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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 4 avril 2025 58 minComplaisantPortrait personnelEnvironnement & énergieEurope & internationalAgriculture & alimentationSolidarités & famille

Gabriel Amard, député La France insoumise du Rhône | Politiques, à table !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Gabriel Amard, vous êtes député La France Insoumise de la 6e circonscription du Rhône. Mais votre parcours politique et professionnel nous emmène d'abord à Viry-Châtillon, dont vous étiez l'édile pendant plus de dix ans.

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Ce qui vous passionne et ce qu'on retrouve sur tous ces territoires, et bien plus encore, c'est l'eau. Vous avez créé la régie publique eau des lacs d'Essonne dès 2010.

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Alors, une fois n'est pas coutume, dans cette émission, on sait déjà ce qu'on va boire à table. Mais qu'est-ce qu'on va manger ?

  • 8:00ComplaisanteRéponse directe

    Ah, lorsque j'ai pris connaissance de votre menu, Gabriel Amard, je me suis dit : "Vous nous refaites le coup de Mélenchon avec son taboulé au quinoa."

  • 10:00RelanceRéponse directe

    Non, j'avais bien avant été sur ce chemin-là, notamment pour des raisons de santé.

  • 12:00OuverteRéponse partielle

    Vous dites : "Je n'ai rien contre le fait qu'on remplace justement la viande, qu'on aille chercher des protéines ailleurs." Qu'est-ce que vous pensez de ces industries qui développent des saucisses végétales ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Gabriel AmardFait
    « On va manger du menu végétal avec du petit épeautre au chou-fleur, avec une sauce au sésame et en dessert, un crumble aux pommes et aux dattes. »
  • 10:00Gabriel AmardFait
    « Je voyais mes taux de triglycérides augmenter, on me disait que j'allais finir avec un wagon de médicaments à ce rythme-là, et donc je suis allé chercher du côté de l'alimentation pour retirer des apports en gras notamment, et les graisses animales, les beurres, les crèmes, etc. »
  • 11:00Gabriel AmardChiffre
    « il fallait deux fois moins d'eau, c'est-à-dire plutôt moins de cinq mille litres pour faire un kilo de protéines végétales et plutôt dans les huit à neuf mille litres pour faire un kilo de protéines animales »
  • 24:00Gabriel AmardFait
    « Si j'étais chauvin, je vous dirais que oui. Surtout en amont de Lyon, à Villeurbanne, les captages seront peut-être moins compliqués à potabiliser qu'au sud de Lyon, dans la vallée de la Chimie. »
  • 26:00Gabriel AmardFait
    « La gestion publique de l'eau qui a été choisie à Paris en 2010, j'étais contemporain de ce passage du privé au public. Certains l'ont fait depuis pour des raisons philosophiques et politiques, d'autres l'ont fait pour des raisons purement comptables. »
  • 27:00Gabriel AmardChiffre
    « il y a 31 000 services d'eau et d'assainissement et le privé ne gère que 6 000 services d'eau et d'assainissement. Donc le modèle dominant français c'est bien la régie publique. »
  • 28:00Gabriel AmardFait
    « Il semble que ceux qui acceptent mieux et ne vivent pas avec les effets secondaires de leur intolérance quand ils prennent du pain au petit épeautre. »
  • 34:00Gabriel AmardChiffre
    « Sur trente collectivités territoriales dans lesquelles nous avons recherché 33 molécules différentes de PFAS et lorsqu'on cherche des PFAS, on les trouve quasiment à tous les coups car dans 96 % de nos échantillons, il y a bel et bien présence de PFAS. »
  • 36:00Gabriel AmardFait
    « Nous venons de voter un texte qui, pour moi, je l'ai voté, les Insoumis l'ont voté, mais qui est à des années-lumière de ce qu'il faut faire. Nous n'interdisons toujours pas, dans tous les domaines de la vie courante, l'utilisation de ces molécules. »
  • 37:00Gabriel AmardChiffre
    « Il y a 14 000 molécules en circulation. Pas 20, pas 33, il y en a 14 000. Il faut savoir si on veut protéger nos concitoyennes et concitoyens. »
  • 39:00Gabriel AmardFait
    « Il faut faire extrêmement attention à ce que l'activité humaine ne vienne pas, finalement, nous emmener dans le mur et détruire le vivant et nous, avec. »
  • 46:00Gabriel AmardFait
    « C'est la version originale, originelle devrais-je dire. C'est celle du XIXe siècle et du début du XXe siècle. C'est une lamentation de femmes ouvrières qui ont les pieds dans l'eau dans des cultures de riz et qui se plaignent de leurs conditions de travail. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Générique ... ...

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Politiques à Table. On enfile une toque, un tablier et comme chaque semaine, on va faire rissoler ensemble l'actualité politique et gastronomique pour vous servir une information claire sur la production et la consommation en France. A notre table, nous avons Gabriel Amard. -Bonjour ! -Bonjour.

M. Amard. -Et bonjour à vous, Jean-Pierre Montanay. -Bonjour. -Gabriel Amard, vous êtes député La France Insoumise de la 6e circonscription du Rhône.

Mais votre parcours politique et professionnel nous emmène d'abord à Viry-Châtillon, dont vous étiez l'édile pendant plus de dix ans. Un peu plus tard, à Lons-le-Saunier, vous avez monté un organisme pour former des élus locaux. Vous grimpez même jusqu'à Villeneuve-d'Ascq pour les élections municipales de 2020.

Entre le Rhône, le Jura, le Nord, on s'attendait à parler de pâté en croûte, de soufflé au comté ou bien encore d'andouillettes et de welsh. Ce qui vous passionne et ce qu'on retrouve sur tous ces territoires, et bien plus encore, c'est l'eau. Vous avez créé la régie publique eau des lacs d'Essonne dès 2010.

Vous avez participé à la coordination jurassienne Eau et Assainissement. Vous avez cofondé France Eau Publique et vous administrez le collectif Elu Association Usagers, un acronyme qui fait EAU. E-A-U, trois lettres qui guident depuis toujours vos combats et vos luttes pour une meilleure gestion et la préservation de cette ressource.

Alors, une fois n'est pas coutume, dans cette émission, on sait déjà ce qu'on va boire à table. Mais qu'est-ce qu'on va manger ? -On va manger du menu végétal avec du petit épeautre au chou-fleur, avec une sauce au sésame et en dessert, un crumble aux pommes et aux dattes. -Dans Le dessous des plats, on vous emmène au Sénat, plus précisément dans la commission d'enquête sur le scandale des eaux en bouteilles.

Des auditions complexes où les grands groupes concernés ne se montrent pas toujours très coopératifs. Vous allez le découvrir dans quelques instants. -Dans Les pieds en plat, tandis que les épisodes de sécheresse sont de plus en plus fréquents, comment les agriculteurs s'adaptent-ils pour cultiver avec toujours moins d'eau ?

Reportage à suivre. -Voilà pour le menu, maintenant on passe à table et je vous propose de nous ouvrir l'appétit avec Cuisine et confidences. Jingle -Ah, lorsque j'ai pris connaissance de votre menu, Gabriel Amard, je me suis dit : "Vous nous refaites le coup de Mélenchon avec son taboulé au quinoa." Un vrai coup de Com', un buzz dingue, les ventes de quinoa qui explosent.

Et oui, qui ne se souvient pas de cette vidéo surréaliste en septembre 2016. On y découvre donc le patron des Insoumis qui se met en scène, seul dans sa cuisine, devant son bol de quinoa pour vanter les vertus de cette petite graine, "la plante de l'avenir", prophétise celui qui est alors candidat à la présidentielle 2018, pour qui c'est une compétition sportive de haut niveau il en profite donc pour dévoiler les secrets et les objectifs de son régime minceur revenir à son poids de forme avant de se lancer dans cette campagne et aussi diminuer la part des protéines carnées donc en clair manger moins de viande voilà donc pour le message écolo un triomphe, un coup de maître avec M. Mélenchon pour parler autrement de la souffrance animale.

