Edouard Philippe : un nouveau parti et des questions #cdanslair 09.10.2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 36 %Attaque 39 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:35OuverteRéponse directe
C'est quoi l'horizon d'Edouard Philippe ?
- 2:38OuverteRéponse directe
Il vise l'Élysée, il en a envie ?
- 5:01OuverteRéponse directe
Quel est l'intérêt pour Edouard Philippe de créer ce parti ?
- 6:14OuverteRéponse directe
On pourrait avoir des députés sous l'étiquette Horizon ?
- 7:15OuverteRéponse directe
Quels sont les ressorts de cette popularité d'Edouard Philippe ?
- 9:49RelanceRéponse directe
Le péché d'Edouard Philippe, c'est sa popularité supérieure à celle du patron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:56PrésentateurChiffre
« 39% des Français approuvent l'action d'Emmanuel Macron. »
- 1:21PrésentateurChiffre
« Edouard Philippe est en tête avec 46% de popularité. »
- 13:24InvitéFait
« On a un combat commun à mener, celui de soutenir la majorité présidentielle. »
- 13:55InvitéFait
« Je quitte les Républicains, je le dis avec beaucoup de peine. »
- 14:25InvitéFait
« Je n'ai absolument et jamais douté la loyauté totale d'Edouard Philippe. »
- 15:27InvitéFait
« La proposition de retraite à 67 ans, ma vision n'est pas celle-là. »
- 22:14InvitéFait
« Avec Horizon, nous allons définir une stratégie pour la France, c'est une aventure collective. »
- 22:34InvitéFait
« Il y avait remettre de l'ordre dans les comptes et dans les rues. »
- 41:40PrésentateurFait
« Emmanuel Macron n'a ni héritage, ni héritier. »
- 41:46PrésentateurFait
« À part Édouard Philippe, aucune personnalité de la Macronie n'a créé un vrai lien avec l'opinion. »
- 43:25PrésentateurFait
« C'est un sioux. »
- 44:11PrésentateurFait
« Je l'aurai la mairie, je l'aurai la mairie. »
- 46:33InvitéFait
« Le montant ne regarde que lui et moi et surtout pas la presse. »
- 50:30PrésentateurFait
« Aurélie Herbemont, ce n'est pas la limite d'Éric Zemmour qui apparaît seul et en plus monothématique sur l'économie. »
- 50:53InvitéFait
« Pour lui, c'est la question de l'immigration. »
- 51:27PrésentateurFait
« Notre diaspora est une chance et il fallait que la France assume sa part d'Africanité. »
- 55:24PrésentateurFait
« On fait un prêt, on rembourse ou on ne rembourse pas ? »
Temps de parole
- Présentateur77 %
- Invité15 %
≈ 1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à toutes et à tous. Horizon, c'est le nom du nouveau parti d'Edouard Philippe. Alors un parti pour quoi faire ? En tous les cas, beaucoup au sein de la Macronie s'interrogent sur les intentions de l'ancien Premier ministre. Chez les Républicains, de même, quand certains s'inquiètent des ambitions d'Edouard Philippe, d'autres, au contraire, rêvent de voir l'homme politique préféré des Français porter les couleurs de la droite vers la victoire. Alors question, quelles sont les intentions d'Edouard Philippe ? Que vise-t-il ? Jusqu'où ira-t-il ? Peut-il faire un hold-up sur les Républicains et la Macronie ? Quels sont les ressorts de sa popularité ?
C'est le sujet de cette émission, de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir, Edouard Philippe, un nouveau parti et les questions. Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Bruno Jeudy. Vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match. Dans le dernier tableau de bord, IFOP Paris Match, 39% des Français approuvent l'action d'Emmanuel Macron. Bérangère Bonte, vous êtes journaliste, auteur de la première biographie d'Edouard Philippe, intitulée Le Sioux, les faces cachées d'Edouard Philippe, qui vient de sortir. C'est aux éditions de l'Archipel. Aurélie Herbemont, vous êtes journaliste politique à RTL.
Et enfin Bernard Sananès, politologue, président de l'Institut de sondage Elab. Dans votre sondage pour les échos cette semaine, je précise qu'Edouard Philippe est en tête avec 46% de popularité. Merci à tous les quatre de participer à cette émission en direct. Bruno Jeudy, on commence donc avec ce nouveau parti qui s'appelle Horizon. C'est quoi l'horizon d'Edouard Philippe ? Je voudrais qu'on regarde ce dessin de CAC qui était publié à la Une hier de l'Opinion. Je ne sais pas si vous l'avez vu. Il résume assez bien l'ambiguïté qu'on prête à Edouard Philippe, puisqu'il est en train de dépasser Emmanuel Macron à grande enjambée. Il le dépasse en scandant Macron président.
Bien vu, toujours avec CAC, il a l'art de croquer les personnages politiques. Edouard Philippe, il a trois horizons où on pourrait dire qu'il court trois lièves à la fois, en quelque sorte. Il l'a dit, faire réélire le président de la République. C'est une de ses premières, il s'est assigné comme premier objectif. Il a un deuxième objectif qui est de peser sur les législatives et d'avoir des élus. Quand on a un parti, c'est qu'on veut des élus, donc il va vouloir peser pour les législatives et peut-être apporter cette majorité qui sera peut-être plus compliquée si le président est réélu. Il aura en tous les cas besoin de députés, d'une majorité.
Manifestement, Edouard Philippe compte bien peser dans ce rendez-vous électoral qu'il a envie de porter avec ses couleurs, celle d'horizon. Et puis le troisième horizon, c'est évidemment 2027, c'est-à-dire la présidentielle suivante. Ça paraît un peu surréaliste parce que les spectateurs doivent se dire qu'ils n'ont pas encore joué 2022, mais ils veulent déjà jouer 2027. C'est comme ça en politique. Mais quand on joue trois lièvres à la fois, on ne risque pas de les rater tous les trois ? C'est un peu le risque, mais vous l'avez vu sur le dessin de CAC, il a l'allure d'un coureur de fond, Edouard Philippe.
Et puis en plus, Edouard Philippe, ce qui est très marrant, c'est qu'il est à rebours des modes. Il n'est pas du tout, lui, il fait quelque chose d'incroyable, qui n'est plus du tout à la mode, c'est créer un parti. Et franchement, s'il y a un événement aujourd'hui, c'est créer un parti, rassembler 3000 personnes, 650 élus, et en plus, il n'est pas candidat à la présidentielle de 2022. Je pense que déjà, c'est presque un événement en soi de faire ça et quelqu'un qui manifestement a un triple horizon devant lui. Alors, triple horizon. Bérangère Bonte, c'est vous qui me faisiez remarquer juste avant le début de l'émission. D'ailleurs, il y avait un S à horizon, le parti d'Edouard Philippe.
C'est très philippien, ça. Le Sioux, c'est un ambitieux, Edouard Philippe. Il vise l'Élysée, il en a envie. J'en suis absolument convaincue aujourd'hui, même si on ne l'a jamais entendu le dire aussi clairement. Ça ne fait pour moi absolument aucun doute. Il a beaucoup dit qu'il avait aimé être aux Manettes, à Matignon, à la mairie du Havre, versus l'Assemblée nationale, qui est une fonction députée qu'il a détestée. Mais il me l'a dit très clairement. Ça, c'est pour ceux qui s'imaginent qu'il pourrait prendre la présidence de l'Assemblée. Je n'imagine pas une seconde, d'autant qu'il faudrait quitter la mairie du Havre, tout ça. Mais les fonctions exécutives lui plaisent beaucoup.
La fonction de chef de l'État, c'est encore un cap supérieur. Mais il ne fait aucun doute pour moi qu'il a envie d'aller à l'Élysée. Et horizon avec un S, vous en voyez plusieurs, comme Bruno je dis ? Je pense que les trois sont les bons. Mais c'est même sans doute encore plus. Il y a toujours chez Edouard Philippe cette volonté de ne pas choisir ou de choisir le plus tard possible. Et donc les horizons au pluriel, moi ça m'a fait sourire tout de suite. Parce qu'on les garde tous, absolument tous. C'est un peu ça le SUU, on en parlera sans doute. On va en parler.
Aurélie Herbemont, Bruno Jeudy disait, c'est curieux de voir un Edouard Philippe créer un parti au moment où on dit que les partis sont démonétisés. Et que justement c'est un homme seul, sans parti, sans boulet presque, qui se présente face à la France. On dit que c'est ça le tempo. Quel est l'intérêt pour Edouard Philippe de créer ce parti ? Donc horizon avec un S.
Alors c'est vrai que ce n'est pas du tout à la mode les partis politiques. Mais Edouard Philippe le disait d'ailleurs tout à l'heure dans son discours. C'est très utile et la démocratie, mine de rien, fonctionne grâce aux partis politiques. Et c'est vrai que quand on veut peser, c'est quand même mieux d'avoir un parti, des élus, alors qu'il va vouloir beaucoup baser sur les maires. Parce que ça, ça va être l'architecture, on le comprend. Donc un parti un petit peu plus original que les autres, parce que ça va beaucoup se baser sur les maires. Quand on voit les autres partis, c'est beaucoup les députés.
Même si avec la fin du cumul des mandats, ça a un petit peu changé les perspectives des élus qui pèsent. On les a vus beaucoup pendant la crise du Covid. Les maires étaient en première ligne, beaucoup plus que les députés. Donc il crée ce parti parce qu'il a de la suite dans les idées. Il y a plusieurs horizons. Et puis ce parti, ça peut aussi avoir un quatrième horizon qui est de continuer à fracturer la droite et éventuellement de servir de porte-avions pour faire arriver peut-être des élus de LR.
Si jamais la présidentielle ne se passe pas bien pour la droite républicaine, que ce soit LR ou les amis Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, peut-être que si la droite n'est pas au second tour, il y en a peut-être qui seront tentés de rejoindre l'aventure philippiste pour la suite.
