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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 7 janvier 2026 37 minAutoproduitMixte

Trump et le Groenland : Nuuk ta mère !

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Présentateur

France Inter France Inter Le 18-20 Fabienne Sintès Voilà donc un territoire peuplé de 57 000 habitants mais glacé à 80%, 4 voix plus grande que la France. Le Grand-Henlande, dont on te connaissait jusque-là avec les petites maisons colorées en photo et pas beaucoup plus, est devenu depuis Trump l'objet de toute notre attention. Trump 1 en parlait déjà, Trump 2 l'a mis sur la table dès le début de son mandat et porté par son opération spectaculaire au Venezuela. Il y retourne donc depuis ces dernières 48 heures, disant que le Grand-Henland est indispensable aux Etats-Unis pour leur sécurité.

Notons au passage que ce morceau de territoire, les Etats-Unis le lorgne depuis bien longtemps, depuis même le siècle d'avant, le 19ème, stratégiquement placé sur les passages des bateaux, sur les passages des missiles gorgés de ressources minières. Ajoutons pour la photo que les Etats-Unis ont déjà une grosse base dans le nord-ouest du Groenland et que leur relation avec le Groenland s'est construite sur une relation de sécurité. Une fois qu'on a dit ça, qu'est-ce qu'on dit et qu'est-ce qu'on fait surtout des menaces de Trump ? Est-ce qu'on les met d'abord sur le compte d'un hubris démesuré et une envie toute impérialiste d'agrandir son territoire ? Ça n'est certainement pas à exclure.

Est-ce qu'on croit à ces arguments de sécurité ? Et dans ce cas-là, pourquoi ça ne se règle pas tout simplement en négociant avec le Danemark, l'Europe et le Groenland sur une présence élargie ? C'est peut-être d'ailleurs ce qui est en vue avec un rendez-vous prochain de Marco Rubio au Danemark. Est-ce que Trump veut faire main basse sur les ressources minières ? Est-ce qu'il peut acheter le Danemark ? Parce qu'on en parle de ce mot « acheter » et « acheter », ça peut vouloir dire faire de l'entrisme dans les milieux indépendantistes. Par exemple, nous vous aiderons financièrement et vous nous laisserez le champ libre.

Est-ce que ce dernier point peut résonner sur un territoire que le Danemark a l'air de chérir ? Mais enfin qu'il chérit bien à propos quand même. Les relations entre le pays européen et son territoire ont été timultueuses par le passé. C'est le moins qu'on puisse dire « nous y reviendrons peut-être ». C'est dans tous ces arguments qu'on va essayer de piocher au fil de vos questions. Essayez de comprendre aussi si nous, Européens, avons une marge de manœuvre et à quoi elle peut ressembler, si nous avons des options et lesquelles. C'est le téléphone seul, les amis. Soyez les bienvenus. Le téléphone seul. 0145 24 7000. Valérie, vous êtes la première et vous êtes la bienvenue. Bonsoir.

2:21
Auditeur

Bonsoir à tous. Merci de prendre mon appel. Alors j'avoue que je suis stupéfaite que Trump soit encore en train de parler d'envahir le Groenland. Le Groenland appartenant au Danemark, il fait donc partie de l'Europe. Je ne comprends pas que tous les Européens ne se soient pas unis pour dire « stop, hors de question ». Je suis abasourdie. Je veux dire, dans ce cas-là, après, je ne sais pas moi, il va envahir la Nouvelle-Calédonie. Comment se fait-il ? J'ai l'impression que l'Europe n'est pas assez ferme sur ce sujet-là. Il n'y a pas matière à discussion. Ça fait partie de l'Europe. De quel droit, Trump, peut-il se permettre d'envahir ce territoire ?

3:02
Présentateur

Il n'y a pas matière à discussion. Pardon Valérie, je vous ai interrompu.

3:06
Auditeur

Allez-y. Oui, je disais, j'ai l'impression que l'Europe est faible et que si jamais il arrivait à ses fins, ce que je n'espère pas, quel poids l'Europe aurait au reste du monde ? Pourquoi est-ce que dans ces cas-là, enfin, j'espère que ça n'arrivera pas, pourquoi ne fait-on pas des contingents des différents pays d'Europe qui partent au Groenland pour défendre ce territoire ? Eh bien, on va la poser la question.

3:29
Présentateur

On a entendu votre incrédulité et on va tâcher d'y répondre. Valérie, merci beaucoup pour cette entrée en matière, pour discuter avec nous, l'eurodéputé. Vous l'avez, heureux député Rignoux. Bonsoir, Nathalie Loiseau. Bonsoir. C'est vous qui allez nous donner ces fameuses marges de manœuvre européennes que Valérie attend et d'autres de nos auditeurs, d'ailleurs. Mico Blujon-Mérette, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes spécialiste des régions articles. Vous êtes chercheur senior à l'Université du Québec de Trois-Rivières. Vous êtes aussi enseignant en pôle énergie-climat à l'école de guerre à Paris. Merci à tous les deux d'être ici. C'est du coup vers vous que je vais me tourner.

Nathalie Loiseau, notre auditrice, semble penser, et elle n'est pas toute seule, si j'en crois le standard, que c'est bien mou, cette réaction européenne, en fait.

