Johanna Rolland : "Nous devons sortir de l'enlisement avant l'été"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Comment vivez-vous ces drames à répétition à Nantes ?
- 1:00RelanceRéponse partielle
Est-ce que la situation est hors de contrôle selon vous ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Vous le voyez sur le terrain, cette réorganisation du trafic ?
- 4:00RelanceRéponse directe
Est-ce que la réponse de la France est aujourd'hui à la hauteur ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Concrètement, comment on fait pour empêcher que les jeunes tombent dans le trafic ?
- 8:00RelanceRéponse partielle
Pourquoi ne pas armer la police municipale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:30Johanna RollandChiffre
« Le chiffre d'affaires du narcotrafic, c'est aujourd'hui quasiment 7 milliards »
- 3:45Johanna RollandChiffre
« la question de la cocaïne a doublé dans le chiffre d'affaires »
- 4:00Johanna RollandChiffre
« le Fonds interministériel de prévention de la délinquance, c'est 46 millions »
- 5:30Johanna RollandFait
« j'ai une réponse positive sur les renforts de moyens policiers »
- 5:45Johanna RollandFait
« une antenne de l'OFAST créée à Nantes »
- 8:30Johanna RollandFait
« Nicolas Sarkozy décide d'arrêter la police de proximité »
- 11:00Johanna RollandChiffre
« il y avait zéro caméra à Nantes, il y a aujourd'hui quasiment 500 »
- 12:30Johanna RollandFait
« l'appel des maires pour remplir national et européen contre le narcotrafic »
- 16:30Johanna RollandPromesse
« au plus tard, le 9 juillet, les militantes et les militants voteront sur la stratégie »
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Depuis un mois, trois jeunes ont été tués par balle dans des quartiers de Nantes. Des règlements de comptes qui sont liés au trafic de drogue et qui terrorisent la population sur Alors comment faire face à cette menace du narcotrafic ? L'État est-il à la hauteur ?
Pour en parler, nous accueillons Joanna Roland. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes maire socialiste de Nantes. Vous êtes également première secrétaire nationale déléguée du parti socialiste on est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale qui est présent représenté aujourd'hui par julien l'écuyer du journal la voie du nord bonjour julien bonjour alexandre bonjour madame roland on commence en en parlant d'insécurité, de lutte contre le narcotrafic. Je le disais depuis la fin du mois d'avril dans votre ville, trois jeunes ont été tués par balle dans plusieurs quartiers de la ville.
Comment vous vivez ces drames à répétition à Nantes La réalité c'est qu'aujourd'hui le narcotrafic brise des vies, détruit des familles et qu'il est tellement impératif que la mobilisation de la France, dans sa dimension la plus collective soit totale sur deux champs. Le premier, la fermeté républicaine la plus ferme et la plus totale sur le démantèlement des réseaux de narcotrafiquants. Et le deuxième, une mobilisation tout aussi forte sur la question de la prévention et je souhaite qu'on y revienne dans cette interview parce que je crois que c'est un des maillons faibles de l'action collective telle qu'elle est proposée aujourd'hui.
Comment la situation évolue ? Vous dirigez la ville depuis 2014. Est-ce que vous avez vu se développer cette gangrène qu'est le narcotrafic ?
Vous le voyez bien partout en France aujourd'hui. Nantes, Grenoble, Nice mais aussi des villes moyennes. Aujourd'hui, j'ai des maires de petites communes qui m'appellent en me disant « je vous appelle parce que dans ma ville, je suis confrontée à des questions de narcotrafic auxquelles je n'avais aucun sujet auparavant.
Quand on mesure que le chiffre d'affaires du narcotrafic, c'est aujourd'hui quasiment 7 milliards, quand on sait que sur ces dernières années, la question de la cocaïne a doublé dans le chiffre d'affaires, quand on mesure à quel point l'évolution des réseaux sociaux est venue changer la nature même de l'organisation du trafic. Pourquoi je pose tous ces sujets ? Parce que face à des professionnels extrêmement organisée, qui brasse des masses d'argent considérables.
