Plan Ecophyto sur pause, hausse des prix du gaz, stationnement des SUV à Paris...le 8h30 franceinfo de Yannick Jadot
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:17OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous entendez cet argument qui justifie cette hausse ?
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Mais là, le prix du gaz en augmentation, ce n'est pas dû au prix du gaz lui-même, c'est vraiment pour l'entretien du réseau.
- 2:29RelanceRéponse directe
Non, mais alors techniquement, vous faites comment si ce n'est pas des chèques énergie ?
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Le gouvernement a multiplié les annonces pour mettre fin à cette crise et notamment cette pause décrétée dans le plan Ecofito... Est-ce que vous faites confiance au gouvernement ou est-ce que vous estimez que ce plan est enterré ?
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Est-ce que vous faites confiance au gouvernement ou est-ce que vous estimez que ce plan est enterré ?
- 4:00OuverteRéponse partielle
Vous leur dites quoi, eux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« L'énergie ça coûte cher, on le sait malheureusement, on l'a vu avec l'électricité, on le voit avec le gaz, ça coûte cher. »
- 0:28Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, pour nous approvisionner, on va sur les marchés internationaux, on va chercher y compris du gaz de schiste aux Etats-Unis, en Amérique du Nord, donc ça coûte cher. »
- 0:57Invité politiquePromesse
« Les écologistes, depuis très longtemps, se battent pour que les premiers kilowattheures, les premiers mètres cubes pour le gaz ou les premiers mètres cubes pour l'eau, soient moins chers parce qu'ils correspondent à des besoins essentiels pour les familles. »
- 1:15Invité politiqueFait
« Le nucléaire, ça coûte cher. On nous a vendu pendant des décennies que le nucléaire ne coûtait pas cher. »
- 2:10Invité politiqueChiffre
« Regardez, quand il y a eu le bouclier sur l'énergie, ça a coûté des dizaines de milliards d'euros. »
- 2:58InvitéFait
« Le gouvernement a multiplié les annonces pour mettre fin à cette crise et notamment cette pause décrétée dans le plan Ecofito qui avait été lancé en 2008, reconduit par François Hollande et Emmanuel Macron. »
- 3:19Invité politiqueFait
« C'est criminel. Ce qui est en train de faire ce gouvernement, du point de vue de la santé publique, du point de vue de la santé des agriculteurs vis-à-vis de l'environnement, c'est tout simplement criminel. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Mais si on parle de la décision de ce week-end, quand on a des instances de santé qui disent que les pesticides génèrent des cancers, qui disent que les pesticides génèrent des problèmes de malformation, de développement, de Parkinson, d'Alzheimer »
- 5:15Invité politiqueChiffre
« Un, vous avez, il y a, dans notre pays, 60 000 fermes qui fonctionnent en agriculture biologique. »
- 5:21Invité politiqueFait
« Il y a des agriculteurs dans notre pays qui ont fait le choix de produire sans pesticides, avec des rendements qui sont équivalents. »
- 6:11Invité politiqueFait
« Ils ont réduit de 50% les pesticides. C'est le plan qui est en permanence reporté, en permanence non achevé. »
- 6:24Invité politiqueChiffre
« Ils ont réduit de 50% les pesticides. Pas de perte de productivité, monsieur. C'est possible, mais qu'est-ce que vous dites ? Et au contraire, ils ont gagné 200 euros par hectare. »
- 8:16Invité politiqueFait
« Parce que les agriculteurs, je stade qu'il n'y a pas de client. Non. Écoutez, franchement, ce gouvernement, depuis 2017, il a sacrifié la filière bio. »
- 8:27Invité politiqueChiffre
« On est à 7% de produits bio. »
- 11:57Invité politiqueChiffre
« En Europe, vous savez que 80% des aides vont vers les 20% les plus riches. »
- 16:40InvitéFait
« on a une majorité pour cette mesure. »
- 17:31Invité politiqueFait
« des SUV qui font plus de 2 mètres de large, qui sont à moitié grimpés sur les trottoirs »
- 17:40Invité politiqueChiffre
« C'est la moitié des véhicules vendus aujourd'hui en France. »
- 19:05PrésentateurChiffre
« Quand on sait que 900 000 véhicules sont concernés en Ile-de-France, et qu'ils ne sont que 130 000 immatriculés à Paris. »
- 19:58Invité politiqueChiffre
« 30% plus chères que les berlines. 300 kilos de plus. »
- 21:16Invité politiqueChiffre
« Elle est d'ordre d'autre, elle est à 9, mais peu importe. »
- 21:19PrésentateurChiffre
« Elle est à 9, il est à 30, elle est quand même très très loin derrière lui. »
Temps de parole
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Bonjour Yannick Jadot, après l'électricité ce mois-ci, nouvelle hausse du gaz en juillet prochain entre 5,5 et 10,4%, même si les consommateurs sont moins nombreux, les coûts d'acheminement et d'utilisation du réseau restent les mêmes. Est-ce que vous entendez cet argument qui justifie cette hausse ?
