Fashion Week : Claire Thomson-Jonville de Vogue France salue le "style reconnaissable" de Pharrell Williams
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« qu'on aurait mis à la tête d'une maison traditionnelle de mode pour la relancer »
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Et votre invitée Marion ce matin, alors que la Fashion Week à Paris bat son plein, elle est directrice éditoriale du très prestigieux magazine Vogue. Bonjour Claire Thompson-Joinville. Bonjour. Merci d'être là ce matin en pleine semaine de la mode hiver 2026-2027 pour les hommes, avant la semaine de la haute couture. Alors, qu'est-ce qui a marqué cette semaine de la mode masculine d'après vous ?
Alors, qu'est-ce qui a marqué ? Ça a été ouvert par Pharrell Williams chez Louis Vuitton. Le musicien ? Le musicien, le directeur de la création chez Louis Vuitton Homme. Donc ça, c'était un grand moment, voilà, un grand pompe avec toutes les celebrities, tous les acteurs, etc. Et hier, j'ai assisté au défilé de Jonathan Anderson chez Dior Homme, au musée Roudin. Donc voilà, donc... Un beau cadre. Ça commence fort.
Mais pour ce qui est de Pharrell Williams, donc c'est pas sa première collection, mais on est au-delà de la tête d'affiche, qu'on aurait mis à la tête d'une maison traditionnelle de mode pour la relancer. C'est pas juste un phénomène pour essayer d'attirer les réseaux sociaux.
Non, pas du tout, parce que Pharrell, il a quand même un style reconnaissable. C'est quoi son style ? C'est une bonne question, parce que c'est assez éclectique, mais il est quand même suivi par, bien évidemment, il a sa musique, mais il a une culture mode qui est importante. Donc il a beaucoup de références. Et puis, il inspire quand même, parce qu'on a fait un interview hier avec un rappeur qui soit le Future, qui était au show. Et toute cette génération de rappeurs était inspirée par Pharrell dans ses clips, etc. Donc le défilé, c'était intéressant parce que c'était un vrai retour d'être habillé.
Donc il y avait des costumes, il y avait des cravates, il y avait beaucoup moins de sneakers, de baskets. Et moi, j'adore, parce que quand je vais au défilé, je vais pour, bien évidemment, m'inspirer des collections pour trouver des idées pour le magazine. Évidemment, je vais avec mes équipes qui sont sur les réseaux, ça part immédiatement sur les réseaux sociaux. Mais aussi, je cherche des idées, par exemple, pour la couverture de Vogue. Parce que la couverture de Vogue, quand même, ça représente quelque chose. Donc, il faut que je cherche la bonne personne. C'est ça.
Et puis, ce qui est intéressant à savoir, c'est que là, plus que jamais pendant l'homme, c'est la guerre, c'est la bataille pour signer les ambassadeurs pour les maisons. Parce que Chanel, Dior, tout le monde veulent avoir des nouveaux acteurs, des nouveaux égéries pour promouvoir leur collection. Donc, c'est très intéressant de regarder, par exemple, qui est-ce que Louis Vuitton signe en ambassadeur ? Dior, c'est quoi le message, en fait, avec les acteurs et les chanteurs qui signent ?
Ça, c'est les gens qui vont les représenter, quoi, dans la publicité, la communication ?
Dans la publicité, ou surtout sur la tapis rouge. Oui. Parce que là, c'est sur les Golden Globes, là, on a vu les Golden Globes, mais c'est les Oscars, c'est les sorties du film, comment ils sont habillés. Et ça, c'est très impactful, donc c'est très intéressant. Donc, je me suis trouvée à côté de qui ? Bon, il y a toujours Robert Pattinson, il y avait le mec de Stranger Things, on adore Stranger Things, oui, oui, oui. Et après, non, il y a tous les acteurs, les nouveaux, des films qui sortent, qui ne sont pas encore sortis en France. Je ne me rappelle plus le nom, il y a un film sur le hockey, je ne sais pas, avec deux garçons, non.
Je ne vais pas m'aventurer là-dedans, parce que je ne connais pas assez, mais bon, ça, c'est à voir.
Et si on résume, alors, vous nous disiez des costumes, un peu moins de baskets, c'est ça que les hommes vont porter l'hiver prochain ?