Mais Aurélie Herbemont, est-ce qu'on pourrait imaginer qu'ils présentent des candidats aux législatives ? On pourrait avoir des députés, sans mauvais jeu de mots, bleu horizon, à la prochaine Assemblée nationale de 2022 ?
Vraisemblablement, il voudra présenter des candidats aux législatives dans le cadre de la majorité présidentielle.
Sous l'étiquette horizon.
Sous l'étiquette horizon, mais dans la future maison commune. C'est un peu l'arlésienne, on ne sait pas bien à quoi ça va ressembler. Mais il le disait tout à l'heure, si c'est pour être une seule bannière pour la réélection d'Emmanuel Macron, oui, bien sûr. Après, tout dépend de la taille du groupe. C'est ça qui pourra éventuellement poser quelques petits sujets.
Un groupe parlementaire, il faut combien de députés ?
Il en faut 15, mais selon la taille, la gourmandise du gâteau, j'imagine que 15, il trouverait que c'est trop insuffisant pour un groupe. Mais tout à l'heure, dans son discours...
Ça permet d'exister quand on a un groupe parlementaire.
Bien sûr, évidemment. Pour peser sur la politique de l'exécutif, c'est important d'avoir un groupe parlementaire. Et il le disait, voilà, c'est pour élargir la base électorale du président et élargir aussi la représentation de cette base électorale. Et ça, ça passe clairement par l'Assemblée nationale.
Bernard Sananès, on le disait dans votre présentation, c'est la politique préférée des Français. Est-ce que vous voulez expliquer quels sont les ressorts de cette popularité d'Edouard Philippe ? Qui est un taiseux, quand même. Ce n'est le cas que depuis qu'Edouard Philippe a quitté Matignon. C'est ça qui est intéressant. Et c'est assez rare. En général, on quitte Matignon, essoré, comme on dit, essoré par l'impopularité. Edouard Philippe, ça ne s'est pas passé exactement comme ça. Aujourd'hui, il est la personnalité préférée des Français. 46% près d'un Français sur deux ont une bonne image de lui.
Et il est notamment, et c'est ça qui est très intéressant, extrêmement populaire chez les sympathisants en marche modem. 92%. Donc, même s'il y a un peu de bruit dans les travées, comme on dit, après l'annonce du parti, la création du parti Horizon, chez des soutiens d'Emmanuel Macron, pour l'instant, le doute sur la loyauté d'Edouard Philippe ne s'est pas installé, on verra dans les mois prochains, sur la stratégie d'Edouard Philippe, qui pourtant ne faisait pas mystère de ses intentions depuis quelques mois. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est que cette structure de popularité, effectivement, elle a commencé à se construire quelques mois avant son départ de Matignon.
C'est la crise sanitaire qui a révélé Edouard Philippe aux Français. Jusqu'au début de la crise sanitaire, Edouard Philippe, on le voit dans les sondages, les courbes, on n'a pas d'image ici, mais les courbes sont strictement alignées. Et d'ailleurs, dans les questions... Sur Emmanuel Macron. Sur Emmanuel Macron. Et d'ailleurs, dans les questions ouvertes, quand on demandait, est-ce que vous avez une bonne image d'Edouard Philippe, ceux qui nous disaient une bonne image, on leur demandait pourquoi, ils disaient parce qu'il est avec Macron, et ceux qui avaient une mauvaise image, pourquoi, parce qu'il est avec Macron. Et ça, ça a duré jusqu'au mois de mars.
À partir du mois de mars 2020, pardon, on voit qu'Emmanuel Macron, au début de la crise sanitaire, a du mal à trouver ses marques. Et Edouard Philippe s'installe, il progresse très fortement, si bien qu'en juin, il devance quasiment pour la première fois, c'était arrivé une seule fois, il devance Emmanuel Macron. J'allais dire, c'est peut-être le début de ces... Si, je ne prête pas tout ça au sondage, mais il devance Emmanuel Macron, le dernier mois, juste avant son départ, quelques jours avant son départ, il est à 43% de confiance. Donc c'est assez intéressant de voir comment, progressivement, il a réussi à construire ce socle de popularité.
Il a en plus quelque chose pour lui aujourd'hui, qui s'étiole un peu, évidemment, maintenant qu'il entre dans le jeu politique, c'est qu'il a une personnalité moins clivante, moins clivante notamment qu'Emmanuel Macron, même si on voit ce mois-ci que ses propos sur les retraites lui font immédiatement perdre des points à gauche. Donc c'est évident que l'auréole avec laquelle il est sorti de Matignon, cette auréole, va commencer sans doute à se dissiper quelque peu. Bruno Jeudy, ce que disait Bernard Sananès, le péché d'Edouard Philippe, qui lui a valu son éviction de Matignon, c'est parce qu'il avait une cote de popularité supérieure à celle du patron.
Ça, on ne le supporte pas quand on est à l'Elysée, d'avoir son collaborateur vous dépassé dans les sondages ? Il y a des règles dans la cinquième. C'est arrivé aussi à d'autres qu'Edouard Philippe. D'autres présidents n'ont pas supporté voir leur Premier ministre plus populaire qu'eux. François Mitterrand, Michel Rocard, Nicolas Sarkozy, François Fillon. C'est arrivé également, même si à ce couple-là, même si ce couple a très bien fonctionné tout au long, il y a eu quelques tensions, mais ça a plutôt bien fonctionné. Mais c'est vrai que le divorce s'est mal passé. Le divorce entre ces deux hommes s'est mal passé.
Moi, je l'ai vraiment vécu en première ligne, eu cette histoire avec la couverture de Paris Match d'Edouard Philippe, qui n'a pas plu à l'Elysée quelques semaines avant son départ. Parce que, quelque part... C'était lui la vedette ? Il volait un peu la vedette, c'était quelque part qu'il se mettait en scène. Et au fond, Edouard Philippe, imaginant sans doute qu'il ne saurait pas conserver à son poste, commençait à voler de ses propres ailes. Ça avait créé des petites tensions. C'est tout ça pour dire qu'à un moment, oui, ça s'est mal passé la sortie. Ça se passe généralement pas très bien, mais là, ça s'est pas très bien passé entre eux.
Et au fond, la relation entre ces deux hommes est restée, et reste un mystère. Je ne suis pas sûr qu'ils s'entendent très bien, au fond. Ils sont assez différents, je ne suis pas sûr qu'ils s'entendent très bien. Ils ont bien fonctionné pour travailler dans ce tandem exécutif. Après, les relations entre les hommes ont été compliquées. Ce qui est intéressant aujourd'hui, avec ce qui se passe avec la création de ce parti, c'est qu'au fond, on en parlera, c'est qu'Edouard Philippe a fait quelque chose d'aujourd'hui qui est assez anti-Macron.
Créer un parti, faire un discours en disant toujours nous et pas je, en étant dans un style, j'allais dire, beaucoup moins autour du culte de la personne et un peu plus dans quelque chose d'un style différent. Je trouve qu'il a encore affirmé une personnalité très nettement différente de celle d'Emmanuel Macron, tout en étant, et Bernard le signalait, et c'est vrai pour tous les instituts, tout en étant extrêmement populaire auprès de la base macroniste. Alors, Edouard Philippe a donc appelé son parti Horizon, avec un S, un mouvement qui devrait soutenir la majorité présidentielle à un peu plus de six mois des élections.
Mais dans la Macronie, on s'interroge quand même sur les motivations réelles de celui qui est aujourd'hui, on l'a dit, la personnalité politique préférée des Français. Sujet de l'Asselo Gélabert, David Lemarchand, avec Constance Meyer.
Je vous demande d'accueillir Edouard Philippe !
À domicile, sur ces terres du Havre, entouré de 3000 supporters, Edouard Philippe se lance dans un nouveau match et annonce la création de son propre parti politique, Horizon. Pourquoi Horizon ?
Parce qu'il faut, pour faire bien, voir loin. Parce que pour conjurer les vertiges dont je vous parlais, il faut voir loin. Parce que si l'on veut véritablement réfléchir à la stratégie du pays à l'horizon 2050, il ne faut pas regarder juste devant soi, il ne faut pas regarder juste à côté, il faut forcément voir loin.
Edouard Philippe se projette, enjambe la présidentielle de 2022, où il soutiendra, comme il l'a répété, Emmanuel Macron.
On a un combat commun à mener, celui de soutenir la majorité présidentielle, celui de comporter l'élargissement de la majorité présidentielle. Et nous savons le rôle majeur que peut jouer Edouard dans cette dimension-là, aux côtés de celui dont je souhaite qu'il soit candidat à cette réélection, Emmanuel Macron.
Le parti doit d'ailleurs aider la Macronie à élargir ses rangs à droite, et l'opération a l'air de fonctionner. Depuis ce matin, la famille s'agrandit.
Bien sûr qu'en soutenant et en participant à la création du mouvement d'Edouard Philippe, in fine, bien sûr, je quitte les Républicains, je le dis avec beaucoup de peine, mais parce que la situation aujourd'hui est assez catastrophique pour le parti,
« Horizon », encore une formation politique à droite. Chez les marcheurs, certains s'interrogent. Est-ce un parti pour faire la courte échelle à Emmanuel Macron ? Ou pour y placer ses propres pions ?
« Celles et ceux qui font monter cette petite musique, à mon avis d'abord, n'ont aucun sens politique et se trompent lourdement. » « Et il aura quel rôle dans la campagne d'Emmanuel Macron ? » « Je n'ai absolument et jamais douté la loyauté totale d'Edouard Philippe. C'est évidemment une chance pour notre majorité présidentielle. »
Depuis qu'il a quitté le perron de Matignon, Edouard Philippe s'est fait discret. Mais en avril dernier, il prend la plume et la parole en publiant un ouvrage consacré à son rôle de Premier ministre. Il réapparaît peu à peu dans les médias et une question se pose déjà.