Et voilà, rebelote aujourd'hui. Vous en remettez une couche, à la télé bien sûr, avec cette fois une céréale oubliée, le petit épeautre. Peu gourmand en eau, c'est votre dada, et donc adapté aux régions sèches.

Un plat végan, donc, pour remplacer de la viande, bien entendu, avec du chou-fleur et cette sauce au sésame. Ah, le sésame. Alors dites-moi, c'est cette vidéo du chef qui a été le sésame ?

Bref, le déclic pour vous ouvrir les portes de la cuisine végétarienne ? -Non, j'avais bien avant été sur ce chemin-là, notamment pour des raisons de santé. Je voyais mes taux de triglycérides augmenter, on me disait que j'allais finir avec un wagon de médicaments à ce rythme-là, et donc je suis allé chercher du côté de l'alimentation pour retirer des apports en gras notamment, et les graisses animales, les beurres, les crèmes, etc.

Le fromage aussi, ce n'était pas spécialement bon pour ce dont je ne souffre pas, mais que nous avons l'air de nous transmettre de génération en génération du côté de mon père. J'ai fait attention d'abord et progressivement à la charcuterie, les viandes grasses, tout y est passé. Et puis un jour, je me suis rendu compte que ça faisait plus d'un mois que je n'avais pas croisé de viande et que je pouvais m'en passer.

Et comme j'avais compris qu'il fallait deux fois moins d'eau, c'est-à-dire plutôt moins de cinq mille litres pour faire un kilo de protéines végétales et plutôt dans les huit à neuf mille litres pour faire un kilo de protéines animales, je me suis dit : "Allions l'utile à l'agréable", parce que j'en avais besoin. Puis j'ai découvert plein de choses. Des céréales qui sont bonnes, des légumineuses que maintenant j'arrive à cuisiner.

Ca a diversifié mon goût. Des fois, il y avait des choses un peu brutales. Par exemple, j'ai adoré passer du pain blanc au seigle, du seigle au sarrasin, mais il y a eu un peu de difficulté à s'adapter au début.

Et puis, je m'y suis fait et j'apprécie des choses. On est libre, en fait. Je ne dis pas que c'est moi qui ai raison et que les autres ont tort.

Je dis juste que moi, ça me correspond. Je suis allé plutôt vers les régimes méditerranéens à cette occasion. Et ça m'est agréable.

J'ai aussi une épouse qui est totalement végétarienne. Donc, ça m'a aidé à bifurquer. -Alors, on va le goûter, ce plat.

Et vous allez nous dire, justement, s'il ressemble à celui que vous faites peut-être chez vous, dans votre cuisine. Vous parlez, justement...

Jean-Pierre parlait de repas végétal, vous dites végétarien, et pour autant, vous nous expliquez aussi que les beurres, les oeufs, tout ça, vous les avez enlevés. Vous êtes végane, vous êtes végétarien, vous êtes quoi ? Quelles sont vos limites ? -Je serai végétarien 99 % du temps car je ne veux pas contrarier ceux qui m'invitent, et notamment, dans ma famille, ceux qui mangent encore de la viande, même parfois à tous les repas.

Donc je n'aime pas contrarier ceux qui m'invitent. -Et vous n'essayez pas de les convaincre non plus ? -Ils se laissent convaincre car il y a un enjeu de génération.

Par exemple, j'ai des petits cousins qui me disent : "Tu es le premier de ta génération à avoir retiré la viande de ton alimentation." Ce qui, apparemment, doit être vrai. Donc, eux, ils sont attentifs pour des raisons écologiques, d'une part, et puis aussi parce qu'ils ont à coeur de considérer que s'il y a des alternatives à faire souffrir ou abattre des animaux, puisqu'on peut manger équilibré autrement, ils le font.

Moi, je les encourage à le faire. C'est leur choix, c'est leur sensibilité. Je suis ravi de les voir faire.

Mais mes enfants mangent de la viande, ça ne me contrarie pas. Je n'en fais pas un cheval de bataille permanent. -Quand vous mangez ce petit épeautre, vous aimez ? -J'adore ça. -Vous ne dites pas vivement une bonne entrecôte ou vous êtes content ? -C'est fini.

Je vais vous dire pourquoi. Car une fois, j'étais en campagne pour les élections européennes. Je me suis retrouvé chez un paysan, un éleveur de la Confédération Paysanne.

Il s'était plié en quatre pour recevoir un candidat, etc. Et il m'a servi un boeuf bourguignon. Je me suis adapté à la situation.

Il y en a qui sont complètement hermétiques au fait de continuer la viande quand ils ont décidé de ne plus en manger. -Radicaux, même. -Oui, voilà.

Ce n'est pas mon cas. Je ne veux pas être un donneur de leçons. Je dis juste : "On peut manger de manière équilibrée, avoir tout ce qu'il faut pour être en bonne santé, en ne mangeant pas de viande." Bon.

Je le sais, je le fais. S'il y en a d'autres qui le font, je suis ravi et je les encourage à le faire. Mais là, en l'occurrence, j'ai mangé ce boeuf bourguignon.

J'ai cru que j'allais appeler le SAMU. -Ah, pourquoi ? -Parce que ça faisait dix ans que je n'avais pas touché un morceau de boeuf et mon estomac n'a pas compris.

Et j'ai eu une douleur, mais comme si on m'enfonçait une épée dans l'estomac. Et donc je n'ai plus du tout repris et approché un morceau de boeuf depuis. -Vous dites : "Je n'ai rien contre le fait qu'on remplace justement la viande, qu'on aille chercher des protéines ailleurs." Qu'est-ce que vous pensez de ces industries qui développent des saucisses ? -J'allais dire ailleurs.

J'allais réagir sur "ailleurs". Ailleurs, dans la nature, dans l'agriculture vivrière, dans un maraîchage naturel. -Donc, les saucisses végétales, c'est pas top ?

La charcuterie végétale, non ? -Je suis contre les protéines de synthèse, les choses fabriquées. -Ce n'est pas de la synthèse, c'est du soja, souvent. -Après, on peut travailler des choses.

On peut travailler le blé, on peut travailler le petit épeautre, les pois chiches, les légumineuses, on peut travailler les haricots rouges ou la lentille. Tout ça, ça m'intéresse. -Vous en avez déjà goûté ?

Moi, j'en ai acheté. -Je ne suis pas un habitué de la nourriture industrielle. Depuis toujours, je n'aime pas ça, je ne suis pas tenté.

Donc du coup, je ne vais pas y aller à propos du régime végétarien. Ca ne m'attire pas. -OK.

Je suis plutôt pour qu'on aide et on défende nos paysans. pour qu'ils nous donnent une autosuffisance alimentaire, une souveraineté alimentaire en France, pour qu'on mange de manière équilibrée sans avoir besoin d'une industrie alimentaire. -Si manger moins de viande, ça passe aussi par le fait de servir des hot-dogs avec des saucisses végétales dans les cantines. -Moi, je pense que...

Il vaut mieux proposer des céréales, des légumineuses que des produits transformés dans les cantines. Bon, après, je ne vous cache pas que j'aime les préparations de seitan à base de blé parce que j'aime avoir de la consistance sous la dent. -Oui, de la mâche, comme on dit. -Il y a aussi, Gabriel Amard cuisinier, vous aimez de temps en temps.

Alors, c'est quoi votre cuisine ? Vous avez des racines italiennes, juives, même pieds noirs. Qu'est-ce que ça donne quand vous êtes au fourneau ?

Si on vient chez vous, monsieur Amard ? -Qu'est-ce que ça donne ? D'abord, je ne sais pas cuisiner, je dis toujours : "Je sais nourrir." -C'est déjà pas mal. -Je l'ai fait pour mes enfants, souvent, dans leur enfance, on a fait ensemble.

