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interviewBFM TV (sur YouTube)· 13 juillet 2026 18 min

Moyen-Orient, Ukraine, Russie... l'analyse de Jean-Noël Barrot

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Noël Barraud. Bonjour.

Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le ministre de l'Europe et des affaires étrangères. De très nombreuses questions à vous poser, mais d'abord évidemment sur ce qu'il se joue en ce moment même entre l'Iran et les Etats-Unis, mais également les pays voisins.

Est-ce que vous estimez que la guerre a repris ? Personne n'a intérêt à ce qu'elles reprennent. Et toutes les parties, l'Iran, les Etats-Unis, doivent se tenir aux engagements qu'ils ont pris lorsqu'ils ont signé un accord il y a à peu près un mois.

Tous ont intérêt à éviter une nouvelle escalade qui ne ferait que des perdants en Iran et aux Etats-Unis, et partout ailleurs dans le monde. Puisqu'on se souvient de ce qui s'est produit avec la flambée des hydrocarbures, qui avait un peu baissé grâce à l'arrêt des On va y revenir, mais lorsque vous dites « personne n'a intérêt », on a l'impression que c'est un vœu pieux. Moi je vous demande ce qui se passe sur le terrain, comment vous le qualifiez quand on voit les frappes qui ont eu lieu la nuit dernière, quand on voit celles qui avaient déjà eu lieu les nuits précédentes.

Est-ce que le constat, au-delà de l'espérance, c'est que le conflit, dans les faits, est de retour ? Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture des détroits d'Hormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien. Il faut que toutes les parties reviennent au protocole de négociation qui a été fixée par cet accord.

Parce que, je le redis, elles n'ont aucun intérêt à l'escalade. Et c'est d'ailleurs pour cette raison...

Pourquoi ? Pourquoi frappe-t-elle ? Eh bien parce que l'Iran, il y a quelques jours, a pris des frappes à l'encontre de navires qui circulaient dans le détroit d'Hormuz, frappe que nous avons condamnée, ce qui a déclenché un cycle de représailles qui doit maintenant s'arrêter pour que les négociations reprennent.

L'Iran qui affirme que le détroit d'Hormuz est fermé. Et les Etats-Unis qui affirme qu'il est ouvert. Mais de fait, étant donné le niveau de tension qui s'est réinstallé, il est très difficile d'envisager le retour de la circulation maritime.

C'est inacceptable puisque ce détroit, il est un bien commun de l'humanité. Il doit permettre, comme tous les détroits, à la circulation maritime de se faire sans entrave. Et donc l'Iran doit désormais réouvrir, comme il s'y est engagé, ce détroit et assurer sa sécurité.

On se souvient de la signature, effectivement, de ce fameux accord ou pré-accord à Versailles. Sous vos yeux, vous étiez debout, juste derrière le président américain et le président français, au moment où cet accord a été signé. A-t-il encore du sens aujourd'hui ?

Je crois qu'il prévoit une période de 60 jours, dans une première période de 30 jours. Nous sommes à peu près, dans quelques jours, nous atteindrons au bout de cette période de 30 jours. Au bout de cette pré-période ?

Au bout de cette période de 30 de jour, avec la réouverture d'un détroit, son déminage et ensuite les négociations sur le programme nucléaire. Qu'est-ce que nous faisons ? Nous avons accueilli à Versailles cette signature d'un accord que nous n'avons pas négocié, mais nous avons déployé des capacités militaires dans la région en marquant notre disposition à travailler de manière pacifique, strictement défensive, pour faciliter la restauration du trafic maritime, notamment par des actions de déminage.

Donc nous avons tout notre possible...

On les mène en ce moment même ? On est actifs sur le déminage ? Vous voyez bien que la situation dans le Détroit est est très explosive, ce qui empêche évidemment la circulation non seulement des navires, mais aussi le déploiement de capacités qui viendraient porter assistance pour que le déminage puisse se faire, ou éventuellement des escortes de navires.

Mais nous sommes prêts à le faire à condition que le calme revienne. Nous sommes prêts à le faire mais nous ne le faisons pas encore. Nous sommes prêts à le faire à tout moment.

Jean-Noël Barraud, le porte-avions, le Charles de Gaulle est rentré ce week-end à son port d'attache à Toulon. Est-ce qu'il a vocation à repartir ? Il est rentré car sa mission était terminée mais cependant qu'il rentrait, d'autres capacités étaient déployées dans la région pour en lien avec des partenaires avec d'autres pays qui comme nous n'ont pas pris part à cette guerre être en capacité d'apporter l'assistance nécessaire à la la restauration du trafic maritain.

