchés comme ça on peut exister des petits producteurs individuels ont pu trouver un marché plus vaste qui qui dépassait leur environnement onnement local ça c'est limite très rapidement les innovations ensuite sont récupérées ça devient pas très longtemps mais ça peut exister mais c'est vraiment pas ça qui a existé de manière massive la grande révélation des 15 dernières années c'est finalement se rendre compte que les sympathiques start-up ce sont transformés en féroce ménopause monopole un féroce monopole qui contrôle non seulement des quantités de richesse de plus en plus considérables mais également des aspects absolument décisifs de nos vies personnelles extrêmement dans les niveaux les plus intimes quotidiens etc et aussi qui ont un rôle politique non négligeable on est passé finalement du mythe de la start-up et du capitalisme d'entrepreneur à une forme de monopolisation intellectuelle extrêmement forte et alors ma réflexion elle est autour de ça moi je suis pas vraiment un spécialiste du numérique je travaille plutôt sur les questions économiques mais j'ai essayé de me poser la question suivante qu'est-ce qui se passe autour de cette monopolisation intellectuelle est-ce que du point de vue de l'organisation du capitalisme à part quelque chose de nouveau qui est en train de se stabiliser qui remet en cause par rapport habituel du capitalisme alors je vais et c'est ça la thèse de technologie il y a un avenir post capitaliste qui est possible mais c'est un cauchemar hein bon il y en a peut-être un autre qui est positif mais il y en a un cauchemardesque qui existe aussi et voilà un peu à quoi il ressemble alors la teste du livre c'est d'expliquer les mécanismes c'est pas de faire un pronostic hein c'est de dire ça ça peut se passer comme ça et les tendances dans l'histoire et ben heureusement l'histoire elle est vivante qui a des contre-tendances et pour vous donner un exemple qui a été cité déjà tout à l'heure c'est l'exemple de l'IRA de facebook là Facebook au moment où ils ont proposé de créer une monnaie qui était une monnaie privée extraordinaire avec plus d'un milliard d'utilisateurs donc ça aurait été une puissance ex absolument à fabuleuse et bien là les régulateurs ils ont dit non c'est pas possible là vous touchez au cœur de la puissance de l'État et donc du coup ça n'aura pas lieu donc là on voit un moment où ces grandes Firmont avec leur potentiel politique extrêmement forte était en mesure vu l'information qu'elle connaisse la coordination qu'elles sont en train de réaliser l'organisation du débat public toutes ces choses là qui sont faites des fonctions éminemment politique elles étaient sur le point de les transformer en quelques en un pouvoir monétaire et là la puissance publique donc voilà des tendances mais qui peuvent être arrêtés il y a pas de fatalité alors peut-être pour rentrer un petit peu plus maintenant dans la mécanique de cette affaire là je suis à peu près la moitié de mon temps ok le mécanismes de cette monopolisation intellectuelle en fait j'ai un peu navigué d'abord je suis parti alors j'avais toujours un œil sur les travaux d'Anthony je me dis à la la mais quand même plein de gens qui travaillent derrière donc il y a toutes ces dimensions très tangibles et c'est pas du tout connaître il y a du travail les travailleurs du CLIC et le travail que chacun est chacune d'entre nous fait pour nourrir ça mais comment je fais pour pour interpréter ça avec cette logique de de monopolisation intellectuelle en fait l'idée que que autour de laquelle ça s'articule c'est une espèce de double logique économique qui pousse à la centralisation et je pense que c'est ça qu'on n'a pas tout à fait persuadé au début il y a une première logique qui est une logique industrielle en fait c'est une radicalisation de la logique industrielle ce qui semble abondant c'est à dire le fait qu'on puisse reproduire infiniment l'information et la diffuser immédiatement une source immense et bien ça comme conséquence que ceux qui sont pas de produire cette information décisive et bien ils vont avoir la capacité de valoriser cette information à une échelle immense alors c'est pourquoi la Silicon Valley implique un océan de non Silicon Valley on se bat pour installer sa start-up dans la Silicon Valley pourquoi pour avoir les meilleures idées parce que si on a la meilleure idée même si un tout petit peu meilleur que celle du voisin et bien on va pouvoir avoir des revues gigantesques parce que il y a ces économies d'échelle extraordinaires donc première logique c'est vraiment la logique que avec l'information il y a une forme d'abondance mais l'abondance ça veut pas dire la gratuité ça veut dire en l'occurrence la capacité à toucher beaucoup plus de monde et donc en tirer les revenus ça c'est la première logique mais il y a une autre logique qu'on avait peut-être moins vu c'est que l'information est aussi extrêmement rare c'est justement les clics qui sont faits ça coûte cher il y a une forme de rareté absolue finalement avoir des données nouvelles des données intéressantes c'est très difficile et donc faut avoir accès à vos téléphones il faut mettre des capteurs quelque part et les premiers qui sont arrivés quelque part ils ont le flux de donner donc il les capte comme un terrain nouveau qui est leur terrain de donner et après ils peuvent l'exploiter à une échelle infinie vous combinez les deux le pire de la et le plus puissant de la logique industrielle et vous avez des monopoles d'une puissance absolument extraordinaire c'est ce qu'on a vu ces dernières décennies c'est ce qu'on appelle race to Sky c'est à dire plus on monte en échelle plus on a des services qui sont bons plus on a donné plus on va plus loin et voilà donc c'est cette logique là extrêmement extrêmement puissante donc elle semble centrée autour de l'information mais aussi ce qu'on a découvert et notamment avec une collègue avec laquelle je travaille beaucoup Cécilia ricap c'est l'idée que cette information elle est pas c'est pas que de l'intangible c'est pas il y a du travail mais c'est pas que de l'intangible dans le sens où il y a aussi beaucoup de tangible il y a aussi beaucoup de matériel et c'est quoi ce matériel et bien ça va être des Data Center bien sûr ça va être des câbles maintenant les câbles sous-marins ils étaient auparavant construits par des consortium dominés par les entreprises publiques maintenant c'est essentiellement des grandes entreprises privées qui construisent des cadres dans lesquelles circulent les données ça va être des circuits ça va être des dispositifs satellitaires ben musk c'est c'est c'est satellites sont un exemple de ça donc toutes ces sources matérielles de données sont extrêmement importantes et se branchent si vous voulez sur la logique de l'information que j'ai évoqué précédemment le tangible et l'intangible sont liés dans le contrôle de l'information alors peut-être dernière idée si il me reste un tout petit peu de temps c'est en quoi ça change la nature du capitalisme est-ce que là il y a une contradiction pas alors là on est plus sur le spéculatif et voilà ce que j'essaie de faire c'est de provoquer à la réflexion c'est des hypothèses que je mets en débat c'est pas bon mais l'idée c'est que cette logique extrême de centralisation et cette logique de cette importance de capturer l'information et de la contrôler d'être capable de la traiter de la contrôler pousse à une logique d'investissement qui est très particulière le capital investit pas pour produire plus efficacement comme ce qui est la logique du capitalisme traditionnel vous faites des automobiles vous faites des frigos vous faites bon et bien vous cherchez à faire des produits qui vont être nouveaux plus performants c'est à les produire de manière plus efficace moins cher bon il y a cette logique productive là là c'est très différent qu'est-ce que vous