4:09
Invité

Depuis l'arrivée ou le retour de Trump au pouvoir, l'Europe a l'air tétanisée. Et c'est très choquant. Et ce que dit Valérie est parfaitement juste. Et elle reflète ce que pensent les populations européennes qui se disent qu'il faut quand même qu'on apprenne à se faire respecter. Alors, une toute modeste correction, le territoire du Groenland n'est pas dans l'Union européenne. C'est un territoire du royaume du Danemark qui n'est pas dans l'Union européenne parce qu'il ne l'a pas voulu dans le passé.

4:40
Présentateur

Le terme appartient au Danemark, je vous interromps, je vais revenir. Le terme appartient au Danemark, Mikomérette, c'est un terme impropre d'ailleurs ou pas ?

4:46
Invité

C'est un terme colonial, tout simplement. C'est pour ça que pose la question. Absolument. Je vous ai bien senti, Fabienne, là-dessus. Effectivement, quand les Danois sont arrivés ou plutôt quand ils sont revenus d'une manière ou d'une autre en 1721, en tout cas c'est en 1721 avec l'arrivée de Hans-Egéde, missionnaire, qu'on va faire commencer la colonisation danoise contemporaine du Groenland, et bien tout simplement, 300 ans plus tard, la question qui se pose, c'est est-ce que le Danemark va laisser le Groenland vivre sa vie ?

5:12
Présentateur

Je reviens à ce que vous disiez, Nathalie Loiseau. Donc effectivement, vous le dites, réaction timorée, on aurait dû le faire un bon. Alors,

5:18
Invité

des chefs d'État et de gouvernement se sont rassemblés pour dire que la solidarité avec le Danemark était totale, que c'était aux Groenlandais de décider de l'avenir du Groenland. Pas tous les chefs d'État européens. On sait très bien que tant que Viktor Orban sera Premier ministre de Hongrie, il passera toutes ses foucades à Donald Trump, mais un certain nombre de chefs d'État et de gouvernement... Je veux dire,

5:44
Présentateur

on peut passer outre la Hongrie pour donner un signe fort. Oui, on a l'impression qu'on n'a pas entendu le signe fort.

5:48
Invité

Il y a eu cette déclaration, il y a eu une autre déclaration des pays nordiques et baltes qui ont senti peut-être encore plus une forme de solidarité avec le Danemark. Il y a eu des mesures qui ont été prises depuis quelques mois consistant à ce que l'Union européenne aide davantage. Le Groenland annonce qu'elle va doubler, par exemple, l'argent qu'elle verse pour le Groenland. Ceci étant, je voudrais rebondir sur ce que disait Valérie, c'est pourquoi est-ce qu'on n'en prend pas des contingents militaires pour empêcher une invasion américaine.

Alors, vous l'avez très bien dit dans votre introduction, c'est grand comme quatre fois la France, c'est 80% du territoire qui est gelé et, on va dire, neuf mois sur douze pendant lesquels mener une offensive militaire paraît compliqué.

6:33
Présentateur

De toute façon, on est d'accord qu'on ne va pas faire une offensive militaire contre les Américains, Nathalie Loiseau, quel que soit le cas de figure par ailleurs, on ne va pas se mettre à se tirer dessus avec les Américains.

6:40
Invité

Mais le vrai sujet, c'est comment on les dissuade d'une manière ou d'une autre d'essayer de mettre la main sur le Groenland.

6:46
Présentateur

Que ce soit en essayant de l'acheter. Voilà. Et la question, c'est est-ce qu'il y a un plan européen qui est sur la table ? Point numéro un, point numéro deux, point numéro trois. S'il essaye d'acheter, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on est dans la surenchère, il adore ça Trump, donc il met plein de pognon sur la table, on va en mettre encore plus et on va le faire ensemble. Est-ce que c'est ça ? Est-ce que ça se discute, ça,

7:10
Invité

je pense qu'il n'y a plus à attendre puisque les déclarations qu'il a refaites une fois encore et fait faire par ses conseillers sur nous avons besoin du Groenland ne laissent pas de doute sur l'idée que quand il veut quelque chose, il essaye de l'avoir. On vient de le voir avec le Venezuela. Je pense qu'on a des moyens de dissuader les Etats-Unis en pesant à la fois sur le Congrès américain qui commencent à se poser certaines questions. Trump a été élu par une majorité largement maga qui pensait élire un isolationniste et quelqu'un qui ne voulait pas d'intervention à l'extérieur. Ils sont un peu surpris de ce qu'ils voient depuis un an.

Donc, travailler le Congrès, travailler aussi les entreprises américaines qui bénéficient du marché européen et qui profitent du marché européen. Et dire à la Trump écoutez, si vous allez de l'avant dans un projet militaire auquel j'ai du mal à croire, mais je peux me tromper et je n'ai pas la connaissance de l'autre invité sur le Groenland, j'y suis allée une fois pour démontrer la solidarité des Européens avec la Commission de la Défense, mais je n'y suis allée qu'une fois. Je ne crois pas beaucoup à une hypothèse militaire, mais je crois beaucoup au fait que Trump se dit après tout dans le passé « Si on a acheté l'Alaska, pourquoi est-ce qu'on n'achèterait pas le Groenland ?

