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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 4 décembre 2024 65 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsBudget & impôtsÉconomie & entreprises

Barnier chute, Macron au pied du mur... - C dans l’air - 04.12.2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    M.Le Pen dit que ce ne sont pas des concessions mais des miettes. Revenons sur cette phrase.

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Si on cherche la responsabilité de la situation qui sera celle de la France ce soir aux alentours de 20h, c'est-à-dire avec un gouvernement censuré...

  • 10:00OuverteRéponse directe

    On va parler de l'après. Ce n'est pas un échec écrit à l'avance. C'est aussi l'échec d'une méthode?

  • 15:00FerméeRéponse directe

    Dans quels délais?

  • 20:00OuverteRéponse partielle

    Comment ils pourraient trouver un point commun pour être force de propositions pour un Premier ministre?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00M.Le PenFait
    « Les petits pas timidement et très tardivement tentés ne peuvent s'appeler des concessions. Ce sont des miettes. »
  • 12:00L.FritelChiffre
    « 18 millions de Français verront leur impôt augmenter. »
  • 18:00D.SeuxFait
    « La loi spéciale existe dans notre droit, même si tout le monde la découvre un peu. »
  • 24:00L.FritelFait
    « Il y a des successeurs potentiels. Si on entre dans un cycle de motion de censure, les yeux vont se tourner vers E.Macron. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

- C.Roux: Merci pour ces explications. ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air". C'est un vote historique, le vote de la censure qui restera dans les annales comme le jour où la France a changé d'ère. Le solde de tout compte de la dissolution et un saut dans l'inconnu qui inquiète les Français.

Les chefs de parti déroulent leurs arguments à la tribune avec une certitude: le RN et la gauche veulent envoyer le gouvernement Barnier au nom d'un budget inacceptable et dangereux pour le pays. Hier soir, M.Barnier a tenté un dernier coup de force pour dénoncer les respectabilités. ...pour dénoncer l'irrespectabilité.

Les regards se tournent désormais vers un homme, le président de la République, de retour d'Arabie saoudite. E.Macron, qui ne voulait pas croire à la censure, a rappelé qu'il n'entendait pas démissionner.

Il s'agit selon lui de politique-fiction. A lui de sortir le nom de celui ou celle qui pourrait sortir la France de cette crise politique avant que ça ne devienne une chute de régime. Ce soir, R.Cayrol, vous êtes avec nous.

Vous êtes directeur du Cetan. D.Seux, vous êtes éditorialiste aux "Echos" et à France Inter.

S.Quéméner, vous êtes rédactrice en chef à "La Tribune Dimanche". Je cite votre interview de M.Le Pen.

On va y revenir. L.Fritel, vous êtes journaliste politique à "Paris Match".

Bonsoir à tous les 4. Merci de participer à ce "C dans l'air" en direct. On va écouter M.Le Pen. - M.Le Pen: Les petits pas timidement et très tardivement tentés ne peuvent s'appeler des concessions.

Ce sont des miettes. Je le déplore, mais c'est ainsi. Alors, à ceux qui me croient animée de l'intention de choisir par un vote de censure la politique du pire, je veux leur dire que la politique du pire serait de ne pas censurer un tel budget. - C.Roux: C'est en train de se dérouler à l'Assemblée.

M.Le Pen vote la censure sans état d'âme. Il n'y aura pas de surprise à 20h? - R.Cayrol: Non.

La surprise, on l'a déjà eue. On ne va pas en avoir tous les jours. C'est une histoire absolument incroyable parce qu'elle était écrite.

On dit beaucoup que les Français n'ont pas le sens du compromis, contrairement à tous nos voisins européens... - C.Roux: Aux Allemands... - R.Cayrol: Ce n'est pas vrai.

C'est simplement qu'on n'appelle pas "compromis" la même chose. Dans tous les pays voisins, quand on fait un compromis parlementaire, on s'attelle à un texte. On dit: "Voilà ce qu'on va faire." On renonce à certaines choses et on en accepte d'autres.

On fait un casting en fonction du texte. On n'a pas fait du tout comme ça. On ne s'est pas demandé à quoi on allait jouer au gouvernement.

On a fait un casting. On a désigné un Premier ministre. Il a fallu 50 jours pour ça.

A aucun de ces Premiers ministres on n'a demandé ce qu'ils feraient au pouvoir. Lorsque ça a été Barnier, il a appelé des gens pour venir au gouvernement en leur disant qu'il aimerait qu'ils entrent au gouvernement, sans leur dire pour quoi faire. Certains ont accepté, d'autres ont refusé.

Depuis le début, ça ne pouvait pas marcher. - C.Roux: Parce qu'on ne s'était pas mis d'accord sur le fond? - R.Cayrol: Exactement. - C.Roux: M.Le Pen dit que ce ne sont pas des concessions mais des miettes.

Revenons sur cette phrase. Autour de cette table, pendant des semaines, on avait cru qu'on négociait des lignes rouges. D'un coup, c'est devenu des miettes. - D.Seux: C'est quelques milliards à chaque fois.

Ce n'est pas tout à fait rien. On parle de 3 ou 4 milliards. Quand on a un déficit public considérable, chaque "miette" compte beaucoup.

Ca finit par faire une motte de pain. M.Le Pen a rajouté des miettes à des miettes.

Elle a commencé par la miette sur l'électricité, puis la miette sur le remboursement des médicaments, puis la miette sur les retraites. Ces 3 miettes, ça fait plus d'une tranche de pain. - C.Roux: Il y avait eu un vrai deal, une discussion avec M.Barnier.

Là, chacun réécrit l'histoire. On va revenir sur cette interview où elle avait dit qu'ils n'étaient pas pour une censure a priori. "C'est soit la désindexation, soit le déremboursement des médicaments." Les choses ont changé en cours de route. - D.Seux: La plupart des discussions ont eu lieu sur des points qui concernaient aussi les autres partis, pas simplement le RN.

L'ensemble des partis avait demandé quelque chose sur l'électricité. Est-ce qu'on impute à M.Le Pen ce gain?

M.Barnier ne l'a pas fait. Il l'a un petit peu fait sur les médicaments.

Les sujets étaient consensuels. Dire qu'une grande négociation a eu lieu entre M.Le Pen et M.Barnier, ce n'est pas tout à fait exact.

En réalité, il a plutôt refusé d'y aller. Peut-être un mot sur l'image que vous avez montrée. M.Le Pen est montée pour 15 minutes à la tribune De l'Assemblée.

Avant, E.Coquerel a défendu la motion de censure. Ces 2 personnes représentent des partis qui vont renverser le gouvernement.

