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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 6 septembre 2024 7 minContradictoireActualité / polémiqueTransportsÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

Finances publiques : la Fédération nationale des transporteurs routiers "inquiète de possibles tours de vis en matière fiscale"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous votre inquiétude sur une possible augmentation de la fiscalité du carburant pour le transport routier l'an prochain.

  • 1:31RelanceRéponse partielle

    Sauf que ce rabot dont vous parlez, vous y avez échappé l'an dernier. Ça ne sera pas possible une deuxième fois, ni une troisième fois.

  • 1:47OuverteRéponse directe

    Vous bénéficiez d'un remboursement partiel de la TICPE. À terme, il faut que le prix du carburant soit aligné pour tout le monde d'ici 2030. C'est la loi climat.

  • 2:34OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous préconisez ? Qu'on attend 2027 ?

  • 3:03ComplaisanteRéponse directe

    Fiscalisant, en l'occurrence, c'est ramené à une fiscalité équitable.

  • 3:21OuverteÉludée

    Rien ne laisse présager qu'il y aura des hausses d'impôts. Ça a été dit par les équipes d'Emmanuel Macron.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:50InvitéFait
    « Quand on a des signaux d'alerte sur les finances publiques, comme ils ont été donnés, notamment au Sénat, on s'inquiète un peu de possibles tours de vis en matière fiscale. »
  • 1:03InvitéFait
    « On sait que notamment sur un dispositif qui nous est particulier, sur le carburant, qui est un taux minoré de TICPE, il puisse y avoir un rabot. »
  • 2:15InvitéChiffre
    « Un centime de TICPE en plus, c'est 100 millions d'euros. »
  • 5:21PrésentateurChiffre
    « Florence Berthelot, il y a moins d'un pour cent de camions électriques en circulation en France. »
  • 5:34InvitéChiffre
    « En réalité, aujourd'hui, un camion diesel, c'est 100 000 euros. Un camion électrique, à minima, c'est 350 000 euros. »
  • 5:33InvitéFait
    « Oui, mais les aides vont être rabotées. »
  • 5:31PrésentateurChiffre
    « Combien ? 150 millions, c'est ça pour 2024 ? »

Temps de parole

  • Invité59 %
  • Présentateur41 %

9,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, à peine nommés, déjà sollicités. Michel Barnier, Premier ministre, se voit adresser des lettres ouvertes de la part de plusieurs secteurs, à commencer par celui que vous représentez. Florence Bertolo, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes déléguée générale de la Fédération nationale des transports routiers. Vous représentez les patrons du secteur. Et ce qui vous inquiète, c'est une possible augmentation de la fiscalité du carburant pour le transport routier l'an prochain. Expliquez-nous.

0:31
Invité

En réalité, la vacance politique que nous connaissons déjà depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, a finalement retardé un certain nombre de sujets dont on parlera, bien entendu. Mais au premier rang duquel, la loi de finances. La loi de finances, c'est vraiment ce qui va architecturer le monde économique, notre secteur et tous les autres. Et quand on a des signaux d'alerte sur les finances publiques, comme ils ont été donnés, notamment au Sénat, on s'inquiète un peu de possibles tours de vis en matière fiscale. Et on sait que notamment sur un dispositif qui nous est particulier, sur le carburant, qui est un taux minoré de TICPE, il puisse y avoir un rabot.

Et donc ça, ça vous inquiète ? Et du coup, vous préférez prendre les devants et écrire au nouveau Premier ministre ? Absolument. Et d'une certaine façon, par rapport à ce qu'on fait d'habitude, on est même en retard. Puisque les lois de finances sont déjà en élaboration au mois de juillet. Or là, on sait que tout a pris un peu de retard. Donc on a voulu se positionner très vite, vis-à-vis, bien entendu, d'un gouvernement qui reste à constituer, mais aussi des parlementaires qui auront à discuter de la loi de finances.

1:31
Présentateur

Alors, sauf que ce rabot dont vous parlez, vous y avez échappé l'an dernier. Ok, ça ne sera pas possible une deuxième fois, ni une troisième fois.