L'énergie ça coûte cher, on le sait malheureusement, on l'a vu avec l'électricité, on le voit avec le gaz, ça coûte cher. Aujourd'hui, pour nous approvisionner, on va sur les marchés internationaux, on va chercher y compris du gaz de schiste aux Etats-Unis, en Amérique du Nord, donc ça coûte cher. La question c'est, est-ce qu'on doit toutes et tous avoir le même tarif pour l'énergie, pour l'électricité comme pour le gaz ? Les écologistes, depuis très longtemps, se battent pour que les premiers kilowattheures, les premiers mètres cubes pour le gaz ou les premiers mètres cubes pour l'eau, soient moins chers parce qu'ils correspondent à des besoins essentiels pour les familles.
Mais là, le prix du gaz en augmentation, ce n'est pas dû au prix du gaz lui-même, c'est vraiment pour l'entretien du réseau.
Il y a une réalité des prix. On peut se scandaliser de l'augmentation du prix de l'électricité ou du prix du gaz. Le nucléaire, ça coûte cher. On nous a vendu pendant des décennies que le nucléaire ne coûtait pas cher. La réalité, c'est qu'on paye avec nos impôts ce qu'on ne paye pas sur nos factures. Donc, la question, ce n'est pas est-ce que l'énergie doit être chère ? Il y a des vérités de prix. La question, c'est est-ce que celles et ceux pour qui ces factures insupportables payent le même prix que celles et ceux qui peuvent payer les factures ? Nous, nous sommes pour que... Mais ça veut dire que c'est un tarif social de l'énergie ?
Mais ça existe, c'est des chèques énergie, ce n'est pas suffisant ? Non, exercer de manière non discriminée le prix du gaz comme le prix de l'électricité pour tous les consommateurs, ça, c'est une faute sociale. Encore une fois, pour les premiers prix des kWh. Il y a des chèques énergie, ça existe, des aides aux ménagers. Mais pardon, ce n'est pas assez. Regardez, quand il y a eu le bouclier sur l'énergie, ça a coûté des dizaines de milliards d'euros. Ça a davantage profité à ceux qui ont des grandes maisons, à ceux qui ont des grosses voitures, qu'à ceux qui ont des petits logements qui sont en précarité énergétique ou qui ont des petites voitures.
Non, mais alors techniquement, vous faites comment si ce n'est pas des chèques énergie ?
Vous savez, il y a eu un tarif social de l'électricité à une époque et ça fonctionnait très bien. C'est ça qu'il faut réinstaller. Avec des critères de revenus ? Les premiers kWh, les premiers mètres cubes d'eau, les premiers mètres cubes de gaz sont moins chers et plus vous augmentez en consommation, plus c'est cher. Il faut remettre du social dans notre politique énergétique.
