État des lieux de la crise du logement avec Olivier Klein - Emmanuelle Cosse et Jacques Ehrmann
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 1:05OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on est face à une catastrophe, à un choc d'une violence folle ?
- 2:43RelanceRéponse directe
Les mots d'un sens ne sont-ils pas excessifs ?
- 3:18RelanceRéponse directe
Et vous, vous dites qu'il y a une vraie catastrophe aujourd'hui. On n'exagère pas ?
- 3:44OuverteRéponse directe
Le logement social n'est pas en reste. Plus de 2 millions de ménages sont en attente d'un logement social. Le chiffre est en constante augmentation. Donc, pour vous aussi, j'imagine, le secteur est en crise.
- 5:45OuverteRéponse directe
Expliquez-nous. Pourquoi les taux d'intérêt ont explosé ?
- 8:37OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron a l'impression que le sujet du logement l'ennuie profondément. Comment avez-vous reçu ces mots ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:27Invité politiqueFait
« 99% de mes rendez-vous de maire étaient pour avoir un logement. »
- 1:30Invité politiqueFait
« La bombe sociale, c'est moi qui ai employé ce terme dès le mois de novembre dans une interview dans Le Parisien. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Une crise multifactorielle, comme on peut le dire, à la fois une crise de l'offre, une crise de la demande, une crise de manque de logement social. »
- 1:59Invité politiqueFait
« C'est le sens du travail qu'on a mené avec le Conseil national de la refondation. »
- 4:28InvitéChiffre
« On a pris en un an encore 7% d'augmentation de nouvelles demandes. »
- 4:32InvitéChiffre
« Il y a 170 000 nouveaux ménages qu'ont demandé à un logement social parce qu'ils n'arrivent pas à trouver des loyers modérés. »
- 4:43InvitéChiffre
« On a perdu quasiment 150 000 logements sociaux ces 5 dernières années qu'on n'aura pas construits. »
- 6:02PrésentateurFait
« Quand on cherchait un crédit immobilier, on avait des crédits à 1%. Aujourd'hui, ils sont à plus de 3%. »
- 9:25InvitéChiffre
« L'État encaisse 90 milliards d'euros de recettes sur le logement. »
- 9:29InvitéChiffre
« Il redépense 38 milliards en aides diverses. »
- 10:30Invité politiqueChiffre
« Le plan logement d'abord qui a été mis en place et souligné par l'ensemble des acteurs de la solidarité, c'est 440 000 personnes qui ont quitté la rue pour aller à un logement. »
- 10:47Invité politiqueChiffre
« Quand j'ai terminé mon mandat de président, c'était 12 milliards. »
- 10:58Invité politiqueFait
« Ma prime rénove qui a mis dans l'esprit des Français l'éco-geste. »
- 11:05Invité politiqueChiffre
« On a fait 1,5 million de chantiers dans le cadre de la rénovation urbaine. »
- 19:12InvitéChiffre
« Chez nous, c'est 72 000 euros de revenus du ménage. »
- 22:32PrésentateurChiffre
« Les ventes de maisons individuelles ont complètement baissé cette année, moins 30% je crois. »
Temps de parole
- Olivier Klein31 %
- Invité22 %
- Invité 215 %
- Présentateur13 %
- Présentateur 212 %
- Locuteur non identifié3 %
- Locuteur non identifié 23 %
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Et avec Léa Salamé, nous vous proposons ce matin un grand entretien en forme de débat sur la crise du logement. Des annonces de l'exécutif sont attendues lundi, alors que les professionnels du secteur alertent sur une crise profonde. Trois invités pour en parler, Léa. D'abord, Emmanuelle Cosse, présidente de l'Union sociale pour l'habitat, ancienne ministre du logement. Bonjour, merci d'être là. Jacques Hermann, directeur général d'Altarea, le deuxième promoteur immobilier français. Bonjour. Bonjour. Et puis, Olivier Klein, ministre délégué à la Ville et au logement, merci d'avoir accepté d'être là et de répondre aux critiques, parce qu'il y en aura tout à l'heure. Oui, bonjour.