A l'époque où je mangeais encore de la viande, on faisait du tacchiino. De la dinde roulée avec du prosciutto italien, du jambon italien, de l'oeuf, du basilic. On faisait un roulé.

On aimait le faire ensemble. J'aimais plus jeune, et d'ailleurs, je me disais, en réfléchissant à votre émission, que je devrais m'y remette. J'adorais faire des gnocchis.

Les pommes de terre. -Mais les vrais ? -Les "Emilia-Romagna". -Avec les patates... ? -Roulés avec la fourchette ? -Avec les pommes de terre, la farine. -Vous avez un petit truc, une petite astuce à nous donner ?

J'en ai une sur les gnocchis. -Astuce, je ne saurais pas. Le mélange, c'est... 500 grammes de pommes de terre pour 250 grammes de farine,...

Je rajoute un jaune d'oeuf. Je vais les faire cuire à l'eau. -Non, faites-les cuire au four.

Elles ne vont pas absorber de l'eau. Du coup, quand vous allez mettre de la farine pour assécher la pomme de terre,... -Bonne idée. -...elles seront moins aqueuses. -Oui, c'est ça.

Après, le choix de la pomme de terre va compter. Je n'aime pas qu'elle ait un goût trop fort. -Des pommes de terre un peu farineuses, déjà, et mettre un peu de fécule de pommes de terre, un peu de farine, mais surtout pas les faire cuire à l'eau, car elles s'absorbent. -Vous mettez du beurre ou vous mettez de l'huile ?

Moi, de l'huile, pour les raisons que je... -Un tout petit peu d'huile et l'oeuf. -Le jaune uniquement ou tout l'oeuf ? -Le jaune. -Voilà. -Et dans ce plat, on retrouve aussi de la sauce.

De la sauce sésame. Vous aimez bien mélanger un petit peu les influences. Vous parlez de vos influences italiennes.

La sauce sésame, vient plutôt de la cuisine asiatique. Voilà, c'est des choses que vous pratiquez, mélanger les influences ? -Déjà, je vous disais, quand je tiens mes permanences sur les marchés à Villeurbanne, j'aime bien faire la fin du marché, voir ce qu'il y a, ce qu'il y a encore, juste avant la fermeture.

Ca me permet aussi de m'évader que de cuisiner. Je ne suis malheureusement pas assez souvent chez moi, mais quand j'y suis, on me réclame de faire le riz qu'il y a façon risotto. Alors ça prend de 20 minutes à 35 minutes, selon les riz.

Et du coup, moi, ça me permet de ranger mes idées tout en tournant dans une poêle en inox. On reviendra sur le pourquoi, j'imagine... -On a compris. -...pour éviter les revêtements qui génèrent des pollutions et qui nous empoisonnent.

Donc, voilà, ça prend du temps, c'est vrai, mais ça permet de ranger ses idées, de...

C'est des moments où on se détache un peu. -C'est intéressant ce que vous dites quand vous faites la cuisine. Toute votre batterie de cuisine est en inox, vous le saviez avant ?

Ou vous avez tout changé récemment ? -J'ai la chance dans ma famille d'avoir une cousine qui travaille à l'Agence européenne des produits chimiques. Et très tôt, elle a fait passer le message par bouche à oreille dans la famille.

Et moi, je dirais que nous avons retiré le téflon il y a 25 ans de notre cuisine. -C'est ça de gagné. -Toutes les ménagères vous écoutent.

Comment vous faites des omelettes et des crêpes dans les poêles en inox sans que ça accroche ? -Alors, j'utilise la fonte. -Ah, la fonte.

Mis je parlais de l'inox. -Oui, mais il y a de tout. J'utilise l'acier. -La céramique. -J'utilise l'inox et j'utilise la fonte de manière à avoir des revêtements un peu différents qui vont permettre, selon ce qu'on fait... -Parce que l'inox est très bien conçu. -Je n'ai pas retenu la céramique dans mes exemples.

Parce que souvent, c'est de la céramique avec des produits pulvérisés sur du revêtement métallique. Et il faut qu'il y ait des molécules de PFAS pour tenir la céramique sur le fer. -Parce que j'ai acheté des casseroles en céramique.

C'est intéressant. -Le plat en céramique, peut-être que ça fonctionne mieux que ces pulvérisations. -On en revient à notre belle assiette et ce petit épeautre.

Je ne connaissais pas vraiment ce petit épeautre. Expliquez-moi d'où il vient et comment il se cuisine ? -C'est le petit frère du grand.

Vous ne connaissez pas non plus ? -Elle rit. -Donc c'est aussi un cousin du blé.

Et le petit épeautre est considéré comme la céréale la plus ancienne cultivée par l'homme. Il y a dix mille ans, dans le croissant fertile, avant de gagner ensuite l'Europe. C'est un des aliments, et c'était un des aliments de base dans l'Antiquité, en Egypte, à Rome.

Ce petit épeautre ensuite a disparu au XXe siècle, au profit du blé, qui était préféré évidemment pour son meilleur rendement. Longtemps oublié, il est réapparu dans les années 90 et revient aujourd'hui en grâce, en cuisine, puisqu'on en a sous les yeux, et c'est effectivement bon. Sa production est maintenue en Haute-Provence, où il bénéficie d'une IGP, Indication Géographique protégée, à ne pas confondre avec le grand épeautre qui se rapproche du blé, mais surtout, il a une vertu, c'est qu'il ne consomme pas beaucoup d'eau.

C'est pour ça que M. Amard l'a choisi. Sous forme de farine, il est utilisé en pâtisserie, pour confectionner des cakes, des biscuits, des cookies, et aussi du pain à qui le petit épeautre transmet de subtils saveurs de noisettes.

Il remplace des flocons d'avoine dans votre muesli. Et il sert également à faire de la bière. Enfin, en cuisine en grains, si M.

Amard aime le risotto, il peut faire du risotto du petit épeautre façon risotto. Attention, ça cuit 30 à 40 minutes. Mais si vous le faites tremper avant, vous pouvez gagner dix minutes.

Et voilà, il se marie parfaitement avec des asperges, des champignons, des petits pois. Le printemps arrive, osez le risotto d'épeautre. -C'est vraiment délicieux.

Pour accompagner ce plat, comme tous vos combats politiques finalement, on trouve de l'eau. Vous avez même apporté un verre qui vient de la métropole de Lyon Métropole, mais juste avant de parler de l'eau, on y reviendra plus longuement tout à l'heure, c'est promis. Ca peut surprendre, mais vous ne buvez pas que de l'eau, du vin aussi.

Vous nous avez ramené une bouteille, un vin blanc. Expliquez-nous. -Alors c'est un Vionnier, c'est un cépage de la vallée du Rhône qui plaît bien.

On le connaît sans le savoir quand on boit du Condrieu, par exemple. Celui-ci vient de Saint-Sorlin, un petit hameau même de Saint-Sorlin qui s'appelle Posafol qui est à proximité de Lagnieu dans l'Ain et les vignes trempent dans le Rhône, à la limite Dauphiné Bugey. Du coup, on passe du Dauphiné en venant de Villeurbanne dans le Bugey pour aller au domaine de M.

Jean-Christophe Pellerin, qui a une culture en harmonie avec la nature. Il fait des vins qu'on dit natures ou naturels, sans intrants. En tout cas, sans intrants chimiques.

