Macron & Sarkozy : rois du “Hollande bashing” - Nathalie Schuck & Olivier Beaumont - 18/11/2021
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Questions et réponses
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Beaucoup s'expriment à visage découvert, Jean-Michel Blanquer notamment, entre autres, mais beaucoup d'autres.
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Et un intime, là qui vous confie de façon anonyme, regardez-les se serrer la main, ils sont à deux doigts de se rouler une pelle.
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Se serrer la main, c'est une chose, mais poser la main sur le genou de Sarkozy, image que l'on revoit en ce moment,
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Oui, puis on a deux mois des élections européennes, quand les républicains voient ça, ils deviennent complètement fous.
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C'est quoi ? C'est le geste d'un fils pour son père, quand il pose la main sur le genou ?
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Il faut quand même se souvenir que quand Nicolas Sarkozy est élu président de la République, Emmanuel Macron, il n'a que 16 ans, donc il n'y a pas de passif entre les deux,
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Oui, puis on a deux mois des élections européennes, quand les républicains voient ça, ils deviennent complètement fous. »
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« Emmanuel Macron a une formule à jour à un de ses proches, il dit, ton pote, il a des intuitions fulgurantes, en parlant de Nicolas Sarkozy. »
- 0:43Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron, qui est quand même quelqu'un qui a très envie de fracturer la droite et d'abîmer, comprend que Nicolas Sarkozy peut lui servir de bélier. »
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« François Hollande, qu'il déteste absolument tous les deux, qui s'appelle le pingouin, etc. »
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« Que fait Emmanuel Macron ? Il l'invite à l'Élysée, il envoie des motards pour escorter le cortège funèbre de la mère de Nicolas Sarkozy, »
- 1:19Invité politiqueFait
« Nicolas Sarkozy a cette formule, lui, il est poli, voilà, pas comme l'autre. »
- 3:17Invité politiqueFait
« Avant, ils sont tous les deux dans le Falcon, il y a des ministres qui sont assis autour d'eux, et qui sont absolument stupéfiés de les voir exploser de rire, »
- 3:35Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron qui répond, dis donc, vous voulez qu'on vous refasse la liste de tous vos ministres, ça va, et effectivement, leur cible favorite, c'est François Hollande. »
- 3:46Invité politiqueFait
« François Hollande, tu n'es pas méchant, il est très méchant. »
- 3:55Invité politiqueFait
« C'est quelqu'un d'un peu inexpérimenté quand il arrive au sommet de l'État, et donc il se dit, ben, Nicolas Sarkozy, c'est Platini. »
- 4:00Invité politiqueFait
« C'est Gérald Darmanin qui a cette formule géniale, il dit, c'est Platini, c'est le type qui a eu le ballon d'or, »
- 4:45Invité politiqueFait
« Il lui donne des conseils. Il trouve Emmanuel Macron dans une situation, vous savez, au moment où il y a eu l'incendie d'une aile de la préfecture du Puy-en-Velay, »
- 5:05Invité politiqueFait
« Il lui dit, tu devrais faire un geste fort sur le pouvoir d'achat, annoncer des heures sub défiscalisées comme je l'avais fait. »
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« Quand le président de la République m'appelle, me demande mon avis, il sait très bien que je n'en parlerai pas à la presse et à personne. »
Temps de parole
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Beaucoup s'expriment à visage découvert, Jean-Michel Blanquer notamment, entre autres, mais beaucoup d'autres. Et un intime, là qui vous confie de façon anonyme, regardez-les se serrer la main, ils sont à deux doigts de se rouler une pelle. Se serrer la main, c'est une chose, mais poser la main sur le genou de Sarkozy, image que l'on revoit en ce moment, et par laquelle vous démarrez derrière votre livre, c'est un geste d'une intimité inouïe.