« Je ne réponds pas d'ailleurs aux questions qui portent sur 2022. Je pense qu'on passe beaucoup trop de temps à se poser des questions tactiques. »
Chaque dédicace s'accompagne de rencontres avec des élus locaux. Edouard Philippe cultive son réseau. Surtout auprès des maires de droite, comme ici en août à Fontainebleau. Ces dernières semaines, tout s'accélère. Edouard Philippe annonce le lancement de son parti et fait même des propositions pour réduire la dette ou repousser l'âge de départ à la retraite à 67 ans. Des déclarations qui crispent la majorité.
« La proposition de retraite à 67 ans, ma vision n'est pas celle-là. Les femmes qui travaillent dans les EHPAD avec le dos bousillé à 50 ans, vous leur dites que la retraite c'est dans 17 ans, je ne serai pas celui qui dira ce genre de choses. »
Edouard Philippe joue la différence tout en prêtant allégeance, un style qui séduit. Depuis plus d'un an, il est la personnalité politique préférée des Français. Une popularité qui pousse ses militants à l'envisager comme un futur chef d'État.
« Il incarne une voiture qui n'est pas représentée ailleurs. Et ça, pour moi, c'est quelque chose de très important, surtout en tant que président. » « J'espère qu'il va nous sortir quelque chose d'intéressant pour 2027. »
En attendant, la prochaine étape se sera en décembre avec le congrès fondateur du parti.
Aurélie Herbemont,
qui y avait-il cet après-midi au Havre pour assister à la création de ce nouveau parti d'Edouard Philippe ? Et deuxième question, est-ce que c'était bien vu que d'assister à cette cérémonie de création ?
Alors, d'abord, qui il y avait ? Il y avait des maires de droite modérés qui sont déjà dans le giron philippo-macroniste depuis plusieurs années. Christophe Béchut, notamment, qui est le maire d'Angers, qui sera le secrétaire général d'Horizon. Il y avait Arnaud Robinet, qu'on a vu dans le reportage.
Ce sont des LR.
Alors, non, Christophe Béchut n'était déjà plus LR. Et Arnaud Robinet, c'est une question de jour avant qu'il rende vraiment sa carte des Républicains. Il y avait des maires de droite modérés et puis il y avait des responsables de la majorité présidentielle au premier rang desquels Christophe Castaner qui est donc le président du groupe En Marche à l'Assemblée. Il y avait aussi le président du groupe... Qui est issu du Parti Socialiste. Qui est un ex du Parti Socialiste, effectivement. Il y avait aussi le président du groupe Modem à l'Assemblée Nationale. Dans la majorité présidentielle, ils ont envoyé une délégation. C'est assez particulier, c'était très protocolaire.
On voyait une délégation à la création du parti d'Edouard Philippe parce qu'ils ne voient pas ça d'un très très bon oeil dans la majorité présidentielle, les macronistes historiques. Ils surveillent un petit peu ce que fait Edouard Philippe. Voilà, c'est ce que j'avais dit cette semaine dans une chronique. Bienveillance rime avec surveillance. Ils sont allés voir un petit peu à quoi ça ressemblait parce que forcément, ils se demandent.
Oui, il veut aider le président, mais peut-être qu'il prépare surtout 2027 et qu'il va peut-être être un petit peu pénible pendant le prochain quinquennat, six prochains quinquennats il y a, en voulant peser sur la ligne politique parce qu'Edouard Philippe a livré aujourd'hui un discours de droite avec des marqueurs. D'ailleurs, je ne sais pas si tout le monde a regardé les 1h45 de discours d'Edouard Philippe. Dans les premières transformations à venir dont il parle, il y a la question de la démographie et donc la question migratoire. Ça, c'était clairement un clin d'œil à la droite. Edouard Philippe, il ne parle pas très souvent d'immigration. Il a cité d'ailleurs Nicolas Sarkozy.
C'est la première personne qu'il a citée dans son discours. Donc des gros clins d'œil à la droite. Forcément, la Macronie qui se veut est de droite et de gauche. On voit bien que lui, il est surtout est de droite. Et il se demande un petit peu ce qu'il trafique. Donc ce n'était pas très très bien vu pour les députés en marche d'y aller parce qu'en Macronie, certains ont peur qu'il essaye de faire du débauchage pour piller un petit peu des marcheurs à mettre dans son propre groupe. Et ça, ça passe assez assez mal.
Bérange Gerbonte, pourquoi lui prête-t-on autant d'ambiguïté à Edouard Philippe ? Je dis ça parce que vous avez décidé d'appeler votre livre le Sioux. Le Sioux. Et d'ailleurs, est-ce que vous avez hésité avec d'autres noms pour ce livre ? Et pourquoi le Sioux ? Alors, pas réellement hésiter en réalité. C'est quelque chose qui s'est imposé au fil de l'enquête. Il y a, on l'a pas mal dit, qu'il était rusé comme un Sioux, malin comme un Sioux.
Un Sioux, pour moi, je ne sais pas pour vous, mais c'est quelqu'un qui est un peu caché comme ça, qui observe assez longtemps, qui parle le plus tard possible, qu'on ne voit pas arriver en réalité, et qui se retrouve plutôt Premier ministre d'un président dont il n'a pas fait la campagne. Et en fait, au fil de son existence, il y a une foule de moments où ça se vérifie, où on ne le voit pas arriver, où il y a cette ambiguïté, en fait, vous parlez d'ambiguïté, mais il est éminemment ambiguï. Toute l'année qui vient de s'écouler était un monument d'ambiguïté. – À savoir ?
– À savoir, je sors un livre début avril, mais je me tais pendant six mois, je laisse, je fais des petites sorties médiatiques comme ça. Oui, non, je dis non, je n'ai pas d'ambition, mais oui, quand même un peu. – Mais je suis libre. – Ce qui ne veut rien dire en réalité, loyal et libre, si on y réfléchit deux secondes. – Vous trouvez qu'il n'a jamais été clair sur 2022, clair à 100% ? – Mais il a même entretenu, moi, il me disait au printemps, quand je le voyais, il y avait eu notamment une toute petite interview qui était censée être une interview sport, et qui s'était terminée sur RMC par une question.
2022, il va y avoir deux présidences, la présidence du HAC, qui est le club du Havre, ou la présidence de la République, vous préférez quoi ? Et il n'avait pas répondu, en fait. Il s'était débrouillé pour renvoyer, ben venez donc boire une bière au HAC, on en discutera, c'est trop important. Mais là, il a été clair cet après-midi, mon objectif en 2022, c'est de faire en sorte que le président de la République, Emmanuel Macron, soit réélu. – Mais si vous regardez bien comment il le dit, bien sûr que c'est clair, c'est dit, ça c'est dit. Mais c'est comme, il y a trois semaines, il l'a dit aussi. Puis deux semaines plus tard, il interviewait à Chalange, la retraite à 67 ans, etc.
Et là, si vous regardez bien comment il le dit, on sent une espèce d'agacement, il répond en disant, bon voilà, puisqu'il faut le dire, je vais vous le dire encore, je vais vous le dire encore, très agacé par les doutes qui lui sont renvoyés par les macronistes. – Bernard Sanès, sur la forme d'ailleurs, 1h45 à parler, les mains dans les poches, ça faisait presque un peu, on faisait la réflexion, Keynotes d'Apple, vous savez, c'est vrai, ça ressemblait à ça. Et en tout cas, même pour ceux qui suivent la politique depuis longtemps, on n'a pas de souvenir d'avoir vu Edouard Philippe dans ce type de discours.
On l'a vu faire des discours, au moment de la crise Covid, on l'a vu faire des discours de politique générale à l'Assemblée, mais un vrai discours politique, ça ressemblait quand même à un meeting de lancement de campagne, même si toutes les précautions ont été prises à la télé récemment et puis encore dans le discours aujourd'hui, pour qu'il n'y ait pas de doute, c'est-à-dire qu'il fallait lever ce doute de non, je ne suis pas candidat en 2022, pour que tout ce qui puisse être dit après ne soit pas pris comme une première étape d'une éventuelle déclaration de candidature ou d'une posture de recours.
Ça, je trouve, sur un plan de communication, même s'il y a eu beaucoup d'ambiguïté, c'est assez bien réussi. Les propos, après quelques mois d'hésitation, ont été clairs. Ce qui permet aujourd'hui à Edouard Philippe de faire entendre sa voix et de faire entendre de plus en plus ces différences. Et c'est vrai que notamment dans l'interview de Challange, en question des retraites, mais aujourd'hui encore, moi j'ai noté quelques exemples. Avec Horizon, nous allons définir une stratégie pour la France, c'est une aventure collective. Si on le lit en creux, une stratégie pour la France, est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui il n'y en a pas ?
Une aventure collective, est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui, l'aventure est individuelle ? Certains des proches d'Edouard Philippe ont dit, on va créer un vrai parti. C'est évidemment une critique en creux pour La République en marche. Dans la charte des valeurs qui a été présentée et qui passait en fond derrière le discours d'Edouard Philippe, il y avait remettre de l'ordre dans les comptes et dans les rues. C'est aussi une forme de critique, évidemment, du bien d'Emmanuel Macron. Donc voilà, il y a eu deux phases.
Un, dire et ne pas laisser l'ambiguïté sur je ne serai pas candidat en 2022, donc ne me faites pas ce procès-là, mais je vais essayer de construire une nouvelle offre politique. Nouvelle offre politique, je crois qu'ici on s'en souvient tous, c'est quasiment mot pour mot ce qu'avait dit Emmanuel Macron en 2016 quand il a lancé son parti politique. C'est vrai que Bruno Jeudy, elle est frappante cette phrase. Edouard Philippe qui dit vouloir remettre de l'ordre dans les comptes et dans la rue, elle fait mal pour Emmanuel Macron. Comment prend-il ce genre de phrase ? On va voir comment ils le prennent. Je ne pense pas très bien, sans m'avancer beaucoup.
