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interviewRenaissance (sur YouTube)· 5 mai 2017 15 minAutoproduit

Entretien décisif avec Emmanuel Macron | France 2

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonsoir Emmanuel Macron. Comme Marine Le Pen cette semaine, vous êtes avec nous pour un quart d'heure en direct du Tarn où vous venez de terminer votre meeting. C'est le dernier ou l'un de vos derniers entretiens.

D'abord, comme ça a été le cas pour elle, on vous a demandé de choisir une séquence en image de cette campagne et comme elle, vous avez choisi ceci. Vous avez choisi Whirlpol et votre visite aux ouvriers. Pourquoi ce choix ? parce que je pense que ça a été un temps fort euh de cette campagne à la fois sur le plan politique et personnel.

Ça a été un temps fort sur le plan politique parce que nos deux styles se sont opposés et nos deux formes de relation euh avec euh les Français, en particulier des ouvriers. Madame Le Pen est venue pour passer un quart d'heure, faire des photos et ne pas enfin ne proposer absolument aucune solution si ce n'est des choses infaisables, c'est-à-dire des taxations sur les importations. J'ai passé 1 heure et3 dans un débat qui était beaucoup plus houleux, je l'assume totalement, mais en disant la vérité, la vérité sur la situation, ce qui pouvait être fait, ce que je ne pouvais pas faire, mais en expliquant la bataille pour la reprise du site, pour le reclassement de tous les salariés et l'avenir industriel à la fois du site, mais aussi des ouvriers.

Alors et sur le plan humain, ça a été pour moi un moment très fort parce qu'il y avait beaucoup de colère et moi, je suis conscient que je porte un projet qui est un projet d'avenir, d'espoir, de de réussite du pays avec des transformations profondes et ambitieuses. Mais il y a une colère dans le pays que j'entends et elle a été exprimée avec beaucoup de force et j'ai beaucoup à la fois de respect. Puis j'ai été très ému dans ce moment-là.

Alors le débat d'hier soir, vous avez lu les commentaires y compris à l'étranger. Vous vous attendiez Emmanuel Macron à un tel pugila où vous avez été surpris ? Je ne m'attendais à rien.

Je savais que il y avait un risque à débattre avec la candidate du Front National parce que c'est une candidate d'un parti extrême et qu'on en connaît les pratiques. Et je crois que elle avait durant les débats à 5 et à 11 montré un autre visage. Elle a décidé hier de retrouver des pratiques anciennes.

C'est tout. Je pense qu'il y avait pas le choix. De toute façon, il fallait qu'il y ait un débat.

Est-ce que le Front national avait été inclus dans les débats précédents ? Non, aucunement pour deux raisons. La première, ça n'avait pas beaucoup de cohérence puisque nous avions collectivement de débattre accepté de débattre à 5 et à 11.

Et puis la deuxième, c'est que je pense qu'il est essentiel de débattre au fond des arguments du parti du Front National. Pourquoi ? Parce que moi je ne fais pas la morale aux électeurs du Front National.

Ça ne marche pas. Il y a pas de justification. Je combats le l'histoire, les principes, les fondements du Parti du Front National.

Je l'ai fait dans tous mes meetings et j'ai encore je l'ai hier rappelé parce que dans le rapport à l'autre, à l'étranger, à nos valeurs, il est à mes yeux en trahison de la promesse républicaine. Mais d'autre part, il est très important de montrer à nos concitoyens que le projet économique et même sécuritaire du Front National ne répond pas à nos défis. Je crois avoir démontré hier durant notre échange que madame Le Pen avait un projet qui ne permet pas de répondre au défis sur le plan économique et rien sur le travail et le chômage.

Ce sont des cadeaux qui ne sont pas financés et donc qui font plaisir à des clientèles mais derrière il n'y a pas de projet budgétaire. C'est une sortie de l'euro qui conduirait à un appauvrissement du pays et de nos entreprises. Et sur le plan sécuritaire, c'est une immense incohérence.

Madame Le Pen, député européen, n'a voté aucun texte d'amélioration et elle propose des mesures qui sont symboliques mais qui ne sont pas à la hauteur du défi. Et c'est important de le démontrer dans le débat parce que c'est la meilleure façon de lutter contre le Front National. Deux points précis suite à ce débat.