Et c'est ça qui m'intéresse dans son travail, parce qu'il y a ce souci de vivre en harmonie avec la nature et pas contre elle. Et puis du coup, avec ce qu'on sait maintenant des molécules de PFAS qui accompagnent les herbicides, les pesticides, on se dit qu'autant pas s'injecter des polluants éternels dans les veines et choisir des boissons qui n'en véhiculent pas au travers du végétal, du raisin, puis par la terre et ensuite dans une bouteille. -Donc vin naturel, vous l'avez dit, vous ne buvez que ça, vous ne sélectionnez votre vin que par principe, en fonction de sa naturalité ? -Oui, j'allais vous parler à propos du petit épeautre tout à l'heure d'un ami, le maire de Châteldon, Tony Bernard, qui a attiré mon attention un jour sur le fait que les intolérances au gluten, qui ne pouvaient plus naître avec des blés moins riches et des levains moins riches, pouvaient être jugulées par l'utilisation des pains aux petites épeautres.

C'est aussi pour dire qu'il y avait encore d'autres domaines dans lesquels cette céréale est bien utile. -Attention quand même, il y a du gluten dans le petit épeautre. -Oui. -Les maladies de céliaque, il faut faire attention. -Il semble que ceux qui acceptent mieux et ne vivent pas avec les effets secondaires de leur intolérance quand ils prennent du pain au petit épeautre. -C'est le raffinement des blés. -Donc j'en reviens à...

Oui, je dois dire, mais autant que possible, parce qu'on court beaucoup, on a des vies faites d'engagement, de don de soi, où on ne sait pas se fixer des limites. Donc des fois, on prend ce qu'on a sous la main à la fin d'un marché. -Oui. -Mais le plus possible, oui, j'essaye d'aller soutenir au travers de mes choix de consommation ceux qui vont non seulement nous permettre d'avoir une souveraineté alimentaire et une agriculture vivrière dans chaque bassin de vie, mais qui vont le faire sans détruire la nature autour, sans empoisonner le vivant en général et nous en particulier. -Et donc à côté de ce vin, je le disais, vous avez donc apporté votre verre d'eau.

Bon, là c'est de l'eau d'ici, de l'eau parisienne. -De l'eau de Paris 2025, un beau millésime d'une régie publique. -Est-ce que l'eau de Lyon Métropole est meilleure ? -Si j'étais chauvin, je vous dirais que oui.

Surtout en amont de Lyon, à Villeurbanne, les captages seront peut-être moins compliqués à potabiliser qu'au sud de Lyon, dans la vallée de la Chimie. On aura peut-être l'occasion d'en parler, puisque c'est l'enjeu des PFAS. Mais la gestion publique de l'eau qui a été choisie à Paris en 2010, j'étais contemporain de ce passage du privé au public.

Certains l'ont fait depuis pour des raisons philosophiques et politiques, d'autres l'ont fait pour des raisons purement comptables. La réalité aujourd'hui c'est qu'il y a 31 000 services d'eau et d'assainissement et le privé ne gère que 6 000 services d'eau et d'assainissement. Donc le modèle dominant français c'est bien la régie publique.

Mais les établissements publics que nous avons créés ces quinze dernières années, comme j'ai pu le faire en Essonne dans une autre vie, comme j'ai pu avoir le plaisir d'être auditionné, de soutenir et d'accompagner les choix d'Anne Grosperrin pour les écologistes de Florestan Group pour les Insoumis à la métropole de Lyon, qui ont bâti une régie publique avec un haut niveau d'implication citoyenne, qui sont allés au-delà de l'idée que les règles de la comptabilité publique font que la gestion publique est toujours moins chère que la gestion déléguée à un opérateur privé. Ils ont été aussi sur un contenu politique, une tarification différenciée en fonction des usages, des volumes gratuits au domicile principal. Bref, ils ont fait avancer l'idée que l'eau est légale du rayon de soleil et de l'air, trois minutes sans air, on est mort.

Trois jours sans eau, on est mort. Donc, du coup, à l'arrivée, on est là sur un commun du vivant dont on ne peut pas se passer et qui est d'aucune manière une marchandise. -Valérie, la réponse à votre question sur vous préférez l'eau de Lyon ou de Paris, il dit Lyon.

Mais ça m'inspire une question. Est-ce qu'on pourrait, à l'avenir, évoquer des IGP pour l'eau ? -Vous y avez déjà pensé ? -Il y a une directive européenne sur l'eau.

Elle est insuffisante. Elle nous fixe des objectifs de qualité. J'ai d'ailleurs une mission d'information à ce sujet pour la délégation aux collectivités locales.

Je n'ai pas pensé à ça. Je voudrais déjà qu'on applique bien en France les cadres réglementaires qui sont censés nous protéger au plan sanitaire. Ca passe aussi par le fait que, comme je le dis pour d'autres sujets depuis tout à l'heure, nous vivions plus en harmonie avec la nature car nous sommes tous dans le même bain, le même jardin planétaire. 60 % de notre corps est composé d'eau. -Oui, bien sûr. -Donc, nous sommes dans l'eau.

A l'état liquide ou à l'état gazeux. Dans cette pièce, il y a de l'eau à l'état gazeux. -C'est vrai. -Il faut faire extrêmement attention à ce que l'activité humaine ne vienne pas, finalement, nous emmener dans le mur et détruire le vivant et nous, avec. -Oui.

Et l'eau, à la différence de l'alcool, on peut la consommer sans modération, exactement comme les quiz. C'est parti. Jingle -Décidément, cette émission, c'est une histoire d'eau.

Mais bon, celle-ci n'est pas interdite aux moins de 18 ans. Alors, grand spécialiste de l'eau, vous êtes sans doute incollable sur les poisons...

Pardon ! Les poissons, c'est aussi votre histoire, mais c'est, les poissons d'eau douce. Sauriez-vous nous dire si ces affirmations sont vraies ou fausses ?

Les espèces vivant en eau douce qui partent se reproduire en mer, comme l'anguille, sont appelées potamotoque. Vrai ou faux ? -Je n'en sais rien.

Il faut dire vrai. -Alors, c'est faux. On les appelle les thalassotoques.

Les potamotoques font l'inverse. Elles vivent en mer et se reproduisent en eau douce comme le saumon de l'Atlantique. -Absolument. -Je ne connaissais pas les deux termes avant de faire ce quiz. -On l'a compris. -Le plus grand silure jamais pêché mesurait 4m05. -Oui. -Non, faux. 2m85, pêché en 2023, dans le Pô en Italie.

En France, on a quand même sorti de l'eau du Rhône un spécimen à 2m73. Ca fait pas mal quand il faut lever les filets. -Une belle vallée pour faire du riz, le Pô. -Exactement, tous les riz du risotto sont de là-bas.

Alors, endémique dans les lacs alpins, la Ferra avait disparu dans les années 1920. C'est un poisson. Est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est faux ?

Endémique dans les lacs alpins, la Ferra avait disparu dans les années 1920. -Vrai. -Oui, vrai.

Et elle doit son retour prolifique à l'implantation d'Alvin de Neuchâtel, le lac suisse. Avec sa chair fine, la lotte de lac est la cousine de la lotte de mer, la fameuse Beaudroit. Vrai ou faux ? -Aucune idée, je donne ma langue au chat. -Faux.

Rien à voir. La lota-lota, nom de la lotte de lac, est la cousine du merlu, mais elle n'a rien à voir avec la lotte de mer. -Très bien.

On passe maintenant à notre second quiz. Vous connaissez la formule "avec des si" on mettrait Paris en bouteille. Mais cette fois, rien d'insurmontable.

Simplement, quatre affirmations sur la taille des bouteilles de champagne. Sauriez-vous nous dire si elles sont vraies ou fausses ? La fillette correspond à la moitié d'une bouteille d'un litre. -Non. -Vous avez raison, c'est faux. 37,5 centilitres, c'est-à-dire, la moitié d'une bouteille normale.

Le Jéroboam est un double Magnum. -Oui. -C'est vrai, vous avez raison, c'est vrai, 3 litres, soit deux fois un litre et demi et qui est le volume d'un Magnum.

Le Mathusalem contient huit litres. -Allez, oui. -Non, vous avez faux.