C'est une critique en creux extrêmement violente contre le pouvoir. D'abord, premièrement, il a quand même participé lui aussi à ce pouvoir, puisqu'il a quand même été Premier ministre trois ans. Donc l'ordre dans les comptes, il pourra toujours dire j'ai essayé, voilà. On sait qu'il y a une différence d'appréciation sur le sujet entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe. Nettement, on l'a vu au moment de la réforme des retraites. Beaucoup de macronistes ont dit qu'Edouard Philippe avait largement contribué à la bloquer parce qu'il voulait absolument… Avec l'âge pivot. Avec l'âge pivot, il n'avait pas la même analyse qu'Emmanuel Macron.
Et sur d'autres sujets, il était beaucoup plus à vouloir resserrer les cordons de la bourse plutôt que vouloir les desserrer, qui est plutôt la philosophie d'Emmanuel Macron. L'ordre dans les rues, on peut aussi lui renvoyer le fait que lui-même a été au pouvoir pendant trois ans et que franchement, les ministres de l'Intérieur qui ont débuté le quinquennat, au moins les deux premiers, n'ont pas vraiment eu de très très bons résultats. Celui qui actuellement n'était pas ministre de l'Intérieur d'Edouard Philippe. Ça c'est pour eux. Mais moi je trouve que ce qui est intéressant avec la… Si on revient sur la forme, le discours d'un chef de parti, ça avait de l'allure, incontestablement.
Encore une fois, c'était un discours où le « nous » dominait le « je », alors que chez Emmanuel Macron, c'est le « je » qui domine le « nous ». Tout ça, et peut-être des remarques de forme, mais ça dit aussi de ce qu'Edouard Philippe veut construire. Il repart, j'allais dire, de la base, il veut s'appuyer beaucoup sur les élus qui n'existent pas à LREM, un réseau de militants beaucoup plus enracinés, ce qui n'a pas été le cas chez LREM, où on a choisi le recrutement par Internet. Donc on voit qu'il fait quelque chose de complètement différent, comme s'il tirait la leçon finalement de l'échec de la République en marche.
Alors la République en marche, c'est un échec depuis qu'ils sont au pouvoir, puisque Emmanuel Macron a gagné avec son mouvement des marchés, mais on voit bien que depuis, ça a été un échec. Et le dernier élément, je pense que la démonstration de force que fait Edouard Philippe aujourd'hui, elle vise aussi à démontrer, peut-être aux macronistes, tous ceux qui s'agacent de voir Edouard Philippe monter en puissance, je pense à François Bayrou, je pense à d'autres... – Qui n'est pas tendre. – Oui, qui n'est pas tendre, on a vu la critique dans le reportage, montrer qu'il n'est pas seulement un numéro 2.
Aujourd'hui, il endosse le costume d'un éventuel numéro 1, alors pas 2022, on l'a compris, mais 2027. – Bérangère Bont, on disait tout à l'heure que c'était la personnalité politique préférée des Français, pourtant, dites-moi si je me trompe, mais Edouard Philippe, c'est l'homme de la taxe carbone, qui mettra les gilets jaunes sur les ronds-points, c'est l'homme des 80 km heure, et on vient de le dire, c'est l'homme de l'âge pivot, c'est-à-dire de la retraite à 64 ans, qui va faire capoter la réforme de la retraite.
– Ça aussi, c'est une ruse de Sioux, de savoir faire oublier les mesures impopulaires qu'on a prises, et de se retrouver en tête du sondage sur les personnalités préférées des Français ? – Manifestement, dès sa sortie de Matignon, et même d'autres instituts, même le mettait vraiment au coude à coude avec Emmanuel Macron au fil des trois années de pouvoir, donc il a instantanément parvenu, enfin je pense que le moment déterminant, c'est évidemment la crise du Covid, qui a installé sa stature. Si vous réécoutez le discours de déconfinement qu'il prononce le 28 avril devant l'Assemblée, souvenez-vous, on déconfine le 11 mai, Edouard Philippe ne voulait pas déconfiner.
– Oui, il était enfermiste. – Sauf qu'il fait un discours, alors il se plie à la date du 11 mai imposée par le Président de la République, tout en expliquant qu'en fait il ne va rien se passer pendant un mois, et qu'il a bien compris, c'est assez magistral ce discours, qu'il a bien compris l'inquiétude des Français, vous inquiétez pas, on ne va pas le faire tout de suite, on verra fin mai, si les restaurants peuvent rouvrir, réécoutez ce discours-là, c'est très frappant. Et donc il y avait une façon effectivement de faire oublier des tensions qui pourtant étaient sérieuses. – Mais comment vous l'expliquez cette popularité d'Edouard Philippe ? – Il y a quelque chose de…
une des choses qui a beaucoup plu aussi aux Français manifestement, c'est cette capacité à dire qu'il ne sait pas, et qui est assez nouveau dans la classe politique, ou en tout cas assez rare, et qui était d'ailleurs une difficulté au tout début de son passage à Matignon, puisque ça lui a été reproché, il a été pris un peu en défaut dans une interview très très tôt, et puis en fait ce « je ne sais pas » est devenu une vraie qualité. – Et cet homme qui doute, cet homme très pédago pendant toute la crise du Covid… – C'est sa personnalité plus que son programme finalement ? – Oui probablement, absolument. Le programme il n'est pas établi complètement, si ce n'est…
Alors il y a un marqueur absolu qui est les dépenses publiques, rétablir l'ordre dans les comptes, ça pour le coup c'est vraiment son logiciel, mais pour le reste c'est assez fluctuant en vérité. – Son programme Aurélie Herbemont, la une de challenge où il dit « dette, déficit, dépense ». On a l'impression qu'il n'y a plus que lui qui parle de ça.
– Alors c'est vrai qu'en ce moment ce n'est pas très à la mode d'alerter sur la dette et les déficits, puisqu'on est passé par le quoi qu'il en coûte, puis le plan de relance à 100 milliards, donc ce n'est pas très en vogue en ce moment. – La retraite à 67 ans il a. – La retraite à 67 ans, alors il dit 64, 65, 66, 67, il prend des précautions. 67 ans d'ailleurs c'est peut-être au passage le bon âge pour une campagne en 2027, parce qu'a priori ça ne va pas en faisant des propositions pour diminuer l'âge de départ en retraite. Ça c'est un vrai marqueur, c'est son côté très jupéiste, les dépenses publiques, la rigueur, l'orthodoxie budgétaire, c'est quelque chose de très important pour lui.
– Il y a une demande à l'aide dans l'électorat de droite sur ces questions ?
– Alors ça oui, ça fait partie des marqueurs de l'électorat de droite, vous avez la rigueur budgétaire, l'immigration, la sécurité, c'est vraiment les trois piliers pour l'électorat de droite, donc ça il coche la case dépenses publiques, alors qu'effectivement il a bien contribué à ouvrir les vannes de la dépense publique pendant qu'il était à Matignon avec le quoi qu'il en coûte.
Alors ce qu'il disait dans les réunions au moment du Covid, en gros ce n'est pas un fétichiste de l'orthodoxie budgétaire, mais son présupposé c'est que pour pouvoir affronter des crises, il faut quand on n'est pas en période de crise, avoir des dépenses publiques et des finances publiques assainies pour justement pouvoir affronter les crises, c'est ce qu'il avait dit au moment du Covid, l'orthodoxie budgétaire c'est pour affronter la guerre, et là c'est la guerre.
Donc c'est pour ça, il dit, maintenant que la crise est moins aiguë, c'est le moment où il faut réassainir pour qu'on ait notre propre souveraineté, notre autonomie, parce qu'aujourd'hui on emprunte sur les marchés à des taux très très bas, qui peut dire combien de temps ça va durer ? Ça peut être assez risqué comme stratégie à long terme de miser sur des prêts à très bas.
– Et donc il a piqué à François Bayrou, François Bayrou était à une époque très attaché à cette pièce. – Sur la dette, et aujourd'hui c'est… – Et attention, le quoi qu'il en coûte, c'est après son passage, et en vérité il a beaucoup rongé son frein depuis un an, en privé. – Ça a commencé sous lui. – Ça a commencé un petit peu, mais souvenez-vous, les 10 milliards que lâche Emmanuel Macron, visiblement qu'il n'avait pas prévenu Matignon, sincèrement c'est comme ça que ça s'est passé, alors il applique, mais je n'ai pas été pas… – Ça heurte son logiciel de droite.
– Il ajoute beaucoup dans son discours tout à l'heure la question de la justice, quand il parle des problèmes de sécurité, il dit le maillon faible c'est sans doute la justice, c'est évidemment aussi une critique sur le bilan, et d'ailleurs j'en profite pour dire, on a parlé de la popularité de l'ancien Premier ministre, c'est vrai que c'est assez paradoxal aujourd'hui de voir qu'il échappe finalement à la critique sur le bilan. L'exécutif reste impopulaire, mais Édouard Philippe, avec la gestion de la crise sanitaire, finalement a réussi à se dissocier de cette partie du bilan, donc pourtant il est évidemment…
– Ça rappelle un petit peu le couple Sarkozy-Fillon, Fillon échappait aussi à la question du bilan. – Le bilan de Nicolas Sarkozy. – Le pays est plus cher. – Alors la création du parti d'Édouard Philippe est donc une mauvaise nouvelle de plus pour les Républicains, les Républicains un parti dont les principaux candidats à l'investiture, à savoir Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Michel Barnier, stagnent dans les sondages et devront attendre le congrès du 4 décembre pour être départagés avec une inconnue de taille. Xavier Bertrand acceptera-t-il de jouer le jeu en se soumettant au vote des adhérents ? Sujet de Barbara Steck, Julien Perrault et Emmanuel Bach.
