Budget 2026 : Pierre Moscovici invité de LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour et bienvenue dans En toute franchise, l'émission politique du dimanche sur LCI en partenariat avec le Parisien. Aujourd'hui 31 août, nous recevons en toute franchise Pierre Moscovici. Bonjour à vous.
Bonjour. Merci d'avoir répondu à l'invitation à un moment critique pour le pays. Les Français le sentent, ils sont inquiets.
Tout peut arriver. Quoi exactement ? Comment l'éviter ?
Vous êtes premier président de la cour des comptes. Vous êtes un de ceux qui connaissez le mieux les comptes publics. Comment évaluez-vous la situation ?
Quelles sont les solutions ? Comment regardez-vous ce qu'il se passe aussi ? Évidemment, c'est décisif en politique.
Vous avez été ministre de l'économie, vous savez parfaitement comment tout cela marche. Dans un instant, Marion Mour Garlet Chabo vont vous poser toutes les questions. Elles vont vous cuisiner gentiment mais efficacement, ça c'est sûr.
Julien Arnaud tout à l'heure posera les questions du tac au tac. Mais d'abord, je vous promets que nous allons tout reprendre dans le détail. Mais d'abord, trois interrogations et je vous demande de jouer le jeu, de répondre par oui ou par non.
Vous disiez en janvier dernier, Pierre Moscovici, la situation est entre préoccupante et grave. Est-ce qu'elle est grave ce matin ? Oui ou non ?
Est toujours entre préoccupante et grave. Un peu plus grave que elle l'était il y a un an. Euh le gouvernement table sur 44 milliards d'économie.
Si on en fait que la moitié, est-ce qu'on est sorti d'affaires ? Oui ou non ? Pas du tout.
La France inquiète-t-elle l'Europe ? On la regarde avec des préoccupations. Oui, mais en même temps, on a confiance dans ce grand pays.
Nous passerons, Pierre Moscovici le cap des 3500 milliards de dettes. Dans quoi ? Quelques jours.
Oui, quelques jours. Quelques quelques jours. Si rien n'est fait, 4000 milliards de dettes l'an prochain en 2026 pour la France.
Comment s'en sortir aujourd'hui dans un contexte politique où François Baou a demandé au parti, au Parlement de partager son diagnostic de gravité, sinon il quittera le gouvernement s'il l'a pas dit textuellement, mais c'est ce qu'il ce qu'on a compris puisqu'il se soumet à un vote de confiance. Est-ce que vous comprenez sa démarche ? Est-ce que vous comprenez son calendrier ?
Écoutez, je suis premier président de la Cour des comptes. J'ai été pendant longtemps un homme politique. J'ai quitté la vie politique au sens partisan du terme il y a une dizaine d'années et je ne le regrette pas.
Il y a un vote de confiance. Le premier ministre a fait ce choix. Il est là pour convaincre.
Il est là pour tenter d'entraîner. J'ai aucun commentaire à faire sur fallait-il le faire, fallait-il pas le faire ? Et qu'est-ce qui va se passer ?
Ça, pour le coup, l'émission s'appelle en toute franchise, de ma part, elle s'appelle aussi en toute réserve. Et j'ajoute en toute sens. Parce que pourquoi en toute dessence ? parce que on peut pas faire de commentaires sur ce qui va se passer le lendemain du 8 avant que le 8 ait eu lieu.
Autrement dit, laissons cette semaine se dérouler. Le premier ministre va consulter, il va s'exprimer. Les partis politiques prendront position, il y aura un vote et ensuite il y aura une situation, on la constatera.
Je pense qu'anticiper n'est jamais descendre. Tous ceux qu'ils font sont indécentsent. Euh bah, ils sont pas forcément dans ma position.
En tout cas, moi je dis réserve et d'essence. Enlève, vous devez quand même être assez sensible au propos aux formules de de François Vaou. mot gravité revient aussi très souvent hein dans mais ça c'est une autre question les le diagnostic de gravité et la question de confiance ce sont deux points qui sont un peu distincts parce que dans le deuxième cas de confiance entraîne la chute d'un gouvernement le diagnostic gravité il doit être fait de toute façon oui mais alors là-dessus vous l'approuvez vous voulez pas commenter mais quand même certains se disent c'est quand même un paris ingagnable compte tenu de ce que sont les oppositions aujourd'hui.
Donc il fait prendre un risque politique et aussi un risque pour la France, les finances et la volonté de réduire la dette. Donc il y a quand même un risque politique qui aura des conséquences économiques s'il va jusqu'au bout. Si parlons pas le vote de confiance, c'est un risque.
Alors d'abord le vote de confiance c'est une procédure, l'article 491 de la Constitution qui n'a jamais été utilisé dans ces circonstances-là euh et donc qui est assez inédite puisqu'il y a pas de majorité. Donc demander la confiance à un parlement où il y a pas de majorité. ça ne s'est jamais fait.
Donc c'est un geste qui est un geste politique, disons audacieux que le Premier ministre a euh voulu parce qu'il estimait que c'était la solution la meilleure plutôt que de laisser filer le débat vers une censure qu'il estimait probable. J'ai pas de commentaire à faire du tout là-dessus. Ce que je peux dire en revanche euh c'est que la situation dans laquelle nous sommes est à la fois une situation difficile sur le plan financier et évidemment très tendue sur le plan politique et que les deux font de pair, ça c'est peut-être un message que je voudrais passer à ceux qui nous écoutent.
Un budget, c'est pas une question technique, c'est une question profondément politique et profondément démocratique. Le budget, c'est le moment où on constate le consentement à l'impôt. Le budget, c'est le moment où on définit les politiques publiques.
Et si vous n'avez pas un budget, vous ne pouvez tout simplement pas mener les politiques dont le pays a besoin. Qu'il s'agisse de la défense nationale, qu'il s'agisse de l'écologie, qu'il s'agisse de l'éducation, qu'il s'agisse de la justice, qu'il s'agisse de la sécurité. Et donc la France a besoin d'un budget et j'ajoute qu'elle a besoin d'un bon budget et c'est là où les choses sont liées parce que la situation financière est pas critique mais tout de même préoccupante, sérieuse et qu'il faut vraiment maintenant corriger la trajectoire et j'insiste sur ce mot trajectoire.
Voilà ce que je peux dire là-dessus. Et justement Marionbour, chef du service politique du Parisien, je le précise, dès la mi-juillet dans les colones du Parisien, vous aviez insisté sur la nécessité d'avoir un compromis pour obtenir un budget, y compris dans cette situation politique. Est-ce que François Bairrou a assez vré au compromis ?
On a eu l'impression qu'il n'avait pas retrouvé les téléphones des oppositions cet été. Écoutez, vous vous ne parviendrez pas parce que ce n'est pas mon rôle à me faire commenter ce que François Barrou fait ou ne fait pas. Vous pouvez commenter la démarche.
Le le Premier ministre est un homme que je respecte profondément, avec lequel j'ai travaillé. Il m'a par exemple demandé deux rapports du Cour des comptes sur les retraites, on en reparlera peut-être, qui reste à mon avis pleinement d'actualité. Il a des convictions, il se bat pour ses convictions.