Et c'est peu de dire que vos mesures sur le logement sont attendues, monsieur le ministre, parce que pour le moment, on n'entend plus que des mots terribles de la part de tous les acteurs du secteur. La crise du logement est un poison lent, mais extrêmement sûr. Le logement subit un choc d'une violence folle pour Véronique Bédague, PDG de Nexity. Premier groupe immobilier français, c'était à ce micro il y a un mois. Le patron du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, redoute, lui, une catastrophe. Alors d'abord, sur le constat, Olivier Klein, est-ce que vous pourriez reprendre ces mots ? Est-ce qu'on est face à une catastrophe, à un choc d'une violence folle ?
Vous savez, la crise du logement, je ne l'ai pas découvert en devenant ministre. Je suis maire d'une ville très populaire et la question du logement, je la connais depuis de nombreuses années. 99% de mes rendez-vous de maire étaient pour avoir un logement. Et cette crise, elle est ancienne, elle est profonde. La bombe sociale, c'est moi qui ai employé ce terme dès le mois de novembre dans une interview dans Le Parisien. Donc oui, le logement est un eldorado, oui, il y a plusieurs crises. Une crise multifactorielle, comme on peut le dire, à la fois une crise de l'offre, une crise de la demande, une crise de manque de logement social.
Et c'est toutes ces crises qu'il faut prendre en main, en même temps, pour trouver différentes solutions. Parce qu'il n'y a pas une solution. Si la crise, elle a plusieurs raisons, il y a plusieurs solutions. C'est le sens du travail qu'on a mené avec le Conseil national de la refondation. Vous savez, vous avez parlé de Véronique Bédague, c'est moi qui ai demandé à Véronique Bédague et à Christophe Robert de co-animer avec moi le Conseil national de la refondation. Je n'ai pas choisi des gens qui allaient me caresser dans le sens du poil.
J'ai choisi des gens qui connaissaient la question du logement, comme moi, comme Emma Cos qui est là, ou comme Jacques Hermann qui est là, qui ont participé aux travaux du CNR, pour qu'on trouve ensemble, qu'on fasse ce que je souhaite, une union sacrée. Parce que je sais trop à quel point, si on ne travaille pas tous ensemble, la crise du logement, on ne saura pas la résoudre.
Et je précise que vous êtes maire, vous étiez maire de Clichy-sous-Bois. Absolument. Pour ceux qui ne le savent pas, on va parler des raisons de cette crise, on va parler aussi des solutions que vous allez proposer. Jacques Hermann, vous, vous parlez de bombe sociétale à fragmentation. Bombe sociétale à fragmentation, les mots sont forts. Les mots d'un sens ne sont-ils pas excessifs ?
Les mots sont choisis. En effet, bombe, je ne suis pas le premier à employer le mot sociétal, parce que le logement, c'est un bien essentiel. Avoir un toit, habiter pas trop loin de son travail, habiter déjà dans une maison, ne pas être dans la rue. Et tout ça, ce sont des besoins essentiels, comme s'alimenter, être soigné, être éduqué, etc. Et donc, voilà pourquoi c'est sociétal. Et ça n'est pas un sujet technique avec des mots compliqués, des sujets budgétaires, environnementaux, etc.
C'est aussi un sujet technique avec des mots techniques compliqués.
Oui, mais c'est une manière d'occulter la dimension sociétale du logement, de parler de choses techniques.
Et vous, vous dites qu'il y a une vraie catastrophe aujourd'hui. Je veux dire, on n'exagère pas.
Moi, je parle de polycrise et de sujets complètement imbriqués, de sacs de noeuds, entre le stock de logements qui est insuffisant, le flux de logements, ce qu'on construit, qui va baisser de manière dramatique, pour des raisons qu'on va évoquer, je pense, tout à l'heure. Et tout ça se répercute sur les Français, qui ont de plus en plus de mal à se loger, avec des listes d'attente, beaucoup de demandes, peu d'offres, et des problèmes concrets pour la vie des Français tous les jours.