cherchez à faire vous cherchez à investir pour contrôler les sources d'information donc vous essayez de conquérir si vous voulez c'est pour ça que cette logique féodale c'est comme un fief l'idée c'est d'étendre le territoire sur lequel on peut contrôler cette information et une partie des chercheurs travaillant sur ces données ont une hypothèse de convergence des géants du numérique c'est SNIR sec qui parle de ça et c'est assez intéressant parce que vous voyez que les grands du numérique ils partent à priori de domaine différents Amazon c'était plutôt un magasin général en ligne Apple c'est des c'est des produits informatiques sophistiqué mais des objets plutôt Facebook c'est un réseau social Google un moteur de recherche c'est pas la même chose et pourtant il convergent tous vers un certain nombre de services génériques informationnels qui vont être en particulier des services de ce qu'on appelle de Cloud donc de de processus de Data en ligne de stockage de données également un de ce qu'on appelle l'intelligence artificielle mais c'est ses services en ligne très sophistiqués logiciel et ça finalement il converge tous dans cette direction là alors plus ou moins d'avance mais les principaux joueurs c'est quand même Google Amazon Apple dans une moindre mesure etc alors je vais peut-être m'arrêter là mais l'idée que finalement dans ce nouveau capitaliste ce qui compte c'est une logique plus que de production et logique de contrôle et une logique de prédation donc ça donne aussi une forme de logique de stagnation parce que finalement les investissements ils sont faits pour étendre ce contrôle et avec certes une puissance de coordination qui accroît c'est vrai que chaque Gyptis ça permet de faire des choses et ça il se passe quelque chose de nouveau mais par rapport à une logique de production qui était précédé une forme de ça tourne un peu en rond quoi et les économistes disent finalement ce qui ce qui est l'innovation elle apporte des choses mais par rapport aux caractères absolument radical des transformations qui ont lieu avec le capitalisme industriel c'est pas grand chose si vous voulez installer à tous les étages de l'eau potable ou avoir des nouvelles applications ben ça change beaucoup moins la vie et donc il y a une espèce de gradation on est sur de l'innovation qui est très spectaculaire dans une façon mais qui en même temps très un peu dérisoire si vous voulez voilà [Applaudissements] tu disais donc ces entreprises c'est la race to scale donc c'est plus ils sont bons plus grossissent en gros c'est l'idée plus ils ont accès à des services plus ça leur permet de devenir de bons services mais ça c'est fait sur le dos de ou en tout cas grâce à nous nous en tant qu'utilisateur nous en tant que force salarié que force précariser donc j'aimerais bien peut-être que Antonio tu puisses revenir sur à la fois le côté travail gratuit que nous utilisateurs leur fournissons finalement qui est quand même un impensé ou enfin ou en tout cas c'est peut-être l'ultime stade duquel hospitalisme de trouver carrément un moyen de ne pas rémunérer un travail effectué et dans le sens malheureusement des formes d'exploitation plus traditionnelles et tu en as parlé mais peut-être revenir en donnant plus d'exemples sur la rémunération au lance-pierre la façon comme tu l'as dit chez les Malgaches très concrètes où ils sont remarqué entre guillemets à 35 derrière des ordinateurs sous 40 degrés heureusement heureusement il y a c'était un bon moment de l'année bon non c'est disons que le point de départ peut-être à nouveau parce que encore une fois c'est à la mode et parce que c'est une belle manière de vous montrer que il y a un effet beaucoup de travail humain invisibilisé comme je vous disais au début et mal payé mais que il y a aussi une masse énorme de travail humain non rémunéré du tout et que ceci est le cas pour toute solution numérique je reprenons le chat Jupiter Tchad pitty est si vous vous connectez tout simplement une interface vous saisissez une requête et chat djibiti répond ok encore une fois rien de plus automatique à la surface de cela quelques mois après le lancement de chat Jupiter je vous rappelle que tchadji pitty a été lancé en novembre 2022 en janvier 2023 un journaliste du Time qui est un magazine américain à lancer une grande enquête où il a découvert que en réalité Tchad jipiti avait été produit à partir des données de santé de microtravailleurs ou travailleur du CLIC est basé au Kenya il n'y a rien de scandaleux bien sûr si on imagine que chat Titi n'est que de l'automation et des algorithmes et tout au plus que c'est le fruit du travail de de sublime du code dans de grands développeurs grands grands data scientist on se trompe par contre tchadjipiti même dans le dans le dans l'acronyme gipiti le P veut dire pré-entraîner ça veut dire que c'est un logiciel qui a été entraîner à reconnaître le langage humain et à répondre au l'engagement et donc qu'il a entraîné et pas des centaines de personnes au Kenya c'est centaines de personnes étaient payées et encore une fois c'est des conditions de travail qui ne sont pas les pires qu'on a rencontré entre 1 dollars 34 et 2 dollars de l'heure le Kenya c'est cher je peux vous assurer c'est pas un droit dans lequel on voit surtout dans les grandes villes dans la capitale mais c'est pas un endroit dans lequel avec deux en dollars 34 dollars on sentir bien c'est pas des personnes qui ont une bonne rémunération c'est le point de départ ensuite c'est à dire suite à cette révélation du magazine Time on a découvert là c'est plutôt la communauté scientifique qui s'était forcé de aller chercher en suivant certaines traces d'autres personnes qui ont travaillé pour produire chaque gipiti et qui continue de travailler parce que ça s'arrête pas je vous assurer l'entraînement continue tout le temps comme pour les athlètes et il faut continuer à s'entraîner donc on a découvert des personnes dans d'autres pays vous allez découvrir qu'il y a une certaine un point commun voilà c'était les Philippines la Turquie l'Afrique du Sud et je me souviens je pense que c'était de la Colombie en Amérique du Sud donc quel est le point commun s'il s'agit de pays du Sud donc dans le contexte de la répartition globale de ce travail effectivement le côté Silicon Valley le côté des rentiers se situe plutôt dans les pays de la minorité du monde donc chez nous en France il y en a ouais il y a des flux qui converger vers les États-Unis le Canada mais aussi certains pays dit émergents comme la Chine et l'Inde en particulier et après si on va chercher les personnes qui sont micropayées et mal payées qui produisent des données qui sont les travailleurs du CLIC et ben on les rencontre dans des pays qui sont des pays à faible revenu donc des pays dans lesquels le coût doit vivre est moins cher mais dans lesquelles aussi les rémunérations sont moins importantes et souvent le marché du travail est basé sur une information très répandue informatique veut dire que c'est des personnes sont pas liées à ces plateformes par où ces entreprises par des contrats de emploi c'est pas un emploi formel comme le définit l'Office International du Travail ou la loi française c'est des personnes qui sont payées au lance-pierre dans la meilleure des hypothèses qui ont des contrats attendent déterminés ou de contrats de freelancing ça c'est ceux qui sont en tirent mieux et dans la pire des hypothèses et des personnes qui doivent se connecter pardon en tant que utilisateur à des plateformes spécialisées et qui gagnent quelques centimes voire moins par clic alors ces quelques plateformes alors il y en a une qui est désormais très célèbre s'appelle Amazon mécanical turque qui a déjà entendu parler d'Amazon mécanica turque évidemment quelques-unes ok bon alors pour les autres Amazon mécanique est une plateforme dans laquelle si je suis une