D'abord, Marine Le Pen accuse de complaisance pour le fondamentalisme. Elle a évoqué le soutien de l'UIF, l'Union des organisations islamique de France qui est la plus visible, la plus puissante des associations de ce type en France et qui tire en grande partie son inspiration des frères musulmans. Ma question, est-ce que vous acceptez est-ce que vous vous félicitez du soutien que l'Uy vous a apporté ?

Je ne m'en félicite aucunement mais le commenter n'a aucun sens. La question c'est est-ce que l'UIF aujourd'hui respecte les lois de la République ou pas ? J'investiguerai d'une fois élu.

Aujourd'hui, l'UEF n'est pas interdit et je l'ai dit, moi je serais intraitable avec tous les mouvements qui poussent au terrorisme islamiste et toutes les associations qui ne respectent pas les lois de la République, qu'elles soi cultuell ou autres et qui mettent en danger les valeurs de la République, elles seront dissoutes. C'est dans mon projet et je serai intraitable sur ce sujet. Maintenant, hier, madame Le Pen a introduit une très grande confusion.

L'UOIF a eu des conférences avec des gens qui portent des messages dangereux. C'est je n'étais pas à ces conférences, elles se sont tenues il y a plusieurs années. Est-ce que l'UIF aujourd'hui menace la République ?

Il faut en faire la preuve. C'est ce que je lui ai dit. Si elle le croit, elle doit porter plainte.

En même temps, je lui ai fait noter qu'en 2000 qu' a quelques semestres, monsieur Alliot, lui a invité des représentants de l'UIF à débattre. Moi, je n'ai jamais rencontré les représentants ou les dirigeants de l'UEIF pour ma part. Voilà, il faut être très précis, faut pas tout confondre et sur ce sujet-là je serai intraitable, tolérance zéro mais tolérance zéro ira à l'égard de celles et ceux qui ne respectent pas les lois de la République.

La question sera posée à l'UEF comme à toute autre association. Ce prétendu compte offshore au bass. Alors Marine Le Pen avait fait allusion des hier, on l'entendait dans le journal de 20h.

Des sites ou des relais proches de la Russie notamment la firme aujourd'hui. Vous portez plainte hein pour faux et propagation de fausses nouvelles. Est-ce que vous y voyez Emmanuel Macron le signe d'une collusion entre Marine Le Pen et ses relais d'influence russe ?

Marine Le Pen a eu plusieurs assertions hier qui étaient extrêmement graves sur le sur le ton de l'insinuation. Bon, je l'ai reprise lorsqu'elle a dit cela. Il est évident qu'il y a une concomitance avec une initiative de masse qui a été conduite sur internet.

Comme je suis attaché à la vérité et à la rigueur, je ne vais pas moi-même rentrer dans un jeu de soupçon. C'est pour ça que je n'ai pas porté plainte contre madame Le Pen. Par contre, j'ai porté plainte contre R contre la propagation de faux manifeste.

Je vous le dis très clairement, je n'ai jamais eu un compte quel qu'il soit dans un paradis offshore à force celui-ci. Et le moment où ça sort, les sites d'où cela vient montrent qu'il s'agit bien d'une attaque de type politique fait par des gens de peu de scrupules. Mais c'est quelque chose qui menace nos démocraties et le débat citoyen.

Voilà, c'est tout. Donc, il faut être absolument là aussi intraitable. La question économique.

François l'anglais nous a rejoint. Bonsoir François. C'est à vous.

Bonsoir Bonsoir monsieur Macron. Vous venez de dire à David que vous aviez entendu la colère des Français mais les politiques économiques que vous allez développer sont des politiques qui portent leurs fruits à moyen terme. C'est la formation, c'est le travail sur la compétitivité, c'est la réforme du marché du travail.

Tout ça prend 12 à 18 mois pour produire ses effets. Est-ce qu'on peut attendre 12 à 18 mois pour répondre à la colère des Français sans prendre un risque politique et social grave ? Surtout dans un pays où la campagne a montré un climat qui semble conduire au fait que le président élu ou la présidente élue aura son temps compté pour réussir.