– Cette semaine à Clermont-Ferrand, les vaches auront vu défiler au total une petite dizaine de candidats à l'élection présidentielle. Les agriculteurs et leurs bêtes à l'honneur.
– Lui, il est médaillé. – Oui. – Il est médaillé pour les vaches.
– Hier, c'était au tour de Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, qui en territoire rural, n'oublie pas de rappeler ses origines corésiennes.
– Parce que moi, je suis corésienne, c'est pour ça. Mais c'est vrai que je n'ai pas vu beaucoup de charolaises en corésie.
– Dans les allées, échanges sur le pouvoir d'achat, les retraites, loin des questions d'immigration qui animent une grande partie du débat politique et appellent chacun à se positionner. Valérie Pécresse n'y échappe pas. Cette semaine, elle présentait son projet de réforme constitutionnelle.
– Moi, j'ai proposé concrètement ce qu'on pourrait faire pour ne plus subir une immigration incontrôlée, mais au contraire, choisir les étrangers qu'on accueille. Moi, j'ai fait cette loi constitutionnelle parce que j'entends justement dans le débat beaucoup de provocateurs, de polémistes, d'extrémistes qui disent « Immigration, zéro ! L'année prochaine, immigration, zéro ! »
Mais c'est impossible, personne n'y croit. – À ses côtés, Brice Hortefeux affiche sa proximité avec Valérie Pécresse et ne cache pas son agacement concernant les attermoiements de Xavier Bertrand.
– Je vous remercie, c'est bon. – J'espère que Xavier Bertrand, après avoir beaucoup hésité, reviendra sur une position qui a pas été très claire, mais peu importe. Ce qu'il faut, c'est que tout le monde soit réuni dans la famille parce que l'union n'est pas la certitude du succès, mais c'en est une des conditions.
– Car à droite, Xavier Bertrand n'en démord pas. Il estime être aujourd'hui le mieux placé et appelle ses concurrents à le rejoindre pour éviter un congrès qu'il n'est pas sûr de gagner.
– Parce que les sondages dont on parle beaucoup, depuis des mois et des mois, ils disent que je suis celui qui peut être qualifié pour le second tour
et qui au second tour est le seul capable de battre Emmanuel Macron. Voilà la vérité. – Mais ni Valérie Pécresse, ni Michel Barnier n'ont l'intention de se ranger derrière Xavier Bertrand. Alors pourrait-il y avoir deux candidats à droite ? Le président des Hauts-de-France, présent lui aussi dans les couloirs du sommet de l'élevage, écarte pourtant cette possibilité.
– Bien sûr qu'il n'y aura qu'un seul candidat de la droite et du centre. S'il n'y a pas qu'un seul candidat de la droite et du centre, bien évidemment, il ne sera pas en mesure de concourir. Mais je suis sûr et certain, tiens, je le disais tout à l'heure,
le bon sens et l'esprit de responsabilité finiront par l'emporter. – Si Xavier Bertrand se démarque légèrement dans les sondages, tous croient en leur chance.
– Bonjour monsieur, ça va ? – Bonjour, ça va bien.
– Michel Barnier, le premier. L'ex-négociateur du Brexit sillonne la France à la rencontre des élus et des militants. Lui se voit bien capitaine de la France, l'homme qui saura concilier et réconcilier la famille.
– Je ne ferai rien, chers amis, qu'ils puissent rendre plus difficile la réunion. – Michel Barnier est le seul qui est resté, même s'il avait des choses, des divergences, des choses différentes en termes d'approbation, avec sa famille politique, avec ses dirigeants, il est resté fidèle à ses convictions, fidèle à sa famille.
– Et si la loyauté était la clé du succès au Congrès ? Michel Barnier y croit, serein sur son avenir.
– Il faut garder son calme. Dans toutes les élections précédentes, les candidats ne se sont déclarés ou n'ont commencé leur campagne qu'au mois de décembre, parfois au mois de janvier. Là, nous avons un processus démocratique, les militants vont choisir, il faut respecter les militants. Le 4 décembre prochain, moi je leur fais confiance, et puis commencera le temps de la campagne et de l'union. Nous, notre famille, parce que je veux travailler à cette réunion de tous les candidats.
– Il reste 8 semaines avant le Congrès, et 4 jours à Xavier Bertrand pour se décider et déclarer s'il y participera ou non. – Question téléspectateur, Bruno Jeudy, comment réagit-on chez LR à la candidature d'Edouard Philippe ? Certaines personnalités de droite le voyaient déjà venir peut-être ? – Alors, officiellement, pour les dirigeants de LR, Édouard Philippe est rangé dans la catégorie des traîtres. Et Christian Jacob, même s'il a, sur la fin de Matignon, plutôt normalisé un peu sa relation avec Édouard Philippe, et Christian Jacob déteste ceux qui sont partis avec Emmanuel Macron en 2017. Donc, c'est un traître. Ça, c'est pour un peu les dirigeants du parti.
Après, il y a l'autre catégorie des élus qui voit ça d'un peu plus loin, qui sont sur un positionnement politique différent, et qui se disent, Édouard Philippe, grosso modo, il l'a dit lui-même, il est rentré par la droite à Matignon, et il a réussi à sortir par la droite de Matignon. C'est quand même ça qu'il faut voir. C'est que, quand il dit horizon, quand il dit le positionnement politique dans son discours, il s'interroge, quel est mon positionnement politique ? Il dit, en avant, lui, il ne dit pas, et de droite, et de gauche. Il ne dit pas ça du tout, Édouard Philippe. Donc, pour beaucoup d'adhérents, d'élus petits et moyens de LR, Édouard Philippe est une personnalité qui leur plaît.
Il suffit de regarder les sondages de tous les instituts. Il séduit aujourd'hui, moi j'ai en mémoire mon propre tableau de bord, où en gros, il est la première personnalité politique chez les sympathisants LR, à égalité avec Valérie Pécresse et Nicolas Sarkozy. Donc, ça donne quand même un peu les dégâts que provoque Édouard Philippe dans cette catégorie. Maintenant, je pense qu'Édouard Philippe, horizon, créé, aujourd'hui, c'est en quelque sorte un sas de passage pour les éventuels LR qui seraient déçus par ce qui va se passer le 4 décembre si jamais ils n'arrivent pas à se mettre d'accord.
Et ce sera plus facile de taper à la porte d'horizon que d'aller dans la maison commune LRM parce que le sympathisant de droite aujourd'hui qui n'a pas voté Macron en 2017, il n'ira pas vers Macron en 2022. En revanche, préparer l'avenir avec Édouard Philippe... D'autant que ce qui est assez habile, c'est que la double appartenance va permettre tout de suite à ceux qui voudront franchir le pas, ils ne seront peut-être pas encore très nombreux, mais d'y aller, tout en restant là où ils sont. Est-ce que chez LR, il y en a qui lui disent « Allez, viens, viens dans la primaire ! » Alors, il y en avait... Alors, dans la primaire... « Tu vas la gagner et après, tu as l'Élysée !
» Il y en avait un qui avait clairement mis au bureau politique de LR à l'automne le nom d'Édouard Philippe quand il cherchait un candidat, c'est Jean-François Copé et qui vraiment... Qu'il a reçu, d'ailleurs. Voilà, qu'il a reçu à mot. Discussion, visiblement, entre professionnels versus les amateurs d'Emmanuel Macron. Jean-François Copé, très heureux de voir qu'effectivement, Édouard Philippe était comme lui, très attaché à reprendre le pays avec tous ces professionnels de la politique, etc. Donc, il a tenté de vendre au bureau politique quelque chose qui était un peu invendable. Je veux dire, ils avaient tous encore en tête, évidemment, la trahison de 2017. Mais ça en dit long quand même.
Christian Jacob, évidemment, n'acceptera jamais ça, même si ça s'est un peu apaisé. C'est quand même pas... À Matignon, moi, je raconte une petite anecdote si j'ai le temps. Vous savez, tous les mardis, ils jouent au foot à Bercy. Édouard Philippe, Gérald Darmanin et des membres des deux cabinets. Et on me raconte des vannes permanentes sur l'ÉLR, sur Christian Jacob notamment. Et en particulier, une fois, vous avez Édouard Philippe qui arme sa frappe, qui lance le ballon et qui, en tapant dedans, dit ça, c'est la tête de Christian Jacob. Et puis, qui se tourne vers les jeunes conseillers. Il ne faut pas la raconter. Il y a des haines tenaces quand même qui font la politique.
Enfin, ou des inimitiés en tous les cas. Et elles vont rester. Bernard Salones. Il y a là un momentum particulier. C'est au moment où la droite est un peu, disons-le, dans la panade, parce qu'elle n'arrive pas à désigner son candidat, que Édouard Philippe lance son parti politique. Ce n'est pas un hasard. Ce n'est pas un hasard. D'ailleurs, quand on regardait, y compris ses proches, aujourd'hui, je pense notamment à Mme Firmin-Le Baudot, qui est députée de Seine-Maritime, qui disait, la première étape, Bruno parlait tout à l'heure de la première étape, la première étape, c'est d'abord de gagner la présidentielle parce que la présidentielle n'est pas acquise.
Ça reste quoi, la grande crainte des macronistes ? C'est de devoir affronter, ce qui n'est pas le cas pour l'instant, le candidat de droite au second tour, ce qui, évidemment, rendrait le second tour beaucoup plus difficile. Dans cette perspective-là, évidemment, Édouard Philippe peut fixer un certain nombre d'électeurs de droite pour dire, voilà, le candidat, je ne peux pas dire de la droite, c'est Emmanuel Macron, mais le candidat qui porte le mieux les valeurs de la droite, c'est Emmanuel Macron. Il faut voir qu'aujourd'hui, on est à six mois du scrutin, bien sûr, mais c'est de l'attitude du segment électoral de la droite qui décidera de ce que sera la fiche du second tour.
