Conseil européen : Déclaration à l'arrivée
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Quels sont les critères pour les hommes et les femmes qui incarnent le projet européen ?
- 5:00OuverteRéponse partielle
Et M. Barnier ?
- 6:00OuverteRéponse partielle
Et Mme Vestager ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Gros score des populistes en Pologne. Nigel Farage a gagné en Grande-Bretagne. En Italie, Matteo Salvini a fait un score énorme de 34%. Marine Le Pen vous a battu d'un point. Qu'est-ce qui se passe en Europe ?
- 9:00RelanceRéponse partielle
Mais ils arrivent au pouvoir.
- 11:00OuverteRéponse directe
L'autre enseignement de ce scrutin, c'est que les moins de 30 ans ont massivement voté, et notamment ils vous demandent à tous, dont vous, d'être beaucoup plus écolos.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00E. MacronChiffre
« Nous avons eu, au niveau européen, un taux de participation qui n'avait pas été obtenu depuis 25 ans, et en France depuis 1984. »
- 3:00E. MacronFait
« Le 1er projet, c'est de répondre à l'urgence climatique. »
- 4:00E. MacronFait
« Nous devons rebâtir le modèle de croissance et de progrès pour nos peuples. »
- 5:00E. MacronFait
« Il n'y a pas de majorité avec 2 partis. Et donc, il y a la nécessité de construire autre chose, un nouveau projet. »
- 6:00E. MacronFait
« Nous devons également avancer sur un approfondissement de la zone euro. »
- 8:00E. MacronChiffre
« Post-Brexit, les forces de progrès auront le même nombre de parlementaires européens que le Front national. »
- 9:00E. MacronPromesse
« Les 5 années qui viennent au niveau européen, ce sont les 5 années durant lesquelles nous devons démontrer que nous savons faire renaître l'Europe. »
- 11:00E. MacronFait
« Le message environnemental, écologiste, est un message très fort de ces élections. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
-Bonjour. -E. Macron : Bonjour. -Bonjour. -E.
Macron : Bonjour à vous. J'espère que vous allez bien. Nous nous retrouvons donc pour un sommet important après ces élections européennes du week-end dernier, qui nous ont, je crois, envoyé plusieurs messages clairs.
Le 1er, c'est que, là où beaucoup pensaient que l'Europe était fatiguée, de moins en moins démocratique, nos peuples nous ont simplement dit qu'ils avaient envie d'Europe, de discuter d'Europe. Nous avons eu, au niveau européen, un taux de participation qui n'avait pas été obtenu depuis 25 ans, et en France depuis 1984. Et donc il y a eu une participation qui nous oblige toutes et tous.
Ensuite, nous sommes face à une vraie recomposition et une nouvelle étape de l'aventure européenne. Pour la 1re fois depuis que le Parlement européen existe, il n'y a pas de majorité avec 2 partis. Et donc, il y a la nécessité de construire autre chose, un nouveau projet, qui soit à l'image de ce que le peuple européen a choisi.
Et à cet égard, la nouvelle force centrale de progrès que nous sommes en train de bâtir aura évidemment un rôle, une responsabilité importante. Dans ce contexte-là, je souhaite que, aujourd'hui, nous puissions aussi nous concentrer sur le fond. C'est-à-dire le coeur du projet que nous voulons conduire en Europe sur les 5 prochaines années.
Le 1er projet, c'est de répondre à l'urgence climatique. C'est un message très fort de ces élections en France, mais partout en Europe. Nous devons bâtir avec ceux qui portent cette vision et pour nos peuples une réponse très claire au niveau européen sur l'enjeu climatique.
La 2e chose, c'est que nous devons rebâtir le modèle de croissance et de progrès pour nos peuples. Ca veut dire investir dans l'innovation, l'intelligence artificielle, les nouvelles technologies, continuer de travailler sur la création d'emplois dans notre espace économique, mais aussi à des standards, des minimums sociaux, parce qu'il n'y a pas d'économie qui réussira si nos peuples ne s'en sortent pas mieux et si en particulier dans les pays où il y a aujourd'hui une absence de salaire minimum, où les droits sociaux se sont dégradés, s'il n'y a pas un retour vers une forme de convergence européenne. 3e chose, nous avons besoin d'une Europe qui protège davantage.