Oui, puis on a deux mois des élections européennes, quand les républicains voient ça, ils deviennent complètement fous. Ils se disent, mais à quoi joue Nicolas Sarkozy, il veut fracturer la droite aussi. Et ça dit beaucoup de leur relation au début du quinquennat, c'est-à-dire que ces deux hommes qui ne se connaissaient pas, ont appris à se connaître. Emmanuel Macron a une formule à jour à un de ses proches, il dit, ton pote, il a des intuitions fulgurantes, en parlant de Nicolas Sarkozy. Et ils apprennent à se connaître, et Emmanuel Macron, qui est quand même quelqu'un qui a très envie de fracturer la droite et d'abîmer, comprend que Nicolas Sarkozy peut lui servir de bélier.
Et donc, du coup, il commence à avoir des gestes d'affection assez marqués, pour se démarquer notamment de François Hollande, qu'il déteste absolument tous les deux, qui s'appelle le pingouin, etc. Donc, que fait Emmanuel Macron ? Il l'invite à l'Élysée, il envoie des motards pour escorter le cortège funèbre de la mère de Nicolas Sarkozy, il fait un avancement pour les gardes du corps, c'est-à-dire que pendant tout le quinquennat de François Hollande, il n'y a pas de prime, pas d'avancement pour tous les gardes du corps de Nicolas Sarkozy, boum, d'un seul coup, ils sont promus, donc il multiplie les gestes d'attention.
Nicolas Sarkozy a cette formule, lui, il est poli, voilà, pas comme l'autre.
C'est quoi ? C'est le geste d'un fils pour son père, quand il pose la main sur le genou ?
Il faut quand même se souvenir que quand Nicolas Sarkozy est élu président de la République, Emmanuel Macron, il n'a que 16 ans, donc il n'y a pas de passif entre les deux, c'est pas du tout la même génération, et puis ils n'ont pas du tout la même histoire personnelle et politique, ils ne se sont pas construits de la même manière.
Et puis effectivement, Nicolas Sarkozy, il a le sentiment, on arrive après le quinquennat de François Hollande, que lui, au moins, il rehausse le club, parce qu'il considère qu'être président de la République, c'est parti d'un club, d'une élite, et que cette élite, elle a été abîmée pendant les cinq ans du quinquennat Hollande, et donc avec ce jeune homme, il y a cette élection le soir de mai 2017, au Louvre, il voit qu'avec Emmanuel Macron, il redore l'image de la France, aussi à l'étranger, et donc il y a cette bienveillance, en tout cas, que l'on observe pendant toute la première partie du quinquennat.
Vous dites à quel point ils se reniflent bien, c'est-à-dire qu'ils ont des points communs, ils sont hyper nésiques, ils sont capables de déclamer des tirades entières des tentons flingueurs, les refrains de Sardou, de Johnny, Brigitte Macron apprécie le côté tout couche-tôt de Nicolas Sarkozy, t'inquiète que lui, les dîners ne traînent pas, contrairement à Emmanuel Macron, qui fait toujours triner les dîners en longueur, et puis ils font partie de ce club très fermé, très restreint, des chefs d'État, un club dans lequel François Hollande fait figure d'intrus, et tous les deux ont du mal à masquer leur détestation à l'égard de François Hollande.
Exemple, 11 novembre 2020, François Hollande, Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron sont réunis le 11 novembre sur l'Arc des Triombs. Personne ne résiste, ni les uns ni les autres, aux moqueries, aux flèches, acides.
Ils ne peuvent pas s'empêcher, on raconte une scène, vous avez montré justement à la nécropole de Morette, sur le plateau des Glières, quand ils sont tous les deux, ce que personne n'a vu et ce qu'on s'est fait raconter, c'est l'avion. Avant, ils sont tous les deux dans le Falcon, il y a des ministres qui sont assis autour d'eux, et qui sont absolument stupéfiés de les voir exploser de rire, vous l'avez dit, en train de réciter des tirades des tontons flingueurs, et puis de refaire leur remaniement respectif.
Nicolas Sarkozy qui dit, tu es donc votre ministre des collectivités, Madame Gouraud, là quand même, ce n'est pas terrible, et Emmanuel Macron qui répond, dis donc, vous voulez qu'on vous refasse la liste de tous vos ministres, ça va, et effectivement, leur cible favorite, c'est François Hollande. Ils adorent tous les deux, avec Nicolas Sarkozy qui dans cet avion dit, vous savez, François Hollande, tu n'es pas méchant, il est très méchant. Voilà, et pour Emmanuel Macron, quand même un truc, c'est quelqu'un d'un peu inexpérimenté quand il arrive au sommet de l'État, et donc il se dit, ben, Nicolas Sarkozy, c'est Platini.