Yannick Jadot, la grande majorité des tracteurs sont rentrés dans leurs exploitations. Le gouvernement a multiplié les annonces pour mettre fin à cette crise et notamment cette pause décrétée dans le plan Ecofito qui avait été lancé en 2008, reconduit par François Hollande et Emmanuel Macron. Sa quatrième version était en discussion. Elle est pour le moment sur pause pour au moins trois semaines jusqu'au Salon de l'agriculture. Est-ce que vous faites confiance au gouvernement ou est-ce que vous estimez que ce plan est enterré ?
C'est criminel. Ce qui est en train de faire ce gouvernement, du point de vue de la santé publique, du point de vue de la santé des agriculteurs vis-à-vis de l'environnement, c'est tout simplement criminel. Souvenez-vous qu'avec les mêmes arguments, exactement les mêmes arguments, qui est de dire les normes, la contrainte écologique, la bureaucratie, ils ont laissé le chlordécone pendant des années aux Antilles. Les mêmes lobbies, les mêmes lobbies de l'agriculture, qui ne sont pas les petits paysans, les mêmes lobbies de l'agriculture, soutenues par les mêmes forces politiques, ont laissé par exemple le chlordécone dans les Antilles pendant des années et des années.
Vous auriez dit quoi à vous, aux agriculteurs ? C'est extrêmement grave ce qui se passe. On a dans les Antilles, à la Guadeloupe et à la Martinique, le taux le plus élevé au monde de cancer de la prostate. C'est 90% des personnes qui sont contaminées, des terres qui sont infectées, contaminées pour des décennies, voire des siècles. Mais si on parle de la décision de ce week-end, quand on a des instances de santé qui disent que les pesticides génèrent des cancers, qui disent que les pesticides génèrent des problèmes de malformation, de développement, de Parkinson, d'Alzheimer, et bien la responsabilité politique, c'est de tout faire pour en sortir, en accompagnant les agriculteurs.
Et j'aimerais, vous savez, les tribunaux...
Mais vous avez entendu comme nous, Yannick Jadot, le plus sur la transition écologique.
Il y a eu un non-lieu sur le chlordécone comme sur l'amiante, pour les responsables politiques qui ont pris ces décisions. J'espère qu'ils auront un jour à rendre des comptes devant les Françaises et les Français, mais aussi devant la justice pour ce...
Mais vous dites que aux agriculteurs qui, pendant des jours, là, se sont mobilisés et ont dit, effectivement, il y a trop de normes écologiques, effectivement, nous, sur les pesticides, on n'arrive pas à suivre parce qu'on n'a pas d'alternative. Vous leur dites quoi, eux ?
Un, vous avez, il y a, dans notre pays, 60 000 fermes qui fonctionnent en agriculture biologique. Sur 400 000, hein ? Oui, mais de dire qu'il n'y a pas d'alternative, c'est simplement mensonger. Il y a des agriculteurs dans notre pays qui ont fait le choix de produire sans pesticides, avec des rendements qui sont équivalents. Vous avez, alors, le plus souvent, c'est des rendements un peu baissés, mais des charges beaucoup moins importantes et, selon le rapport de la Cour des comptes, avec de meilleurs revenus. Parce que quelle était la revendication des paysannes et des paysans, des agricultrices et des agriculteurs ? C'est le revenu. Au fond, qu'est-ce qu'a dit le gouvernement ?
Regardez, on va taper les écologistes, on va taper l'environnement, et parce qu'ils auront perdu, peut-être vous aurez gagné. Qu'est-ce qu'ils ont obtenu structurellement sur leur revenu ? Et puis, on parle de science. Il y a eu une expérience menée par le CNRS sur des milliers d'hectares dans les Deux-Sèvres, du côté de Chizé, des milliers d'hectares. Ils ont réduit de 50% les pesticides. C'est le plan qui est en permanence reporté, en permanence non achevé. Ils ont réduit de 50% les pesticides. Pas de perte de productivité, monsieur. C'est possible, mais qu'est-ce que vous dites ? Et au contraire, ils ont gagné 200 euros par hectare.
Et vous voyez bien que la NSEA, qui, parmi ses revendications, dit qu'en fait, ces baisses des pesticides, il faut que ce soit optionnel.
