MÉLENCHON : «LE 18 MARS, MARCHONS POUR LA 6E RÉPUBLIQUE»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
La France Insoumise au fait, est-ce que vous l'avez trouvée ? Parce que dans les sondages, c’est 11% d’intentions de vote... C’est ça, la France Insoumise ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Justement : depuis un mois maintenant, l’affaire Fillon empoisonne la campagne présidentielle, le candidat de la droite s'en prend aux juges.
- 8:00RelanceRéponse directe
Donc vous, qui défendez la VIème République, finalement, vous vous dites : bon, ça peut accélérer l'avènement de la VIème République, mais ce n'est pas comme ça qu'il faudrait faire...
- 10:00FerméeRéponse directe
Quelles que soient les circonstances ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Alors comment vous faites pour financer le SMIC à 1300 euros nets par mois ?
- 16:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça passe par des allègements de cotisations pour les entreprises ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« on sort par le haut, dans l'ordre, avec une Constituante, on crée une nouvelle règle du jeu politique et on balaye tout ça quoi... C'est bon ! »
- 10:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« Le SMIC actuel est à peine cent euros au-dessus du seuil de pauvreté, tel qu'il est reconnu par les organismes internationaux. »
- 16:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« j'y mets 100 milliards [d'euros] - booste les carnets de commandes »
- 22:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« Je propose aux gens de rentrer dans le régime général de la Sécurité Sociale. »
- 24:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« retraite à 60 ans, après 40 annuités »
- 28:00Jean-Luc MélenchonFait
« ça s’appelle la retraite par points »
- 36:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« il reste 16 milliards à charge des familles »
- 38:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« je propose de reprendre tout le personnel de ces complémentaires dans la Sécurité Sociale »
- 40:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« 46% des gens en âge de voter ne savent pas pour qui ils vont voter »
- 58:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« il est temps de trouver une autre façon de fonctionner dans ce pays, notamment à propos du fonctionnement de la police »
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Francis Letellier : « Bonjour et merci d'être avec nous pour "Dimanche en politique". Jean-Luc Mélenchon fait partie de la "bande des cinq" : les cinq candidats qui, dans les sondages, sont donnés au-dessus des 10 %, une barre symbolique à partir de laquelle tous les espoirs sont permis dans cette présidentielle décidément atypique. Mais cette campagne ne ressemble décidément à aucune autre : l’affaire Fillon bouscule et fragilise tout.
A quarante-neuf jours du premier tour, tout est donc encore possible. A gauche, d'ailleurs, les frontières bougent. Jean-Luc Mélenchon, député européen, candidat de la France Insoumise, est notre invité ce midi.
Bonjour. Jean-Luc Mélenchon : - Bonjour. FL : - Merci d'être avec nous.
La France Insoumise au fait, est-ce que vous l'avez trouvée ? Parce que dans les sondages, c’est 11% d’intentions de vote...
C’est ça, la France Insoumise ? JLM : - La France Insoumise, vous la verrez, rebelle, joyeuse, le 18 mars prochain, de la Bastille à la République, et vous la verrez dans ce qu'elle a de meilleur, c'est-à-dire une volonté positive, pacifique. Rien à voir avec l'aigreur, la discorde, l'esprit de revanche qui va aujourd'hui s'afficher autour de Monsieur Fillon.
FL : - Justement : depuis un mois maintenant, l’affaire Fillon empoisonne la campagne présidentielle, le candidat de la droite s'en prend aux juges. Cet après-midi, des milliers de supporters sont attendus Place du Trocadéro à Paris. Pierre Danon: - On serait très surpris s'il n'y avait pas 50 000 personnes, on serait surpris et déçus.
Voix off : - Du côté de ses militants, on assure ne pas être découragés, et l'on s'active pour mobiliser les troupes. Militant : - C’est pour vous informer que nous avons un bus gratuit qui partira de Beauvais. Voix off : - Depuis deux jours, la liste des défections s‘est allongée : au total, près d’une centaine d’élus ont déjà lâché le candidat de la droite.
Thierry Solère : - Il nous a annoncé, hier, sa mise en examen prochaine, et il n’est donc aujourd’hui pas en capacité de mener les couleurs de la droite et du centre à l’élection présidentielle. Jean-Michel Aphatie : - Vous souhaitez que François Fillon arrête sa campagne présidentielle ? Nadine Morano : - Oui.
JMA : - Vous le souhaitez ? NM : - Oui, je le lui ai dit. Jean-Christophe Lagarde : - Il est devenu un danger pour l'alternance, et à son corps défendant, un danger pour la France.
Voix off : - Autre défection de poids : Patrick Stefanini, son directeur de campagne, qui quittera l'équipe dimanche soir. Voix off : - Au sein de sa famille politique, François Fillon est de plus en plus isolé. Pendant ce temps-là, la possibilité d'un plan B, nommé Alain Juppé, se fait de plus en plus crédible.
Militante : - Aux élus qui n’ont pas encore envoyé leur parrainage, envoyez votre parrainage à Alain Juppé. FL : - Jean-Luc Mélenchon, François Fillon a appelé, donc, le peuple de droite à descendre dans la rue aujourd'hui. Est-ce que le soutien populaire peut le sauver ?
JLM : - C'est-à-dire que... c'est à vous de le dire.
