Faut-il isoler économiquement la Russie ?, avec Bruno Retailleau - C à vous - 21/03/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pouvez faire concrètement pour aider l'Ukraine ?
- 1:01RelanceRéponse directe
Des relations économiques, est-ce qu'on continue à financer la guerre de Vladimir Poutine en Ukraine ?
- 1:09FerméeRéponse directe
Donc, il a coupé le robinet de gaz russe ?
- 3:14OuverteRéponse directe
Vous pensez que ce débat peut s'accentuer sous le coup de l'émotion, sur ce que les opinions publiques voient tous les jours sur leurs écrans ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55Invité politiqueFait
« Je pense que c'est important pour que la Russie soit coupée un maximum de ses relations internationales. »
- 1:12Invité politiqueFait
« Bien sûr que non. »
- 1:14Invité politiqueFait
« Évidemment, c'est plus facile pour un Français de l'assumer que pour un Allemand. »
- 1:30Invité politiqueFait
« En 2014, il y a la Crimée. On prend des sanctions, des sanctions qui sont importantes. »
- 1:39Invité politiqueChiffre
« À l'époque, on importait 26% de gaz russe. Aujourd'hui, c'est plus de 40%. »
- 2:05Invité politiqueFait
« Je l'ai dit lorsque je suis intervenu au Sénat, lors d'un débat quelques jours après les mouvements de troupes et la guerre. »
- 3:41Invité politiqueFait
« Je crois que ces images nous provoquent. »
- 3:51Invité politiqueFait
« qui n'était il y a quelques mois, quelques années, qu'un comédien, et qui est devenu vraiment un grand président, et qui résiste. »
Temps de parole
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Mercredi à 15h, Volodymyr Zelensky s'adressera par vidéo au député et sénateur français, comme il l'a déjà fait face aux parlementaires européens, britanniques, américains, allemands. Au-delà de lui témoigner de la solidarité des élus français, de l'applaudir, qu'est-ce que vous pouvez faire concrètement pour aider l'Ukraine ?
On peut faire beaucoup de choses. On peut évidemment livrer un certain nombre de marchandises humanitaires. Dans mon département, la Vendée, il y a eu depuis de nombreuses années des liens qui se sont établis entre l'Ukraine, via des associations. Et la Vendée, nous avons dépêché plusieurs quarts qui ont ramené des femmes et des enfants, très minoritairement des hommes et souvent plus de 60-65 ans. On peut bien sûr, au niveau de l'État, il le faut, livrer des armes pour aider la résistance ukrainienne contre l'agression russe. Et puis, on peut, dans les différentes instances internationales, porter une voix forte.
Je pense que c'est important pour que la Russie soit coupée un maximum de ses relations internationales.
Et des relations économiques, est-ce qu'on continue à financer la guerre de Vladimir Poutine en Ukraine ?
Bien sûr que non.
Donc, il a coupé le robinet de gaz russe ?
Oui, j'ai toujours été favorable. Évidemment, c'est plus facile pour un Français de l'assumer que pour un Allemand. Puisque nous, notre électricité, c'est à peu près 6% de gaz pour faire notre électricité. En Allemagne, c'est beaucoup, beaucoup plus. Et c'est là où on n'a pas été sérieux en Europe. En 2014, il y a la Crimée. On prend des sanctions, des sanctions qui sont importantes. Et on dit, on va essayer de devenir plus souverain vis-à-vis du gaz russe. À l'époque, on importait 26% de gaz russe. Aujourd'hui, c'est plus de 40%. Ça n'est pas sérieux. On a accru notre dépendance. Donc, je crois que, bien entendu, il faut tenter d'isoler aussi économiquement. Ça va nous faire mal.
Je l'ai dit lorsque je suis intervenu au Sénat, lors d'un débat quelques jours après les mouvements de troupes et la guerre. Et je vais dire, bien sûr, quand une sanction, c'est terrible à dire, mais une sanction n'est efficace quand elle vise la Russie. Mais malheureusement, elle se retourne aussi contre nous. Il y a un effet boumang. Mais certes, personne ne veut aller se faire tuer pour Kiev. Mais je pense que quelque chose de grave et qui nous concerne aussi se joue là-bas. Et je pense qu'on a un devoir de solidarité et pas seulement avec des proclamations d'alignation. C'est ça qui est important.
Même si c'est difficile, c'est pour ça qu'il faut bien entendu que l'État, on en parlera peut-être, mais viennent au secours de secteurs économiques. J'en ai pas mal, moi, dans ma région, dans mon secteur, évidemment. Des agriculteurs, des pêcheurs, on les a vus manifester ces derniers jours. J'en connais beaucoup de patrons pêcheurs. Et c'est difficile quand vous avez un gazole au-dessus de 1 euro. Gazole pêche, j'entends, pas le gazole avec lequel roulent les automobilistes. Mais je pense qu'il y a quelque chose de grave qui exige une solidarité. Cette solidarité, c'est pas d'aller faire la guerre nous-mêmes. Mais c'est aussi assumer, nous aussi. L'effort de guerre. Ben oui, voilà.
Des sanctions qui nous feront mal aussi.
Vous pensez que ce débat peut s'accentuer sous le coup de l'émotion, sur ce que les opinions publiques voient tous les jours, sur leurs écrans, des horreurs qui sont commises aujourd'hui en Ukraine ? Bien sûr.
L'émotion, c'est ambivalent. Quelqu'un disait « la tripe sensible est le cœur dur ». Je crois qu'il faut avoir la tripe sensible, mais aussi avoir le cœur tendre. Je crois que ces images nous provoquent. Et je pense qu'on a tous énormément de respect, d'admiration pour ce peuple, qui est un peuple courage, pour ce président de la République, qui n'était il y a quelques mois, quelques années, qu'un comédien, et qui est devenu vraiment un grand président, et qui résiste. Donc oui, les images nous interpellent.
Oui, bien sûr, dans les journaux télévisés, dans votre émission, ça interpelle les Français, parce que c'est l'Europe, parce que c'est une culture qui nous est proche, et parce que ce sont, si j'ose dire, des semblables, avec cet effet de ressemblance, si j'ose dire, qui fait que beaucoup de Français se disent « mais c'est à nos portes, donc pourquoi pas demain ? » Je crois qu'il ne faut pas non plus d'affolement, mais bien sûr que ça peut impacter fortement les opinions publiques. Merci.
Bruno Retailleau