Eh bien, écoutez, moi, je leur dis que notre responsabilité politique, c'est de faire en sorte, encore une fois, que l'argent de la PAC accompagne les transitions. Vous savez, il y a ceux qui ont fait la transition. Il y a les agriculteurs. La mobilisation, elle a commencé dans les Pyrénées. Mais ils sont parfaitement conscients qu'il n'y a plus d'eau. Regardez la catastrophe qu'il y a en Catalogne sur les restrictions d'eau. Il n'y a plus d'eau dans l'agriculture. Il n'y a plus d'eau pour les personnes... Mais ça, c'est un autre sujet. Il n'y a pas d'eau. Non, non, non, ce n'est pas l'autre sujet.
Il y a des agriculteurs qui vous écoutent ce matin, qui doivent bondir, qui doivent se dire, mais en fait, ils ne se rendent pas compte de nos réalités. Non, au contraire. Nous, on n'a pas d'alternative. On a moins de rendement.
Nous sommes les seuls qui nous rendaient compte de leurs difficultés. Leur difficulté, c'est d'être bien payés. La FNSEA, et en tout cas la direction de la FNSEA, qui a négocié, ce sont ceux... On a interrogé le patron de la FNSEA, encore au Sénat, la semaine dernière. Il n'est pas contre les importations d'agneaux de Nouvelle-Zélande, qui vont sacrifier nos éleveurs d'agneaux, parce qu'ils veulent faire du business à l'international. Ils ne combattent pas les marges excessives, incroyables de l'agro-industrie et de l'agro-alimentaire et de la distribution.
Parce que ce système, qui dépend pour les engrais de l'importation, pour les pesticides de l'importation, pour le soja de l'importation, qui dépend de l'agro-alimentaire et de l'industrie de transformation pour la sortie de leurs produits, ce système les tue. C'est ce système-là qui les tue. Et nous, ce que nous disons...
Mais vous ventez le bio, mais c'est la filière qui est la plus en crise aujourd'hui en France. D'accord. Ça coûte très cher pour les Français qui vont se nourrir. Mais ici, il n'y a pas de clientèle.
Parce que les agriculteurs, je stade qu'il n'y a pas de client. Non. Écoutez, franchement, ce gouvernement, depuis 2017, il a sacrifié la filière bio. On parle des lois EGALIM. Dans la loi EGALIM, dans toutes les cantines, il devrait y avoir 20% de bio, 50% de produits locaux. On est à 7% de produits bio. C'est le gouvernement. Vous voyez, c'est l'abordage sur les normes. Les normes que combattent l'agro-alimentaire sur le trop salé, le trop sucré, le trop gras, avec une explosion de l'obésité. Eh bien, ces mêmes agro-industriels, et ce gouvernement, c'est ceux qui multiplient les labels pour créer de la confusion. Ils ne veulent pas le norme. Ils veulent des labels.
Dans les grandes surfaces, ils faisaient de 30 à 40% de marge sur le bio. Et parce que d'un seul coup, ils font plus de 30 à 40%, ils ont éliminé le bio de leurs rayons. Yannick Jadot. Et dans le bio, comme on est toutes les autres filières agricoles, travaillons, travaillons sur les revenus. C'est ça que demandent les agriculteurs. Ils ne demandent pas d'être en dehors de l'environnement. Ils ne demandent pas d'avoir une agriculture sans la nature. Ils veulent des revenus. Et c'est le combat des écologistes. Yannick Jadot.
Il y a un point au moins sur lequel vous pourriez donner raison au gouvernement. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui sur le fait que l'accord Mercosur n'est pas négociable en l'état ?
Ah bah oui. Vous savez, moi ça fait 30 ans que je me bats contre les accords de libre-échange, y compris quand ça concerne l'agriculture. À un moment, c'est la mondialisation de la malbouffe, c'est la disparition des paysans au sud comme au nord.
C'est toujours mauvais le libre-échange par principe ?
Non, les échanges ne sont pas mauvais. Mais pardon, on n'a pas besoin d'accords de libre-échange pour exporter du vin. Le vin français se boit dans le monde entier. Des fromages français se mangent dans le monde entier. Il n'y a pas besoin d'accords de libre-échange.