Moi, ce que je sais, c’est qu'ils ont bonne mine, les défenseurs du parti de l'ordre, de la justice, et les voilà, celui-ci qui ne veut répondre de rien, qui appelle à l'émeute contre la justice, l'autre Madame Le Pen qui refuse les convocations et montre du doigt les fonctionnaires de police qui veulent l’intercepter... ils ont bonne mine !
Si bien que ces gens qui créent la pagaille sociale, ou la pagaille d’affrontements ethniques...
Maintenant on craint, en plus, la pagaille dans la République. Donc moi, je crois que la solution - la bonne, c’est la mienne : on sort par le haut, dans l'ordre, avec une Constituante, on crée une nouvelle règle du jeu politique et on balaye tout ça quoi...
C'est bon ! FL : - C’est la fameuse VIème République, que vous appelez de vos vœux. JLM : - Oui.
FL : Mais revenons à aujourd’hui François Fillon a dit que...
JLM : - Comment, "à aujourd’hui" ? Mais on ne parle que de ça, cher monsieur. Tout ça, c'est la décadence de la Vème République : tout est concentré sur une personne.
Voilà un homme qui est capable de prendre en otage, cette fois-ci pour de vrai, son propre camp politique. Vous croyez que c'est bon, pour la démocratie, qu’on ne puisse même pas discuter avec un représentant de la droite ? FL : - Alors vous, qui défendez la VIème République, finalement, vous vous dites : bon, ça peut accélérer l'avènement de la VIème République, mais ce n'est pas comme ça qu'il faudrait faire... mais en même temps, ben voilà, on en est là.
JLM : - Il y a quelque chose contre quoi vous ne pouvez rien, et moi non plus : c'est le fil des événements. Si cette Constitution et ce système politique se disloquent, c’est parce que...
FL : - "Tant mieux", vous dites. "Tant mieux". JLM : - Ben, "tant mieux"...
Forcément : je suis pour un autre. FL : - Quelles que soient les circonstances ? JLM : - Non non non non, je ne suis pas pour le bazar, je l’ai toujours dit, hein - je ne vais pas changer d'avis aujourd'hui - mais les faits sont les faits : ce système est pourri de l'intérieur par l'argent.
Et pendant qu'on parle, d'ailleurs, des marionnettes politiques qui représentent les camps de l'argent - Fillon, Macron, Le Pen - on ne parle pas des neuf milliardaires qui possèdent 90% de la presse de ce pays et qui tirent les ficelles - eux, alors en toute impunité : on leur demande rien, on ne leur demande pas de comptes, on ne leur demande même pas à tous de payer leurs impôts en France. FL : - Juste, François Fillon a dit que le seul juge, à ses yeux, ce serait le suffrage universel, puisqu'il est candidat à la présidentielle. JLM : - Mais quelle confusion mentale !
Le peuple souverain n’est pas le juge d’affaires de délits ! Ce sont les juges qui font ce travail : c'est aux juges d'instruire à charge et à décharge et de présenter des preuves. Vous êtes le peuple - moi aussi.
Comment je peux savoir ce qu’a fait cet homme ? Vous n'avez aucun moyen de le faire...
FL : - Donc vous, vous faites confiance aux juges à 100%. JLM : Attendez. Je n'ai pas d'autre choix que de faire confiance à la justice.
Si je n'en suis pas content, on change les lois, car les juges ne sont pas propriétaires de la justice : ils appliquent les lois. Donc si vous n'êtes pas content, changez les lois. Mais si vous vous en prenez au système de la justice en disant que c’est le peuple souverain qui va décider de savoir si vous êtes coupable ou pas, alors ça, je vais vous dire : même la loi de Prairial sur les suspects, pendant la Grande Terreur, n'a pas osé le faire.
FL : - Cependant, vous voyez que les enquêtes arrivent maintenant, en pleine présidentielle. François Fillon va être convoqué le 15 mars, deux jours avant la date limite des parrainages. Est-ce que vous pensez que ce calendrier est étonnant ou pas ?
JLM : - Ah ! Il est un peu étonnant, parce que le moindre voleur de mobylette est jugé en référé - et des fois, des gens qui n’ont volé rien du tout, mais qui étaient dans une manifestation. FL : - Donc plus vite, vous voulez dire, encore.
JLM : - Ah, bah, c'est clair : ils sont en référé, couic ! L’affaire est réglée. FL : - Donc il peut y avoir des arrières-pensées dans cette… JLM : - Je ne sais pas, et je ne veux pas ajouter au trouble, qui est suffisant.
Il n'est pas nécessaire que j'y ajoute. Moi, je ne vous propose pas des problèmes de plus, je vous propose une solution. Donc, peuple français : ou bien vous faites une nouvelle Constitution en convoquant une Constituante, vous changez la règle du jeu, vous rendez possible la révocation des élus, vous interdisez, et vous rendez inéligible pour toujours ceux qui ont été condamnés pour des délits de cette nature.
Vous interdisez le népotisme, c’est-à-dire le fait s’embaucher sa famille. Bref : ou bien vous faites une loi de vertu républicaine, ou [bien] vous aurez la pagaille ! Parce que cette pagaille-là ne produit rien !
Vous comprenez ? Que va produire M. Fillon, aujourd'hui ?
De la haine, c'est tout. De la rage. FL : - Alors...