Et je souhaite que, durant les 5 années qui viennent, en matière de migrations, en matière de protection de nos frontières, en matière de défense, nous puissions porter des projets ambitieux, j'ai pu exprimer les miens, mais refonder en profondeur Schengen, rebâtir un espace commun de protection et de solidarité dans nos frontières, avoir une vraie perspective de défense commune sont des éléments essentiels. Et puis, nous devons également avancer sur un approfondissement de la zone euro. La France porte depuis longtemps ce projet.
Nous avons obtenu des accords il y a quelques mois. On doit, durant ces 5 années, aller beaucoup plus loin à cet égard. C'est donc une ambition européenne qu'il nous faut porter, bâtir, pour les 5 années à venir.
Et nous aurons à choisir les personnes sur la base de cette ambition. Il nous faut des femmes et des hommes qui incarnent ce renouveau, qui ont l'expérience et la crédibilité qui leur permet de porter ces missions et qui reflète ces ambitions et les épouse pleinement. Voilà ce sur quoi doit porter, à mes yeux, notre discussion d'aujourd'hui. -Et quels sont les critères, justement, pour ces hommes et ces femmes qui incarnent à fond le projet ? -E.
Macron : Qu'ils puissent d'abord se retrouver dans ce projet et que les différentes sensibilités, philosophiques, politiques, s'y retrouvent et portent des candidats qui soient éligibles, qu'eux-mêmes incarnent ces ambitions et qu'ils aient l'expérience pour le faire. Puisque ce sont des responsabilités éminentes au niveau européen qui supposent d'avoir des expériences soit dans son pays, soit déjà en Europe, qui permettent d'avoir la crédibilité et le savoir-faire. (Propos incompréhensibles) Pardon ? -Et M.
Barnier ? -E. Macron : Je ne veux pas aujourd'hui qu'on parle de noms ou qu'on se rue sur les noms.
Je pense que nous devons tenir compte de ce qui est sorti des urnes et de ce que le peuple européen a exprimé. Et nous devons aussi avoir des décideurs qui ont la crédibilité requise pour pouvoir agir. -Et Mme Vestager ? -E.
Macron : Elle fait partie, comme M. Barnier, comme M. Timmermans et plusieurs autres, des gens qui ont, justement, ces compétences-là.
Mais je veux pas aujourd'hui, moi, en tout cas, avoir un débat sur les noms. Je veux avoir un débat sur le projet, les priorités et les critères. -Gros score des populistes en Pologne. -E.
Macron : Oui. -Nigel Farage a gagné en Grande-Bretagne. En Italie, Matteo Salvini a fait un score énorme de 34%.
Marine Le Pen vous a battu d'un point. Qu'est-ce qui se passe en Europe ? -E.
Macron : Il se passe en Europe ce que je dis depuis le début de mon engagement politique. Beaucoup ont voulu dire ces derniers temps : "Le président de la République française exagère. "Il dramatise la situation.
Il essaie d'utiliser cette situation." Moi, je n'oublie pas que nous venons, vous et moi, d'un pays qui, il y a 5 ans, a mis le Front national en tête. D'ailleurs, avec un chiffre un peu plus élevé que celui qu'il a aujourd'hui.
Qui, il y a 2 ans, a mis le Front national au 2e tour. Donc c'est pas une découverte de cette élection. Partout, les extrêmes montent.
Et ils montent sur quoi ? Les peurs, les mensonges, l'aide de puissances étrangères qui veulent détruire le projet européen. Et notre incapacité à apporter une réponse efficace à ce que demandent nos concitoyens.
C'est-à-dire vivre dans un continent en paix, mais vivre mieux, avoir leur part de progrès, et répondre aussi par des espoirs aux peurs contemporaines. -Mais ils arrivent au pouvoir. -E.