Je parle sous le contrôle de Roland, qui connaît mieux l'histoire que moi. Depuis 1945, est-ce qu'on a déjà eu des gouvernements renversés par les extrêmes, extrême droite plus extrême gauche? Ils prennent la parole en premier.

Ils vont renverser, avec le PS, bien sûr, qui a été un parti de gouvernement...

C'est historique. En 1962, ça n'a rien à voir. En 62, la gauche et les centristes s'étaient alliés parce qu'ils n'étaient pas contents que le général de Gaulle en appelle au suffrage universel pour l'élection du président de la République.

Je pense qu'il faut mesurer le moment historique dans lequel on est. - C.Roux: On se tourne vers le politologue. - R.Cayrol: Il ne peut que confirmer que c'est du jamais-vu.

A vrai dire, il y avait une chose dont on parle à propos de 62...

Il y avait une vengeance des anciens gaullistes qui voulaient se débarrasser du Premier ministre. Moi, j'étais là comme jeune étudiant. Ca m'intéressait déjà.

J'étais venu dans le public. Je les ai vus sortir les drapeaux bleu-blanc-rouge et crier "Algérie française" parce qu'ils étaient contents d'avoir viré Pompidou et, espéraient-ils, le général de Gaulle. - C.Roux: C'est historique qu'il y ait les extrêmes... - R.Cayrol: C'est tout à fait nouveau.

Là aussi, Barnier a tout faux. C'est lui qui leur a dit: "Faites le budget. Tout est admis.

Moi, j'ai un projet. Il n'est pas très bon parce que j'ai dû le faire très vite, mais les portes sont ouvertes. Vous pouvez y aller.

Adoptez des choses. Tout le monde a le droit de s'y mettre." Des gens autour de lui...

Quelqu'un d'aussi sérieux qu'E.Woerth lui a dit qu'il ne fallait pas s'y prendre comme ça. On ne dit pas au Parlement de faire le budget.

Ca n'existe pas. Du coup, ils s'y sont tous pris. Tous les partis politiques endossent la culpabilité qui est celle de M.Barnier à l'origine, la gauche la première.

Elle nous a occupé toutes les soirées du journal télévisé en nous disant: "On a gagné, on a gagné!" Ils avaient voté un nouveau texte. Au hasard, le RN les avaient rejoints dans un couloir.

Ils avaient voté une trentaine de milliards d'impôts. Ils étaient contents parce que c'était surtout pour les riches. Chacun a pavoisé. - C.Roux: Si on cherche la responsabilité de la situation qui sera celle de la France ce soir aux alentours de 20h, c'est-à-dire avec un gouvernement censuré...

R.Cayrol dit que M.Barnier a tout faux sur la méthode. - L.Fritel: Je suis complètement d'accord.

M.Barnier, en donnant quitus au RN et à la gauche Pour faire ce budget...

Il n'a pas forcé son groupe et son socle commun à être dans l'Hémicycle. Je me souviens d'une scène, le soir de la fin de la 1re partie de l'examen du budget. Vous aviez des Renaissance qui sortaient de l'Hémicycle pour s'agonir d'injures.

On disait que si Renaissance n'était pas là, c'est parce que LR ne prenait pas le temps de venir. "C'est à cause d'eux que la situation budgétaire dans laquelle on se trouve existe." Il y a eu une difficulté d'animation du socle commun.

M.Barnier a beau dire qu'il était dans cette volonté de discussion, ce n'est pas les retours que j'ai eus. On dit qu'il est rigide, qu'il n'a pas préparé de pôle pour les éléments de langage, la communication, au point que le groupe Ensemble pour la République n'avait pas de lien avec le porte-parolat et les principaux ministres.

Les messages restaient sans réponse. - C.Roux: On va parler de l'après.

Ce n'est pas un échec écrit à l'avance. C'est aussi l'échec d'une méthode? - L.Fritel: D'une absence de méthode.

M.Barnier, toutes les fois où on l'a entendu s'exprimer, c'était un peu sur le budget mais surtout sur le programme pour l'après: l'immigration, la santé...

Il déroulait un programme présidentiel. Est-ce que M.Barnier ne sait pas que c'est mission impossible Quand il arrive?

Est-ce qu'il n'est pas dans cette position parce qu'il fait partie de la course présidentielle? On dit que la faim vient en mangeant. M.Barnier s'est présenté aux primaires LR.

Il a voulu avoir ce poste. On n'est pas allé le chercher. - C.Roux: Il l'a rappelé hier avec cette formule: "Les ors de la République, je m'en fous." En gros: "S'il faut partir, je partirai." Il n'a pas été aidé par le socle commun. - S.Quéméner: Il était au coeur de vengeances recuites.

Au moment où les LR ont le sentiment d'accéder au pouvoir, M.Barnier, candidat LR...

C'est une forme de vengeance sur le macronisme. "On revient aux affaires", c'est le sous-entendu. M.Barnier se déplace Aux universités d'été de LR pour dire qu'enfin, ils reprennent la France en main.

Il y avait une difficulté à communiquer avec le socle commun. G.Darmanin aurait été moins critique s'il avait été au gouvernement.

Il y avait des mains à tendre envers les macronistes. Il y avait une volonté de les humilier. On avait commenté ce qui s'était passé sur le perron de Matignon.

Ca avait été un peu long. C'était humiliant pour G.Attal.

La droite essayait de se venger des macronistes tout en voulant travailler avec eux. C'était compliqué dès le départ. M.Barnier a essayé de mettre de l'ordre dans ce socle commun, qui va d'ailleurs se déliter.

On voit bien ce que dit L.Wauquiez: "Notre accord, c'était avec M.Barnier.

Après, on va voir qui on nous propose comme Premier ministre." Il n'a pas vu ou il a trop pensé que M.Le Pen bluffait.

On le voit dans la stupéfaction de M.Barnier dans les derniers moments quand il découvre que la censure va être votée. Il a l'impression d'avoir fait des concessions énormes, mais elles ne suffisent pas.

Si on regarde ce que fait M.Le Pen depuis 2022 à la tête de son groupe, il y a souvent des coups de bluff. Au dernier moment, elle change d'avis.

Là, elle était vraiment dans l'idée de censurer. Effectivement, son actualité judiciaire joue beaucoup dans sa détermination. Il n'a pas vu venir...

M.Barnier ressemble un peu à J.Chirac: "Je ne vous comprends pas." Il parlait des jeunes qui ne voulaient pas de l'Europe.