François Fillon, ou un autre, parce que la question se pose de son remplacement, dans son camp. Si c’est Alain Juppé : vous, qui êtes candidat à la présidentielle, ça changerait tout ? JLM : - Écoutez, c’est leurs affaires.
FL : Mais vous...
ça changerait la campagne ! JLM : - On a besoin de pouvoir avoir une campagne électorale. Écoutez : là, nous sommes en train de passer trois, quatre, cinq minutes à commenter une histoire dans laquelle, moi, je n'ai rien à voir, et je voudrais pouvoir parler de...
FL : - Vous y êtes parce que vous êtes candidat à la présidentielle. JLM : - Mais je suis candidat à la présidentielle, vous l’avez bien dit, ça suppose qu’il y a une élection. Et une élection, en démocratie, c’est des débats.
Vous voulez parler de quoi avec cet homme-là ? Quand je fais un meeting où j’explique ce qu’est le compte pénibilité, pourquoi ça vous permet que de gagner deux ans de retraite, etc. Et je dis : "On va en parler à monsieur Fillon", toute la salle éclate de rire .
Dès que vous parlez, il est même pas hué : il fait rire, vous comprenez ? Comment peut-on avoir un débat démocratique si les choses doivent se passer dans des conditions pareilles... - ça va vous surprendre que je sois, moi, pour avoir une droite présentable.
FL : - L'idée, au passage, de repousser la présidentielle, c'est une idée jouable ou pas ? Si, vraiment, ça se passe mal ; si, vraiment il y a un candidat empêché ? JLM : *rire* - Et puis quoi encore ?
C'est quoi la semaine prochaine ? Parce que toutes les semaines il y a une nouveauté. On va pouvoir faire campagne quand, dans ce pays?
À quel moment on va pouvoir savoir qui est vraiment candidat, et à quelle date a lieu l’élection ? FL : - Justement , est-ce qu’il ne vaut mieux pas repousser pour que tout soit clair, non ? JLM : - Ah ce n'est pas mon avis, moi.
Que ceux qui ont à en connaître, s'en débrouillent. Moi, je peux vous dire une chose : la France Insoumise, c'est une force consciente et cohérente. On s'adaptera à tous les terrains.
FL : - Alors justement : comment distinguer les propositions des uns et des autres ? C’est au programme que se fait la différence. JLM : - Bah oui !
Pour ceux qui ont un programme...
FL : - C'est votre cas. On va prendre une de vos mesures, le SMIC à 1300 euros nets par mois. Il est à un tout petit peu plus de 1100 en ce moment.
Ça passe aussi, pour vous, par des allègements de cotisations pour les entreprises ? JLM : - Alors, d'abord, commençons par dire que le SMIC actuel est à peine cent euros au-dessus du seuil de pauvreté, tel qu'il est reconnu par les organismes internationaux. Ce n'est pas acceptable, n’est-ce pas ?
Donc il faut l'augmenter : l’augmenter permet d'abord de mieux vivre - les gens en ont assez de survivre - et puis permet des consommations responsables. L’homme que je suis, ne peut pas proposer une agriculture bio - qui coûte nécessairement plus cher - sans proposer d'augmenter les salaires pour avoir des consommations responsables. Donc, vous voyez que l'augmentation des salaires, c’est écologique...
FL : - Est-ce que ça passe par des allègements de cotisations pour les entreprises ? JLM : Non, mais ça s’est le discours habituel des Le Pen, la droite, le PS. FL : - Et vous ?
Alors comment vous faites ? JLM : - Ce n’est pas du tout ma vision ! Moi, je ne vois pas les choses comme ça.
FL : - Bah, comment vous faites ? JLM : - Je parle d'une boucle économique dans laquelle, premièrement : la relance de l'activité - moi, j'y mets 100 milliards [d'euros] - booste les carnets de commandes. Quand vous avez votre carnet de commandes plein, vous ne vous souciez pas de savoir combien vous payez de cotisations sociales, parce que ça roule.
FL : - Donc c’est de la commande publique. JLM : - Non, non...
La commande en général, il n’y a pas que la commande publique. Il y a de la commande publique. Prenons un exemple : j'applique le plan « zéro obstacle », que demandent les associations de personnes en situation de handicap.
Vous voyez bien que c'est pas les très grandes boîtes qui vont aller faire des pentes dans les escaliers des mairies, ou dans le métro ou ailleurs, ce sera nécessairement des petites entreprises. Ça, c’est la première chose. Deuxième chose : c'est la respiration des comptes des petites entreprises - excusez-moi, mais c'est celles-là qui m'importent plus que les très grandes, parce qu’elles [les grandes entreprises] ont de telles réserves que celles-là, elles peuvent pleurer, elles ne m’émeuvent pas.
Les autres, si : il y a un problème; Comment fait-on ? Premièrement, les petites entreprises ont un mal de chien à se faire payer dans les délais, car souvent, elles sont elles-mêmes les clients de très grosses entreprises. Donc je propose le taux d'escompte zéro, c'est-à-dire : quand vous avez votre facture, vous l'apportez à la banque, ils vous donnent les sous et c’est taux d’escompte zéro, on vous prend rien dessus.
Cette mesure-là donne de la respiration. Ensuite, j'ai proposé, dans le programme, qu'il y ait une espèce de caisse générale de péréquations pour prendre en charge les cotisations sociales du concurrent, du nombre de salariés qui se trouvent là. C'est une organisation un peu complexe, qu'on me pardonne de ne pas la détailler ici techniquement.