Ça fait longtemps qu'il pense que le pays est trop endetté. Donc à lui maintenant de convaincre d'abord le Parlement et ensuite les Français ou d'abord les Français et ensuite le Parlement. Je ne ferai pas de commentaire là-dessus.
En revanche, par rapport à ce que je vous disais, puisque c'est vous qui avez cette interview en juillet, je maintiens les choses complètement à savoir que un, comme je le disais, nous avons besoin d'un budget. Nous avons besoin d'avoir un budget dans les temps. Dans les temps, c'est-à-dire début octobre.
Alors ça peut être un tout petit peu plus parce qu'on se retrouve dans la même situation en réalité qu'il y a un an où le budget avait été déposé autour du 10 octobre mais je rappelle qu'il y a une contrainte qui est prévue par la Constitution et par les lois organiques sur loi de finance qui est que le parlement doit disposer de 70 jours de débat et ça veut dire que on a en gros au maximum jusqu'au 15 octobre pour avoir un budget et naturellement pour avoir un budget dans une assemblée qui est fragmentée. Je vais pas faire le bisouours non plus, je fais plus de politique. Bon ben j'ai quand même été trois fois élu député, j'ai été deux fois ministre, donc je connais un petit peu ces affaires là.
Dans une assemblée fragmentée, il faut nécessairement fabriquer un compromis ou une majorité de non censure. Et cette majorité de non censur, forcément, elle se construit, elle se conquière. Pourquoi ?
Parce que les forces politiques, moi je respecte profondément les partis politiques, pas seulement parce que j'en ai fait partie, mais parce que c'est le celle de la démocratie. Ils sont inscrits dans la constitution. Un parti politique, qu'est-ce que c'est ?
Ce sont des convictions, ce sont des forces, ce sont des intérêts, ce sont des électeurs. Et donc pour qu'un parti politique accepte de ne pas censurer un budget, de ne pas censurer un gouvernement, il faut qu'il y retrouve une partie de ses convictions, de ses intérêts avant le 8. Alors ça, encore une fois, je ne vais pas parler du vote de confiance parce que c'est au premier ministre de jouer cette partie qui est extrêmement serré avec un temps extrêmement court et je ne sais pas ce qu'il dira demain au parti politique, le dira-t-il ce soir sur LCI ?
J'ai pas l'impression qu'il souhaite négocier. Mais encore une fois, je laisse ça de côté. Je parle du budget, c'est ma partie.
Je dis je dis non mais ça c'est important. Il faut un compromis, il faut une majorité de non censure et pour ça forcément ce sera pas le budget des uns ou le budget des autres. Ça ne peut pas être le budget dont rêve la droite, ça ne peut pas être le budget dont rêve la gauche.
Ça peut pas être le budget dont rêve les autres. pour une raison très simple, c'est que le Parlement, il est aujourd'hui, comme on dit, tripartite. Vous avez l'extrême droite, vous avez un bloc central et vous avez un bloc de gauche.
Ce sont pas tout à fait des blocs, mais enfin c'est comme ça. Et donc, il faut forcément qu'il y ait un compromis. Et pour qu'il y ait un compromis, il faut forcément que chacun y retrouve une partie de ses idées avec toutefois la question que vous me posiez Élisabeth Martichou, elle est pleinement justifiée.
Est-ce que la moitié de l'effort ça fait l'effort ? Non, nous sommes dans une situation et ça il faut parler quand même important. et assez grave de finan.
Alors Pierre Moscovici, les Français ont besoin de comprendre parce qu'ils entendent tout et le contraire de tout. 44 milliards, c'est l'objectif du gouvernement. Est-ce que pour vous c'est le socle nécessaire pour que la France aille sur la bonne trajectoire ?
Je dirais ou je dirais oui et non. Oui. Non, je vais non, je vais essayer d'éclairer ce propos peut-être en tout franchise avec un tout petit peu de technicité si vous voulez en tout cas de précision.
Un moi je n'utilise jamais ces chiffres de 40 44 milliards parce qu'en réalité de quoi parle-t-on ? On parle de la des économies qu'on fait par rapport à une tendance qui se poursuivrait si on faisait rien. Donc c'est un chiffre qui est un peu gazeux si vous voulez et parfois un peu anxiogène.
Mais disons, prenons-le comme une référence. Et oui, on est dans l'ordre de la quarantaine demi-heure. Pourquoi ?
Parce que ce qu'il importe de faire, c'est de garder un objectif, une ancre budgétaire qui est de passer sous 3 % de déficit public en plus important que les que le nombre de milliards. Finalement, c'est le calendrier 3 % en 2029. En 2029, c'est un chemin qu'on dessine et autrement dit, on est à 5,4 cette année, on était à 5,8 % l'an prochain, il faudra parser autour de 4,6 l'an prochain puis ensuite continuer à réduire.
Ensuite, l'effort, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'en réalité la dépense publique doit être stable en volume, c'est-à-dire hors inflation. Parce que vous savez dans le budget avec les 44 milliards, il y a une chose que personne ne signale, c'est qu'on dit que c'est un budget d'austérité si on prenait ce chiffre, mais en réalité la dépense publique continuerait d'augmenter de 20 à 30 milliards.
Alors attendez, je je je veux aller jusqu'au bout de cette affaire là. Donc oui, il y a des ordres de grandeur et si on fait la moitié de ça, on a des problèmes. Pourquoi est-ce qu'on a des problèmes ?
C'est à partir je vais poser une question, vous allez la trouver basique, rustique et cetera, mais c'est pour comprendre à partir de quel niveau estimez qu'on la France se met en danger. 30 milliards par exemple. Mais je veux pas dessous de 30 milliards.
Vous dites 21 milliard je ne raisonnais pas tout à fait comme ça. Je je fais pas du tout de raisonnement de marchand de tapis. Là, je suis en train de vous dire qu'il faut aller vers 3 % en 2029.
Et pourquoi ? Je le dis aux partis politiques qui n'en sont pas convaincus parce qu'il semble qu'il y en ait. Pourquoi ?
Parce que ces 3 % c'est pas un chiffre arbitraire, c'est le chiffre à partir duquel justement la courbe de notre dette commence à se stabiliser. La crise politique a des conséquences et on le voit sur les taux d'emprunt parce que le ministre de l'économie lui-même non mais c'est important parce que c'est on en parle tous les jours. Le ministre de l'économie lui-même dit attention les taux d'emprunt peuvent augmenter et la France serait très mal cassé.
Comment on arrive dans ces cas ? Pense que pour éclairer vos téléspectateurs, il faut avoir quelques éléments de raisonnement. Premièrement, pourquoi 3 % ? 3 % c'est parce que ce c'est ce qui permet d'infléchir la courbe de la dette.
Pourquoi faut-il infléchir la courbe de la dette ? Pour les raisons précises que vous évoquez, c'est que quand la dette continue de monter, quand le déficit continuent de s'accroître, que se passe-t-il ? Nous payons plus cher notre dette.