entreprise je veux automatiser un que sais-je un processus de lecture automatique des gribouillis de mes de mes salariés je peux non pas créer à partir de zéro en algorithme de reconnaissance textuelle mais je peux aller sur Amazon mécanical turc et recruter 500 000 personnes qui lisent chacun un mot à partir des scans c'est un exemple parmi d'autres ou s'il doit renaître la voix humaine des personnes j'embauche ou plutôt je recrute 500 000 personnes et chacun écoute un mot prononcé par des personnes et retranscrit un mot quel est l'intérêt quel est l'intérêt que ces personnes là vous avez pas besoin de les salariés et vous avez pas besoin de payer les cotisations vous les payez quelques centimes par tâche ça s'appelle des micro tâches c'est pour ça qu'on les appelle aussi les microtravailleurs ou des travailleurs du CLIC et dans la meilleure des hypothèses c'est quelque chose qui vous sert pour entraîner vos intelligences artificielle ça la pire des hypothèses c'est quelque chose qui simule une intelligence artificielle c'est grosso modo la même chose et ça c'est des personnes qui sont payées c'est vraiment le le bal la pyramide ces personnes qui sont vraiment payées très très peu et plus vous vous éloignez des centres du pouvoir de la Silicon Valley et compagnie en réalité plus vous allez vers le sud vers le est moins ces personnes sont payées les mêmes clics qui en France est payé 70 centimes en Russie est payé 4 centimes en Indonésie est payé 0,001 centime donc la question qui me permet de passer aussi au travail gratuit et c'est une question un peu taquine mais quelle est la différence entre quelqu'un qui est payé 0,001 centimes et quelqu'un comme vous et moi qui à chaque fois qui produit un clic ou qui produit une donnée et payer 0,00 la différence et en effet minime mais la différence est que notre propre perception n'est pas celle d'être du même côté des exploités de cette intelligence artificielle ou de cette économie du numérique mais nous on se considère au contraire les bienheureux ceux qui profitent de cette aubaine service et de gratuité de solutions informatiques ces solutions inter-informatique en réalité sont beaucoup moins gratuites ce que ce qu'elle déclare parce que il y a une manière à nous de payer par une contribution qui est parfois qui n'est pas monétisée en réalité avec le temps elle devient de plus en plus monétisée si vous regardez les réseaux qui se présentaient comme des réseaux gratuits YouTube TikTok Twitter sont devenus en enfer de gens qui vous demandent de payer sur Patrick de vous abonner de payer une cotisation chaque mois et ainsi de suite donc il y a un réalité une un mythe de la gratuité pour nous qui êtes une manière pour nous pousser à contribuer à cette même activité de entraînement de l'intelligence artificielle parce que et là je reviens je termine à l'exemple de chat gipiti qui est le miroir du travailleur cagnotte ou philippin qui produit des données pour chat jipiti et bah c'est nous les utilisateurs de chat gipiti nous sommes l'autre bassin de travail de chats jibetti reconnu nous ne faisons pas de l'entraînement au préalable nous faisons ce qu'on appelle de l'entraînement de renforcement c'est à dire notre métier consiste à vérifier que chaque diviti répondent d'une manière correcte par rapport à nos attentes qu'elle respecte que cette intelligence artificielle respecte ce qu'elle promet si elle promet de me produire en texte qui soit une que sais-je un texte un peu sympa qui est donc une recette de cuisine dans le style de de Shakespeare ça c'est l'exemple que toujours mes collègues ingénieurs semblent considérer le top de la créativité voilà il faut que quelqu'un lit quelqu'un qui a un peu de famille hérité a avec les recettes de cuisine B avec la prose de winan Shakespeare sache relire ce texte et à la fin si vous vous souvenez sur Chucky à côté de chaque réponse on a toujours un petit pouce vers le haut et vers le bas ça c'est une autre manière à nous de apporter des données grosso modo on est en train de dire plus un bien pour toi tu as bien bossé tchat Jupiter arrêter bien bossé masse de être humain qui sont disons partagés entre le Kenya et Philippines et la Turquie et ainsi de suite et ou alors au contraire non c'était pas ce que je cherchais mon utilité n'est pas respecté finalement mon travail consiste aussi à dire non à chatibiti consiste aussi à dire Chucky là il faut que tu refasses ta copie etc et donc c'est à ce moment-là que je suis dit vous propose une deuxième et troisième version de la même recette de Shakespeare mais la question est que et ce jeu c'est un peu le message final et que le travail de production de données qui est payé très très peu presque rien dans certains pays dans lequel le coût de la vie est beaucoup plus faible par rapport aujourd'hui ici est payé rien tout simplement parce que les incitations économiques ne sont pas les mêmes vous arrivez pas à me motiver à moi en me disant tiens clic là je vais te donner un centime je m'en fous d'un centime pour l'instant après si ça continue dans ce sens-là avec l'inflation je pense que dans 5 ans je vais être intéressé un centime mais pour l'instant je préfère le faire gracieusement en me disant je suis en réalité non pas un travailleur invisible exploiter mais un consommateur qui est conscient de ce qu'il fait ou elle fait voilà [Applaudissements] oui moi je vais essayer de parler un peu de ce qu'on peut espérer d'un point de vue de transformation sociale de cette technologie du numérique et je voudrais repartir du de ce qui vient d'être dit à l'instant sur le caractère eminemment social des Big Data les Big Data c'est pas essentiellement de la technologie il y a de la technologie il y a des supports de la technologie mais fondamentalement c'est quoi c'est ce que pour parler en langage de philosophe c'est ce qu'on pourrait appeler de la transcendance manante oh là là qu'est-ce que je veux dire je vous casse la tête mais ça va être très simple vous allez voir et bien c'est tout simple ça monte ça vient de nulle part d'ailleurs que notre activité ce qu'on vit au jour le jour la manière dont on se déplace qu'est-ce qu'on fait sur Internet les agents qu'on produit etc et c'est mis en comparaison avec le comportement des autres c'est vérifier corrigé par des travailleurs du clic etc et ça nous revient comme quelque chose qui a un intérêt qui est utile une bonne recommandation sur Netflix un trajet pertinent sur sur Google etc etc des des listes de suggestions de de dépenses sur Amazon bon et des services sur ton Jeepy qui peuvent être utiles ça dépend ce qu'on demande moi des fois je fais ce je fais certaines de mes slides les images je l'ai fait avec parce que j'ai des idées mais je suis vraiment j'ai pas dessiné j'ai pas fait de photos machin donc qu'est-ce que je fais bah je donne mes idées et puis je vois ce que ça fait des fois j'ai des belles images bon bref donc ça produit des effets utile hein mais c'est utile ça vient de rien d'autre que de l'activité humaine précédemment c'est pas de la machine c'est de l'activité humaine qui nous revient c'est du social c'est du social et je pense que cette idée là est extrêmement importante parce que ça explique pourquoi au-delà même de cette histoire du travail du clic tout le discours libéral qui existait à un moment donné sur il faut être propriétaire de ces données et dessiner de les marchandiser et bien c'est ça n'a aucun sens nos données elles ne valent rien du tout ne donner elles ne valent que dans la mesure où elles sont mises en relation comparé discuter avec les données des autres c'est là où elles font sens c'est là c'est intéressant parce que c'est c'est rapproché des autres c'est comparer aux autres c'est voilà et donc ça c'est toujours là et je pense politiquement extrêmement importante parce qu'on voit bien que ce qu'ils jouent finalement