Voilà, c'est Gérald Darmanin qui a cette formule géniale, il dit, c'est Platini, c'est le type qui a eu le ballon d'or, j'ai regardé toute mon enfance, donc je vais prendre un peu de son expérience, et puis pendant la crise de 2008, il a conduit le Boeing, donc il a peut-être des choses à m'apprendre.
Vous racontez aussi une scène lors des obstacles ?
Ah ben voilà, exactement, c'est ce que j'allais vous raconter. Nicolas Sarkozy et François Hollande sont côte à côte, et Emmanuel Macron arrive, et là, Nicolas Sarkozy ne manque pas de piquer au vif son successeur, il dit, tiens, regarde, voilà ton ministre.
Il y a les bonnes relations, mais aussi les conseils. Nicolas Sarkozy, c'est quoi ? C'est un chaperon de luxe au départ pour Emmanuel Macron ? Il va régulièrement lui prodiguer des conseils ?
Il y a un petit côté pigmalion, c'est-à-dire qu'il a senti l'occasion, il a trouvé l'occasion de peser, d'exister à nouveau dans la vie politique, et c'est vrai qu'au moment du pire de la crise des gilets jaunes, il lui donne des conseils. Il trouve Emmanuel Macron dans une situation, vous savez, au moment où il y a eu l'incendie d'une aile de la préfecture du Puy-en-Velay, et le saccage de la règle de triomphe, il va voir Emmanuel Macron qui est vraiment un peu au fond du seau. Honnêtement, il ne sait pas comment gérer ça. Il faut se souvenir que la République a vraiment tremblé à ce moment-là.
Il lui dit, tu devrais faire un geste fort sur le pouvoir d'achat, annoncer des heures sub défiscalisées comme je l'avais fait. Emmanuel Macron suit son conseil. Après, Emmanuel Macron va aussi s'émanciper de cette tutelle, puisqu'il n'a pas du tout envie qu'on dise qu'il est un petit garçon qui écoute la dictée de Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy continue à lui prodiguer ses conseils, le disant par exemple, au moment du déconfinement, quand la question de sortir Edouard Philippe du jeu se pose, Edouard Philippe que Nicolas Sarkozy surnomme gentiment, le chauve, fort sympathique, il lui dit, tu devrais mettre un mec à toi, mais par exemple Alexis Collère, le secrétaire général de l'Elysée, fait venir Gérald Darmanin, nomme Maude Fontenoy, Sébastien Bazin, qui est le patron du groupe Accor, il fait son remaniement. Sauf qu'Emmanuel Macron décide d'écouter, mais de ne pas appliquer, il veut faire son remaniement sarkoziste sans Sarkozy.
Ça va distendre les liens, on y revient. Mais Nicolas Sarkozy, il se sent utile, il devient, il aime être flatté, dorlotté, et un conseiller de l'Elysée le compare même à un loup-coum.
Oui, parce que, alors il y a une expression que dit un des proches de Nicolas Sarkozy, c'est qu'il compare les deux hommes, et qu'il dit finalement Nicolas Sarkozy était un narcissique affectif, et Emmanuel Macron c'était un narcissique cynique. Voilà, c'est la différence entre les deux, mais on a affaire à deux narcissiques. Et effectivement Nicolas Sarkozy c'est quelqu'un qui baigne depuis tout petit dans la politique. Rachida Dati, elle a cette phrase, on la cite dans le livre, elle dit, de toute façon, ce mec il est candidat à la présidentielle, à la présidentielle de la République depuis le 28 janvier 55, le jour de sa naissance. Donc elle dit, c'est du non-stop ce truc avec lui.
Effectivement, il a eu tous les mandats de la vie politique. Et donc Nicolas Sarkozy, depuis ses bureaux de la Réunion Roménile, il continue comme ça, il reçoit énormément de personnes, et surtout des membres du gouvernement qui défilent dans son bureau.