» Et je pense qu'il faut dès maintenant dire les choses très crûment, si vous voulez toucher à un territoire d'un pays européen, ce n'est pas négociable, comme le disait Valérie, ça n'est pas discutable, et vous en subirez des conséquences lourdes pour que les mêmes entreprises aillent voir Trump en lui disant « Écoute, franchement, ce n'est pas une très bonne idée. »

9:01
Présentateur

Mikko Mered, on l'a dit, les Etats-Unis lornent sur l'Alaska depuis longtemps. Pourquoi c'est l'Alaska ? L'Alaska, c'est fait. Depuis 1867. Sur le Groenland depuis longtemps. Depuis 1867 aussi. Exactement. Est-ce que vous avez... Est-ce que cette fois c'est différent ? Est-ce qu'on sent quelque chose de différent réellement parce que c'est Trump ? Donc l'hypothèse militaire, honnêtement, est-ce qu'on la dégage de la table ou est-ce que quand même on la laisse sur un petit bout de la table ou pas du tout ?

9:26
Invité

On sent que c'est différent. Les Groenlandais sentent que c'est différent. Les Danois sentent que c'est différent. Tous les pays nordiques qui font partie de cette intégration régionale, le Conseil nordique et qui ont leur propre organisation de coopération de défense Nord-Efco, ils sentent que c'est différent. Les Etats-Baltes sentent aussi que c'est différent et ils sentent très bien ce qui pourrait se passer si effectivement le Groenland devenait américain par rapport à Vladimir Poutine de l'autre côté. Donc on a des peuples qui voient très bien ce qui se passe.

On a le Canada qui voit parfaitement et qui ose dire ou plutôt le Premier ministre Mark Carney ose maintenant dire les choses assez crûment en parlant de risques existentiels. C'est vrai. Si vous avez l'Alaska d'un côté qui est étatsunien, vous avez le Groenland qui est étatsunien et vous avez les Etats-Unis en votre sud, vous êtes au milieu, vous êtes un petit peu pris en étau. Donc si vous voulez, l'enjeu ici ce n'est pas de comprendre est-ce que c'est Trump ou est-ce que ce n'est pas Trump.

Derrière Trump, il y a toute une flopée de vats en guerre premièrement, expansionnistes qui ne se sont pas révélés hier matin et qui en fait sur le Groenland sont à l'oeuvre depuis déjà 2018, 2019, 2020. Avec une forme de continuité parce que quand Joe Biden était président des Etats-Unis, ce n'est pas comme si la question du Groenland avait été écartée.

10:36
Présentateur

Donc ça veut dire que ça a toujours été dans l'air y compris sous les démocrates ?

10:40
Invité

Oui, ça a commencé à revenir dans l'air la question du Groenland, l'importance stratégique du Groenland en 2015 quand les Etats-Unis ont pris la présidence du Conseil de l'Arctique pendant deux ans et puis quand Trump pour le coup est arrivé derrière il a dit ah attention mais il y a de plus en plus de Chinois au Groenland ah mais il y a de plus en plus de risques au Groenland. Alors ma question suivante

10:56
Présentateur

c'est Nicolas qui va la poser. Bonsoir Nicolas. Oui bonsoir tout le monde. On vous écoute. Alors je vous souhaitais vous souhaitez bonne année mais enfin là il faut vraiment avoir le moral. Bonne année quand même Nicolas merci beaucoup ça nous fait plaisir. Alors la question c'est Trump a justifié d'annexer le Groenland pour la sécurité des Etats-Unis et j'ai vu dans une vidéo de l'AFP donc on ne peut pas la remettre en doute que les USA avaient déjà des bases militaires au Groenland et que rien ne les empêchait d'en avoir d'autres. Donc finalement la sécurité il suffirait qu'il y ait plus de bases militaires ça le rassurerait.

A moins que le président du Groenland soit à la tête d'un cartel de saumons dans ce cas je comprendrais qu'il soit obligé de faire une action pareille. On en brasse aussi les saumons. On a votre question Nicolas et on va pouvoir y répondre mais comme il est bien sûr qu'il y a des bases il y a surtout la très grosse base dont vous allez me rappeler le nom Pitoufik qui est au nord-ouest absolument il y a combien ? 150 ? 200 ?

11:55
Invité

200 quand il y a une relève.

11:57
Présentateur

Donc la question de Nicolas est parfaitement pertinente qu'est-ce qui empêche et est-ce que c'est pas ça qui est en train de se négocier en fait qu'est-ce qui empêche les américains de dire on veut une présence plus importante ou quelque chose ça se négocie et si c'est non

12:08
Invité

ils n'ont pas besoin de le négocier en fait.

12:09
Présentateur

Exactement et si c'est non ça veut dire qu'ils vont chercher bien autre chose.

12:11
Invité

Alors je vais vous donner des ordres de grandeur et merci Nicolas et bonne année à vous vous allez voir c'est nous qui allons rendre cette année meilleure.