à cette échelle du numérique c'est des mécanismes de coordination sociale et des points d'appui pour les comportements des individus alors c'est biaisé par les enjeux de la marchandise la domination du capital mais au-delà de ça c'est des choses qui sur lesquelles on va s'appuyer pour déployer nos comportement bah là vous voyez où je veux en venir dans quelle mesure on pourrait pas s'appuyer là-dessus pour nous aider à être un peu moins idiot un peu plus efficace avoir moins de billets de préjugés mieux traiter l'environnement moins s'énerver être en meilleure santé sans trop se fatiguer pourquoi pas tout ça et pourquoi pas imaginer des mécanismes de délibération sur la manière de biaiser nos comportements d'une manière souhaitable et désirable bon alors là vous voyez bien je j'ouvre une boîte de Pandore qui est extrêmement problématique parce que quels vont être les médiations quelle garanties on peut se donner bon ça c'est la première chose ouais mais bien sûr bien sûr on me l'a déjà dit de nombreuses fois il faut que je le fasse vous êtes tu as raison deuxième deuxième élément là on redescend un peu là je suis un niveau très général mais je pense que politiquement c'est important de travailler ce niveau deuxième élément peut-être plus plus concret plus économique puisque je viens aussi cette question de l'économie et en tant que socialiste et socialiste une des choses que qui est importante c'est l'idée de pouvoir dépasser la coordination marchande dépasser ce que Marx s'appelle le fétichisme de la marchandise le fait de du fait que les relations qu'on a avec les autres soient rendues invisible par la marchandise et d'avoir un gouvernement plus conscient de nos économies et la planification elle nous dit pour ça et vous savez qu'au 20e siècle une des grandes batailles théoriques et politiques qui a lieu au sujet de la planification c'était une bataille autour de l'information vous aviez en gros des ingénieurs qui disaient on peut optimiser on galère un peu pour l'information mais en gros on devrait pouvoir optimiser et puis vous aviez de l'autre des alliés qu'un des des néolibéraux mais aussi des psychologues des gens intéressants qui disaient attention il y a quelque chose de l'ordre de la connaissance qu'on n'arrive pas à transformer en connaissance qu'on va pouvoir coder et coordonner de manière efficace par la planification alors là on voit bien que avec le numérique il y a beaucoup de choses qui changent premièrement la connaissance des ingénieurs bah c'est pas vrai qu'elle est pas possible de transférer en URSS on perdait des des wagons de marchandises on mettait trois semaines avant de se rendre compte bah là c'est très facile de pouvoir tracer l'intégralité des flux de marchandises et les entreprises le font je reviendrai un petit peu sur les détails là-dessus mais donc ça c'est vraiment cette planification privée elle existe de manière extrêmement importante moi puis le deuxième élément c'est que toutes les choses qu'on n'est pas capable de dire tout ce qu'on toutes les connaissances tacite qu'on n'est pas capable nous-mêmes d'expliquer donc même peut-être nous on n'a pas conscience et bien les traces numériques que l'on laisse elle les révèle elles disent parce qu'on prétend aimer mais ce qu'on aime vraiment ou pas se comprenons faire ce qu'on fait vraiment etc etc et donc là il y a une matière qui permet en tout cas de faire de la prévision sociale qui permet éventuellement d'avoir de la politique qui soit liées à ça etc donc si vous voulez si on veut penser planification il y a des ressources qui sont extrêmement fortes alors je voudrais vous donner maintenant un troisième exemple un exemple concret de ça c'est là on rentre vraiment dans l'organisation industrielle aujourd'hui les grandes entreprises elles utilisent massivement c'est soi-disant intelligence artificielle en tous les cas ces interfaces qui permettent de poser des questions et d'avoir des réponses complexes et en particulier dans le champ de des chaînes je vais vous donner deux exemples un exemple sur les chaînes gommage de marchandises et un autre exemple qui est le cas de Walmart plus généralement donc commençons par Walmart et bien Walmart c'est donc un géant de la distribution à une entreprise qui a plus d'un million de salariés aux États-Unis seulement et qui a implantait très largement en Chine au Mexique etc ce géant de la distribution il a des tonnes d'informations mais des données vraiment extraordinaires parce que il y a les données de tous les tickets de caisse il y a les données de ces centaines de milliers de fournisseurs puisque on parle de quelque chose comme de l'ordre de 500 millions d'entreprises qui d'une manière ou d'une autre interagissent avec Walmart il y a les données des déplacements des gens dans les magasins il y a les données de leurs utilisateurs sur Internet etc et donc depuis une dizaine d'années un peu moins ils ont été très tardifs mais ils sont rendus compte que là ils avaient c'était nécessaire pour eux pour faire face à Amazon de valoriser ça et donc ils accélèrent à fond sur la question des données et qu'est-ce qu'ils font de ces données et bien là j'ai pris ce qu'ils ont raconté à leur dernière assemblée d'actionnaires ils essaient de faire trois choses d'abord de faire de la recommandation pour leur consommateur et donc de lier ce qu'il faut se passe en magasin et ce qui se passe sur internet ou sur leur téléphone donc ça vous voyez c'est vraiment la logique d'Amazon mais adossé au fait de posséder des magasins dans plein d'endroit le deuxième chose c'est que j'essaie d'organiser de manière plus stricte et optimiser l'organisation du travail et en particulier is automatisent davantage et davantage de robotique dans les centres de dans les dépôts les choses comme ça et puis le troisième élément ce qui est peut-être le plus intéressant c'est qu'en fait il gère une grande partie des relations avec leurs fournisseurs grâce à cette mécanisme de mécanismes de plus en plus de plus en plus automatisé par exemple et bien les commandes vont se faire de manière automatique lorsque on arrive on arrive au niveau du ticket de caisse à un certain niveau de de vente de tels produits bien automatiquement les commandes remontent dans la chaîne 1 2 3 fournisseurs éventuellement et on a ce espèce de flux automatisé d'information et d'ordre de décision beaucoup d'autres entreprises fonctionnent utilisent ces outils dans le domaine de la gestion des fournisseurs deux autres exemples récents la siamen s'émerk et c'est l'entreprise donc c'est un papier du find shot time ce que je vous raconte là et l'entreprise Altana vend de l'intelligence artificielle pour ses entreprises là pour gérer leur supplice mais là vous allez voir que pour nous qui revendent d'une planification socialeiste ces gens-là ils font un truc qui est vachement intéressant ils ont une carte qui comporte 500 millions d'entités qui interagissent entre lesquels si au lieu des des circulations économiques des flux économiques essentiellement des flux de marchandises mais ça peut être des services juridiques et des choses comme ça donc 500 millions d'entités c'est vraiment fou comme je me suis demandé comment est-ce possible qu'il y a 500 millions d'entreprises bon j'imagine qu'il y a des coquilles vides dans l'art enfin bon en tout cas c'est c'est une carte si vous voulez de l'économie mondiale de manière extrêmement fine à quoi ça leur sert de vendre cette carte ils vendent cette carte à quoi ça leur sert et bien ça leur sert à trois choses d'abord de faire des contrats automatiques ils peuvent comparer les entreprises sont plus ou moins les mêmes les cadres juridiques sont plus ou moins les mêmes et donc il dupliquent que des contrats et leur propose des contrats automatiques il leur propose aussi automatiquement de négocier les prix des contrats donc