Affaire Lyhanna : "On fait au mieux" pour traiter les violences sexuelles sur mineurs, assure le procureur d'Evreux
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse partielle
Est-ce que la justice fait tout ? Est-ce que vous faites le maximum dès qu'il y a des plaintes concernant des violences sexuelles sur des mineurs ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Vous avez assez de moyens, Rémi Coutin ?
- 2:37RelanceRéponse directe
Est-ce que vous partagez ce sentiment ? Tout devient prioritaire ?
- 3:46OuverteRéponse directe
Est-ce que ça vous semble réalisable de faire ça en un peu plus d'un mois ? Et combien de plaintes au parquet d'Evreux parmi ces 70 000 évoqués ?
- 4:41OuverteRéponse directe
Est-ce que pour vous, Rémi Coutin, on fait des magistrats les boucs émissaires en ce moment ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« Eh bien, nous essayons de faire au mieux. »
- 1:43Invité politiqueFait
« Alors, s'il est incontestable que les moyens financiers, budgétaires, en termes de magistrats, ont augmenté depuis 2017 et l'arrivée à la présidence de la République de M. Macron, pour autant, on partait de tellement loin que nous ne sommes pas encore, à mon sens, suffisamment nombreux pour arriver à faire face à l'ensemble de nos missions et à traiter l'ensemble des procédures pénales dans des délais qui seraient corrects. »
- 2:10Invité politiqueChiffre
« Je rappelle ce chiffre qui, à mon sens, est le plus parlant. En France, il y a trois magistrats du parquet, trois procureurs pour 100 000 habitants, quand la moyenne européenne est de 12 pour 100 000. »
- 5:14Invité politiqueFait
« Mais, alors, il faut attendre les conclusions de cette inspection qui seront rendues dans 15 jours, je crois, et venir désigner à la vendicte tel ou tel magistrat avant même les conclusions de cette inspection, c'est complètement inapproprié. »
Temps de parole
- Invité politique64 %
- Présentateur31 %
- Présentateur 25 %
≈ 3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ici Normandie, premier sur l'actu locale en Normandie, ici matin. 7h45, le ministre de la Justice a convoqué hier les procureurs généraux des cours d'appel après les défaillances mises au jour, selon lui, après le meurtre de Liana dans le Gers. Marianne Naquet, nous sommes ce matin avec le procureur de la République d'Evreux, Rémi Coutin. Bonjour M. le procureur. Bonjour Madame. Je vais vous poser une question que peut-être certains auditeurs, certains téléspectateurs se posent ce matin. Est-ce que la justice fait tout ? Est-ce que vous, est-ce que le parquet d'Evreux, est-ce que vous faites le maximum dès qu'il y a des plaintes concernant des violences sexuelles sur des mineurs ?
Eh bien, nous essayons de faire au mieux. Et ainsi, je peux vous dire que vendredi dernier, alors c'est sans doute un hasard, mais ça illustre bien, je pense, notre volonté de faire mieux en la matière. Nous avons organisé à Evreux ce que nous appelons un conseil de juridiction, c'est-à-dire une réunion associant un certain nombre d'acteurs publics et privés, dont le thème était « Comment améliorer la prise en charge des victimes ? ». Donc, ce sont des échanges qui ont duré tout le vendredi après-midi, et au cours desquels un certain nombre de personnes ont pu s'exprimer.
Et à la fin de la journée, nous sommes repartis, nous magistrats, avec des pistes d'amélioration à mettre en œuvre, pour améliorer encore notre prise en charge des victimes, qui est un souci, évidemment, constant de l'institution judiciaire en général.
Parce que hier, Gérald Darmanin, votre ministre, le ministre de la Justice, a demandé une mobilisation générale des magistrats. Il dit « Il ne nous a manqué ni de moyens ni de lois, il nous a manqué de prioriser les viols sur mineurs. » Vous avez assez de moyens, Rémi Coutin ?
Alors, s'il est incontestable que les moyens financiers, budgétaires, en termes de magistrats, ont augmenté depuis 2017 et l'arrivée à la présidence de la République de M. Macron, pour autant, on partait de tellement loin que nous ne sommes pas encore, à mon sens, suffisamment nombreux pour arriver à faire face à l'ensemble de nos missions et à traiter l'ensemble des procédures pénales dans des délais qui seraient corrects. Je rappelle ce chiffre qui, à mon sens, est le plus parlant. En France, il y a trois magistrats du parquet, trois procureurs pour 100 000 habitants, quand la moyenne européenne est de 12 pour 100 000. À mon avis, tout est dit avec ce chiffre.