Si on n'a pas des réponses au bon niveau et totalement organisées, alors on est à côté de la plaque, je le dis de manière saine. – Vous le voyez sur le terrain, cette réorganisation du trafic – Bien sûr, je prends un exemple, celle des réseaux sociaux. Quand vous avez aujourd'hui des adolescents qui communiquent via Snapchat pour dire à quel endroit tu es, que même celles et ceux qui ne sont pas dans dont le trafic ont via les réseaux sociaux une espèce de fenêtre permanente sur quelque chose qui finalement finit par faire partie de leur réalité.
Oui, il y a un sujet énorme. Donc je le redis. 1.
La fermeté républicaine pour démanteler les narcotraffics. Un accent encore plus fort mis sur la question du renseignement. Moi, je propose un service de renseignement dédié, comme a pu le faire par exemple la Grande-Bretagne.
Est-ce qu'il y a des moyens aujourd'hui, mais en matière de renseignement ? Bien sûr mais la question de l'investigation elle doit être en continu et quand j'échange avec les professionnels ils me disent à quel point à la question européenne et internationale si on veut vraiment démanteler les réseaux à la source ce que les habitants qui nous écoutent savent bien, ils nous le disent d'ailleurs, qu'il ne suffit pas de démanteler le point de deal devant chez l'habitant. C'est nécessaire pour donner de la respiration à l'habitant qui est là mais c'est insuffisant et le travail d'investigation de ce point de vue est absolument...
Madame Roland, en effet vous avez parlé des opérations coup de poing menées par l'Etat. La prévention elle est présente également mais on le voit les faits divers continuent de se multiplier avec les morts qui s'en suivent. Est-ce que vous diriez qu'à l'heure actuelle la situation est hors de contrôle ?
Je ne dirais pas que la situation est hors de contrôle au sens où je ne dirais pas que la France ne fait rien. Moi je refuse la posture de politique politicienne sur ce sujet. J'ai fait partie de ceux qui ont soutenu la loi ou un narcotrafic, par exemple.
Il y a des avancées, un parquet dédié. Je crois qu'il faut le dire. En revanche, est-ce que la réponse de la France est aujourd'hui à la hauteur ?
La réponse est non. Et moi, quand j'échange avec une des maman de ces gamins décédés et que je mesure comment, dans la vie de tous les jours, on a des familles qui se retrouvent aujourd'hui dans la désespérance, je dis oui Oui, collectivement, nous devons impérativement hisser le niveau de réponse. Est-ce que collectivement, il n'y a pas un échec ?
À l'évidence, il y a aujourd'hui des échecs. Enfin, quand un ado de 15 ans meurt dans une ville en France, il y a forcément un échec. Et c'est la raison pour laquelle j'évoquais la question de la prévention.
Je donnais le chiffre du du narcotrafic, 7 milliards. Le chiffre qu'on met en France sur la prévention de la délinquance, le Fonds interministériel de prévention de la délinquance, c'est 46 millions. Donc déjà on a un facteur 10.
Peut-être qu'on peut se dire qu'on n'est pas exactement au bon niveau. Et en plus, les derniers gouvernements, sous l'impulsion d'Emmanuel Macron et de celles et ceux qui l'ont soutenu l'ensemble de ces dernières années, ont diminué de 6 millions le Fonds interministériel de prévention de la délinquance. Je vais vous donner un exemple très révélateur.
Quand ce drame a eu lieu à Nantes, le ministre de l'Intérieur se déplace chez moi. Et je le dis en plus, il le fait avec professionnalisme, sans instrumentalisation au service d'une stratégie personnelle. Franchement, ça nous change et ça fait du bien à l'action publique.
Parce que moi, je crois que l'action publique sur ces sujets, elle a besoin de moins de mots, moins de blabla, moins de coups de menton et de plus d'action. Il se déplace. Je lui fais deux demandes.
La première, des renforts de moyens policiers immédiats et dans la durée. J'obtiens ces deux moyens, plus de policiers immédiatement et des moyens d'investigation avec une antenne de l'OFAST créée à Nantes. Donc l – Offices anti-stupéfiants. – Absolument, et je fais une autre proposition, je lui dis voilà monsieur le ministre, dans ma ville on mène une expérimentation en lien avec la Mildeka, donc qui est la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les addictions, on suit sur un quartier Nantais, une vingtaine de jeunes qu'on a identifiés comme susceptibles de basculer dans les travaux.