M.Barnier hier soir à la télévision... "Je ne vous comprends plus." - C.Roux: Et il dit ça plutôt à la classe politique qu'aux Français. - S.Quéméner: Avec qui ça s'était bien passé au départ. - C.Roux: Hier, il discute avec A.Chassaigne, député depuis 22 ans, et il lui dit: "Cette Assemblée a bien changé.

Vous êtes d'accord avec moi." - D.Seux: Il a fait une erreur de rapport au temps.

Quand il a négocié le Brexit, ça a pris longtemps. Là, il n'a pas compris que tout allait très vite et que les concessions qu'il devait faire, notamment au socle commun, il ne fallait pas attendre 3-4 semaines. A sa décharge...

Il y a beaucoup d'invités dans les matinales. Est-ce qu'on a récemment vu L.Wauquiez, G.Attal, E.Philippe, F.Bayrou?

Je n'en ai pas le souvenir. Ce matin, il n'y avait personne. Pour quelqu'un qu'on veut soutenir, c'est un soutien assez discret.

Soit parce que la mayonnaise n'a pas pris...

Soit parce qu'il y a le bal des ego derrière tout ça...

Au total, c'est une occasion manquée. - C.Roux: Ils ne se sont pas mis d'accord sur un contenu dès le départ, sur un texte initial et quelques propositions. - R.Cayrol: C'est pour ça qu'il y a une complicité, dans cette affaire, entre Barnier et les partis politiques en général.

Si les partis ne s'y étaient pas mis, l'histoire aurait été différente. Barnier tout seul avec un programme et une autorité, ça aurait pu marcher. Les partis lui ont savonné la planche en permanence, comme ils en avaient le droit, puisqu'on les incitait à le faire. - C.Roux: M.Barnier a convié les ministres à Matignon pour suivre les résultats du vote de la censure.

Une sorte de pot de départ alors que son sort est scellé. Cet après-midi, tout le monde se projetait dans l'après sur fond de fortes tensions. - L'Assemblée nationale aujourd'hui au centre de tous les regards, de tous les pouvoirs.

Le Premier ministre et son gouvernement vont-ils tomber ce soir? Une certaine tension cet après-midi avant le vote des motions de censure. - Si le gouvernement est renversé, nos militaires ne verront pas leur budget augmenter. - Cessez de dire que c'est un mensonge. 18 millions de Français verront leur impôt augmenter. - Y.Braun-Pivet: J'aimerais que le calme revienne et qu'on puisse s'écouter. - Quelques heures plus tôt, ce matin, à Matignon, M.Barnier recevait les députés amis du socle commun pour leur dire qu'il ne se fait plus d'illusions sur son avenir de Premier ministre.

Pourtant, hier soir, il semblait encore croire que la censure pouvait être évitée. - M.Barnier: Je le souhaite et c'est possible.

Ca dépend des députés qui, chacun, chacune, ont une part de responsabilité. - Se défendant déjà d'en avoir trop fait avec M.Le Pen... - M.Barnier: Non, elle ne m'a pas baladé, mais elle est entrée dans une sorte de surenchère.

J'ai trouvé un accord avec mes équipes pour faire la mesure des médicaments. Quand je lui ai dit ça, elle m'a dit: "Les retraites aussi." Je ne veux pas rentrer dans le chantage. - A plus de 5000 km de la vie politique française, E.Macron en Arabie saoudite assure qu'il n'est pas question qu'il démissionne.

Il ne croit pas du tout à cette censure. Mais le décompte est bel et bien lancé. Quelques heures avant le verdict du vote à l'Assemblée...

Certains ministres essayent encore de convaincre. - S.Lecornu, B.Retailleau, 2 noms cités pour Matignon et 2 façons de serrer les rangs. - B.Retailleau: On s'achemine vers une censure.

Pourquoi se le cacher? Chacun disait qu'on allait rester dans un cadre où la raison prédominerait. On a quitté ce cadre pour l'irrationnel.

On va voir le RN voter une motion de censure de LFI, des insoumis qui les insultent. - Ce matin, le RN semblait préparer l'après-Barnier. - J.Bardella: Nous sommes parfaitement disposés à accueillir un nouveau gouvernement, à être reçus très tôt par ce gouvernement, à exposer nos lignes rouges, mais ils ne peuvent pas faire comme si les 11 millions de gens qui ont voté pour nos candidats aux législatives et aux européennes n'existaient pas. - Et tandis que G.Attal rêve d'une coalition allant des Républicains au PS, ce soir, c'est M.Le Pen, invitée du 20h de TF1, qui viendra accentuer la pression sur un homme: E.Macron. - C.Roux: On va reparler d'E.Macron et de ce qu'il pourrait décider.

Question. C'est le rêve d'E.Macron. - D.Seux: Oui, mais...

La réponse est oui. On a déjà eu ce comparatif au moment des JO. D'un côté, la société civile arrive à travailler et à produire quelque chose de magnifique en se mettant autour d'une table.

Et puis, je ne vais pas dire la classe politique...

Il y a un personnel politique qui ne montre pas son meilleur visage. Notre-Dame, c'est la vitesse, la passion, la coopération public-privé, l'engagement. - C.Roux: Nous allons voir ce qui pourrait se passer maintenant.

Institutionnellement, qu'est-ce qui se passe à partir de 20h? - S.Quéméner: On a un gouvernement renversé. - C.Roux: Les ministres font leurs cartons? - S.Quéméner: Et on a un Premier ministre toujours à Matignon.

Il est considéré un peu comme un ministre démissionnaire. C'est un peu comme quand G.Attal était encore Premier ministre en attendant la nomination d'un successeur.

Ca peut durer longtemps. Les bruits qui nous viennent de l'Elysée, c'est plutôt d'essayer...

Je suis prudente. On sait qu'E.Macron fait rarement des nominations éclair.

L'idée, c'est d'éviter toute vacance qui permettrait que les yeux se tournent vers l'Elysée. Une fois que M.Barnier, nommé par le président, est tombé...

Ca avait été une longue maturation pendant tout l'été avant de le nommer. Là, c'est une fragilité énorme pour le président. L'idée, c'est qu'il ne soit pas à découvert trop longtemps et qu'il nomme vite un nouveau Premier ministre.

Que peut faire ce Premier ministre démissionnaire? Il y a un flou juridique. Peut-il vraiment faire voter la fameuse loi spéciale ou est-ce que c'est le Premier ministre suivant?

Il faut faire très vite. Il faudra voter cette loi spéciale pour avoir le paiement des fonctionnaires, etc. - C.Roux: Ca, c'est sur la partie économique. - D.Seux: La loi spéciale existe dans notre droit, même si tout le monde la découvre un peu.

