Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 20 septembre 2019 14 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

MACRON, CHAMPION DE L'ÉCOCIDE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15narrateurChiffre
    « L'Amazonie part en fumée. Avec une biodiversité unique : au moins 40 000 espèces de plantes, dont 16 000 d'arbres. »
  • 0:30narrateurFait
    « La France détient un territoire amazonien, la Guyane, couverte à 90% de forêts, et ce qui s'y passe n'est pas très reluisant. »
  • 3:00Patrick MonierFait
    « C’est un projet qui, je pense, sur ses fondamentaux, peut être bon pour la Guyane. »
  • 4:30narrateurChiffre
    « 360 000 hectares de forêts amazoniennes ont été offertes à l'appétit des industriels par la France. »
  • 5:30narrateurFait
    « Le barrage de Petit-Saut en Guyane polluera pendant 70 ans avant d'atteindre un niveau d'équilibre. »
  • 6:30narrateurChiffre
    « Depuis 1970, environ 20% de la forêt originale a disparu. D'ici 100 ans, la forêt pourrait devenir une savane. »
  • 7:30Marine CalmetFait
    « Le gros problème du code minier aujourd’hui c’est qu’il a été écrit par des miniers pour des miniers. »
  • 9:30narrateurFait
    « La France est particulièrement hypocrite vis-à-vis de la Guyane, sur deux terrains. »
  • 10:30Valérie CabanesChiffre
    « 71% des émissions de gaz à effet de serre sont le fait d’une centaine d’entreprises dans le monde représentées par 25 grandes multinationales. »
  • 11:30Valérie CabanesFait
    « Si l’écocide était reconnu selon ma définition par la Cour pénale internationale, on pourrait effectivement se retourner contre l’État français. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

L'Amazonie part en fumée. Avec une biodiversité unique : au moins 40 000 espèces de plantes, dont 16 000 d'arbres. Ce patrimoine commun de l'humanité est essentiel pour réguler le climat.

De quoi alarmer et inciter le président français Emmanuel Macron à s'exprimer donnant lieu à de vifs échanges avec le chef d'état brésilien. Sur l’Amazonie, nous allons lancer, pas simplement un appel mais une mobilisation pour investir dans la reforestation partout. Et pour permettre aux peuples autochtones, aux ONGs, aux habitants, de développer les bonnes activités en préservant cette forêt dont nous avons besoin.

Premièrement, monsieur Macron doit retirer les insultes qu’il a proféré contre ma personne. D’abord il m’a traité de “menteur” et ensuite d’après mes informations, il a dit que notre souveraineté sur l’Amazonie était “une question ouverte”. Alors que Jair Bolsonaro, le président brésilien, passif, voire complice des incendiaires est la cible de la communication du président français, Emmanuel Macron, dans sa campagne de “greenwashing” reprend même des notions du vocabulaire écologiste.

Et parle d'écocide. Une première. On a véritablement un écocide qui est en train de se développer à travers l’Amazonie et pas simplement au Brésil.

C'est dans ce contexte brûlant que d'éminents experts de l'écologie, des juristes, des ONGs, se sont réunis. Avec un même constat. Ça urge !

Bienvenue à Climax, festival d’écologie qui se tient 4 jours à Bordeaux. Suivez-moi. Cette année, le festival Climax met au centre des débats la déforestation en Amazonie.

Emmanuel Macron est-il si écolo-compatible en parlant de l'Amazonie ? Nous allons poser la question à des intervenants. Pour rappel la France détient un territoire amazonien, la Guyane, couverte à 90% de forêts, et ce qui s'y passe n'est pas très reluisant.

On a rencontré Patrick Monier, porte-parole de “Or de question”, un collectif guyanais qui se bat contre l'extractivisme dans la forêt. Patrick est un très bon connaisseur de l'Amazonie française. On l’appelle “forêt pluvieuse”, “forêt équatoriale”, “forêt humide”, “forêt ancienne”, “forêt primaire”.

À plus de 80%, elle est vierge encore. Si ce n’est qu’elle est fortement dégradée par l’industrie minière légale et illégale Le collectif “Or de question” assiste au premier plan à la dégradation de l'environnement. Les insectes, les animaux, les plantes, tout disparaît.

Comment peut-on imaginer de vivre sans cette biodiversité ? L’État français entreprend la déforestation de la Guyane. La mine est polluante, la mine est destructrice.

La Montagne d'or est l'un des projets miniers les plus polémiques. Un projet gigantesque, qui divise en Guyane, et l'administration française, poussant l'Elysée à des revirements et à le mettre entre parenthèses. C’est un projet qui, je pense, sur ses fondamentaux, peut être bon pour la Guyane.

Tout ce que je peux vous dire c’est qu’à l’heure actuelle ce que ce je sais du projet n’est pas compatible avec l’ambition que je viens de fixer. C’est une position nouvelle pour le président, jusqu’alors plutôt favorable à la création de cette méga mine d’or industrielle à ciel ouvert, au coeur de la forêt guyanaise. Le projet n’est pas abandonné parce que la concession, arrivait à terme fin décembre 2018.