Le principe de cette base de Did Pitoufik dont le nom a été changé en 2023 justement pour reconnaître l'agro-enlandicité de cette base avant elle s'appelait la base de Toulé donc pour beaucoup de nos auditeurs et auditrices se souvient peut-être de la base de Toulé c'est une base qui au plus fort de la guerre froide a pu rassembler jusqu'à 6000 personnes sur cette base donc c'est une base effectivement qui aujourd'hui avec seulement 150 personnels est très sous-utilisée c'est une base dont la nature a également changé c'est-à-dire que à l'époque années 50 années 60 les Etats-Unis postaient là-bas des bombardiers des bombardiers des B-52 etc et l'objectif c'était de patrouiller en Arctique et c'était aussi de dissuader d'un point de vue militaire nucléaire évidemment l'Union soviétique en face de l'autre côté de l'Arctique aujourd'hui c'est une base qui appartient ou en tout cas qui est rattachée à la Space Force donc c'est-à-dire au corps spatial de l'armée états-unienne et qui a un intérêt particulièrement stratégique notamment pour les satellites d'observation et satellites espions par exemple optiques ou de renseignements de signaux

13:17
Présentateur

mais encore une fois est-ce que ça se négocie de l'agrandir et d'en faire une autre et donc et je reprends ma question si la question c'est non c'est pas ça qu'on veut ça veut dire qu'ils cherchent autre chose

13:27
Invité

alors exactement et vous avez tout à fait raison et vos intuitions Danemark et les Etats-Unis de 1951 maintes fois renouvelés qui dit très clairement voilà si les Etats-Unis dans le cadre de l'OTAN attention c'est le cadre qui est important ici dans le cadre de l'OTAN souhaitent ou ont le besoin avec les partenaires de l'OTAN de renforcer le dispositif au Groenland par rapport à la sécurisation de l'ensemble de l'espace OTAN et de ses voisinages notamment voisinage arctique et bien les Etats-Unis peuvent faire en théorie autant de bases qu'ils veulent ils peuvent étendre les bases autant de fois qu'ils veulent et ils en ont eu jusqu'à 17 au point le plus fort de la guerre froide

14:02
Présentateur

Donc qu'est-ce que ça veut dire à votre avis Nathalie Loiseau est-ce qu'il nous parle de quoi en fait est-ce qu'il nous parle de lui et de son envie expansionniste si j'en crois ce que dit Mikko Meret ça veut dire que quand il nous parle de sécurité il nous bluffe parce que la sécurité n'est pas en cause on pourrait même étendre des bases autant qu'on le voudrait si on le souhaitait

14:20
Invité

Il y a un rôle stratégique du Groenland évident et encore plus évident aujourd'hui avec le changement climatique avec le fait que l'Arctique devient encore plus à la fois une zone possible de confrontation et une zone possible de commerce et d'exploitation Les routes s'ouvrent les glaceurs Oui bien sûr le Groenland on s'y intéresse plus que par le passé mais comme le disait très bien mon interlocuteur Mikko en réalité si les Etats-Unis veulent faire plus militairement ils le peuvent déjà il y avait d'ailleurs eu un exercice militaire allié au Groenland en septembre pendant que j'étais au Groenland et les Etats-Unis n'ont pas participé ce qui dit quand même beaucoup de choses alors est-ce que c'est souvenez-vous que dans les discussions sur l'Ukraine entre Russes et Américains très régulièrement les émissaires américains laissent entendre qu'ils discutent avec Vladimir Poutine de l'exploitation de l'Arctique Oui et est-ce que Donald Trump se dit qu'en fait il y a un partage des empires à se faire le plus vite serait le mieux à la fois pour les terres rares pour les ressources dont le sous-sol du Groenland regorge mais dont les conditions d'exploitation ont jusqu'à maintenant dissuadé même les Chinois qui sont venus voir pas exactement mais ça dépend des parties du Groenland ça dépend des parties du Groenland mais ça n'est pas l'eldorado immédiat comme peut éventuellement l'imaginer Trump est-ce qu'il se dit que c'est le moment de placer ses pions ou est-ce que tout simplement il se dit que c'est la période du retour des empires et que si Vladimir Poutine étend son territoire si la Chine a l'intention d'en faire autant pourquoi pas les Etats-Unis voilà l'aiguille sur la carte ou donc

16:15
Présentateur

la sécurité ou les ressources comme le disait Nathalie Loiseau il faut quand même même si difficulté d'extraction c'est vrai mais enfin du pétrole du gaz de l'uranium de l'or des métaux rares

16:28
Invité

c'est lié avec le sujet de la sécurité je vais le détailler en juste une seconde je pense que Donald Trump aussi est prisonnier soit d'un piège abscon soit d'une réalité passée qu'il n'arrive pas à faire évoluer ce que je veux dire par là c'est que quand Donald Trump arrive au pouvoir en 2017 à ce moment là les Etats-Unis finissent leur présidence tournante du conseil de l'Arctique et Donald Trump s'aperçoit ou plutôt l'administration s'aperçoit non seulement évidemment des ressources faramineuses ça il le savait mais surtout que ce qui se passe au Groenland c'est qu'il y a de plus en plus de Chinois qui arrivent pour investir dans ce secteur des ressources extractives et donc dans ce contexte là quand Donald Trump aujourd'hui nous dit on est en 2026 voilà dans Air Force One encore dimanche soir il y a des bateaux chinois et des bateaux russes partout au Groenland etc aujourd'hui c'est faux mais en 2018 c'était vrai et c'était vrai autant pour les Chinois que pour les Russes et donc la question que moi je me pose au-delà des questions du bris etc qui sont certainement pas étrangères c'est est-ce que Donald Trump n'est pas piégé dans une réalité obsolète du Groenland parce que les Chinois sont partis du Groenland en 2021 pour des raisons liées à Trump mais aussi des raisons liées au droit local des Groenlandais au moratoire notamment de l'extraction du pétrole du gaz et de l'uranium qui a interdit les Chinois sur la mine qu'ils convoitaient particulièrement et qu'ils s'apprêtaient à exploiter en moins de deux ans d'exploiter les terres rares qui sont imbriquées avec l'uranium donc si vous voulez les Chinois ne sont plus là depuis 2021 les Russes Vladimir Poutine le mois dernier disait encore si Donald Trump veut le Groenland ça nous va effectivement c'est pas leur principal problème donc non cette dimension sécuritaire a changé depuis peut-être qu'il est prisonnier