Emmanuel Coste, le logement social n'est pas en reste. Plus de 2 millions de ménages sont en attente d'un logement social. Le chiffre est en constante augmentation. Or, la construction de logements sociaux diminue. Donc, pour vous aussi, j'imagine, le secteur est en crise. Vous faites le même constat.
Absolument. Et pour le logement social, il est en crise depuis 5 ans. Donc, ce n'est pas une crise qu'on découvre. On l'a malheureusement prédit. Et elle arrive aujourd'hui. Et c'est ça qui est dramatique. C'est que nous sommes nombreux à avoir alerté sur ce qui allait se passer au fil du temps avec une raréfaction des biens disponibles. Et aujourd'hui, vous l'avez dit, la difficulté, c'est que les gens n'arrivent pas à trouver, à se loger, ni à acheter, ni à louer. Et ça s'est dramatiquement accéléré. Et dans le logement social, ce que l'on voit, c'est qu'on a pris en un an encore 7% d'augmentation de nouvelles demandes.
Il y a 170 000 nouveaux ménages qu'ont demandé à un logement social parce qu'ils n'arrivent pas à trouver des loyers modérés. Et c'est trop grave. Et il y a de moins en moins de construction. Et surtout, dans la même période, absolument, on a baissé le nombre d'agréments pour construire des logements sociaux. On a perdu quasiment 150 000 logements sociaux ces 5 dernières années qu'on n'aura pas construits. Et ça ne va pas assez fort. Et ça nous désespère. Parce que le sujet, nous, c'est qu'on veut loger les gens. Et donc, c'est pour ça qu'on a besoin de soutien dans la durée et de soutien fort.
Et vous dites que la hausse de la demande en logements sociaux existe même dans des zones qui, jusqu'à présent, étaient considérées comme non tendues, ce sont vos mots. Comme les pays de la Loire ou la Bretagne.
Oui, mais y compris, il y a 5 ans, moi, je faisais des réunions sur les zones détendues parce qu'on ne savait pas quoi faire de ces logements. En Bourgogne-Franche-Comté, qui est une zone considérée comme détendue, il y a 5% d'augmentation de la demande et il y a des listes d'attente. Donc, ce n'est pas que Paris, Marseille ou Lyon.
Alors, pour que les auditeurs comprennent bien, il y a la crise structurelle du logement qui ne date pas d'aujourd'hui, vous avez raison de le dire, Olivier Klein, qui date de plus de 5 ans. De plus de 5 ans, d'accord. Mais il y a une accélération, vous en convenez tous. Il y a un problème structurel qui est qu'on ne construit pas assez, ça, on va y venir, mais il y a une accélération cette dernière année à cause des taux d'intérêt. Expliquez-nous. Parce que vous dites personne ne trouve à acheter ou personne ne trouve à louer, il n'y a pas de logement sur le marché, il n'y a rien à acheter. Et aussi, il y a des taux d'intérêt qui ont explosé. Pourquoi ils ont explosé ?
À cause de la guerre en Ukraine où les taux étaient très très bas. Je vous vois tiquer, mais j'essaye juste d'expliquer. Quand on cherchait un crédit immobilier, on avait des crédits à 1%. Aujourd'hui, ils sont à plus de 3%. Les banques vous disent, très bien, on vous prête, mais à plus de 3% parce qu'effectivement, les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne ont augmenté pour freiner l'inflation. C'est un peu ça qui se passe.
Oui, il y a plusieurs taux qui augmentent. D'abord, il y a évidemment les taux d'intérêt. C'est pour ça qu'on travaille avec les banquiers pour qu'ils respectent toutes les règles. Il ne faut pas renvoyer les Français sur le sur-endettement. Ça serait évidemment catastrophique. Quand on est propriétaire, il faut rembourser son crédit à la banque, payer les charges de copropriété. Et je suis bien placé pour savoir qu'une copropriété, c'est un élément très fragile. Il y a les taux du livret A qui sont aussi en augmentation à cause de l'inflation.