C'est une expérience qui a été menée à Breil, c'est ça ? Au Breil, tout à fait. Et je lui dis, voilà, je vous propose qu'on étende cette expérimentation sur deux autres de quartier de la ville.
Je fais le constat que j'ai une réponse positive sur les renforts de moyens policiers et je salue cette annonce et pas sur l'appréhension. C'est révélateur d'un logiciel de pensée où c C'est comme si aujourd'hui en France, vous deviez choisir. Soit vous vous battez sur le démantèlement des narcotrafiques, soit vous vous battez sur la prévention.
Avec les caricatures qui vont avec, je vais aller jusqu'au bout. Si vous êtes de droite, vous vous battez sur le démantèlement des narcotrafic et si vous êtes de gauche vous battez sur la prévention ma gauche à moi et celle des mères qui sont extrêmement mobilisés sur ces terrains c'est de dire on a besoin des deux on On a besoin de démanteler les trafics et d'avoir aucun angélisme sur ce sujet. Et on a besoin de changer d'échelle sur les questions de prévention.
C'est intéressant cette expérimentation. Concrètement, comment on fait pour empêcher que les jeunes tombent dans le trafic Ce qu'on sait, c'est qu'une partie de ces jeunes, à un moment donné, tombe dans le piège de l'argent facile. Vraiment, la question financière est quand même au cœur de ces sujets.
Est-ce que cette expérimentation est magique Franchement, je ne le sais pas. Magie, je n'y crois pas sur ces sujets. On l'a lancé, je pense que dans 6 à 10 mois, on aura des premiers résultats.
Comment ça marche ? L'ensemble des acteurs, c'est-à-dire des familles avec des parents, des éducateurs, des responsables de clubs de sport, ensemble identifient des jeunes dont on sent qu'ils sont dans cette zone grise au moment ou entre arrêt d'aller à l école, rupture familiale. Il y a un certain nombre d'indicateurs qui font craint de cette bascule avec un suivi personnalisé.
Mais je le redis, derrière, il y a des choix politiques. Enfin, moi, j'aimerais bien qu'on m'explique ce Ce qui fait que, alors que tout le monde dit qu'il faut s'occuper de sécurité, on ose baisser de 6 millions le fonds de prévention de la délinquance. Vous voyez bien qu'il y a un problème de cohérence.
Et quand je dis que ça ne date pas d'aujourd'hui, moi je date ça, je vais vous dire de la responsabilité de Nicolas Sarkozy. Quand Nicolas Sarkozy décide d'arrêter la police de proximité, c'est le début de la dégringolade d'un des ponts qui permet à la République de tenir debout et il y a urgence à la remettre à l'endroit. Madame Roland, d'un autre côté, si vous critiquez la droite et Nicolas Sarkozy, la droite elle-même vous accuse de laxisme pour deux raisons principales, le fait que vous refusiez toujours d'armer la police municipale et que la vidéoprotection ne soit pas à la hauteur des enjeux visiblement posés par le narcotrafic.
Deux choses sur ce sujet. D'abord, à Nantes, les policiers sont armés de pistolets à impulsions électriques sur les caméras de vidéoprotection. C'est inexact puisque quand j'ai été élu maire, il y avait zéro caméra à Nantes.
Il y a aujourd'hui quasiment 500, mais sincèrement je pense que c'est...
Il me semblait que c'était moins que ça. Mais par contre il n'y en avait pas, il y a 12 caméras qui vont être installées à Port-Boyer, de ce que j'ai cru lire. Est-ce que ça n'arrive pas trop tard après le drame qu'on a vécu ? – Il y a sur l'ensemble de la ville un travail qui est mené, plutôt en bonne intelligence d'ailleurs, police municipale, police nationale, sur l'ensemble des maillons de la chaîne.
Mais vous voyez bien que le sujet, il va au-delà. Je vous donne un sujet. Je me permets simplement sur l'armement.