Mais tout le monde comprend : que les très grosses boîtes paient aussi pour les petites, ça les changera. D'habitude, elles ne font rien - attendez que je vous dise une chose sur leur pingrerie, leur rapacité et leur cupidité, à ces très grandes entreprises. Elles n'ont même pas voulu payer le RSI, qui est une organisation lamentable de la Sécurité Sociale...
FL : - Que vous supprimeriez ? JLM : - Ah ben clairement ? Je propose aux gens de rentrer dans le régime général de la Sécurité Sociale.
Ces gens s'arrachent la peau, sont payés souvent très peu - il faut le savoir, la moyenne des salaires des petits entrepreneurs - et n’ont aucune des couvertures sociales qu’on reconnaît à tout le monde dans ce pays...
Parce que c’est normal : quand on travaille, vous êtes protégé. FL : - Je voudrais qu’on parle, aussi, des retraites, qui sont revenues au cœur du débat, avec la proposition d’Emmanuel Macron qui dit, lui : « Je veux mettre un système plus simple en place, identique pour tout le monde, avec un compte individuel. » JLM : - C'est ça.
FL : - Son principe, c’est : un euro versé pour cotisation ouvrira droit aux mêmex droits, quelle que soit la catégorie, le statut. C’est simple, c’est clair ! JLM : - Mais...
Ah, ça, c’est clair ! C'est un emballage extrêmement soft, et il faut lui reconnaître le brio, d’autant qu’il y a des journalistes qui ne sont pas curieux : quand il passe sur le plateau de votre confrère, Monsieur Pujadas ne lui demande même pas ce que ça veut dire. Et bien, moi, je vais vous le dire, ce que ça veut dire : ça, ça s'appelle la retraite par points.
Ça veut dire que vous ne...
FL : - C’est-à-dire ? JLM : - Et bien, vous allez comprendre. FL : - A l’Américaine ?
JLM : - Tout à fait ! Vous cotisez, mais vous ne savez jamais combien vous aurez le moment venu, pourquoi ? Parce que... - et votre retraite peut varier d'une année à l'autre, le montant de votre retraite.
Pourquoi ? Parce qu’il intègre deux paramètres. Premièrement : l'âge, l'espérance de vie dans votre génération.
Alors, si vous avez une grande espérance de vie : couic ! Vous avez moins. Figurez-vous que ça ne veut rien dire.
Parce que moi, je suis né en 1951, comme vous le savez, mais, moi, je suis un intellectuel qui a fait ma vie dans des bureaux où j'ai moins souffert que celui qui était à la mine, ou celle qui était en train de de charrier des cagettes, d'accord ? Donc, eux, leur espérance de vie, elle est de 59 ans, quand la mienne est de plus de 62 ans. FL : - Donc ça ne prend pas en compte, c’est ce que vous dites ?
JLM : - Ça ne tient pas compte de la souffrance au travail. Deuxio : ça ne vous garantit pas votre revenu de retraite. Tertio : il dit : « Ah ben, vous pourrez moduler, vous partez à la retraite quand vous avez envie. » Ben voyons !
Hein, quand votre point vous permettra quoi ? Et lui a dit que ça, on modulerait jusqu'à l'âge de 67 ans ! Ça veut dire que jusqu'à 67 ans, vous continuez à travailler, à essayer de grappiller des petits points pour avoir une retraite de misère.
Moi, je dis : retraite à 60 ans, après 40 annuités, et pas 43 comme le propose le PS, d’accord ? - ni les autres, c'est pire encore. Deuxio : personne ne doit avoir, après avoir travaillé toute sa vie, [après] avoir le nombre d'annuités, personne ne doit avoir moins que le montant du SMIC - en tout cas, être au-dessus du seuil de pauvreté.
FL : - 1300, dans votre perspective. JLM : - Voilà. C'est pas très difficile à financer, il y en a pour à peine dix milliards [d'euros], c'est quelque chose qui se trouve assez facilement, et je vous l’exposerai quand vous me réinviterez pour cela.
FL : - A propos d’argent, la mise en place d'une assurance-maladie universelle, ça c'est votre proposition - le mot "universel" est très à la mode en ce moment - vous, c’est pour couvrir les frais de santé à 100%, sans passer par les mutuelles et les assurances complémentaires. Ça veut dire quoi, on soigne gratis ? JLM : - Ça veut dire...
Bah oui, ça veut dire...
Ah ben oui. Mais, Monsieur, vous avez envie de payer, si vous avez un cancer et que vous ne pouvez pas payer, vous dites : « Ah non, excusez-moi, je ne me soigne pas » ? FL : - Mais les cancers sont pris à 100% globalement, mais vous dites ça, pour tous les soins ?
JLM : - Mais oui, c'est pas compliqué à comprendre. Qu'est-ce qui reste, aujourd'hui à payer ? 16 milliards, une fois que la Sécu est passée et vous a remboursés.
Qu'est-ce que vous faites ? Vous prenez des mutuelles et des assurances complémentaires : plus vous êtes âgé plus ça vous coûte cher, c’est-à-dire : plus vous avez besoin, plus ça vous coûte cher. Tout le principe de solidarité est évacué, c'est absurde !
L'idée de départ de la Sécurité Sociale, c’est : vous payez suivant vos moyens, et vous recevez suivant vos besoins. Si vous êtes malade, on vous soigne. Comment on fait ?