Et nous avons un chiffre qu'il faut retenir celui-là, c'est le service de la dette. Autrement dit, le remboursement annuel de la dette. Il était de 25 milliards d'euros en 2021, c'est-à-dire le budget du logement.
Il est de 63 milliards d'euros aujourd'hui. C'est plus que le budget de la défense. L'an prochain, il risque de passer devant le budget de l'éducation.
Pour la première fois, ce serait le premier poste budgétaire de la nation, 70 milliards. Et si on continue comme ça, euh c'est chif de la Cour des comptes, on serait en 2030 à 107 milliards d'euros. Et mais non, comprenez une chose, c'est que si on est là-dedans un, on a plus d'argent pour financer nos autres politiques publiques.
Ceux qui s'imaginent que faire moins de moins de réduction de déficit, c'est retrouver des marges, c'est le contraire. Deux, les taux d'intérêt augmentent. Ce qu'on appelle les spreads, c'est différencier le taux d'intérêt avec l'Allemagne, l'Italie et cetera, ça continue de se dégrader.
Et trois, nous avons un problème de crédibilité massique. Donc vous n'avez pas répondu à ma question. Si on fait pas les 40 milliards, est-ce que les taux d'emprunt arrivent ?
Mais je vous ai répondu que oui. Oui. Je vous ai répondu, je n'ai pas donné un chiffre précis, mais je vous dis que le chiffre précis, c'est que si on ne respecte pas cette trajectoire, nous avons des problèmes.
Alors, si je comprends bien, une une économie alors 21 milliards réduction, hein. OK. Euh dans le budget, 21 milliards d'économie avec un retour 3 % en 2031 et plus en 2029, c'est pas raisonnable.
Je dis ça parce que c'est un parti qui qui a qui vous connaissez bien qui fait ses propositions hier en se disant bah nous on revendique Matig donc la décrue beaucoup plus lente et beaucoup inférieure à ce que propos revenir à la réponse que je faisais à Marian Homourg il faut un compromis ce qui veut dire que le budget qui sera finalement adopté j'espère qu'il y en aura un il faut qu'il y en ait un parce que la France en a besoin il devra forcément écouter les propositions des uns et des autres y compris celle-ci le parti socialiste, je vais le nommer puisque c'est lui dont vous parlez il a fait un effort qu'il faut saluer, c'està-dire qu'il a construit un contrebudget. Il manifeste par là qu'il veut être une force de gouvernement qui participe gouvernement. Il l'a été pendant longtemps, j'ai été ministre socialiste, moi pendant 7 ans, je sais ce que c'est que le parti socialiste au pouvoir et il a plutôt à l'époque, y compris quand j'étais ministre des finances, beaucoup réduit les déficits, peut-être plus que d'autres.
Et et mais il on peut pas faire de majorité sans lui, on peut pas faire de majorité contre lui, mais il ne peut pas faire la majorité tout seul. Et donc forcément à la fin, il faudra qu'il y ait une discussion sur quel est le bon niveau et sur quelles sont les bonnes méthodes parce qu'au fond. Et c'est quoi le bon niveau ?
Alors alors je reviens. Le bon pour moi et je vais pas donner un chiffre par c'est celui qui permet d'être sur la trajectoire de moins de 3 %. Mais si on fait moins cette année et si on fait moins cette année il faudra faire plus l'an prochain et si on va être sur une trajectoire. une trajectoire, c'est étape par étape, c'est marche par marche.
Et donc il faut être crédible dès 2026. Autrement dit, moi ce que je dis ici de manière assez ferme, c'est aller plus loin que 2029 n'est pas raisonnable. D'ailleurs, nous sommes les seuls en 2026 dans la zone euro.
Les seuls qui ont plus de 3 %. les seuls euh et pourquoi attendre 2032 ça on a au départ c'est 2024 puis 2025er pardon Pierre Moscovici puisque vous dites l'important c'est la trajectoire mais dans le fond si on fait 20 milliards par exemple Bruxelles nous nous nous verra bien que des efforts sont faits par rapport aux années précédentes. Est-ce que vous n'êtes pas en train de d'être dans le catastrophisme comme disait écoutez je vais vous dire les choses de manière très précise puisqu'il y a des rumeurs qu'on entend.
Non, le FMI ne viendra pas à Paris. Nous ne sommes pas du tout Nous ne sommes pas du tout mais pas du tout dans la situation de la Grèce que j'ai bien connu dans les années 2010 et suivant de notation. Elle elle nous guarde.
Attendez attendez mais laissez-moi développer un petit peu. C'est quand même des sujets sur lesquels on peut pas fonctionner par slogan. Un le FMI ne sera pas là parce que nous avons un marché de dette très liquide parce que nous gérons bien notre dette parce que nous appartenons la zone euro parce que nous avons des impôts qui rentrent.
Deux la Commission européenne est plutôt là et j'ai été commissaire européen en charge de ce sujet pour nous aider. Donc elle sera compréhensive. N'attendons pas de l'extérieur des sanctions de cette nature-là.
Ne soyons pas paniqués par rapport à ça. Pas Alors, le vrai problème, où est-il ? C'est justement le coût de notre dette.
Ça s'appelle les marchés. Et je suis obligé de citer cela. Pourquoi ?
Parce que notre dette, contrairement à d'autres, contrairement à la dette italienne, contrairement à la dette japonaise, elle est détenue majoritairement par les étrangers à 53 55 %. Ils nous regardent, ils se disent "Est-ce que ce pays est bien géré ? Est-ce qu'il a des finances publiques crédibles S'ils estiment que ces finances publiques ne sont pas crédibles, s'ils estiment que le pays n'est pas géré, à ce moment-là, ils renchérissent le coût de la dette. et renchérer le coût de la dette.
Ça veut dire simplement que le chiffre que j'évoquais tout à l'heure sur le service de la dette ne cessa d'augmenter et les conséquences pour les Français, c'est que on ne peut pas faire le reste. Si vous remboursez 100 milliards d'euros par an et que vous prétendez par ailleurs euh mettre le paquet sur la défense, mettre le paquet sur le développement durable, mettre le paquet sur l'éducation, faire l'effort pour l'innovation et la recherche, non, l'action publique se trouve étranglée. Et j'ajoute que finalement cette dette là effectivement le premier ministre a raison, ce sont quand même les Français qui la payent, ce sont les jeunes sur qui elle pèse à l'avenir. quelques chiffres peut-être encore une fois sur les marchés.
Nos spread, c'estàd nos différentiels de taux d'intérêt et que l'Allemagne s'accroisse légèrement. Enfin, ils sont autour de 80 points de base. Il notre écart diminue avec l'Italie.
Nous pourrions être dans quelques semaines, ce serait la première fois depuis très longtemps par rapport à un pays qui a été considéré comme l'homme malade de l'Europe avec des des taux d'intérêt qui sont un peu plus coûteux. Nous payons aujourd'hui plus que les Espagnols, plus que les Grecs, plus que les Belges. Quand j'étais commissaire européen minise des finances, je ne pouvais même pas imaginer que ça arriverait.