1:41
Invité

Si, c'est possible parce que nous avons recontextualisé le dossier dans un contexte européen.

1:47
Présentateur

Parce que vous, en fait, vous bénéficiez d'un remboursement partiel de la TICPE. Sauf qu'à terme, il faut que le carburant, le prix du carburant soit aligné pour tout le monde d'ici 2030. C'est la loi climat. C'est la loi climat qui l'a prévue.

2:02
Invité

Exactement, et qui l'a prévue en disant qu'il faut aligner finalement le tarif du gazole.

2:06
Présentateur

Et donc on le fait progressivement.

2:07
Invité

On devait le faire progressivement. Sauf qu'en réalité, à chaque fois qu'on a commencé à aborder le sujet, on s'est rendu compte que le coût pour les transports routiers était très important. Un centime de TICPE en plus, c'est 100 millions d'euros. Donc, c'est très lourd pour ce secteur. Et puis, il va y avoir, à partir de 2027, l'entrée en vigueur finalement du marché européen du carbone, qu'on appelle ETS, je ne rentre pas trop dans les détails techniques, mais qui va se traduire aussi par une hausse du prix du carburant. Et cette fois-ci aussi pour nous, pour tout le monde, mais aussi pour nous. Donc en fait, qu'est-ce que vous préconisez ? Qu'on attend 2027 ?

En réalité, ce qu'on demande, c'est l'articulation entre ETS et la TICPE pour qu'il y ait une cohérence, puisqu'en réalité, l'objectif est le même. C'est celui de la lutte contre le changement climatique. Mais il ne faudrait pas que... Pour qu'on ne finance plus les énergies fossiles, quand même.

2:50
Présentateur

C'est quand même l'idée de ne plus financer les énergies fossiles.

2:52
Invité

Absolument. Mais l'idée, c'est aussi de permettre de financer la transition énergétique. Or, ce n'est pas en surfiscalisant qu'on va favoriser les investissements.

3:00
Présentateur

Fiscalisant, en l'occurrence, c'est ramené à une fiscalité équitable.

3:03
Invité

Mais pour nous, c'est une augmentation, la fiscalité.

3:05
Présentateur

Sauf que, vous le savez, les équipes de Bercy ont laissé un projet de budget à leurs successeurs. Michel Barnier, évidemment, peut l'amender. Mais en attendant, lundi prochain, les ministres démissionnaires de Bercy, Bruno Le Maire notamment, iront défendre ce budget 2025 devant la commission des finances de l'Assemblée. Rien ne laisse présager qu'il y aura des hausses d'impôts. Ça a été dit par les équipes d'Emmanuel Macron.

3:26
Invité

Oui, ça a été dit, mais encore faut-il qu'on le vérifie sur pièce. Parce qu'on est quand même, comme on l'a dit, très inquiets des alertes sur les finances publiques.

3:33
Présentateur

D'ailleurs, Michel Barnier a dit hier qu'il disait qu'il allait dire la vérité sur le déficit sur la dette financière.

3:38
Invité

Exactement, et on sera très attentif à ça. Sachant que le gouvernement, comme on l'a dit, reste à constituer. Est-ce qu'on aura un ministre des Transports ? A quelle échéance ? Parce que c'est aussi avec cet interlocuteur-là qu'on peut porter un certain nombre de dossiers. Les équipes administratives le savent, on continue à travailler avec elles. Mais justement, l'articulation entre ce mécanisme européen et cette TICPE doit être articulée pour éviter en fait une inflation massive d'un coup qui est absolument insupportable pour le secteur.

4:02
Présentateur

Alors, vous le connaissez, Michel Barnier, en tout cas de réputation. Il a été notamment à Bruxelles en charge du dossier du Brexit. Absolument. Et on sait que le transport routier a été un des sujets majeurs. Donc j'imagine que son profil, Florence Berthelot, a plutôt tendance à vous rassurer.

4:18
Invité

D'autant que nous, nous sommes installés aussi à Bruxelles depuis plus de 25 ans puisque une grande partie de la réglementation européenne du transport routier se fait en Europe. Oui, bien sûr, on a rencontré Michel Barnier. Vous le connaissez ? On le connaît.