Donc il y a d'autres moyens français ? Oui, de déménage notamment. Qui sont prêts dès que le feu vert sera donné ?

Par qui ? Par quoi ? Par la situation ?

Dès que les conditions le permettent, c'est-à-dire l'assentiment. Dès que les conditions le permettent, c'est-à-dire l l'assentiment des pays riverains du Détroit, à commencer par Omane, mais évidemment l'Iran. Avec Omane, les relations sont bonnes ?

Absolument, et vous vous souvenez qu'il y a quelques jours, le sultan d'Omane était présent à Paris, ce qui nous a permis justement de finaliser ses Et c'est préparatif pour que, dès que les conditions le permettent, notre action, combinée avec celle d'autres pays, puisse faciliter la restauration du trafic. D'autres pays ont été touchés la nuit dernière, notamment par par des drones ou des missiles iraniens. Oman, vous le disiez, le Koweït, la Jordanie.

Nous avons des bases françaises dans ces pays-là. Est-ce que ce matin, Jean Noël Barraud, vous pouvez nous dire si les bases françaises sont en sécurité ? – Le sont et nous avons condamné ces frappes indiscriminées de l'Iran qui nous rappellent celles qu'elle a conduite au début de la guerre, qui nous ont conduit d'ailleurs à déployer des moyens considérables pour protéger à la fois nos ressortissants et nos bases, mais aussi nos partenaires avec lesquels nous sommes liés par des accords de sécurité.

Souhaitons que nous ne revenions pas à cette situation de très grande tension cette situation de très grande tension dans cette région du monde et en particulier dans le détroit d'Hormuz, parce que je le redis, ça ne fait que des perdants. Vous le redoutez, vous vous dites qu'il est possible au moment où l'on se parle que les hostilités reprennent à un niveau comme on l'a connu au début ? Je me dis que c'est dans l'intérêt de personne, ni de l'Iran ni des Etats Et je souhaite que chacun revienne au terme de l'engagement qui a été pris.

Une question aussi sur les prix, vous le disiez, et ça a un impact, évidemment. Les prix à la pompe commençaient légèrement à baisser, même si on le sentait, il y avait une sorte de plancher. Et ça y est, ils repartent à la hausse.

Ce matin, le prix du baril atteint les 78 dollars le baril. Les prix à la pompe, le prix du litre de gazole, c'est 1 ,99€. 'est quasiment les plus hauts qu'on avait connus.

Est-ce que ça veut dire que les conséquences, y compris pour la France, là, pour les Français, elles se font déjà sentir ? Tant que nous resterons dépendants, notamment des hydrocarbures qui viennent de l'autre bout du monde, eh bien, nous subirons les conséquences de guerres qui ne sont pas les eaux, de les nôtres ou de catastrophes en tout genre. Et c'est pourquoi, en même temps que le gouvernement agit sous l'autorité du Premier ministre pour apporter un soutien aux secteurs qui sont en première ligne ou qui sont plus directement infectés, il nous faut impérativement et rapidement nous défaire de ces servitudes, devenir plus indépendants, plus autonomes.

C'est tout l'objet de ce plan d'électrification que nous avons accéléré ces mois derniers. Avec deux questions encore sur l'Iran et puis je voudrais vous interroger évidemment sur l Ukraine sur l'Iran ce journal iranien un quotidien ultra conservateur qui s'appelle Amshari qui fait une liste une liste dans laquelle il y a Emmanuel Macron et la France dont ils considèrent que ce sont des personnalités qui devront payer pour la mort d'Ali Khamenei le gouvernement français pour l'instant n'a pas réagi à ces mots de vengeance qui ont également été prononcés par le guide suprême nous dit en tout cas ce journal la vengeance est inévitable elle sera inévitable cette vengeance et la volonté de notre nation elle doit être accomplie inévitablement avec donc cette liste dont emmanuel macron et la france oui je vois pas commenter les les journaux les plus radicaux du du régime iranien mais il est évident que le ce régime dont je rappelle qu'il a opprimé depuis des décennies son peuple et l'a réprimé dans le sang il y a quelques semaines au début de l'année n'a à notre égard aucune intention bienveillante. D'ailleurs, nous avons l'année dernière encore appliqué à ce régime des sanctions extrêmement lourdes.

Nous l'avons inscrit sur la des organisations terroristes de l'Union Européenne. Et il va de soi qu'il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre à venir. Coalition internationale pour l'Ukraine en va y venir, pour le Liban également ?