Vous restez ferme là-dessus. Il n'y aura pas d'armement de la police municipale. Il n'y aura pas d'armement électrique à Nantes.
Pourquoi pas d'armes létales face au narcotrafic qui se développent dans votre ville – Mais vous voyez bien, il y a ce débat et je le respecte et je l'attends. Vous voyez bien que démanteler le narcotrafic, le sujet d'aujourd'hui, ce n'est pas celui-là. Le sujet d'aujourd'hui, c'est comment on démantèle les réseaux.
Je vous prends un sujet concret pour le Donc, dans une ville portuaire, échangez avec l'ensemble des maires en France ou en Europe qui sont dans une ville portuaire. pour stopper, démanteler un certain nombre de réseaux et déterminant en 2023, avec une cinquantaine de maires de toute sensibilité politique, puisque ça allait de Christian Estrosi à Martine Aubry, je lançais l'appel des maires pour remplir national et européen contre le narcotrafic. Dans cet appel, on disait notamment que sur la question des douanes, sur la question des ports, il y avait des choses à regarder.
Nous avons besoin... – Saint-Nazaire, c'est un point d'entrée pour la drogue ? – L'ensemble des questions sont portuaires, sont absolument majeurs sur ce sujet.
On vous repose une question quand même sur cet armement de la police municipale. Ne serait-ce que pour rassurer les habitants qui sont terrorisés par ces règlements de comptes à répétition et ces jeunes qui sont morts sous les balles, pourquoi ne pas armer d'armes létales les policiers municipaux à Nantes ? Je redis que ma position sur l'armement est connue.
Ce qu'ils me disent, les habitants et les habitants, C'est pas ça. Pardon. Ce qu'ils me disent, les habitantes et les habitants, c'est comment je fais pour que quand je sors de chez moi, il n'y ait pas un point de deal devant chez moi.
Les habitantes et les habitants, ils me disent comment ça se fait que quand un point de deal est connu et reconnu, on soit encore là, les habitantes et les habitants, ils me disent comment c'est possible qu'en France, un gamin de 15 ans se retrouve abattu par des gens qui arrivent. Donc je redis que sur le démantèlement des réseaux, il y a eu des avancées, que la question de l'investigation, la question du renseignement, la question de l'interministériel, c'est extrêmement important on doit saisir davantage d'avoir et la présence policière elle sera durable dans les dans les quartiers qui ont été touchés par les violences l'engagement du ministre c'est que elle soit là sur un temps effectivement suffisamment long pour rassurer dans la durée. C'est effectivement l'engagement qu'il a pris.
Johanna Roland va parler de l'élection présidentielle 2027 et de la campagne qui commence à gauche. Je rappelle que lors des dernières élections municipale, Johanna Roland, pour gagner de nouveau la mairie de Nantes. Vous avez fait le choix d'une alliance dans l'entre-deux-tours avec la France insoumise.
Dans cette campagne présidentielle, pour que la gauche ait une chance d'aller au second tour, est-ce qu'il ne vaut mieux pas s'allier avec Jean-Luc Mélenchon qui est en dynamique dans les sondages et est quasiment aux portes du second tour ? Ce sujet est réglé depuis longtemps. Jean-Luc Mélenchon est candidat, seul, il l'a dit depuis le début et il ne sera pas le candidat d'une gauche rassemblée. – Mais est-ce que ce n'est pas le vote utile à gauche ? – Non mais la question qui se pose, elle n'est pas là, elle est, est-ce que tous les autres à gauche décident de rester chacun dans leur couloir et que donc la fin de l'histoire ce sera quoi ?
On la connaît déjà sur ce plateau, mais les Françaises et les Français la connaissent déjà. S'il y a sept candidats de gauche à l'élection présidentielle, la gauche ne sera pas au deuxième tour. Les Français nous en voudront, durablement et de mon point de vue, ils auront raison.
Et Mme Roland, justement, comme vous le dites et pour reprendre l'expression de Jean-Luc Mélenchon, chez lui c'est carré. C'est l'avantage. Et chez vous, comme me disait un cadre, c'est patatoïdes.