Elle a été réinscrite dans les textes au moment de la loi d'orientation sur les finances publiques. Elle prévoit que, pour une durée limitée de quelques jours, une loi peut être votée par l'Assemblée nationale et le Sénat pour dire que les impôts peuvent être votés dans la version de l'année précédente. Ca permet de payer les fonctionnaires.

Tous les téléspectateurs qui pourraient se dire que les impôts ne seraient pas levés...

Il faut oublier ça. - C.Roux: Dans quels délais? - D.Seux: La grande question, c'est: est-ce que c'est M.Barnier qui fait voter cette loi spéciale ou son successeur?

Si son successeur est nommé avant la fin de la semaine, avant Notre-Dame, c'est un nouveau Premier ministre qui fait voter...

Mais là, il y a très peu de risque qu'elle ne soit pas votée par l'ensemble des partis politiques. - C.Roux: Qui s'y sont engagés.

La crainte, c'est d'entrer dans une crise financière. - D.Seux: Ils sont tous d'accord pour lever les impôts. - C.Roux: Question vidéo. - Bonjour.

Je voulais savoir comment E.Macron va pouvoir faire un gouvernement avec des gens qui ne s'entendent pas du tout. - C.Roux: C'est une très bonne question!

Ca recommence. Il va devoir trouver un Premier ministre et faire un gouvernement avec des gens qui ne s'entendent pas du tout. Il veut aller vite.

On a déjà recommencé à entendre parler de successeur potentiel à M.Barnier? - L.Fritel: Il y a des successeurs potentiels.

Si on entre dans un cycle de motion de censure, les yeux vont se tourner vers E.Macron. C'était déjà le problème cet été.

Il avait pris son temps pour éviter que la question de sa démission ou de sa destitution ne se pose. Ca n'avait pas été le cas. On imagine qu'il voudra aller vite.

On parle de S.Lecornu, de J.Castex... - C.Roux: On peut rappeler qui ils sont. - L.Fritel: S.Lecornu est ministre des Armées.

J.Castex a été Premier ministre. Il y a une vraie question...

On peut imaginer que tout ce petit monde pourra travailler ensemble, mais il faudra une direction: vers la droite ou vers la gauche? Là, on avait un Premier ministre de droite. On avait fait une majorité avec les LR.

Des discussions existent entre G.Attal, les hollandistes, le MoDem...

Est-ce que le braquet n'ira pas de ce côté? Si vous voulez faire en sorte que les gens qui ne s'entendent pas puissent donner une ligne directrice à leur projet, il faut choisir. C'est la fin du "en même temps".

Au sein de Renaissance, ça fait des années que c'est comme ça. Vous avez une aile gauche qui se sent maltraitée. Elle s'est sentie représentée par G.Attal à Matignon.

Ca n'a pas duré longtemps. Ils ont envie de peser et ils en veulent encore à M.Barnier d'avoir été Premier ministre. - C.Roux: On ne sait toujours pas si ce sera un Premier ministre de droite ou de gauche? - L.Fritel: Exactement.

Si vous avez un Premier ministre de gauche, que fait le RN? Dans les négociations avec M.Barnier...

M.Barnier a beaucoup lâché. Est-ce que d'autres groupes politiques accepteront de croire le RN?

Ca devient presque le facteur déstabilisateur par excellence. Qui on prend pour faire en sorte que le RN ne censure pas? - C.Roux: Peut-être qu'une piste a été évoquée par un membre du RN.

Il évoque François Bayrou. - J.-P.Tanguy: Ce n'est pas à moi de choisir.

F.Bayrou s'est toujours comporté de manière correcte, sauf dans des périodes électorales très tendues. Mais sur l'immensité de sa très longue carrière, la moyenne est plutôt bonne. - C.Roux: J.-P.Tanguy dit que Bayrou, ça peut leur aller.

C'est eux qui vont le choisir. - L.Fritel: C'est intéressant.

Il y a un an, un député MoDem me soutenait mordicus...

F.Bayrou, quand vous regardez toutes ses positions vis-à-vis du RN...

En 2022, il a parrainé le RN. En 2017, c'était E.Macron.

Il pourrait être le Premier ministre du RN. F.Bayrou a promis une banque de la démocratie pour financer tous les partis politiques.

C'est ce que réclamait M.Le Pen pendant des années. - C.Roux: Mais ça veut dire que c'est le RN qui va choisir le nom du futur Premier ministre? - S.Quéméner: Il ne va pas choisir, mais il peut mettre un veto.

C'est un choix par défaut. F.Bayrou, c'est un nom cité par certains du RN en on et en off depuis quelques jours car c'est aussi quelqu'un qui a soutenu M.Le Pen après sa condamnation, en expliquant qu'il ne souhaitait pas une injustice, même pour une adversaire.

Ca a été très apprécié. F.Bayrou vient d'un parti qui a eu des difficultés financières, comme le FN à une époque.

Il y a le sentiment qu'on peut discuter avec F.Bayrou. C'est aussi un choix par élimination.

Beaucoup de noms ont été testés. Là, c'est ce nom-là auquel les uns et les autres se raccrochent. C'est aussi défendu par les macronistes qui se disent qu'ils pourraient reconstituer la droite et la gauche.

C'est l'ancien candidat à la présidentielle. Il peut parler à un Cazeneuve...

Il a un gros passif avec les LR, en particulier les sarkozystes. C'est un autre homme de 73 ans dont le nom est aujourd'hui cité. - C.Roux: R.Cayrol, vous connaissez bien F.Bayrou.

Est-ce qu'il a le profil? - R.Cayrol: Je crois que oui et il est persuadé de l'avoir, en plus.

Ce n'est pas rien. Il sent le moment. Il y a une autre hypothèse, qui n'exclut aucune de celles-là du point de vue du casting.

Ce serait que le président joue son rôle, qu'il ne se contente pas de faire salon à l'Elysée pour discuter avec untel. Constatant que ça n'a pas marché parce qu'il n'y avait pas d'accord de coalition, il sort de sa poche un accord de coalition. Il dit: "Il y a 6 ou 7 points à résoudre.

Les voilà." Les socialistes avaient commencé à parler d'un accord de non-censure. Ca avait été repris par le premier secrétaire du PS.

Tous ceux qui viendraient pour travailler sur ces points s'engagent à ne pas censurer un gouvernement. Je crois que c'est ce qu'il faudrait faire. - D.Seux: Je crois que c'est en train d'être travaillé.

L'hypothèse évoquée est à nouveau l'otage du RN, qui baisse ou qui monte le pouce. Les autres partis politiques se sont dit que ce n'était plus possible. L'idée de bâtir une coalition allant des LR au PS en passant par les macronistes tente beaucoup de monde.