Nous y sommes prêts à condition que les autorités libanaises le souhaitent. Et ça n'est pas encore le cas, ils ne vous ont pas encore demandé d'agir Un accord a été trouvé entre le gouvernement libanais et le gouvernement israélien. C'est historique, ça permet d'envisager un cessez-le-feu durable, le désarmement du Hezbollah mais aussi la restauration du monopole des armes entre les mains des autorités libanaises, du gouvernement libanais.

Le gouvernement libanais aura besoin de soutien sous la forme d'une coalition. Vous savez que nous avons 700 militaires français au sein du contingent des casques bleus de la Finule, donc déjà sur place. Mais nous aurons aussi à mobiliser la communauté internationale en organisant à Paris une conférence de soutien à ces forces armées libanaises qui en ont besoin.

Il y a aujourd une coalition à Paris, qui est la coalition des volontaires autour de la question de l'Ukraine. Volodymyr Zelensky arrive d'ailleurs à Paris aujourd'hui. L'Ukraine tient en échec l'armée russe.

Voilà ce que vous affirmez. La France doit-elle aider encore plus l'Ukraine ? Oui, et c'est tout l'objet de cette journée au cours de laquelle le président de la République accueillera près d'une trentaine de chefs d'État et de gouvernement participant à cette coalition qui continue de s'élargir puisque nous accueillons deux membres supplémentaires aujourd'hui, la Moldavie et la Macédoine du Nord, passant le nombre de pays impliqués de 35 à Une journée qui sera l'occasion d'avancer sur le travail de développement de capacités antiaériennes pour l'Ukraine.

Nous accueillerons au Quai d Or c'est 8 pays et des industriels qui vont travailler justement à la manière d'accélérer la constitution de capacités antibalistiques, anti-aériennes pour l'Ukraine mais qui sera aussi l'occasion de démontrer que cette coalition des volontaires, donc vous savez qu'elle a été constituée pour que la paix, une fois conclue, puisse être garantie grâce à des garanties de sécurité. De démontrer que ce travail est finalisé, d'annoncer que des exercices hors de l'Ukraine, mais se tiendront dans les prochains mois, pour que cette question-là, c'est-à-dire la dissuasion de toute nouvelle agression de l'Ukraine, ne soit en aucun cas un obstacle à la signature de l Jean-Noël Barraud, il y a déjà un paquet de sanctions européennes qui avaient été prises contre la Russie. Il y aura d'ailleurs un nouveau paquet de sanctions qui sera adopté par l'Union Européenne aujourd'hui.

Est-ce qu'on peut faire encore plus ? Aujourd'hui en particulier nous allons dénoncer publiquement une vaste campagne cyber au but de sabotage mais aussi d'espionnage conduite par la Russie dans une dizaine de pays européens. Nous allons en décrire quels sont les mécanismes et les auteurs.

Vous savez, ce sont des opérations qui visent des ministères, qui visent des entreprises, qui visent des opérateurs et qui ont pour objectif soit de capter de l'information, soit de saboter le fonctionnement par exemple d'infrastructures ferroviaires comme ça a été le cas en Pologne. Ce que nous allons annoncer aujourd'hui c'est que nous convoquerons l'ambassadeur de Russie en France dans les prochains jours mais que nous allons également prendre des sanctions à l'encontre de neuf individus et de quatre entités responsables de cette campagne de cyber qui a été orchestrée par le FSB, le bureau de le service de sécurité fédéral de la Russie. Est-ce que la France a donc été directement visée ?

Elle a fait partie des pays visés, effectivement. Des dix pays visés ? Absolument.

Est-ce que vous êtes inquiet là-dessus ? Est-ce que vous estimez qu'on a les moyens de répondre ? De fait, on a la capacité de détecter ces attaques.

On a considérablement renforcé nos défenses contre ces attaques cyber. Nous disposons en matière de lutte contre cette agressivité ou ces agressions hybrides en provenance de la Russie, de l'un des dispositifs les plus aboutis en Europe et dans le monde, à la fois pour lutter contre les campagnes de désinformation qui pourraient parasiter par exemple les processus électoraux avec Viginium qui a protégé les élections municipales mais aussi en matière de lutte anti-cyber avec notre agence nationale, l'ANSI dont les compétences sont reconnues dans le monde entier. Vous avez parlé aussi de la question de l'ingérence, un mot parce que demain Volodymyr Zelensky sera invité aussi au défilé militaire, un défilé XXL, une démonstration de force.

La chroniqueuse de CNews et du journal du dimanche, madame Xenia Fedorovin, écrit « la question est simple. Jusqu'où va-t-on entraîner la France dans cette guerre ? Si l'on veut que ce conflit devienne aussi le conflit de la France, alors qu'on le dise clairement aux Français, qu'est-ce que vous répondez à ces propos ?