Soit le segment électoral de la droite reste fidèle à son camp et le camp de la droite peut encore, ce n'est pas le cas aujourd'hui, mais peut encore espérer être au second tour. Soit il continue à regarder vers Marine Le Pen ou Éric Zemmour, on a vu dans les dernières semaines qu'il regardait encore plus vers Éric Zemmour que vers Marine Le Pen. Soit une part importante considère que, finalement, il n'y a pas d'autre choix qu'Emmanuel Macron et qu'il faut y aller dès le premier tour. Et de cette attitude-là, on pourra déterminer quelle sera la fiche du second tour. Et puis, il y a les élus. Les élus, c'est évidemment très important.
Les élus de droite Macron compatibles, comme on les a appelés, ils n'ont jamais été tentés par l'idée d'aller en marche. En marche, pour eux, ce n'était pas un parti. Les élus de droite, ils aiment bien un parti organisé, structuré, qui donne des investitures. Et puis, ils se disent aujourd'hui, aller en marche ou la majorité présidentielle maintenant, mais de toute façon, finalement, même si Macron est réélu, il reste 5 ans. Édouard Philippe leur ouvre une perspective de se dire, il y aura un mouvement après. Pourquoi ? Parce que finalement, aujourd'hui, Emmanuel Macron n'a ni héritage, ni héritier.
Ni héritage, parce qu'il n'a pas d'héritage idéologique, en tout cas pas pour l'instant, ni héritier, parce qu'à part Édouard Philippe, aucune personnalité de la Macronie n'a créé un vrai lien avec l'opinion. Aurélie Herbemont, il y a 5 ans, je me souviens très bien, on disait jamais Emmanuel Macron ne se présentera en 2017 parce qu'il ne trahira pas François Hollande. Aujourd'hui, on dit jamais Édouard Philippe ne se lancera en 2022 parce qu'il ne trahira pas Emmanuel Macron. Est-ce qu'on peut faire ce parallèle ?
Le parallèle, il a quelques limites. Édouard Philippe, il ne faut pas oublier que sa filiation, c'est jupéiste. Et chez les jupéistes, ils adorent dire que non, non, non, on ne trahit pas. Après, pour l'instant, si Emmanuel Macron est en capacité de se présenter, ce qui semble être le cas aujourd'hui, on ne voit pas très bien, à part l'accident industriel qui peut toujours arriver, 6 mois, c'est très très long en politique, en fait, Édouard Philippe, il n'a pas d'espace. Son horizon très immédiat, il est bouché par Emmanuel Macron.
D'accord.
Donc, on voit bien, si quand même vous demandez à un marcheur, même s'il a beaucoup aimé Édouard Philippe, il préfère quand même Emmanuel Macron, généralement. Donc, ce qu'il pourrait peut-être gagner à droite, il le perdrait chez les marcheurs s'il allait en frontale avec le chef de l'État. C'est nouveau et sage. Donc, évidemment, il pourrait toujours être un recours en cas de... Voilà, une campagne...
Emmanuel Macron empêchait.
S'il était empêché, mais s'il n'est pas empêché, Édouard Philippe n'ira pas faire la trahison ultime contre Emmanuel Macron. Il sait ce qu'il lui doit. Si Alain Juppé, qui était son candidat à la primaire, avait été président de la République, Édouard Philippe ne serait jamais devenu Premier ministre.
Jamais. Édouard Philippe a cette qualité aussi par rapport à d'autres hommes politiques aujourd'hui qui sont très impatients. Quelqu'un qui peut attendre et c'est une qualité qui est plutôt rare maintenant en politique. C'est un sioux. On les a tous vus se précipiter. La génération des Nathalie Kosciusko, des Emmanuel Valls, des Bruno Le Maire qui s'est vus tout de suite président de la République. Il attend. Là, il se met sur le temps long, ce qui est très rare aujourd'hui parce que viser, c'est risqué. C'est risqué. Mais il balise son chemin. Au horizon. Avec un mot et après... Sur la persévérance, j'invite juste à se pencher dans le sujet ou ailleurs.
Mais sur la longue période d'attente de la mairie du Havre. Moi, on s'imagine toujours que ça lui est tombé tout cru, que c'est arrivé comme ça, qu'Antoine Ruffenac lui a transmis la mairie. Ça dure 10 ans. Avec beaucoup de ses amis qui deviennent ministres, toute cette génération de LR, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, etc. Et lui, il s'astreint à cette... Il dit ici, je l'aurai, je l'aurai la mairie, je l'aurai la mairie. Ses amis lui disent, mais arrête maintenant, c'est le Havre d'abord et ensuite, finalement, il te la donnera pas. La patience de Sioux. Voilà.
Et Antoine Ruffenac joue un peu même avec lui, il fait venir d'autres candidats, Christine Lagarde et autres, et il ne lâche pas. Et ça, c'est un trait de caractère, c'est un boxeur aussi, il ne faut jamais l'oublier. Et qui arrive à ses fins. Donc, les grandes manœuvres ont donc commencé dans les partis pour se mettre en ordre de bataille pour la future campagne présidentielle. Éric Zemmour, toujours pas candidat, mais en bonne position dans les sondages, ne dispose pas d'une formation politique pour le soutenir financièrement. Mais, en coulisses, le polémiste peut compter sur des réseaux qui pourraient l'aider à organiser sa campagne.
Vous voyez cette enquête de Julien Lonnet, Marion Devauchel et Emmanuel Bach.
Le mystère Éric Zemmour, candidat à la présidentielle ou pas ? Et surtout, avec quel soutien
pour concrétiser son ambition ? Difficile de savoir qui pourrait financer
le potentiel prétendant à la fonction suprême. Seule certitude, le polémiste va en principe pouvoir compter sur cet homme, Charles Gave, un millionnaire qui ne mâche pas ses mots vis-à-vis de l'actuel locataire
de l'Elysée. C'est un homme qui n'a aucune intelligence des situations. C'est-à-dire qu'il est juste
un but de sa personne et persuadé qu'il est quelqu'un de tout à fait spécial.
J'ai toujours dit cet homme est idiot. C'est un peu le procès. Le vrai problème de Macron, c'est qu'il est idiot. Charles Gave, 78 ans, est un entrepreneur qui a fait fortune à Londres,
parti de France en 1981. après l'entrée des communistes au gouvernement. Son positionnement politique se résume en trois mots, libéral, conservateur et identitaire. Et peu importe si ses propos choquent comme ceux sur les femmes. C'est un animal différent, ça s'intéresse à ses proches, les femmes. Ça ne s'intéresse pas aux soeurs de l'humanité. S'il n'y a rien
dans le frigidaire, le réchauffement asociérique, ils s'en foutent. Elles s'en foutent. Par le passé, Charles Gave avait misé sur Nicolas Dupont-Aignan. Désormais, son nouveau chouchou s'appelle Éric Zemmour. Joint par téléphone, il assume ce choix. Je soutiens suffisamment Éric Zemmour. Le montant ne regarde que lui et moi
et surtout pas la presse. Donc, voilà, je vous ai dit ce que j'avais à vous dire. Il a deux qualités que je n'ai pas vues chez un politique français depuis 50 ans à peu près. Un, il a du courage et deux, il aime ce pays. Donc, si vous voulez, c'est deux qualités qui le distinguent de tous les autres candidats qui se sont présentés
depuis à peu près 50 ans qui étaient tous des gros trouilleurs et en plus qui n'aimaient pas leur pays.
Actuellement, il y aurait une autre personne clé pour la mise en orbite politique d'Éric Zemmour. Un trentenaire
ex-banquier d'affaires et dans les start-up serait en charge du financement de la campagne. Il s'agit de Julien Madard, très discret et qui fait tout pour le rester. Comme lundi dernier, après le débat avec Michel Onfray. Repérant notre caméra,
il préfère s'éclipser. Rares sont ceux qui parlent publiquement du rôle qu'ils jouent en coulisses. Le souverainiste Paul-Marie Couteau a accepté de nous recevoir.
Je ne connais pas bien ces équipes de campagne. S'il y a campagne, je ne sais pas exactement où ils en sont de leur degré de décision quant au fait de faire campagne. je ne sais pas avec quels moyens. Je déjeune avec Eric Zemmour très fréquemment depuis 25 ans. Comme toujours dans les déjeuners que nous multiplions depuis, je répète, à peu près 25 ans. Il m'est arrivé de lui dire j'aimerais présenter telle ou telle personne. la plupart du temps ce sont des deux ou trois. Je continue bien évidemment. L'argent, enjeu de taille pour la course à l'Elysée.
Certains acteurs du monde économique sont déjà prêts à apporter leur contribution. Sujet toujours tabou. Un entrepreneur contacté préfère s'en expliquer en gardant l'anonymat. Pour Eric Zemmour, les recettes générées par son livre sorti mi-septembre. Même si le nombre de ventes baisse, il lui aurait déjà rapporté plus d'un million d'euros. Bruno Jeudy, question téléspectateur. Eric Zemmour, peut-il mener campagne sans partie ? Mener campagne sans partie, tout à fait. Il faut simplement qu'il trouve les moyens financiers, qu'il organise ses levées de fonds. Il y a des associations, il y a des gens autour de lui qui semblent s'affairer sur cette question.
Mais un parti, tôt ou tard, il lui en faudra un. Il lui faut une organisation minimum. Il peut lever des fonds, certes, sans partie. Il peut même opérer sa collecte de signatures qui sera quand même assez compliquée, qui demande une organisation puisqu'il faut aller à la rencontre des maires. C'est assez difficile quand vous n'avez pas de parti, quand vous n'avez pas d'élus. Ça demande quand même de s'organiser. Donc il y a cette tâche-là aussi qu'il faut faire sans parti. C'est également possible mais c'est difficile. Et puis ensuite, si vous aspirez à devenir président de la République, il faut aussi que vous affichiez qui va gouverner avec vous.