Comment vous comptez résoudre et redonner un peu de la forme à ce mouvement de gauche non-mélenchoniste ? D'abord, il y a une question de réflexion et de choix. Est-ce qu'on croit que l'élection présidentielle va se gagner au centre ou est-ce qu'on croit que l'élection présidentielle peut se gagner dans le rassemblement de la gauche chez des écologistes ?
Moi, je fais partie de ceux qui croient que l'élection présidentielle peut se gagner dans le rassemblement de la gauche et des écologistes. La vérité, c'est quoi ? Je vais le dire de manière assez simple.
C'est qu'aujourd'hui, le peuple de gauche se désespère. Moi, j'entends quoi sur le terrain ? J'entends celles et ceux qui ne se préoccupent même pas de ce sujet.
Parce que leur question, c'est le prix à la pompe. Et que de toute façon, ils considèrent que les dirigeants politiques nationaux sont tellement déconnectés de leurs préoccupations quotidiennes qu'ils ne les écoutent même plus. Et on a ce peuple de gauche qui nous regarde. et qui dit « Mais qu'est-ce que c'est que ce cirque ? » Donc je dis ce matin sur ce plateau que nous devons maintenant, avant l'été, sortir de l C'est ce que nous allons travailler au Parti socialiste, puisque nous faisons aujourd'hui un certain nombre de propositions.
Nous allons mettre sur la table avec nos partenaires. Pas pour nous-mêmes, pour les Françaises et les Français, pour les plus modestes, pour les classes moyennes, pour tous ceux qui n'en peuvent plus de ces problèmes. – Justement, Mme Roland, précisez-nous parce qu'on entend parler d'un premier choix le 9 juillet pour déterminer en fait la voie de de la voie de passage et même de, maintenant, pas une primaire mais deux primaires.
Expliquez-nous. Alors je vais essayer de remettre les choses un peu dans l'ordre si vous voulez bien. Moi j'ai fait partie de ceux qui ont proposé une primaire.
Et je continue de penser que c'est la meilleure option pour être en dynamique. Pourquoi ? Parce qu'Emmanuel Macron a exercé un pouvoir centralisé, vertical, isolé.
Et je pense que la gauche, dans la manière même dont elle travaille, doit raconter un autre rapport à la démocratie, à l'exercice du pouvoir avec une démocratie plus partagée. Donc je redis ici que oui, je continue de penser qu'une primaire serait ce qui nous mettrait collectivement en dynamique. Et quand on est un homme de gauche ou une femme de gauche, on ne peut pas avoir peur de l'expression des urnes et qu'aujourd'hui le peuple de gauche se désespère.
Mais alors quel est le périmètre politique de cette primaire ? Est-ce que c'est une primaire qui rassemble socialistes, écologistes, génération communiste ? Un peu comme le défend Marine Tondelier, François Ruffin ou Clémentine Autain.
Est-ce que c'est une grande primaire de la gauche que vous souhaitez ? Bien sûr. Moi j'ai travaillé avec François Ruffin, Marine Tondelier dans ce qu'on a appelé la primaire Bagneux.
J'ai été une des socialistes à l'avant-poste sur ce sujet. Mais c'est quoi le constat que je fais aujourd'hui ? Le constat que je fais aujourd'hui, c'est que la primaire de Bagneux, telle que nous l'avons imaginée collectivement, elle n'arrive pas à rassembler aujourd'hui les uns et les autres, puisque notamment, vous l'avez dit, Raphaël Glucksmann la refuse. – Et une partie des socialistes ? – À partir de là, il y a deux options.
Soit on renonce et chacun rentre dans son couloir et on désespère les Français et on ne sera pas à la hauteur du moment historique et on perd. Je ne l'accepte pas. On ne peut pas faire ça à la France et aux Français.
Soit on se retrousse les manches, on fait preuve d'un peu bonne volonté, on envoie balader les égaux et on dit qu'on propose un chemin qui doit forcément être un chemin de départage démocratique puisqu'il y a eu en gros deux idées, deux familles d'idémites sur la table. Celle qui disait quatre hommes sages dans un bureau qui se mettent d'accord pour trouver une solution. Je pense que ce modèle-là… – Ça, c'est le conclat qui a été proposé par Raphaël Guzman.