Vous avez tout à fait raison de rappeler cela. C'est pour ça qu'il ne faut pas attendre pour les lancer. L'erreur qui a pu être fait dans des quinquan précédents, c'est de différer ces mesures dont les effets ne sont perceptibles qu'après 12 mois comme vous l'avez très bien dit.

C'est pour cela que la réforme du dialogue social et du marché du travail, je veux la mener dès l'été, elle donnera beaucoup plus justement de capacité d'action au niveau de l'entreprise et de la branche pour conclure des accords majoritaires. On sait que ça produit des résultats. C'est pour ça que dès l'automne, je mènerai une politique qui elle aura des résultats concrets également de baisse de l'impôt sur les sociétés et de baisse des cotisations sociales patronales qui seront un choc de compétitivité.

Et à côté de cela, on lancera des réformes qui prennent un peu plus de temps. Vous avez parfaitement raison, la réforme de la formation continue et de l'assurance chômage qui sera voté d'ici la fin d'année si je suis élu et la réforme des retraites en début d'année. L'ensemble de ces réformes faites dans les 6 à 8 premiers mois sont de nature à recréer de la confiance avec les acteurs économiques parce qu'elles s'accompagneront d'une grande lisibilité et stabilité.

Les premiers effets sont sous 12 mois. À quel moment pensez-vous voir la courbe du chômage s'inverser ? Je serais très prudent sur ce sujet qui est bien connu de chacune et chacun et je pense qu'un président de la République, il doit être le garant du temps long, du sens de son action et de l'efficacité de celle-ci.

C'est au gouvernement de s'engager sur des justement des cibles de ce type. Par contre, ce que je sais c'est que ça enclenchera une dynamique et que dès le début de l'année 2018 avec le vote des lois financières à l'automne, il y aura un accompagnement cette fois-ci de court terme puisque on aura le début de la suppression de la taxe d'habitation, donc avec un effet pouvoir d'achat. On aura les mesures de pouvoir d'achat des salariés avec le 13e mois pour tous les semicars justement liés à nos réformes.

Ce qui là est de nature à répondre aux besoins de pouvoir d'achat des classes populaires et des classes moyennes sans attendre que ces réformes justement fassent leur plein effet. C'est aussi durant l'année 2018 qu'on lancera le plan d'investissement public du pays, ce qui est aussi un élément favorable sur le plan économique. Et monsieur l'anglais, vous qui êtes un un fin observateur, vous aurez noté que l'année 2018 est une année qui sur le plan économique sera une année de relance puisqu'il y aura à la fois le versement du CICE pour nos entreprises et la mise en œuvre de l'allègement de charge. deux combinés, c'est un choc macroéconomique qui est de nature à la relancer et à partir de la fin 2018 de 2019, j'attends les effets concrets des réformes en profondeur conduites dès le début du quinquena.

Voilà comment je compte à gencer les choses pour prendre acte à la fois des défis économiques qui sont les nôtres et la grande tension qui existe dans le pays. Bien merci François. Toujours sur le terrain économique, j'avais une question Emmanuel Macron.

François Hollande Emmanuel Vals disaient régulièrement pour redresser la France, on demande des efforts aux Français puis on en récoltera les fruits dans un second temps. Pour redresser la France, François Fillon avant le premier tour disait "Il faudra demander des efforts aux Français." Chez vous, on n'entend pas le mot effort.

C'est une habileté de campagne ou est-ce que vous pensez au fond de vous que la France peut se redresser sans effort ? Non, je pense que la France peut se redresser avec du pragmatisme, mais le mot effort, on l'a mis à toutes les sauces. Je demande aux uns et aux autres de prendre leur responsabilité, mais moi je crois à la responsabilité des acteurs dans l'État.

Je crois une réforme en profondeur qui ne consiste pas à couper les moyens qu'on donne au fonctionnaires ou à passer du rabau comme on l'a toujours fait. Mais moi, je veux déconcentrer le dialogue, donner plus de responsabilité aux fonctionnaires de terrain, avoir un pacte de confiance avec les collectivités territoriales sur 5 ans en leur demandant de faire des respons des des des réformes et donc si vous le voulez des efforts. Simplement, je ne leur impose pas de manière très court termiste et de manière très brutale.