Non, c'est six. C'était le piège. -Vous fréquentez pas, c'est la Voile Rouge à St-Tropez. -Ah non, le champagne, tout ça, bon.

Et avec ses 30 litres, le Melchisédech est la plus grande bouteille de champagne qui existe. 30 litres, le Melchisédech. -Joker. -Allez, une chance sur deux, dites-nous.

Vous pensez que c'est vrai ou faux ? -Oui, ça doit être vrai. -Vous avez raison, c'est vrai.

L'équivalent de 40 bouteilles standards et de 240 coupes de champagne. -Oui, mais c'est compliqué à mettre dans le coffre. -Savez-vous pourquoi une bouteille de vin jaune fait 62 centilitres ? -Ah non, c'est vrai. -Pas 75. -Les bouteilles de vin jaune sont plus petites. -C'est très vrai, pourquoi ? -Elles sont plus larges et moins haute.

Parce que c'est pour renvoyer l'image qu'il y a une part des anges qui s'est envolée en six ans et cinq mois, puisque le vin jaune, c'est un vin qui se réduit. -Evidemment. -Et contrairement aux méthodes bourguignonnes où on complète chaque semaine, par exemple, le fût, pour faire un vin ouillé, parce qu'on complète en regardant et en versant à l'oeil du fût, eh bien, on laisse s'évaporer, se constituer un voile et qui fait qu'au bout de six ans et cinq mois, si tout s'est bien passé, on a une réduction.

Et du coup, pour symboliser commercialement le fait que cette réduction s'est opérée pendant le vieillissement, la bouteille fait 62 centilitres. -Je retiens pour un prochain quiz. Merci. -Maintenant qu'on a creusé dans vos connaissances, on va maintenant chiner dans votre mémoire, c'est la Brève de comptoir.

Jingle Pour l'émission, on vous a demandé d'aller fouiller dans vos souvenirs, pour nous raconter ici une anecdote, un fait mélangeant, comme dans un mixeur, vos combats politiques et la gastronomie. Vous nous emmenez dans les Landes, avec Danielle Mitterrand. Racontez-nous. -Un moment extrêmement émouvant pour moi, c'est l'unique fois que je me suis rendu à Latche, dans la maison familiale des Mitterrand.

C'était en août 2011 peu avant le décès de Danielle Mitterrand. C'est la première fois d'ailleurs que j'ai mangé un hachis parmentier végétal ce jour-là. C'était donc très bon.

Je n'étais pas encore passé au régime végétarien, mais peut-être que sur mon chemin, ça y aura contribué. J'étais, comme vous le voyez, en train de faire un échange filmé sur le droit à l'eau. L'eau n'est d'aucune manière une marchandise.

Nul ne peut se l'accaparer au détriment du grand nombre. Enfin, Danielle m'expliquait tout ça. Et elle s'arrête tout d'un coup.

J'avais bien repéré qu'il y avait une tâche d'humidité. La pauvre en était gênée. Il y avait une fuite sur son réseau d'eau potable.

Mais une petite grenouille était venue nous rendre visite. Et nous nous sommes arrêtés pendant cet entretien filmé. Et je dois dire que nous étions très émus de faire cette rencontre. -Avec la grenouille. -Et d'accueillir cette grenouille dans notre conversation.

Voilà, donc c'est un souvenir émouvant car pour ce qui est des enjeux, des droits fondamentaux, du respect et de la transposition dans le droit français, de la résolution des Nations Unies en faveur du droit à l'eau comme un droit essentiel et préalable à l'exercice de tous les autres droits. Danielle a été pour moi une référence et quelqu'un qui m'a ouvert sur cette voie, et notamment sur l'harmonie avec la nature, la prise en compte du vivant en général. Elle a beaucoup inspiré notre famille politique.

J'avais le sens des services publics, que j'avais appris très jeune, en étant adjoint au maire à l'âge de 22 ans, en rencontrant Jean-Luc Mélenchon dès 1986, puisque nous nous sommes rencontrés à l'époque d'un mouvement étudiant contre la réforme Devaquet. Mais le passage de la notion des communs services publics, éducation, hôpital, ce qu'on a l'habitude de prendre en référence au fait qu'il y avait des communs du vivant et que ce sont d'aucune manière des biens. Moi, je ne dis pas bien commun pour l'eau.

Je dis commun du vivant parce que l'eau est dans chaque corps vivant. Plantes, animaux, animaux humains, animaux non humains, si je puis un peu forcer le trait pour me faire comprendre. Et donc, on a plutôt intérêt à coopérer plutôt qu'à vivre les uns contre les autres.

Et ça, Danielle me l'a appris. Elle m'a aussi appris une grande chose, qu'il ne fallait pas, à propos de l'eau, faire un grand service public de l'eau, mais qu'il fallait avoir des objectifs dans la communauté de la patrie républicaine des Français, en termes de sobriété, en termes de conditions d'accès, en termes de qualité de l'eau, mais qu'il fallait absolument, pour vivre en harmonie avec le cycle de l'eau, travailler dans la proximité, autour des sources. Et c'est pour ça que la France Insoumise défend la co-gestion de l'eau entre les représentants des collectivités, les usagers de l'eau et les salariés. -On va y revenir évidemment, on va parler et poursuivre cette discussion sur l'eau.

Mais je vous propose d'abord de revenir sur un scandale sanitaire révélé il y a plus d'un an par nos confrères de Mediapart, Radio France et Le Monde, le groupe industriel Nestlé Waters qui commercialise les bouteilles de Perrier, Vittel ou Contrex est accusé de vendre de l'eau étiquetée comme minérale naturelle malgré l'usage de traitements totalement interdits. On en parle tout de suite dans Le dessous des plats. Jingle L'affaire sort au début de l'année dernière.

Certaines eaux en bouteille étiquetées minérales, naturelles et de source sont en réalité infestées de produits chimiques. L'opinion publique est scandalisée et le Sénat décide de s'emparer du sujet à travers une commission d'enquête sur les pratiques des industriels de l'eau en bouteille et les responsabilités des pouvoirs publics dans les défaillances du contrôle de leurs activités. Parce que vous allez le voir dans cette enquête, l'Etat avait conscience de certaines pratiques depuis au moins 2020.

Les explications de Dario Borgogno. -Ces bouteilles de Perrier seraient loin d'être pures. Nestlé Waters aurait utilisé depuis des années des filtres inadaptés pour filtrer des eaux contaminées par des bactéries et de les avoir vendues sous l'appellation "eau minérale".

Des faits reconnus par la filiale du groupe alimentaire. Selon plusieurs médias, cette commercialisation aurait été facilitée par l'Etat. Information démentie. -Je ne suis pas au courant de cela. -Depuis novembre, le Sénat a décidé de s'emparer du sujet.

Les géants de l'industrie ont été auditionnés, mais les sénateurs sont aussi allés sur site, dans le Gard, pour rétablir l'origine des fraudes, comme l'a constaté sur le terrain Public Sénat. -On va aller voir un des forages également. Nous avons visité la partie de l'usine qui nous a intéressé, l'embouteillement. -On a les agents de l'Etat qui sont avec nous, pour qu'ils nous fassent voir comment ils contrôlent.

Je vous rappelle que pendant des années, il y a eu, cachés derrière des armoires, des filtres interdits, etc. Et qu'aujourd'hui encore, il y a des filtres qui sont non conformes à la réglementation, qui sont sur le site. -Cinq heures de visite, sans caméra et sans réponse.

Les sénateurs de la commission d'enquête espéraient trouver les responsables avec l'audition de la PDG de Nestlé Waters, sans succès. -Vous refusez de répondre à la question de cette commission d'enquête qui est de savoir qui vous a informé, quels étaient leurs postes. -Cette question porte sur des faits qui font l'objet d'une procédure judiciaire et donc je ne peux y répondre. -Le tribunal de Paris a ouvert une enquête en février pour tromperie.