Actuellement, il reste 16 milliards à charge des familles, donc il faut trouver 16 milliards. Je les ai trouvés, où est le problème ? Par contre, ce que je ne sais pas… FL : - Vous les avez trouvés où ?
JLM : - Alors allez ! Je vous donne le détail, mais vous me laissez terminer ma liste ? F L : - Non, non, bon...
Alors continuez, continuez...
JLM : - Bon. Donc, j'ai trouvé 21 milliards pour 16 milliards qu’il faut. Mais je veux quand même mettre en garde les gens contre les choses qui font le même bruit : tout ce qui brille n'est pas d'or et tous les 100 % ne sont pas universels de la même manière.
M. Macron propose lui aussi 100%, alors les gens disent : « C’est parfait, vous dites la même chose. » Pas du tout !
Lui, il dit : « Ce sont vos complémentaires qui vont les prendre en charge », autrement dit : il vous propose de vous payer le 100 % en augmentant vos cotisations. Bah, ce n'est pas du tout ce que je propose de faire...
FL : - C’est l’État qui prend tout ? JLM : - Donc je propose de reprendre tout le personnel de ces complémentaires dans la Sécurité Sociale, le remboursement à 100 % et je sais le financer, donc pourquoi on ne le fait pas ? Parce que ça fait vivre les assurances privées, parce que ça fait vivre toutes sortes de parasites, qui coûtent très cher : leur double gestion coûte 6 milliards et demi aux braves gens qui cotisent...
FL : - Ça, Martin Hirsch l’avait notamment pointé du doigt, aussi, récemment, dans un rapport. JLM : - Et Martin Hirsch, pour une fois, était d'accord avec moi, inutile de vous dire que j’étais très heureux...
FL : - Ou vous, avec lui. JLM : - Quand je dis avant, pardon, je sais bien que je n’ai aucun droit, mais… FL : - Peu importe. Non, non, mais peu importe.
JLM : - Non, peu importe, vous avez raison… FL : - Peu importe ! Ce n'est pas important, c’est l’idée qui compte ! JLM : - Mais, Monsieur, ça vous arracher la bouche, mais il m'arrive d'avoir des idées avant les autres.
Vous le savez monsieur ? Ça arrive. FL : - Deuxième campagne présidentielle pour vous, avec l'espoir de transformer l’essai, de faire coup double.
Renaud Dely, rédacteur en chef de Marianne, est avec nous ce midi. J-L M : Ah ! Une vieille connaissance... *Jingle* JLM : - Bonjour, M.
Dely ! Renaud Dely : - Bonjour, Françis. FL : - Bonjour, Renaud.
FL : - Par rapport à votre première présidentielle en 2012, le climat en France à bien changé, le regard des électeurs et des militants aussi. On est allés à la rencontre de votre équipe de campagne, mais aussi à Ivry-sur-seine, dans le Val-de-Marne où, il y a cinq ans, vous aviez réalisé parmi vos meilleurs résultats : 25% des voix. *Sonnerie de téléphone* Militant : - La France Insoumise, siège de campagne de Jean-Luc Mélenchon, bonjour.
Militante : - On est déjà à 270.000 citoyens et citoyennes qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon. Militant : - Moi, j’ai fait la campagne 2012.
Au-delà du personnage, maintenant, c’est quand même des affiches beaucoup plus programmatiques Il est plus libre de dire ce qu’il veut, puisqu’avant, on était au sein d’une coalition, je ne sais pas si c’est le terme exact ? Militante : - Et notamment Maxime et Claude, qui s’occupent des cars pour le 18 mars. Militant : - Déjà en 2012, j’étais militant local, donc j’étais assez jeune, comme vous pouvez l’imaginer.
Mon idée c’était l’alliance d’un discours de gauche et, à la fois, de l’écologie : tout ce qu’on soutient et toujours encore, et on a cette constance depuis 5 ans. Mathilde Panot : - Il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui, il y a 50% des gens qui n’ont pas fait leur choix. C’est à eux qu’on veut s’adresser. *Musique* Passant : - Sympathique, j’ai même voté pour lui au premier tour la dernière fois.
Passante : - C’est pas une girouette. Marchand : - Moi, j’aime bien les grandes gueules, Madame. Pasant : - Il joue à un jeu un peu populiste.
Passante : - Je pense qu’il parle a une certaine catégorie de gens, pas à tout le monde. Passant : - Un peu à l’ancienne, toujours. Passant : - Il a quelque chose de plus que les anciens "communistes", entre guillemets.
Passant : - Je le préférais en 2012 Passante : - Il s'est affirmé peut-être ? Passant : - Et puis son cirque avec les hologrammes, là, ça passe pas du tout avec moi. Passant : - Ce qui compte, c’est quel programme on fait...
Il sera jamais élu, et il le sait. Passant : - En dernier ressort, s'il y a lui et Marine le Pen, ou s'il y a lui et Fillon, c’est lui que je choisirai. FL : - Renaud ?
RD : - Alors, Jean-Luc Mélenchon, on disait à l'instant : c'est la deuxième fois que vous êtes...
JLM : - Alors, ça, c’est censé être un reportage qui rende compte de ce qu'est la France Insoumise ? A Ivry, bon, d’accord. FL : - Ivry-sur-Seine 25% des voix il y a 5 ans.