À un moment ou à un autre, les questions lui seront posées et on verra que ce sera difficile. Jean-Pierre Chevènement, quand il monte à 15% en février 2002, il commence à baisser lorsqu'il est interrogé par les journalistes qui lui demandent mais avec qui vous allez vous gouverner. Et là, il a beaucoup de difficultés de donner le nom de son nom de son... Les gens qui vont gouverner avec lui. On sait que Marine Le Pen, ça a été une de ses grandes difficultés. Et troisième point, un parti est nécessaire parce qu'à un moment, il faut aussi préparer la suite des législatives. Même Emmanuel Macron, qui n'est pas un homme de parti, qui déteste ces affaires de parti, a quand même créé En Marche.
C'est vrai qu'Aurélie Herbemont, ce n'est pas la limite d'Éric Zemmour qui apparaît seul et en plus monothématique sur l'économie, l'écologie, tout ça, il n'a rien à dire.
Il essaye de se diversifier un petit peu, on le voit ces derniers jours, mais c'est vrai que, de toute façon, la théorie d'Éric Zemmour, c'est qu'il faut imposer son sujet dans la campagne. Donc clairement, pour lui, c'est la question de l'immigration. Imposer son sujet, faire tourner tout le débat autour de ça. Et ça, on doit dire que ces dernières semaines, il a plutôt réussi de ce point de vue-là à faire tourner les débats autour de lui avec notamment les outrances qu'il a pu professer ces dernières semaines. Le débat a beaucoup tourné autour de lui. Donc imposer son sujet, il considère que c'est ça l'essentiel de la campagne.
Après, effectivement, ça paraît très, très, très légèrement insuffisant de parler d'immigration matin, midi et soir.
Bernard Sananès, hier, Emmanuel Macron à Montpellier pour le sommet Afrique-France a fait deux phrases. Notre diaspora est une chance et il fallait que la France assume sa part d'Africanité. Est-ce que c'était une réponse à Éric Zemmour et une façon même d'entretenir le clivage, quelque part ? Et sur le plan pur de la tactique, c'est vrai que c'est nouveau. Depuis le début de la progression d'Éric Zemmour, Emmanuel Macron n'avait pas envoyé de signal sur ce sujet-là ou très peu, comme si finalement, il voulait ignorer sa candidature. Là, on voit bien que c'est un changement tactique.
On se souvient de ce qui avait été un élément déterminant pour Emmanuel Macron en 2016, notamment pour s'imposer face à François Hollande, c'était montrer qu'il était le rempart contre Marine Le Pen. Hier, ça peut donner l'impression, en allant sur ce terrain, d'abord, ça explique évidemment qu'Emmanuel Macron a une vision, mais on n'est pas surpris, différente d'Éric Zemmour sur ses questions migratoires, ses questions d'identité, premier point, différence, j'allais dire, programmatique, idéologique. Mais deuxièmement, il veut aussi envoyer le message qu'il pourrait être, lui, le meilleur rempart contre Éric Zemmour si la progression du polémiste continuait.
Quelque part, il pourrait réactiver le front républicain. On voit bien que la montée d'Éric Zemmour pourrait peut-être refaire voter des électeurs de gauche, notamment, qui étaient pourtant très critiques à l'égard d'Emmanuel Macron, mais qui, dans cette configuration possible, on en est encore évidemment très loin, pourraient peut-être se remobiliser autour du président sortant. Bérangère, c'est un sujet où il n'est pas très en pointe, Édouard Philippe, sur ces questions d'identité, d'immigration, de par sa filiation jupéiste, j'allais dire.
Alors, je pensais à Alain Juppé, en l'entendant ce après-midi, partir quand même sur des terrains, sur la nation, également sur l'immigration, mais sur des terrains, effectivement, où c'était un terrain un peu glissant, d'ailleurs, parce que le contexte de forte présence d'Éric Zemmour
fait que... On choisit son camp.
Il faut bien occuper ce terrain-là, mais voilà, et de fait, il rappelle l'humanisme, l'universalisme, et pour avoir échangé avec certains de ses amis, même hors champ politique, après le discours, ils étaient, pour le coup, rassurés qu'il ne soit pas laissé, qu'il n'ait pas laissé. Il n'est pas en phase avec la radicalité d'une certaine partie de l'électorat LR, là, pour le coup. Ça, pour le moment, non. Très sincèrement, est-ce qu'il faudra, si un jour, il faut vraiment occuper la droite et rassembler sur une droite plus dure, ce sera sans doute une limite qui ne franchira pas.
Il est arrivé à Matignon, j'allais dire comme Emmanuel Macron à l'Élysée, avec assez peu ni de discours, ni de connaissances réelles du sujet régalien, à part son expérience de maire, et je crois que ce qu'il a, alors, sur la sécurité, il a sans doute mesuré un peu mieux ce qui n'allait pas dans le pays, lorsqu'il a fait ce court intérim à l'intérieur, puisque n'oublions pas lorsque Gérard Collomb quitte brutalement le ministère, ils mettent un mois, plus d'un mois d'ailleurs, à le remplacer, et c'est Édouard Philippe qui fait l'intérim de la place de la place. Il y a beaucoup aimé, d'ailleurs.
Et d'ailleurs, le sentiment que donne l'exécutif dans ses deux têtes à cette époque, pendant, on va dire, les trois premières années du quinquennat, Emmanuel Macron comme Édouard Philippe, c'est de ne pas se préoccuper de ces sujets et ce sera très difficile à inverser, même aujourd'hui, même depuis l'arrivée de Gérald Darmanin, on voit bien que la crédibilité de l'exécutif sur ces questions, notamment sur la question de l'éclatatoire, est très faible et c'est sans doute dû aussi au début du quinquennat. Bérangère Bond, vous disiez, et donc il a été ministre de l'Intérieur pendant un mois par intérim, Édouard Philippe.
Il en parle assez régulièrement comme d'une expérience parce que c'est pour... Patron de la police. Moi, je suis aussi capable de faire du régalien, il y a sans doute de ça, mais il y a quand même effectivement quelque chose qui visiblement la séduit par curiosité même, j'ai envie de dire. C'est une expérience nouvelle, mais aussi parce qu'il sent bien que les sujets sont un peu majeurs. Allez, tout de suite, on revient à vos questions. Alors, les dons aux partis sont limités, mais en est-il de même pour les prêts comme celui de Charles Gave à Éric Zemmour ? Bonneau, je dis, est-ce qu'il n'y a pas un détournement là de la législation ? On fait un prêt, on rembourse ou on ne rembourse pas ?
Pour les dons, c'est 7500 euros par personne physique, donc c'est limité. Pour les prêts, pour le coup, là, c'est des prêts à des parties. C'est là où, à mon avis, il n'y a pas possibilité de prêter sauf à passer par un parti. C'est un peu la difficulté pour Éric Zemmour aujourd'hui parce qu'à mon avis, le parti sert aussi parce que le parti a le droit des financements. Donc là, à mon avis, il y a une zone grise que je ne m'explique pas. Je ne vois pas Xavier Bertrand se présenter au congrès LR. Il est sûr de perdre, non ? Aurélien Beaumont, il a un problème avec les militants LR, Xavier Bertrand ?
Alors, il a un petit problème avec les militants LR parce qu'il a quitté le parti, donc aussitôt, Laurent Wauquiez, élu à la tête de LR, donc en 2017. Donc, il n'est pas très populaire auprès des adhérents et c'est vrai que les dernières semaines n'ont pas contribué à renforcer sa popularité puisqu'il y a une espèce de va-et-vient entre oui, le congrès, je peux y aller et puis finalement, non, je ne veux pas y aller et là, d'ailleurs, peut-être que ça revient, peut-être que je vais y aller.
Donc ça, on sera fixé vraiment mercredi puisque c'est avant mercredi qu'il faut déclarer sa candidature mais c'est vrai que s'il y va, il n'est pas du tout assuré de l'emporter mais Xavier Bertrand, en fait, là, est dans un piège. S'il n'y va pas, ça veut dire qu'il tire un trait sur les 8 millions d'euros de LR pour sa campagne, ce qui est un petit problème pour faire campagne et s'il y va, ce n'est pas sûr qu'il gagne. Donc là, c'est vraiment très, très compliqué pour Xavier Bertrand.
C'est quand même mal emmanché ce grand parti LR qui va devoir attendre jusqu'au 4 décembre pour connaître le nom de son candidat qui, on imagine, arrivera clopin-clopin. Oui, d'autant que pendant ce temps-là, il y a la progression d'Éric Zemmour qui, évidemment, déstabilise une partie de l'électorat de droite et qui se présente pour une partie de cet électorat, pas pour tout l'électorat de droite mais comme une alternative potentielle. Donc c'est vrai que ces semaines jusqu'au 4 décembre vont être extrêmement longues. Elles empêchent à la droite de créer une dynamique.
En fait, tous les candidats de droite espéraient pouvoir créer une dynamique et pouvoir apparaître, notamment dans les sondages, comme ceux qui pouvaient requalifier la droite au second tour parce que le spectre de risque maximum pour la droite, c'est d'être à nouveau éliminé au second tour et c'est là où on retrouve l'actualité d'Édouard Philippe. Évidemment, Édouard Philippe, il fait en partie ce pari. Ce pari, c'est que la droite soit à nouveau éliminée du second tour et qu'au soir du premier tour de l'élection présidentielle, ce soit l'atomisation confirmée de LR. le parti ne s'en remettrait pas de ne pas être qualifié.