Je pense que là, vraiment, on est dans une ère où il y a beaucoup de choix. Donc, on peut s'habiller un peu comme on veut, parce que tout va, là, en ce moment. Huit ans, c'était habillé. Moi, j'adore, c'était des chaussettes un peu de pape, des chaussettes de... Rouges ? Non, c'est des chaussettes qu'on met quand on va en mariage. Donc, on met les traits noirs en soi, comme ça, avec des chaussures de ville, en cuir, avec, rentrer dedans, des jogging, mais très, très luxe, etc. Je trouvais ça intéressant. En tout cas, un drôle de mélange. Oui. Après, chez Dior, c'est très intéressant, parce que c'est le retour de jean blanc. Ah oui. Voilà, donc, sachez-le, c'est back.
Après, beaucoup de parkas, des gros parkas, comme ça. Pour s'en métoufler. Et une silhouette assez fin, finalement. Un peu comme Edis Lehman faisait à l'époque, avec des cheveux un peu en pétard, un peu rockeur, etc. Donc, ça, j'ai aimé. Il y avait Ami, aussi, notre talent français, Alexandre Matussi, qui a fait un défilé hier soir, qui était très intéressant, parce que c'est sportswear. C'est des gros manteaux, avec des costumes, avec des hoodies. Donc, il y a un peu pour tout le monde.
Oui, ça montre que la mode, les grandes marques traditionnelles de luxe à la française, elles tiennent bon, malgré la fast fashion, les Chines, notamment, qui inondent le marché. Il y a encore de la place pour ça ?
Mais bien sûr, il y a la place. Mais plus que jamais, Paris, il faut le dire, et la France, c'est le centre de la création. C'est vraiment l'épicentre de la créativité. Toutes les maisons sont ici, le savoir-faire, c'est ici. Et tous les acteurs, ils viennent du monde entier pour assister aux shows. Donc, c'est d'une puissance absolue. C'est beaucoup d'emplois pour beaucoup de monde, etc. Donc, pour moi, c'est très intéressant, parce qu'à Vogue France, on est au centre de ça. Donc, voilà.
Et on va évidemment scruter la semaine prochaine la haute couture, Chanel, Dior, avec les défilés de leurs nouveaux créateurs. La semaine de la mode italienne, elle a été marquée par des polémiques, notamment sur les mannequins de Dolce & Gabbana, qui étaient exclusivement blancs, et puis sur les mannequins Prada, qui étaient jugés trop maigres. Il n'y a rien de ce genre chez nous ?
Je ne sais pas, je n'ai pas vu l'heure en attente de voir.
Mais qu'est-ce que ça vous inspire, ce genre de polémique ?
Ça ne m'inspire pas, vraiment. Comment dirais-je ? C'est toujours difficile de soutenir des maisons qui manquent de diversité. Voilà, disons comme ça, c'est assez surprenant. Après, heureusement, chez nous, il y a beaucoup de diversité. Après, la maigreur, c'est toujours une question. Parfois, je vois les filles, je suis un maman, je me dis qu'elle est trop maigre, cette fille. Mais après, il y a des efforts qui sont en train d'être faits, mais les polémiques, il y en a toujours.
Oui. Juste un petit mot sur cette journée qui est particulière, ce sont les funérailles de Valentino Garavani qui ont lieu aujourd'hui. Qu'est-ce qu'il laisse, en quelques mots, ce qu'on arrive à la fin, mais qu'est-ce qu'il laisse à la mode, d'après vous ?
Petite anecdote, parce que j'ai fait un cocktail hier soir avec Anna Wintour, mon boss. On a fait un cocktail à Paris, autour de la Houtchouaillerie. Elle est partée directement après. Elle est atterrie hier matin, à 5h30. Elle est venue, elle a fait le cocktail avec moi. Elle a fait son speech. Après, elle est partie directement à l'aéroport pour aller au funérail de Valentino. Forcément. Voilà. Et c'était quoi la question ?
Qu'est-ce qu'il laisse, en un mot, mais qu'est-ce qu'il laisse à la mode, d'après vous ?
C'est un grand monsieur. C'est un grand monsieur, beaucoup de goût. Il laisse une œuvre, quand même, très inspirante, très riche. Moi, j'étais avec Pierre Paolo, qui est maintenant chez Balenciaga, qui a été chez Valentino pendant longtemps. J'étais avec lui avant-hier. Et puis, c'est une émotion absolue, parce que c'est quelqu'un qui était très apprécié, aussi, humainement.
Humainement aussi, en plus d'être un génie de la mode, et du rouge, de ce rouge qui était sa marque de fabrique. Claire Thompson, Joinville, directrice éditoriale de Vogue, merci beaucoup d'être venue sur France Inter. Merci à vous, merci. Je renvoie au numéro de février, qui est consacré notamment à la gratitude, avec une interview de Shonda Rhimes, la créatrice des séries Bridgerton et Grey's Anatomy.