18:07
Présentateur

de ce qu'il avait vu retour au standard c'est plutôt une question pour vous celle de Gilles Nathalie Loseau puis ensuite on ira au Groenland bonsoir Gilles Gilles est-ce que vous êtes là est-ce que Gilles est là est-ce que Gilles est en train de courir derrière son téléphone parce qu'il vient en peine d'entendre son nom à la radio vous êtes là Gilles oui bonjour ben voilà j'en étais sûr

18:25
Auditeur

on vous écoute allez-y bon je ne suis pas géopoliticien j'énonce juste une idée qui me est venue entre les carottes et les oignons à éplucher Trump a l'air très très attaché à l'OTAN et s'il intervenait militairement en Groenland ça serait de facto la fin de l'OTAN est-ce que ça ne serait pas un de ses objectifs de mettre fin à l'OTAN

18:49
Présentateur

merci pour retourner à vos légumes Gilles on va répondre pendant que vous continuez à éplucher Nathalie Loseau il met la main pour voir si c'est chaud et de toute façon si ça fait péter l'OTAN c'est pas grave

18:57
Invité

on sait depuis son premier mandat que l'OTAN c'est bien quand ça achète des armes américaines et si ça peut être un instrument de vassalisation si ça peut être un deuxième pacte de Varsovie en quelque sorte c'est bien mais sinon ça l'exaspère on sait que le sommet de l'AE qui s'est tenu l'année dernière ça a été le premier sommet de l'humiliation pour les Européens on a tout fait pour que ça se passe vite pour qu'il ne s'énerve pas pour qu'il ne s'ennuie pas on l'a fait recevoir par le roi des Pays-Bas pour qu'il ait l'impression d'être lui-même très important etc.

L'OTAN c'est un peu le cadet de ses soucis donc Mette Frederiksen la première ministre danoise a pas tort quand elle dit s'il y avait un affrontement entre deux alliés de l'OTAN ce serait la fin de tout même si on a déjà vu des tensions par exemple entre la Grèce et la Turquie ça n'a pas été la fin de l'OTAN non plus moi je continue à me dire qu'il fait il dit que tout est possible y compris une action militaire comme il fait d'habitude c'est-à-dire qu'il renverse la table il donne des coups de pied un peu partout et après il voit comment ça réagit et il commence à dire bon on va discuter c'est ça son soi-disant art du deal ça ne marche pas quand on est très ferme en face de lui c'est-à-dire quand c'est Xi Jinping ou quand c'est Vladimir Poutine ça ne marche pas du tout en réalité évidemment les Européens qui passent leur temps à négocier entre eux ce qu'ils vont dire avant même de commencer à agir ça lui donne le sentiment qu'il y a un coin dans lequel il peut enfoncer les choses est-ce qu'il veut acheter le Groenland est-ce qu'il veut manipuler l'opinion des Groenlandais pour que l'indépendantisme qui est là qui est incontestable au Groenland se transforme en envie de rejoindre les Etats-Unis j'ai tendance à dire bonne chance de ce que j'en ai vu et moi je travaille beaucoup sur les questions d'ingérence j'avais beaucoup interrogé les Groenlandais que j'avais rencontré sur ce qu'ils avaient pensé du voyage du fils de Donald Trump du travail de Charlie de Charlie Kirk etc et ce que j'en avais retenu c'est que oui il y avait une offensive de manipulation des opinions qui étaient très fortes qui ressemblaient énormément à ce que le groupe Wagner avait fait contre la France en Afrique raviver toutes les plaies de la colonisation et Dieu sait s'il y en a et si c'est légitime d'en parler mais les remettre sur la table mais que ça avait effectivement ravivé les plaies notamment auprès des jeunes mais ça avait été très mal perçu par des Groenlandais qui s'étaient dit mais qu'est-ce que c'est que ces gougnafiés qui arrivent à l'américaine comme des Yankees et qui nous disent ce qu'on doit penser et qu'ils seraient très heureux avec nous