J'ai répondu, et à plusieurs reprises. C'est tout simplement la propagande du Kremlin qui tente de faire passer l'Ukraine pour l'agresseur, alors que l'Ukraine est évidemment l'agressé, même si la résistance ukrainienne tient en échec, les armées russes, et essaye, tente désespérément de faire passer la France et d'autres pays européens pour dévattre en guerre. Alors que tout ce que nous demandons, tout ce que nous voulons c'est la paix, et il suffirait que Vladimir Poutine mette fin à sa guerre d'agression, coloniale et impérialiste, pour que le continent retrouve la paix.

Je vous sens sur ce point particulièrement choquée qu'une propagandiste, puisque vous dites que c'est de la propagande, puisse s'exprimer sur les ondes françaises. Je suis étonné qu'elle y soit invitée. Évidemment, nous vivons dans un état de droit où chacun est libre de dire ce qu'il pense.

La question qui est posée et l LARCOM, le gendarme des médias a été saisi sur cette question. C'est ce pourquoi une personnalité qui ne cache pas ses liens en quelque sorte avec la Russie de Vladimir Poutine est invité constamment dans les studios de radio ou sur les plateaux de télévision. Jean-Noël Barraud et vous tous qui nous écoutez et qui nous regardez, je vous recommande en particulier l'entretien exceptionnel que Volodymyr Zelensky a accordé à Didier François qui sera diffusé ce soir sur BFM TV.

Un mot aussi monsieur le ministre des Affaires étrangères sur cette femme française portée disparue en Espagne dans le cadre de ces incendies, en savez-vous plus Nous avons exprimé notre très vive émotion d'abord devant le bilan tragique meurtrier de ces incendies en Espagne, le travail d l'identification du corps de cette Française disparue est en cours pour confirmer ou non son décès et nos services sur place consulaires et diplomatiques sont en lien à la fois avec ses proches auquel je dis tout mon soutien et avec les autorités espagnoles. Au moment où l'on se parle il n'y a pas d'autres Français ou Françaises qui soient portés disparus ? Non.

Jean-Noël Barraud la coupe du monde évidemment ça nous réjouit ici mais on est assez sidéré par les injures racistes à l'encontre de l'équipe de France. Il y a eu bien sûr la sénatrice paraguayenne et puis il y a l'ancien premier ministre conservateur espagnol Mariano Raroy qui dit de l'équipe de que c'est une équipe sans français. Comment vous réagissez ?

Voilà des propos qui sont pathétiques. Une bonne fois pour toutes, la France n'a pas de couleur de peau. Toute affirmation contraire relève de la bêtise du racisme ou d'une combinaison des deux.

C'est une équipe exceptionnelle qui montre le meilleur visage de la France, celui d'un pays qui est conquérant, qui est audacieux, auquel rien ni personne ne résiste. Et je me réjouis que cette équipe renvoie au monde une si belle image de notre pays. Et je me réjouis aussi de voir toutes les Françaises et tous les Français, quelles que soient leurs origines, leur couleur de peau, quel que que soit le lieu où ils habitent, leur âge, soudé derrière cette équipe qui les fait rêver.

Ça vous a surpris ? Je trouve qu'on n'imaginait peut-être Je suis toujours surpris par la bêtise, la médiocrité et le racisme. Je précise que le premier ministre actuel espagnol, Pedro Sanchez, a lui aussi condamné évidemment les propos de son prédécesseur.

Il dit France, on se retrouve en demi-finale, que le meilleur gagne et que le racisme perde. Oui, le premier ministre a très bien répondu mais je pense que celui qui apportera la meilleure des réponses ou ceux qui apporteront la meilleure des réponses ce seront les joueurs de l'équipe de France quand ils en porteront haut la main cette demi-finale. Merci beaucoup monsieur le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères.

Un mot encore quand même sur ce défilé XXL demain. Fallait-il que la La France fasse cette démonstration de force. Est-ce le signe que l'on se sent menacé ?

Non, ce n'est pas le signe d'une démonstration de force. C'est un réveil stratégique de l'Europe qui prend en charge sa propre sécurité parce qu'elle a une intention de l'Europe ou de la France ? De l'Europe, sous l'impulsion de la France.

Parce qu'elle a une intention c'est de préserver la paix sur le continent européen. Merci beaucoup Jean-Noël Barraud, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Merci d'avoir répondu à mes questions sur RMC et BFM TV.