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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 31 janvier 2024 10 min

: Hervé Marseille : « C’est le sentiment d’injustice qui fragilise aujourd’hui notre société »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

ministres mes chers collègues effectivement hier nous avons écouté ici en stéréo votre discours lu avec beaucoup de conviction et de tonicité par Monsieur le Ministre de l'économie c'est un exercice sacrificiel auquel nous compatissons monsieur le Premier ministre vous avez bien fait de venir aujourd'hui pour préciser les choses nous avons retenu quand même des phrases en France tout est possible en le disant vous pensez à ce qui peut être positif bien sûr mais malheureusement ça marche dans les deux sens et la France est effectivement capable du meilleur mais aussi de performance moins en viiable pour faire du tout est possible une formule de confiance et d'espoir nous avons apprécié votre capacité à aborder tous les sujets y compris ceux qui fâchent qui irrit au quotidien ou plus largement le sentiment d'impuissance de l'action publique poison de notre démocratie quant à vos orientations Cardin dmicardisé déverrouillé débureaucratisé comment ne pas y souscrire ces grands axes vous les mettez au service du réarmement de notre pays permettez un vieux matou né en 54 de vous proposer un autre terme bien plus classique mais plus important à mes yeux celui de justice réarmé sans doute nécessaire mais pour une finé servir la justice car c'est le sentiment d'injustice et é qui fragilise aujourd'hui notre société la colère agricole on vient d'en parler en est la caricature les agriculteurs sont au carrefour d'une quadruple injustice territoriale d'abord au positionition accru d'un monde qui se sent abandonné déclassé économique les agriculteurs sont les parents pauvres du partage de la de la valeur sociale et culturelle celle des travailleurs de ceux qui se lèvent tôt face aux injonctions d'é colle blancs hors sol l'injustice de vivre avec le sentiment de devoir abandonner ses valeurs enfin justice injustice face à des normes et des contraintes françaises ou européennes qui ne pèse pas sur leurs concurrents d'autres pays chez nous l'injustice commence dès la naissance elle dépend du milieu mais aussi du lieu où l'on vient au monde le président de la République l'a reconnu nous ne garantissons pas l'égalité de tous les enfants de la République et pour cause aujourd'hui naître à la campagne c'est souvent naître dans un désert médical là réside sans doute actuellement l' justice territoriale la plus insupportable or vous l'avez justement souligné nous ne pouvons pas attendre gentiment que la fin du numérus closis produit ses effets régulariser les médecins étrangers n suffira même pas il faudra avoir le courage et vous venez de le dire à l'instant d'élargir les délégations d'actes par expérimentation plus globalement pour tâcher de remédier à l'injustice territoriale le Sénat plaide pour une décentralisation régénérée qui restitue des marges aux collectivités qui insuffle plus d'équité que d'égalité Formell tel est l'esprit de la différenciation que nous appelons de nos vux vos Mons sont encourageants la décentralisation n'a pas la place qui doit lui revenir gageons que vos propositions permettent d'avancer nous espérons que votre arrivée signe la fin de ce rendez-vous manqué avec les collectivités depuis tant d'années l'école est aussi un lieu d'injustice persistante certes on a restreint le nombre d'élèves par classe dans les zones prioritaires mais temps reste à faire bien sûr l'instruction civique c'est important nous aussi nous sommes favorables au retour de l'uniforme mais le véritable enjeu c'est le retour du mérite de l'excellence du respect des enseignants pour y parvenir l'école a besoin d'un CAP clair comme vous l'avez fortement comme vous l'avez justement déclaré tout n'est pas question de moyens il n'y avait pas besoin d'argent pour abandonner la méthode globale prené pendant des décennies par des idéologues dans cette France où tout est possible le sentiment d'injustice habite aussi les classes moyenne celle qui contribue sans recevoir comme vous l'avez dit cela ne peut plus durer ceci appelle de ma part deux remarqu d'abord les fiscalités de l'immobilier et des successions sont les plus mal vécus par les classes moyennes votre ouverture dans leur direction doit être l'occasion d'évoluer dans cette matière ensuite la fraude sociale et fiscale est au cœur de leur malaise nos concitoyens méritants ne peuvent plus supporter de voir d'un côté les prestations sociales méticuleusement détournées et de l'autre une poignée d'entreprise voyou s'exilé pour échapper à toute contribution aux charges publiques il faut mener une guerre sans merci à la fraude et à l'évasion sous toutes ses formes l'injustice se vit aussi de plus en plus dans