Il y a une question là de crédibilité qui est très forte et à un moment donné à un moment donné on est sur un effet boule de neige on a une boule de neige qui roule c'est celle de la dette elle est là elle roule elle s'augmente 3500 4000 115 120 % du PIB mais à un moment donné attention à l'avalanche parce que ça se déclenche d'un coup et on le voit pas venir et ça et ça va très vite et ça va très vite. Si vous voulez, il faut vraiment surveiller ça. Et c'est pour ça que les chiffres, c'est pour ça que les chiffres que donnent les uns ou les autres, moi je parle pas de 20, je parle pas de 40.
Je vous dis qu'il faut rester sur la trajectoire de 3% 2029 parce que c'est làdus que tout le monde 202 parler d'avalanche, on sait que la crise politique fait perdre du temps à chaque fois pour obtenir un budget. Donc quelles seront les conséquences si le budget ne peut pas être constitué puisqu'il n'y aura pas de gouvernement ? Écoutez, je suis pas du tout dans cette politique fiction là, je le redis.
Non mais pour qu'on prenne conscience des risques, je parle mais je parle je vous donne des des dates qui sont des dates, j'allais dire techniques parce que ce sont des dates. Or, il y a un calendrier à respecter pour le calendrier à respecter. Théoriquement le théoriquement le le projet de loi de finance doit arriver doit être adopté par le conseil de ministre début octobre, disons le 2 octobre.
Il doit arriver sur le bureau d'une institution que je préside qui s'appelle le haut conseil des finances publiques qui donne des avis sur ce budget. Le 15 septembre, on peut prendre un peu de retard, 10 jours, 15 jours, on peut aller jusqu'au 10 octobre. Il y a une contrainte qui est que le parlement doit avoir le temps de délibérer 70 jours.
Et donc ça ça veut dire que c'est pas après le 10 octobre en gros qu'il faut un budget. Et ensuite bah ce budget, il faut trouver un compromis, il faut trouver une majorité de non censur, il faudra écouter les uns et les autres. Il faudra écouter les socialistes, il faudra écouter les républicains, faudra écouter le bloc central et il faudra écouter tous ceux dont avec le parlement avec le parlement tel quel vous croyez qu'il peut y avoir une solution de compromis sur un budget qui demande des économies ?
Je le crois je le crois. Et et là là de ce point de vue là, ce qu'a fait François Baou en toute hypothèse est très utile parce qu'il a quand même mis l'accent sur l'importance de la dette, mis l'accent sur la crédibilité des finances publiques et rappeler pourquoi c'était d'intérêt général. Après, il y a une question de moyen et et dans l'interview du Parisien que nous avons fait ensemble, je disais qu'il y avait trois équilibres à respecter.
Alors, on va y venir, on va y venir. On va en solution. Mais tout en tout cas, en tout cas, je pense qu'un compromis, il est possible et nécessaire.
Sinon, qu'est-ce qui se passe ? Sinon, c'est la crise politique qui s'accroit. Sinon, on perd encore plus de temps.
Sinon, on n pas de budget. Sinon, les taux d'intérêt augmentent. Sinon, on va vers une dissolution.
Et sinon, sinon sinon sinon c'est la balance, c'est la balance financière et politique. Vous allez nous dire est-ce qu'il faut payer plus d'impôts, est-ce que tout le monde va y passer ? Est-ce que la potion socialiste c'est une potion magique ?
Bref, quelle solution ? Juste un mot, vous dites c'est utile l'explication et même l'espèce d'électrochoc que veut tenter de créer François Maou. Les Français n'adhèrent pas.
Les Français ne veulent pas les mesures. Avant de les examiner les mesures, vous êtes déçu ? Vous dites vous disiez faut expliquer, faut expliquer, ça va finir par fonctionner.
Les Français ne veulent pas. Je vous encore une fois, je parle pas de la confiance, je parle pas du premier ministre, je parle de des finances pu je pense que les Français les Français sont un peu contradictoires. D'abord, ils commencent à être et là-dessus tout ce qui se passe est très utile conscient que nous sommes trop endettés et ils savent vous savez si on leur raconte on va encore faire plus tard, on va faire moins.
Ça passe pas parce qu'ils savent eux ce qui se passe et donc il faut maintenant que ce problème de dette soit traité. Il est arrivé dans les sondages très hauts dans les préoccupations et c'était le 15e sujet, c'est maintenant le 3e 4e. Ça angoisse les Français.
Ils ont raison de l'être. Deuxièmement, ils n'en sont pas encore à dire "On fait un effort, mais je fais un effort." Et donc, il y a une question qui est une question de pédagogie pas seulement sur la l'ampleur de l'effort dont nous parlons depuis tout à l'heure, mais aussi sur la composition de l'effort, c'est sur qui paye sur quels sont les degrés, quelles sont les institutions, quels sont les ménages qui payent pour ces efforts qui payent.
Et donc les français, je crois qu'ils sont les Français les Français sont murs pour réduire la dette. Oui, je pense qu' un compromis est possible qui nécessaire mais on n pas. Par exemple, François Baou a a ciblé les boomers.
C'est une question qu'on va vous poser dans est-ce qu'il a eu raison Pierre Moscovici à tout de suite dans en toute franchise [Musique] en toute franchise l'émission politique du dimanche sera LCI de 10h à 11h à quelques heures de la nouvelle prise de parole de François Baou. Ce sera ce soir sur LCI à 18h le premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici qui nous a dit que la situation était préoccupante et grave et que nous étions dans une situation qui peut dégénérer si rien n'est fait on ne peut pas diviser par deux le montant des économies demandé aujourd'hui par François Baou. Euh merci euh d'avoir accepté notre invitation encore une fois.
Julie Arnaud tout à l'heure viendra vous poser des questions avec tacot euh sur euh LCI. Mais avant cela euh une déclaration, une petite phrase à la fin euh de l'expression François Baou sur TF1 la semaine dernière euh où il a commis une maladresse. En tout cas ça a fait couler beaucoup d'ancre les boomers.
Marion, est-ce que le premier ministre a eu raison de cibler les boomers ? Donc les retraités, les seniors et différentes appellations ? C'est un boomer.
Je suis un boomer. Euh, il y a un problème de retraite dans ce pays. Il faut pas le nier.
La cour des comptes, je le disais, a fait deux rapports et insiste sur deux points. Le premier, c'est que notre système de retraite est en déficit. 6 milliards aujourd'hui, 15 milliards d'euros en 2035 et 30 en 2045.
Donc il faut faire quelque chose, on peut pas continuer à laisser dériver nos retraites. Deuxièmement, il y a des problèmes d'équité dans le système de retraite. Des problèmes d'équité intergénérationnel et intragénérationnel.
Intergénérationnel c'est justement est-ce que c'est les jeunes contre les vieux et cetera. Et intragénérationnel c'est il y a des gens qui aujourd'hui sont au chômage subiis. Donc il y a des gens qui sont vulnérables sur le plan de leur santé.