La balance commerciale agricole, elle est excédentaire pour la France dans le monde. Mais essentiellement... Pourquoi c'est totalement mauvais les accords de libre-échange ?
Mais parce qu'à un moment donné, il y a des choix à faire. J'entends bien les grands céréaliers, qui eux n'ont pas de problème de revenu, eux, leur problème, c'est effectivement qu'à un moment donné, sur des plaines céréalières, il n'y a pas un arbre, pas une haie, pas une mare, pas un muret, rien du tout. Ils veulent que ça continue comme ça. Et ils ont gagné avec ce gouvernement. Il n'y aura pas de jachère et on ne remet pas de la biodiversité, alors que c'est le cœur de la vie, y compris pour l'agriculture. Et donc, il y en a qui veulent exporter, faire beaucoup d'argent. Les mêmes ont cassé les quotas laitiers, qui ont mis en difficulté nos éleveurs laitiers.
Les mêmes, pour faire de l'argent international, ont cassé les quotas sucriers.
Mais vous ne pouvez pas dire que les échanges, c'est mauvais. On a beaucoup d'agriculteurs qui exportent et c'est grâce à ça qu'ils vivent.
Mais je ne dis pas qu'il faut supprimer tous les échanges. Mais on ne peut pas, et c'est la politique du gouvernement, en même temps dire nous voulons exporter et nous ne voulons pas importer. À un moment donné, il faut un petit peu de cohérence. Si on veut être plus autonome sur, par exemple, l'alimentation animale, vous savez qu'on importe énormément de soja qui détruit l'Amazonie et qu'on utilise beaucoup de notaires pour vendre des céréales dans le monde ou, quand il y a une peste porcine en Chine, pour élever du cochon.
Si, à un moment donné, on veut être souverain alimentairement, il faut que nos terres aillent, en respectant la nature, de manière prioritaire sur le marché français et européen.
Mais qui est insuffisant pour nos agriculteurs aujourd'hui, non ? En tout cas, c'est ce qu'ils disent. Ils ont besoin aussi d'exporter. Mais certains ont besoin d'exporter. Y compris, par exemple, notre blé pendant des années en Égypte.
Mais oui, et c'est ce qui touche l'aide publique. C'est majoritairement ce qui touche l'aide publique. En Europe, vous savez que 80% des aides vont vers les 20% les plus riches. Ça veut dire que les 80% restants de nos paysans touchent que 20% des aides. Et donc, en fait, on met beaucoup d'argent public pour avoir une agriculture très intensive qui a un problème, la disparition des oiseaux, des insectes, l'appauvrissement des terres, les maladies liées aux pesticides, pour exporter. C'est un choix de société.
Moi, je préfère des paysans qui sont plus nombreux sur les terres, plutôt que d'avoir énormément de mécanisation des pesticides, des engrais, plus nombreux sur les terres, qui font une alimentation de meilleure qualité, qui vendent sur des circuits réduits, localement, nationalement, à l'échelle européenne. Et c'est ça, le choix.
Vous appelez à plus de protection. Mais pardon, j'ai une question. Mais alors, du coup, votre raisonnement, il est valable avec l'Ukraine. Est-ce qu'il faut aussi arrêter les accords douaniers avec l'Ukraine, qui permettent notamment l'importation massive de poulet ukrainien ?
Il faut aider l'Ukraine. C'est incontestable.
Bon, alors, on fait quoi, là ?
Mais est-ce qu'aider l'Ukraine doit se faire forcément en tuant nos éleveurs, notamment nos éleveurs de volailles ? On peut parfaitement aider l'Ukraine, y compris budgétairement, y compris, vous savez que la France est un des pays qui aide le moins l'Ukraine en matière d'armement. Donc, on est très en retard sur notre soutien à l'Ukraine pour gagner la guerre. Donc, on peut les aider. Mais aider, y compris économiquement l'Ukraine, ça ne veut pas forcément dire sacrifier les nôtres.