Là aussi, on a agi, puisqu'on a limité, et l'USH avait souligné l'effort qui avait été fait, l'augmentation du taux du livret A, parce qu'à chaque fois que le taux du livret A augmente, ça a des conséquences extrêmement négatives sur le logement social et ses capacités d'investissement. Parce que les emprunts faits par les bailleurs sociaux sont indexés sur le livret A, et donc il y a un effet mécanique. On a décidé de maintenir à 3% au mois de février le taux du livret A, alors qu'on aurait pu aller plus loin. C'est pour protéger les bailleurs sociaux et le monde de l'habitat social, qui est un bien français fondamental. Le logement social à la française est un bien auquel on tient tous.
Moi, je suis un pur produit du logement social. Oui, mais... Emmanuel Coss.
Non, mais je suis évidemment d'accord avec ce que vient de dire le ministre, mais le problème aujourd'hui, c'est que moi, j'en ai un peu assez des slogans, en fait. La question, c'est d'avoir des actes et des mesures très précises. Le soutien du ministre, je l'ai, je le connais, on sait qu'il soutient le logement social. La question, c'est est-ce qu'il arrive à peser auprès de Matignon, auprès de l'Elysée, pour qu'on ait des mesures d'urgence pour enrayer cette crise ? Parce que oui, il y a les taux d'intérêt, la solution des permis de construire, elle est là depuis un moment. Les difficultés économiques, elles sont là.
Et la question, c'est qu'aujourd'hui, ce qui est difficile, c'est que tous les pans du logement sont coincés. Le social, le privé, l'accession, l'allocation. Et par ailleurs, des biens qui disparaissent du marché, notamment à cause des allocations saisonnières qui sont en train de grappiller. On va y venir. Oui, mais je le dis parce que c'est aussi parce qu'on est dans une cycle multiple. Et dans ces moments-là, il ne nous faut pas des petites mesures, il faut un plan d'urgence global qui traite en même temps de tous les sujets. Et au-delà des slogans, il nous faut des mesures précises et des actes. Et ça fait un an que nous les attendons.
Donc c'est aussi pour ça que l'heure est très grave aujourd'hui.
Une vision globale, Emmanuel Macron, on a formulé une dans Challenge le 10 mai. Il n'y va pas de main morte. Je vais le citer. On a créé un système de surdépense publique pour de l'inefficacité collective. Il parle bien du logement. C'est un secteur où on finance l'offre, l'investissement et la demande. Malgré tout, on produit moins et c'est plutôt plus cher qu'ailleurs. Cette économie mixte n'est pas efficace. La vérité, c'est qu'on a beaucoup d'aide et qu'on a créé un paradis pour les investisseurs immobiliers. Comment avez-vous reçu ces mots, Jacques Hermann ?
La bonne nouvelle, c'est que le président de la République s'est intéressé au sujet du logement. C'est une des premières fois qu'il intervient sur le sujet. Ça veut dire que plus personne ne nie l'importance du sujet, la crise dont on parle aujourd'hui. Alors, on va faire la bonne nouvelle donnée.
Il dit qu'en fait, on met trop d'argent sur le logement et que ça profite aux promoteurs immobiliers.
Les chiffres sont les suivants. L'État encaisse 90 milliards d'euros de recettes sur le logement. Il redépense 38 milliards en aides diverses. Donc, le modèle français, c'est un matraquage fiscal suivi de vitamines pour réanimer le malade. En Allemagne, la fiscalité est deux fois inférieure. Donc, le 90 vaudrait 45. Et il y a beaucoup moins d'aides. Donc, le 38 vaudrait peut-être 10. Donc, vous voyez deux systèmes différents. On peut discuter des dépenses, mais il ne faut jamais oublier les recettes. Et c'est ça qui nous dérange dans cette façon de présenter les choses. Mais je crois qu'on n'en est plus là. Moi, j'ai confiance dans mon pays. J'ai confiance dans l'État.