Il y a des gens qui ont des travaux pénibles. Vous savez que l'espérance de vie d'une femme ouvrière est de 2 à 65 ans et 2 ans inférieure à celle d'une femme cadre. 3 ans pour les hommes et donc c'est des problèmes qu' faut traiter.
Non non non. Et par ailleurs oui c'est vrai que les retraités ont toujours une situation légèrement meilleure que les actifs mais tout de même la retraite moyenne est quelques 1700 €. Pas une logique il n'y a pas une logique aujourd'hui à faire davantage payer les retraités que les actifs pour rééquilibrer les Je pense qu'il faut plutôt avoir une logique horizontale c'est en fonction des revenus.
C'est les retraités qui sont des retraités aisés. Moi quand je prendrai ma retraite dans peu de temps, je serai un retraité aisé très aisé. Et donc il pe faire payer plus ou pas ?
Est-ce que les boomers aisés doent payer plus ? Je pense je pense que ça doit être exactement euh horizontal par rapport aux capacité contributive de chacun. Donc il faut appuyer davantage les actifs comme les retraités.
Je pense qu'en terme de partage si vous voulez la question c'est une question de justice, c'est pas une question d'âge. Pas uniquement une question d'âge, même si ce que voulait dire François Brou sans doute, c'est que les retraités ne pouvait pas être à l'écart de l'effort. Et de ce point de vue-là, il a raison de dire que c'est la jeunesse qui porte le poids de la dette pour l'avenir et que ceux qui ont profité bien pour un certain nombre d'entre nous, c'est mon cas, mais il y en a qui ont profité beaucoup plus que moi, je tiens à le dire.
Bien, ceux-là doivent contribuer à hauteur de ce qu'ils ont bénéficié. Petite parenthèse, c'est pas le moment de remettre en cause la réforme des retraites. Ça aussi, c'est dans le projet du Parti socialiste, c'est-à-dire on négocie à nouveau, on reprend.
Objectif revenir à 62 ans. Ça fait pas partie des choses raisonnables. J'ai j'ai j'ai prononcé un un chiffre qui n'est pas raisonnable, c'est 2027.
En 2027, nous avons une élection présidentielle. Manifestement, tout le monde y pense. Oui, parfois un peu trop.
Je pense que 2027, ça j'y insiste parce que l'idée de remettre en cause le mandat du président de la République me paraît une idée absurde. Le président de la République a été élu pour 5 ans. Il est légitime dans sa fonction.
Alors après, il peut-être contesté, critiquer, approuvé cette autre chose, mais cette enfin il est exposé aujourd'hui. Il est exposé aujourd'hui, attendez, ce mandat doit aller au bout et l'élection est en 2027. Bon, ça je ferme cette parenthèse, mais 2027, qu'est-ce que c'est très important.
Une élection présidentielle, c'est le moment où on refonde quelque chose. Jusque-là, on peut pas refonder. Et quel est l'enjeu au fond maintenant ?
L'enjeu, c'est effectivement de passer un budget 2026 et puis un budget 2027. C'est de faire en sorte que la France soit tenue. C'est de faire en sorte que des efforts soient faits qui permettent d'aborder 2027 dans de meilleures conditions.
Parce que si en 2027, on a encore une situation financière plus grave qu'au moment. Mais c'est je veux dire pas la les grandes réformes les grandes réformes de société qui pour le coup exigent euh un débat démocratique et une majorité claire, ça c'est pour 2027. Le reste c'est pour maintenant et ça veut dire qu'il faut faire passer ce budget mais avec en même temps des questions d'efficacité, des questions d'équité, de justice.
C'est ça qui est en cause. Et la tâche du gouvernement pour l'essentiel évidemment, il faut assurer la sécurité des Français, préparer l'avenir. Elle est là.
Alors la justice fiscale pour préparer 2027, faire en sorte que 2027 se déroule sur des bases meilleures mais pas anticiper 2027. Alors pour la gauche, pour les socialistes notamment, il y a la proposition de cette fameuse taxe Zucman qui a été votée au Parlement sur les ultra riches 2 % ça ferait 1800 foyers fiscaux pour l'instant. Ils lisent rapport rapport important 15 milliards une taxe.
Elle rapporte combien ? Est-ce que c'est une bonne taxe sur le patrimoine ? et elle rapporte combien encore là encore je vais pas être dans le débat parlementaire, je ne suis pas parlementaire, je suis président de la cour des comptes.
Je vais faire juste quelques réflexions de bon sens si vous permettez. La première c'est que une taxe, on en constate le rendement une fois qu'on l'a voté. Autrement dit, après on peut jouer sur justement qui est assujetti, quel est le taux.
Il est impossible de dire a priori, on sait pas combien vous ne savez pas dire et personne ne peut dire combien rapporterait la taxe du socialiste tape sur Mais c'est parce qu'il la calibre d'une certaine façon. Elle peut-être calibrée en dessous mais elle doit être calibrée en dessous. Elle peut elle toit Attendez, ce qui est clair, je disais tout à l'heure qu'il y avait trois partages qu'il fallait maintenant observer.
Premier partage, c'est euh économie versus fiscalité. Est-ce qu'il faut faire plus d'économie ou plus de fiscalité ? Mon sentiment, c'est que il faut faire des économies et de la fiscalité, mais ne pas non plus paralyser l'économie française.
Autrement dit, il y a une douzaine d'années, j'avais parlé de ralball fiscal. Je pense toujours qu'il faut pas trop de fiscalité parce que nous sommes dans un univers compétitif. Mais en même temps, oui, la fiscalité est légitime, c'est pas un tabou.
Et donc, il y a la question de la justice fiscale qui va se poser là. Mais l'essentiel doit être fait sur des économies. Ensuite, sur qui repose les économies ?
Il y a l'État, il y a les collectivités locales, il y a la sécurité sociale. Il faut que chacun soit mis en contribution. On va prendre Non non, on va prendre les choses dans l'ordre.
Vous parliez de la fiscalité Marion ? Vous avez Non non non, laissez-moi aller jusqu'au bout de mon trè équip parce que il va vous amener à la fiscalité. C'est justement sur qui paye autrement dit, est-ce que ce sont les retraités versus les actifs ?
Est-ce que sont les jeunes ou les moins jeunes ? Est-ce que ce sont ceux qui sont en bas de l'échelle ou ceux qui sont en haut de l'échelle ? et les différentes mesures qu'on peut envisager, qu'elles soi fiscale ou d'économie d'ailleurs ont des impacts redistributifs de cette nature là.
Et moi, je plaide pour un budget qui soit efficien à faire les deux et troisièmement efficace que ça veut dire qui rapporte de l'argent sans pénaliser la croissance. C'est ça l'équation qu'il faut maintenant remplir. Hitman elle pénalise ou parce queon dit les riches vont partir, c'est l'argument qu'on entend tout le temps.
Nous avons ce vote de confiance le 8 septembre. Ensuite, à un moment donné, avec ce gouvernement ou un autre, s'ouvrira le débat budgétaire. C'est le moment où nous en reparlerons.