Donc, on enlève les accords douaniers.
Donc, encore une fois, si on veut le gouvernement très bien sur le Mercosur, finalement, on n'ira pas. Ils ont été très ambigus, mais sous la pression, on n'ira pas. Mais pourquoi ils signent avec la Nouvelle-Zélande en tuant nos éleveurs d'auvins ? Pourquoi ils signent avec le Kenya ? Vous pensez que les normes de production des fruits et des légumes au Kenya, pourquoi on signe avec le Chili, où on va encore importer de la viande ? Donc, que le gouvernement soit cohérent.
Mais encore une fois, si on veut une agriculture avec des paysannes et des paysans nombreux qui travaillent leurs terres en respect de la nature, qui font des revenus, ça ne peut pas être le commerce international, ça ne peut pas être que l'actalis et ça ne peut pas être d'élever des ports de manière extrêmement intensive pour exporter en Chine.
Les mesures annoncées vendredi, elles coûtent 400 millions d'euros à l'État, sans compter d'ailleurs le remboursement partiel de la taxe sur le gazole non routier. Au passage, d'ailleurs, à la place du gouvernement, vous auriez fait quoi sur cette question spécifique du carburant qu'on met dans les tracteurs ?
Écoutez, ça n'a jamais été une revendication forte des écologistes de retaxer le gazole non routier, parce que vous n'allez pas dans vos champs en bus, ni en train. Donc là, vous êtes d'accord avec le gouvernement qui dit qu'il n'y a pas de solution de substitution ? Nous, on a toujours dit, y compris quand il y a une fiscalité, reconnaissez que c'est encore pour remplir les caisses de l'État. Ce n'est pas une mesure en faveur d'un modèle plus soutenable en agriculture. Donc moi, je n'ai pas de soucis sur cette mesure-là. Ce n'est pas là qu'est l'enjeu. Sauf qu'il va falloir trouver des économies ailleurs. D'accord.
Enfin, le gazole non routier, quand vous débattez avec les paysans, là aussi, c'est les grands céréaliers qui avaient un problème. Un paysan normal, c'est 24 euros par mois. Là, sur l'accroissement de fiscalité, ça aurait été 24 euros par mois. Ils veulent des revenus. Et le plan du gouvernement, ce sont des aides d'urgence. C'est le sacrifice de l'écologie. Alors qu'y compris, l'État est condamné par les tribunaux administratifs dans notre pays pour ne pas agir assez sur les pesticides. Ce qu'il nous faut, c'est structurellement aider sur les revenus. Il y a une renégociation des lois EGALIM. Il faut des prix minimaux dans l'agriculture.
Quand vous avez, prenez le lait, un seul exemple, le lait. C'est dans la loi, ça ? Non, non, ça ne marche pas. Parce qu'en fait, dans la loi EGALIM, ce qui doit être pris en compte, ce sont des indicateurs de coût de production. C'est très vague. Y compris, ça n'intègre pas forcément le travail, alors qu'on sait qu'ils travaillent énormément nos paysans. Et puis, c'est une négociation avec un rapport de force qui est incroyablement défavorable. 71 000 producteurs de lait. Vous avez 3 industriels et 8 distributeurs. Vous pensez que quand ils négocient, ils sont à poids égal ? Ils sont un rapport de force un peu prééquilibré ?
Donc, il faut des prix rémunérateurs garantis pour nos éleveurs comme pour l'ensemble de nos paysans.
Yannick Jadot, triplé le tarif de stationnement des SUV dans la capitale. Anne Hidalgo l'a souhaitée, c'est ce qui va se passer, puisque après la votation organisée hier à Paris, à laquelle se sont rendus 78 000 votants, on a donc 5,7% de participation, mais on a une majorité pour cette mesure. Le tarif va dépendre du poids du véhicule. Est-ce que ça suffit à légitimer cette décision ? Je rappelle que l'électionnateur de Paris.