Evidemment, entre l'envie et la possibilité, il faut décider des choses très simples. On augmente les impôts de qui? On fait des économies où ça?

Sur les retraites, on fait quelque chose ou pas? Le grand enjeu pour E.Macron...

S'il faut résumer, c'est le retour à la case départ. Le risque pour E.Macron, c'est le retour à la case nulle part.

L'idée qu'il prenne la main pour essayer de bâtir une coalition, c'est l'idée la plus saine mais c'est la plus difficile. - L.Fritel: Je dirais à court terme.

Là, vous bâtissez une coalition qui représentera parfaitement l'UMPS, que le RN a toujours pourfendu. C'est un boulevard pour 2027. - C.Roux: C'est ce qui a permis au RN de ne pas arriver aux responsabilités.

Ce front républicain existe à l'Assemblée. - L.Fritel: Il y a plusieurs propositions électorales.

Ensuite, il y a eu ce front républicain au 2d tour. Si vous avez une coalition qui rassemble tout le spectre politique d'emblée, là, c'est donner raison au RN dans sa logique antisystème. - R.Cayrol: C'est reconnaître que le front républicain a gagné les élections. - S.Quéméner: L'interview d'O.Faure dans "Le Monde" à ce sujet est très intéressante.

Il est un peu dans le "en même temps". En même temps il va voter la censure avec LFI ce soir, mais il prépare déjà l'après. Il dit: "Nous sommes très différents de LFI.

Nous pouvons discuter avec un socle commun." Il reprend ce qu'avait dit B.Vallaud.

Il y a une petite ouverture des socialistes. Ca bouge un peu, en sachant qu'ils sont 66 députés, et pas tous sur la même ligne. - C.Roux: A gauche, c'est aussi le retour des grandes manoeuvres.

Certains se remettent à y croire et défendent le principe d'un compromis au-delà du programme du NFP pour arracher Matignon. Mais LFI a un autre agenda en tête et défend l'idée d'une présidentielle anticipée. - Il est venu assister au spectacle en simple visiteur.

J.-L.Mélenchon, qui n'est plus déput depuis 2022, veut se remettre au centre du jeu.

Mais ces derniers jours, rien ne va plus avec O.Faure. Désaccord stratégique, désaccord politique. - J.-L.Mélenchon: Nous proposons à ceux qui veulent de venir avec nous porter une candidature commune à l'élection présidentielle. - O.Faure: Je ne vois pas au nom de quoi J.-L.Mélenchon serait le candidat naturel ni même pourquoi son programme serait celui qui s'imposerait à tous. - J.-L.Mélenchon: Il faut, et c'est la seule possibilité qui existe de revenir au suffrage universel, que le président démissionne. - Vous souhaitez la démission d'E.Macron? - O.Faure: Non.

Le moment n'est pas venu. - Alliés mais d'accord sur rien ou presque. Voilà comment O.Faure résume la situation.

Alors, la chute du gouvernement entraînera-t-elle dans son sillage l'unité à gauche? Le Nouveau Front populaire semble se fissurer d'heure en heure. D'abord sur la stratégie de l'après...

Comme proposé par le socialiste B.Vallaud, les écologistes souhaitent à leur tour un accord de gouvernement avec le bloc central. - Soit on continue à s'entêter dans l'échec en pensant que c'est toujours à Macron de désigner, soit on accepte que ça se passe maintenant à l'Assemblée nationale. - Une main tendue pas du tout du goût des insoumis, qui voient dans cette initiative une trahison du NFP. - E.Coquerel: Ca ne veut rien dire.

Un pacte de non-censure avec des groupes qui ont organisé l'obstruction pour qu'on ne vote pas l'abrogation de la réforme des retraites? Qui ont fait une 2de lecture au Sénat pour enlever tous les amendements de la gauche? Qu'est-ce que vous voulez comme pacte avec ces gens-là? - Et comme un éternel recommencement, la question de l'incarnation revient.

Le sujet divise. Quel candidat pour Matignon? B.Cazeneuve ou L.Castets?

M.Tondelier plaide pour faire passer le fond avant les noms. - M.Tondelier: Nous n'avons pas le luxe des divisions.

Nous n'avons pas le luxe de l'impréparation. La seule chose qu'on doit faire, c'est se préparer à toute éventualité. - Lui, en tout cas, se tient prêt.

F.Hollande attend le bon moment, celui où le PS se choisira un nouveau chef d'ici l'été prochain. En attendant, pas question de laisser la moindre chance à son vieil ennemi. - F.Hollande: La personne de J.-L.Mélenchon est la plus rejetée dans l'opinion publique.

Je ne me trompe pas. Quand on a autant de niveau de détestation, de refus, ça pose une question. - Les questions, le Nouveau Front populaire n'en manque pas.

Stratégie, incarnation, cohésion...

Leur seule réponse commune aujourd'hui, c'est la motion de censure. - C.Roux: Avec ce reportage, on se dit: "Comment ils pourraient trouver un point commun pour être force de propositions pour un Premier ministre?" - S.Quéméner: On n'a toujours pas passé l'obstacle du budget.

On voit le désaccord...

On parlait des retraites. Comment s'accorder entre anciens macronistes, LR sur des sujets économiques aujourd'hui? Les PS avaient accepté de rallier pour les législatives le programme de LFI.

J'avais posé la question à une élue socialiste, qui m'avait dit qu'il leur fallait un programme de rupture, donc ils avaient accepté. Comment on fait pour rediscuter sur le budget avec le socle commun, avec les LR? A ce moment-là, on aurait déjà passé l'obstacle du budget.

Ce ne serait pas la même chose. Ca rend les discussions difficiles. - C.Roux: Cette phrase d'O.Faure: "B.Cazeneuve est un homme de gauche, mais il n'a soutenu ni R.Glucksmann aux européennes ni le NFP aux législatives." O.Faure dit non à un éventuel Premier ministre de gauche comme B.Cazeneuve.

Ca ne va pas être simple. - R.Cayrol: Non.

Le plus probable, c'est que Macron ne soit pas capable de faire ce que je souhaite qu'il fasse, et les partis politiques continueront à être comme ils sont. On va avoir une cascade de gouvernements, qui vont tomber les uns après les autres. Ce n'est pas une préférence, c'est un pronostic.

Puisqu'il n'y a pas de solution, on va aller comme ça jusqu'au moment où la dissolution redeviendra possible. Chacun essaiera de tirer son épingle du jeu pour qu'en juillet, ils soient dans les meilleures conditions possibles pour remporter plus de sièges que les autres. - C.Roux: Ca tient jusqu'à juillet? - R.Cayrol: Il faudra bien. - D.Seux: Si on prend du recul...