Ce que je peux dire simplement, c'est qu'il est évident, me semble-t-il, que dans la situation actuelle, un effort sera demandé à ceux qui sont les plus aisés, à ceux qui sont les plus riches. Plus important ou pas que celui qui est prévu dans le budget. Je joue pas la question pour un champion petitou, on en est pas là.
Je dis juste que euh il faut être conscient que cette demande de justice sociale, de justice fiscale, elle est extrêmement puissante et que par ailleurs, il est assez légitime que ceux qui ont gagné beaucoup d'argent contribuent. Ils l'ont fait l'année dernière. Après, le débat lui-même dira "Est-ce que c'est la taxe zu est-ce que c'est une autre taxe ?" et quel est le niveau de la taxe.
Ça laisser les choses se dérouler logiquement, c'està-dire séquence par séquence. Pour le moment, il y a le vote de confiance. Après, il y aura un projet de budget réel et pas seulement un débat sur l'enveloppe puisque François Baou ne parle à ce stade que du diagnostic parl et à l'intérieur du diagnostic, il faudra répartir les choses et les négocier pour construire cette majorité de non censure.
Voilà ce qui nous attend. Vous insistez beaucoup sur le terme économie. Comment on fait des économies ?
Dans quelles dépenses on peut sabrer puisqueaujourd'hui les Français ne sont pas forcément prêts à revenir sur des acquis. Donc c'est quoi ? C'est les dépenses de santé, c'est les dépenses d'éducation de Alors là, pour le coup, la Cour des comptes a produit de très nombreux rapports qu'il s'agisse de l'État, qu' s'agit des collectivités locales, qu'il s'agit de la sécurité sociale qui montrent qu'on peut très bien faire des économies sans pour autant sacrifier la qualité du service public.
Je vais prendre l'exemple de l'assurance maladie. Si sur l'assurance maladie, on fait des économies sur les transports médicaux, non pas en les réduisant pour ceux qui en ont besoin, mais en les cantonant à ceux qui en ont besoin. Si on augmente massivement le recours au générique, si on lutte contre la fraude à l'assurance maladie, voilà trois pistes qui génère des économies très importantes sans mais qui déclenche des manifestations, on l'a vu les transports sanitaires sans que les alors les transports sanitaires, ils avaient d'autres soucis qui étaient la concurrence des VTC mais moi je parle si vous voulez la qualité de prescription et au fond on comprend pas ce que ça veut dire parce que dans la réalité quand le gouvernement essaie de réduire la dépense de santé en matière de transport sanitaire, il il est confronté à des moments c'était pas exactement le même problème qui était posé mais donc différemment.
Oui, je pense qu'on peut l'aborder différemment mais je prends trois exemples pour dire et moi je me place pas du point de vue des des conducteurs de taxi je me place du point de vue de la sujetti c'est-à-dire du patient et je dis qu'on peut très bien faire des économies importantes. Je prends cet exemple, je pourrais en prendre beaucoup d'autres. Dans l'État, il y a des économies importantes à faire.
Dans les collectivités locales, il y en a aussi. par exemple en évitant les doublons qui sont assez nombreux entre les différents niveaux de collectivité dans notre 1000 feuilles territoriales. Je dis qu'on peut faire des économies sans que l'assugetti lui euh voit la qualité de son service public.
Vous savez, je vais prendre et sans que les services publics ne soient dégradés. Je je vais vous prendre comme de deux chiffres là encore. La dépense publique, elle est de 57 % dans le PIB.
Elle était de 53 % avant la crise Covid. On a ajouté 4 points de pub. Est-ce que les Français sont en train de se dire le service public, waouhou, je suis ravi de mon éducation nationale, les transports ça fonctionne nickel, l'hôpital est en pleine forme.
Ça veut dire quoi ? C'est que au lieu de raisonner toujours pour la quantité, il faut raisonner par la qualité. Et vous savez et je reviens puisque vous avez beaucoup parlé des socialistes sur la cette question de la dette.
La question de la dette, c'est pas une question de droite ou de gauche. Si vous êtes étranglé par votre dette, si votre dette coûte de plus en plus cher, contrairement à ce qu'on peut penser, OK, vous faites un petit peu moins d'économie tout de suite, mais alors vous en faites beaucoup plus après parce que les marchés vous donnent un coup sur la tête. On a le choix entre faire des économies maintenant volontaires, intelligentes, qui ne respectent la justice sociale et qui permettent l'efficacité ou subir l'austérité plus tard que nous imposerons les marchés.
Je ne veux pas de l'austérité subie pour mon pays. Je souhaite plutôt des économies intelligentes qui permettent d'avoir une meilleure qualité de la dépense publique. Si j'avais un slogan, ce serait celui-là.
On avance. Oui. Euh euh quand on regarde le calendrier en France, on est observé évidemment par nos partenaires européens.
Euh vous parliez effectivement des marchés, les agences de notation. Alors on sait que c'est pas quand même les agences de notation, c'est vrai qu'ils vont menacer. Vous disiez tout à l'heure le FMI va pas arriver en France mais calendri quoi ? le vote du 8 qui crée une incertitude politique évidemment énorme.
Le 10, il y a des manifestations, un mouvement, soulèvement populaire. Il y a ensuite le 18 interiqu, il y avait une bombe bande de grève. Quand on regarde la France en Europe, et vous savez comment on regarde la France depuis Bruxelles aujourd'hui, vous parliez tout à l'heure effectivement l'Italie malade de l'Europe.
Avant c'était l'Allemagne, aujourd'hui c'est la France qui inquiète. On voit une grande fragilité. On voit une fragilité financière, on voit une fragilité politique et ça rejoint le premier propos que j'ai tenu, c'est-à-dire que nous sommes dans cette situation-là, situation financière préoccupante euh et qu'il faut vraiment rectifier et situation politique qu'il faut stabiliser et la stabiliser par cet accord de non censure, par ce compromis.
S'il y a pas de compromis, qu'est-ce qui va se passer à ce moment-là ? Il y a plus de gouvernement. S'il y a plus de gouvernement, que se passe-t-il ?
Il y a une dissolution. Est-ce que la dissolution euh euh c'est ça coûte sans doute de l'argent, c'est aussi du temps perdu et on voit que les résultats euh je sais pas, je voyais un sondage ce matin qui montre que bon bah ce serait pas plus gouvernable, peut-être même un tout petit peu plus compliqué qu'aujourd'hui. Alors euh franchement moi je pense qu'il faut se mettre euh vraiment se retrousser les manches discutier a dit qu'il était inquiet.
Est-ce que est-ce que les Européens nous regardent avec inquiétude ? C'était la question d'Arlet, pardon. Je pense qu'ils n'en sont pas encore là mais ils regardent avec ancien au commissaire connaiss oui.
Oui très bien. Je pense qu' ils attendent l'échéance du 8 septembre et les autres avec euh avec au moins de la curiosité, ils ne savent pas. Mais vous savez si non il faut vraiment vous savez en politique qu'elle soit européenne ou française, il faut respecter les rythmes.