Il suffisait à l’État français de dire “on ne vous renouvelle pas la concession”. Or, le pétitionnaire réclame le renouvellement de la concession pour 25 ans, et l’État français ne s’est pas prononcé là-dessus. Cela fait 140 ans que la France exploite et déboise les vallées amazoniennes.

Au delà des projets titanesques comme la Montagne d'or, l’État accorde des autorisations à des orpailleurs, aux multinationales minières mais aussi à des PME et des TPE. Bruno Lemaire, ministre de l'Économie et des Finances a signé depuis sa prise de fonction à Bercy, de nombreux permis d'exploration aux concessions minières. Cet été encore, alors que le président de la République pointait du doigt la déforestation, de nouveaux permis ont été accordés. 360 000 hectares de forêts amazoniennes ont été offertes à l'appétit des industriels par la France.

Et les premières victimes sont les autochtones. Mobilisés contre l'exploitation aurifère. Nous avons rencontré Clarisse Da Silva et Alexandre Sommer, deux représentants d'organisations amérindiennes qui nous racontent.

Il nous reste un fleuve qui n’est pas pollué qui s’appelle l’Amana qu’on essaie de préserver absolument. C’est vers ce fleuve là que la Montagne d’or voulait s’implanter. Il y a vraiment une démarche de soutenir le développement de l’activité minière et en plus à une échelle industrielle.

L’orpaillage est arrivé avec l’arrivée des colons puisque c’est pour ça qu’ils sont venus. Maintenant on doit essayer de ne pas faire l’erreur du passé. Nous vivons en rapport direct avec la nature.

Nos modes de vie sont très liés encore à la nature. De ce fait, pour des projets type agriculture, agroforesterie ou tout ce qui concerne l’écotourisme, on a besoin de terres pour pouvoir développer ces projets. Les Bushinengués savent aussi s’occuper de la terre, on sait ce qu’il faut faire, on sait ce qu’il ne faut pas faire.

Mais bon la classe dominante reste dominante. Aujourd’hui nous n’avons pas la classe politique qui nous permettrait de nous faire entendre. Toutes ces mines nécessitent une production d'énergie dont n'est pas capable la Guyane.

Alors pour y remédier, et répondre aux besoins des miniers, la France et EDF veulent construire un nouveau barrage, qui engloutirait une partie de la forêt. Un très beau cadeau, annoncé par le président de l'Assemblée de Guyane, pour une industrie qui n'offre aucun développement au pays. Lors de la COP21, Rodolphe Alexandre et sa vice-présidente madame Sirder, ont parlé d’un second barrage encore plus grand que celui qui existe actuellement en Guyane et qui fait 325 kilomètres carrés.

Mais, manque de pot pour eux, les scientifiques disent que les barrages en Amazonie c’est écocidaire. Pourquoi ? Parce que vous allez noyer sous 30 ou 40 mètres d’eau des forêts entières à raison de 450 tonnes de biomasse à l’hectare.

Du coup ça pourrit et ça dégage des gaz, le CO2 bien sûr mais pas seulement. Le méthane qui est 30 fois plus nocif que le CO2 et surtout le protoxyde d’azote qui lui est près de 300 fois plus nocif que le CO2, et cela pendant des décennies. Le barrage de Petit-Saut en Guyane polluera pendant 70 ans avant d’atteindre un niveau d’équilibre.

Donc on ne peut pas dire que les barrages hydroélectriques sont de l’énergie verte, ça n’est pas vrai. Depuis 1970, environ 20% de la forêt originale a disparu. D'ici 100 ans, la forêt pourrait devenir une savane.

Dans ce contexte il est donc urgent, et vital pour l'Humanité d'agir. Et urgent que la France cesse les activités minières dans la forêt. Mais les multinationales ont la loi de leur côté.

Obligeant les ONGs à réclamer des changements. L'un des éléments qui bloque. La réforme du code minier.

Attendue depuis de nombreuses années par le mouvement écologiste, François Hollande l'avait promise lors de sa campagne présidentielle, avant de renier sa parole en fonction. Aujourd'hui, l’État français ne semble toujours pas prêt à donner une dimension écologique au code, en obligeant les entreprises à respecter de nouvelles normes environnementales. Plusieurs organisations essayent pourtant de faire entendre raison.

C'est le cas de Nature Rights, dont fait partie Marine Calmet, une avocate. Le gros problème du code minier aujourd’hui c’est qu’il a été écrit par des miniers pour des miniers. Tout est fait pour faciliter l’importation des mines sur le territoire français.

Aujourd’hui malheureusement le gouvernement a très peu de marge de manoeuvre pour s’opposer véritablement à ces mines qui s’ouvrent. Aujourd’hui quand un exploitant trouve de l’or et qu’il a un permis d’exploration, ça se transforme automatiquement en permis d’exploitation. Si demain il refuse, le problème c’est que l’exploitant minier peut dire “mais moi j’ai trouvé de l’or, j’ai le droit d’exploiter cet or là”.