JLM : - Avec un type qui dit que l’hologramme...
Bon. RD : - On a entendu certains supporters, et d’autres...
JLM : - Oui, oui, il a le droit, bien sûr. Il aurait le droit de dire le contraire, il y en a, vous savez. RD : - On a entendu certains de vos électeurs, et puis d’autres qui ne l’étaient pas forcément... et, en tout cas, c’est donc la deuxième fois que vous êtes candidat à l’élection présidentielle, et les sondages - ce ne sont que des sondages, mais ils vous estiment autour de 11, 12, 13%, à peu près le score que vous avez fait il y a 5 ans, ou un petit peu plus.
Comment faire pour franchir un palier, pour rassembler plus large puisque vous vous battez pour gagner ? Comment faire pour franchir un cap qui vous amène jusqu’au second tour ? JLM : - C’est le problème d'une campagne électorale d’une manière générale.
Aujourd'hui, 46 % - je vais vous dire ma priorité, depuis le début, vous savez Monsieur Dely, parce que vous êtes un analyste de stratégie politique - je ne crois plus à l’idée qu’il y ait d'un côté un bloc de gauche et de l'autre côté un bloc de droite. Je pense que tout s'est effrité, et notamment le bloc de gauche en raison de la gestion calamiteuse de François Hollande et du Parti Socialiste sur ce pays., qui a dénaturé les mots...
Bref. Je fais donc un autre raisonnement : je pense qu’une masse populaire est disponible pour un changement de modèle de fonctionnement de la société : la VIème République, la planification écologique, et caetera. C'est ça, mon objectif, et je me sens conforté par le fait - incroyable - qu’à l’heure à laquelle nous parlons, c'est du jamais vu en France : 46% des gens en âge de voter ne savent pas pour qui ils vont voter.
Donc, je réponds à votre question : je m'adresse à eux, en dehors de toute combine et arrangement de cartels de partis...
RD : - Vous vous situez, vous aussi, d’une certaine façon, au-delà du clivage droite-gauche ? JLM : - Bah, c'est-à-dire que le clivage droite-gauche, c'est en quelque sorte...
Il a une réalité, évidemment. Il y a, historiquement, philosophiquement, intellectuellement, une construction mentale de droite et de gauche. Mais la masse du peuple français, elle sait plus où elle en est.
Par conséquent, si je me contente de leur dire « Écoutez, venez, c’est bien parce que c’est de gauche ! On ne sait pas ce qu’il y a dedans, mais, c’est bien parce que c’est de gauche ! » Bah, je perds mon temps et je comprends que les gens soient dégoûtés.
Donc, je m'adresse au peuple. RD : - Alors, ce peuple, justement, vous l’appelez à se mobiliser, à manifester avec vous le 18 mars. JLM : - Oui.
RD : - C'est quoi, l'objectif ? L’objectif quantitatif de ce rassemblement. JLM : - Alors, vous le savez : mon raisonnement est qu'une campagne électorale, non seulement doit fixer de l’adhésion - j’essaie de faire une campagne où on adhère à un ensemble d'idées, celui contenu dans ce programme, c'est pas si long à lire.
Et non pas simplement faire du ‘"en contre" : « Alors comme je suis contre ceci, ou contre cela, alors je vote de telle ou telle manière. » Non, c’est parce que je suis d'accord avec cette vision du monde qu'on vote pour moi, qui suis le porteur de l'idée FL : - Vous attendez combien de marcheurs ?...
RD : - Cette marche...
L’objectif de cette marche à Paris, le 18 mars ? Relancer votre campagne ? JLM : - Attendez, Monsieur Dely, que je réponde bien à votre question, sinon vous direz que je m'enfuis.
C'est un moment de la campagne, bien sûr. Parce qu'on va marquer de manière très forte notre volonté d'une VIème République, la fin de la monarchie présidentielle, devant la statue de la République. Mais c'est aussi un événement - comment dire - politique en France.
C'est une marche pour la VIème République, c'est-à-dire que, dans un moment où tout se décompose, vous allez avoir une masse de plusieurs dizaines de milliers de gens, je ne saurais vous dire mieux, qui vont se mobiliser pour la VIème République. RD : - Sur plusieurs thèmes : la lutte contre les inégalités, l'écologie, il y a un candidat de gauche, qui est Benoît Hamon qui est sur des thèmes similaires, sur des positionnements assez voisins des vôtres. Est-ce que c'est pas un problème auquel vous vous heurtez, aujourd’hui, en campagne ?
JLM : - D’abord, pour moi, c'est une victoire, Monsieur Dely. J'ai vécu assez longtemps pour savoir l'importance qu'il y a à voir les idées commencer à se répandre. RD : - Mais ça vous complique la tâche...
JLM : - Et celui qui est sectaire au point de ne pas apprécier ça, ne comprend rien à la construction politique du peuple français. Les mots sont en circulation. Après, vous avez raison : naturellement, ça a été un problème pour moi.
Parce qu'instantanément, l'objectif affiché par l'équipe du candidat du PS, ça a été de me siphonner, de me "ringardiser" - comme ils disaient ils s’en vantaient - ça ne s'est pas produit - peut-être aussi grâce à l'hologramme, contrairement à ce qu'a dit ce monsieur, mais bref ! - ça ne s'est pas produit, et il est vrai - là, vous avez raison - que l'apparente similitude, il y a des terrains communs, mais sur d'innombrables questions, nous sommes précis, il y a un programme. Par exemple, sur le nucléaire, par exemple sur la VIème République, j’envisage la participation populaire de manière souveraine, pas des comités d'experts...