Qui demandent à être reçus.
Qui demandent à être reçus parce qu'on considère que si on n'a pas été reçu par Nicolas Sarkozy, c'est un passage obligé en fait. C'est un passage obligé. Et lui, c'est très savoureux parce que c'est une vraie pipelette, Nicolas Sarkozy en petit comité, et il ne peut pas s'empêcher effectivement de distiller des petits conseils et aussi les premières piques à l'endroit d'Emmanuel Macron, notamment quand survient la crise des Gilets jaunes, ensuite pendant la forme de retraite. Et c'est là où aussi ça va commencer à se compliquer parce qu'Emmanuel Macron va avoir retour de ces petites méchancetés du quotidien que Nicolas Sarkozy ne peut pas s'empêcher de répandre autour de lui.
En septembre 2019, ici même, c'est à vous Nicolas Sarkozy, sans les anecdotes signifiantes, nous expliquer sa relation avec Emmanuel Macron, sans oublier bien sûr une pique à François Hollande. Quand le président de la République m'appelle, me demande mon avis, il sait très bien que je n'en parlerai pas à la presse et à personne. C'est mon devoir de le faire. Mais je vous dis une chose, si François Hollande me l'avait demandé...
Vous l'auriez fait.
Je vous donne ma parole d'honneur que c'est vrai. Semplement, le risque était assez faible parce qu'il considérait que c'était horrible de me demander quoi que ce soit. Mais cette proximité ou cette complicité apparente avec Emmanuel Macron exaspère vos amis de droite ou vos anciens amis. Est-ce que vous êtes amis ? Est-ce que vous êtes copains ? Ou est-ce qu'il y a seulement l'estime et le respect de deux hommes qui ont partagé le même fauteuil et les mêmes épreuves ? On est copains, on est amis, on ne se tutoie pas. La question n'est pas là. Il est président de la République. Il est républicain dans son comportement, extrêmement courtois.
Et quand on se parle sur un certain nombre de sujets, on se trouve en accord. Mais après l'épisode où il a justement proposé Alexis Collère, puis finalement Emmanuel Macron, on n'a rien suivi de ses conseils ou presque sur le remaniement, il dira, ça rentre par une oreille, ça sort par l'autre quand je lui donne des conseils.
Exactement, c'est tout à fait ça. Et ça finit par l'agacer prodigieusement. C'est pour ça qu'il y a des petites phrases qui commencent à fuser un petit peu. Il est très critique et on y viendra sûrement, au moment de la crise sanitaire, on atteint vraiment une tension assez forte entre les deux hommes, mais sans que jamais ça ne perce le mur du son. Parce que Nicolas Sarkozy, il est fasciné par le modèle américain. C'est-à-dire qu'il voit les présidents américains qui sont capables de se mettre sur scène pour un concert caritatif. Les cinq grands présidents américains. Les cinq grands présidents qui chantent ensemble l'hymne national. Ça, en France, ça n'existe pas.
Ici, tout le temps, ce modèle, il dit, nous, le modèle en France, c'est le général de Gaulle qui disait de Pompidou, il ne me reverra que sur mon lit de mort. Donc, il aimerait infuser ce modèle-là et il pensait avoir trouvé quelque chose avec Emmanuel Macron.
Et Nicolas Sarkozy, je le disais tout à l'heure, mais c'est vrai que pour lui, il vit par la politique et il n'a jamais accepté finalement sa défaite de 2012 et la défaite lors de son retour raté pour la primaire de 2016, pour la présidentielle de 2017. Et pour lui, il a cette phrase. Il dit, le problème de la droite aujourd'hui, ce n'est pas qu'elle a un problème de leadership, mais c'est que son leader, il est à la retraite. Ça dit tout du fait qu'il n'ait pas accepté qu'aujourd'hui, quelqu'un d'autre puisse le succéder à droite. Il a cette autre phrase aussi. Sous le peuplier, il n'y a rien qui pousse et je suis le peuplier.
Emmanuel Macron