Je sais que tout le monde est maintenant bien au fait de cette crise et que les décisions vont être prises. Et c'est maintenant. Voilà, ça commence avec le CNR logement. Ça ne sera pas probablement le seul rendez-vous. Et nous, nous pensons que les décisions vont être prises et qu'on va venir au secours du problème.
Moi, je ne peux pas laisser dire que le président de la République ou le gouvernement découvrent la question du logement. Dans le précédent quinquennat, le plan logement d'abord qui a été mis en place et souligné par l'ensemble des acteurs de la solidarité, c'est 440 000 personnes qui ont quitté la rue pour aller à un logement. L'Agence nationale pour la refondation et la rénovation urbaine que j'ai eu l'honneur de présider, quand je suis devenu président de l'ANRU, il y avait 5 milliards. Quand j'ai terminé mon mandat de président, c'était 12 milliards. L'ANRU, c'est un des promoteurs les plus importants de la construction et de la rénovation du logement social.
Ma prime rénove qui a mis dans l'esprit des Français l'éco-geste. Je suis venu faire le téléphone sonne ici il y a quelques mois pour parler de ça. On a fait 1,5 million de chantiers dans le cadre de la rénovation urbaine.
On entend, mais pardon de vous dire, il ne s'agit pas de faire de la polémique politique. Non, je ne fais pas de la polémique. Non, mais ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas le but.
Je me suis écouté sur France Culture il y a quelques jours. Dans une autre émission, je me suis réécouté. En 2017, je racontais ma vie de mère et je disais il y a une crise du logement social et je disais exactement la même chose que je dis aujourd'hui. Donc cette crise, elle est profonde et on y travaille tous ensemble.
Véronique Bédag qui est à ce micro qui est la co-animatrice du CNR avec Christophe Robert qui est aujourd'hui à la tête du premier promoteur immobilier disait on n'a pas de réponse. Elle disait clairement Emmanuel Macron a l'impression que le sujet du logement l'ennuie profondément. Et puis il y a les chiffres de Christophe Robert qui lui aussi co-anime le CNR qui dit que l'effort public pour le logement n'a jamais été aussi bas. Il est passé de 2,2% du PIB en 2010 à 1,5% du PIB en 2021.
Donc reconnaissez quand même Mais surtout ce n'est pas nouveau. Moi qui étais dans un gouvernement avec Emmanuel Macron le président de la République d'aujourd'hui n'a jamais pensé que c'était une politique nationale. Et c'est ça je pense que renvoyer le problème du logement à un problème individuel et municipal c'est être à côté. Il y a besoin de régulation il y a besoin surtout d'incarnation et le ministre du logement il se bat tous les jours. Ce n'est pas lui qui est en cause. C'est la question d'avoir une incarnation par le président de la République et par la première ministre du fait qu'on va bouger sur le logement pour tout le monde.
Mais il y a aussi un problème des maires qui ne construisent pas.
Ce n'est pas que national.
Mais c'est trop facile de répondre sur les maires. Oui mais c'est trop facile
parce qu'on renvoie les maires sont seuls aujourd'hui à devoir faire face entre les constructions et les désirs des habitants et tout ça. La taxe d'habitation a été supprimée. Ça a supprimé un lien fondamental entre le citoyen et l'élu local et derrière aujourd'hui le maire ce qu'il attend c'est de la visibilité et du soutien. Donc oui c'est pas facile mais c'est pas un sujet individuel.
Si demain le président de la République dit on y va tous on a besoin de construire tant de logements en social en privé en accession je lance avec le CNR et là je rêve j'annonce que j'aimerais entendre lundi soir mais peut-être c'est ce qu'il dira on y va tous ensemble on mobilise on veut faire le plein emploi donc on refait du logement accessible aux salariés et bien là je peux vous dire il y aura de l'entraînement et les maires iront.