Je les mets face à leur responsabilité. Je nous engage dans un plan de transformation, dans un changement collectif. C'est une autre méthode et je pense qu'elle nature apporté ses fruits.

Elle l'a fait dans plusieurs autres pays et elle correspond au tempérament français. Vous savez le pays il est dans un état de tension de colère forte, il est face à des défis profonds et il exige beaucoup de volontarisme. Je l'ai dit dans cet entre de tours, moi je ne vais pas mettre de l'eau tiède dans le projet que je porte.

C'est ce qui depuis 20 ans nous empêche de réformer les choses. Mais je n'ai jamais conduit un projet disciplinaire. J'ai un projet qui responsabilise les acteurs qui soient des acteurs publics ou des acteurs privés pour changer le pays.

Alors, un mot de politique depuis quelques jours, philosophie, vous l'avez entendu, beaucoup de personnalités, on peut citer Laurence Paris, Jean-Louis Borlot et d'autres, se disent prêts à diriger votre gouvernement si vous êtes élu. Ma question, est-ce que ça signifie que vous leur avez adressé un message ou que vous leur avez ouvert la porte pendant cette campagne en privé ? Bien entendu.

Non, de manière très claire. D'abord, si c'était privé, je ne vous le dirai pas, mais quand bien même pour ce sujet qui est grave, non, c'est leur initiative aussi de d'adhésion au projet que je porte et je les en remercie parce que je pense c'est un vrai signal qu'ils les envoient. Pourant, je l'ai déjà dit, pas du tout, pas du tout.

Si j'étais agacé par tout ce genre de choses, je ne finirai pas de l'être et je finirai cette campagne avec un ulcère à l'estomac. Donc je m'agace de ce qui mérite l'agacement. Je suis déterminé pour conduire une action efficace et pour le reste, il est important de rassembler.

Donc je me félicite que le projet que j'ai présenté aux Françaises et aux Français depuis plusieurs mois rassemble largement des responsables politiques ou d'anciens responsables justement patronaux ou syndicaux qui s'y retrouvent. Nicole nota était aussi présente il y a quelques semaines que ça montre qu'il y a une cohérence. Voilà, vous pouvez confirmer que votre choix est quasiment fait, que vous hésitez entre deux personnes, une ou deux personnes comme vous l'avez dit.

Je vous confirme que je pourrais vous annoncer si les Françaises et les Français me sont me font confiance la personnalité qui aura vocation à diriger gouvernement. Bien. Deux dernières questions rapides, on les avait posé à Marine Le Pen.

D'abord, votre toute première mesure si vous êtes élu dimanche. Première mesure sans rentrer dans le détail, mais laquelle serait-elle ? Ce sera le projet de loi de moralisation de la vie politique parce que je souhaite qu'il soit au conseil des ministres avant les législatives.

Mais il pourra pas être voté par l'Assemblée nationale par définition. Non, mais il sera connu de tous les candidats et donc de tous les futurs parlementaires. Et si vous aviez Emmanuel Macron, un lieu de pèlerinage entre guillemets comme Saulutré pour François Mitteran, les Glières pour Nicolas Sarkozi, Colombis pour Jacques Chirac, quel serait-il ?

Vous savez, je pense que je on le construira avec le temps parce que je pense que c'est une géographie intime qui doit se faire. Faut pas que ça a un caractère artificiel, mais ma conviction c'est que les premières semaines, les premiers mois, peut-être les premiers semestres ne donneront pas beaucoup de temps pour les pèlerinages. Je serai engagé dans l'action et à la fois engagé sur le long terme. cap que je veux donner au pays, la détermination qui sera la mienne avec un gouvernement au travail et un premier ministre qui sera pleinement en fonction et que je veux fort et responsable et engager auprès des Français parce que je veux continuer à aller beaucoup dans le pays pour entendre, pour écouter, pour expliquer aussi et je pense que notre pays a besoin pour se réconcilier parfois de partager les colères ou les désaccords, d'autrefois les moments de l'IS, mais c'est très important de continuer à y être présent.

Merci Emmanuel Macron d'avoir répondu à nos questions. Vous étiez donc en direct d'Alby. Merci à vous de nous avoir suivi.

Restez avec nous dans quelques instants. Merci à vous.

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