Macron : Mais ils sont en train d'arriver. Et donc c'est pour ça que j'ai mis toute mon énergie moi-même dans la campagne française pour qu'on se tienne à ce rang. Parce que, somme toute, post-Brexit, les forces de progrès auront le même nombre de parlementaires européens que le Front national.
Ca n'était pas donné il y a quelques mois. Et ensuite, pour que, partout en Europe, l'ensemble des forces de progrès, d'avenir, puissent agir ensemble. Nous avons au moins réussi une chose : il y a une majorité possible sans les extrêmes.
Ca n'était pas donné il y a quelques mois. Et ça, c'est parce que nous nous sommes mobilisés et que nous avons avancé. Maintenant, soyons clairs, les 5 années qui viennent au niveau européen, ce sont les 5 années durant lesquelles nous devons démontrer que nous savons faire renaître l'Europe, que nous savons porter un projet clair, et que nous savons à nouveau convaincre nos concitoyens que c'est un projet qui est bon pour eux.
Sinon, ils se tourneront encore plus vers les extrêmes et le nationalisme. -L'autre enseignement de ce scrutin, c'est que les moins de 30 ans ont massivement voté, et notamment ils vous demandent à tous, dont vous, d'être beaucoup plus écolos. -E.
Macron : C'est vrai. Mais comme vous l'avez aussi noté, je l'avais bien compris, même avant ce scrutin, et je pense que c'est dans l'action que le gouvernement va devoir conduire dans cet acte II que j'ai annoncé à la conférence de presse du 25 avril un des points importants, justement, de la nouvelle action du gouvernement en France et de ce que nous allons mener en Europe. Parce que beaucoup de choses que nous avons à faire, au niveau du climat, peuvent l'être au niveau européen et doivent l'être au niveau européen.
Si on veut agir efficacement pour taxer les entreprises polluantes, ou nous protéger des importations polluantes, si on veut agir pour rendre le transport aérien moins polluant, si on veut agir pour sortir complétement des pesticides, nous devons le faire au niveau européen. Vous ne pouvez pas le faire au niveau d'un pays. Nous sommes un marché intégré.
Si j'impose à nos agriculteurs des efforts incommensurables avec leurs voisins espagnols ou italiens, ils me diront : "Vous tuez l'agriculture française et vous ne changerez pas "les produits qui sont dans le panier du ménage chaque samedi." Et c'est vrai. Si je dis "je vais taxer les entreprises polluantes en France", à juste titre, beaucoup me diront : "Vous allez tuer nos emplois.
Les entreprises iront s'installer "en Belgique, en Allemagne ou ailleurs, et elles pollueront autant." Et c'est vrai. Et donc, c'est au niveau européen que nous avons cette ambition à mener.
La France, il y a quelques semaines, à Sibiu, a lancé avec les Pays-Bas cette initiative. Nous avons 9 Etats-membres qui nous ont rejoints. Et l'Allemagne est en train de bouger vers nous sur ce point.
Donc nous allons poursuivre cela. Mais vous avez totalement raison. Le message environnemental, écologiste, est un message très fort de ces élections, et je le prends dans le cadre de ma responsabilité pour l'action que nous avons à conduire à la fois en France et en Europe. -Qu'est-ce que vous avez dit lors de votre déjeuner ?
Qu'est-ce que vous avez évoqué ? -E. Macron : Le fond, les projets et l'avancée.
Moi, je considère que mon rôle, c'est, sur la base de ce que je viens de vous dire, de rassembler. Nous avons à bâtir à la fois un projet, une plate-forme d'action pour toutes les forces pro-européennes. Et nous avons à choisir les personnes qui pourront le porter et l'incarner, lesquelles ont besoin d'une double majorité, majorité au Parlement européen, majorité au Conseil européen.
C'est ça qu'il nous faut bâtir. C'est ça que j'ai discuté avec plusieurs de mes collègues. Je vais maintenant rejoindre les membres du V4, comme on l'appelle, du groupe de Visegrad.
Je verrai ensuite également Donald Tusk. Je verrai Angela Merkel et plusieurs autres dirigeants, et nous continuerons à avancer. Et je vous rendrai compte juste après.
Merci à vous.
Emmanuel Macron