C'est ce que vous direz Olivier Klein lundi ?
Moi je n'ai aucun doute s'il y a une question qui est bien une responsabilité partagée c'est celle du logement c'est pour ça qu'il faut cette union sacrée cette volonté d'aller ensemble oui on ne peut pas faire contre les maires on ne peut pas faire contre sa population oui il faut faire avec les maires oui il faut faire avec le monde du logement social oui il faut faire avec les promoteurs et c'est tous ensemble qu'il faut trouver des solutions des solutions sur le foncier des solutions écologiques des solutions de différents types de logements qui correspondent au parcours résidentiel aujourd'hui le problème c'est cette sclérose aujourd'hui on est dans un logement on ne le quitte pas parce qu'on n'a pas de choix le logement c'est de la mobilité en permanence et c'est ça qu'il faut reconstruire parce que oui il faut reconstruire et travailler ensemble et le CNR a été cette occasion Christophe Robert disait il y a quelques jours devant la première ministre c'est la première fois que je vois une telle émulation du monde du logement qui travaillent ensemble depuis de nombreux mois entre novembre et aujourd'hui c'est plus de 6 mois
vous êtes attendus lundi ils le disent vous êtes attendus mais tant mieux
parce qu'on a beaucoup travaillé avec les gens qui sont autour de la table ici et qui ont été autour de la table du CNR
allez on passe au standard inter beaucoup de questions ce matin bonjour Christian oui bonjour
Christian Bacher alors une question très simple moi je ne suis pas et j'aimerais avoir l'avis des spécialistes je ne suis pas persuadé que de modifier la fiscalité sur les locations temporaires apporterait une solution vraiment importante à la crise du logement il faut quand même savoir qu'en dehors des avantages financiers le fait de louer temporairement permet au propriétaire au bailleur de garder l'usage de son bien et quand un propriétaire loue son bien actuellement dans le cas de trois ans etc ben finalement il ne dispose plus de son bien et je pense donc que ça c'est un phénomène important merci merci
merci Christian on va donner la parole tout de suite également à Dominique qui nous appelle d'Ariège bonjour
oui bonjour à toute l'équipe on vous écoute la question qui se pose aussi aujourd'hui c'est l'extension des locations très temporaires que de type Airbnb et donc pourquoi ne pas les limiter dans la durée et même ne pas les limiter à l'habitation principale je crois que c'est pratiqué ainsi en Allemagne ce qui résoudrait ce qui libérerait des logements parce que automatiquement les propriétaires ne pourraient pas les garder de cette façon et ça libérerait ou ils devraient les louer disons en continu ce qui permettrait à nouveau d'avoir des logements accessibles pour la population
merci merci Dominique pour cette question parce que oui effectivement c'est l'un des autres facteurs de la paralysie du marché locatif cette vague massive de propriétaires qui mettent leur appartement sur Airbnb ou autre plateforme du genre là aussi ça ne cesse d'augmenter dans les centres-villes les zones côtières vous ne pouvez rien faire contre ça
monsieur le ministre si il y a plusieurs solutions il y a des solutions fiscales sur lesquelles évidemment le gouvernement les élus locaux travaillent il y a l'augmentation de la taxe sur la résidence secondaire qui a été votée lors de la loi de finances qui va permettre aux maires parce que là encore c'est quand même leur décision de mieux de plus fiscaliser une résidence secondaire ça a des effets boule de neige ça a des effets boule de neige sur le Airbnb mais en même temps je suis désolé de le redire il y a des villes qui ont beaucoup de logements touristiques mais qui sont en même temps carencés en logement social donc on ne peut pas demander tout à l'état chacun doit prendre ses responsabilités on ne peut pas avoir en même temps une carence de logement social et c'est bien d'être une ville touristique il y a des maires qui ont raison de se battre pour conserver l'aspect touristique donc il faut donner les moyens aux élus locaux de se protéger de décider et il y a un groupe de travail et je terminerai là-dessus avec l'ensemble des acteurs co-présidés co-animés par moi Olivier Grégoire et Dominique Faure pour travailler contre cette attrition parce qu'il n'y a rien de pire que ne pas pouvoir se loger là où on travaille là où on habite là où on élève ses enfants