La justice ne représente d'ailleurs que 5 euros sur 1000 du budget de l'État et plus de la moitié du budget du ministère de la Justice part vers les prisons. Ce qui revient chez plusieurs syndicats de magistrats, mais aussi chez les enquêteurs, c'est qu'en gros, trop de priorités tuent la priorité. Il y a 64 circulaires envoyés au parquet en 2025 avec des priorités qui changent en fonction de l'actualité. Les féminicides, le narcotrafic, les rodéos urbains. Est-ce que vous partagez ce sentiment ? Tout devient prioritaire ?
Oui, quand on se penche, par exemple, sur les deux ou trois dernières années, au bout d'un moment, j'ai envie de dire, on a fait le tour de la boucle, c'est-à-dire que toutes les matières pénales auront à un moment ou à un autre été évoquées comme prioritaires dans les circulaires que nous recevons.
Alors, c'est sûr que ça fait partie des fonctions de procureurs, de chefs de parquet, d'arriver à garder la tête froide, à voir clair au mieux de tout ça, et puis à dire à nos collègues, ok, là, en fait, ce qui est vraiment prioritaire, c'était le contentieux et le contentieux, mais il faut reconnaître que nous recevons de nombreuses instructions au fur et à mesure que les mois passent, et parfois, elles sont contradictoires les unes avec les autres, malheureusement.
70 000 plaintes impliquant des mineurs vont être réexaminées par les procureurs généraux d'ici au 14 juillet. Un état des lieux tribunal par tribunal, commune par commune, a demandé hier Gérald Darmanin. Est-ce que ça vous semble réalisable de faire ça en un peu plus d'un mois ? Et combien de plaintes au parquet d'Evreux parmi ces 70 000 évoqués ?
Alors, dès vendredi dernier, j'avais demandé au colonel commandant le groupement de gendarmerie de l'heure et au directeur départemental de la police nationale de Mont-Ressort de me faire un état des lieux précis pour lundi prochain des procédures qui sont en cours dans leur service concernant des infractions sexuelles commises contre des mineurs victimes. Donc, je n'ai pas encore cet état des lieux précis, mais à la louche, je l'estime, à environ 2 000 procédures dans le département de l'heure que mes 13 collègues du parquet d'Evreux et moi-même allons devoir passer en revue dans un d'aller d'un mois. Je vous laisse faire le calcul. 2 000 procédures, 14 magistrats. Ça va être important.
Et malheureusement, il faut bien prendre conscience qu'on ne va pas faire que ça. C'est-à-dire que le reste de l'activité pénale va continuer à fonctionner normalement.
Est-ce que pour vous, Rémi Coutin, on fait des magistrats, les boucs émissaires en ce moment, parce que plusieurs syndicats, dont l'union syndicale de la magistrature, dénoncent le fait que les magistrats soient ciblés, désignés responsables finalement par le Gard des Sceaux et, je cite, soumis à la vendicte, aux menaces, avant même les résultats de l'enquête administrative concernant l'affaire IANA. Comment vous vous sentez ?
Alors, effectivement, il y a vraiment, à mon sens, une erreur de communication à ce sujet parce que le ministre de la Justice et le ministre de l'Intérieur ont annoncé, ordonné, une mission conjointe d'inspection afin de rechercher s'il y a eu des éventuels dysfonctionnements au niveau du parquet et au niveau des services de gendarmerie. Donc, acte, c'est effectivement ce qu'il faut faire. Mais, alors, il faut attendre les conclusions de cette inspection qui seront rendues dans 15 jours, je crois, et venir désigner à la vendicte tel ou tel magistrat avant même les conclusions de cette inspection, c'est complètement inapproprié.
Et je peux vous dire que la collègue procureure d'Auge, qui est notamment mise en avant, est victime d'insultes phénoménales et de menaces de mort sur les réseaux sociaux, notamment. C'est absolument incompréhensible et scandaleux. Et c'est vrai que, dans l'ensemble des tribunaux, beaucoup de magistrats sont partagés entre l'incompréhension, la colère et l'écœurement.
Merci beaucoup. Rénie Coutin, procureur de la République d'Evreux, d'avoir accepté l'invitation d'ici Normandie ce matin. Bonne journée à vous.
Merci.