Les partenaires n'en voudront pas et je crois qu'ils n'offrent pas la possibilité au peuple de gauche de s'exprimer. Soit on cherche un chemin de départage démocratique. On a encore quelques jours pour trouver une formule de compromis qui permet de sortir par le haut.
En ce qui concerne les socialistes, nous prendrons nos responsabilités puisque au plus tard, je vous l'annonce sur ce plateau, au plus tard, le 9 juillet, les militantes et les militants voteront sur la stratégie. C'est essentiel, il faut mettre fin aux supplics chinois. – Ce seront leurs options ?
Une primaire au sein du PS ou un conseil d'État Nous avons encore quelques jours pour y travailler. Notre objectif, c'est d'arriver à une solution qui rassemble tout le monde, qui rassemble tous les socialistes et qui rassemble la gauche et les écologistes. C'est ce à quoi nous travaillons ces derniers jours, encore ces dernières heures, encore hier soir.
J'avais Marine Tondelier au téléphone ce matin en arrivant. Nous avons des échanges avec Raphaël Luxman. Ces échanges sont permanents.
Soit on trouve une solution de compromis qui est la sortie de crise par le haut. Soit nous n'en trouvons pas et il y aura plusieurs options soumises au vote mais vous pouvez nous confirmer il y aura parmi les propositions faites le 9 juillet l'idée d'une primaire en termes d'UPS, qui errait jusqu'à Raphaël Glucksmann. Je vous confirme que parmi les hypothèses de travail qui sont aujourd'hui mises sur la table pour avancer et sortir par le haut de cette situation, oui il y a une hypothèse dans laquelle fin septembre les socialistes choisissent leur candidat.
Et fin octobre, les Français peuvent choisir le peuple de gauche. Eh bien nous sommes aujourd'hui en discussion. Deux questions rapidement pour finir sur l'incarnation de cette gauche non-mélenchoniste.
Est-ce que vous êtes convaincu par ce début de Une campagne qui n'en est pas vraiment sans, parce qu'il n'est pas officiellement déclaré, de Raphaël Glucksmann. Moi je crois que nous avons besoin de tous les talents pour pouvoir être au deuxième tour de l'élection présidentielle. Et je crois qu'il n'y aura pas de sauveur solitaire de la gauche.
On va se dire les choses clairement. S'il y avait un candidat naturel de la gauche, j'ai dit que je ne croyais pas que l'élection présidentielle pouvait se gagner au centre. Vous aurez compris que c'est une divergence stratégique majeure que j'assime avec François Hollande. – Donc un retour de François Hollande, par exemple, vous n'y croyez pas ? – Non, je viens de dire que ma ligne à moi, ce n'est pas de penser qu'on peut gagner l'élection présidentielle au centre.
Je respecte cette ligne, elle existe, elle a une cohérence. – Et elle est importante dans le butoir. – Ce n'est simplement pas la mienne.
Je crois qu'on On a surtout besoin de remettre du fond dans cette élection. On a besoin de parler des sujets qui préoccupent les gens. Moi, les gens, ils me parlent de quoi sur le terrain ?
Pouvoir d'achat, logement, sécurité, accès à la santé. C'est ça qui les C'est quand même la capacité de la gauche à être audible, à mener la bataille des idées dans un moment où la concentration médiatique et l'empire Bolloré fait que la gauche ferait bien d'arrêter son cirque et ce spectacle si elle veut un peu être à la hauteur des enjeux, c'est à quoi nous travaillons à plusieurs de bonne volonté pour sortir de cette situation. Et on va parler du fond dans quelques minutes dans cette émission puisque nous débattrons de l'adaptation des territoires au réchauffement climatique.
Merci beaucoup Johanna Roland d'avoir été sur ce plateau pour parler insécurité présidentielle à gauche. Merci Julien pour vos questions. On va regarder la une de votre journal, La Voix du Nord, un journal qui est consacré aujourd Aujourd'hui, le voilier légendaire, effectivement, la Duchesse Anne, qui est un peu la guest star à Dunkerque en ce moment.
Donc vous pouvez aller la visiter. Allez, tout de suite, on va parler de la lutte contre