il y a plus humains qui interviennent mais bon il faut un état de transactions qui ont lieu ils proposent automatiquement des contrats ça c'est le premier élément le deuxième élément qui est assez marrant mais qui est pas c'est d'automatiser toute une série de procédures bureaucratiques en particulier tout ce qui concerne les droits de douane c'est assez facile de faire ça par des machines il faut connaître bon voilà troisième élément et ça c'est ce qui est aussi extrêmement intéressant c'est qui c'est celle de leur trouver des nouveaux fournisseurs c'est à dire vous êtes il propose aux entreprises d'avoir une nouvelle base pour trouver une fournisseurs qu'ils auraient pas forcément identifié et le dernier élément qui est peut-être le plus troublant et le plus intéressant il est utilisé aujourd'hui pour implémenter ce qu'on appelle les critères de responsabilité sociale et environnementale en particulier en fait le vrai sujet c'est que les entreprises elles veulent pas être prises la même dans le sac de collaborer avec des entreprises qui travaillent au ging Chang en Chine et donc d'être accusé de d'utiliser du travail donc elles utilisent cette carte pour essayer de remonter et de voir quelles sont éventuellement les entreprises qui travaillent avec ça et vous voyez que là c'est très intéressant parce qu'on peut mettre de la qualité si on essayait de regarder quelles sont les conditions de travail qui sont liées avec tel bien mais on peut mettre beaucoup de choses là-dedans on peut regarder des pollutions on peut regarder des droits humains on peut regarder des droits syndicaux on peut rêver bon des contextes villecompagne etc donc on peut avoir une information sur la marchandise qui est beaucoup plus riche que le système de prix on n'est plus du tout dans le marché de je vous recommande je vous recommande une vidéo de Milton Friedman Milton Friedman il nous dit la chose suivante nous dit le marché fait un truc formidable il prend un stylo en bois comme ça il dit et bien le marché il s'est fabriqué ça vous vous savez ben non vous savez pas parce que le bout de bois vient de là le graphique vient de date ce que répond les marxistes dit certes on sait pas c'est ça le problème on aimerait bien savoir bon et bien là d'une certaine façon on peut savoir donc il y a ce qu'on peut appeler une forme de coordination algorithmique qui permet qu'il y a une information beaucoup plus riche que l'information seule des prix et donc on peut avoir de la délibération plus qualitative il y a cette promesse là alors je veux pas aller beaucoup plus dans les détails parce que je voudrais simplement basculer un peu de l'autre côté c'est à dire que oui il faut absolument il y a des ressources extraordinaires pour avoir une planification et des critères qualitatifs sur l'organisation de l'économie il faut s'appuyer dessus c'est un argument décisif contre les nœuds libéraux mais attention et je pense qu'il y en a beaucoup d'entre vous qui sont en train de penser à ça il y a aussi un versant cauchemardesque dans tout ça il y a la version contrôle centralisée quel type de démocratie jusqu'où ça peut aller et ma réponse je vais pas l'élaborer beaucoup mais je vais vous donner mon sentiment c'est qu'en fait oui il faut de la du contrôle démocratique oui il faut de la délibération etc mais il faut aussi des limites il faut aussi décider ce qu'on confie à ce type de coordination est-ce qu’on ne confie pas il y a nécessairement si vous voulez pour employer un autre terme un peu compliqué de la réification c'est à dire que quand on rentre dans ses objets là et bien on apparaît on est un élément d'un calcul technique et être un élément d'un calcul technique c'est pas très agréable pour la vie même si c'est mieux que la marchandise même s'il y a d'autres critères c'est quelque chose dans lequel on n'a pas beaucoup d'espace pour vivre alors c'est très bien parce que ça permet quand même de mieux maîtriser notre vie collective mais il faut décider où ça s'arrête sinon nos existants sont vides de sens et c'est autour de ça je pense qu'il faut travailler l'utilisation de de ce type de ressources pour un écosystème je vous remercie [Applaudissements] peut-être avant de passer la parole à la salle j'aimerais rebondir juste sur cet exemple là parce qu'il me fait penser cet exemple de Walmart et de et donc de la façon dont ce géant de la distribution utilise les outils numériques de façon innovante à son propre bénéfice mais toutes ces données industrielles ont vu dans ton exemple peuvent servir également à lutter contre des violations des droits humains et environnementaux à faire respecter le devoir de vigilance comme on l'appelle et pour donner un exemple de ça sur ce qui se passe actuellement au niveau européen il y a l'acte européen sur les puces qui est un mastodonte législatif horizontale qui vise à vraiment organiser une gouvernance j'aime pas trop ce mot mais c'est la réalité une gouvernance sur l'utilisation des données toute petite partie de ce texte est très intéressante pour nous et qu'au socialiste puisque elle introduit dans des cadres exceptionnels nous aimerions bien qu'il soit plus la norme exceptionnel le potentialité du partage qu'on appelle business to gorement des entreprises au secteur public c'est très intéressant pourquoi parce qu'elle propose trois trois quatre figure dans lequel on peut forcer la main aux industries pour qu'elle partage leurs données le premier cas c'est la prévention réponse réparation à des situations de crise cette législation est en train d'arriver en train de tout négocier donc vous et bien que dans cet exemple que je donne crise déjà faut qu'on se mette d'accord sur ce que c'est qu'une crise évidemment nous les insoumis on va avoir une vision assez large que ce qui ne se limite pas uniquement à une pandémie ou à une catastrophe naturelle ça c'est la proposition de la Commission on aimerait bien que Christ peut être aussi pénurie de semi-conducteur par exemple et plein d'autres exemples et prévention réponse réparation le libéraux sont ouh là là on va être sur la réponse immédiate à une catastrophe climatique ou à une pandémie hein c'est tout alors que nous on veut prévenir une crise on veut y répondre certes mais aussi répondre dans le temps aux effets durables d'une pandémie donc là aussi on est dans une bataille contre les libéraux pour avoir le sens la définition la plus large possible d'une crise et de sa durée une autre des raisons pour laquelle la Commission européenne peut envisager de forcer la main aux industriels c'est les statistiques nationales donc par exemple on imagine bien nous à quel point pour vous ce serait très intéressant de pouvoir forcer la main à quelques industries de donner alors sous couvert de il faut respecter la directrice secrète des affaires il faudrait ils vont vous faire chier pour dire autrement quoi qu'on arrive nous à faire ils vont vous embêter à signer des clauses qui font 25 pages et à nos divulguer aucune information toutefois dans ce cas tu donnais Walmart ou d'autres entreprises ça pourrait être très intéressant pour des chercheurs là aussi on veut batailler qu'est-ce que c'est qu'un chercheur est-ce que c'est un quelqu'un qui travaille à l'Office national de cette statistique uniquement ou c'est Antonio et David donc là aussi on a cette bataille là et le dernier point qui donne c'est la recherche dans le sens de l'intérêt général alors là nous moi j'étais ravi de voir ces mots là ce qui tombe bien et mal à la fois c'est que l'intérêt général ça n'existe pas en droit européen le concept n'est pas défini donc là on mène une nouvelle bataille avec les libéraux pour savoir est-ce que intérêt général jusqu'où on peut étendre le chant puisque recherche dans le sens de l'intérêt général on pourrait imaginer effectivement que on fait pression sur des industries pour limiter