Aujourd'hui le chanement le chancelier allemand il a pas respecté les rythmes alors parce qu'il a dit qu'il était tout est suspendu. Tout est suspendu et demain on verra. Et plus la crise s'approfondit, plus la crise s'approfondit, évidemment, plus ça coûte cher et plus on nous inquiétons.
Ça veut dire que si effectivement il y a pas de confiance, il faudra de toute façon, on verra ce que fait François Baou d'émission, il faudrait de toute façon qu'il y ait un gouvernement peut-être un autre premier ministre nommé très vite sinon le vide. On en reparlera le 9 si vous permettez. Encore une fois cette semaine la semaine qui s'ouvre demain, celle qui va du 1er au 8, c'est la semaine où se prépare ce vote de confiance par des concertations.
Et moi, je respecte totalement ce temps-là et je crois qu'il faut le respecter. Je parlais de dessence, mais pourquoi ? parce que les spéculations sont toujours négatives.
Quand on spécule, y compris politiquement, on spécule aussi contre son pays. Quand on se projette par exemple dans une dissolution, ça n'est jamais absurde de se projeter quand on fait de la politique, mais je pense qu'il faut pas spéculer. Euh les les socialistes, puisque vous parlez de la semaine, vont aller à Matignon tout en disant qu'ils voteront contre la confiance.
Est-ce que c'est cohérent ? Je commmente pas l'attitude de tel parti politique enfin qui ne qui ne dit il me semble il me semble que le premier ministre a dit lui-même les choses. Il a dit que aujourd'hui ça passait pas.
Donc il a lui 8 jours pour renverser le cours des événements. Et vous savez enfin quand vous avez des je faire une réflexion je vais vous faire une réflexion de bon sens. C'est le premier ministre qui demande le vote de confiance n'est-ce pas ?
Ouais. C'est les autres qui aujourd'hui sont pas décidés à lui donner. D'accord.
Et bien il faut qu'il les conquièrre. Hm Marion, on prépare déjà un peu l'après 8 septembre et évidemment on cherche le bon profil désormais pour succéder à François Baïou. C'est quoi le bon profil ?
C'est un peu le vôtre. C'est quelqu'un qui connaît le milieu politique et qui a une connaissance des enjeux économiques. Vous seriez candidat ou en tout cas vous diriez oui si on vous appelle ?
On n jamais candidat à ce genre de poste. Et encore une fois, j'ai parlé de dessence. J'ai parlé ni publiquement ni souteraement.
J'ai parlé de dessence. Je l'ai dit. J'ai le plus grand respect pour François Baou.
Il est le premier ministre, il est face à un combat difficile qu'il le mène. On verra après ce qui se passe. Ses jours paraissent compté et tout le monde le sait mathématiquement.
C'est compliqué le le premier ministre lui ou un autre. De toute façon, moi je n'ai jamais cru au gouvernement totalement technique. Même quand un gouvernement est technique, il est politique.
Mario Dregy a dirigé un gouvernement technique, bah c'était un homme très politique. En Italie, on a cette tradition d'avoir sans doute des on a sans doute des techniciens mais qui sachent faire de la politique. Pourquoi ?
Parce que forcément, il faut trouver son chemin dans un parlement. et et la deuxième et la deuxième chose euh c'est qu'il faut absolument trouver les voies et moyens de ce compromis de non censure. J'y insiste, c'est ça l'enjeu.
Donc il faut quelqu'un capable de parler à l'ensemble des forces politiques par définition, y compris le rassemblement national ou à l'F par définition. Mais si vous voulez encore une fois, il faut pas personnaliser il faut prendre cette situation comme elle est. C'est une situation qui est sérieuse.
Il faut la traiter avec encore une fois franchise comme nous le faisons, mais aussi avec d'essence. Il y a d'abord l'étape du vote de confiance. Ensuite, il faudra travailler à faire en sorte qu'effectivement on puisse construire un budget, un budget qui soit un budget de compromis et un budget qui soit un budget qui ne soit pas censurable, mais un budget qui en même temps soit la hauteur des efforts demandés.
Le président de la République est quand même l'homme le plus informé de France. Il est très conscient de la situation. C'est lui qui prendra ses décisions.
Alors, il y a il y a quelqu'un qui qui ne voit pas tellement la sortie de crise, il s'appelle Thierry Breton, il était commissaire européen, il a évoqué au fond, il y a la perspective hypothèse dissolution. Il dit "S'il y a un blocage, il voudrait éviter la dissolution. Pourquoi finalement le président de la République ne demanderait pas au responsables du premier groupe parlementaire, c'est-à-dire le Rassemblement national de former un gouvernement ?
Est-ce que ça vous choque ? Pierre Breton est aujourd'hui dans une autre vie. Il vient souvent chez vous. il s'exprime plus librement que je ne peux le faire.
Moi je suis premier président de la Cour des diagnostic quand même. Non, je je je vais pas aller jusqu'au bout. Sa logique ça, je je spécule pas.
Je dis c'est pas mon tempérament d'abord. Non mais non seulement c'est pas mon tempérament, c'est pas mon rôle et c'est pas ma philosophie de vie. Je ne spécule pas.
Vous savez, j'étais à Bruxelles pendant 5 ans. J'ai appris une chose, il y a une phrase que je ne prononce jamais, c'est watf. Je ne fais jamais ça mais qui disent on a tout essayé d'ê essayons d'être un peu plus méthodique.
Encore une fois, il y a le vote de confiance. Oui. Non.
Si c'est oui, le premier ministre continue et il présente son projet de loi de finance. Si c'est à ce moment-là l'idée c'est sans doute de nommer un autre premier ministre. Après, si ça ne marche pas, on peut être obligé de faire une dissolution et là on saute dans un certain nombre d'inconnus.
Euh c'est pas à moi de les évaluer, mais je je redis encore une fois qu'une dissolution, ça coûte de l'argent. Euh ça inquiète, vous savez d'ailleurs parce qu'il y a des chiffres qui ont circulé sur on les a, on n'a pas fait ce chiffrage mais ça coûte milliard probablement. Euh pourquoi ?
Parce que c'est une perte de temps. Ça crée de l'inquiétude. L'inquiétude crée de l'instabilité.
L'instabilité renchérit les taux. Et je ne peux pas penser qu'une dissolution soit quelque chose qu'on fait par plaisir. Le président de la République ne le fera pas par plaisir si est amené à le faire.
En revanche, il a dit que c'était une capacité constitutionnelle. il voulait pas le défaire, il le fera peut-être s'il y est obligé. Et ensuite une fois que la dissolution est faite, il y a le résultat.
Soit il y a une majorité, soit il y en a pas. Vous voyez donc je suis un peu plus méthodique que Thierry Breton dans ma façon de penser. Donc vous n'êtes pas inquiet sur une é d'ailleurs sur une éventuelle crise de régime pour vous.
Elle ne se profile pas à l'horizon. Nous n'y sommes pas du tout et il faut l'éviter. D'accord.
Je vais juste préciser que Thierry Breton n'évoquait pas de dissolution, il évoquait un premier ministre. après l'échec des deux suivants. Alors, je je vais être tout à fait clair là-dessus.