La multinationale doit désormais prouver que les filtres utilisés ne nuisent pas à la santé. Sinon, Perrier pourrait perdre son label d'eau minérale naturelle. -Monsieur Amard, est-ce que le manque de réponse de Nestlé Waters vous agace, voire vous met en colère ? -Il me choque.

Excusez-moi. -Non, non, mais... -C'est bon, alors j'en profite. -Vous avez raison. -Il me choque.

Avec Clémence Guetté, nous avions réagi immédiatement après l'enquête de Mediapart. Nous avions fait une demande de commission d'enquête. Plus récemment, nous avons, dans cette législature, recommencé avec mon collègue René Pilato.

J'ai fait un certain nombre de saisines du procureur de la République avec l'article 40. C'est un scandale. C'est un scandale parce qu'en effet, des pratiques de filtration et de traitement ont été utilisées sur des eaux qui sont réputées être buvables à l'état naturel.

Mais il y a aussi tromperie du point de vue du code du commerce parce que les consommateurs auraient dû être informés du fait que le produit n'était pas celui affiché sur les bouteilles. Après, globalement, moi j'attire l'attention que non seulement nous sommes exposés à ce risque-là aujourd'hui, car nous sommes dans la pollution généralisée qu'il nous faut évoquer. Et du coup, les aquifères, le cycle de l'eau, il n'y en a qu'un seul sur la planète.

Le grand cycle est commun. Donc forcément, à un moment donné, ce sur quoi nous nous mobilisons pour sécuriser l'eau du robinet, qui est la plus contrôlée, contrairement à l'eau en bouteille qui est bien moins contrôlée et qui est stockée en bouteille parfois de nombreux mois ou années avant consommation... -On va passer évidemment sur le sujet de l'eau du robinet, car on sait que c'est votre sujet, votre combat.

Mais juste avant, là, dans ce scandale-là particulièrement, on sait qu'Alexis Kohler, un secrétaire général de l'Elysée, sera auditionné le 8 avril. A qui la faute ? Aux industriels ?

A l'Etat ? -Il y a forcément des responsables et des coupables au sens des praticiens qui ont mis en oeuvre quelque chose qui n'était pas respectueux du cadre législatif et du cadre réglementaire. Mais il y a forcément des responsables politiques à partir du moment où ils sont informés et qu'ils ne rappellent pas que la loi doit s'appliquer. -Donc, selon vous, l'Etat, sans jeu de mots, est mouillé dans cette affaire ?

Il y a eu des échanges avec Nestlé au plus haut niveau de l'Etat ? -Ca le laisserait penser. Moi, je ne suis pas ici...

Nous partageons un bon repas. N'allons pas nous transformer en tribunal ou en juge d'instruction, s'il vous plaît. Je respecte... -Vous êtes très prudent pour un Insoumis... -Non, la justice de mon pays va faire son travail.

Je veux avoir un a priori favorable. Mais vous comprenez que cela est intriguant et quand on sait qu'en plus c'est parfois dans des aquifères communs à l'eau du robinet que ces eaux sont prélevées, comme à Vittel, que cette eau part à l'exportation. Imaginez, en pleine sécheresse, on dit aux habitants : "Faites attention à Volvic." On a même été à Volvic jusqu'à assécher de la pisciculture.

Il y a eu des incidences importantes pour les habitants. Et pendant ce temps-là, en plein mois d'août, on continue à envoyer de la Volvic à l'étranger, en bouteille. Et c'est 60 % de ce qui est pris dans la nature en France qui part à l'étranger.

Dans les contextes que nous connaissons, il y a des arrêtés préfectoraux sur la sécheresse. Vous vous rendez compte de ce que cela veut dire ? On a l'enjeu de la qualité que vous soulevez avec ce scandale, mais il y a aussi un conflit d'usage sur lequel il va falloir mettre les choses au clair et privilégier l'eau pour être vivant, en bonne santé, dans chaque bassin de vie. -Si l'eau en bouteille est contaminée, on serait tenté de se tourner vers l'eau du robinet.

Mais alors là aussi, il y a un gros problème de contamination, comme nous l'explique cet expert. -Sur trente collectivités territoriales dans lesquelles nous avons recherché 33 molécules différentes de PFAS et lorsqu'on cherche des PFAS, on les trouve quasiment à tous les coups car dans 96 % de nos échantillons, il y a bel et bien présence de PFAS. C'est pour ça qu'il y a urgence à agir puisque chaque année qu'on va attendre pour prendre des mesures, on va avoir les taux de PFAS qui vont augmenter régulièrement dans notre environnement, Et qui rendront la dépollution de l'eau, non seulement plus difficile techniquement, mais plus coûteuse. -Il n'y a plus aucune solution, c'est-à-dire que l'eau en bouteille est contaminée, l'eau du robinet aussi, que fait-on ? -Vous voyez que la représentation nationale n'est pas à la hauteur, Madame.

Nous venons de voter un texte qui, pour moi, je l'ai voté, les Insoumis l'ont voté, mais qui est à des années-lumière de ce qu'il faut faire. Nous n'interdisons toujours pas, dans tous les domaines de la vie courante, l'utilisation de ces molécules. -Vous parlez des PFAS.

Oui, d'accord. -C'est ce dont on parle là, à propos de l'eau du robinet. Donc déjà, nous avons une problématique.

Il y a 14 000 molécules en circulation. Pas 20, pas 33, il y en a 14 000. Il faut savoir si on veut protéger nos concitoyennes et concitoyens.

Moi, je suis partisan de l'interdiction. Dans tous les domaines où on n'en a pas besoin de PFAS, et de toute la famille des PFAS, et pas molécule par molécule pour en évaluer la dangerosité, on y est encore dans 100 ans. Donc, il faut protéger.

La réglementation européenne prévoit, par l'article 129 du règlement REACH, que l'on peut, en France, aller plus loin que la réglementation européenne et protéger nos concitoyens. -Combien ? -Non.

Pour dire : "On ne produit plus de PFAS dans les domaines de la vie quotidienne." Je pense aux textiles, à l'hygiène de vie, aux cosmétiques. Ca, ça a été prévu par le texte que nous venons d'adopter.

Mais dans la cuisine, on peut avoir du bois, du métal, comme on en a parlé, avec les fontes, avec les inox et les aciers. On peut avoir plein de choses sans avoir à ce que cohabitent des polluants éternels, des PFAS, avec l'alimentation. Dans l'agriculture...

Enfin, nous sommes à des années-lumière de réagir. Le texte adopté ne parle pas du fait qu'il y a des PFAS qui sont répandus dans la nature parce que ces molécules accompagnent, parce qu'elles ont une durée de vie plus longue, les herbicides et les pesticides. Donc, il y a urgence à interdire les PFAS dans les cultures destinées à l'alimentation.

Je travaille à un texte de cette nature. Après, il y a tout le stock. C'est-à-dire que comme maintenant, on est dans une pollution généralisée. -Voilà, c'est ça.

Que fait-on maintenant ? -Il nous faut détruire ces polluants. -Vous avez des filtres chez vous ? -Comment ça ? -Je ne sais pas, à la maison ? -Non, non, moi je pars de l'idée que le service public...

Non, je n'utilise pas parce que nous avons un problème, c'est que Nous avons déjà un souci de traitement des charbons actifs ou des membranes utilisées et qui captent ces polluants. Aujourd'hui, il n'y a aucune sécurisation pour savoir ce qu'on en fait. J'allais y venir en vous disant qu'il nous faut détruire le stock qui est dans la nature.

Et pour ça, ça commence par le fait que la France doit se préoccuper du fait qu'elle utilise les charbons actifs pour potabiliser l'eau. Elle incinère des déchets, mais à des températures qui sont insuffisantes si on veut véritablement que les fers qui sortent des fours n'aient plus de PFAS à l'intérieur. Donc, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?