potentiellement l'investissement dans la recherche fossile en altérant des données tout est imaginable quoi et donc vraiment je vais pas dresser des lauriers à la commission c'est c'est pas c'est pas mon genre mais il y a effectivement eu un changement de doctrine léger changement de doctrine à la Commission européenne à la suite de la crise covid son rendu compte qu'il y avait tout un tas de dépendance industrielles dont les données l'industrie du numérique ne fait pas exception et que ça et que ce degré dépendance même pour l'économie européenne et pour les et pour les champions européens que Macron appelle de ses vœux ne sont pas bons alors donc il y a un début de quelque chose je suis pas du tout contente de la de négociations et on va se diriger vers une version en deçà même de ce que la Commission européenne a proposé à cause de ces néolibéraux en Europe mais malgré tout il y a eu une première porte qui est ouverte de pouvoir ne serait-ce que concevoir le potentialité d'imposer aux industries un partage de leur donner déjà ça c'est pas rien je trouve comme comme changement à Bruxelles voilà je voulais quand même vous faire passer ce message là et j'ai vu qu'il y avait déjà une question là si vous étiez super magnifique et que vous vouliez absolument me faire plaisir vous feriez une alternance en genre donc moi je vais passer le micro peut-être Kevin tu veux bien passer le Brico j'ai vu qu'il y avait une première question ici et il y avait une dame ici et après il y a deux ou trois hommes donc je on va poser peut-être par l'eau de combien deux trois questions trois quatre même bonjour merci pour pour la présentation j'ai acheté un signal d'où je viens chercher un système d'information je suis aussi cofondateur d'une startup qui fait l'intelligence artificielle donc c'est des questions qui me posent aussi des questions éthiques aussi sur ce qu'on va jusqu'au va et pourquoi on y va en fait je voulais revenir sur le sur le terme et j'ai essayé de brève sur le terme de la de la conférence qui est la notion d'or noir en bas on n'a pas on n'est pas revenu dessus mais je trouve intéressant parce que l'or noir c'est le pétrole ça a permis l'avènement d'une société de communication par les transports et aujourd'hui le nouvel or noir qui serait la donnée permettrait ou pas à mon sens de une émergence ou soutiendrait du moins l'émergence d'une société de la communication par la dématérialisation quoi la différence entre les deux à mon sens c'est que on peut pas avoir une société de communication par le transport sans l'or noir pétrole en revanche on peut avoir une société de communication des matérialisée sans l'or noir la donner c'est à dire que tu l'as dit un peu Cédric les données en réalité la plupart des données avec son collectés par exemple sont des données inutiles en réalité elles sont utiles pourquoi elles sont utiles simplement pour répondre à leur logique de marché parce que la seule manière pour rentabiliser leur leur activité c'est d'utiliser à donner en fait c'est la source de c'est la source de création de valeur si on enlève les données le l'entreprise disparaît et le service disparaît avec lui ce qui est pas le cas avec le pétrole puisque tout disparaît enfin ça disparaît différemment 10 ans la question c'est du coup comme les comme le pétrole les données en fait elles ont un impact sur nos vies elles influencent nos choix etc ils ont un impact sur l'environnement qui est qui est déterminant elles ont aussi elles ont aussi comme le dit Anthony casilli un impact sur les travailleurs et la question c'est que faire par rapport à tout ça et pour moi il y a trois trois grandes possibilités et je m'arrêterai là rien faire c'est ce qu'on fait globalement jusqu'à présent réguler ce qui changerait rien puisque on enlève pas la logique fondamentale qui est derrière tout ça qui est le profil de l'entreprise donc on a besoin quand même des données et on va juste les contraindre un peu plus mais techniquement en fait ça sera business à ce jour avec un peu plus de contrainte ou interdire et interdire ça voudra dire comme j'ai dit avant la disparition du service et la question c'est que fait-on par rapport à ça et pour moi une solution c'est la collectivisation j'ai écrit un papier sur la collectivisation des réseaux sociaux par exemple qui permettrait la collectivisation qui permettrait de sortir en fait ses services du non marchand gratuit du marchand gratuit pour les faire entrer dans un service de type non marchand cette fois-ci mais qui nécessiterait une une compensation financière qui serait un paiement d'une d'un droit d'accès etc etc et je trouve que je pense qu'en tant que socialiste en tant que personne de gauche mettre en avant cette solution de de de collectivisation de certains services et donc de faire le choix collectivement de mettre en place des services ou d'en supprimer d'autres et assez intéressant je veux pas monoiser la parole on aura peut-être l'occasion d'en discuter mais voilà je et du coup maintenant une camarade pour une question je vois là-bas oui bonjour donc moi je suis docteur en intelligence artificielle enfin en apprentissage automatique très exactement et il y a déjà quelque chose que j'aimerais dire c'est qu'on a de plus en plus des algodes très près très performants là on parle beaucoup de chats GPT mais il y en a énormément qui sont produits très très souvent et il y a souvent une exaltation voire même un fétichisme de ces algo avec quelques inquiétudes sur les conséquences que ça pourrait avoir notamment sur la manipulation comportementale de groupe sociaux à des fins électoralistes ou bien encore du Deep fake etc et ce que j'aimerais dire c'est que la plupart de ces avancées là elles viennent d'une frange très particulière du de l'intelligence artificielle à savoir le Deep learning donc l'apprentissage automatique et ça la brique de base du Deep learning elle existe depuis 1957 mais elle n'était pas utilisée parce que justement le Deep learning a besoin d'énormément énormément énormément de données pour pour fonctionner donc je pense qu'il faut également au-delà des possibles conséquences de de ces algorithmes là il faut également questionner les conditions d'existence de ces algorithmes que ce soit que ce parce que en fait ces algorithmes sont là par une par une un accaparement et une concentration des données un accaparement parce que c'est vraiment énormément de données qui existent et puis également une concentration parce qu'on soit tout est concentré chez les gafams en réalité et même quand on voit chat GPT qui est fait par Open et high et Open heigh c'était musk et c'est Amazon et la plupart des petites des entreprises aujourd'hui qui font de l'intelligence artificielle utilise les serveurs d'AWS qui sont les serveurs d'Amazon donc en réalité ils accaparent toutes ces données là et c'est pour ça que je suis assez pessimiste parce que cette récolte de données là et tout à fait entre les mains de quelques entreprises qui sont là à but lucratives et certainement pas pour nous aider dans une planification écologique ou autre ma question elle est plutôt d'un point de vue de matérialisme historique vous vous parlez de techno féodalisme et ma question c'est est-ce que est-ce que d'un point de vue marxiste ou martien est-ce que on peut considérer que ça constitue une véritablement une rupture dans le capitalisme et que ça ça c'est une nouvelle situation possiblement pérenne qui sort des cadres des théories marque scène classique ou bien est-ce que ce serait une sorte de dernier souffle avant un effondrement sous ses contradictions comme on a pu le penser du néolibéralisme ou autre voilà merci donc du coup encore deux questions et pour s'assurer la parité alors une question alors comme nous sommes au système patriarcal plutôt une femme s'il vous plaît sauf s'il n'y a vraiment pas