Bien sûr que ça suffit à légitimer. Un, il n'y a pas d'obligation à faire une consultation citoyenne. 6% de participation. Les pros SUV se sont mobilisés. Et ceux qui pensent qu'ils prennent trop de place, que c'est trop encombrant, trop polluant, trop impactant pour la ville, ont gagné. Et c'est très bien. Je veux dire, de toute façon, on a besoin de réapprendre la démocratie dans notre pays. Si on ne l'avait pas fait, on aurait dit qu'il n'y a pas de consultation. Eh bien, les gens sont tellement habitués à ce gouvernement, avec Emmanuel Macron, que la démocratie soit sacrifiée. Eh bien, il faut réouvrir, il faut réapprendre. C'est une pédagogie de la démocratie locale. C'est très bien.
Il y a consultation. Elle donne un résultat. Et franchement, des SUV qui font plus de 2 mètres de large, qui sont à moitié grimpés sur les trottoirs, eh bien, c'est cela. C'est une tendance. C'est la moitié des véhicules vendus aujourd'hui en France. Eh bien, oui, et puis c'est une tendance. Et puis, voilà. Non, non, mais c'est une question. Non, mais c'est très bien. C'est une tendance. C'est une tendance. Mais c'est d'un fait. On va plus polluer. C'est un fait. On va plus consommer d'énergie. Mais dans ces cas-là, c'est pas directement les constructeurs. On va avoir des accidents plus mortels. Eh bien, c'est la tendance.
Et puis, comme en plus, les lobbies de l'automobile font plein de pognon, eh bien, c'est tant mieux. Et on s'en fout de la santé. On s'en fout de la sécurité.
On s'en fout du bien-vivre en ville. C'est la tendance. C'est pas une question de tendance.
La question, c'est qu'on peut très bien contraindre les constructeurs. Là, pour le coup, on parle de normes. Pourquoi s'apprécier aux consommateurs ?
Mais le même gouvernement combat les normes, Euro 7, à l'Europe. On parle de normes. Les normes, c'est devenu un gros mot. Ah, c'est horrible. Ça tombe du ciel à des premiers ministres. Pardon, les normes, c'est les gouvernements qui les décident. Ce sont les législateurs qui les décident.
Non, mais pardon, juste sur la question des SUV, la votation de ce week-end. Là, même les SUV électriques sont concernés. Est-ce que ça ne brouille pas le message ?
Mais parce que vous avez des SUV qui font plus de 2 tonnes à son électrique. Mais c'est une empreinte. Vous savez, les énormes BMW, les énormes Mercedes, on les voit en ville. Mais quand vous êtes à vélo, vous avez la trouille. Les piétons, la trouille. Les bagnoles se garent sur les trottoirs.
Donc, ils prennent trop de place.
Ils sont trop polluants. Et on nous parle de famille. Pardon, mais quand vous baladez dans Paris, quand vous voyez des personnes conduire ces gros SUV, ils sont en famille quand vous les voyez ? Il y a quand même une réalité.
Et la réalité des chiffres, c'est celle-là. Quand on sait que 900 000 véhicules sont concernés en Ile-de-France, et qu'ils ne sont que 130 000 immatriculés à Paris.
Concrètement, c'est une mesure anti-banlieusard ? Mais non, les SUV Captur, le Peugeot 2008, le Renault Captur, tout ça ne sont pas concernés par cette mesure.
Mais je parle de ceux qui sont concernés, là. Je parle de ceux qui sont concernés. Et majoritairement, c'est des véhicules de banlieusard.
Est-ce qu'à un moment donné, on considère que le climat, c'est sérieux ? Pardon, regardez ce qui se passe au Chili. Regardez ce qui se passe partout dans notre pays, entre les inondations, la sécheresse, les canicules. Est-ce qu'on considère que c'est sérieux ? Ou que la question, c'est qu'on laisse le lobby automobile décider de nos modes de transport ? Eh bien non. Notre responsabilité, c'est que des bagnoles qui sont beaucoup trop lourdes, elles sont 30% plus chères que les berlines. 300 kilos de plus. Ça émet plus de CO2, ça consomme plus d'énergie. Est-ce qu'on est obligé d'être là-dessus ?