Nous n'avons pas la capacité à régénérer les charbons actifs, à détruire les PFAS en général. Donc, pendant quelques années, on va devoir d'abord avoir une filière de régénération des charbons actifs. On prétend aujourd'hui les industries chimiques comme les opérateurs de l'eau potable, qu'ils soient publics ou privés, disent les envoyer en Belgique.

Certains nous disent ne pas savoir où ils vont. C'est pour vous dire l'état du problème. -Ca fait pas l'unanimité le charbon actif aussi ? -Peut-être pas, mais on n'a pas encore trouvé d'alternative. -D'accord, c'est ce qu'il y a de mieux. -Si on me parle des osmoses inversées, basse pression, il y a des macérats qui représentent 15 % du volume d'eau traité avant distribution au robinet.

Ces macérats ont une densité de PFAS incroyable. Et que me répondent les opérateurs ? "Ce n'est pas notre problème, on les rejette dans la nature." Alors qu'on les a sous la main, on pourrait les détruire.

Donc on a un vrai problème de planification budgétaire et de choix politiques à faire. J'ai déposé une PPL en ce sens pour que, à la fois, on sache détruire les PFAS qu'on a capté en potabilisant l'eau avec les charbons actifs, qu'on sache incinérer des déchets à des températures suffisantes, l'Académie des sciences vient de publier un rapport mardi. La communauté scientifique nous confirme depuis des années qu'il faut monter à 1 400 degrés pour être sûr d'avoir détruit tous les PFAS dans l'incinération.

Donc, il faut le faire parce qu'on aura beau interdire à la source. D'abord, il y a des domaines dans lesquels on les aura encore. Moi, je ne dis pas que les sapeurs- pompiers ne doivent pas avoir des vêtements adaptés à la haute température.

Bien sûr, il en faut. Dans les hauts fourneaux de Pont-à-Mousson où on fabrique les tuyaux qui transportent notre eau potable, il nous faut protéger les salariés. Donc, il y a des domaines où on ne sait pas faire autrement aujourd'hui.

Mais dans tous les autres où il y a des substituts naturels, il faut absolument avancer. Mais il va falloir attaquer la montagne de la pollution et détruire ces molécules parce que sinon elles vont rester sans fin et elles vont dans nos organismes. -Je lisais une étude, le prix de l'eau, de l'eau courante, ça coûte cher en fait, c'est pas gratuit l'eau courante.

Il a augmenté, en 2010 c'était 3,62 euros pour mille litres, donc un mètre cube, et en 2023 c'est 4,52 euros. Avec ce système de dépollution, comment... -Déjà, je veux vous dire que ça sera toujours moins cher que l'eau en bouteille dont nous parlions avant.

Je veux vous dire que le mètre cube dont vous parlez, c'est celui qui nous permet d'être vivants chaque année. C'est ce qu'il nous faut, 900 litres, trois jours sans eau, je disais, trois litres d'eau par jour et par personne qu'il nous faut ingurgiter, soit directement, soit au travers des aliments. Ca représente 900 litres à l'année.

Donc déjà, ça coûte moins cher que les 300 euros à 900 euros le mètre cube d'eau achetée dans des bouteilles en plastique, qui, sont aussi des emballages qui peuvent générer des taux de pollution dans l'eau en bouteille. Bien. Donc, ce sera déjà moins cher.

Après, en effet, nous ne pouvons pas considérer, alors que 90 % de la pollution est générée par l'activité industrielle parfois par une partie de l'agriculture agricole. C'est l'usager domestique au robinet qui va devoir porter la charge de la dépollution. Ce n'est pas possible.

Et aujourd'hui, il y a une anomalie. A l'Assemblée nationale, il n'y a toujours pas de majorité pour relever le taux de redevance autorisé pour que les industriels qui prennent dans la nature de l'eau payent une redevance au mètre cube. Les agriculteurs ont un taux à zéro, il est plafonné à zéro.

C'est-à-dire qu'il n'y a aucune autorité organisatrice de l'eau du robinet, donc service qui s'occupe et qui a la responsabilité de la quantité et de la qualité d'eau potable, n'a le droit de dire aux agriculteurs : "Vous prenez X milliers ou millions, selon les exploitations, de mètres cubes par an, donc vous nous devez une redevance. Pour l'agence de l'eau qui, elle, va la consacrer à la dépollution." Donc moi, ce que je cherche à faire, c'est que l'usager domestique ne se voit pas matraquer au travers des prix que vous annoncez par le fait que c'est à lui qu'on va demander de dépolluer ce qu'il n'a pas vraiment pollué.

Je ne dis pas qu'il n'a pas pollué. Il a forcément pollué car il y en avait dans la cosmétique, dans les textiles et dans un certain nombre d'aliments consommés et qu'il y en a malheureusement encore à ce jour. Au travers de certaines molécules de PFAS qui accompagnent des engrais, des pesticides, des herbicides.

Bien entendu. Mais ce que je veux dire c'est qu'il y a un principe pollueur-payeur qui doit s'appliquer. Il ne faut pas oublier que les charges eau sont déduites du calcul de l'impôt sur les sociétés.

Donc je veux dire, aujourd'hui, les professionnels qui utilisent de l'eau peuvent déduire cela, alors que les usagers qui ne peuvent pas se passer d'eau pour être vivants, ne déduisent rien de leurs impôts. Ce n'est pas à eux de porter la charge de la dépollution. C'est une redevance qui est à la loi de finances 2026 j'abjure les parlementaires de bien réfléchir.

S'ils sont conscients de cette pollution généralisée, il faut autoriser des redevances sur les prises d'eau qui sont faites dans la nature pour l'activité professionnelle. -On vous a entendu, après l'eau que l'on boit, nous, les humains, je propose d'aller voir du côté de l'eau que l'on verse dans nos champs. Celle qui nourrit nos cultures n'est malheureusement pas illimitée, elle se raréfie même, alors certains agriculteurs s'adaptent.

On va voir comment, tout de suite, dans Les pieds dans le plat. Jingle -Oui Valérie, face à ce manque d'eau de plus en plus récurrent qui touche culture mais aussi les élevages, les agriculteurs n'ont pas d'autre solution que de s'adapter saison après saison, sécheresse après sécheresse. Ca passe par des nouvelles technologies et aussi par des cultures moins gourmandes.

C'est un reportage de Dario Borgogno avec Marion Duvauchelle et Clément Perrault. -Céréales, betteraves, orges, plantes aromatiques. Dans cette exploitation, des cultures variées pour faire face aux dérèglements climatiques. -Les préconisations de beaucoup de météorologues nous disent que demain, on n'aura pas forcément moins d'eau, mais on n'aura pas d'eau de manière aussi régulière. -Pour cet agriculteur, s'adapter à ce nouveau climat passe par les nouvelles technologies.

Ces sondes, plantées chaque année pendant le printemps, enfoncées à plus de 60 centimètres dans le sol, lui permettent de mieux gérer son irrigation. -On a la partie capteur qui nous indique la quantité d'eau que la plante peut aller chercher dans le sol combien d'eau il y a dans la parcelle. Grâce à ces outils, on pilote, on gère, on anticipe et on apporte de l'eau vraiment toujours pareil, la bonne dose, au bon endroit et au bon moment, de manière à limiter mon impact sur le prélèvement dans la nappe phréatique et puis de manière à avoir un bon développement de ma culture. -Grâce à ces outils, cet agriculteur estime économiser entre 10 et 15 % de son eau.