Perdre, on s'en remet parce qu'on est au second tour, on peut incarner pour l'avenir l'opposition. Mais ne pas être qualifié.
S'ils ne sont pas au second tour, la question de l'existence même du parti à l'air en tant que tel sera clairement posée et ils le savent, ils sont en danger de mort s'ils ne sont pas au second tour. Bien sûr, parce que vous aurez d'un côté une partie qui partira chez Édouard Philippe pour essayer d'avoir une place dans le prochain quinquennat et préparer la suite pour un retour de la droite républicaine et puis une autre partie qui va aller du côté Éric Zemmour, Marine Le Pen, on ne sait pas. Laurent Wauquiez. Laurent Wauquiez, lui aussi, prépare 2027 et donc attend de voir dans quel état sera la droite au soir du 10 avril.
Oui, parce que le parti est vraiment bouffé des deux côtés. Aurélie le décrit bien avec quelqu'un qui ne se présente pas, qui n'a pas fait acte de candidature pour être dans ce congrès des Républicains. c'est Laurent Wauquiez qui est tapis dans l'ombre et clairement, c'est assez marrant de voir la stratégie de chacun. Édouard Philippe a décidé de soutenir Emmanuel Macron sans se poser de questions mais créer son parti pour 2027.
Laurent Wauquiez, lui, attend patiemment qu'en gros, ses petits camarades, les Républicains, ses faux camarades tombent sur le champ d'honneur du premier tour de la présidentielle et lui espère rafler, reconstituer un parti avec ce qui sera resté à droite qui ne sera pas parti chez Philippe ou chez Macron et ces deux-là ce qui se prépare, s'imagine aujourd'hui c'est un combat en 2027 entre Édouard Philippe et Laurent Wauquiez. Mais en gerbonte, est-il possible qu'Édouard Philippe se déclare au dernier moment comme Emmanuel Macron l'a fait en 2017 tel le sioux qu'on ne voit pas surgir ? Pas contre Emmanuel Macron, certainement pas. Il a une reconnaissance ?
Ah oui, Aurélie le disait tout à l'heure, il sait pertinemment, il n'a pas oublié que personne ne le connaissait. Vous savez qu'il y a des ministres qui l'ont googlisé quand ils ont appris qu'il était premier ministre. Des futurs ministres qui ont dit mais au fait, c'est qui exactement ? Donc il n'a pas oublié tout à l'heure, il ne serait jamais là où il est aujourd'hui sans cette séquence-là. Est-ce qu'il l'admire ? Parce qu'on sait que souvent les relations sont compliquées entre un premier ministre et son président. Je crois, comme le disait Bruno tout à l'heure, qu'ils ne se sont pas trouvés. Il n'y a pas de relation intime et amicale. On ne s'est jamais devenu des amis.
Ils ont travaillé ensemble mais de l'admiration. Il a dit dans cette interview de TF1 il y a quelques semaines qu'il était fait d'un métal très particulier. Je pense qu'il doit admirer d'une certaine façon la façon dont il a tenu l'État. mais ce n'est pas... Ils ne sont pas proches. Un jour, il m'a dit comme ça, c'était peu de temps avant la sortie Edouard Philippe peu de temps avant la sortie de Matignon sur justement... Il y avait déjà toutes ces rumeurs d'un Philippe qui devenait un peu homme d'État, présidentiable et tout.
Il disait j'ai quand même bien regardé comment ça fonctionnait de l'autre côté de la scène et c'est quand même une tâche bien différente de celle qu'on fait de ce côté-là. Donc il a quand même aussi beaucoup observé Emmanuel Macron. Je pense qu'il l'a admiré parce que la conquête du pouvoir en 2017 est quand même une épopée assez incroyable et ça, ça l'a impressionné. Ensuite, je pense que la pratique du pouvoir avec Emmanuel Macron n'oubliez jamais que c'est quand même une pratique de quatre hommes l'un avec son directeur de cabinet l'autre avec son secrétaire général très peu de tête à tête entre eux.
Donc c'est quand même un drôle de fonctionnement et au fond, Bérangère le disait ils ne se sont pas vraiment trouvés même si Édouard Philippe a beaucoup admiré Emmanuel Macron. L'horizon n'est-il pas une ligne imaginaire qui recule au fur et à mesure que l'on s'avance ? Bernard Sananès, c'est pas le risque. L'horizon, il est... Franchement, il y a des fois où on complique des choses simples. Là, l'horizon d'Édouard Philippe il est clairement fixé c'est 2027. D'accord. Je crois comme tous ceux qui sont en train de la table. C'est un peu lointain comme horizon. Est-ce que c'est pas un peu humiliant pour Emmanuel Macron parce qu'il n'est même pas réélu que déjà il le voit comme un ex ?
C'est la réforme du mandat présidentiel. Il faut le rappeler pour ceux qui nous regardent depuis le quinquennat il n'est plus possible de faire plus de deux mandats consécutifs.
Et puis la réforme de 2018.
Donc ça change des choses. Donc le soir d'une éventuelle hypothétique réélection d'Emmanuel Macron la campagne pour 2027 commencera. c'est les jeux politiques. Ça paraît évidemment loin des préoccupations des gens mais c'est cette réalité-là qui s'imposera. Et encore une fois de toute la Macronie Edouard Philippe est la seule personnalité qui a réussi à créer un lien avec l'opinion. Il n'y a pas de ministre dans leur catégorie oui mais qui a réussi à construire ce lien-là. Donc il dispose sur la ligne de départ d'un peu d'avance par rapport aux autres. Que fera-t-il de ce capital ? Ça c'est sûr qu'aujourd'hui c'est encore trop tôt pour le dire.
Notamment ces prises de position sur les réformes qu'il s'agisse des retraites qu'il s'agisse de la dette évidemment vont peut-être le renforcer à droite mais aussi peut-être lui aliéner une part de popularité. Aurélie Herbebon vous vouliez ajouter ?
C'est vrai que c'est très lointain 2027 et il y a un côté un petit peu surréaliste. On ne sait déjà pas comment ça va se passer dans six mois qui va être vraiment sur la ligne de départ au final pour la présidentielle. Donc 2027 c'est à des années-lumière à l'échelle du temps politique mais ce qui est vrai c'est que le 10 alors pas le 10 mais au soir du second tour la succession sera ouverte si Emmanuel Macron est réélu. Et ça ce sera un fait assez nouveau à observer qu'on n'avait jamais vu avec cette acuité-là le président sera déjà plus il sera aux manettes mais on sait que son temps sera compté et qu'il faudra trouver un de nos successeurs.
Il faut voir quand même qu'à l'intérieur de la Macronie ça tire sec contre contre Édouard Philippe il y a eu un dîner de la majorité récemment où en gros quand le cas Philippe a été abordé il n'y avait personne pour le défendre. On le jalouse ?
C'est-à-dire qu'on le suspecte toujours le sioux on le suspecte toujours de ne pas être suffisamment clair pourtant il a quand même dit dans son interview sur TF1 vraiment clairement oui je soutiendrai Emmanuel Macron évidemment la question ne se pose pas mais il a beau le redire il est suspecté je crois qu'aussi il y a quelque chose d'originel dans la démarche d'Édouard Philippe ne l'oublions pas c'est qu'il n'a pas adhéré à la République en marche et ça c'est quelque chose qu'ils n'ont pas digéré les autres tous les autres s'en méfient et comme c'est le seul qui a émergé dans ce quinquennat il y a une seule personnalité politique qui a émergé dans la majorité c'est Édouard Philippe les autres pour l'instant donc on suscite de la jalousie forcément en gerbante il m'enlève les mots la bouche c'est-à-dire c'est le seul nom qui cherchait qui s'impose parmi les fidèles qui ont été pendant 5 ans à la tâche etc c'est vrai que ça doit paraître très injuste quand on est de ce côté de la barrière mais le fait est qu'il n'y en a pas sans même appartenir au parti d'Emmanuel Macron Édouard Philippe mais aussi Nicolas Hulot Jack Lang les personnalités politiques deviendraient-elles donc populaires loin du pouvoir ?
ça c'est une constante et c'est vrai quand on parlait tout à l'heure des raisons de la popularité d'Édouard Philippe il y a eu c'est vrai sa gestion de la crise du Covid a été saluée mais c'est vrai qu'on est tout de suite plus populaires dès qu'on n'est plus aux manettes regardez Nicolas Sarkozy une fois qu'il n'était plus à l'Elysée sa popularité a remonté puis il s'est présenté à la primaire il a perdu et puis il est redevenu populaire c'est plus facile d'être populaire quand c'est pas nous qui avons des mauvaises nouvelles
Jack Lang en montant Bernard Kouchner et Nicolas Hulot qui reste très haut dans tous les sondages dernière petite question Bruno Jeudy qui êtes toujours très bien informé pourquoi Éric Zemmour n'a-t-il pas encore déclaré sa candidature à l'élection présidentielle il n'y a pas besoin les médias l'invitent matin midi et soir donc il peut profiter du moment et il attendra le plus tard possible tant qu'il ne lasse pas c'est possible qu'il finisse par lasser aussi parce que le même discours du grand remplacement répété madame midi et soir il y a un moment il va toucher les limites de cet exercice finalement c'est la droite toute tendance confondue qui fait l'actualité la gauche la gauche est-elle au fond du trou la gauche se partage un potentiel électoral dans les sondages à peu près de 25% c'est à peu près le même que le résultat de 2017 mais cette fois pour l'instant il y a 5 candidats avec 2 candidats de la gauche seulement en 2017 elle avait été éliminée du second tour c'est la fin de cette émission merci beaucoup d'y avoir participé vous restez sur France 5 à suivre c'est l'hebdo et on se retrouve lundi pour un nouveau C'est dans l'air bonne journée et bonne soirée sur France 5 un instant
5 un instant 6 un instant de la voix de
Édouard Philippe