RD : - En tout cas, vous l’avez rencontré la semaine dernière, mais toute idée de rapprochement est définitivement exclue, d’ici le scrutin, entre Benoît Hamon et vous ? JLM : - Écoutez : lui et moi, nous sommes convenus du fait que nous ne donnerons pas à nos adversaires le spectacle dont ils ont envie, c'est-à-dire, lui et moi nous sautant à la gorge, discutant d’aspects du programme qui bien sûr sont fondamentaux, mais peuvent apparaître secondaires. Nous savons où est l’os dur de notre divergence, c'est la question européenne puisque lui récuse tout stratégie de type Plan B, mais nous sommes convenus que nous ne donnerons pas prise à cette bataille de chiens.
Cependant, il est vrai que, d'une certaine manière, l'avancée que j’incarnais s'est trouvée, à un moment donné, bloquée. J'ai redémarré, je croise les doigts, et le 18 mars va sans doute me donner une impulsion supplémentaire. RF: - Votre but, cest d’arriver devant Benoît Hamon - au moins.
JLM : - Mon but est d'arriver au deuxième tour. Je ne veux pas être mis en cause en compétition avec lui, ce n'est pas mon sujet. Qu’il fasse pour le mieux, je tâche de faire pour le mieux.
Et là, pour le coup, comme on est en démocratie, c’est les électeurs qui tranchent ! RD : - Les dépôts de parrainages... pour valider votre candidature, et les candidatures à la présidentielle, ont commencé au Conseil constitutionnel, ils sont dévoilés peu à peu, et au dernier décompte qui date de vendredi, vous en étiez à 136, on sait qu’il en faut 500.
Est-ce que vous êtes certain d’atteindre le seuil des 500, ou est-ce que vous avez une crainte ? JLM : - Dans la vie, on n'est jamais certain de rien, et peut-être même pas d’être encore vivant dans deux jours...
FL : - Est-ce que vous avez des craintes ? autrement dit. JLM : Mais non !
D’abord, ce n'est pas dans ma nature, les craintes. Je suis un homme trop organisé pour avoir des craintes. Mais il est vrai que je m'appuie sur une base environ de 600 personnes qui m’ont assuré de leur parrainage.
Je dis bien "qui m’ont assuré". Il y a ceux qui ne m'ont pas assuré, mais dont ce sera sans doute le devoir de le faire. Et bien, j'attends avec calme et confiance.
On me dit, par contre, qu'il y a un problème avec le Conseil Constitutionnel, je le mets en garde, attention ! On ne joue pas avec ça. Parce que l'association des maires ruraux de France a fait un comité exceptionnel en période électorale en disant : « Il y a un problème avec la rétention de parrainages au niveau du Conseil Constitutionnel. » J'espère que... qu'ils exagèrent, mais...
RD : - Est-ce qu’il y a un problème avec les élus communistes ? Est-ce que vous êtes certain que la direction du Parti Communiste donne vraiment à ses élus consigne de vous donner tous leurs parrainages, il se dit qu’ils ont gelé les parrainages. JLM : - La direction communiste a donné pour consigne, en gros, d'envoyer le plus tard possible.
C'est son affaire. RD : - Pourquoi ? Ils n’ont pas confiance en vous ?
J-L M : Je ne sais pas, vous leur demanderez, moi, ce que je sais, c'est que d'ores et déjà, il y a de nombreux communistes, élus communistes qui m'apportent leur parrainage en toute loyauté, et en application des décisions qu'ils ont prises entre eux. Mais je ne me mêle pas de la vie intérieure des partis qui me soutiennent, sinon pour leur dire une chose : le 18 mars, cette grande marche appartient à tout le monde. Je demande donc à ceux qui me soutiennent - Parti communiste, Parti de Gauche, Ensemble - de ne pas s'approprier la marche, et, par conséquent, de ne pas la submerger de drapeaux partidaires qui sont, bien sûr, les bienvenus, mais, dont je souhaite qu’ils ne récupèrent pas la manif.
Ceux qui veulent défiler derrière un drapeau, défileront à la fin du cortège. Voilà ce que j'ai à dire : le mouvement appartient à la masse du peuple français. Si je n'y parviens pas, là sera mon échec, mais s’ils restent la propriété du peuple français, j'irai au deuxième tour. *Ils se remercient tous trois mutuellement* FL : - « On en parle » : la taxe d'habitation.
Encore une fois, Emmanuel Macron, qui veut la supprimer pour 80 % des foyers. Est-ce qu’il faut la supprimer, la taxe d’habitation ? JLM : - Alors, c’est l'impôt le plus affreux qui pèse sur les ménages.
Quand vous voyez arriver la taxe d'habitation, vous êtes tétanisé.e. Alors, Monsieur Macron propose de l’annuler… FL: - Mais vous ?
JLM : - Attendez, vous m'avez parlé de Macron, je peux quand même répondre, non ? FL : - Bien sûr. JLM : - Il propose de l’annuler, et quand tu lui dis : « Mais ça fait 20 milliards, et c’est une part tout à fait énorme des ressources des communes, comment vous compensez ça ? » Bah, il dit : « C’est l’État » !