Ça se voit aussi avec le projet “Montagne d’or”. En somme le gouvernement ne peut pas rétropédaler parce qu’il a peur de se prendre un procès en vérité. On a l’impression de ne pas avoir de contrôle sur notre politique minière.

Donc il faut remettre de la démocratie. Il faut remettre justement cette part de décision publique, d’orientation finalement des politiques publiques en matière de mines. Cet avantage législatif ne contente pas les industriels.

Le gouvernement semble décidé à réformer le code minier, en pire. Nous souhaitons intégrer les exigences environnementales de façon durable, dans tous les processus miniers et donc d’engager la réforme du code minier qui pourra être présentée en Conseil des ministres en décembre prochain. On espère évidemment qu’il va y avoir un renforcement des mesures de protection.

Malheureusement ce qu’on a vu sur le territoire, ce n’est pas vraiment le cas. Il y a même eu l’année dernière encore, une directive pour assouplir l’installation des mines et affaiblir la protection des cours d’eau notamment, et en matière de déboisement. Donc on va plus vers une simplification des prescriptions en matière de protection de l’environnement.

On est en mesure, on a le droit de se poser des questions justement sur où est-ce qu’on va avec ce code minier ? Comment on va mieux protéger l’environnement ? Emmanuel Macron se présente en champion de la biodiversité et reprend même le terme d'écocide Mais est-il si légitime ?

On a rencontré Valérie Cabanes, une référence mondiale qui se bat pour faire reconnaître dans le droit international cette notion comme un crime. L’écocide, étymologiquement, vient du mot grec “oikos”, “la maison”, et “caedere”, “tuer”. Il s’agit donc effectivement de la destruction de notre maison commune.

Aujourd’hui ce n’est pas encore un crime à l’échelle internationale. L’intérêt de ce plaidoyer sur le crime d’écocide, c’est de faire avancer cette notion en demandant à ce que la communauté internationale et en particulier les États parties ou statuts de la Cour pénale internationale qui a été créée en 2002 qui reconnaît 4 crimes internationaux graves aujourd’hui, reconnaisse un cinquième crime qui soit le crime d’écocide, donc le fait de détruire ou porter atteinte gravement à des communs planétaires ou à des systèmes écologiques de la Terre. La définition que je propose elle englobe la responsabilité pénale des dirigeants politiques, mais aussi et ça c’est une nouveauté en droit pénal international, des dirigeants économiques, parce que évidemment la grande majorité des acteurs aujourd’hui du changement climatique, ce sont les entreprises, 71% des émissions de gaz à effet de serre sont le fait d’une centaine d’entreprises dans le monde représentées par 25 grandes multinationales.

Aller prouver qu’une entreprise a l’intention de nuire à l’humanité ou de nuire à l’écosystème terrestre, c’est impossible. Alors il faut s’appuyer une autre modalité qui est le principe de la connaissance des causes et de la connaissance des conséquences dans le cours normal des événements, de ces décisions et de ces actes. En dépit des éléments de langage brandis, qui vident le terme d'écocide de son sens, Emmanuel Macron et l'État français pourraient en réalité être pointés du doigt, pour ce crime, en cas de reconnaissance à la CPI.

La France est particulièrement hypocrite vis-à-vis de la Guyane, sur deux terrains. Elle reconnaît la déclaration des droits des peuples autochtones qui a été validée par la communauté internationale en 2007, par exemple. Mais elle n’a pas signé la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail qui impose aux États de consulter les populations autochtones sur des projets industriels qui va les impacter par exemple.

Cette volonté qui a été de l’État de soutenir ce projet de Montagne d’or et l’exploitation minière en plein coeur de l’Amazonie, viole d’une part les droits des peuples autochtones parce qu’ils n’ont pas été consultés, et viole les droits des peuples autochtones parce que l’usage du cyanure ou du mercure quel qu’il soit a forcément un potentiel écocidaire à partir du moment où ça pollue les fleuves, où cela tue ou contamine les milieux aquifères, et où les populations qui vivent aux abords de ces fleuves consomment des poissons qui sont contaminés avec des enfants qui aujourd’hui sont malades et qui sont abandonnés par la République. C’est clairement pour moi une action écocidaire que de toucher à l’Amazonie française. L’Amazonie elle est sur 7 pays, et on voit bien que quand on parle de cet écosystème, on ne peut pas revendiquer une souveraineté nationale sur un écosystème qui est vital pour le monde, qui régule le cycle des pluies mondial, qui est une pompe à carbone et qui ne peut pas répondre à des intérêts économiques au détriment de l’intérêt général.

Si l’écocide était reconnu selon ma définition par la Cour pénale internationale, on pourrait effectivement se retourner contre l’État français ou les entreprises françaises ou même étrangères qui agissent en territoire français puisque la France est signataire de la Cour pénale internationale. Et donc à partir de ce moment-là, la compétence universelle s’applique autant pour les ressortissants français, dirigeants économico-politiques que des ressortissants étrangers qui agissent en territoire français. Dans les deux cas, il serait possible de poursuivre pénalement ces personnes.

MACRON, CHAMPION DE L'ÉCOCIDE — Emmanuel Macron · Pourquijevote