Sur le phénomène Airbnb appelons-le comme ça Emmanuel Kos
Airbnb c'est un phénomène qui a accéléré énormément aujourd'hui c'est des milliers de logements qui sont sortis du marché locatif et ce n'est pas le problème du propriétaire qui loue son logement trois mois par an ou trois semaines la question c'est des propriétaires qui louent le logement à l'année en location saisonnière et qui enlèvent ces logements de la location classique c'est plus de 22 000 logements à Paris comme ça et aujourd'hui ça touche tous les territoires Ajaccio Bastia le Pays Basque la Bretagne il y a des mouvements sociaux en Bretagne sur ce sujet là la question c'est vraiment une question de régulation moi j'avais en tant que ministre mis les premières mesures qui n'étaient pas suffisantes on avait beaucoup de mal il y a six ans pour le faire aujourd'hui il y a une proposition de loi qui est quand même sur la table transpartisane pour accélérer les choses mais il faut qu'on fasse attention tous les pays les grands les pays occidentaux sont en train d'encadrer Airbnb à cause de ces raisons là il est même interdit dans plusieurs pays européens si on ne veille pas à aller plus vite on aura des salariés qui vont redormir dans des campings à la rue on voit ça aujourd'hui on parle des saisonniers qui dorment dans leur voiture et à côté de ça il y a du Airbnb qui explose il y a un moment l'intérêt général il doit être renversé Jacques Herrmann vous en pensez quoi du Airbnb vous vous dites c'est une partie du problème
mais il ne faut pas se bloquer sur Airbnb
c'est ça que vous dites ?
voilà précisément les crises ça se traduit toujours par telle ou telle manifestation c'est une illustration du manque de logement si on avait suffisamment de logement un peu partout ce problème ne se poserait pas et puis par ailleurs je ne crois pas que la solution ce soit de contraindre encore les propriétaires les propriétaires du parc locatif si vous voulez les propriétaires privés ils ont déjà plus beaucoup d'intérêt à investir dans un logement en location ça vous rapporte 3% ça coûte 4% de s'endetter et donc à quoi bon sinon pour préparer sa retraite donc il faut qu'on fasse attention il faut plutôt inciter les épargnants l'acheteur moyen d'un investisseur en locatif chez nous c'est 72 000 euros de revenus du ménage donc il faut inciter ces gens-là à faire ces investissements et non pas les contraintes et on a besoin de soutien à l'investissement privé l'État ne peut pas tout faire
je suis très attaché à la sortie des passoires thermiques et je fais très attention à ce que des locations passoires thermiques aujourd'hui ne passent pas en meublé touristique il n'y aurait rien de plus insupportable et c'est ce qui se passe c'est pour ça que dans le projet de loi qui va passer au Parlement très bientôt il y a une mesure qui empêche ce glissement d'une location longue durée à un meublé touristique parce que c'est insupportable on ne peut pas quand on touche un loyer ne pas faire les travaux et je serai très attentif et je le suis à cette mesure
Une question de Dany pourquoi détruit-on les logements sociaux dans le cadre des plans de renouvellement urbain ?
Alors on n'en détruit pas tant que ça mais aujourd'hui il y a 5 millions de logements sociaux qui logent 11 millions de personnes il y a 400 programmes de rénovation urbaine et c'est vrai qu'on est amené à démolir certains logements qui sont objectivement pas de bonne qualité alors on les reconstruit
Mais on les reconstruit et on les reconstruit partout
On y va il nous reste quelques minutes les solutions quelles sont les solutions qui se dessinent ? Est-ce que par exemple prolonger le prêt à taux zéro en 2024 vous allez le faire ?