21:39
Présentateur

alors littéralement je voudrais qu'on y aille sur cette question au Groenland où nous attend Christian Kelsen bonsoir vous êtes le directeur de l'association des entreprises du Groenland on est ravis de vous avoir avec nous pour quelques minutes puisque vous entendez notre conversation moi je voudrais savoir monsieur Kelsen si ça ça sent cette espèce de pression de pression américaine qui serait des histoires de relais d'influence de choses comme ça ça existe en ce moment en Groenland à Nuc où vous êtes en particulier ou pas oui la situation pour nous c'est pas quelque chose de nouveau c'est une situation qui est restée chez nous avec nous pendant deux ans peut-être ou cinq ans en fait depuis 2019 pour nous c'est pas une nouvelle situation est-ce que vous avez le sentiment que ce qui anime Donald Trump c'est une question de sécurité est-ce que vous avez le sentiment que ce sont vos ressources qu'il veut est-ce que vous avez le sentiment qu'il veut juste pouvoir planter un drapeau sur votre territoire je ne sais pas je ne sais pas deviner la motivation profonde de Trump il a dit que c'était un fer de sécurité c'est l'argument qu'il avance mais si nous parlons aussi d'un intérêt pour les ressources minières pour nous c'est un objectif plus logique pour le temps nous n'avons pas de pétrole et le Groenland lui coûterait plus cher s'il devait forer pour changer du pétrole mais c'est important de dire que nous sommes ouverts à des partenaires et à des investissements américains dans l'industrie minière Trump n'a pas besoin de rendre le Groenland américain pour réaliser cet objectif et ça c'est des choses qu'on a déjà dites qui ont déjà été dites par les Groenlandais et aussi par le Danemark donc au fond est-ce que vous comprenez ce qui se passe en ce moment Christian Kelsen parce qu'on a l'impression que sur la sécurité le Danemark et le Groenland disent bah oui s'il faut re-réfléchir on le fera sur l'extraction sur l'extraction des ressources le Groenland dit aussi bah oui s'il faut réfléchir on le fera donc au fond est-ce que vous comprenez tout ce remue-ménage dans ce moment en fait bon Christian je ne sais pas je comprends qu'il dit ce qu'il ne sait pas Christian Kelsen en fait Miko Meret reste avec nous Christian juste une petite minute et je comprends fort bien son côté interloqué parce qu'en effet on a l'impression que toutes les portes sont ouvertes pour les américains et pourtant ils veulent autre chose

24:22
Invité

je ne vais clairement pas jouer le rôle de celui ou celle qui sait exactement ce qui va se passer c'est évident en revanche il y a des signaux faibles qui effectivement pour revenir à votre toute première question Fabienne nous collectivement inquiètent y compris mes collègues et camarades au Groenland ce qu'on est en train d'observer depuis un an c'est un redoublement et surtout un changement de nature des tentatives d'influence au niveau du Groenland auprès notamment de la jeunesse auprès notamment des décideurs en dehors des capitales et là où il y a des ressources en particulier notamment dans le sud du pays où les ressources sont tout à fait exploitables demain matin ou plutôt je devrais dire ça prend deux à trois ans de construire une mine si on veut la faire il y a un deuxième signal faible qui est que Donald Trump même si les gens changent décennie après décennie finançait déjà des publicités à la fin des années 80 contre l'OTAN dans la presse américaine et c'est assez documenté qu'il a toujours dit que l'OTAN ne servait à rien et que les Etats-Unis pouvaient faire tout tout seul troisième signal faible et celui-là c'est peut-être celui qui m'inquiète moi personnellement le plus c'est que l'administration Trump depuis qu'elle est arrivée au pouvoir refuse systématiquement de rencontrer le gouvernement autonome du Groenland systématiquement je vous donne un exemple concret le gouvernement groenlandais qui est issu des élections du 11 mars 2025 donc est arrivé bien sûr deux semaines trois semaines plus tard et depuis donc la fin mars 2025 la ministre des affaires étrangères Vivian Motsfeld demande un rendez-vous avec Marco Rubio le secrétaire d'état américain

25:54
Présentateur

pendant que vous parlez le gouvernement groenlandais participera à la rencontre entre Rubio et des responsables danois qui aura lieu en début de semaine prochaine mais ça tombe à l'instant

26:01
Invité

alors c'est fait et c'est pas fait à la fois il y a un aimant de subtilité ici que vraiment je voudrais que tout le monde comprenne ce que les Groenlandais demandent c'est d'avoir une réunion en tête à tête et le premier ministre Nielsen du Groenland a demandé également ou a proposé en tout cas qu'il y ait une discussion depuis le mois d'avril le département d'état américain fait silence radio c'est même pas qu'ils disent non c'est silence radio là il a fallu se battre et il a fallu tout le momentum de cette semaine pour qu'il y ait une réunion sur ce sujet de la sécurité au Groenland et des perspectives d'annexion militarisation etc pour qu'il y ait cette réunion avec le Danemark et c'est deux heures donc après cette annonce de la réunion avec le Danemark qu'on annonce que les Groenlandais vont y participer les Groenlandais veulent pouvoir parler d'égal à égal discuter directement

26:48
Présentateur

Christian Kelsen vous êtes encore là ou pas ?

26:51
Invité

oui je suis là

26:52
Présentateur

formidable merci beaucoup là dessus sur ce que dit Miko Mered à l'instant les Groenlandais veulent qu'on en parle veulent qu'on parle surtout avec eux est-ce que c'est ça aussi le centre des conversations à nous qu'aujourd'hui dans les maisons dans les restaurants ou partout ailleurs et surtout je pense à la jeune génération qui a besoin de le bâtir ce Groenland là en fait qu'est-ce qu'elle dit la jeune génération ?

les jeunes mais les jeunes on parle à l'histoire du Danemark et du Groenland ensemble pour les jeunes c'est une situation nouvelle avec des possibilités à l'avenir je sais nous avons quelques jeunes qui pensent c'est une opportunité avec une relation ou avec un Groenland américain mais plutôt des Groenlandais et des jeunes aussi n'aiment pas l'idée une idée des Groenland américains Christian Kelsen merci mille fois d'avoir été avec nous merci d'avoir dérouillé votre français pour nous vraiment c'était un plaisir et je voudrais revenir sur ce qu'il vient de dire Christian Mikoméret parce que oui cette vulnérabilité notamment chez la jeune génération très américanisée forcément elle existe non ou pas ?