mais je suis sûr qu'il y a des questions qui peuvent émerger et bien le pasteur qui a manifestement encore gagné je plaide non coupable sur le patriarcat mais effectivement je suis quand même un homme quelques remarques j'essaie d'être un peu optimiste j'ai une question qui est en plus dans le prolongement de la tienne il me semble une petite remarque d'abord sur l'intelligence artificielle que moi je fais souvent c'est un peu simpliste mais l'intelligence artificielle il y a une erreur de traduction intelligence en anglais c'est le l'intelligence de centrale Intelligence Agency c'est du renseignement en anglais pour dire intelligence comme en français on dit cleverness donc en fait c'est pas de l'intelligence on comprend et puis c'est artificiel ça c'est dans le long donc c'est un argument assez facile peut-être même s'il a un peu à l'emporte-pièce qui permet de démonter désamorcer un certain nombre de fantasmes assez rapidement alors ensuite ma question dans le prolongement de la tienne en fait c'est je me demandais mais dans quelle mesure est-ce que l'information elle a une marchandise et je crois pas que ce soit le cas l'information c'est l'information pour le dire très rapidement c'est c'est c'est une révolution Internet du même ordre que celle qui a été l'imprimerie qui a donné naissance quasiment au capitalisme en tout cas ça peut ça peut se débattre c'est des travaux de Bernard Sigler par exemple qui montre ce genre de choses donc effectivement ça plaît dans la faveur d'un dépassement du capitalisme et du coup une première question pour pour Cédric c'est pourquoi plutôt techno féodaliste c'est pertinent moi j'ai entendu tes explications il y a des arguments par rapport à transhumanisme qui est et c'est le prolongement de de mes remarques en fait c'est à dire que il y a une espèce de décollement du réel avec toutes ces datas on parle pas de besoins vitaux enfin la flotte la bouffe un toit sur la tête enfin je veux dire il y a un moment donné pour l'instant nous on n'est pas dans la survie mais enfin on s'en fout de la data quand on a soif quoi et du coup je me pose la question alors peut-être plus de de l'autre côté est-ce que c'est du travail gratuit ou est-ce que c'est pas du travail par rapport à une utilité nous on parle de de des besoins en fait une économie des besoins est-ce qu'on a besoin de ces trucs là on croit qu'on en a besoin pour l'instant mais encore une fois quand on aura faim peut-être je sais pas et voilà et du coup face aux pénurie massives bah qu'est-ce que ça peut donner il y a déjà des émeuts de la fin là en ce moment il y a beaucoup de supermarchés qui sont pillés de Parlement et puis une dernière remarque c'était en écoutant Cédric tu parlais de comment ça nous confronte à la réalité les datas et qui sont le réel de nos comportement et je moi je je j'intuit je sais pas une espèce de refus rejet de la psychanalyse parfois pour des bonnes raisons parfois pour enfin on sonne dans les thérapies brèves dans les trucs qui ce qui est il y a une espèce de d'envie de reproduire quoi de un déni collectif et du coup je me disais ce que lias ce serait pas une espèce de ce serait une autre analyste en fait quoi et comment quelque part par rapport à la théorie bourdieuienne ça peut émanciper d'être confronté à la réalité de nos comportements c'est peut-être pas que tout mauvais en fait tout ça on s'était remarque un peu de relative quoi merci du coup les réponses de nos intervenants et intervenants je vais peut-être comprendre deux non sur la première très rapidement je vais pas rebondir sur le Renoir je suis d'accord avec des commentaires c'est très stimulant juste évoqué la pertinence effectivement de penser une partie des services numériques comme des services publics moi je pense que l'idée un peu de base que l'ONU devrait prendre en charge un service de type recherche sur le net universel qui soit avec un certain nombre de règles qui permettent de communiquer de manière connectée à l'échelle mondiale et que ça soit ma politiquement déterminé par cette instance là au titre d'un service public bah c'est complètement surréaliste aujourd'hui mais je pense que c'est quand même quelque chose qui qui dont on aurait besoin quoi donc ça c'est un élément qui me semble très important sur la collectivisation mais c'est dur que c'est vrai que c'est dur d'être concret puisque les entreprises ont un cadre immédiatement multinational bon peut-être un point quand même c'est que là-dessus c'est que en Chine on a vu la reprise en main d'Alibaba par Jack ma c'est aussi une représentant politique tout ce qui se passe autour en Chine autour du système de crédit social et des systèmes d'information qui qui sont essentiellement financiers mais aussi politiques et là l'État a tortu le bras pour le Pyro le meilleur aux banques pour obtenir un certain nombre de données pouvoir développer son système de crédit social donc lorsqu'on veut politiser les Data pour en faire quelque chose on peut je pour le pire et pour le meilleur parce que dans le livre j'étais assez surpris en découvrant évidemment il y a la part contre le politique dont on avait vu mais il y a une grande partie qui en fait anti fraude c'est des mécanismes de détection des comportements antisociaux un peu de base empoisonner sa bouffe pas payer ses impôts tout ça je veux dire bon donc voilà donc ça c'est le premier question deuxième question sur stats suprême techno-feudialisme ça tu prennent du capitalisme c'est un bon titre ça non mais j'ai beaucoup aimé et la question et les remarques qui ont été faites alors sur la question très rapidement [Musique] l'idée le capitalisme c'est de l'exploitation du travail du travail vivant et là-dessus on prend on prend une rémunir pas une partie de ce travail et on s'approprie pour pouvoir le valoriser c'est ça le capitalisme mais dans le capitalisme toutes les entreprises ne produisent pas de la plus-value au même taux pourquoi parce que certains n'ont beaucoup de machines et d'autres ont beaucoup de travail et donc à ce qu'on appelle le mécanisme de péréquation des taux de profils c'est un truc tout ça il y a un peu technique mais l'idée politique derrière c'est quoi c'est que en fait il y en a qui exploite il y en a qui s'approprient le produit de l'exploitation en fait par d'autres tous les capitalistes sont unis à l'échelle mondiale dans l'idée de mettre ensemble dans un grand sac la plus-value le sur-profit ensuite il se bagarre entre pour s'approprier et bien qu'est-ce que font les les les gens du numérique il produisent pas de plus-value pratiquement pas il y a du travail mais il m'a quand même par rapport au masque qui considère la densité en travail est relativement faible et du coup qu'est-ce qu'ils font ils doivent ponctionner l'ensemble du reste de l'économie pour s'approprier de la plus-value et donc si on pense que ces entreprises la montent de plus en plus en puissance à un moment donné il y a quand même une contradiction dans le système c'est très lorsque le la place de l'appropriation la plus-value ailleurs par rapport à la production de plus-value et quelque chose qui est une source de tension forte donc je me risquerais pas tellement à spéculer au-delà de ça mais cette idée qui a une ça touche c'est pas comme un exercice de style provocateur les des technophilismes c'est l'idée quand même ça remet en cause un certain nombre de mécanismes habituels fondamentaux de fonctionnement du capitalisme sur le le commentaire que j'ai trouvé le même très intéressant on pourrait aussi rajouter la dimension impacte écologique on sait qu'il y a toute une réflexion sur le coût énergétique de d'entraînement de pour faire tourner ses algorithmes etc mais je voudrais rebondir sur un point que tu as évoqué qui est à mon avis très juste c'est l'idée que c'est très structuré c'est très verticalement structuré et on peut