L'instabilité ministérielle, c'est ce que souhaitent tous ceux qui sont hostiles à la Ve République, essentiellement LFI, qui nous parle de VIe République. Demander le départ d'E.Macron, c'est demander le départ d'E.Macron, mais aussi dire qu'un président de la Ve République est révocable.

Ca veut dire aux Français que la Ve République ne fonctionne plus, qu'il faut en changer. Dans ceux qui demandent le départ d'E.Macron, il y a un sous-titre: il faut changer le système institutionnel.

C'est ce que souhaite LFI. - C.Roux: Question vidéo. - Peut-on rester dans une telle crise politique jusqu'aux prochaines élections présidentielles de 2027? - C.Roux: Merci, Eric.

Pour l'instant, dans nos questions vidéo, on n'a que des hommes qui nous posent des questions. Mesdames, n'hésitez pas à scanner le QR code. Ca peut tenir jusqu'en 2027? - L.Fritel: Je ne vois pas comment ça peut tenir jusqu'en 2027.

M.Le Pen, la 1re chose qu'elle dit à la rentrée parlementaire: "Les élections anticipées que je souhaite, je suis certaine qu'elles auront lieu." M.Barnier aurait pu tenir jusqu'à l'hiver prochain, voire 2027.

Avec cette histoire de budget...

Il risque d'y avoir une cascade et des élections anticipées à l'été prochain. On parle déjà d'une démission d'E.Macron. - C.Roux: Les regards se tournent vers le président.

Ce soir, il va rentrer d'Arabie saoudite. La présidente de l'Assemblée nationale a attendu qu'il soit de retour sur le territoire pour que le vote de la censure soit procédé, au moment où il est présent en France. Aujourd'hui, la question de sa démission est posée? - L.Fritel: En septembre, qui pose cette question?

E.Philippe, lorsqu'il fait acte d'une candidature à la présidentielle. Aujourd'hui, y compris dans son camp, quand on voit que c'est D.Lisnard qui parle de sa démission...

C'est la fenêtre d'Overton. C'est devenu de l'ordre du possible. C'est autant possible que les petits chevaux se préparent, y compris dans son camp.

G.Attal, cet été, dit qu'il ne veut pas avoir de Premier ministre issu du centre. Pourquoi?

Il veut préserver sa chance. - C.Roux: Sur la démission d'E.Macron, il a répondu...

Il a fait du "off". Il l'a abordé. - S.Quéméner: Il a expliqué qu'il n'en était pas question.

Ce qui est intéressant, c'est qu'il ait accepté d'en parler. Il est à l'étranger. Quand on fait un déplacement avec un président de la République, il y a toujours des questions nationales.

Le président de la République peut choisir de ne pas répondre. Il a fait le choix d'en parler. Pourquoi?

Car la question est sur la table. Pas largement sur la table...

Le président ne va pas démissionner, mais il est très affaibli. M.Barnier, c'est son choix.

Ca n'a pas fonctionné. Il avait choisi de valider les ministres qui étaient à Bercy. Ce n'est pas rien.

Il y a toujours monsieur Armand à l'Economie. C'est un macroniste. Monsieur Saint-Martin aux Finances, c'est aussi un macroniste.

C'était sa volonté, que les finances du pays soient tenues par des gens qui allaient respecter sa ligne sur l'économie. Il a regardé de près ce qui se passait. Quelque part, c'est sa faute.

Il sait qu'il faut qu'il renomme un nouveau Premier ministre pour ne pas laisser prospérer les questions sur la fin de règne, de mandat, sur la possibilité de blocage de la Ve. - C.Roux: Il dit dans ce petit entretien ne pas croire au vote de la censure.

Ca va être fait dans quelques heures. A propos de sa démission, il a utilisé cette phrase: "C'est de la politique-fiction. J'ai été nommé à 2 reprises par le peuple français." - R.Cayrol: Je suis persuadé qu'il pense ça.

Beaucoup de gens qui le pensaient avec lui commencent à se poser la question. Je suis très frappé de cette irruption du calendrier mélenchonien et de M.Le Pen...

Ca met E.Macron devant ses responsabilités. C'est vrai, il n'y a pas 50 solutions pour sortir d'une crise.

Quand M.Le Pen dit qu'il y a la dissolution, c'est déjà fait...

Le changement de gouvernement, c'est déjà fait. Il ne reste que la démission. Celui qui a donné l'exemple de la démission, qui s'était senti désavoué par le peuple, c'est le général de Gaulle.

C'est l'inventeur de la Ve République. Ce n'est pas parce qu'on remettait en cause la République. Ce serait la faire marcher pour de bon avec la responsabilité que ça incombe au président.

Je suis très frappé par le fait que les cris d'orfraie qui évoquaient cette possibilité soient moins forts. Ce n'est peut-être pas si absurde de se demander s'il y a un calendrier... "Pour elle, pour moi, est-ce que ça ne serait pas mal?" - C.Roux: Pour être sûre de comprendre ce que vous nous expliquez, vous nous dites qu'une démission du président, ça ne serait pas une crise du régime.

Ce n'est pas contrevenir à la Ve. Lui dit qu'il a été élu par le peuple français et qu'il finira son mandat. Vous, vous dites que ça fait partie de la Ve. - R.Cayrol: C'est le général qui a inventé cette Constitution.

Le discours de Bayeux est traduit dans la Constitution. C'est lui qui en est le président. Lui, échouant dans un référendum, dit qu'il part. - D.Seux: C'est lui qui l'a décidé. - R.Cayrol: Car le peuple lui a dit non. - D.Seux: On parle de 2027.

En réalité, il faut tenir 8 mois, jusqu'aux prochaines élections législatives qui sont, s'il y avait dissolution en juillet, en septembre. On parle de 8 mois et pas 2 ans et demi. Est-ce que les élections législatives donneraient un résultat différent de l'été dernier?

Ca dépend s'il y a un changement du mode de scrutin. S'il y a un changement, avec les partis politiques qui y sont plutôt favorables, avec un texte au printemps...

Là, les élections législatives se passent dans une configuration différente. - R.Cayrol: Je ne suis pas sûr de ce que j'avance quand je dis que ça me paraît bouché.

Je vois que le discours change chez certains. Ce n'est pas un hasard. - C.Roux: C'est ce que disait L.Fritel, qui citait des personnalités comme D.Lisnard. - L.Fritel: Il faut remonter à il y a 1 an pour comprendre la situation dans laquelle on est.