la question du logement nous alertons depuis des mois sur la crise qui vient elle est désormais présente vous avez déclaré vouloir la prendre à bras le corp cependant il n'est pas certain que la simplification des normes la réquisition des bâtiments V ou l'intégration du logement intermédiaire dans les critères de la loi et ses rues suffiront ce sont des mesures pertinentes qui étaient attendues mais plusieurs de centaines de milliers de logements manquent aujourd'hui comment se dégager du foncier avec les problèmes du zan en particulier vous l'avez souligné il faudra adapter le zan dans son application tout ne pourra pas reposer sur la seule densification la transition écologique soulève également un enjeu majeur de justice et d'équité car cette transition aussi vitale et nécessaire soit-elle va faire des perdant je pense en particulier aux petits propriétaires qui vont être plombés par le DPE ou aux artisans que les AFE vont empêcher de travailler Monsieur le Premier Ministre l'injustice se niche jusque dans les derniers jours de la vie la dépendance est l'un des défis majeurs qu'il nous faut relever aujourd'hui avec le vieillissement de la population c'est toute la société qui doit se réinventer nous ne pouvons pourtant plus procrastiner le modèle social et financier est au bord de l'implosion c'est maintenant qu'il faut agir enfin les inégalités et les injustices sont intergénérationnelles ce qui pose aujourd'hui la question de la dette et des déficits s'il nous faut maîtriser la trajectoire de nos finances publiques c'est bien sûr pour recouvrir des marges de manœuvre mais c'est aussi pour rétablir une équité intergénérationnelle or nous n'en prenons pas le chemin cette année notre pays devra emprunter 285 milliards d'euros c'est plus que le PIB du Portugal et la charge de la dette devra bondir de 50 % d'ici à 2027 maîtriser les dépenses c'est bien sûr faire des économies mais c'est surtout faire des réformes de structure sans attendre le retour des vaches grasses pour terminer revenons à votre état civil si vous le permettez Monsieur le Premier Ministre car nous pouvions attendre d'un jeune chef du gouvernement qu'il nous ouvre sur le futur qu'il nous parle d'intelligence artificielle d'hydrogène vert d'espace de génétique de ce monde en transformation pour ne pas dire en ébullition sur lequel nous devons nous reposer positionné on n a pas parlé parce que vous êtes nous sommes rattrapés par les problèmes du passé que nous n'avons pas pu résoudre pourtant vous avez cherché à nous transmettre l'essentiel l'optimisme et la détermination comme vous nous savons que notre avenir sera européen ou ne sera pas ce qui n'interdit pas d'être critique vis-à-vis de l'Europe que l'on a construite trop technocratique et qui n'est pas celle dont nous rêvions Monsieur le Premier Ministre vous êtes ici au Sénat et depuis les législatives de 2022 c'est ici pour l'essentiel qu'on fabrique les principales lois sans le Sénat pas de réforme des retraites sans le Sénat pas de loi d'immigration dès votre nomination vous êtes venu à la rencontre du Sénat en participant à la conférence des présidents nous avons été sensible à ce geste qui constitue un encouragement mes collègues Bruno rillot et Patrick canner ont eu l'occasion de vous dire à ce moment précis que comme nous ils étaient ouverts au dialogue mais hostile à la coconstruction c'est-à-dire à l'association des parlementaires à l'élaboration du projet de loi avant son dépôt au Parlement car cette méthode lie les parlementaires sans leur permettre de véritablement enrichir ou modifier les textes en revanche nous sommes favorables à la construction parlementaire lors de l'examen des textes c'est la différence entre coconstruction et construction d'ailleurs si les textes ont été votés depuis 2 ans c'est bien parce qu'il y a eu des compromis des accords des constructions qui ont permis d'aboutir face à notre impuissance nous n'avons plus les moyens de chercher des responsables que ce soit le Conseil constitutionnel Bruxelles les institutions judiciaires nous devons supporter 3000 milliards de dettes les agriculteurs bloquent les routes l'inflation ronge le pouvoir d'achat la guerre frappe aux portes de l'Europe efface peu à peu l'Arménie de la carte et embrase le proche- Orient avec l'ombre inquiétante de l'Iran et le possible retour de Donald Trump nous pensons que le dialogue avec le Parlement et singulièrement avec le Sénat doit être fertile nous devons nous écouter et nous devons rechercher les solutions les plus collectifes possibles alors Monsieur le Premier Ministre cette responsabilité elle pèse sur vos épaules elle pèse aussi sur nos épaules si vous échouez si nous échouons vous et nous savons qui arbitrera nos différents en 2027 et alors il se trop tard pour pleurer sur le lait renversé je vous remercie monieur

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