28:09
Invité

Elle existe et en fait ce qu'il faut bien comprendre ici c'est qu'il y a deux volets et je rejoins Nathalie Loiseau sur les problématiques d'ingérence au Groenland tout s'est construit en termes de débat politique moderne là depuis une quinzaine d'années sur Facebook et depuis 4-5 ans sur TikTok et ce qui s'est passé en fait c'est que quand Donald Trump Jr et Charlie Kirk sont venus il y a un an jour pour jour au Groenland pour faire ce show spectaculaire avec l'avion Trump sur l'aéroport de nous qui venait juste d'ouvrir ce qu'ils ont fait c'est qu'ils ont pensé que ça allait toucher la population ils ont produit Turning Point USA l'organisation ils ont voulu faire du soft power en fait exactement ils ont voulu se les mettre dans la poche sauf qu'ils ont été tellement dénigrants ils ont été tellement méprisants par exemple avec des Youtubers proches de Charlie Kirk qui sortaient dans les rues de Nouk et qui distribuaient des billets de dollars aux passants en essayant en fait de leur expliquer que c'était en grosso modo des futurs colonisés ça a beaucoup choqué la population jeune groenlandaise et donc il y a eu comme Nathalie Loiseau le dit si bien souvent un backlash c'est-à-dire tout simplement un rejet avec ces populations jeunes du Groenland qui disent mais en fait ils sont venus se moquer de nous

29:16
Présentateur

la question de l'achat Nathalie Loiseau ça dit ça en fait ça dit on utilise la vulnérabilité après tout je vais le dire sans aucune enfin avec beaucoup de cynisme au fond il y a 56 000 habitants au Groenland c'est pas tant que ça on donne 500 000 à chacun multiplié par 56 000 les états américains savent faire ça on me l'a dit encore sur France Info hier soir des français donc c'est une possibilité l'Europe derrière est-ce que notre boulot nous en Europe c'est de surenchérir en disant attendez nous aussi on peut mettre de l'argent nous aussi on peut vous aider dans votre développement le reste et même potentiellement dans un chemin vers l'indépendance qui est un autre chemin alors d'une part

29:55
Invité

on le fait on le fait pas forcément pour surenchérir mais l'Union Européenne est présente au Groenland elle aide sur un certain nombre de sujets qui sont importants pour les Groenlandais et peut-être que je nuancerai l'idée que la jeunesse est totalement américanisée ça m'a pas tant frappée que ça c'est quand même très spécial d'abord c'est la mentalité d'une île et la mentalité d'une île c'est toujours spécifique c'est quand même un mode de vie qui n'est pas le vôtre ni le mien c'est même un mode de vie d'île dans les îles c'est-à-dire que c'est 73 villages et en plus ce sont des villages qui ne sont pas reliés les uns aux autres d'où l'importance de Facebook et des réseaux sociaux et moi j'ai vu des jeunes Groenlandais à qui j'essayais de demander comment ils avaient perçu tout ça et qui me disaient on s'est aussi renseigné sur comment vivaient les gens en Alaska et ça ne nous a pas forcément vendu du rêve parce qu'ils ont aussi j'allais dire l'état providence à la danoise ils ont beaucoup de choses ils ont un avenir vers des universités danoises pour ceux qui veulent faire des études il y a beaucoup de va-et-vient entre le Danemark et le Groenland donc voilà je voudrais nuancer ça un petit peu oui l'Union Européenne a dit qu'elle allait doubler les fonds qu'elle allait consacrer tous les ans au Groenland l'idée ce n'est pas de faire un concours de chèques mais de demander aux Groenlandais ce qu'ils veulent vraiment il y a des problématiques par exemple de câbles sous-marins qui risquent être abîmés soit pour des raisons naturelles soit pour des sabotages c'est un vrai sujet il y a des problèmes de télécommunication c'est un vrai sujet et c'est là-dessus que les Européens sont aujourd'hui présents et à mon avis à juste titre

31:36
Présentateur

on va rester sur cette question Nathalie Loiseau et surtout demander leur avis aux Groenlandais et c'est grâce à vous Marc qu'on aborde ce sujet bonsoir oui bonsoir on vous écoute

31:44
Auditeur

oui voilà c'est tout simplement la question que je me posais et que je vous pose c'est est-ce que la solution ce ne serait pas finalement d'organiser un référendum au niveau du Groenland pour que les habitants du Groenland s'autodéterminent d'avoir qu'est-ce qu'ils veulent est-ce qu'ils souhaitent rester rattachés au Danemark est-ce qu'ils veulent être complètement indépendants ou est-ce qu'ils souhaitent éventuellement pourquoi pas rattachés aux Etats-Unis

32:06
Présentateur

merci beaucoup Marc pour votre question ce qui est une vraie bonne question Mico Meret parce que les pourcentages de ceux qui souhaitent l'indépendance sont extrêmement hauts est-ce qu'il y avait un référendum demain sachant que le contexte est un peu différent est-ce qu'il serait aussi haut