Non, mais la question depuis tout à l'heure, c'est est-ce qu'on ne prend pas le sujet par le mauvais bout, c'est-à-dire par les automobilistes alors que c'est les constructeurs ?
Oui, chacun agit à son niveau. Quand les gouvernements ne font pas le boulot vis-à-vis du lobby automobile qu'ils ont laissé se développer des SUV qui sont essentiellement des démonstrations sociales plus que répondre aux besoins de mobilité légitime des Françaises et des Français, eh bien quand les gouvernements ne font pas le boulot, eh bien quand on est en responsabilité à Lyon, à Paris et ailleurs, eh bien en Lyon on fait notre part qui est de protéger celles et ceux qui circulent à pied ou en vélo ou en petite voiture. C'est de protéger nos enfants de la pollution de l'air. Vous savez, c'est une norme aussi.
Pour éviter 60 000 morts dans notre pays de la pollution de l'air, eh bien on essaye de mettre en place des normes. Est-ce que c'est un gros mot ? Non. Mais le lobby automobile va dire, oh là là, alto norme, la bureaucratie, c'est mauvais pour tout le monde.
Jordan Bardella, tête de liste RN aux Européennes. Vous devancez tous pour le moment dans les enquêtes d'opinion et de loin. Votre candidate Marie Toussaint, elle est créditée de 6-7% dans les intentions de vote.
C'est marrant que vous preniez toujours les sondages les plus bas à un moment donné. Quand vous interrogez les responsables politiques, non mais c'est, je comprends, on donne les moyennes. Non, ce n'est pas la moyenne, pardon. Elle est d'ordre d'autre, elle est à 9, mais peu importe.
Elle est à 9, il est à 30, elle est quand même très très loin derrière lui.
Moi-même, il y a 5 ans, j'étais très bas à ce moment-là de la campagne et on a fait un carton à la fin.
Ça vous fait réfléchir et de vous dire, il faut peut-être s'allier à Raphaël Glucksmann ? Raphaël Glucksmann ?
Non, mais vous savez, vous connaissez mon combat pour la proportionnelle. Je pense que s'il y avait un truc qu'il devait faire en 3 ans, Emmanuel Macron, qu'il arrête de faire autre chose, parce qu'à chaque fois, c'est des reculs sur les droits sociaux, sur l'environnement, sur le machin. S'il y a une mesure qu'il devait faire dans les 3 dernières années, c'est la proportionnelle. pour apaiser notre pays et qu'il y ait des coalitions et une culture de compromis. Au Parlement européen, c'est quoi l'enjeu de l'élection européenne ? C'est d'avoir le maximum de députés au Parlement européen. C'est de ça dont on parle.
Et bien à travers la proportionnelle, ça permet à Glucksmann d'aller chercher les électeurs socialistes avec le logiciel socialiste. Ça permet à Manon Brie d'aller chercher les électeurs insoumis avec le logiciel socialiste. Donc chacun dans son couloir. Mais ça s'appelle la proportionnelle, ça s'appelle la démocratie. On a besoin de faire venir le maximum d'électeurs sur cette élection. Mais du côté de Jean-Luc Mélenchon, il dit que c'est l'assurance d'éparpiller les voies. Mais parce que vous considérez que l'élection européenne doit être un sondage national pour 2027. Ce n'est pas mon point de vue.
Vous savez, en ce moment, au niveau européen, probablement après les élections, ce sera 50-50. Entre les nationalistes, la droite qui a basculé à l'extrême droite, l'extrême droite renforcée, et puis les progressistes. Et bien chaque député va compter. Et bien moi, je suis fier de notre candidate, Marie Toussaint. Elle connaît le boulot. Elle se bat. Elle est bonne. Et elle rassemblera les écologistes. Parce que franchement, il n'y a plus que les écologistes qui défendent l'écologie. Et bien rien que pour ça, il faut voter écologiste aux européennes.
Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris, vous étiez l'invité du 830 France Info ce matin. Merci.
Yannick Jadot