Dans la situation de l'Assemblée d'aujourd'hui, certes, le RA national est le premier parti, mais il est très loin d'avoir une majorité relative. Je crois que ça ça a pas grand sens. Et après une dissolution, s'il y avait une autre situation politique, on verrait ce qui se passe.
Mais encore une fois, ne spéculons pas. Julie Arnaud, bonjour. Merci de nous avoir rejoint.
Des questions du TACOTAC, c'est à vous. Pierre Moscov, l'interdiction du portable dans les collèges. En travaigur à partir de demain.
Vous dites enfin plus que nécessaire. sans doute nécessaire. Oui, sans doute nécessaire.
Nécessaire. J'ai j'ai un enfant mais pas encore au collège. Petit garçon de 7 ans.
Je je je souhaiterais qu'il n'it pas de portable avant d'être au collège et une fois qu'il sera au collège que ça ne se passe pas dans l'ensemble du collège. Le collège est fait pour apprendre et les portables, ça n'apprend pas. Êtes-vous favorable à l'instauration de quota pour les restaurants ?
C'est la proposition de l'union des métiers de l'hôtellerie de la restauration. Trop de restaurants, trop de concurrence, trop de fermeture. J'ai pas d'opinion sur le sujet.
Vous allez au restaurant ? Je vais au restaurant. Je suis pas en général les coton.
Oui oui bien sûr mais je je je ne la connais pas suffisamment pour savoir si le quota est la solution. C'est ça que je veux dire. Oui mais je suis très attaché à comm en revanche sûr que vous avez lu avec attention la lettre de l'ambassadeur américain à Paris Charles Kchner qui a exprimé je cite sa profonde inquiétude face à la flambée de l'antisémitisme en France dénonçant je cite aussi l'absence d'action suffisante du gouvernement.
Est-ce qu'un diplomate doit dire ça ? Écoutez il se trouve que je suis moi-même euh d'origine juive. sans être pratiquant ou quoi que ce soit.
Je suis très sensible à sujet de l'antisémitisme et je vois la montée de l'antisémitisme et je comprends ce que nos compatriotes d'origine juive juif ressentent et qu'ils soient très attentifs de là à dire que les pouvoirs publics ne font rien, de là à le placer dans la bouche d'un ambassadeur. Non, je trouve ça scandaleux et je trouve que le président Emmanuel Macron a eu raison de lui répondre avec beaucoup de fermeté parce que c'est une démarche que je trouve totalement tort de propos et totalement indécente pour le coup. aux grands hommes.
La patrie reconnaissante, vous la connaissez, c'est la devise au front du panthéon et la ministre Ellisabeth Borne veut dégenrer cette devise gadget priorité. Pas une priorité sans doute, mais je suis extrêmement féministe et je crois qu'on peut chercher une formule d'exprimer qu'il n'y a pas que des hommes, mais aussi des femmes qui sont grands ou grandes aux grands hommes, aux grandes femmes. C'est la formule n'est pas facile à trouver.
Exactement. Dernière question Pierre Moscovici. En 2008, vous publiez le liquidateur ?
Vous parliez de Nicolas Sarkozi 17 ans plus tard, est-ce que finalement tous les responsables de la classe politique ne sont pas responsables, tous coupable, tous des liquidateurs ? Je raisonne jamais comme ça. J'ai été un homme politique, je le suis plus depuis 10 ans.
J'ai un énorme respect pour les hommes politiques quel qu'ils soient, quel que soit métier, c'est affreux. C'est très pas affreux, c'est magnifique. Non, je corrige.
Non, non, c'est c'est magnifique et c'est devenu très difficile. Ma formule était trop difficile que beaucoup plus difficile qu'à l'époque où je le faisais. Beaucoup plus difficile.
On est soumis à l'opre. Euh on n'est pas non plus dans des conditions matérielles qui sont toujours formidables. Ce sont des suggestions incroyables.
Donc je je veux manifester mon respect pour les hommes politiques toutes et tous et les femmes politiques toutes et tous sans aucune exception. Après, j'ai raisonné de manière, vous avez compris que j'étais un esprit un peu plus systématique ou systémique que d'autres. Je pense que le vrai problème, c'est est-ce que le quinquena qui a été décidé en 2002 par Lionel Jospin dont je fus le ministre, c'était un des points que j'avais désag avec lui est une bonne chose.
Je pense que maintenant avec le recul plus de 23 ans, la réponse est quand même non. Je pense que ça a déséquilibré le système politique français et que le moment venu je 2027, il faudra aussi des réformes institutionnelles. Celle-ci, si vous voulez, fait que le président de la République est à la fois un monarque mais qu'en même temps il est un chef politique, qu'il est à la fois au-dessus et dedans, qu'il s'occupe du quotidien et peut-être parfois moins de la vision.
La situation fait d'ailleurs que ça change. Les Français n'ont pas souhaité que le président actuel ait une majorité dès 2022 et ça lui redonné un rôle un peu différent. Mais bon euh ça je pense que le quinquena a plutôt compliqué la vie politique française.
Oui, ça c'est mon sentiment personnel. Pas tous des liquidateurs. Marion, aucun homme politique n'est un liquidateur.
Et je je veux le dire ici, j'étais moi-même à l'époque un jeune relativement député socialiste, très flambant encore. Je je suis maintenant plus un boomer assis et président de la Cour des comptes. Je regrette d'une certaine façon d'avoir qualifié Nicolas Sarpésien ainsi.
Vous regrettez d'avoir ce terme utilisé ce terme là. Mais cul pas mais culte pas. Oui oui, je pense que le terme n'est pas bon et que Nicolas Sarkozi a été président de la République, j'ai eu des points de désaccord importants avec lui mais que par exemple pendant la crise financière, il a joué son rôle et qu'on doit en aucun cas jamais traiter un président de la République de cette façonl-là.
Une minute Mario, une question et une réponse rapide. Votre mandat de premier président de la Cour des comptes s'arrête dans un an. Vous parlez aujourd'hui avec l'ensemble de la classe politique.
Vous pourriez revenir en politique et travailler par exemple avec Édouard Philippe ? Écoutez, franchement euh je j'ai pas mal de travail pendant 1 an. La Cour des comptes est une institution que les Français respectent.
Euh ils l'écoutent. Euh j'ai en son nom une voix qui porte un peu. Ça me donne de quoi faire.
Ensuite finit la politique, on sait jamais. Mais je veux dire c'est pas mon rêve. La politique comme je l'ai faite la politique avec les élections législatives.
Je ferai pas comme François Land, je me présenterai pas une élection législative. Je ne retournerai pas dans la vie partidaire au sens quotidien du terme, mais politique ça m'intéresse. Je suis toujours dans l'écosystème politique.
J'ai celui qui a fait la politique qui vous dit ça m'intéresse plus un menteur. C'est pas vrai. Mais en même temps, c'est c'est pas mon rêve.
Je me projette pas ce que je ferai dans un an. Ce que je sais c'est que le 16 septembre 2026 ou plus tard je serai un homme libre. Libre.
Pierre Moscovici