L’État, c'est vous, mon cher, ce sont nos impôts. Or, M. Macron ne propose pas de changer le nombre de tranches d’impôts - vous savez que, moi, je veux en mettre 14, pour que ce ne soit pas la classe moyenne qui porte tout sur son dos comme le bourricot de service.
D’accord ? Oui ! Et bien lui, non !
Donc vous allez payer, vous tous qui m'écoutez, 20 milliards de plus sur vos impôts sur le revenu, sur 5 tranches, pour pouvoir compenser la somme que M. Macron… FL : - Mais vous, vous êtes pour la suppression de la taxe d’habitation ? Qu'on soit bien clair.
JLM : - Moi, je suis pour la remplacer. Mais je suis surtout pour qu’on écoute ce qu’ont à dire les élus sur le sujet. Je voudrais vous dire que les bases cadastrales sur lesquelles ceci est évalué n'ont pas bougé depuis 1970.
Alors tout le monde le répète, mais moi, je vais vous dire la vraie vérité, c’est que personne n'ose le faire tellement tout le monde a la trouille de ce que ça donnerait comme matraquage fiscal local si on changeait ces bases. Donc il faut trouver d'autres ressources. Et je termine en disant : des ressources propres et autonomes.
Les communes ont des libertés qui sont sacrées en France. Elles doivent pouvoir percevoir les moyens de leur existence sans que l’État vienne s’en mêler. Voyez-vous la décentralisation : c'est d'abord la commune, l'échelle de base.
FL : - Une autre chose : pour éviter les bavures ou les contestations lors des contrôles d'identité, vous vous souvenez : François Fi...
François Hollande, pardon, avait promis la mise en place de récépissés après les contrôles identités. C'est une idée qui a été abandonnée. Est-ce que vous pourriez la reprendre ?
JLM : - Ça va de soi, et j'ajoute ceci : il est temps de trouver une autre façon de fonctionner dans ce pays, notamment à propos du fonctionnement de la police. L'honneur de l'uniforme, c'est qu'il doit être apprécié, attendu et désiré par la population. Pas craint, redouté et méprisé dans certains cas.
Par conséquent...
FL : - Et les récépissés, ça fait partie de ça ? JLM : - Oui, parce que je veux que vous sachiez ça, Monsieur Letellier : vous et moi, nous sommes, du fait de notre couleur de peau, bien moins interpellés dans la rue que certains de nos concitoyens, qui subissent un véritable harcèlement. Je ne l'accepte pas !
Et je demande qu’on ait une éthique républicaine, dans la police, sans faille ! Car la police ne s'appartient pas non plus. *Musique* FL : - Jean-Luc Mélenchon, on va terminer par « l'instantané ».
C’est la photo qu’on demande à l’invité, photo qu’il a faite, qu’il a prise, et qu’il nous envoie. Alors c’est quoi ? JLM : - Regardez ça !
Alors, c’est le chantier Piriou en Bretagne, et on voit la coque d’un navire qui vient d’être terminée. Regardez bien, on voit des points partout : là, le soudeur va, par son art et sa technique, donner pile-poil la courbure qu’il faut. Et vous voyez deux êtres humains qui marchent devant.
Je veux que vous sachiez qu'on est en train de faire un bateau qui est une merveille, qui est un bateau de mission scientifique, de gendarmerie des mers pour l'Océan Indien, et brise-glace dans l'Océan Arctique qui se fabrique sur ce chantier, c'est une merveille. Nous autres, les Français, nous savons tout faire ! FL : - Ça rejoint votre économie de la mer.
JLM : - Mon économie de la mer. Alors moi, des bateaux comme ça, on en produira beaucoup plus. Je ne sais pas… Les chantiers Piriou n'arriveront pas à couvrir la demande, donc il faudra que tous les chantiers de France s’y mettent, pour qu’on ait les navires de service pour les éoliennes qu’on va mettre en mer, les hydroliennes qu’on va couler.
FL : - Très rapidement Jean-Luc Mélenchon, c’est bientôt le 8 mars : 40e anniversaire de la journée des droits des femmes. Quelle est la mesure qu'il faudrait faire, tout de suite, là, en un mot ? J-L M : D'abord, et avant tout, passer à l'égalité salariale en punissant durement.
Pourquoi ? Parce que si on passe à l'égalité salariale entre hommes et femmes, on finance, par le surcroît de cotisations sociales, la retraite à 60 ans avec 40 annuités. Mais attendez, je termine sur un mot : la régression idéologique, de notre pays comme d'autres pays, me fait peur.
Donc je veux qu'on mette le droit à l’IVG dans la Constitution. Le corps des femmes est leur propriété. Elle n'est pas celle de leurs familles, ni de leurs enfants, ni de leur compagnon.
C’est la raison pour laquelle il faut le protéger, le sanctuariser. FL : - Même s'il faut passer par un référendum? Parce que ça passe par un référendum.
JLM : - Il n'y a pas besoin de référendum. La Constituante le fera et si vous m'élisez moi, ce sera dans la loi. FL : - Merci, Jean-Luc Mélenchon, d’être venu sur le plateau de "Dimanche en politique", à retrouver sur le site france-info, sur le compte twitter de l’émission aussi, et Catherine Matausch prend ma place pour l'actualité de la mi-journée.
JLM : - Au 18 mars ! »
Jean-Luc Mélenchon