Une gestion aidée aussi par une station météo au milieu de ses terres. -Ici, on est devant ma station météo connectée. Cette station météo a la capacité d'envoyer directement sur mon téléphone portable les données météo nécessaires, que ce soit la pluviométrie, la température, l'humidité de l'air et donc ça me permet de pouvoir avoir les informations en direct, d'avoir les cumuls et de pouvoir aussi travailler à la sauvegarde sur mon logiciel directement pour pouvoir savoir quand mes plantes pourraient être malades, quand je dois irriguer et aussi avoir une fonction un petit peu prévision. -300 agriculteurs disposent de cette station météo en Ile-de-France, un outil essentiel quand on sait que cette région est menacée par des sécheresses de plus en plus sévères.

Certains agriculteurs se tournent aussi vers d'autres cultures pour remplacer celles gourmandes en eau. Comme ici, en Touraine, le sorgo, plante d'Afrique subsaharienne, devient une alternative au maïs. -Donc là, c'est les graines qu'on récolte du sorgo.

C'est pour faire de la farine pour les animaux, principalement. C'est des terrains où il ne faut pas d'irrigation, donc on essaie de faire des cultures adaptées au terrain et aux années sèches. -Avec 103 000 hectares cultivés sur son territoire, la France est même devenue le premier producteur européen de sorgo. -Que vous inspirent toutes ces initiatives, vous le spécialiste de l'eau ?

C'est une goutte d'eau dans un océan ? -Je suis un spécialiste, oui et non. J'épouse une cause, celle du droit à l'eau, peut-être bientôt d'ailleurs du droit de l'eau. -Parlons de l'adaptation des agriculteurs, station météo qui permet de mieux gérer la gestion de l'eau.

Est-ce une solution ou vous pensez qu'il faut être plus radical en changeant carrément de modèle ? -Non, on a besoin de ces outils pour être plus sobre et puis les choses ne vont pas se faire d'un coup de baguette magique. Il faut d'abord, je pense que si on repart des besoins en alimentation de la population de notre beau pays, il nous faut développer une agriculture vivrière et qui soit nous permettre d'avoir une alimentation équilibrée.

Et en même temps, du coup, chercher soit par les choix de culture, soit par des technologies, à être plus sobre en eau. Le vigneron dont nous dégustons le vin depuis tout à l'heure, implante de vieux cépages, des cépages qui résistent mieux à la maladie, qui lui demandent moins d'eau, car il a une pleine conscience qu'à la fin du siècle, Lyon sera semi-désertique et que, par ailleurs, le débit du Rhône que nous aimons tant, qui alimente la population aux abords, aura un débit et un étiage de moins 30 %. Ce qui, d'ailleurs, on n'en parlera pas aujourd'hui, mais pose aussi un problème sur notre modèle énergétique, puisque refroidir des centrales. moins ou pas d'eau ou de l'eau plus chaude, ça va aussi poser un problème à la filière nucléaire.

Mais sur ce que vous dites là, il y a un souci. C'est que si on fait de l'agriculture et de la culture pour l'exportation, avant de nourrir notre peuple et que nous exportons des produits agricoles qui sont gourmands en eau, on exporte de l'eau. Et donc, on l'éloigne du cycle court qui régénère le cycle dont nous avons besoin pour vivre. -Le sujet, c'était, ils s'adaptent ?

Ce sont de bonnes solutions ? Ou est-ce qu'elles le sont à court terme ? Elles ne sont pas suffisantes ? -On arrête le soja et le maïs ?

On arrête le soja et le maïs en France. C'est trop gourmand en eau. -A partir du moment où on n'a pas notre souveraineté alimentaire, on peut se poser la question d'avoir une culture plus diversifiée que d'avoir de la monoculture sur des ensembles de plus en plus grands et finalement en spécialisant des régions tout entière.

Donc, moi, je vous dis, on diversifie pour répondre à des besoins en France, sur le vieux continent, en ayant des accords commerciaux loyaux avec nos voisins, avant d'avoir une course folle à l'exportation pour faire du chiffre, alors qu'on a besoin de terres vivrières pour alimenter la population en France. -On vous a entendu. Et comme on ne finit jamais un repas sans une note sucrée, c'est l'heure du Péché mignon.

Jingle -Alors sans savoir, Gabriel Amard vous a fait une spéciale dédicace, un crumble aux pommes et aux dates, mais surtout un crumble avec plein de pâtes et pas beaucoup de fruits. Parce que là, si on fait une sonde, il y a plus de pâtes que de fruits, il va être très bon, mais ça je suis sûr que c'est bon pour vous. Alors il y a des dates dans ce crumble, je n'avais jamais vu un crumble aux dates.

Les dates c'est pour les randonneurs car c'est hyper calorique, mais moi je ne vous vois pas faire de la randonnée et je me trompe peut-être. Alors pourquoi il y a des dates ? C'est vos racines ça, sans doute ? -Je suis un ancien éclaireur de France.

Pendant 13 ans. Et donc, les éclaireuses et éclaireurs de France, c'est un mouvement d'éducation populaire du scoutisme français auquel je suis très attaché, un mouvement laïque. Et non, nous faisions beaucoup de randonnées.

Mon père aimait dire que lui qui avait grandi aux portes du Sahara, à Béchar, disait que les Touaregs arrivaient à s'en sortir avec deux dates et un verre d'eau, c'était l'équivalent d'un steak. Alors je me suis dit : "Mon père qui pourtant mangeait beaucoup de viande, m'a sans savoir envoyé un signal qu'il y avait des alternatives à la viande." Voyez-vous ?

J'aime beaucoup les dates. Je les mange sans faim. Je dois reconnaître que c'est vraiment, pour moi, quelque chose... -C'est la petite gourmandise ? -Oui, c'est mieux que des bonbons, non ? -C'est sûr. -Vos enfants mangent des dattes à la place des bonbons ? -Bien sûr. -Très bien, Valérie.

Question un peu technique. Est-ce que vous préférez la Deglet Nour du Maghreb ou la Majhul charnue d'Israël ? Je connais la réponse, mais c'est un peu une question culinaire et géopolitique. -Oui, je comprends.

Celle de mes ancêtres, du côté de mon père, celle d'Afrique du Nord, bien entendu, et du Maghreb. Je connais peu ou pas les autres. Je pense même que...

Dans la période, je dois consciemment ou inconsciemment, mon cerveau étant bien fait, les boycotter. -Allez, on termine cette émission en musique, sur un air très connu qu'on écoute quelques secondes ensemble. Musique ...

Bella ciao, Bella ciao -On a évidemment reconnu le "Bella Ciao", très connu, mais dans une version très particulière. Expliquez-nous pourquoi ce choix. -C'est la version originale, originelle devrais-je dire.

C'est celle du XIXe siècle et du début du XXe siècle. C'est une lamentation de femmes ouvrières qui ont les pieds dans l'eau dans des cultures de riz et qui se plaignent de leurs conditions de travail avec l'humidité, la fatigue, le poids de ce qu'elles portent et aussi les moustiques qui leur apportent de la maladie et donc c'est cette lamentation qui vient donc de l'histoire du mouvement ouvrier donnera naissance au chant de la Résistance italienne que nous connaissons, puis aux versions plus contemporaines des Motivés ou de la musique de "Casa De Papel", pour ne pas faire de publicité pour une plateforme. Donc voilà, je tenais à rappeler l'origine de ce chant, qu'il était d'abord un hymne au féminisme, aux conditions de travail qui doivent changer dans les domaines qui sont pénibles, et c'est encore le cas dans bien des domaines aujourd'hui.

Et puis elle a aussi bercé mon enfance, c'est un peu notre hymne de ralliement, "Bella Ciao", dans la famille. Pas que dans la famille politique, aussi dans la famille tout court, parce que nous parlons tous italien et nous aimons chanter en italien en famille. -Très bien, "grazie mille", d'avoir participé à ce repas avec nous, d'avoir partagé notre table.

Merci, Jean-Pierre Montanay. On remercie évidemment le Bourbon qui nous a concocté ce menu. Et puis, on se retrouve très vite pour un prochain numéro de Politiques à Table.

Guitare