faire d'une numérique à plein d'étapes c'est aussi ce que tu as dit mais à la fin on finit chez Amazon chez Microsoft c'est sûr c'est-à-dire il y a personne qui se débrouille sans toutes les grandes entreprises industrielles Siemens la SNCF toutes celles-ci l'armée etc ont toutes des contrats avec les gens du numérique pourquoi parce que justement la puissance de de de développement de ces algorithmes et non seulement de les faire tourner il faut avoir l'infrastructure etc mais aussi la puissance de ces algorithmes et associés à l'échelle donc là il y a vraiment une dynamique de centralisation extrêmement forte qui effectivement inquiétante troisième question sur la question du transhumanisme je sais pas si je serai pas très enfin c'est trop loin de mes travaux pour que je rebondisse exactement là-dessus mais il y a quelque chose que tu as [Applaudissements] non moi d'ajouter quelques quelques points disons de de précision moi j'étais disons absolument passionné par la question de la cata mon de donner la centralisation des données en particulier les données évidemment parce que c'est c'est mon c'est mon sujet et mon terrain et en même temps il y a une petite un petit décalage entre les maîtres des algo et les maîtres des données il y a ça c'est un couple mais en même temps si on regarde les les entreprises ou plutôt je vais dire les institutions et les entreprises qui ont développé dans le courant des 20 dernières années des grandes bases de données qui sont par la suite réactualiser donc si vous faites par exemple la reconnaissance de de la vision par ordinateur c'est imaginette voilà si vous faites par exemple de des modèles linguistiques il y a d'autres grandes grands corpus et on continue de améliorer plus là ça c'est la base alors qui détient ses corpus et qui s'occupe après de les mettre à jour et ben c'est encore une fois c'est Facebook c'est Amazon et Microsoft et Google mais c'est aussi eBay surprise il revient et après si on regarde bien il y a aussi des institutions qui sont liées autant à des universités Princeton Harvard Stanford shingua en Chine et là ça change un peu la donne parce que et ça me permet aussi de rebondir sur quelque chose que tu avais dit Sophie était très intéressant sur le rôle effectivement des données pour la recherche moi je fais partie du monde de la recherche il faut pas se fier au monde de la recherche c'est des [ __ ] c'est-à-dire que c'est pas toujours l'endroit dans lequel vous allez trouver des pures et des dures qui vont se porter un chevalier blanc contre en réalité la recherche aujourd'hui surtout dans des pays comme la France est largement en fait de manière partenariale avec des grands entreprises parfois moi-même je suis forcé de le faire parce que pour pouvoir avoir accès à mes terrains d'enquête il faut que je passe des deal avec les entreprises parce que évidemment ils sont super inquis quand le mec se pointe et il me gouver un peu avant ils sont [ __ ] ça va être chaud mais il y a énormément de collègues à moi qui ne se soucie pas de question éthiques et qui passent des villes avec véritablement le diable IBM par rapport à ça c'est des bons ce qui me permet effectivement de venir vers vous donc vous chercheur et en même temps start-up franchement je j'aimerais vraiment lire le texte sur la collectivisation ça m'intéresse au plus haut degré et le fait votre assistance initiale sur le sur la question de l'or noir me permet aussi de rebondir sur un aspect particulier comment nos imaginaires technologiques sont traversés et parfois même infectés par des imaginés historiques qui est en l'occurrence ne parle de la métaphore de l'or noir et une métaphore colonialiste et donc quelqu'un qui a fait un travail remarquable disons que un peu ce que Cédric a fait sur la réactualisation de des notions liées au féodalisme a été fait sur le colonialisme par deux chercheurs qui s'appellent nicoledry et Ulis qui ont publié un livre qui s'appelle les le coût de la connexion de Cars of connexions et qui parle d'un sujet qui me passionne depuis longtemps depuis presque 10 ans désormais qui est la question de la colonialité numérique de comment effectivement on se retrouve non pas à être colonisé en plus moi je suis vraiment très attentif pour que dans des pays de colonialisme du côté des colonialistes comme la France on utilise cette manière un peu désinvolte la notion de de colonialisme nous on n'est pas colonisé mais on est en train de vivre dans un contexte dans lequel se met en place un système qui est une système de création de subjectivité colonisée donc par les données même si on se retrouve face à ce besoin constant de produire cette or noir c'est pas des trucs qui c'est pas des gisements c'est des trucs qu'il faut produire à chaque fois un temps réel il faut constamment abreuver cette ces sources là on est intrant effectivement de se mettre dans une situation de dépendance qui est qui relève effectivement de de de la colonialité et en plus parfois dans la dans cette économie les perdants ou les laisser pour compte se trouvent exactement dans les pays qui était qui ont été historiquement le le la cible de trajectoire coloniale et il faut pas oublier c'est pas un hasard si la plupart des entreprises de l'intelligence artificielle française passe d'abord par la Tunisie et le Maroc ensuite se disent non très cher là on descend vers le Sénégal et la Côte d'Ivoire et le Cameroun et après on se retrouve à Madagascar et on le retrouve tous à Madagascar après parce que après c'est le continent c'est fini mais c'est tout des pays qui ont pu des fois et qui ont un corps des formes de dépendance coloniales vis-à-vis de la France ça c'est un truc il faut pas oublier pour voir comment dans nos disons dans nos efforts pour chercher à réguler panifier collectiviser etc on doit quand même faire face à des démons de notre propre passé et là c'est de notre propre présence et ça me permet vraiment de rebondir sur un dernier truc on s'en fout des Data quand on a foi qu'on a soif ma soif ma foi pourquoi j'ai dit ça je sais pas c'est le côté italien quand on a soif et hélas les données et la soif sont strictement liées de plus en plus d'ailleurs parce que ça on en a pas parlé aujourd'hui c'était pas le sujet mais en réalité que derrière la couche matérielle de travail humain il y a une couche minérale de production de produits de de de matériel premier de matières premières stratégique qui passe par l'utilisation de l'eau à encore un cas classique ça là dedans il y a du lithium le lithium est produit dans des endroits qui sont des salades qui sont des gisements de sel dans la plupart des cas pour passer au sein du sel au lithium il vous faut énormément d'eau ça c'est quelque chose dont on avait brièvement parlé moi j'ai passé un certain temps en Bolivie dans laquelle il y a le plus grand salaire du monde c'est le salaire de Uyuni dans lequel le gouvernement a collectivisé et nationaliser et créer deux entreprises de de l'usines qui produisent du lithium pour produire ce lithium par contre on a eu un petit problème de révolte de l'eau dans toutes les zones autour dont la plus célèbre est dans les années 10 autour d'une ville qui s'appelle kochabamba qui est disons de relativement pas loin de là donc la question est que pour produire de la data il vous faut des matières premières lesquelles hélas pas souci par l'eau donc ce qu'on a vu en solide ou dans ce qu'on voit en général autour des mega bassins aujourd'hui risque dans les prochaines années de se voir multiplier dix fois 100 fois partout dans le monde parce que pour pouvoir faire marcher sur machin là on a besoin d'eau [Applaudissements] donc merci à toutes et à tous et merci surtout à nos trois intervenants intervenants et à tous et à tous une très bonne journée

Les données, nouvel or noir du capitalisme ? | conférence AMFIS 2023 · Pourquijevote