Oui ça fait partie des solutions il faut le prêt à taux zéro ça permet de construire un parcours résidentiel notamment aux primo-accédants et aux jeunes donc oui moi je crois que c'est une bonne solution une autre solution qui a déjà été annoncée c'est le rachat par la caisse des dépôts de 17 à 20 000 logements probablement autant voire plus par action logement parce qu'il faut accompagner les promoteurs il faut sortir ces projets qui sont complètement enquistés et parce que faute d'acheteurs en capacité de le faire il faut continuer à travailler avec les banques sur le taux d'endettement où le reste à vivre c'est tous ces chantiers qui sont devant nous qui sont des réponses à la crise mais plus structurellement il y aura des réponses plus profondes sur comment on fait pour relancer la construction
vous allez annoncer quoi notamment pour relancer la construction pour encourager les maires à donner des permis de construire en fait
il y a plusieurs solutions permettez-moi d'attendre les réponses du conseil national de refondation lundi et de laisser la première ministre faire les annonces sur lesquelles on travaille d'arrache-pied
les prix vont baisser ou pas dans les prochains mois à l'achat
un peu c'est automatique c'est la loi de l'offre et la demande je crois que
dans l'ancien on a déjà vu un début d'effritement des prix mais vous avez toujours des gens qui préfèrent reporter la vente de leur appartement donc typiquement en France on a un marché qui baisse dans des volumes très bas parce que seuls les vendeurs obligés vendent à des acheteurs opportunistes dans le neuf c'est très difficile puisque en fait c'est une chaîne de valeur où les coûts sont très élevés et les marges très faibles et donc une fois qu'il n'y a plus de marge il n'y a plus de potentiel de baisse des coûts sauf à vendre à perte donc ça va être beaucoup plus difficile et moins significatif dans le neuf
la maison individuelle qui fait rêver beaucoup de français on avait Jérôme Fourquet qui nous expliquait que c'était le rêve de tous les français il y a Emmanuel Vargon qui était l'ancienne ministre du logement qui avait déclaré en 2021 ça avait fait polémique que le modèle à l'ancienne du pavillon avec jardin dont on peut faire le tour n'est plus soutenable et nous mène dans une impasse il faut assumer de le mettre derrière nous les ventes d'achat les ventes de maisons individuelles ont complètement baissé cette année moins 30% je crois c'est fini le rêve de la maison individuelle c'est ça que vous allez dire ?
Moi je n'ai pas à décider le choix des français dans leur mode de logement et leur mode d'habiter leur parcours résidentiel il est le leur tout a existé mais en même temps oui il y a une obligation de sobriété foncière il y a une obligation de faire avec le déjà là il y a une obligation de rénover là où c'est possible il y a une augmentation une obligation à surélever un certain nombre de bâtiments j'ai visité il y a quelques jours dans le 19ème arrondissement un ancien parking silo qui a été transformé rue Petit en logement social donc on sait faire avec le déjà là et c'est ce qu'il faut continuer à faire plus vite et mieux Vous parliez des solutions
moi j'attends surtout que l'État revienne au financement du logement social pour le construire parce qu'aujourd'hui il n'est pas présent
L'État est présent 5,5% de TVA sur le PLAI c'est un effort très important et par ailleurs
si nous n'arrivons pas à construire ces logements c'est que l'État n'est pas assez présent qu'il nous a matraqué de mesures depuis 5 ans et que j'espère que lundi soir vous allez revenir sur ces funestes mesures c'est vital pour la construction des logements sociaux demain et pour répondre à ces 2 millions de personnes qui attendent un logement social et vous c'est à une qu'est-ce que vous voulez entendre lundi soir idéalement des mesures pour décoincer l'offre des mesures pour maîtriser les coûts des mesures pour resolvabiliser la demande toutes les sortes de demandes
Merci à tous les 3 Emmanuel Koss Jacques Hermann et Olivier Klein d'avoir été à notre micro ce matin
Olivier Klein