E.Borne est remplacée par G.Attal.

C'est après l'échec sur l'immigration. Autour d'E.Macron était plutôt acté le fait qu'il fallait user E.Borne jusqu'à la corde pour arriver aux élections européennes avec, sans doute, une déconvenue.

Et là, remanier le gouvernement. En remaniant à ce moment-là, E.Macron s'est coupé cette possibilité.

Ca a été la dissolution. Dans les périodes de troubles politiques, les questions qui se posent ensuite sont le référendum et la démission. Je reviens sur l'article 16, les pleins pouvoirs pour le président de la République, une refonte des institutions... - S.Quéméner: Il y a eu un débat là-dessus à l'Assemblée.

E.Coquerel s'est exprimé en premier. Ensuite, M.Le Pen.

E.Coquerel demande clairement le départ d'E.Macron. - D.Seux: Les 2/3 de son intervention portaient sur E.Macron. - S.Quéméner: Oui.

De l'autre côté, on a M.Le Pen qui répond et qui dit: "Je ne demande pas la destitution comme ces Che Guevara de carnaval, mais le président devrait en tirer des conclusions." Quand on a posé cette question à M.Le Pen dimanche, elle répondait qu'elle n'était pas dans cet état d'esprit, mais que le président de la République avait 3 solutions.

C'était dimanche, on est mercredi...

On a l'impression d'avoir franchi une année. - D.Seux: Il faut se souvenir de ce qui s'est passé l'été dernier.

Il a essayé de penser en dehors de la boîte. Pendant plusieurs semaines, il a envisagé de nommer le patron de Renault à Matignon, ou le patron de la Caisse des dépôts. Il cherchait à s'éloigner des partis politiques en gardant la main.

Cette fois, c'est une option exclue? Probablement. Dans un coin de sa tête, il se dit qu'il peut peut-être trouver quelque chose qui l'arrangerait. - C.Roux: Je me mets à la place des acteurs de la vie économique.

Ce matin, P.Martin, patron du Medef, disait que la censure pourrait être la dernière étincelle qui allumerait l'incendie. C'est fait.

Ca ajoute de l'incertitude à l'incertitude. - D.Seux: Les acteurs économiques aiment la stabilité.

Que voit-on sur les marchés en ce moment? La Bourse monte. C'est surprenant.

Ces dernières semaines, elle a évolué beaucoup moins bien que les autres places. Les taux d'intérêt français, le 16 juin, ont dépassé les taux portugais, et en juillet, les taux espagnols. Depuis fin novembre, ils sont au niveau des taux grecs.

Devant nous, nous n'avons que les taux italiens. Il se passe quelque chose. Pour l'instant, les marchés susurrent. - C.Roux: Pourquoi ils ne font pas une crise? - D.Seux: Ils montent relativement. - C.Roux: Quand on susurre... - D.Seux: Nous sommes protégés par l'euro.

Jusqu'en 2019, M.Le Pen demandait la sortie de l'euro. Nous sommes aujourd'hui protégés par l'euro.

Imaginez s'il y avait le franc...

Nous aurions eu des dévaluations, des taux d'intérêt différents... - C.Roux: On va parler à nouveau d'E.Macron.

C'est vers lui que les regards se tournent. Que va-t-il faire? Quelles cartes peut-il encore jouer?

A l'Elysée, c'est une ambiance de fin de règne depuis la dissolution. - Depuis la désastreuse dissolution, E.Macron ne supporte plus les critiques auxquelles il a déjà tant répondu.

Il s'étonne encore d'être incompris. - Le récit par une journaliste du "Monde" de la fin de règne d'un président. C.Gatinois et sa collègue ont travaillé pendant plusieurs mois sur le lent crépuscule d'un chef d'Etat depuis la dissolution. - "Est-ce que je ne me suis pas trompé?

Comment ça va se passer? Est-ce que je vais pouvoir diriger le pays?" E.Macron a passé tout son été à essayer de se justifier, faire comprendre que cette dissolution était inévitable, que tout était rationnel.

On sent qu'il y a une sorte de presque agacement de sa part à vouloir légitimer sa décision. Ses proches collaborateurs le trouvent physiquement marqué, avec le visage creusé...

On parle des rides du pouvoir. Il y a une transformation physique qu'E.Macron essaye de camoufler.

A l'Elysée, l'atmosphère est celle qu'on retrouve souvent dans les fins de quinquennat, avec cette ambiance de fin de règne. Le palais se vide peu à peu. E.Macron se replie sur un petit cercle de collaborateurs, ses communicants.

Ils participent à une sorte d'effet de cour, où les conseillers en communication expliquent à tout l'entourage et à E.Macron qu'il avait raison. - Un chef de l'Etat coupé du monde, qui n'a plus la main sur la gestion des affaires courantes. - "Après le Conseil des ministres, il s'éclipse.

La lumière s'est déplacée." - E.Macron tenu à distance par la cohabitation. - Il a sous-estimé cet homme de 73 ans, courtois, avenant, en imaginant qu'il serait son allié.

M.Barnier a quand même une opinion sur la mission qui lui incombe. Il veut la mener à bien.

Surtout, il est arrivé en voulant incarner une rupture. Les Conseils des ministres, qui ont lieu toutes les semaines, sont décrits comme un exercice formel où E.Macron prend la parole, s'en tient à ses prises de parole, en général sur les dossiers internationaux.

Il s'éclipse tout de suite après. - Le président semble avoir perdu son aura et les langues se délient. - Beaucoup de personnes qui étaient très proches d'E.Macron lui en veulent aujourd'hui.

Ils se moquent, ricanent sur ses petites manies qu'il avait et qu'il a toujours. Auparavant, elles étaient acceptées ou acceptables. Aujourd'hui, elles deviennent intolérables.

On voit cette façon qu'il a de se servir en premier lors des repas, ses manies vestimentaires...

Il y a ce petit détail qui atteste l'idée qu'E.Macron se comporte un peu comme un monarque. Sur toutes les chaises du Conseil des ministres, il y a des petites lettres, "République française", gaufrées.

Sur la sienne, ces lettres sont en or. - Le président ne peut être candidat à sa succession en 2027. Va-t-il abandonner l'ambition du pouvoir? - On ne peut pas parler de sa propre succession à E.Macron. "C'est comme si on lui parlait de la mort." Ca plonge le macronisme dans une impasse.

Puisque cette succession n'est pas organisée, on ne sait pas où ça va mener, qui pourra reprendre le flambeau...