32:18
Invité

qu'est-ce que ça dit attention attention merci Marc pour votre question qui vraiment met le doigt sur le principal sujet en fait au Groenland la très grande majorité de la population est indépendantiste pas de problème quand je dis très grande majorité de la population on se parle de plus des deux tiers dans tous les sondages dans toutes les études universitaires ça c'est constant depuis des années et des années maintenant il y a un petit bémol à apporter c'est que les Groenlandais sont pour autant des gens relativement lucides c'est-à-dire que dans les mêmes études et sondages etc on s'aperçoit et ça a été l'un des gros sujets on en avait parlé ici à cette table de la dernière élection générale de mars 2025 au Groenland les Groenlandais disent l'indépendance oui c'est le but final mais si l'indépendance doit nous amener à moins bien vivre et notamment à avoir moins de revenus de transfert sociaux moins de capacités de santé moins de capacités etc on n'en veut pas et là permettez-moi de faire le lien avec les Etats-Unis les Etats-Unis jouissent d'une sale image c'est-à-dire que quand on fait la comparaison entre le modèle social Groenlandais adapté bien sûr du Danemark et de l'Europe en général et le modèle social états-unien quand on parle par exemple des congés paternité ou maternité quand on parle par exemple des congés de santé quand on parle simplement de la durée du temps de travail quand on parle de la durée de vacances etc et des préoccupations écologiques ça j'en parle même pas parce que ça me paraissait évident mais merci de le citer mais quand même bien sûr ils ont une sale image une personne ne veut devenir américain seulement dans le tout dernier sondage de référence sur le sujet 6% des répondants disaient ok pour être américain

33:50
Présentateur

donc du coup je me posais la question de savoir si ce contexte-là avait fait bouger les sondages sur l'indépendance et si aujourd'hui parce qu'il y a ce contexte il se garderait bien de répondre de la même manière à cette question-là s'il y avait demain une consultation les Groenlandais

34:05
Invité

et c'est bien le risque c'est la raison pour laquelle aujourd'hui et comme le gouvernement précédent entre 2021-2025 les décideurs Groenlandais ne sont pas prêts à organiser ce référendum parce qu'effectivement ce référendum il voudrait dire quoi si les Groenlandais répondent oui et il y a de bonnes chances quand même qu'il y ait un oui même un oui et qu'il passe à 55-45 il y a de bonnes chances qu'il y ait un oui et bien après il faut livrer le oui c'est-à-dire que de fait il faut respecter ce vote et il faut pouvoir justement dire alors voilà comment on va financer le modèle social voilà comment on va financer et aujourd'hui les industries au Groenland qui pourraient potentiellement financer cette indépendance notamment les minerais notamment le tourisme notamment l'exploitation de l'eau, du sable tout ce que vous pourriez imaginer sans prendre en compte les problématiques écologiques évidemment parce que là il y a une dimension opportuniste qui est très claire et bien de fait ce modèle économique n'est pas encore prêt donc les décideurs Groenlandais se gardent bien de faire ce référendum en revanche il y a une autre question c'est est-ce que parce qu'il y a eu un référendum dans le passé qui a conduit est-ce que le Groenland ne fasse pas partie de l'Union Européenne et j'ai rencontré beaucoup de Groenlandais qui se demandaient si la question aujourd'hui ne méritait pas d'être posée à nouveau et en un mot justement là-dessus dans les quelques études c'est très rare mais dans les quelques études qui testent ça on voit effectivement qu'il y a une progression depuis un an mais même un peu plus depuis 3-4 ans de l'intérêt j'ai bien l'intérêt pour l'Union Européenne mais il y a un enjeu c'est il ne faut pas que ce soit Bruxelles qui gère les droits de pêche parce que c'est la pêche qui fait le principal moteur économique du pays et si Bruxelles laisse passer la pêche ça pourrait se dégocier une entrée du Groenland dans l'Union Européenne

35:44
Présentateur

voilà et la pêche c'est bien effectivement toujours l'ère de la guerre enfin on se souvient au moment du Brexit on en a parlé pendant combien de temps au moins deux ans on n'a pas fini d'en parler et si ce n'est plus on n'a pas fini est-ce que ça veut dire et ce sera la conclusion parce que l'heure tourne que cette histoire au fond le verre à moitié plein c'est que le Danemark s'est quand même rapproché du Groenland ils ont présenté des excuses notamment sur les stélérisations forcées etc ils se sont mis sur la carte réellement et au fond ils savent ce qu'ils veulent est-ce que c'est ça est-ce qu'il y a ce verre à moitié plein quand même ou pas Nico Mered ou pas ?

36:13
Invité

Ce verre à moitié plein et d'un point de vue militaire on va dire qu'il s'est traduit depuis trois jours par une perspective qui est la suivante des élus Groenlandais ou des élus des cinq pays nordiques que j'évoquais tout à l'heure qui disaient très clairement voilà ce qu'il faut qu'on arrive à faire ou même le Canada le Premier ministre canadien hier soir qui disait clairement voilà il faut pouvoir être capable de prévenir une venue des Américains pas rentrer en guerre mais prévenir leur venue et aujourd'hui depuis 1952 si l'armée danoise se sent attaquée par qui que ce soit y compris un allié de l'OTAN qui viendrait au Groenland elle a pour ordre de tirer sans demander à la chaîne de commandement ce qu'il faut faire de fait c'est ça aujourd'hui qui se discute dans la presse danoise dans la presse groenlandaise avec des élus comme Aya Chemnitz qui disent très clairement il faut se préparer à absolument tout

36:57
Présentateur

et ça ça peut être peut-être la fin de tout comme on dit merci à tous les deux à tous les trois même avec Christian à l'instant merci beaucoup merci pour vos très nombreuses questions preuve du grand intérêt que vous avez pour ces questions là merci à tous

Trump et le Groenland : Nuuk ta mère ! · Pourquijevote