4:32
Présentateur

Vous personnellement, Florence Berthelot ?

4:33
Invité

Non. D'accord. Mais vos équipes en tout cas, oui. Parce qu'il a été très sollicité au moment du Brexit. Ça a été un dossier monstrueux. Le transport routier, ça a été un des dossiers principaux avec la pêche. Et le transport routier a été d'ailleurs un des derniers à être vraiment traité parce qu'il était extrêmement complexe.

4:46
Présentateur

Donc il le connaît, ce dossier-là, il n'y a pas de raison pour que demain vous ayez une taxe surprise ?

4:52
Invité

Il le connaît, mais Michel Barnier sera Premier ministre dans le cadre d'orientation qui reste à prendre et sur lequel nous, on sera très en attente parce qu'il y a aussi le dossier en parallèle qui est un dossier majeur pour nous qui est celui de la transition énergétique sur lequel on avait déjà engagé des travaux très importants et sur lequel on a besoin de faire des investissements majeurs.

5:10
Présentateur

Et c'est d'ailleurs pour vous inciter à commencer cette transformation énergétique qu'il y a normalement cette fiscalité qui doit être alignée.

5:17
Invité

On n'a pas besoin de nous inciter.

5:18
Présentateur

Mais sauf qu'en attendant, les chiffres sont là. Florence Berthelot, il y a moins d'un pour cent de camions électriques en circulation en France. Oui, parce qu'ils sont horriblement chers. Oui, mais il y a des aides qui existent.

5:29
Invité

Oui, mais les aides vont être rabotées.

5:31
Présentateur

Combien ? 150 millions, c'est ça pour 2024 ?

5:33
Invité

Oui, mais c'est très peu. En réalité, aujourd'hui, un camion diesel, c'est 100 000 euros. Un camion électrique, à minima, c'est 350 000 euros. Donc, c'est trois fois et demi de plus. Donc, là, c'est le problème plus le coût de l'énergie, plus le coût des bornes de recharge.

5:45
Présentateur

Mais à un moment, vous ne pouvez pas dire qu'on ne veut pas de fiscalité en plus. On ne veut pas qu'on tamait tout seul cette transformation.

5:52
Invité

Si, bien sûr. Parce que si on nous surfiscalise, cet argent-là, il n'est pas injecté dans la transition énergétique.

5:57
Présentateur

Donc, ce que vous dites, Florence Berthelot, c'est que si on n'a pas cette fiscalité alignée, en tout cas, si on repousse à 2027, quand on aura également une réglementation européenne, nous, patron du transport routier, on est prêt à faire les investissements nécessaires, à condition que l'État nous aide aussi, là aussi ?

6:14
Invité

On a déjà commencé. Et il y a eu, heureusement, cette année, la possibilité d'un appel à projets de hauteur 130 millions pour aider à financer ces véhicules. Mais, en réalité, maintenant, il va falloir rester sur les toutes petites entreprises pour lesquelles changer un camion suppose des aides massives et aussi une augmentation du prix du transport. Ce sera inévitable.

6:34
Présentateur

Donc, ce que vous voulez, c'est que ces enveloppes d'aide, elles soient maintenues, qu'elles soient augmentées dans le prochain budget. Ça fait partie également du message que vous voulez apporter au prochain ministre des Transports, s'il y en a un.

6:48
Invité

C'est en fonction de l'état des finances publiques. Nous, déjà, si on pouvait éviter de nous augmenter la fiscalité, ça serait très bien. Si les aides pouvaient être maintenues, ça serait parfait. Mais, en même temps, nous, on connaît et on voit l'équation budgétaire telle qu'elle est. Donc, on sera, là, tout à fait prêts à discuter avec notre ministre en charge le moment venu pour pouvoir, justement, voir comment faire cette transition énergétique qui est l'enjeu de demain.

7:09
Présentateur

Merci beaucoup. Le message est passé. En tout cas, Florence Berthelot, déléguée générale de la Fédération nationale des transports routiers, vous étiez l'invité éco de France Info ce soir. Merci.

7:19
Locuteur

Merci. Merci.