Ca s'accompagne d'une théorie à laquelle veulent croire certaines personnes qui continuent d'échanger avec lui, qui voient E.Macron capable de se représenter en 2032 pour renouveler l'exploit qu'il a accompli en 2017. - En 2032, E.Macron aura 54 ans, sûrement trop jeune, à ses yeux, pour abandonner un pouvoir qu'il a embrassé si tôt. - C.Roux: D.Seux, une réaction? - D.Seux: C'est vrai, les équipes partent peu à peu physiquement.

Il n'a plus les rênes du pouvoir. A l'international, la France est un pays qui gère ses comptes bizarrement. C'est un pays qui n'est pas libéral et veut faire différemment.

Il y a 2 choses qui la distinguent...

Un pouvoir qui fonctionne est liée à des fonctionnaires de grande qualité. Quand on regarde ça, le pouvoir n'est plus à l'Elysée. Néanmoins, vendredi ou samedi seront à Paris D.Trump et V.Zelensky.

On aura la 1re rencontre post-électorale entre les deux. Je ne sais pas si c'est ici que ça va se passer...

E.Macron n'a pas disparu de la circulation sur les questions internationales. Et ce, quoi qu'on pense de son bilan international. - C.Roux: Il a la capacité de reprendre la main? - D.Seux: Il y aura le roi de Jordanie, des sujets au Liban...

Si les gens considéraient qu'il n'a plus aucun pouvoir et qu'il est la reine d'Angleterre, ils ne viendraient pas à Paris. - R.Cayrol: C'est vrai, mais c'est vrai aussi que ce sont les exemples internationaux qu'on prend à chaque fois.

Le problème, c'est la réinsertion de Macron dans la politique intérieure. D'une certaine façon, il y est contraint. Je n'arrive pas à comprendre comment il peut faire.

L'article 16 me paraîtrait énorme à mettre en branle. Il y a toujours des juristes pour justifier tout. Le droit constitutionnel, ça sert à ça.

Ca me paraît énorme. On peut essayer de voir comment on pourrait tordre la Constitution...

S'il ne veut pas démissionner, il faut une initiative. J'en vois une au niveau du gouvernement, mais ça lui demande un certain courage et un vrai talent. Si ça s'est cassé la gueule, ce n'est pas seulement à cause de lui, mais aussi car les partis sont aujourd'hui ce qu'ils sont et l'Assemblée ce qu'elle est.

Il y a maintenant une attente automatique envers le chef de l'Etat et en termes de politique intérieure. Il faut qu'il bouge. C'est à lui de bouger.

Il ne peut pas laisser traîner trop longtemps. Plus il traînera, plus ça profitera aux extrêmes. - C.Roux: Et à ceux qui demandent son départ.

Nous revenons à vos questions. Question. - R.Cayrol: Il est public.

On monte à la tribune et on dépose son bulletin. Il faut l'assumer. - S.Quéméner: Ceux qui vont voter sont ceux qui sont pour. - D.Seux: C'est déposé par une liste nominative.

Le texte est signé. - C.Roux: Question. - L.Fritel: C'est fou, mais c'est une possibilité.

Que le RN soit associé à un gouvernement, j'ai abordé cette question avec des cadres. Ils m'ont dit que M.Le Pen refuserait.

Si E.Macron veut choisir une direction et qu'il demande au RN de prendre ses responsabilités, le RN refusant, ce serait un sérieux coup porté à sa crédibilité. Si le RN accepte, c'est baroque. - S.Quéméner: Ils sont loin d'avoir la majorité nécessaire.

J.Bardella avait expliqué qu'il voulait une majorité absolue pour aller à Matignon et qu'il n'irait pas, même en cas de majorité relative. - L.Fritel: Ce serait risquer de fracturer le socle commun, le reste de la majorité présidentielle. - D.Seux: M.Le Pen a été battue 2 fois par E.Macron en finale de présidentielle.

Je ne les vois pas travailler ensemble, ni sur le plan du fond ni sur le plan politique. - C.Roux: Question. - S.Quéméner: Les deux.

Le véhicule utilisé, c'est le projet de loi de finances de la Sécurité sociale. Mais on comprend bien que c'est le 1er véhicule qui était à la disposition de la gauche et du RN. Ca aurait pu être le quitus des finances 2024, qui a été voté largement aujourd'hui.

On annonçait que c'était un texte sur lequel il faudrait un 49-3. Il y a des frictions Sur les choix budgétaires faits. Le but final était de faire tomber le gouvernement de M.Barnier et d'atteindre E.Macron. - C.Roux: Question. - L.Fritel: Pour prendre les socialistes, ils sont allés voir M.Barnier avec des propositions.

Elles n'ont pas été reprises. M.Barnier, en laissant le Parlement se saisir de ce budget et en disant aux sénateurs que c'était à eux de le faire, a hystérisé tout le monde. - C.Roux: Question. 90 jours, c'est plus court que le mandat de G.Attal.

La prochaine fois, c'est peut-être pour 2 semaines. - D.Seux: On peut vous dire...

Je perds mon micro. On peut déjà dire que ceux qui accepteront d'aller à Matignon ne seront pas candidats à la présidentielle de 2027. Personne n'ira se "griller". - S.Quéméner: Il y a une interview de S.Lecornu dans "Le Parisien".

Il dit que son nom est fréquemment cité. - C.Roux: Question.

Vous disiez que ça pouvait continuer pendant des mois. Il n'y a pas de limite dans la censure. Question. - D.Seux: A très court terme, la loi spéciale évoquée reconduira le budget pour la partie recettes.

Il est très probable qu'il y ait un autre budget à un moment. Il y a des besoins qui évoluent. Il faut consacrer des dépenses, il y a des urgences.

On ne peut pas vivre 2025 avec le budget de 2024. - C.Roux: Question.

Il doit y avoir du dépit de la part des Français qui nous regardent ce soir. - D.Seux: C'est vous qui posez la question? - C.Roux: C'est une question que je lis. - L.Fritel: Beaucoup de personnes ne sont pas allées voter aux dernières législatives. - C.Roux: Y aura-t-il un gouvernement avant Noël?

On en reparle demain. Il est l'heure de retrouver A.-E.Lemoine. - A.-E.Lemoine: Notre invité ce soir: le coordinateur de LFI, M.Bompard, qui vote la censure par procuration pour pouvoir la commenter sur le plateau de "C à vous".

Il nous dira pourquoi J.-L.Mélenchon, qui n'est plus député, a absolument tenu à assister à ce vote.

Est-ce vraiment pour savourer ce moment, comme l'a laissé entendre E.Coquerel? J.-L.Mélenchon continue à demander le départ d'E.Macron, comme seule solution à cette crise.